Dans ce numéro 201, printemps 2021, vous trouverez un article sur
1. le lancé des disques enflammés,
Mgr Freppel qui êtes-vous ?
le Voile de la mariée signification (deuxième volet consacré au mariage, après les alliances du numéro 200,
la notion de sacrifice "du sacrifice humain des temps païens au don de soi, ultime sacrifice, le s'oublier ...
Quelques idées de ce numéro :
1. Le Lancé de disques enflammés, une tradition vivante dans plusieurs contrées d'Alsace, mais aussi en Autriche, en Bavière.
Des roues enflammées illuminent le ciel de cette fin d’hiver. Elles sont comme des lumières qui tentent de rejoindre les cieux. Elles veulent se rapprocher de ce soleil qui tarde à éclairer de ses rayons la nature alsacienne.
Depuis leur colline (Schieweberri) , les jeunes garçons (les filles en étaient exclues) et les moins jeunes, préparent leur équipement pour lancer la prochaine charge de « schiwerle » depuis le banc de lancement de ces disques que l’on enflamme dans le feu à côté d’eux et que l’on lance avec des cris de joie et d’espérance. Comme un élan vers l’avenir, vers le printemps, vers l’inconnu. (Selon les villages le terme est : schiwaschlawe, Schiewaschlawe, Schiwaschlàj, Schuwaschlàga).
Si les pompiers leur prête main forte ce n’est que pour respecter la sécurité.
Car depuis des siècles ce rite se pratique du Rhin aux Alpes.
Goethe l’évoque pour la fête de Saint-Roch à Bingen, les frères Erckmann-Chatrian également dans la région de Lunéville. (Histoire d’un sous-maître, Paris, 1871 p 98-104).
(Extrait de Erckmann-Chatrian : Qui précise que cette « cérémonie » datait de plusieurs centaines d’années. « Alors les garçons, le voyant levé, jettent dans le feu des rondelles de bois larges de six à huit pouces, percées d’un trou par le milieu ; quand ces rondelles flambent, le plus robuste passe dans le trou la pointe d’une perche ; il enlève la rondelle, et, après l’avoir fait tourbillonner, il la lance de toutes ses forces dans les airs ; et, pendant qu’elle file comme une étoile, traçant une grande courbe au-dessus des vieux chênes, le braillard crie d’une voix traînante : « Chibé !... Chibé !... » en annonçant le prochain mariage ou dénonçant les amourettes de telle fille avec tel garçon ; si bien que cette annonce, retentissant au loin, fait pousser de grandes exclamations de surprise à celles qui s’étonnent d’avoir été découvertes ; elles crient : — Non !... non !... ce n’est pas vrai !... ». On le voit c’est aussi l’occasion de s’amuser et d’inventer des liaisons vraies ou fausses … ou de révéler son penchant pour quelqu’une…. Cela peut faire jaser comme le signale Erckmann-Chatrian dans leur livre.
Traditionnellement ce rite, largement répandu jadis en Alsace, subsiste encore ici et là. Il a lieu le dimanche qui suit le mercredi des cendres, c’est-à-dire le premier dimanche de carême à Offwiller où il est toujours pratiqué (des images sur Youtube et sur le site destination-alsace.fr canton de Niederbronn), mais connait des variantes.
Méthode :
Les disques étaient découpés dans une bûchette de bois de hêtre, le soir au coin du feu pendant les mois d’hiver. Il faut ensuite les arrondir et percer leur centre afin d’y glisser la perche (en bois de châtaignier précise le livre de l’Alsace) pour les lancer. Ils étaient portés enfilés telles des cartouches portées sur la poitrine. Allumés au bûcher, tournoyés formant des étincelles, puis frappés sur une pierre sorte de pierre de lancement, ils s’envolaient alors dans la vallée en formant de grands arcs lumineux....
