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Publié le 6 Décembre 2007

mini-wihnachts-baum.jpg12250006.JPG nom qui signifie Noël, mais évoque les “nuits saintes”  « nuits consacrées » weihen signifiant « sanctifier » du solstice. D’autres proposent le rapprochement du terme « weih » de « weib » la femme, donnant le sens de « Mutternacht ». Bède le vénérable qui fut chargé de calculer la date de naissance de Jésus pour fixer l’an « 0 » et se trompa sans doute 6 ans, observait que les peuples païens d’Angleterre commençaient l’année le 25 décembre et donnent à cette nuit le nom de « modranecht » (môdra niht) c’est à dire « nuit des mères ».
Le 6 janvier dans la haute Antiquité « voyait la sortie du soleil dans la constellation de la Vierge et était célébré.
Le noël alsacien n’a pas été compris lors de l’évacuation de l’Alsace dans la France de l’intérieur évoquant un “noël boche” comme le souligne Jean-Jacques Mourreau dans le dictionnaire sincère de l’Alsace singulière.  
La pièce emblématique de Germain Muller « redde mer nem davon) (‘en parlons plus ») qui retrace l’histoire de l’Alsace montre bien de noël en noël la volonté des Alsaciens d’être attaché à leur double culture. En période française ils chantent « Stille Nacht »,  en période nazie un « Mon beau sapin «  et « Sauvez Sauvez la France au nom du Sacré Cœur ».  au risque de ce dernier cas d’être envoyé dans le camp de redressement de Schirmeck, tout mot français, même le « bonchour » était formellement interdit et sévèrement puni. L’expatriation des Alsaciens dans le Sud de la France, en Dordogne notamment contribuera à la propagation de la tradition du sapin de noël, comme les expatriés alsaciens, lorrains emportèrent également dans leurs bagages la tradition du Saint Nicolas Outre-Atlantique.

(X-mas : abréviation américaine de "X" Christ, d'où "messe du Christ" = Christmas.)

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

12090008-1.JPG12090009.JPGStolle (Christstolle, gâteau de noël, à ne pas confondre avec les Fruchtrot, Christbrot, Stutenbrot et Striezl qui sont eux des pains de fruits confits ou pains aux fruits) . Le stolle est une  pâtisserie très riche composée de fruits confits, de raisins, d’épices et quelquefois de massepain.  Il évoque un enfant emmailloté dans la crèche, exclusivement confectionné pour le temps de l’Avent, ce gâteau revigorant fait la fierté des pâtissières allemandes.  Il existe depuis au moins 1474 en Saxe et en Thuringe, une autre façon de dire les délices du Christ.
Déjà le nom en soi est particulier et difficilement traduisible, le même terme signifiera une construction horizontale montagnarde ; un élément d’une chaussure de sport, d’un meuble ou d’un lit, on est loin de la magie de la Weihnachtsbäckerei (la cuisine de noël)
althochdt.: stollo = Pfosten.
Mais nous parlons bien de cette dernière pâtisserie que l’on croit originaire traditionnellement de Dresden. Deuxième erreur, en fait, si Dresde est devenue sa patrie d’accueil, elle est née à l’Est, vous le lirez plus loin, par contre la ville a tout fait pour en conserver la spécificité, Il y a bien plus de 500 ans. La pâtisserie a un seul point commun avec le « poudding » anglais, celle de devoir être préparée bien à l’avance et de vieillir. Gâteau aux fruits, plutôt que pain, fourré de Massepain, servi chaud ou froid et composé d’épices. Gâteau de fin d’année, mais que ne l’a pas toujours été. Il est maintenant associé à celles-ci. Il était donné aux pauvres, dans les villes, dans les campagnes la richesse de sa composition était en corrélation avec la richesse de ses confectionneurs. Ses composants : beurre, miel (puis sucre) un mélange subtil d'épices, d'écorce confite de citron et d'orange, de raisins parfumé au rhum et au kirsch  étant tous les éléments relativement chers.
 
Un exemple de fabricant : Stollenbäecker, à Mendig-Obermendig en Allemagne, fabricant de Stollen depuis des générations qui gagne chaque année les oscars du meilleur stollen
Il existe plusieurs variétés de "Stollen". Un auteur francophone parle d’un aspect de « grosse crêpe fourrée » ? C'est en fait un gâteau truffé de fruits confits macérés dans le rhum, farci d'une crème d'amande, mais n’a rien à voir avec un strudel aux pommes.
Un enfant couché dans les langes : Si on l’observe mieux on se trouve attiré par cette forme particulière symbolise l'enfant Jésus emmailloté dans ses langes, couché dans la mangeoire, « pain de vie ».

Petite histoire du Christstollen : Il ne vient pas Dresde !
Déjà à l’époque payenne l’on réalisait la cuisson de 103 pains pour le salut des âmes des trépassés. Ils étaient réalisés dans les nuits de « Rauhnächte ». Ces pains d’offrande portèrent plusieurs noms que l’on retrouve dans les confiseries de noël « Hützelbrot, Kletzenbrot, Birnenwecken, Stolle, Striezel , Christbrot en Saxe ». La transformation en Christbrot paraît ainsi suspecte aux analystes ou semble être une christianisation.
Selon certains auteurs, on trouve la trace de ce produit en 1329 dans un privilège donné aux boulangers de Naumberg, avec le droit pour eux de faire deux Stollen.  
 
Selon une autre source, la boulangerie Sarodnick à Dresde c’est une tradition qui remonte très loin dans le temps puisqu'on en fait mention en 1330 dans le Naumburg an der Saale de la Guilde des boulangers où il est clairement défini que la fabrication du stollen est un privilège épiscopal. On retrouve des traces de sa fabrication à Dresde en 1400 mais c'est un siècle plus tard que la tradition devient hautement populaire. Les "pains du Christ de Noël" sont vendus au marché de Striezel, le plus vieux marché de Noël d'Allemagne.

