Le 500me anniversaire de la guerre des paysans (1525) qui a ensanglanté, perturbé l'Alsace dans un souffle pré-révolutionnaire ne peut pas nous laisser indifférent, si la dernière lanterne papier n'en a pas fait le souvenir c'est que le numéro 179 en avait fait son dossier. (en février 2016).
Il ne faut pas y voir juste une jacquerie, encore moins des rustauds et des paysans avec leurs fourches, ils furent assez bien organisés, reprenant des pièces d'artilleries des communes amies ou conquises. Ils en firent voir par leur résistance aux troupes du Duc de Lorraine et aux troupes françaises qui voulurent les réprimer. Un début de révolte causé par une multitude de taxes, des mauvaises récoltes, l'expansion du protestantisme (même si Luther demandait la répression de ce mouvement, jusqu'à la dernière goutte du sang des soldats pour exterminer cette révolte), le développement de l'imprimerie, les dérives d'un clergé ... On ne peut sans doute pas isoler un seul élément responsable dans une révolte populaire de cette ampleur animée à Molsheim par Ersame Gerber (ou Gerwer) - souvent qualifié de tanneur - dit "capitaine principal" lors de l'assemblée générale des paysans révoltés à Molsheim, il fut soutenu par certains membres du clergé et de la petite noblesse. Il fut pendu à la porte de la ville de Saverne le 17 mai 1525.
Ils étaient entrés dans ville de Saverne, avec la complicité de leurs habitants quelques jours avant, le 13 mai, il avait trainé ses troupes d'Altorf (l'abbaye y a été ravagée et pillée) Molsheim et Marmoutier. Une négociation avec le Duc de Lorraine n'avait pas aboutit, car ignorée par le Duc de Lorraine. Il est vrai qu'il arrivait avec une armée de 10 000 hommes, la ville sera prise le 17 mai, dans un bain de sang effroyable et le "capitaine principal" Gerber pendu. Mais les combats ocntinueront du côté de Scherwiller et Châtenois et donneront lieu à une autre bain de sang massif.
On peut aussi citer d'autres revoltés du Bundshuh tels Jacques Hanser et Hans Ulmann qui ont mené des troupes d'insurgés à Sélestat, à ses côtés est pendu Peter Hall, un autre chef insurgé originaire du Westrich
Les ravages de ce mouvement ne se limitent pas à l'Alsace, car la région en tant que telle est une mosaïque de petites possessions entre les Habsbourg, la ville de Strasbourg, les villes de la décapole, les ducs, les féodalités diverses.... est influencé par ce mouvement de révolte du massif rhénan qui s'étendra jusqu'à la Suisse, avec assez peu de réussite. Un vent de contestation face au deséspoir économique, aux mauvaises récoltes, aux taxes abondantes.... notamment. Nous l'expliquons plus loin, le tableau est encore plus complexe.
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_2786ad_179-cover.jpg)
Il parait qu’une des origines des sobriquets que l’on
lance aux Lorrains proviendrait de la révolte de la guerre des paysans
réprimée par le Duc Antoine de Lorraine en 1525 et qui ne tint pas sa
parole de laisser la vie sauve aux paysans assiégés qui se rendirent.En
effet, ils furent aussitôt massacrés après leur reddition.
Si cette origine est peut-être légendaire, la révolte et le bain de
sang qui s’ensuivit dans toute l’Europe est bien réel.
Dans toute la Germanie il soufflait un vent de contestation des
privilèges, des interdictions de chasser, de ramasser du bois, mais
aussi de contestation des impôts levés. Elle s’appuie sur des thèses
humanistes, évangéliques, mais aussi sur les essors de l’imprimerie,
du développement de nouveaux penseurs, un nouveau savoir plus
accessible grâce à ces livres, des progrès techniques, scientifiques,
de grands voyages dont les échos parviennent au peuple, la
découverte d’un nouveau continent... et contestent aussi bien aux
seigneurs qu’aux couvents (dîme), monastères de prélever des
taxes, (la taille deux fois l’an, l’accise sur les boissons, les
amendes...) d’imposer des corvées (c’est-à-dire un travail
demandé , imposé par le seigneur, mais non rémunéré, du latin
corrogare «demandé») d’interdire de prélever le bois, de chasser,
de pêcher... à leurs vassaux. C’est l’officialité, qui est à la fois la
garante des crédits et des créances mais aussi persécutrice des
mauvais payeurs.
