Je suis une belle méconnue…
On la connait sans la connaître, on l’aperçoit de loin ou de près, on la prend pour immuable, elle est pourtant aussi belle que fragile, elle est là depuis de 11ème (1ere pierre posée en 1015) au 15ème siècle, 4 siècles durant, elle est classée, riche de décors sculpté, d’un beffroi surmonté d’une flèche de 142 m de haut depuis 1439. Elle est très particulière car elle possède 8 arêtiers portant chacun six cages d’escalier hexagonales, la vis de chaque escalier tournant en sens inverse de celle qui la précède. Elle possède un mobilier, des retables, des verrières des 13 ème et 14 siècle, des tombeaux, des tableaux ornés, une horloge astronomique du 16ème, des tapisseries du 17ème, un musée d’art religieux, un panorama sur toutes les églises des alentours, notamment celle de Saint-Etienne du 12ème, de St Thomas du 13 et 14ème. On peut dire aussi que la magnifique chaire a été construite pour le fameux prédicateur alsacien Geiler de Kayserbserg. Sans abat-voix, repose sur un pilier central. On le connait pour ses critiques sur des jeux de Noël du moyen âge,(page XIII de Evangelibuch 1513), sur les branches de gui ou de houx (1512 de Hieronymos Brunschwig (cité dans « das Talbuch )
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Que saviez-vous de moi ?
La cathédrale est le siège de l’archevêque de Strasbourg, définitivement attaché au culte catholique et que la cathédrale est aussi une paroisse !
La tour de 142 mètres a longtemps été le plus haut monument de France, elle est visible à une cinquantaine de km à la ronde.
La cathédrale fut longtemps la plus vaste, la façade sud : 118 m avec le cloitre et 112 m sans. Le transept fait 32 m de haut. Le vaisseau est large de 16 m, la nef 36 m, longue de 40 m. La coupole à 14 m à sa base. Amiens : 145 m, Reims : 138, Rouen 137, Paris 130m.
336 marches jusqu’à la plateforme, située à 66 m. 150 gargouilles, 240 portes et 1 km de coursives.
Un vendeur de Bretzel sur les consoles de bois de la cathédrale. Sur les consoles de bois se trouvent des furent actionnées par l’organiste, un y trouve ainsi un héraut de la ville embouchant une trompette, mais aussi un marchand de bretzel, le Bretschtellemànn, rustre avec un bonnet à visière c’est le Rohràff.
La cathédrale a toujours été un objectif politique, le drapeau rouge hissé en novembre 1918. (13 novembre 1918 vers 15 h, il le restera jusqu’au 22 novembre 1918) Rappelons que la ville a été sous l’autorité d’un « conseil de soldats et d’ouvriers » comme la ville de Berlin, une révolution de novembre, c’est la conséquence du retour de mutins de la flotte impériale allemande venus des ports de Kiel et de Wilhelmshafen (200 000 soldats alsaciens s’y trouvaient, ils avaient hissé des drapeaux rouges sur leurs bâtiments, les bateaux étaient bloqués dans le port par la marine anglaise en mer). Matelot et révolutionnaire furent longtemps synonymes. La chute du pouvoir impérial a ainsi crée le 8 novembre 1918 la création d’une « république sociale ». Les troupes françaises arrivant le 22 novembre mirent fin à cette expérience révolutionnaire. Le drapeau rouge était l’emblème de cette volonté de prise de pouvoir d’une république sociale. (Un film documentaire de Jean-Noël Delamarre a été tourné en 2009 sur le sujet : « Quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale (Strasbourg 1918) »– 53’
Hitler lui-même se précipite à la cathédrale, 9 Jours seulement après l’entrée des troupes et jour anniversaire du traité de Versailles de 1919, marquant l’affront pour le peuple allemand d’un traité infligeant de lourdes sanctions et des réparations au peuple allemand.
Le serment de Kouffra du général Leclerc : « Jurez de ne pas déposer les armes que lorsque nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».
Chaque année, le 23 novembre, c’est un drapeau tricolore qui est hissé au sommet pour rappeler le serment de Kouffra de 1941, fait par le Maréchal Leclerc et de ses hommes, de hisser les couleurs de la France au sommet de la cathédrale de Strasbourg.
De temps en temps, c’est un drapeau bleu étoilé européen qui flotte sur la flèche de la cathédrale par exemple pour marquer le début de la commémoration de l'armistice, en présence du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, et de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
En 2018 (11/11), c’est le drapeau « rot un wiss » rouge et blanc qui flotte au sommet dans une velléité d’indépendantisme. Il fut prestement supprimé et une plainte déposée, une crainte d’une chute de l’étendard -plus grand qu’à l’accoutumée- ou d’une pierre selon l’oeuvre Notre-Dame.
On le voit, la cathédrale a toujours joué un rôle de focalisation des combats politiques et militaires.
2 500 000 visiteurs par an, deuxième monument religieux le plus visité de France, le premier depuis le terrible incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019.
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Sous mes pieds : un lac ? un puits ?
Sous mes fondations un lac…. ou un puits aux vertus magiques…
Plusieurs légendes existent qu’un puits ou un lac souterrain existerait sous les pieds de la cathédrale de Strasbourg.
Mais les guides de la cathédrale expliquent que l’édifice, se situe à l’endroit le plus haut de l’ellipse insulaire, avec un dénivelé positif de 10 mètres environ par rapport au niveau de l’Ill.