En 1474,   une facture de l’hopital de Dresden de St Bartholomäus, on y découvre que les Stolle ont été offerts et distribués aux pauvres de la ville. Deux ans plus tard, ces pains étaient largement connus et répandus dans la ville que les  magasins et les marchés en vendaient.
On enregistre en 1560 deux stollens de près de 18 kilos qui ont été offerts au châtelain. (Dresdner Bürgermeister, soit le maire, selon une autre source cf note précédente).  Chacun était transporté par 8 boulangers dont 4 Maîtres-boulangers. Cette coutume s'est perpétuée pendant de nombreuses années.

Les conflits entre les villes productrices de Stolle se sont même envenimés, si bien que les boulangers concurrents n’avaient même plus accès à la ville et aux marchés. (MeiBen et Siebenlehn). On a aboutit ainsi à un quasi monopole.

La composition, fort riche, de ce produit a également suscité les critiques en période de carême, car nous l’avons dit, ce produit n’était pas exclusivement vendu à noël, ils ont alors remplacé durant le carême et la période de l’avent (qui était une période de jeûne, comme elle reste chez les orthodoxes) par le l’huile de plantes.  Cela semble avoir gâché l’appétit de tous et notamment des frères Kurfürst Ernst et son frère Albrecht se rendirent donc à Rome en 1470 (1647 selon une autre source). Le pape jugea leur requête favorable et envoya une "lettre de beurre" autorisant l'emploi de lait et de beurre dans leur stollen, avec sa bénédiction, à la condition de payer un droit juste et raisonnable. Il était permis d’y réintroduire du beurre.
 
C'est Auguste, le puissant, qui commanda le plus gros stollen de tous les temps en 1730, une autre source précise même qu’il fut réalisé par un boulanger de Dresden Johann Andreas Zacharias,  Il pesait 1,8 tonne et devait être réalisé par la guilde des boulangers à l'occasion du Zeithainer Lustlager où on devait accueillir 24 000 invités et il lui fut offert précise une autre source. On fit pour l’occasion un four spécial 60 apprentis boulangers râpèrent les amandes, lavèrent les raisins, tamisèrent la farine, remuèrent et pesèrent la pâte. 8 chevaux transportèrent ce « gros chef d’œuvre » au château, il fut coupé par un couteau ad hoc de 160 cm de long dont on fit une réplique pour un exploit futur. 

En mémoire de ce défi, en 1994 on réalisa un Stollen de 2000 kg, 4 mètres de long et 1,65 de large ; 70 cm de haut. Il a cuit 20 heures sous la direction de 24 maîtres boulangers. Il fut ensuite découpé en 4000 portions. 
Chaque samedi avant le deuxième dimanche de l’avent les boulangers réalisent un maxi-Stollen de 3000 kilos.

Une ancienne gravure sur bois montre « les stollens sont terminés » ce qui en 1897 attire toute la famille lorsque la maîtresse de maison rentre avec sur une grande planche, sous une serviette, un grand stolle dont elle ne dévoile qu’un petit bout, tandis qu’il neige abondamment au dehors.

Reste maintenant à s’y lancer, il semble comme le terme de « Stolle » l’indique que ce n’est guère évident et ceux achetés dans le commerce recèlent de conservateurs parfumant abondamment la confection.
Les recettes varient abondamment :
500 g de farine
2 jaunes d'oeuf
1/2  paquet de levure de boulanger (fraîche en cube)
1 pincée de sel
1 verre de lait (tiède)
75 g de sucre
150 g de margarine
1 zeste de citron
175 g d'amandes (concassées)
125 g de raisins secs
150 g de beurre
125 g de fruits confits, massepain.
sucre glace pour saupoudrer.
Faire un levain avec la moitié de farine lait et levure.
Laisser gonfler dans un endroit chaud recouvert d'un torchon 1 h 30 au-.
Pétrir avec ce levain, le tout: farine beurre sucre oeufs fruits confits(si vous aimez).
Former le stolle:
Abaisser à la main, surtout pas de rouleau à pâtisserie !!! sur une longueur de 30 cm et 10 cm de large.Ne pas dépasser au+3 cm d'épaisseur.
Pincer la pâte dans son milieu sur toute sa longueur pour former un boudin, que vous laisserez retomber légèrement roulé,pour former cette bosse sur le dessus.Façonner un
petit peu.
Laisser gonfler encore 1 heure.
Enfourner à four chaud Th : 220°C à 240°C (7/8).20 à 30 min environ.
Il faut le laisser reposer dans un torchon dans une armoire bien sèche pendant au moins deux semaines.

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

Poste du Père Noël :
Christkindel :
On peut écrire au Christkindel (dans un bureau autrichien dans le village de Christkindl. (A. 4411 Christkindl) dont le bureau de poste est ouvert chaque année entre le vendredi précédent le premier dimanche de l’avent et le 6 janvier inclus, ceci depuis 1950.   Mais ce village est aussi un lieu de pèlerinage « au Christkinl » à l’enfant Jésus.
 

Ecrire au Saint Nicolas, mais aussi au Père Noël au village du père noël, FIN 96930 Cercle polaire Finlande qui se baptise « berceau du père noël » et traite son courrier toute l’année en l’utilisant comme outil touristique. (A  proximité de Rovaniemi).
  
Dans ce dernier cas, on obtiendra en retour une lettre personnalisée en français, dans une enveloppe cachetée et décorée d’un timbre spécifique. 
On peut aussi écrire au village de Nikolausdorf en Allemagne (Basse-Saxe), Nicolaus (dans la Sarre) et Santa Claus dans l’Indiana.  (Autres pays ayant un secrétariat du père noël, selon Libourne, Alaska, Allemagne, Angleterre, Australie, Autriche, Belgique, Canada (1 million de lettres par an, adresse « pôle nord HOH OHO » ) ( !!), Danemark, Etats-Unis, Groenland, Islande, Italie, Norvège (Droeback), Nouvelle-Zélande, Suède (à Gesunda au parc Santa World), Suisse.

