les loups en pleine concertation pour un mouvement, parc alternatif de Worbis, parc frère de celui du Schwarzwald.
Gib numme acht im Winter, Do derfe d’kleini Kinder, Wenn’s dunkel wird nim nüs ; Do lauft d’r Wolf um’s Hüs, Um d’Kinder w-n-r find’t Die fresst’s uf ganz g’schwind
comptine : fais attention en hiver,
les petits enfants ne doivent pas sortir à la nuit tombée, le loup tourne autour de la demeure,
et les enfants qu’il croise, il va les dévorer tout entier.
Loup où es-tu ?
Si ce mammifère, carnivore, de la famille des canidés, (canis lupus) revient et fait frémir à juste titre les éleveurs de moutons, il est étonnant qu’il suscite autant d’émotions chez le citadin ou l’homme de la rue. Le visiteur du parc alternatif du Schwarzwald (à Bad Rippoldsau- Schapbach, ou celui de Worbis en Saxe) regroupant des ours «retraités» de cirques, de zoos, ou même de particuliers a aussi l’honneur d’accueillir des loups, ils vivent en meutes et se cachent des visiteurs trop curieux, il faut patience et beaucoup d’observation pour les apercevoir. L’animal reste craintif et fuit l’homme. Le canis lupus ne s’approche pas des habitations comme le ferait le renard et ne suscite pourtant autant de crainte et beaucoup de petits dégâts.
On compte actuellement 31 zones de présence permanentes dont 21 zones constituées en meute. (chiffres 2012-2013) principalement
dans le sud est, mais on décèle une présence
Gib numme acht im Winter, Do derfe d’kleini Kinder, Wenn’s dunkel wird nim nüs ; Do lauft d’r Wolf um’s Hüs, Um d’Kinder w-n-r find’t Die fresst’s uf ganz g’schwind
dans les Vosges, Haute- Marne et Aube à confirmer. (selon le site développement durable.gouv.fr)
Qui a peur du loup ?
Ils sont été effectivement présents en Alsace, la chronique évoque des
enfants dévorés en 1271 dans la forêt de Wattwiller par une meute. L’hiver fut particulièrement rude et aurait obligé les loups à descendre de la montagne à s’attaquer aux troupeaux, les moutons, chèvres, veaux en payent le prix fort.
Le loup est aussi la victime idéale de toutes les rumeurs car en le tuant, on peut récupérer sa viande ferme et aussi son pelage utilisé pour les fourrures. Les gravures du XIXème répètent ces craintes, sans parler des contes de Grimm ou leurs versions contemporaines par Walt Disney. Le loup est à
Wolf wolf ress mi nit,
hundert Thaler gewi der nit,
zeh will id’r gewe
loss mi nur am Lewe.
«loup, loup, ne me mange pas,
100 écus je ne te donnerai pas
je veux t’en donner dix, laisse-moi seulement en vie.»
la bonne place de la terreur depuis le célèbre «le loup et l’agneau» jusqu’au chaperon rouge, où le loup est même capable de se déguiser et de se faire passer pour une petite vieille, chapeau le loup !
Les derniers loups alsaciens datent du XIX ème siècle, bien plus tard donc que les ours de nos montagnes. Le loup serait une figure des divinités anciennes, voire du Diable. On dit que l’on ne peut le nommer, on dit aussi «voir la queue d’un». Et, le loup démange au propre comme au figuré, une étrange démangeaison se dit : «d’ Wolf hàn» (avoir le loup) nous apprend cette fois le Livre de l’Alsace (Léon Daul in ‘s Elsàssbüech» p245)
Tandis que les dents de lait des enfants sont des «Wolferle» des petits dents de loup qui n’ont rien à voir avec les biscuits du même nom, élaborés sur un plateau en dents de scie dont nous avons il y a deux ans évoqué l’existence et la recette dans notre numéro de fin d’année.
Faut-il crier au loup ?
le loup cet inconnu, dessin de l’auteur
De nombreux villages alsaciens et du Bade portent le
nom d’un loup «Wolfsthal, Wolfisheim, Wolfsgrube,
Wolfsberg, Wolfshöhl ou encore Wolfskirchen». Sans
évoquer les noms patronymiques de Wolf qui sont toujours très répandus, dus à un chasseur aguérri, ou à une ressemblance avec le loup d’un ancêtre. Le loup demeure attaché à la faim, «avoir une faim de
loup» (ou d’ogre) vous pousse à prendre des risques notamment vous rapprocher des humains.
Associé à la faim, car la faim fait sortir le loup. Il est rapproché des angoisses, des peurs, des craintes, est-ce lié au cri du loup ? A la nuit noire et menaçante lors de laquelle il chasse.
Qui a peur du loup ?
Il est pourtant un animal social -contrairement au renard- et devrait avoir meilleure presse. Ailleurs, en Italie, ils sont entre 600 et 800, en Espagne 2500.
Près de Bâle on aurait vu une meute sauvage en 2004. Le débat demeure vif en témoignent les réunions organisées autour de la réintroduction du loup dans les Vosges qui rencontrent une opposition acharnée, quelquefois rationnelle, celle des éleveurs ovins, mais irrationnelle lorsqu’elle émane d’un habitant d’une ville. Pas autant de terreur face aux sangliers qui pourtant commettent des dégâts conséquents dans les champs, les vignes et même tantôt dans certains magasins lorsqu’ils s’égarent.
le museau du loup et le masque caractéristique
Adi, un loup du parc alternatif «loup et ours» du Schwarzwald.
Wolf wolf ress mi nit,
hundert Thaler gewi der nit,
zeh will id’r gewe
loss mi nur am Lewe.
«loup, loup, ne me mange pas,
100 écus je ne te donnerai pas
je veux t’en donner dix, laisse-moi seulement en vie.»
Distinguer un loup :
sa morphologie varie selon la région, il a entre 90 et 150 cm de long, un poids de 20 à 80 kg, 16 à 50 kg pour les femelles. Son cousin israëlien pèse 17 kg, celui d’Alaska peut atteindre les 80 kg.
oreilles courtes et droites,
iris jaune (l’oeil est oblique par rapport à l’axe de l’oeil)
pelage multicolore pour la lignée italienne.
il a un masque facial, une zone claire qui part du museau jusqu’aux pattes antérieures.
Un prénom héritier : Wolfgang
La pluie de Wolfgang, Saint Wolfgang Rage , verspecht e Johr voll Sage,
la pluie de Wolfgang promet un an plein de bienfaits
Saint Wolfgang est originaire de Souabe et évêque de Ratisbonne (Regensburg) de 972 à 994. il est présent en Alsace comme patron des bûcherons et de la paroisse rhénane Wolfgantzen.
Paru dans notre numéro 171, été 2014, de la petite lanterne. C/ reproduction sur autorisation