Dans le monde rural alsacien, les notables, maires et juges que l’on
nomme «heimburge» «schultheisse» assistés des échevins les «schaeffen» ou
geschworenen disposent de tous les pouvoirs afin de gérer la
municipalité. Les révoltes qui commencent dans les villages, les
cités, désirent par là-même garder leurs revenus et leurs autonomie
face aux mercenaires des Etats princiers. Les paysans eux-mêmes
souffraient d’être vus comme des balourds des pauvres gens «arme
Leute», ils voulaient par la-même réparer également cet affront
moral, alors qu’ils nourrissaient toute la société et s’ils étaient serfs
ils étaient attachés à sa terre, ne pouvant en être chassés.
Deux premiers projets de réforme échouent en 1514 et 1517 d’un
Badois Joss Fritz il avait déjà tenté de soulever la population de
Bruchsal en 1502, il était devenu un vagabond car chassé par les
autorités. Mai 1524, voit le soulèvement Outre-Rhin notamment
en Souabe. Ce qui étonne c’est l’ampleur et l’adhésion qu’elle
suscita en Alsace, sans doute travaillée par les prédicateurs
ambulants qui contestèrent l’ordre établi.
Après le second passage des Ecorcheurs en 1445, l’Alsace bénéficie
d’une période relative de calme et de relative paix . Elle ne fut plus
traversée par des fortes armées. Même si des détrousseurs de
grands chemins sévissent comme Henry Mey à partir du château
d’Ortenberg puis au Haut-Koenigsbourg. Ce ne fut qu’après avoir
été lassés de ses actes que les princes, l’évêque de Strasbourg et le
duc de Lorraine firent raser le château et châtier ce brigand.
Des bonnets rouges contemporains aux lacets des
souliers paysans, il n’y qu’un pas, la révolte des
petits, des sans-grade face aux taxations et aux
prélèvements, mais racontons cette histoire qui a
finit tragiquement pour 10 % de la population
alsacienne, une première saignée avant la guerre
de trente ans et la peste.
Parmi les monastères ravagés, celui de
Bernardvillé, Baumgarten, où figure
encore un vestige et une plaque
commémorative.
Au XVème siècle : les moines
arrivent à l’abbaye de Baumgarten,
de Lucelle, envoyés par leur abbé.
Malgré la protection de la bulle
papale, des évêques, du duc, de
l’empereur, la révolte des paysans, tout
d’abord en 1493 puis en 1525 l’a
laisseront ruinée et les pierres qui
subsistaient s’en iront vers Benfeld en
vue de fortifier la ville.
"Révolte générale des paysans
allemands 1524 1526 en Souabe, en
Thuringe, en Alsace et dans les Alpes
autrichiennes. suscitées par les
conditions misérables de vie dans les
campagnes, elle trouva son ciment
religieux dans la doctrine
révolutionnaire des anabaptistes.
Luther, après avoir encouragé le
mouvement, s'en détourna et
demanda sa répression. Cette guerre
fit plus de 100 000 victimes.
in L'escholier de Dieu, page 544, paru en
français en 1977. Mika Waltari, le célèbre
romancien finlandais, est l’auteur de Sinoué
l’Egyptien et d’un Jésus remarquable, il
résume ainsi la guerre des paysans tout en la
décrivant dans ce livre.
C’est donc dès 1524, que des soulèvements éclatent à Nuremberg, en Suisse
et en Forêt noire. La vague se rapproche. la révolte éclate et s'étend comme
une traînée de poudre, laissant les autorités totalement paralysées. La fureur
paysanne se déchaîne contre couvents et abbayes qui sont pillés et servent
de financement à la lutte armée (Schoensteinbach, Oelenberg, Lucelle,
Ebersmunster, Pairis, Altorf où les troupes se replient en temps,
Guebwiller...), bourgs et petites villes (Ribeauvillé, Bergheim, Riquewihr,
Kaysersberg, Ammerschwihr...) et châteaux. Seules les villes bien armées et
les châteaux bien défendus arrivent à résister.
