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Religieuse, mystique alsacienne béatifiée. (Niederbronn 9. 9. 1814 † Niederbronn 31.7.1867) Fille de Georges Eppinger, laboureur, et de Barbe Vogt. Gravement malade durant sa jeunesse, la jeune fille méditait sur le sens de son existence. Le curé de Niederbronn, Jean David Reichard, attesta ses dons de voyance et d’extase ; de 1848 à 1850, elle reçut près de 80 personnes par jour qu’elle consola ou réconforta et dans la seule année 1848, près de 600 prêtres vinrent la trouver.
Cette religieuse alsacienne surnommée « Lisbeth » dans sa famille d’agriculteurs où elle nait à Niederbronn-les-bains le 9 septembre 1814 est décédée dans cette même ville le 31 juillet 1867. (La famille Eppinger était la seule famille catholique dans cette cité protestante en 1689 par la volonté du Duc de Hanau. Elle y a fondé (à 32 ans) la congrégation des Sœurs du Très Saint Sauveur, sa maladie l’a quitta précisément à ce moment-là. Cette fondation est nommée par les Alsaciens les « sœurs de Niederbronn ». Mgr Raess après quelques hésitations, accepta le projet. (la congrégation des garde-malades du divin-rédempteur, 25 septembre 1849, la chapelle fut consacrée le 10 La vocation de cette communauté étant de soigner les malades et les pauvres.
Sa première communauté le sera d’ailleurs dans une ancienne tannerie transformée en humble couvent. Elle s’illustra par les soins portés aux victimes du Choléra (1854) durant le Second Empire qui lui valut d’être approuvée par l’État français par un décret de Napoléon III en son palais de Saint Cloud (6 novembre 1854). Une deuxième fois, lors de la bataille de Reichshoffen (1870) où l’on soigna sans distinction les combattants victimes de la guerre. Elle voulait selon les propos reçus de Jésus « Ne te soucie pas à cause de cela, c’est mon oeuvre et our cette raison, parce que tu es ignorante, je veux à travers toi démontrer ma miséricorde ». Mère Alphonse Marie n’était qu’un outil dans la main du Tout-Puissant. Sa direction spirituelle se résume ainsi : « Réfléchir, prier, agir ! » Elle le fit à travers le soin aux malades, des enfants et des vieillards, et en innovant en se rendant au domicile des personnes, c’est la créatrice de l’aide à domicile dans les huttes d’ouvriers. Niederbronn a vue de près l’industrialisation (poêles De Dietrich notamment). « Fatigue et dégoût vous attendent ! Que rien ne vous fasse peur, mes enfants, que rien ne vous trouble, que rien ne vous décourage ! » leur disait-elle. Elle soulageait la misère, le catholicisme social était déjà en action, elle se souciait du pauvre, qu’elle ne classait pas en terme politique de prolétaire.
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L’extatique de Niederbronn vit à l’époque des enfants de la Salette et de Bernadette Soubirous, : elle a également bénéficié des expériences spirituelles et des visions, prémonitions, prédictions, durant 15 années de maladies. Elle a reçu la grâce de connaître des événements futurs notamment elle vit la révolution de 1848, « à Paris du sang coule, un général et un archevêque ont été tués, on se bat dans les rues ». Elle vit aussi la fuite du Pape. Elle a vu « un aveuglement général » qui retient « les hommes dans l’oubli de Dieu et qui le précipite, un bandeau sur les yeux, dans toutes les iniquités ». (abbé J.M. Curicque Marianna de Marinis, 1871, 4 ans après la mort de la mère supérieure.) mais s’est également trompée sur d’autres interprétations, notamment celles concernant le duc de Richemont. Mais les visites ne lui convenait guère car elle désirait intensément rester cachée dans son couvent. Le curé de la ville a été le témoin de ces événements. (Jean David Reichard) mais aussi L’abbé Claude-Ignace Buisson qui l’a visité et a rendu compte de ses expériences mystiques. Elle a armé spirituellement les soeurs grâce à son « livret des instructions » (Unterweisungen) en dirigeant, éduquant les âmes. Même comme elle l’explique, la prière et le dialogue avec Dieu reste personnel, elle ne peut les amener que jusqu’à la porte, à elle de faire le pas.
« Si une moniale n’est pas sincère, si elle n’aime pas les humiliations, si elle les fuit, elle est en grand danger de se perdre. Le monde sous ses pieds est ouvert, il faut craindre qu’elle ne s’y précipite à cause de sa lâcheté, de son orgueil ».
Face à l’épuisement, un seul moyen vient à son secours : il faut toujours qu’il se renouvelle intérieurement.
Le prochain doit être aimé à cause de Dieu
Si cette attitude n’est pas respectée tout le travail s’effondre.
Mère Alphonse Marie
« Si seulement il m’était possible de vous apprendre cet échange avec Dieu. Comme je serais heureuse si je pouvais vous aider pour cet exercice spirituel »
« La vraie prière vient du coeur.. Si vous lui parlez comme votre coeur vous inspire, alors vous priez vraiment ».
