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Sainte Lucie : la cousine du Christkindel alsacien....

Lucie serait-elle l’ancêtre, comme le pensent certains, de notre Christkindel sous l’influence et l’invasion des Suédois (1628) ? Des indices à charge, d’autres à décharge. Si certains Suédois s’installèrent dans notre région, les chromosomes (Les études à ce sujet et les arbres généalogiques, certaines familles peuvent en attester) en témoignent). Après  l’alliance signée entre la ville libre et impériale de Strasbourg et Gustave-Adolphe, roi de Suède.  La guerre ravage en effet l’Alsace depuis 1618, traumatisant les campagnes alsaciennes, notamment le Sungdau.

avec sa couronne enflammée... Le christkindel alsacien est très proche de Sainte Lucie...


Ce qui pose problème, c’est que pour les spécialistes des traditions suédoises, la sainte semble être déjà une transposition de St Nicolas. Ste Lucie est en fait une sainte originaire de Sicile, martyre à Syracuse en l’an 303-304 selon les textes chrétiens anciens, fille d’une famille noble et riche de la ville de Syracyse. Elevée dans la religion chrétienne, elle se retrouva orpheline de père très jeune Sa mère, la promet à un idolâtre, tombé amoureux de ses très beaux yeux, pour lesquels il semble avoir succombé. Il est patricien de son état, tomba malade et fut accompagnée de sa fille dans la ville de Catane sur le tombeau de Sainte Agathe réputée pour ses guérisons.

une petite brioche au safran de Sainte Lucie dite « Lussekatter », concoctée par les enfants pour le papa, le jour de la sainte Lucie, 13/12


A sa guérison, sa mère admit le choix de vie consacrée de sa fille et admit son refus du mariage. Mais la riposte politique ne se fit pas attendre sa conversion entraîna la confiscation des biens de la famille, le prétendant éconduit accusa Lucie de christianisme et lui fera subir les tortures. Peines édictées sous l’empereur Dioclétien à l’égard des chrétiens. Elle eut ses yeux arrachés, d’autres légendes prétendent qu’elle les aurait elle même arraché afin de déplaire à son prétendant trop pressant, ce serait pourquoi on la représente tenant un plateau sur lequel sont posés ses yeux. Mais de nombreux saints sont représentés avec les objets de leur martyre sans se l’être imposé personnellement. (Les petits pains au safran que présente à son père la fillette déguisée en Lucie -lire plus loin- les évoque sans doute). Notre Sainte Lucie meurt donc après ces atroces souffrances le 13 décembre 303, son corps fut transféré dans l’ancien temple d’Athéna à Corsino puis à Metz (église d’Ottange, diocèse de Metz.) Sur sa tombe à Syracuse fut bâtie très rapidement une église.


Elle bénéficiait d’un lieu de pèlerinage jadis en Alsace, en tant que patronne de Niederhergheim.  
Les Italiens la vénèrent également (souvenons-nous de la mélopée Santa Lucia)  différemment des luthériens suédois qui ne sont pas en général spécialement enthousiastes avec les saints. La proximité de son nom avec « Lug » dieu celte,  pourrait en être la raison. (lire plus bas)

Ste Lucie D’abord une suédoise d’adoption
C’est en Suède, une nuit de lumière, on y allume des feux.   La tradition actuelle, bien vive, consiste en ce jour précis du 13 décembre à se vêtir d’une robe de lin blanc, cernée d’un cordon rouge, sur la tête une couronne tressée de ramille d’airelles, sur lesquelles sont posées 4 bougies enflammées. (ou encore  des bougies artificielles alimentées avec des piles électriques)). Ce matin-là, la jeune fille apporte ainsi vêtue, à son père, un petit-déjeuner composé  de petits pains au safran , confectionnés dès l’aube avec l’aide de leur maman, les Lussekatter (on les nomme aussi les fiancés de Lucie) ainsi que du café.
On estime que cette collation matinale pourrait être la transposition d’une coutume moyenâgeuse voulant faire prendre, avant le lever du jour de jeûne de noël, 7 petits-déjeuners successifs.
Le 13 décembre a subit les transpositions du calendrier julien en effet elle tombait pendant les fêtes de noël jusqu’à la Réforme du calendrier grégorien en l’an 1582. Elle fait mentir désormais le dicton « à la Sainte Luce, les journées croissent d’un saut de puce » ce qui n’est désormais plus vrai, ce ne sera qu’au lendemain du solstice, soit son ancienne date. Un autre diction dit : «  An St Lucias ist der Abend dem Morgen nah » « à la Ste Lucie, la naissance du jour n’est plus loin ».
A Montbéliard on célèbre la Sainte de la même manière qu’en Suède. C’est en effet une ancienne possession des comtes allemands.


