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La couronne de mariage, Brautkranz, Jungferkranz

musée alsacien de Strasbourg, couronne de mariée du village de Blaesheim Bas Rhin de la fin du XVIII ème siècle

La couronne de mariage  Brautkranz, Brautkrönlein, JungferKranz


remplace le voile en Alsace jusqu’entre les deux guerres mondiales.
Il s’agit de porter des habits neufs confectionnés avec soin pour les fiancés, car devant resservir dans la vie civile, les dimanches, fêtes, cérémonies, ainsi que comme costume de défunt. On prend soin de ne pas dévoiler ses vêtements avant la noce, de les faire fabriquer ou de les confectionner  à la maison, d’éviter les mains de femmes méchantes, les vieilles femmes, avant de se prémunir du mauvais oeil.  La robe de mariée ne doit pas être faite soi-même, contrairement au trousseau, et les futurs époux ne doivent porter que du neuf. On pense dans un dicton que si la mariée coupe ill-même sa robe, elle découpe en même temps son bonheur.
Le mariage étant sans doute le moment le plus important de la société alsacienne il n’est pas étonnant qu’il soit entouré de tant de rites, de dictons et de traditions. Le mariage lui-même s’étendant sur  3 à 8 jours nombre de traditions peuvent être respectées.
Ceux qui s’intéressent aux mariages, donneront le fameux dicton, une chose neuve, une chose empruntée, une chose bleue. Mais ce dicton ne s’applique pas en Alsace et semble inconnu.
Si une couturière laisse une goutte de sang lors de son travail ce n’est pas un signe défavorable. Mais un symbole de bonheur éternel. On songe à la symbolique de l’hymen.
Le voile s’il est porté en Alsace ne n’est pas un signe de virginité, contrairement à la couronne, mais une manière de protéger le couple du mauvais oeil.
Nous avons évoqué les perles du voile et de la robe dans les mariages royaux, on a toujours évité les perles, à Strasbourg, car elles signifient les pleurs de la future épouse et ne sont donc pas des symboles de bonheur à venir.
Évoquons la couronne, symbole de virginité, (elle devient Strohwisch couronne de paille,  pour celles qui ne le seraient plus au mariage, en référence à une ancienne punition des filles aux mœurs légères devant circuler avec un tel accoutrement dans les rues, notamment au XVème siècle à Turckheim) elle est faite de romarin puis de myrte. Ces fleurs fraîches, fleur d’oranger et ces plantes seront remplacées par des fleurs artificielles dans la région de Wissembourg, car elles étaient achetées, donc précieuses, marquant un investissement dans une société où l’on ne gaspillait pas, on retrouve donc des fleurs artificielles sur ces couronnes conservées sous globe, ornement de buffet ou d’armoires dans les souvenirs familiaux et les écomusées ou maisons anciennes. On pouvait aussi y accrocher des paillettes dorées et argentées ce que l’on nomme les « Flitterchen », plumes teintes, fausses perles, rubans.
Au cours du XIXème, on y ajoute un voile pendant à la couronne.


Cette couronne prend le nom de Brautkranz, Brautkrönlein, JungferKranz, Schapel, Krönel ou Hochzittsufsatzla (vallée de Munster). (Page 140, chez  Freddy Sarg). Mêmes termes chez Van Gennep. Viendront ensuite la robe noire sur laquelle on porte un voile blanc qui ne recouvrait pas l’ensemble de la chevelure. (Cela fera l'objet du post suivant : la couronne de la mariée en Alsace)

 


La culture juive.

Le judaïsme n’impose pas le voile pour les femmes. Il n’est pas mentionné dans laTorah, texte fondateur de la religion. Néanmoins, on sait que les femmes le portaient lors de leurs noces, car lors de son mariage, Jacob pensait avoir épousé Rachel. Au moment de la nuit de noces, il retire le voile et découvre Léa. On peut donc imaginer que le voile était épais, opaque et ne laisse en aucun cas, voir la mariée. Aujourd’hui, en fonction des personnes, le voile n’est pas (suite de la page 18) une obligation pour le mariage. Il reste une coutume. Plus ancrée, la célébration et la bénédiction de la cérémonie se déroule sous la houppa juive ou dais. Hautement symbolique, il représente le foyer, qu’ils vont bâtir ensemble. Ce beau rituel est  le Badeken ou Bedeken (באַדעקן badekn, lit. couvrir) consiste dans la tradition juive pour le marié de couvrir par un voile le visage de la mariée, juste avant d'aller sous le dais, (voir juste avant) symbolisant l’union des époux sous le même toit ou l’union charnelle.  On fait ainsi souvenir de Rebbecca qui s’est voilée avant d’approcher le tente d’Isaac afin que le futur marié ne voit sa future épouse avant le mariage.
La loi rabbinique interdit la récitation de bénédictions ou les prières en présence d'une femme mariée tête nue ; car le dévoilement des cheveux de la femme est assimilé à la nudité. Aujourd'hui, la plupart des femmes juives pieuses ne se couvrent pas les cheveux, sauf dans la synagogue. Chez les intégristes juifs, comme la secte hassidique, les femmes continuent à se voiler les cheveux ou à porter une perruque pour cacher leurs cheveux. Mais nous ne sommes pas dans le rite du mariage.