Un temps pacifique, cette révolte augmente au gré des victoires des masses
paysannes, les seigneurs s’enfuient et se replient dans des châteaux et villes
fortifiés laissant la plaine et certaines villes aux paysans. En Alsace, elle
prend le nom de Bundschuh, «le soulier de lacet» «la chaussure des rustres» devenu
un signe de ralliement et de reconnaissance, un peu le «bonnet rouge» de
l’époque. Car il est symbolique de la tenue pauvre des paysans en
opposition à la botte des seigneurs. Elles prennent appui sur les 12 articles
(voir plus loin) qui furent ici ou là aménagés, renforcés ou durcis comme à
Riquewihr.
Regroupés sous une bannière avec crucifix et aigle et brodées en lettres d’or des
devises telles que V(erbum), D(ei) M(anet) I(n) E(ternum) ou encore Jesus Christus Ces
devises illustres le caractère profondément chrétien du mouvement
révolutionnaire. (Histoire de l’Alsace page 213). Ces mêmes auteurs soulignent que
les juifs en firent également les frais ils sont «molestés et rançonnés».
Un des foyers de la guerre furent les villages agricoles du Kochersberg vers
Saverne. On se soulève aussi près du foyer de l’humanisme de Sélestat, dans les
villages de Dambach, Scherwiller, Châtenois, Epfig et Andlau. Mais pour ces
derniers, la conspiration rassemblée de nuit est découverte, trahie, et cruellement
réprimée.
Le duc Antoine de Lorraine et ses estradiots craignant pour ses revenus et ses
places cerne la ville de Saverne où se sont réfugiés les paysans. 5000 paysans
accourent pour les soutenir, mais ils sont cernés dans le village de Lupstein (7 km
à l’est de Saverne) et les lansquenets du duc massacrèrent et brûlèrent dans
l’église. (Lupstein est brûlé le 16 mai 1525).
Le gros des troupes des paysans de Saverne négocie leur reddition, et se rend
donc le 17 mai au duc de Lorraine, qui leur promit la vie sauve. C’est ainsi que
les soldats-paysans passent entre deux rangs de lansquenets.
Mais une fois les
armes rendues, le duc trahit sa promesse et les lansquenets les massacrèrent, on
compte selon les textes de l’époque 18 000 à (à 20 000, selon les sources) paysans
morts. «Frappez,c’est permis». Les mercenaires font leur office mais la ville est
également pillée. Le chroniqueur Volcyr, proche du duc de Lorraine, affirme
qu’une voix aurait retentit dans le ciel annonçant qu’il était permis de tuer les
rustauds. Ce chroniqueur demeure tout de même peu fiable, le vainqueur a
toujours beau jeu, mais dans un élan lyrique, il n’hésite pas à comparer son
maître à «Moïse» le comte de Guise à Josué ou celui de Vaudémont à Judas
Macchabée. Après cette facile victoire, le jeudi 18 mai la question se pose de sa
poursuite, on évoque une armée qui se forme Outre-Rhin, la décision est prise de
descendre de marcher sur la Haute-Alsace. L’armée se met en marche disent les
textes dès 11 heures avec dans leurs chariots butins, femmes et jeunes filles
capturées à Saverne.
le 19 mai, dans la ville de Marmoutier, on exige de toute la population serment
d’obéissance. On fit pendre à une fenêtre de la mairie, deux hommes accusés de
Les villes détenues par les
paysans sont du Nord au Sud
de l’Alsace Lauterbourg, Sltz,
Bouxwiller, Dambach la Ville,
Scherwiller, Ribeauvillé,
Bergheim, Guémar, Riquewihr,
Kaysersberg, Guebwiller,
Soultz, Cernay, Belfort.
Mais des villes sont aussi centre
de rassemblement des bandes
paysannes comme : Cleebourg,
Neubourg, Marmoutier,
Truttenhausen, Bebersmunster,
Buxhor, Bartenheim au Sud.
Des villes sont signalées avec un
parti favorable aux paysans,
telles que : Wissembourg,
Strasbourg, Molsheim,
Rosheim, Obernai, Sélestat,
Ciklarn Thann, Mulhouse.