Ste Lucie : Lumiere (LUG, LUX et Sainte Odile)   
La confusion étymologique est avancée par certains chercheurs, entre Lucie (Lux) en latin, la lumière et le dieu lumière des Celtes (Lug) dont le nom est très proche de l’ange déchu (Lucifer, ange de lumière, lui aussi).
Les yeux perdus de Sainte Odile  (dans la représentation traditionnelle de la sainte, ses yeux sont posés sur un évangile, « ouvre les yeux des aveugles » et non sur un plateau telle Lucie) qui les recouvre au moment de son baptême sont eux aussi une ouverture à la lumière. Sa fête célébrée en Alsace au même moment de l’année symboliserait elle aussi la joie de la lumière revenue. Elle est la patronne des aveugles, comme Sainte-Odile, des opticiens, des Sattler mais aussi des écrivains.
En Bavière se déplaçait dans les ruelles sombres durant les nuits entourant la Ste Lucie (songeons donc à ce déplacement de calendrier) la « Luzelfrau » (en basse Bavière, on trouve le nom de Lutzlfrau ou Lutzfrau (la femme Lucie) aussi nommé « Schiache Luz ». La « pochte Messer » cognait aux portes et aux volets afin d’effrayer les enfants, évoquant une nouvelle fois un rite de chasse sauvage. Pour Lutzlfrau, on prétend même qu’elle fend le ventre des non-sages pour les remplir de pierres. Un rite assez négatif, presque satanique. Ces cavalcades se retrouvent dans tout l’Allgau, du Tyrol et de l’Autriche sous la forme des Buttmanndln (le 12 décembre), une horde de douze hommes portant des masques de monstre, couverts de pailles, avec des cloches de vaches immenses autour du ventre, faisant un vacarme retentissant dans toutes ruelles. Un vacarme « infernal » ou destiné à effrayer les esprits mauvais ?  On les nomme les Klauze, Klausen dans Allgaü in Oberstdorf par exemple. Notons que les jeunes ainsi vêtus ont une préférence pour les filles qu’ils frappent ou soulèvent, déplacent, emportent, rite de l’enlèvement et de fertilité mêlés. Ils évoquent sans conteste, les forces de l’hiver et les anciennes divinités païennes qui trouvent ainsi encore une place, modifiée, altérée, dans le calendrier christianisé d’une ancienne croyance païenne ancienne. Souvent elle  perdure dans une tradition enfantine. A l’instar du Père noël de ses rennes (le dieu germanique avec son cheval volant hideux qui l’a transformé en aux Etats-Unis en Rodollf au nez rouge)

Ste Lucie : protège les maisons des innondations (Bavière)

Chriskindel de Nuremberg, la couronne de bougies s'est transformée en couronne dorée.

Autre tradition pitoresque autour de Ste Lucie dans la ville de bavière supérieure Kreisstadt, Fürstenfeldbruck,  les enfants confectionnent dans les écoles et les familles de petites maisons en divers matériaux, carton, papier, bois, contreplaqué, ces maisons sont apportées à la messe de la Ste Lucie afin d’y être bénies, elles sont illuminées de l’intérieur à l’aide de bougies de chauffe-plat, elles sont ensuite posées sur l’eau où elles suivent le courant. Cette tradition très romantique évoque un événement épouvantable, les inondations de la ville survenues en 1785, où pour épargner les demeures et venir en aide à la cité on invoqua Ste Lucie.
Une tradition plus ancienne qui se trouve ainsi par l’association de la lumière et de la Sainte ainsi vivifiée.  