La tradition d’écrire au Père noël semble avoir naquit dans les familles aisées de nombreux pays, au XIX e siècle, en Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Canada. Ils disposaient alors leur courrier sur le rebord de la fenêtre. De 2000 lettres de 1962, les enfants ont été 449 232 à faire une lettre individuelle en 1996, 18418 depuis leur classe pour la France. Contre seulement 1478 pour l’étranger et 85 classes. Ayant abouti à plus de 806 703 cartes envoyées en 2000. Il a triplé depuis 1975, avec un rôle croissant des écoles qui s’en servent comme instrument pédagogique et d’éveil.
Selon le sociologue Jean Marie LAVAUD, c’est un nouveau rite qui s’installe. Et étrangement, mais est-ce aussi étrange que cela, sur l’échantillon étudié par le chercheur  UNE SEULE LETTRE proclame “Vive le père noël, vive Jésus.”Les références chrétiennes sont rarissimes confirme-t-il.

PÈRE NOËL, EST VRAIMENT PSYCHOLOGUE
Ainsi on racontait que seule la France répondait au courrier du père noël hexagonal, c’est donc bien faux, mais c’est en 1962 qu’il vint l’idée au service d’acheminement du courrier en souffrance de donner une réponse avec une carte dessinée par René CHAG 2 .  Le ministre des postes était, à l’époque, le frère de Françoise DOLTO, Jacques MARETTE, qui outre le fait d’être la maman de Carlos, a été  celle qui ne voulait à aucun prix complexer nos chers petits. En 1962 ce furent 5000 réponses qui émanèrent de ce service du courrier de Libourne (Gironde 33500), qui depuis change l’image et le texte pour ne pas lasser les plus fidèles correspondants du Père en tenue rouge.
Ce sont deux secrétaires particulières connaissant l’anglais et le russe qui sont recrutées à cette époque afin de répondre au courrier des pays étrangers. Ils répondront même aux lettres en braille ou exprimées dans une langue étrangère particulière, on recrute alors des personnels extérieures pour accomplir au mieux cette tâche. Le service utilise les enveloppes “prêt -à-poster” pour  les réponses individuelles, une enveloppe pré-timbrée sur le thème du père noël, et un second modèle plus résistant pour les réponses aux écoles. Deux textes généraux pour les uns et les autres sont envoyés. L’enveloppe porte le cachet “père noël Libourne”.
Car les enfants sages se posent des questions “pourquoi ne descends tu pas plus tôt”,  ou encore « pourquoi faut-il être sage ? »  ils joignent dessins et croquis, photos de leurs cadeaux préférés, avec références et prix... A trois ans ce sont des legos, à dix des Nike... Ou l’on joint des cadeaux friandises, guirlandes pour l’arbre personnel du “gros plein de gelée” selon le voeu du dessinateur quand il rira on entendra de la gelée bouger.
Les enfants ont aussi un coeur et souvent ils réclament la paix pour leurs frères et soeurs... Et ce contait une chanson de Tino Rossi “Noël et l’enfant”3  où il demande à voir ses parents ensemble ce soir-là se retrouve aussi dans les textes et donc les esprits des bambins.

Mais les enfants ne sont pas les seuls à lui écrire, et même par eux on n’arrive pas à déterminer un âge moyen de l’écrivain au père noël. Autant de garçons que de filles, mais aussi des adolescents et adolescentes, des personnes âgées, malades, seules...  Et le vieux Monsieur Noël ne se transformer en messager du coeur. A Papa Noël de l’informer du feu qui brille dans un autre coeur. “je veux partager ma vie avec elle. Je te laisse ses coordonnées ainsi tu pourras lui écrire..” ou encore “je désirerais donc que ce soit toi, le plus illustre incarnateur (dixit) de mes rêves, qui annonce à celle que j’aime que je l’aime”.
Quand ce n’est pas carrément lui qu’ on demandera en mariage, exemple : “je t’aime beaucoup est-ce que je peux me marier avec toi”.
Ou en recours de l’incarnation de la paix ou du bonheur mondial.
Mais crise économique oblige, on lui demandera aussi d’aider à trouver un emploi

Cadeaux offerts au père noël (joints à la lettre) :
Argent, autocollants, ballons, biberons, carte de parking pour Disneyland, chaussettes, dessins, fève, friandises, lego, préservatif, qcm pour cp, playmobil, timbres et enveloppes pour réponses, parfum, pâte à modeler, millionnaire, loupe, journal de Barbie, images...  Ils sont comparés par le sociologue précité à des offrandes à un culte. Mais le rite dépasse nettement le personnage de noël.

Cadeaux demandés au père noël :
Poupée Barbie, poupée Cindy ou Dora, la création de bijoux.... pour les Garçons : Batman, Playmobil, Lego, tortue Ninja, voitures téléguidées... commun : VTT, les DVD, CD, vidéos des films à la mode ; les jeux vidéo, les peluches... ils sont éventuellement découpés dans les imprimés des grandes surfaces ou dans les catalogues de Vente Par Correspondance.

ET LE RESTE DE L’ANNÉE, TU FAIS QUOI....
Si l’on s’interroge sur la sincérité de ces textes il suffit de songer aux “je t’embrasse très fort” “je ne t’oublierai jamais” qui convaincrait le plus frileux de l’amour porté. Une demande d’une photo de toi est courante, ou une inquiétude quand à son occupation “que fais tu le reste de l’année”.4 .. Alors on bulle Santa ?
Ou encore “es-tu marié ?” et une seule consigne : répondre par “oui ou par non”. Car enfin si la mère noël existe pourquoi elle ne donnerait pas un coup de main... et réussir le coup de force des deux visites annuelles ....
Si l’on écrit au père noël durant les vacances d’été (une fois arrivé le catalogue des deux grandes marques de VPC) le courrier sera mis de côté jusqu’à l’ouverture du secrétariat du père noël fin novembre.
Lorsque l’on recense toutes ces questions, on comprend mieux certains scénarios de films mettant en scène le Père Noël notamment le film “PÈRE NOËL5 6 ” (Super noël)sortit l’an passé en vidéo par les studios WALT DISNEY. A la suite d’une chute du père noël, le 24/12, sur le toit, le héros endosse  le costume (traînant seul sur la neige) faisait de l’acteur automatiquement LE père noël. ainsi était expliqué aux enfants le renouvellement éternel et l’allure universel inchangée et le même film s’offrait de faire visiter les ateliers des elfes et des trolls chargés de la confection et de la gestion mondiale des cadeaux adressés à la progéniture mondiale.