Néanmoins on la preuve que de l’humidité, du sable…prouve la présence d’une nappe phréatique, avec une certaine humidité pouvant remonter par capillarité. De plus, on sait le bâtiment ne repose pas sur des pilotis, mais des pieux en bois avaient été disposés autour et en dessous du mur de fondation, construit en 1015. « Ces pieux, semblables à ceux que l’on trouve dans les vignes en Alsace, font 1m50 de haut et 10 à 15 centimètres d’épaisseur », explique le guide M. Muller du bâtiment. « Ils avaient pour objectif de stabiliser le sable puisque nous sommes ici sur un sol de sable », poursuit-il. Ces pilotis ont disparu depuis seulement une centaine d’années, leur trace subsiste en observant les différence de couleur dans le sable au cours des fouilles du 17ème et début du 20ème.
Cela mis de côté, intéressons à ce puits qui se trouvait là, sans doute pour alimenter les ateliers et le personnel nombreux qui oeuvrait à cette construction durant plusieurs siècles. Ce puits est visible sur des gravures célèbres, d’un d’eux, fermé, demeure toujours. (recouvert en 1766)
La légende elle est plus tenace, il y avait sous la cathédrale, un lac dans lequel il y avait, sous la cathédrale, un lac où flottaient les âmes des enfants en attente de naître. D’autres légendes évoquent un lac où naviguerait sans passeur, une barque menant droit aux enfers, avec des animaux monstrueux. Les gargouilles en seraient les illustrations. En fait on sait depuis 2018 grâce à des travaux archéologiques (15 mètres) effectuées rue du Maroquin qu’il y a bien des galeries souterraines au ciment de chaux dans des conditions de conservation incroyables, mais qui dateraient de l’époque romaine. Elles auraient permises d’acheminer l’eau vers une grande citerne de la cathédrale. Les documents du moyen-âge évoquent les « grubben » (les fosses). Résumons donc la situation : donc on peut confirmer la présence d’une nappe phréatique souvent exclue, ainsi qu’une citerne romaine, mais de lac point de présence, seulement dans les imaginations des compositeurs de conte et de légendes.
L’origine se trouverait dans les Collectanées (tome1) de Specklin, ce dernier s’étant lui-même appuyé sur des sources antérieures, reprises après lui par Osée Schad et d’autres continuateurs, dont Heckheler.
La légende : Le conte de Louis Schneegans affirme que l’entrée se trouverait dans une cave située juste en face de la cathédrale, dans un logement attenant à la pharmacie dite Au cerf. L’habitait jadis un barbier nommé Geßler, et de nos jours un autre barbier appelé Moïse (leur ancêtre commun figure sur la maison). Un trou y aurait existé, fermé par une porte. Quand on ouvrit cette porte, un vent fort en sortit et éteignit les lanternes de tous ceux qui avaient tenté d’y pénétrer. A plus d’une reprise, on aurait essayé de sonder cette grotte à l’aide de perches pour savoir où elle pourrait bien mener, mais on découvrit moins que rien. De fait, une telle épouvante se serait emparée de ces mêmes personnes qu’elle les aurait contraintes à rebrousser chemin sans qu’elles aient pu en rapporter la moindre information. Il a également été dit que lorsque l’eau montait, serpents, orvets, crapauds et autres vermines similaires sortaient de ce trou. Pour se délivrer de cette calamité, on fit murer cette porte que l’on recouvrit de gravats. Mais pour en avoir le cœur net et faire toute la lumière sur ce cas, ou plutôt, pour mettre un terme à ces rumeurs infondées, l’honorable conseil municipal, ce dit-on, y envoya un maçon qui se mit aussitôt à l’ouvrage et entreprit des investigations ; il en conclut que tout cela n’était que pure imagination. Monsieur Wessner, apothicaire Au Cerf à cette époque et dont M. Spielmann est l’actuel propriétaire, ainsi que M. Roben, commerçant, étaient aussi de cet avis à propos de la cave près de la cathédrale : tout était pure invention et, touchant cette affaire, on ne pouvait avancer aucun fondement d’importance.
Le Kinderbrunnen, « puits aux enfants » est une antique légende, la première trace de ce puits remonterait à 1325 à Meitzstratzheim, le puits est gardé par Frau Berchta ou Dame Hollé. Au XVIe à Schwindratzheim. On sait que le puits de la cathédrale a été recouvert en 1766, un puits pour baptiser. « Taufbrunnen ». Il a des consoeurs « Hebammsbrunnen » puits de la sage-femme à Durlinsdorf, Bubbellebrinnel « puits à bébés » à Dettwiller, Buwelbrunner ‘puits aux garçons’ à Lauterbourg. etc.… généralement gardés par une veille sorcière qui cherche à s’emparer des enfants pour les entrainer dans l’eau. La théorie est confirmée par Freddy Sarg, la déesse Holda ou Dame Holle , déesse du panthéon germanique. (en Alsace du berceau à la tombe). D’autres croyances christianisées parlent de puits à Marie (Marienbrunnen) ou des puits à lait (avec la vertu attribué à Marie de changer l’eau en lait ) (Milchbrünnelein) (cf. Alain de Benoist, les traditions d’Europe, Editions du Labyrinthe, 1982-1996) Les enfants avaient donc été élevés à se tenir éloigné d’un endroit dangereux, la proximité du puits. Mesure uniquement éducative ?
Le chien de Jean Geiler…
En effet, au bas de l’escalier de la chaire réalisé en 1495 par Hans Hammer, le maître d’œuvre de la cathédrale, est couché un petit chien dont la tête repose tranquillement sur ses pattes de devant.
Détail tout ce qu’il y a de plus véridique, ce chien était en fait celui du fameux prédicateur Jean Geiler de Kaysersberg, et qu’il attentait docilement chaque jour que son maître termine son prêche ! Prédicateur enflammé il le fut, il tonitrua contre le marché de noël et autres pratiques qu’il jugeait non conforme !