En Inde, au moment du mariage, le voile est rouge. Ce précieux voile est recouvert de broderies d’or et des perles. Ce voile couvre le visage intégralement. La mariée peut choisir un sari d’une autre couleur. Néanmoins, au moment de la cérémonie autour du saptapathy, feu sacré, elle doit revêtir un voile rouge. Les femmes invitées doivent porter également un voile coordonné à leur sari avec des fils d’or.
Les stars ou têtes couronnées qui portent le voile pour leur mariage ont relancé l’usage du voile de la mariée. Les princesses et les reines enclenchent le retour du voile dans l’aristocratie puis la bourgeoisie.

Ainsi la Reine Mère d’Angleterre porte un voile qui couvre les cheveux, avec une robe fluide, pour son mariage avec le Prince Albert. Ce voile cathédrale est orné de quelques motifs de dentelle et de perles, ce qui l’assortit à une robe richement décorée, dans un esprit glamour androgyne. La Reine Elizabeth renoue avec la robe de mariée traditionnelle façon reine Victoria, elle porte un voile ivoire de 4 mètres de long est richement décoré de broderies en forme de fleurs et de perles qui donne à l’ensemble un style chargé. Ce voile relève de la pièce d’orfèvrerie et de l’art manuel. Le voile de Lady Di, (29 juillet 1981) lors de son mariage avec le Prince de Galles Charles d’Angleterre, reste une référence, en mémoire dans tous les esprits, avec les commentaires de Léon Zitrone admiratif devant ce long voile dans la cathédrale St-Paul de Londres. Et demeure un record historique du plus long voile porté lors d’un mariage royal, avec ses 12 mètres et une traîne de 8 mètres de long. Impressionnant spectacle, il représente un travail colossal avec 10 000 paillettes brodées. Sa robe étant devenue la plus célèbre du monde et sera copiée.
Ce record de longueur de voile ne fut toutefois as battu en longueur par l’épouse de l’héritier du trône de Norvège, avec ses 125 mètres de tulles mais seulement six mètres de long, lors de son mariage à la cathédrale d’Oslo en 2001.
On le voit nos couronnes des mariées de jadis ont définitivement laissées la place depuis les années 1920-1930 au voile de la mariée, la robe de couleur à celle de blanc, au point de ne plus comprendre les gravures de jadis et de nous rendre incapable de distinguer une mariée sur une ancienne gravure. La mariée était en vert pourrait être le titre d'un nouveau roman alsacien !

 

La symbolique multiple de la couronne de mariée

 

 

Gutach, couronne de mariée, conservée pieusement par la mariée, quelquefois mise sous cloche en verre.

La mariée est une reine le jour de son mariage. Mais elle est aussi la jeunesse incarnée et la joie, ceci est suggéré par l’usage de couleurs vives et de celle du rouge.
Elle évoque aussi « La virginité » avec le blanc et de l’usage de certaines fleurs dont la fleur d’oranger. fécondité à venir, prospérité annoncée par ses fleurs.
(…) L’amour est représenté par le cœur. Enfin, l’union du couple est parfois figurée par le doublement d’un élément.
 La coiffe symbolise un « état », celui de la femme mariée.
La chevelure est le symbole de la puissance, Samson, mais aussi le repère de superstitions populaires. On note ainsi certaines superstitions qui estiment que la chevelure est la cible des esprits maléfiques qui s’y nichent, s’y accrochent ou s’y cachent.
Elle peut alors transformer son caractère et ses humeurs.
En cachant, on ornant, on parvient à éviter de narguer les mauvais esprits et l’on protège aussi bien l’épouse que son époux. On trouve ainsi des rubans mais aussi des éléments brillants, réfléchissants, tels des paillettes, des verroteries et des miroirs, placés à quelques points stratégiques et servant à les éblouir et les faire fuir.
Étonnamment on retrouve certaines de ces coiffes chez la marraine, lors du rite de passage dans la vie chrétienne du futur nouveau-né à baptiser. Seules les garnitures servant à décorer les couronnes varient (petites pierres colorées, angelots, piécettes d’argent)

                  (d’après la documentation du musée alsacien.)

 

voir notre article sur la couronne de la mariée...

 

 

 

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