PÈRE NOËL AGENT DE L’OUEST
Le centre de Libourne emploie 40 personnes en décembre ! à plein-temps pour répondre exactement aux demandes des enfants. Ainsi avant la chute du mur de Berlin, les enfants de l’ex-Union soviétique se servaient du Père noël pour avoir des correspondants derrière le mur du communisme. Et le secrétariat a déniché des enfants comprenant le russe afin de leur écrire régulièrement. Des échanges eurent lieu entre les petits écoliers des villes russes de Kiev ou encore de Moscou et ceux de Libourne

Les adresses sur les enveloppes ne manquent pas d’originalité, en voici quelques-unes parmi 60 des plus originales : (les fautes des enfants n’ont pas été corrigées afin de correspondre exactement aux lettres originales)
rétro :
M. le père Noël
4 ème nuage à gauche
dans le ciel
Rue de la Neige

Mr le Père noël
Maison de l’esprit de Noël
Portion du paradis
00 000 Pôle Nord.

Père Noël
Rue du 25 décembre
24 minuit

humoristique :
Monsieur Père Noël
3 rue du renne qui éternue
nébulostratosirofrigostellapolaris
Cercle polaire arctique

Monsieur le facteur :
à remettre au père noël


Spacial:
Pour le père noël
1 passage du Ciel
Galaxie 3
Constellation 24

Petit papa noël
à Betleem ou ailleurs je sais pas bien où tu habites.

Père Noël
avenue des 7 sapins
1995 la crèche.

BP Nuage magique
Ciel cedex.

LETTRES TOUCHANTES D’ENFANTS : (avec fautes d’origine)
“J’ai quelque chose à te dire, je ne suis pas gentille avec papa et maman et je dit toujours des gros mots, alors maman me dit que tu ne m’amènera rien du tout le jour de Noël. C’est pas vrai ? Je peux te passer ma commande si des fois tu passer. Je te promets Père Noël que je serais gentille autrement tu viendras chercher touts ce que tu ma amené” (SIC)


“n’oublies pas ma Maman, mais lui de l’argent, dans ces chaussettes, remplies bien. Comme cela elle pourra s’acheter une jupe et un pull de taille 40. Car elle est malade, suite à son opération du coeur”.

“Je t’écris ce petit mot pour te demander s’il te serait possible de redonner un peu de joie au coeur à ma maman et à ma soeur, car nous avons perdu notre papa fin octobre”

“Je te donne les sucettes et les biberons et toi tu me donnes une grue et un bureau”.

“Je suis un jeune de 30 ans et je voudrais que tu m’aides à l’occasion des fêtes de Noël à me réconcilier avec mon ancienne amie. Si tu lui écris directement elle sera davantage touchée et peut-être me pardonnera t’elle car j’ai pris de bonnes résolutions et je l’aime. Cher père noël, tu restes mon seul espoir, car j’ai déjà tout tenté. Merci de tout coeur.”

“Je voudrais que tu m’aides pour aimer Gauthier. Une petite amie qui s’appelle Janie ma  voler mon amour Gauthier et comme toi, tu peux vivre tout seul, avec la mère noël, les  elfes et les nains, est-ce que tu peux faire de la magie pour moi. Quand ça va être mon anniversaire, je veux qu’il ramène une bague qui coûtera 165 FS. Je veux me marier quand j’aurai 20 ans et lui 19”

Et Si certains enfants RÉCLAMENT .
“l’année dernière tu ne m’a rien envoyer je suis fâché contre toi...” ainsi s’exprimait un enfant. Ou encore, “l’année dernière, je n’ai pas reçu de réponse, pourtant tu es bien venu à la maison. “ En effet,  le service chargé du courrier est un véritable lieu de traitement du courrier sans adresse complète, exacte... il lui faut souvent mener des enquêtes dignes de Sherlock Holmes, mais quelquefois c’est en vain. D’ailleurs si plusieurs enfants sont cités dans la lettre, le service se doit de ne pas en oublier un seul !

ET SI ON POUVAIT LUI PARLER...
Les petits qui voulaient être sûrs que le vieil homme ait bien noté la commande, ne font confiance qu’au téléphone.Les “petits malins”, souvent requins des minitels roses (et de toutes les couleurs) ont trouvé le filon avec des numéros de téléphone, qui débutent pas 08 qui coûtent au bas mot, 2,19 la minute ou plus encore... Car ces boîtes vocales ont des messages numérisés, qui sont différents chaque jour, les meilleurs textes étant écrits par des écrivains, que raconte le Père Noël. L’objectif étant de garder l’enfant en ligne environ 20 minutes sur des lignes surtaxées. Ces boîtes vocales peuvent engranger jusqu’à 150 000 appels avant et pendant les fêtes. Soulignons que la lettre au père noël est gratuite !
CYBER PERE NOEL
Mais il attendait encore qu’un serveur père noël i se mette en place, et nous venons de l’apprendre au  moment de boucler cet article, le père noël es depuis 1997 sur l’lnternet sous l’égide de la poste qui l’héberge une fois de plus et sous l’adresse                                        “www.laposte.fr”.o

