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Geiler de Kayserberg

Un des prédicateurs de la Cathédrale de Strasbourg,  durant 32 ans, Jean Geiler - ou Johannes Geiler « dit de Kaysersberg », auteur de le manuel du pèlerin,  le civet de livret, conseils aux pèlerins, la nef des sages, Sämtliche Werke Erster Teil, der Höllische Löwe, Der Passion, Ars moriendi (1497), il a écrit sur les esprits dans les «fourmis ».  Et d'autres ouvrages encore réédités, comme celui-ci ci-dessous :

 


Le combat d’un prédicateur, un réformateur catholique :  Jean Geiler de Kaysersberg est né Schaffhouse  (Suisse) de parents alsaciens, le 16 mars 1445, son père était notaire impérial, à son décès, tué par un ours, son grand-père l’élève à Kaysersberg, il est bourgeois aisé de la ville. Élevé à Kaysersberg (d’où son surnom)  et mort le 10 mars 1510 à Strasbourg. Il fut maître es arts, docteur en théologie qu’il a enseigné  à l’université de Bâle et de Fribourg-en-Brisgau respectivement de 1471-1475 et de 1460-1462) et prédicateur de la cathédrale de Strasbourg (1478, fonction qu’il occupe durant 32 années, où il va prêcher chaque dimanche, chaque jour de fête et tous les jours de carême, ses sermons sont attendus et écoutés. On prenait des notes durant sa prêche, plusieurs ont été publiés et conservés, quelquefois à son insu. L’essor de l’imprimerie à caractère mobile va y contribuer.  Il utilise des métaphores et des images non bibliques. Il est écouté, l'évêque d'Augsbourg l'appelle deux fois dans sa ville, et l'empereur Maximilien recueille ses avis . Il ouvre ainsi la voie à ses prêcheurs humanistes que seront plus tard Luther et Bucer. La chaire de la cathédrale, représentant son chien au pied de la chaire, a été spécialement conduite pour lui par Hans Hammer en 1485. Le toucher du chien, à l’air un peu triste, permettrait la réalisation de son voeu. Mais, en fait, ce serait celui de Saint Alexis, le seul chien qui avait reconnu son maître.

Il a publié un livre au titre long comme le bras, son titre „les fourmis“. C’est un recueil de sermons. Son titre complet est : Die Emeis: dis ist das Buch von der Omeissen, unnd auch Herr der Künnig ich diente gern und sagt von Eigentschafft der Omeissen und gibt Underweisung von den Unholden und Hexen und von Gespenst der Geist unnd von dem wütenden Heer wunderbarlich und nützlich zuwissen, was man davon glauben und halten soll. Traitant des esprits et des fantômes, des réalités diaboliques dont il est convaincu. (1517), il y dénonce la sorcellerie.  
Grâce à lui et à ses vives critiques sur papier et en chaire, on connait les jeux de noël, reconstitution de l’histoire sainte jusqu’à la naissance de Jésus, nommés des jeux de Noël du moyen-âge,(page XIII de Evangelibuch 1513),

Geiler de Kaysersberg toujours incisif.

Le texte de 1512 de Hieronymos Brunschwig (cité dans « das Talbuch »  1966 par Alfred Pfleger) : « Le diable n’a aucun pouvoir sur celui qui porte les feuilles, et aucune sorcellerie pourra entrer par la porte au-dessus de laquelle les feuilles sont suspendues ». Il a d’ailleurs une certaine influence, car le magistrat de la ville embraye sur l’interdiction de Geiler de Kaysersberg et condamne fermement sa présence le 23 décembre 1524 en affirmant (cite par Adolf Sparmer in « Sitte und Brauch » page 122) : « personne d’étranger et du lieu ne devra mettre de couronne pour la bonne année que quelqu’un le veuille ou non » (…) Celui qui transgressera cette interdiction ne sera relâché avant d’avoir payé une amende de 5 schillings Pfennige ».  Il s’opposera aussi aux beuveries de noël et autres fêtes de la fin d’année, on y entendait les pires jurons, de faux cantiques… “les clercs se promènent déguisés comme une troupe de guerriers. Clercs et laïcs se  retrouvent dans les églises lors de rencontres qui débouchent sur des banquets et des beuveries, des taquineries et des plaisanteries grossières, ainsi que des jeux publics et le cliquetis des armes, on y trouve mêmes des prostituées “effrontées” Les églises, dit-elle, sont “profanées par toutes ces actions, par la vanité du monde et les désordres de toute sorte”. De quoi parle-t-elle donc, mais la fête des fous, chaos d’après Noël où des enfants défilaient, avec un (faux) évêque des pauvres (élu), on y entendait les pires jurons, de faux cantiques...tout cela scandalisa l’époque et le vitupérant prédicateur  Geiler de Kaysersberg de remonter en chaire et de dénoncer les gens qui entrent dans les églises “masqués et déguisés”.

Il a attaqué l’église, même en pleine chaire de cathédrale de Strasbourg « L’église est pourrie des pieds à la tête ; la réforme est impossible ».

On voit qu’il pouvait aussi se tromper. Et c’est l’occasion d’évoquer deux reproches sont formulées à son encontre, celui d’être misogyne, et celui d’avoir attaqué les femmes sorcières. 

Mais comme ses contemporains il voit la trace du Diable partout, alors que le monde actuel ne le voit nulle part.  Ses sermons contre les sorcières seront publiés après sa mort. Hans Nider (1380-1438) « Fornicarius, la fourmilière », démonologue rhénan y effectue une comparaison avec la vie des insectes. Il ne croit ni au sabbat des sorcières, ni à leur vol, ni à leur pacte, mais y prouve l’existence des incubes et des succubes. A ceux des Strasbourgeois qui s’irritent de ses envolées, il rétorque : « C'est mon rôle de crier au feu, et je crie puisque je vois l'incendie » (De arbore humana, 1521). Il va aussi enclencher la réforme par ses critiques : Sa dénonciation des faiblesses des clercs et des moines, des curés avares et des nonnes libidineuses est si véhémente que ses œuvres seront inscrites au XVIème siècle sur l'Index librorum prohibitorum. Un autre prédicateur va s’attaquer au nom de « Nikolausmarkt » et on lui préfèrera le nom de Christkindelmarkt, C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner, ami de Geiler de Kaysersberg,  Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer » (un morceau de levain des pharisiens.

On le voit ce prédicateur a marqué les mémoires, l’existence des habitants de Strasbourg et du bassin rhénan par ses enseignements et ses prêches, il a préparé la réforme et la Contre-réforme et laissé une trace durable dans les ouvrages sur les traditions et coutumes anciennes dont aujourd’hui encore nous gardons ainsi le souvenir.

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