(d’après «Paysans d’Alsace» ,
1959)
sympathie avec le mouvement paysan. On fait ensuite route vers Molsheim. La ville refuse
d’ouvrir ses portes, la troupe campe à Dachstein.
Puis dès le lendemain la troupe se dirige vers Sélestat. Peu avant, à Scherwiller, avant d’arriver à Sélestat, ils sont confrontés à la troupe de 12 000 paysans qui sont prêts au combat. Il a lieu «au coucher du soleil» et se solde par de lourdes pertes. 4000 paysans, 500 soldats.
Les paysans regroupés au pied du château de l’Ortenbourg manquaient d’armes, d’entraînement et de tactique face à des mercenaires furent ici aussi mis en échec, on trouve une inscription qui relate le massacre «13 000 dans une tombe». (Une tradition confirme la présence d’une tombe dans l’avant-cour de la chapelle de l’Ortenbourg, signale Guy Trendel, dans un article sur Scherwiller, à l’ombre du fantastique château de l’Ortenbourg,
janvier 1982 p.19). (D’autres chroniqueurs évoquent 6000 morts.) Le Duc de Lorraine rentra dans son pays par le val de Villé. Les paysans révoltés du Sundgau furent combattus devant les murs de Wattwiller. Les troupes peu amicales de la cavalerie autrichienne les réprimèrent près de Belfort en novembre. Leurs supporters furent poursuivis, emprisonnés, condamnés à des peines sévères pour avoir contesté l’ordre établi. Les Seigneurs achevèrent le travail en sortant de leurs châteaux observant la situation. Ils poursuivent les derniers récalcitrants.
En Thuringe, c’est le réformateur Thomas Münzer qui s’y est risqué, ses adeptes sont également battus. Là où les troupes lorraines n’avaient pas pénétré, la révolte dura plus longtemps, mais l’élan était brisé, en novembre on tua les derniers révoltés devant Belfort. Ensisheim a même décroché le surnom terrible d’Abattoir de l’Alsace, temps le sang y a coulé. (Ville des Habsbourg, voir notre dossier sur le sujet des Habsbourg en Alsace).
Mais cela n’a pas affaibli le protestantisme, Luther ayant désavoué le mouvement à
temps, ainsi on interdira la messe à Strasbourg en 1529 et à Mulhouse par voit
d’ordonnance abolit le culte «ancien». Les villes impériales resteront fidèles à la foi
catholique comme Sélestat, Obernai, Colmar, Haguenau. Mais tous l e s
prédicateurs évangélistes ne se turent pas pour autant, Melchior Hoffmann prédit la
fin du monde pour 1533 et fit l’honneur à Strasbourg d’être la nouvelle Jérusalem. Un
prédicateur tel Michel Servet nia la Trinité et passa également en Alsace en 1529. On
estime que cette guerre avait saigné le peuple de près de 10 % de sa population a tel point qu’elle demeure dans les mémoires alsaciennes. Elle fut analysée par F.Engels au XIXème siècle comme le premier signal de la chute du monde féodal et de l’avènement futur de
la bourgeoisie. Les auteurs communistes (même dans les livres d’histoire des pays de l’Est, c’est le cas pour le livre de Gautier Heumann, «la guerre des paysans d’Alsace et de Moselle (avril-mai 1525, Editions Sociales, 1976, collection Problèmes Histoire) ont souvent mise en valeur cette période car ils y voyaient une illustration de la lutte des classes. Mais les paysans n’était pas des bourgeois. Etaient-ils trop opulents pour continuer à payer, ou trop pauvres pour pouvoir le faire, des ouvrages entiers se contredisent sur cette question. Si dans le Kochersberg, certains paysans vivaient dans l’opulence une sorte d’aristocratie paysanne, d’autres villageois, paysans ou viticulteurs vivaient surtout dans une
accumulation de dettes. Des villages s’étaient déjà dépeuplés avant cette révolte, des terres disponibles étaient recensées en Souabe
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_b76293_capture-d-e-cran-2025-07-03-a-19.png)
Spéculateurs...