Deux modèles de réponse du père noël de Libourne, les textes sont écrits au dos des cartes colorées dont nous reproduisons le texte et le recto:
Ci-dessous une réponse à une lettre de classe.
Mes chers petits,
le facteur vient de me rendre la hotte que je lui avais prêtée, et qui lui a permis de m’apporter tous vos dessins, tous vos messages ! Ils ont l’éclat de vos cris dans la cour de récréation  Ils ont les couleurs de vos rêves ! Je suis obligé de les tenir hors de portée de mes rennes qui sont myopes et très gourmands, et qui ont tendance à trouver très appétissantes vos lettres multicolores ! Je n’oublierai pas de combler vos souhaits le jour de Noël, mais au-delà de la fête, des bons plats et des cadeaux échangés, chacun de vous pourra vérifier la trace discrète de mon passage à son réveil : au déplacement infime d’un objet, d’une chaise, d’un rideau, à la trace de buée sur le carreau...
Vous saurez ainsi que vous me manquez déjà et que je m’ennuie de vous 364 jours par an !
Le Père Noël
Ci-dessous, réponse à une lettre individuelle d’enfant, pouvant correspondre à une lettre type, sinon ce sont les secrétaires qui s’en chargent
Mon tout petit,
Mon coeur battait très vite lorsque le facteur m’a remis ton message : je l’attendais avec tant d’impatience !
A présent, je compte avec toi les jours qui nous séparent de la nuit de Noël : le temps n’en finit pas de s’écouler...
Les couleurs de ta lettre semblent refléter la tendresse de ceux qui t’aiment et qui veillent sur toi.
Le 24 décembre, pour combler tes rêves, je prendrai le temps de t’écouter dormir.
je ne ferai pas plus de bruit que les flocons de neige qui tombent des étoiles : petites plumes bercées par le vent d’hiver, aussi légères que ton souffle, aussi douces que ton sourire. Et lorsque le jour te réveillera, je serai parti depuis longtemps, mais la buée de ma respiration sur les carreaux de ta fenêtre te dira mon passage et la chaleur de mon affection.
Le Père Noël.
R  Pour cet article : remerciements  particuliers au service client courrier (LIBOURNE 33515) , qui traite le courrier du père noël en France et en particulier à Hervé LABARTHE directeur adjoint pour sa documentation et les réponses aux questions.

Notes pour cet article :
1. Le Figaro, la vie des voyages, jeudi 02 octobre 1997
2. P.SPIERS, R.DESBOIS, JEAN LAVANDE (C’est-à-dire Tino Rossi lui-même, c’est un pseudonyme !) en 1961
3. L’album des fêtes de Noël et du Nouvel an autour du monde  Chez Horay,par Sophie Lounguine, 1995 , 22 bis, Passage Dauphine 75006 PARIS, richement illustré et assez facile d’accès pour toute la famille.
4. Santa Clause (en allemand), PERE NOELS...  Walt Disney home video n°40007367

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

 


petitpapanoël
 Petit Papa Noël : chanson crée par Tino Rossi, dans le film Destins sur un scénario de Carlo Rim.

Tout le monde connaît cette chanson qui a fait le tour du monde, elle fut même traduite en italien sous le titre « Papa natale » et rapporta à Tino Rossi, le premier disque d’or français (qui fut le seul à être en or massif), mais connaît-on son histoire ?  Un vrai conte de Noël pour une chanson qui n’aurait jamais du exister… En 1946 Tino tourne « Destins » sur un scénario de Carlo Rim, la fin devait se passer dans un village noir et l’artiste devait chanter un « negro spiritual » (en français) accompagné par un groupe de chanteurs noirs américains renommé à New York.
Le film était déjà commencé lorsque les chanteurs noirs furent rappelés dans la ville américaine.  Il fallut modifier le scénario et Tino pensa qu’un Noël serait bon puisqu’il y avait un enfant dans le film, ou songeait à une « pastoral » qu’il avait chanté en provençal quand il débutait. On chercha donc un Noël en français qui soit original, rien ne convenait.
C’est alors qu’Henri Martinet (compositeur entre-autres de Bébert) vient le voir mais rien ne convenait à notre chanteur qui lui expliquait qu’il recherchait un Noël qui… que…. L’impressario Audifred dit alors : » Pourquoi ne chantes-tu pas ton Petit Pape Noël ? Non dit Henri Martinet, je l’ai chanté dans une revue à Marseille, cela a fait un bide terrible !! Puisque tu es là chante ta chanson lui ordonne Tino, on verra bien. La voilà ma chanson, aussitôt Tino est conquit par « C’est la belle nuit de Noël, la neige étend son manteau bllanc… »
Ainsi naquit une des chansons les plus célèbres de ce siècle. Tino dira plus tard « j’avoue que sur le moment je ne pensais pas du tout faire un succès mondial ; Je ne pensais qu’à mon film. C’est quand je l’ai chanté sur la scène de l’ABC en 1948 que le triomphe a commencé. »
A l’heure actuelle il s’est vendu plus de 300 millions de Petit Papa Noël dans le monde et tous les ans cela continue (Artiste le plus régulier dans le Livre Guiness des records, et classement annuel dans les 50 singles les plus vendus au mois de décembre).
Et ainsi, chaque année notre Ami Tino Rossi est présent parmi nous et nous réjouit de sa voix. 

12240016.JPG
(Remerciements pour cet article à Maurice Bazinet, président de l’association des Amis de Tino Rossi). Et pour la voir : c'est ce lien qu'il faut recopier : http://fr.youtube.com/watch?v=pFTaNgFTP-8http://fr.youtube.com/watch?v=pFTaNgFTP-8http://fr.youtube.com/watch?v=pFTaNgFTP-8

 

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

12090016.JPG12240016.JPGPère Noël : puisant ses origines dans le dieu Odin, on y retrouve le cheval transformé en rennes et le fait qu’il parcourt les airs dans la nuit. Son succès provient du texte de 1822 “la visite de saint Nicolas se fait la vieille de noël” écrit par Clément Clarke Moore, professeur de langues orientales au collège théologique épiscopalien et professeur de littérature classique pour d’autres. Il parut en 1823, apparut  alors pour la première fois un père noël gros, au ventre comme de la gelée, le succès est provoqué par l’association du texte et des dessins de Thomas Nast. A l’exception de la couleur rouge de Coca-Cola le père noël actuel figure dans ses images.