(suite dans notre numéro 201
2. Qui êtes-vous Mgr Freppel ?
A Obernai, on côtoie son lycée son groupe scolaire, sa statue de bronze devant l’église Saint-Pierre et Paul, son rempart. A Blienschwiller il a sa rue, à Dambach-la-Ville, à Lingolsheim, mais aussi à Toulon, une place dans le Finistère à Lannilis, à Anger, au Pouliguen.
Sur le GR 532 qui longe le Lac Blanc, sur la commune d’Orbey il a même son sentier. On connait les généraux Kellermann, Kléber, le Père Foucauld, Mais connaît-on Mgr Freppel ?
Si l’Alsace lui rend si sérieusement hommage, c’est que c’est une enfant du pays. Mais chauvinisme oblige, il ne fut jamais indépendantiste alsacien, mais bien défenseur de l’Alsace en France. (Il n'aurait dans le cas opposé certainement pas de statue). Ce dernier fait rachète qu’il fut plus monarchiste que républicain.
Né à Obernai le 1er juin 1827, il fermera les yeux à Angers, le 22 décembre 1891 à 64 ans, où il fût évêque, mais aussi député du Finistère et fondateur de l’Université catholique de l’Ouest.
Il repose dans sa cathédrale dans un cercueil de plomb renfermé sur un cercueil de chêne, déposé dans le caveau funéraire de l’église cathédrale d’Angers. Mais son cœur repose dans sa ville natale, depuis 1921.
Ces quelques traces nous montre l’importance du personnage.
Tout d’abord alsacien (1827-1851).
Il est le fils d’un greffier de justice de paix du canton d’Obernai, né à Breitenbach, d’Obernai, nous dit son acte de naissance reproduit dans une brochure publiée à l’occasion du centenaire de sa naissance, et d’une fille de Notaire née à Blienschwiller. Il fut étudiant au Grand séminaire de Strasbourg, où il sera ordonné prêtre en 1849. Il sera professeur d’histoire au petit séminaire Saint-Louis de Strasbourg. (la suite, dans notre numéro 201)
3. La notion de sacrifice : du sacrifice humain au sacrifice de soi....
Sacrifice :
Se sacrifier est mal vu dans la société de la réalisation personnelle, du développement de sa personnalité, (individualiste ?) se donner aux autres, payer de son temps, jadis de son sang, aux dépens de soi ? Dans une société ou l’on préfère le faire aux dépens des autres ?
La notion de sacrifice remonte plus loin, dans l’offrande du sang. Sang considéré comme le siège de la vie, par une action rituelle, d’offrande à la divinité, souvent sous la forme d’une immolation. L’holocauste est donné en signe d’adoration mais aussi en signe de repentance pour le péché ou en signe de culpabilité. La victime est alors brûlée sur l’autel, la fumée s’élevant, telle l’encens ou la prière, vers les cieux. Ils ont été offerts personnellement par Gédéon Manoah, Samuel, Saül, David, Salomon, Elie. Puis par la communauté, souvent un mâle d’un an, sans tache du bétail.
Le sacrifice humain était connu comme dans la plupart des civilisations déjà au Néolithique, et dans l’Antiquité, mais aussi dans l’Ancien Israël, les sacrifices humains étaient pratiqués, ceci est attesté dans Lv.18,21 20,2-5, 2 R 3-10, Is 30,33, Jr 32,35. Ainsi Jephté immole sa fille unique (Jg 11,30-40- ou Mesha de Moab immole son fils sur le rempart (2 R,3-27)
Ce « Molk » (Moloch, Malak, jusqu’au IIIème siècle av. JC) « profanait le Nom de Dieu ». Tenté par un retour à cette pratique, entourés de peuples (traces des sacrifices du peuple Cananéen en -1000 av.JC, fouilles de Gézer par exemple) qui y recourait, Israël est rappelé à cet interdit par Dt.18,10 ; Jr 7,31 ; Jr 19,5. En laissant la vie à Isaac présenté au sacrifice : « fais-le vivre sans oublier que c’est moi qui te l’ai donné » semble dire Dieu, selon Marie-Noëlle Thabut (in l'intelligence des écritures, vol. 3, Année B, dimanches du temps privilégié, Artège, page 187)
Les Aztèques sacrifiaient ainsi jusqu’à des milliers de personnes en quelques jours. On retrouve ce « rite » sanglant en Chine (jusqu’à la dynastie Shang), chez les Dogons en Afrique, mais aussi en Inde ou dans royaume du Dahomey. (Rite de Romulus et Remus à la fondation de Rome).