Des historiens se sont penchés sur les courbes des prix des vins et des grains, elles dessinent des dents de scies
avec de larges amplitudes entre 1480 et 1525, fortes spéculations provenant de clercs, de bourgeois et donc de
variations n’enrichissant que les mêmes. Devenant tour à tour gros stockeurs avec une faible valeur et acheteurs
sans le sou lorsque les cours étaient trop hauts et les récoltes trop faibles.
Les années 1483, 1492,1502,1517 furent des années catastrophiques pour les agriculteurs,
1485,1491,1511 et 1516 pour les vignerons. Nait alors un esprit d’insécurité et la nécessité de trouver une solution.
De se révolter. On peut s’étonner qu’il n’y ait aucune plaque commémorative de ce massacre à Saverne, seule reste une méfiance des Alsaciens à l’égard des Lorrains sans doute commémorative. Les années qui suivirent imposèrent une certaine discipline et accueilleront la prospérité (1530-1618) on peut donc dire que 1525 marque un tournant de la vie alsacienne et marque notre mémoire collective. Les ossuaires de la chapelle Sainte-Marguerite d'Epfig témoigne que les crânes et ossements entreposés, visible par les touristes, sont des ossements de jeunes personnes décédées de manière violente, il en est de même pour certains d'entre eux déposés dans l'ossuaire dela chapelle près de Dambach-la-Ville. (voir notre article sur ce thème).
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_2da716_img-3027.jpeg)
(Sources consultées : * Articles : Notre Histoire, l’ami du peuple du 13 avril 1975, archives de M.l’abbé Loeb, l’almanach de l’Alsace
de Bernard Vogler daté du 17 mai, page 147, éditions Larousse, * l’encyclopédie alsacienne sous le titre de «guerres» p.3588 et
suivantes, l’Alsace, ainsi que * l’Histoire de l’Alsace, sous la direction de Philippe Dollinger, Privat, 1991)
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_e21822_img-3026.jpeg)
On cite aussi Blienschwiller où les insurgés paysans prêtèrent serment, la commune a souligné cette origine dans une exposition. Le 23 mars 1493, dans le massif de l’Ungersberg sur les hauteurs de Dambach-la-Ville, des insurgés prêtèrent clandestinement un serment qui a eu des répercussions dans tout l’empire germanique, germe de la révolte des paysans. Ils en payèrent souvent le prix par leur vie et au moins par la section des deux doigts ayant servis à prêter serment.
mai 1524 : soulèvement en Forêt noire puis en Souabe
2 avril 1525 : rassemblement de vignerons à Obernai
15 avril : rassemblement à Dorlisheim, une première
bande se crée et occupe l’abbaye d’Altorf.
En une semaine, les monastère de Neubourg,
Ebersmunster sont la base de deux autres «bandes».
20-23 mai : Puis Buxhof (près de Beblenheim).
La répression de fit d'ailleurs entre Châtenois et Scherwiller pour la partie sud de l'Alsace. Le massacre est d'ailleurs indiqué par une croix évoquant la guerre de paysans de 1525, au milieu du côteau.
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_6a179d_img-2900.jpeg)
Les douze articles qui donnèrent naissance à la révolte des paysans :
Ils furent écrits -puis
aménagés ou réécrits ici et làtout
d’abord par Wendelin
Hippler le 1er mars 1525 à
Memmingen (Sud-Ouest
Allemagne). Ils vont fédérer,
alimenter la révolte de tout le
bassin rhénan et causer la
perte de milliers de paysans
révoltés...
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_e5ea6e_img-2895.jpeg)
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_b733f2_img-2894.jpeg)
Article 1. Chaque communauté doit pouvoir choisir elle-même son pasteur. Elle
doit pouvoir le destituer, s’il se conduit indignement. Ce guide élu doit prêcher
l’Evangile dans toute sa pureté, sans y ajouter aucun point de doctrine ni
d’obligation, de sa propre initiative.Seule l’annonce de la vraie foi, nous conduit à
la grâce de Dieu. L’Ecriture dit clairement que nous ne pouvons y arriver que par
sa miséricorde seule qui nous rendra bienheureux. Un tel guide nous est
nécessaire et notre requête est fondée sur l’Ecriture.