Le personnage, si l’on exclut son étrange filiation avec le dieu Odin (ou son homologue Wotan) n’a que 180 ans, un fétu de paille face à Nicolas, vénéré depuis l’an 350 !  L’académie de Dijoin confirme son origine païenne, mais pas le dieu Odin mais Gargan cette fois. Alors que le débat est controversé : « Le père noël viendrait de Gargan, fils de Bel, et serait ainsi un dieu incarné puis destituté par le christianisme ».(Arnaud d’Apremont, Père Noël, Paris, Pardès, coll. « B.A.BA » 1999 page 65

Coca-Cola et le père noël : est  en fait un accident.
Les bonhommes hiver, père janvier, Weihnachtsmann (bonhomme hiver) n’étaient généralement pas vêtus de rouge, les anciennes images de pains d’épices, les anciennes cartes postales, ou mieux encore les anciennes représentations nous le montrent vêtus de noir, brun, vert ou bleu. Peu de rouge. L’uniformisation est le résultat d’un objectif publicitaire. En 1931, la firme Coca-Cola dont la composition recelait des résidus de feuilles de coca (était d’ailleurs à l’origine un produit pharmaceutique de « remise en forme ») avait retiré cet ingrédient, mais la publicité pour ce produit était interdite à l’égard des enfants. Un publicitaire eut alors l’idée de faire boire la boisson au héros de noël, au costume de la marque rouge et blanc, avec un slogan « avec toutes les cheminées à descendre le vieux Santa a des hauts et des bas, Coca-Cola rend son travail plus facile ». sous la plume du dessinateur Haddon Sublom.
Le résultat est connu, le personnage dépassant son maître.

L’église n’a pas été tendre avec le personnage, il subit même une condamnation sévère en France en 1951. Le magazine « Point de vue images du monde » titre en couverture du numéro du 3 janvier 1952 « On a brûlé le Père Noël » avec une photo d’une effigie géante du Père noël sur un bûcher, sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne de Djion. Il fut en effet condamné pour « usurpateur (de l’Enfant Jésus) et hérétique » par la  jeunesse catholique . Donc il aurait été chrétien à un moment donné ? Van Gennep en parle dans son ouvrage en citant l’archevêque de Rennes « ce n’est certainement pas pour prendre un exemple dans la vie courante, en gorgeant les esprits des invraisemblables stupidités d’un imaginaire chiffonnier dénommé, le Père Noël, ou bien en remplaçant le culte de Dieu par celui de la force musculaire, que l’on verra se lever des générations robustes capables de vaincre les duretés de l’époque actuelle ». Le cardinal de Saliège, de Toulouse, « ne parlez pas du Père Noël pour la raison qu’il n’existe pas et qu’il n’a jamais existé.
Ne parlez pas du Père Noël, car le Père Noël est une invention dont se servent les habiles pour enlever tout caractère religieux à la fête de Noël. Mettez les cadeaux dans les souliers de vos enfants, mais ne dites pas ce mensonge que le petit Jésus descend dans les cheminées pour les apporter. Ce n’est pas vrai. Ce qu’il faut faire, c’est donner la joie autour de vous, car le Sauveur est né. » Faut-il en retirer quelque chose ?
Quelques jours  plus tard, France Soir écrit en une « Dijoin attend la résurrection du Père Noël assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir à 18 heures à l’hôtel de ville ». (France Soir)

Croire au Père Noël,  un grand problème de l’enfance, qu’une petite fille a résolu méthodiquement . Si le père noël existe c’est écrit dans le SUN,  et si c’est écrit dans le Sun, c’est vrai
En 1897 Virginia O’Hanlon se fendit d’une lettre au journal que lisait sa famille le “New York Sun”, elle tenait en ces mots :
“Cher directeur,
J’ai huit ans. Certains de mes amis
prétendent que le Père Noël n’existe pas. papa dit : “Si tu le vois dans le Sun, c’est vrai”.”
 S’il vous plaît, dites-moi la vérité, le
Père Noël existe-t-il ?”1

Une partie de la réponse officielle fut :
“Virginia, tes amis te trompent. Ils sont
 atteints par le scepticisme d’une époque
sceptique. Ils pensent que rien ne peut
exister qui ne soit pas compréhensible par leurs petits esprits. Tous les esprits, Virginia -que ce soient ceux d’adultes ou ceux d’enfants-, sont petits. Dans ce grand univers qui est le nôtre, l’homme est un vulgaire insecte, une fourmi, de par son intellect mesuré au monde sans limites autour de lui ; il est vulgaire insecte lorsqu’il est mesuré à l’aune de l’intelligence capable de saisir l’intégralité de la Vérité et de la Connaissance.
Oui Virginia, le Père Noël existe. Il existe aussi certainement que l’amour”.


Le texte qui fonda en 1822 par Clément Moore  le personnage du Père Noël sous le nom de Santa Claus. Mais le titre original du théologien qui écrivit le texte est bien basé sur les origines et les traditions du personnage chrétien. Ce sera  le dessinateur Thomas Nast  (1863) qui lui donna l’air jovial, gros bonhomme souriant et ventru  germanisant (des dieux germains) puis enfin l’habit rouge et la fourrure lui furent attribués par la marque Coca Cola 
qui récupéra ainsi sa popularité en l’affublant de ses couleurs blanche et rouge dans ses publicités dès 1936 par le truchement du jeu des publicitaires et la vogue du personnage depuis le texte de MOORE, les dessins de Nast, et  les bandes dessinées qui parurent aux Etats-Unis. Il sera utilisé pour la deuxième guerre. Avant de s’en débarrasser, en 1964,  car l’homme était devenu trop encombrant, puis de le réintroduire sur des séries limitées de bouteilles de Coca-Cola de Noël. 
Le texte original qui détrôna saint Nicolas le voici, le texte intégral est rarement donné aux lecteurs, le voici, traduit de l’américain :
 

“C’était la nuit de Noël                  
Pas le moindre petit bruit
Dans la maison nul ne bouge
Pas même le trot d’une souris

Les chaussettes ont été accrochées
Avec soin devant la cheminée
En attendant saint Nicolas
Qui doit bientôt passer par là.

Tandis que dans leurs lits
Les enfants se sont blottis
Leurs esprits s’émerveillent
Des friandises dont ils rêvent.

Maman et moi en bonnet de nuit
Nous étions juste endormis,
Bon oreiller et nuit d’hiver
Rendent notre sommeil paisible.
Quand soudain j’entendis
Sur la pelouse un tel raffut
Que je bondissais hors de mon lit
Pour aller me mettre à l’affût.

