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L'abbé Kneipp : la santé par l'eau !

Si le nom de Kneipp n’évoque à nos contemporains qu’un bain de pieds dans un bassin froid ou une gamme de produits cosmétiques, c’est que peu font le lien avec l’extraordinaire vie de Sébastien Kneipp.  Kneipp était un prêtre, guérisseur, hygiéniste et avant tout homme de son milieu, celui de la terre qu’il a cultivé tout en aidant son père dans l’activité de tisserand dans sa jeunesse.
Des anciennes photos nous montrent une tête ronde sur un cou épais. Mais ceux qui viennent le voir, ne se déplacent pas  pour voir sa soutane râpée, ni l’entendre, vous tutoyer ou vous asséner rudement  : « Je vous dis la Vérité : tout ce qui est curable peut-être guéri par l’eau » puis plus tard ; « il est une petite plante contre chaque maladie ». Ils viennent mendier ses conseils. Souvent lapidaires, car S.Kneipp le confie « « Je veux voir tout le monde rester chez soi et se soigner lui-même correctement. » Son souci, sans négliger le soin des âmes, le service religieux et sa paroisse et de prendre soin d’eux.

Allons donc à sa rencontre, Sébastian Kneipp a d’abord vécu le dur labeur paysan de son époque, né le 17 mai 1821 à 23 h à Stephansried (dans le royaume de Bavière) « Baschtl » devra se battre pour faire des études, inaccessibles à son milieu et son éducation. Il fera des économies sur ses tâches et pourra enfin accéder à son vœu, après quelques péripéties, en étant le plus vieux de sa promotion. Il met les bouchées double pour apprendre et se mettre à niveau, il a soif d’études et de connaissances, mais il va être pris par la maladie de son époque, la pleurésie, une tuberculose. Peu aidé par les médecins, eux-mêmes démunis.   Kneipp tombe alors sur des livres tels que « enseignement de la puissance curative de l’eau froide » ceux du Dr. Jean Sigismond Hahn de la société d’hydrothérapie datant de 1831. Et eux du Dr Oertel d’Ansbach. Appliquant leurs consignes « confiance, courage et ténacité sont les trois piliers de toute cure d’eau. » Il s’applique cette indication, n’ayant guère d’autre possibilité, il use de  l’eau froide comme remède, plonge même dans les eaux glacées du Danube, bref il se soigne ; «  traitement : chaque jour, passer plusieurs fois de l’eau la plus froide possible sur la poitrine et frotter énergiquement. Tous les deux jours, un bain, laisser la poitrine découverte et l’exposer à l’air frais (….) ». A l’époque les bains municipaux n’existaient pas. Et contre toute attente, son état s’améliore et il guérit, à 31 ans.  Peut continuer à étudier et à se présenter aux examens. Et être ordonné prêtre. Il va alors approfondir ses connaissances « médicales ».
Il ira de succès en proposant à d’autres, par pure compassion, d’en faire autant. Avec surprise, il s’aperçoit de sa réussite. Sur une femme victime du choléra, il obtient le même bon résultat.  

un bassin Kneipp à Bad-Peterstal (Forêt Noire) et la formule "Dans l'eau est la guérison"

« Docteur de l’eau »
Nommé abbé, il soigne avec des plantes dont il prépare les décoctions dans sa pharmacie improvisée dans une grange du couvent.  Il commence à être connu, sans vouloir se faire connaître, dans sa nouvelle paroisse en soignant et guérissant un troupeau atteint de fièvre aphteuse. Il connait le monde agricole de part son origine et rédige des ouvrages agricoles privilégiant le repos de la terre, les fumaisons…(étendre du fumier sur les champs).
Il diagnostique très vite et donne un très irrévérencieux mais direct« tu pintes trop » à tel révérend porté sur la bouteille,
Il tutoie les belles et élégantes, maudit leurs corsets, le regard bleu gris posé sur les corps et les âmes… il ordonnance en phrases claires, vives, brèves et sans appel…

Il propose déjà une analyse holistique de la santé « union du corps et de l’esprit » très vite, ses réussites sont connues et affluent les malades, vraie cour des miracles.  Il soigne et accueille les pestiférés malades aux visages déformés  par le lupus dits « incurables ». Il les soigne et réussit à les guérir à l’aide d’eau, de masque d’argile, de décoctions de prêle et d’absinthe. De convictions et peut-être aussi d’effet placebo !
Mais en tous les cas, il tente et réussit souvent « à remettre le corps du malade dans le circuit de la nature. »
Les scientifiques, pharmaciens et médecins, voient ses succès et ces foules de ce « charlatanisme » d’un très mauvais œil, il en va de même de l’ordinaire du lieu (son évêque).  Mais il soigne, fait du bien et cela efface beaucoup de mauvais procès, la liberté de soigner, édictée par une ordonnance de l’empire sur l’activité professionnelle, à effet rétroactif du 1er janvier 1873, lui sauve la mise.
Le Père Kneipp va ainsi révolutionner le village de Wörishofen, (qui deviendra Bad-Wörishofen, en Bavière, Souabe, Bas Allgaü), y faire créer des douches, des soins, des asiles, des lieux de soins, promouvoir des marches pieds-nus (les sandales Kneipp voient aussi le jour), de conseiller ses règles de vie, lever tôt, coucher tôt, repas simples et locaux, privilégier les plantes pour les soins. Il combat le café, qu’il juge ennemi du corps, et le remplace par du malt grillé (la maison Kathreiner) et préfère un plat matinal de l’orge grillé. L’abbé donnera plus tard à un marchand l’autorisation d’apposer son nom sur un produit qu’il trouva bien réussi. Il veut que les « pauvres pieds reprennent l’air » « que les gens des villes apprennent quelque chose de la nature ». Il est stupéfait de leur mode de vie, éloigné de la nature et de ses principes. Que dirait-il de l’époque contemporaine ?

La soif de ses connaissances vont l’inciter à dicter,  à l’éditeur Joseph Kösel dirigé par  M.Huber, un premier livre « ma cure d’eau » (1886). Tiré prudemment à 600 exemplaires !
Le succès ne se démentira pas et atteindra 72 éditions en 1897.  23 éditions de « comment il faut vivre »,(1889) 12 éditions  de « Mon testament » (1894, où il recense les résultats de ses recherches) et le « codicille » à la 4ème,  permettront de financer les travaux, car le père Kneipp ne garde rien pour lui, il réinvestit dans les installations de sa ville pour le bien-être de ceux qui ne peuvent pas financièrement venir en cure.  Il  fait aménager un lieu pour ses  conférences journalières mais se déplace aussi dans toute l’Allemagne et au-delà en Europe pour évoquer sa méthode.  Son succès est lié au développement du train, que Kneipp apprécie et qui lui permet de propager ses conseils. Son nom est apposé sur des produits de soins en 1891, ami de longue date, Leonhard Oberhäusser en obtient l’autorisation, en s’engageant à respecter sa philosophie dans la fabrication de ses produits. Cette marque de produits de bains et cosmétiques, existe toujours et Propose également des tisanes, bougies….
Il est nommé Monsignore « camérier secret » par le pape Léon XIII à qui il a donné des conseils. C’est pourquoi nous lui avons attribué dans le titre cette distinction,  mais pour les hommes du peuples il était avant tout l’abbé et Docteur d’eau !
Il meurt dans sa ville d’eau le 17 juin 1897 à Bad Wörishofen. Son renom, son oeuvre et le cheminement de sa pratique demeurent.

le Père Kneipp (1821-1897)


« Le corps humain est merveilleux, et chaque partie a besoin d'être soignée. »

 

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