Article 2. Nous sommes disposés à fournir la vraie dîme des céréales qui a été établie par l’Ancien Testament. Elle est due
au pasteur qui prêche la parole de Dieu dans sa pureté et ne doit être recueillie que par un serviteur de l’Eglise choisi par la
communauté. Qu’il soit donné au pasteur ce que celle-ci estime nécessaire à son entretien ainsi qu’à celui de sa famille. Une
partie du surplus devra être équitablement distribué aux nécessiteux du village comme le dit la sainte Ecriture. Le reste devra
être mis en réserve pour pourvoir aux besoins du pays en cas de guerre.
Les acquéreurs de dîmes, vendues par nécessité, seront remboursés équitablement dans des délais convenables. Ceux dont les
ancêtres se sont appropriés la dîme par la force ne seront pas remboursés.
Quant à la petite dîme inventée par les hommes, nous ne voulons pas la donner du tout, ni aux ecclésiastiques, ni aux laïcs car
Dieu a créé le bétail pour l’homme sans poser de conditions.
Article 3. Il est lamentable que nous soyons considérés comme des serfs vu que le Christ en donnant son sang, nous a tous
sauvé et racheté, sans exception, du plus humble au plus grand. Nous voulons être absolument libres, comme nous l’apprend
l’Ecriture. Nous devons cependant obéir de bon coeur à toute autorité élue, ou instituée par Dieu en tout ce qu’elle ordonne de
convenable et de chrétien. Vous nous affranchirez certainement en votre qualité de vrais et d’authentiques chrétiens ou vous
nous montrerez dans l’Evangile que nous sommes serfs.
Article 4. On défend aux pauvres de prendre du gibier, des oiseaux ou des poissons dans les eaux vives. Nous estimons
cela inconvenant et anti-fraternel, très égoïste et contraire à la parole de Dieu. En plus l’autorité nous oblige à supporter le
grand dommage que nous cause le gibier. Ces animaux privés de raison dévorent et détruisent capricieusement nos récoltes
que Dieu a fait pousser pour notre service. Par notre silence, il nous faut accepter ces contraintes qui sont contraires à la
volonté divine et à l’intérêt du prochain. Quand Dieu créa l’homme, il lui a donné le pouvoir sur tous les animaux, sur les
oiseaux de l’air et sur les poissons de l’eau. C’est pourquoi nous demandons que celui qui détient une étendue d’eau, prouve
par des titres suffisants, qu’elle a été achetée au su des paysans. Si tel devait être le cas, nous ne demanderons pas sa
restitution mais il doit en user fraternellement dans un esprit communautaire chrétien. Mais
celui qui ne sait pas justifier suffisamment son acquisition, est tenu de restituer ses prétendus
droits à la communauté.
Article 5. Nous sommes opprimés quant au bois. Nos seigneurs se sont appropriés toutes les
forêts. Quand le pauvre homme a besoin de bois, il faut qu’il l’achète au double de sa valeur.
Les forêts détenues par les ecclésiastiques ou par des laïcs et dont le titre de propriété ne
résulte pas d’un achat, doivent retourner à l’ensemble de la communauté. Celle-ci laissera
chacun de ses membres chercher gratuitement le bois de chauffage qui lui est nécessaire. Il en
sera de même pour les bois de construction. Celui-ci doit également être disponible
gratuitement, après information d’un responsable désigné par la communauté.
Si une forêt n’a pas été achetée honnêtement, on devra s’arranger avec le détenteur dans un esprit de fraternité chrétienne.
Lorsqu’il s’agit d’un bien d’abord accaparé et vendu à un tiers par la suite, il faudra trouver un arrangement conforme à
la situation et inspiré par l’amour fraternel et par l’Ecriture sainte.
Les 6 articles suivants :
les corvées, les charges, redevances excessives, redevances
en cas de décès, amendes (c’est nous qui soulignons certains éléments)
Article 6. Nous sommes durement chargés de corvées qui augmentent de jour en jour. Nous demandons que l’on s’applique
à comprendre objectivement notre situation. Qu’on s’abstienne de nous charger si durement et que l’on se tienne à ce que l’on
exigeait de nos parents. Tout doit se réaliser en conformité avec la parole de Dieu.