Comme un éclair je me précipitai
Pour ouvrir fenêtres et volets.
Et voir ces drôles de choses devant moi
Elles étaient Drapées de neige fraîche
Elles Brillaient comme en plein jour
Sous l’éclat de la lune

Tandis que mes yeux s’émerveillaient
Devant ce paysage
Apparut un tout petit traîneau
Tiré par huit rennes minuscules

A la vivacité et à l’agilité
Du petit vieux qui conduisait
Je devinai tout aussitôt
Que c’était là le Saint Nicolas.

Il sifflait, criait et interpellait
Son attelage féerique
Qui filait plus vite que les aigles :
-Vas-y Fougueux, Vas-y Danseur !
Vas-y Fringant et toi Grincheux !
Allez Comète ! Allez Cupidon !
Allez Furieux et toi Lourdaud !
Sautez par-dessus l’auvent !
Sautez par-dessus le balcon !
Escaladons !
Pressons ! Pressons !

Alors d’un seul élan
Rennes, traîneau et puis Saint Nicolas
se retrouvèrent ainsi
En haut du toit.

Et j’entendis alors, dans un éclair,
Les petits sabots qui piaffaient et caracolaient
Sur le toit qui vibrait sous ce fracas,
Tout Résonnait, Tout autour de la cheminée.

Comme je me retournais,
Éberlué,
Je vis effaré sortir saint Nicolas
S’extrayant de la cheminée.

Tout de fourrure vêtu
Des pieds à la tête
Et ses habits étaient recouverts
De cendre et de suie

Avec son balluchon de jouets
Flanqué sur son épaule
Il était semblable à quelque chiffonnier
S’en allant au marché.

Mais ses yeux, comme ils brillaient !
Ses fossettes joyeuses, comme elles riaient,
Ses pommettes fleuries
Et son nez, on aurait dit une cerise étincelante !

Sa drôle de petite bouche
Avec ses lèvres gourmandes
Sa barbe blanche qui lui dévorait le visage,
De sa blancheur  pareille à la neige !

Il tenait le bout de sa pipe
Bien serré entre ses dents
Et la fumée l’auréolait
Comme un vieux saint qu’il était.

Il avait un large visage
Une petite bedaine toute ronde
Qui tremblotait comme de la gelée
Quand le rire le secouait.

Il était joliment joufflu et dodu,
Ce joyeux petit lutin
Et je ne pus m’empêcher de rire,
Lorsque je l’entrevis.

Et un clin d’oeil,
Un signe de la tête
Je compris très vite,
Que je n’avais rien à craindre de lui.

Il n’ajouta pas un seul mot
Au travail se mit aussitôt
Vida son sac
Pour remplir toutes les chaussettes.

Et dès qu’il eut fini
D’un signe, Il me fit un petit salut
Se réchauffant les mains
Et il partit comme il était arrivé

D’un bon, il était assis dans son traîneau
Il siffla son attelage ;
Et déjà, Ils filèrent au loin
Comme un chardon dessus la dune.
Mais je l’entendis encore s’exclamer
Avant de disparaître de mes yeux
A tous, à tous, passez une belle nuit,
Joyeux Noël à tous !


(d’après l’oeuvre de Clement Moore, D.P ;  traduction de l’auteur)


Evincés les autres apporteurs de cadeaux, mondialisation.
 Même si le bon saint Nicolas résiste. Le Père Chalande (en Savoie qui résiste  jusqu’au milieu du XIXème), le Père Janvier en Haute-Saône  et le Dauphiné (jusqu’en 1915), Tante Arie (aux dents de fer et aux pattes d’oie)  Trotte-veille (Chauche-vieille ou Chauchepaille)  en Franche-Comté (jusqu’en 1950), Barbassioné (Normands), Olenzaro (Pays-Basque), Saint-Vincent (Haute-Marne), Saint Martin (Flandres). Résistent à l’étranger : les rois mages  résistent en Espagne ; le bonhomme noël en Islande, Frost (glace) Père Hiver, ainsi que Babouchka en Russie. Cette dernière aurait soit refusé l’hospitalité à la sainte famille, soit perdu les rois mages sur leur route vers la crèche de Bethléem ;  en Suède le Jultomte (lutin malicieux de Noël  qui jouaient des tours aux maisonnées,  a grandit et grossit  et se rapproche de plus en plus du Père noël). La fée Befana disparaît de sa terre d’asile l’Italie et la Suisse méridionale. Vieille femme qui aurait vécu à Bethléem et refusé conseil aux rois mages, elle fut condamnée à parcourir le monde entier, elle erre à la recherche de l’enfant Jésus.  Elle déposait les cadeaux la veille du 6 janvier tels les rois mages. Elle récompense et punit en apportant aussi des morceaux de charbons aux enfants qui se sont mal conduits. (Son nom pourrait provenir d’une déformation du terme épiphanie, epiphania, en Befana). Sa récupération pouvait même être politique, un temps on l’a surnommé Mussolini de « Befana fascista ».

Allemagne : Une répartition des apporteurs de cadeaux est représentée sur cette carte extraite d’un livre de 1974 « Wörtebuch des deutschen Volkskunde » Alfred Kröner.  

petitpapanoël


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Publié le 6 Décembre 2007

12250002.JPG12090018.JPGNoël : (voir aussi Wihnachte) Le terme de Noël provient du latin natalis 
Noël a été fixé au calendrier le 25 décembre, du moins en Occident au IV ème siècle par les Pères de l’Eglise, se reposant sur le symbole du solstice, le retour du soleil. A ce moment de l’année, les fêtes païennes des Saturnales, dieu des semailles, les fêtes de Janus, les fêtes de Mithra, soleil invaincu, et de Yule se situaient déjà. La fête du officialisée en 330 par l’Empereur Constantin, le concile de Nicée avait déjà proclamé cinq années auparavant le culte de la Trinité, en 381 la date fut adoptée comme un dogme pour les chrétiens d’Occident, à l’Orient les futurs chrétiens d’Orient la fêtèrent le 6 janvier.
La première mention latine de Noël remonte tout de même à l’an 354, sans cérémonie particulière. Elle commença en Europe sous Honorius de 395 à 423. Car auparavant Clément d’Alexandrie l’avait placé au 18 avril. (+ en 220) ; d’autres le 25 mars. La fixation date du pape Liberus en 354 selon Van Gennep. 1


On le voit la chronologie dépendra des auteurs consultés.
440, l’église  la fête officiellement le 25 décembre
506, Concile d’Agde, la fête devient obligation,
529, Justinien en fait un jour férié.
Saint Augustin, prêchant dans le Kent en 596 accompagné de quarante moines pour évangéliser les Angles et les Saxons, a mis l’accent sur la célébration de la fête de Noël, c’est-à-dire sur les trois messes du Christ, “christes masse” qui donna Christmas ou Xmas.

