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Les sapins des enfants et le Betholz (bâton de prières)

Deux Traditions alsaciennes :

 


les petits sapins des enfants  Il fait froid dehors, partout c’est une ambiance chaleureuse, on entend chanter « Stille Nacht » des sapins illuminent les stubbe, on veille avant de se rendre à la Mette (messe de minuit). Pourtant, une femme se hâte vers le cimetière en cette nuit de noël, elle cache sous sa cape quelque chose de précieux, qu’elle serre contre son cœur. Elle ne se rend pas à l’église, elle contourne l’édifice sans oublier de se signer, elle pousse le portillon à sa droite, la lourde grille s’ouvre en grinçant, elle s’y glisse, elle va promptement vers un lieu connu d’elle, déjà c’est presque un rite, elle s’arrête devant une tombe encore récente surmontée d’une simple croix de bois,  pas totalement aplanie par le temps et la rudesse du froid. C’est une toute petite tombe, celle de son fils défunt, il y a quelques mois, au début de l’été. Elle y dépose un sapin dans un pot. Tirant de ses grandes poches des allumettes, elle en allume méticuleusement chacune de ses petites bougies qui ornent ce sapin, joliment décoré de petites boules, de rubans et de bonbons. C’est maintenant toutes les autres tombes qui scintillent. Une manière très rhénane de faire partage au défunt chéri de l’année, les merveilles de cette nuit divine. Elle écrase une larme en souvenir de son enfant, qu’elle semble voir du haut du ciel lui sourire comme pour la remercier tandis qu’elle semble entendre un gloria auquel le jeune enfant unit sa voix. Il fête son premier noël au Ciel !

1ère inscription officielle des sapins de noël, dans les registres de Sélestat : 1521

 


Le Betholtz (Bethölzle) : Un dimanche de novembre, Papa emmène avec lui en forêt ses deux enfants. Il sort de sa poche son couteau, s’arrête devant un arbre et coupe 2 rameaux de la même longueur. Les enfants s’interrogent, que fait-il ? Il en donne un à chacun, sans avoir oublié au préalable d’y marquer l’initiale de chaque enfant. « Vous avez maintenant l’âge, et tiens, voilà ton Betholtz », dit-il à son deuxième enfant, « maintenant il va falloir bien prier, après chaque Notre Père (Pater noster) bien prié, chaque soir je mettrais une entaille au couteau. Après 10 entailles une petite croix. Tu présenteras ce Betholz au Saint Nicolas, lorsqu’il viendra avec Hans Trapp le 6 décembre, lorsqu’il te demandera si tu as bien prié. Tu lui montreras. » Mais voyant le regard un peu frondeur de son garçon, il rajoute, « gare à la triche ! Les entailles faites sans dire de prière deviennent noires le lendemain, et Saint Nicolas voit et sait tout. Il rappelle alors que l’an passé Hans le fils du voisin avec ses 4 encoches noires a été menacé d’être emporté par le Hans Trapp qui a fini par le laisser au coin de la rue, terrorisé et hagard. Il n’a eu comme surprise d’une verge en cadeau pour se souvenir de sa mauvaise conduite,  « il ne faudrait pas l’imiter »
finit-il. Heureusement sa soeur a partagé ses
pommes et ses sucreries avec lui.

(deux extraits du numéro de noël de décembre 2020, n°199)

 

 

première inscription des sapins de noël dans les écrits historiques, ville de Sélestat, 1521.

première inscription des sapins de noël dans les écrits historiques, ville de Sélestat, 1521.

les friandises apportées par un bonhomme de noël.

les friandises apportées par un bonhomme de noël.

dessin F.S. (c) les sapins sur les tombes des enfants

dessin F.S. (c) les sapins sur les tombes des enfants

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