Article 7. Nous ne voulons pas qu’à l’avenir les seigneurs nous imposent de nouvelles charges. On se tiendra aux conditions
de location convenues entre le seigneur et le paysan. Le seigneur ne doit pas le contraindre à de nouvelles astreintes non
rétribuées. Le paysan doit pouvoir user et jouir du bien loué, sans tracas et en toute tranquillité. Mais si le seigneur avait
besoin d’un service, il sera du devoir du paysan de lui rendre volontiers et docilement, à condition que le moment choisi, ne le
désavantage pas. Le service rendu doit alors être rétribué convenablement.
Article 8. Nous nous plaignons du fait que ceux qui cultivent les terres louées, soient incapables de supporter les
redevances exigées. Les paysans y perdent leur bien et se ruinent. Que les seigneurs fassent réexaminer les conditions de
location des terres, par des gens objectifs et que la redevance soit établie équitablement. Le paysan ne doit pas travailler pour
rien car chaque journalier mérite son salaire.
Article 9. Nous nous plaignons au sujet des amendes, vu que l’on édicte sans cesse de nouvelles dispositions d’application.
On ne nous punit pas d’après la nature des faits. Tantôt on applique une sévérité excessive tantôt on prodigue une grande
faveur. Notre avis est que l’on punisse d’après les paragraphes concernés et non selon le bon vouloir des juges.
Article 10. Nous nous plaignons de ce que plusieurs ont accaparé des prés ou des terres labourables qui appartiennent à la
communauté. Nous remettrons ces terres à la disposition de tous, à moins qu’on ne les ait achetées honnêtement. Mais s’il
s’agit de biens mal acquis, on devra s’entendre à l’amiable et fraternellement selon les données objectives.
Article 11. Nous voulons que soit complètement aboli l’usage de payer une redevance en cas de décès. Jamais nous ne
tolérerons ni n’admettrons que l’on dépouille honteusement les veuves et les orphelins, de ce qu’ils possèdent. Cette
procédure est contraire aux lois de Dieu et de l’honneur. Cela est arrivé sous des formes multiples, en de nombreux lieux, de
la part de ceux qui devraient les assister et les protéger. Ils nous ont écorchés et étrillés. Si même on leur concédait un droit
restreint dans ce domaine, ils se sont arrogé ce droit dans toute son ampleur. Dieu ne tolérera plus cet excès qui doit être
complètement supprimé. Personne ne sera plus obligé de donner quoi que ce soit en cas de décès.
Article 12. Voici notre conclusion et notre avis final : Si un ou plusieurs articles ici proposés n’étaient pas conformes à la
parole de Dieu, (ce que nous ne pensons pas) et si on nous expliquait par l’Ecriture, qu’ils sont contraires à la parole de Dieu,
nous y renoncerions. Si on admettait maintenant plusieurs articles et que l’on trouvât par la suite qu’ils fussent iniques, ils
devraient être considérés aussitôt sans valeur et déclarés nuls et non avenus. De même, si on découvrait dans l’Ecriture encore
d’autres articles qui feraient apparaître des choses contraires à Dieu et nuisibles au prochain, nous voulons nous le réserver.
Nous voulons nous exercer dans toute la doctrine chrétienne et l’appliquer. Nous prions Dieu le Seigneur de nous
accorder ce que lui seul peut nous accorder. Que la paix du Christ soit avec nous tous.
A l'affiche : une exposition à Seigneurie d'Andlau
une exposition aux archives d'Alsace, 1525-2025 "même morts nous continuerons de rêver de liberté" "un printemps de libertés".
/image%2F1382760%2F20250703%2Fob_c3a274_capture-d-e-cran-2025-07-03-a-19.png)
/https%3A%2F%2Fwww.paysdebarr.fr%2Flaseigneurie%2Fsites%2Fpaysdebarr.fr.laseigneurie%2Ffiles%2F2025-01%2Faffiche%20expo_page-0001.jpg)
1525 - Un printemps de libertés
La Seigneurie présente l'exposition "1525 - Un printemps de libertés".Commissariat de l'exposition : la Seigneurie.Il y a 500 ans, un événement violent s'est déroulé sur notre territoire anim...
https://www.paysdebarr.fr/laseigneurie/fr/1525-un-printemps-de-libertes