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Noël .... la messe de minuit.

Minuits (Messe de) : Messe de Minuits : Célébrer Noël n’est pas une habitude des premiers Chrétiens, c’est néanmoins maintenant une habitude fort ancienne.

L’habitude de célébrer une messe nocturne à l’occasion de la Nativité de Notre Seigneur Jésus date du V ème siècle, plus précisément de 431 à Rome mais non encore pour la Gaule.
La messe ne devait pas être comme les autres, certaines églises intercalèrent des “pastorales chantées dans l’office de la nuit, après le Benedictus des Laudes” selon Maurice Vloberg.

La volonté de personnaliser cet office aboutit à la création de scènettes,  de jeux de noël qui dévièrent et seront interdites par le pape Innocent III en 1210. Le 24 décembre de l’an 400 retentit le premier son de cloche de l’évêque Paul dans l’église de Nola en Italie.

Le conte bien connu des 3 messes basses (les lettres de mon moulin, domaine public) d’Alphonse Daudet évoque le privilège concédé aux prêtres de célébrer en ce jour solennel 3 messes consécutives. C’est une grâce spéciale de pouvoir célébrer les 3 Offices cette nuit de noël,
La première est la « Messe de la Nuit »
La deuxième se nomme « Messe de l’aurore », ou « Messe des bergers »
La troisième « Messe du jour ».

La messe de Minuit est en fait une expression corrompue de la Messe de la Nuit. (la mette) L’office romain célèbre trois messes à Sainte-Marie-Majeure, le pape disait la messe de la nuit, à Sainte-Anastasie, celle de l’aurore, et il terminait par la messe du jour célébrée en la basilique Saint-Pierre. La tradition de s’y rendre est indissociable de la foi des peuples de fêter dignement l’arrivée du fils de Dieu, bien évidemment, souvent avec des lanternes, lumières ou flambeaux. En Scandinavie on s’y rend en traîneaux illuminés, à Bevensen en Basse-Allemagne c’est avec des chandeliers de forme pyramidale qu’ils s’y rendent, dans les Alpes bavaroises on fait “peur aux esprits” les “Schrecklaüten” sonneries à effrayer. 2  
Ce beau mystère de la nuit de noël a également été interdit par la révolution :
“En pleine terreur, le culte religieux est interdit, la Terreur règne, noël 1793, les cultes vont à la déesse Raison. « L’église-cathédrale Saint-Martin de Colmar a été profanée, les profanations honteuses dans la ville se sont multipliées. le 22 décembre 1793, le représentant de la Convention, Hérault de Séchelles, a être rappelé d’urgence à Paris, l’évêque constitutionnel Arbogaste Martin et son entourage de prêtres jureurs, sollicitèrent et obtinrent, le 24, l’autorisation des autorités du  District d’un culte discret dans la chapelle Saint-Pierre, par les prêtres jureurs et les pasteurs jureurs.  On voit que le mot Liberté était tout relatif pour les sans-culottes. La chapelle est encore partiellement encombrée par les dépôts de fer et de métaux de ramassage. L’évêque jureur Martin, revêt de ses ornements brodés d’or -soustraits à la réquisition- célébrera donc sa messe. Mais il semblait ne pas vouloir y mettre fin, ne voulant pas céder l’autel obtenu au pasteur jureur. Ce dernier avec ses partisans va donc envahir l’office afin même sa fin. Il paraît que l’on en vint presque en main. L’évêque Arbogaste Martin parvint à rétablir l’ordre pour éviter le scandale. Les autorités sont saisies de l’affaire qui remonta à Paris.
Mais on se demanda si l’affaire ébruitée n’était pas une manœuvre pour critiquer la religion fut-elle celle de prêtres jureurs. La crèche fut donc disputée ce noël 1793. » (extrait du journal historique de l’Alsace, 1793, partie révolution, tome 4, édité par l’Alsace, mai 1978)
La montée à pied au Mont-Ste-Odile le soir du 24 décembre afin d’assister à la messe de minuits a été longtemps organisée annuellement par le club vosgien. Suivant le sentier des pèlerins, des fidèles escaladent la montagne sainte d’Alsace pour célébrer la messe au monastère dédié à Ste Odile, la patronne de l’Alsace. Un berger les conduit, c’est  Bernard Lienhart et son fidèle ami Martin, la « meilleure façon de réfléchir au sens de noël » (DNA jeudi 28/12/2006, Obernai).  En 2006, ce sont près d’une centaine d’Alsaciens qui ont participé à cette promenade au départ d’Ottrott qui éloigne Noël du réveillon festif pantagruélique et le rapproche un peu de son sens sacré.
Traditions de la nuit de noël  
Drôle de tradition que l’on trouve dans de nombreux ouvrages, ainsi que sur les cartes de vœux, le fameux roitelet, sorte de rouge-gorge, que l’on pourchassait, plus pacifiquement les Tchèques reçoivent des sifflets en forme de passereaux qu’ils emportent à l’église.

Autre tradition, celle de laisser quelqu’un à la maison afin de garder la demeure. Elle se retrouve dans le Combe de Savoie et de la Tarentaise, répondant sans doute à la crainte répandue dans toute l’Europe de la chasse sauvage, ainsi “pendant la nuit de noël, rapporte Van Gennep,1 les démons, les esprits, les sorcières. etc.. sont les maîtres ou bien que les âmes du purgatoire errent par les forêts et les champs et que l’un des buts de la bûche de Noël (bénie par l’ancêtre de la maison) est manifestement de tenir ces esprits et ces âmes éloignés des maisons”.

Nuit magique ou sorcellerie ? c’est  uniquement durant cette nuit, que dans la tradition corse,  peuvent se transmettre les formules d’incantation (incantesimi) dont les signatori  font usage pour lever les sorts et conjurer le mauvais œil. Ces formules ne sont révélées qu’à cette occasion, en dehors elles perdent toute efficacité, peuvent même engendrer la mort à celui qui les a divulguées de la sorte.

Selon les régions de la Corse,  on transmet ce patrimoine “magique” selon certaines modalités. Ici se sera de faire 7 veillées avant la messe de minuit afin d’être jugé digne d’apprendre de la bouche de  vieilles femmes, certains signes superstitieux.  D’autres rites de prédiction sont répétés cette nuit dans d’autres régions racontent les anciens.
Les bergers, du sud de l’île, récitent une “incantation à l’aigle” (incantu di l’acula) 4 dans la nuit de Noël, qui préserve leur troupeau de ce redoutable prédateur. Ils utilisent trois lourdes pierres, et sont tournés vers le Ciel, puis vont les enterrer.

Les protestants de Cromwell, ont supprimé la fête de Noël, jugée païenne, sentiment que partagent encore les sectes adventistes protestantes telles les témoins de Jéhovah ou certaines autres chapelles protestantes ou adventistes, au motif qu’en Orient on ne célébrait pas les naissances, qu’aucun commandement n’y ait attaché et que la date est plus qu’imprécise. Les puritains adoptèrent néanmoins le rétablissement de la fête en 1660 après la restauration de Charles II. En Écosse, la fête connue le même sort en 1583. ☐

Notes pour cet article :  1. Van Gennep, le folklore français , introduction au dernier tome, page 2310, collection bouquins, Robert Laffont.
2. Nadine Crétin, le livre de Noël, fêtes et traditions de l’Avent à la Chandeleur,  Flammarion 1997, France-Loisirs 2000* p 2621
3. in le folklore français  o.c.* article du 26 décembre
4.almanach de la mémoire et des coutumes de Corse, par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel éditeur, 1986.)

 

Noël .... la messe de minuit.
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