Lucie (Sainte Lucie) serait-elle l’ancêtre, comme le pensent certains, de notre Christkindel sous l’influence et l’invasion des Suédois (1628). Des indices à charge, d’autres à décharge. Si certains Suédois s’installèrent dans notre région, les chromosomes (voir les médecins et les études à ce sujet) et les arbres généalogiques (certaines familles peuvent en attester) en témoignent après l’alliance signée entre la ville libre et impériale de Strasbourg et Gustave-Adolphe, roi de Suède.  La guerre ravage en effet l’Alsace depuis 1618, traumatisant les campagnes alsaciennes, notamment le Sundgau.
Ce qui pose problème, c’est que pour les spécialistes des traditions suédoises, la sainte semble être déjà une transposition de St Nicolas. Ste Lucie est en fait une sainte originaire de Sicile, martyre à Syracuse en l’an 303-304 selon les textes chrétiens anciens, fille d’une famille noble et riche de la ville de Syracyse. Elevée dans la religion chrétienne, elle se retrouva orpheline de père très jeune. Sa mère, la promet à un idolâtre,  patricien
de son état, tomba malade et fut accompagnée de sa fille dans la ville de Catane sur le tombeau de Sainte Agathe réputée pour ses guérisons.
A sa guérison, sa mère admit le choix de vie consacrée de sa fille et admit son refus de mariage. La conversion entraîna la confiscation des biens de la famille, le prétendant éconduit accusa Lucie de christianisme et lui fera subir les tortures édictées sous l’empereur Dioclétien à l’égard des chrétiens. Elle eut ses yeux arrachés, c’est pourquoi on la représente tenant un plateau sur lequel sont posés ses yeux. (Les petits pains au safran que présente à son père l’enfant déguisé en Lucie les évoque sans doute). Elle meurt après d’atroces souffrances le 13 décembre 303, son corps fut transféré dans l’ancien temple d’Athéna à Corsino puis à Metz (église d’Ottange, diocèse de Metz.)   
Elle bénéficiait d’un lieu de pèlerinage jadis en Alsace, en tant que patronne de Niederhergheim.  
Mais, on peut s’étonner que les Italiens ne la vénèrent pas avec autant de ferveur que les luthériens suédois, pas spécialement enthousiastes en général avec les saints. La proximité de son nom avec « Lug » pourrait en être la raison.

médaille commémorative du Christkindelmarkt


C’est en Suède, une nuit de lumière, on y allume des feux.   La tradition actuelle, bien vive, consiste en ce jour précis du 13 décembre à se vêtir d’une robe de lin blanc, cernée d’un cordon rouge, sur la tête une couronne tressée de ramille d’airelles, sur lesquelles sont posées 4 bougies enflammées. (ou encore  des lumières artificielles). Ce matin-là, la jeune fille apporte ainsi vêtue, à son père, un petit-déjeuner composé  de petits pains au safran , confectionnés dès l’aube avec l’aide la maman, les Lussekatter (on les nomme aussi les fiancés de Lucie) ainsi que du café.
On estime que cette collation matinale pourrait être la transposition d’une coutume moyenâgeuse voulant faire prendre, avant le lever du jour de jeûne de noël, 7 petits-déjeuners successifs.
Le 13 décembre a subit les transpositions du calendrier julien en effet elle tombait pendant les fêtes de noël. Elle fait mentir le dicton « à la Sainte Luce, les journées croissent d’un saut de puce » ce qui n’est pas vrai, ce ne sera qu’au lendemain du solstice, soit son ancienne date le 24 décembre.
A Montbéliard on célèbre la Sainte de la même manière qu’en Suède. C’est en effet une ancienne possession des comtes allemands.
 
La confusion étymologique est avancée par certains chercheurs, entre Lucie (Lux) en latin, la lumière et le dieu lumière des Celtes (Lug) dont le nom est très proche de l’ange déchu (Lucifer, ange de lumière, lui aussi).
Les yeux perdus de Sainte Odile  (dans la représentation traditionnelle de la sainte, ses yeux sont posés sur un évangile, « ouvre les yeux des aveugles » et non sur un plateau telle Lucie) qui les recouvre au moment de son baptême sont eux aussi une ouverture à la lumière. Sa fête célébrée en Alsace au même moment de l’année symboliserait elle aussi la joie de la lumière revenue. ☐

 

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