Dans la Haute-Mésopotamie VIIème siècle avant JC, dans les cultes de Baals, Astartes.
(à lire dans notre numéro 201)
4.Sous le voile de la mariée, signification du voile dans le mariage :
Des hommes politiques, sans doute en mal d’inspiration, et d’habitude mieux informés des éléments historiques ou culturels contemporains ont osé comparer le voile islamique au voile de la mariée.
Comme si la mariée allait vivre avec son voile blanc depuis le jour de son mariage jusqu’à la fin de ses jours. Cette hypocrisie politique levée. Cela nous donne, comme au dernier numéro, l’occasion de nous pencher sur un autre élément de la mariée, après la bague (notre n°200), le voile et la coiffe de mariée alsacienne traditionnelle, aujourd’hui oubliée.
C’est tout d’abord un élément du rite du mariage, il s’efface ensuite.
Il prend diverses formes : le voile qui couvre les deux mariés dans le rite juif. Vous serez surpris d’apprendre que la tradition du voile de mariage s’est effacée, que la robe de mariée a été en Alsace noire jusqu’entre les deux guerres et que la mariée alsacienne ne portait pas de voile mais une coiffe magistrale « couronne de mariage » sur fond noir, (Kassel le dit pour Mietesheim, p. 352) que nous évoquerons plus avant. Il en va de même pour la couleur de la robe de la mariée, le blanc est récent, deuxième moitié du XIX!me siècle, précise Van Gennep dans son « le folklore français » tome 1 du berceau à la tombe p.347 sous l'influence du dogme de l’Immaculée-Conception et sous l’influence des villes. Au moyen-âge on conduisaient le jour du mariage les femmes cheveux au vent pour prouver leur virginité dit encore ce folkloriste célèbre. La coiffe permettait de distinguer la fortune, la bonne ou la mauvaise conduite de la fille, en Vendée. Les couleurs variées selon les régions et le bonnet de mariage devait être noir (!) (p.348). On peut affirmer que les robes de mariées jusqu’au XVIIIème siècle étaient multicolores partout en France, avec une dominante de rouge pour la touche de couleur. Le noir était la couleur de base. Les couleurs étaient réservées au tablier, aux galons, aux passementerie, ceintures, cocardes et flots. Le blanc arrivera en 1920. Les cérémonies de mariage durant plusieurs jours, il est également à noter que le costume change chaque jour. On évoquera donc ici le costume du jour de la cérémonie du mariage. Mais Van Gennep l’affirme, le « voile blanc, court ou long, d’une longueur parfois démesurée allant avec la robe à trainé, n’est pas une coutume populaire indigène ». (p.357)
Son but : Le voile doit dissimuler et cacher, le visage de la jeune mariée, de tous les regards.
Le voile était fait dans une étoffe opaque, qui pouvait s’assimiler à un drap pour couvrir intégralement la mariée.
Aujourd’hui, il est fait en tulle léger et aérien, qui ajoute une touche de blanc, tout en transparence, que l’on coordonne avec sa tenue (...)
Le saviez-vous ? Jadis pas de voile : La mariée d’Oberseebach du musée alsacien porte une magnifique couronne multicolore de fleurs sur une robe noire et un tablier parsemé de broderies dorées évoquant les leurs. De multiples rubans sur ses deux épaules sont accrochés à deux brassards fleuris caractéristiques. (le tableau de Maître Kamm complète le mannequin)
la suite dans notre numéro 201 ....
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