« toutes nos occupations doivent être une prière continuelle » Elle n’est donc pas théologienne, mais avec des mots simples elle donne des conseils pratiques pour mener une vie chrétienne, disant nettement sans allusions. Comme ceci « Débarrassez-vous de toutes les petitesses, de tous les enfantillages qui vous ont si longtemps occupées » et « À partir de maintenant n’arrêtez plus vos pensées à des riens ».
Fondatrice d’une communauté, le siège est toujours à Oberbronn (la fédération qui gère les maisons appartenant à la congrégation est à Mulhouse) les soeurs se rendent ici une fois l’an pour se ressourcer avec les fondamentaux et la sainte, mais grâce à son aura, elle a étendu ses activités d’abord en Alsace d’Andlau à Haguenau, Hochfelden, Mommenheim, Neunhoffen puis en Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Argentine qui s’occupait des malades des enfants abandonnés et des nécessiteux. Au décès de Mère Marie Alphonse, la congrégation comptait environ 500 sœurs et était la deuxième par l’importance de ses effectifs en Alsace. Les dernières années de la fondatrice furent assombries par le schisme des sœurs en Autriche et le rejet de nouvelles constitutions. Il reste dans la ville l’EPHAD Mère Alphone Marie qui continue de porter assistance aux personnes âgées. Actuellement certaines soeurs alsaciennes sont engagées en vivant dans les quartiers et en apportant leur témoignage par leur vie, mais aussi
Elle tenait beaucoup à la prière personnelle, communautaire et l’aide aux personnes (enfants, vieillard, personnes âgées).
« Réfléchir, prier, agir »
La foi et le savoir sont des contraires, mais non la foi et la pensée.
L’homme croyant ne peut jamais renoncer à la réflexion.
« Aimez le silence, évitez les bavardages inutiles ».
« Les couvents sont les châteaux forts de Dieu »
Cérémonie le 9 septembre 2018 à la cathédrale de Strasbourg,
Oberbronn et Niederbronn en Afrique et en Asie. Elle a légué un charisme, une ligne de conduite, adapter son action aux œuvres concrètes du terrain. En Inde, on offre de l’aide médicale, sociale et éducative tout en aidant aussi des paroisses.
En Afrique, on s’implique dans le soin aux malades, dans la pastorale et l’aide aux enfants abandonnés. (reportage Paraboles TV) ,ainsi qu’en Amérique latine, dans les activités missionnaires, dans les services de santé, d’éducation et de soutien.
En France, elles sont encore 167 dans 21 communautés dans tout le territoire, en prison, en milieu EPADH, dans les quartiers populaires. Et un total de 1300 dans le monde entier, selon les chiffres du site de la congrégation. Faire connaitre la sollicitude, la compassion de Dieu pour chaque personne est leur but. Car Dieu n’a qu’un seul désir de leur faire connaître son amour. C’est en janvier 2017, que la reconnaissance d’un miracle sur la personne incurable habitant le territoire de Belfort (guérie grâce à des reliques placées sous l’oreiller de la malade inguérissable).
C’est le pape Benoît XVI qui l’avait déclarée vénérable, la guérison
a permis cette béatification,
et l’autorisation d’un culte public de la bienheureuse par le
décret du 27 janvier 2018. (ci-contre : le tableau dans l’église de Niederbronn)
Nous avons consulté ou étudié les livres suivants : le plus récent :
Elisabeth Eppinger, texte de Walter Nigg, fascicule de 40 pages en couleurs.
- le plus complet :
«l’extatique de Niederbronn » Mgr Léon Cristiani,
paru chez Fayard, bibliothèque Ecclesia, préface de Daniel-Rops de
l’académie française, 1953.
- Gerald Pietrek, a publié à compte d’auteur, Elisabeth
Eppinger, fleur précieuse d’Alsace, 90 pages,
auto-édition 2018, 18 euros :
https://geraldpietrek.blogspot.com/p/bibliographie.html
ainsi que :
http://www.netcomete.com/niederbronnhistoire_ElisabethEppinger.html)
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Prière pour obtenir des grâces
Seigneur, notre Dieu Tu as donné à Mère Alphonse Marie la grâce d’être attirée dès son enfance par le mystère de la Croix et d’y découvrir l’amour miséricordieux dont tu aimes tous les hommes.
Tu lui as inspiré de fonder une Congrégation pour manifester cet Amour, à travers le service de ceux qui souffrent dans leur cœur et dans leur corps, et tu l’as soutenue par la force de l’Eucharistie pour participer ainsi à l’œuvre du Salut. Apprends-nous, comme elle, à nous laisser transformer par l’amour du Christ-Sauveur afin d’en témoigner par notre vie près de tous ceux que nous rencontrons.
Écoute la prière que nous te présentons par son intercession ………; et, si c’est ta volonté, accorde-nous la grâce de pouvoir bienheureuse Mère Alphonse Marie parmi les Saints. Amen.
Imprimatur : Strasbourg le 30 Mai 2018
Monseigneur Luc Ravel, archevêque de Strasbourg.