A la suite de la conversion du souverain de chaque pays,ce dernier accepte la date de Noël. Celle  de Clovis  date de 496,  celle du  Roi de Kent Ethelbehrt de 597. Les évêques et les curés la proclamèrent, mais ceci ne prouve pas que c’est de cet instant de date l’intégration des coutumes populaires dans ces pays, précise Van Gennep dans le folklore français.
Les cadeaux n’étaient pas remis après la messe, ni avant, mais le 6 décembre à la saint nicolas, en Alsace jusqu’à la fin du XVI ème siècle,  dans le Sud ce fut l’apanage (ce l’est encore en Espagne) de la fête des Rois, apporteurs de cadeaux. Mais certains échangèrent déjà leurs cadeaux en Alsace le soir de Noël en 1435 (comme le signale Conrad Dangkrotzheim dans Heilige Namenbuoch 1435).  

Noël fut bientôt l’une des deux fêtes les plus importantes du calendrier liturgique, elle était fêtée durant 8 jours  (l’octave) entiers et se terminait le 1er janvier, avant que ne débute le temps de l’épiphanie.
Les religieux ont très vite insisté pour que la fête ne devînt pas un abus de bombance, le 24 (veille de fête) fut donc longtemps un jour de jeûne très strict, et qu’il n’était pas conseillé de fêter de manière excessive le 25.
(Messe de Noël, Messe de la Nuit, Messe de Minuits, voir le mot Messe de Minuit)

La signification actuelle de Noël  est diverse, fête de famille principalement semble-t-il. Mais les enquêtes réalisées, notamment celle batave réalisée auprès de  750 personnes en 2003, révèle que 26 % ignorent le pourquoi de la fête de noël, 6 % cite un événement biblique, mais qui n’a rien à voir avec la vie du Christ, 65 % des non-chrétiens connaissent la nature de Noël et 29 % des protestants et 26 % des catholiques n’en savent rien. (Le Figaro du 22/12/2003 article de Véziane de Vezins).  44 % des enfants britanniques de 7 à 11 savent que noël célèbre la naissance de Jésus (Sondage BBC 2006) les Irlandais du Nord sont 71 %.
Ce de quoi on ne semble pas s’éloigner des représentations des gravures anciennes, la fête de noël est toujours familiale, réunissant plusieurs générations, souvent autour des ancêtres. La fête est toujours actuellement plébiscitée, presque unanimement fêtée, même par les soixante-huitards qui un temps se sont opposés à cette « fête bourgeoise » devenus grands-parents, c’est paradoxalement autour d’eux que les familles se recomposent à l’occasion. Les noëls recompensés sont alors salués par les média comme le « must » dans le vent.
 Le premier sondage réalisé en 1948 la signalait comme « la plus grande fête de l’année » « fête de famille ».
Même les familles recomposées tentent « pour le bien des enfants » de se retrouver ce jour-là. Certains divorcés n’hésitant pas à cumuler les réveillons à faire violence à leur estomac ou au calendrier.

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

IMG-0581.JPG730-copie-1.jpg
(ci-dessus : la spécialité offerte par saint nicolas, les "mannela" petits hommes, en souvenir des 3 enfants ressuscités par le saint)

(la photo ci-contre est prise dans une petite église charmante du Sud-Tyrol (Italie)près du Reschen)

(Saint) Nicolas :
personnage de l’avent incontournable, il est à l’origine un évêque de Smyrne en Asie mineure (actuelle Turquie), né à Patare en Lydie en 270, son culte remonte au XIème siècle, au XV il est déjà le patron de la Lorraine, ses reliques sont transportées à Bari en 1087, on lui attribue d’avoir ressuscité trois enfants, d’avoir sauvé de la prostitution les 3 filles d’un père peu fortuné et intéressé.  Il aurait aussi ressuscité trois jeunes hommes tués par une crapule, cette tradition semble être plus ancienne que celle des enfants sortis du saloir.
Saint Nicolas  apporta longtemps des cadeaux avant la réforme (Luther condamne le personnage dès 1535) il était le personnage central de noël, à l’origine du transfert vers le laïcisé Père Noël.
Il apporte des mennele (voir plus haut) et des schnekle  (voir ce mot) gâteaux en forme d’escargot qui évoque sa crosse d’évêque, ainsi que des pain d’épices qui sont souvent ornés de son image (voir ces mots).
Accompagné du Hans Trapp  qui revient encore une fois le 24 décembre, il visite les maisons alsaciennes et lorraines dans la nuit du 5 au 6 décembre. Personnage aux mille facettes que nous tenterons dans ce passage d’éclaircir un peu sous les regards de l’histoire, des légendes, de la tradition et des pratiques folkloriques.
Tout d’abord le personnage historique
D’ABORD, PERSONNAGE HISTORIQUE
Sa tradition remonte à sa vie, datée selon plusieurs sources
concordantes de 270 où il naît à Patare en Lydie (extrémité méridionale d’Asie Mineure), au XIème siècle débute sa tradition  à Port près de Varangéville (en Meurthe et Moselle) , au XVème siècle il est cité comme patron de la Lorraine, vénéré au Moyen-âge. Il meurt selon Cuny en 329, selon Guérin vers 350, en tous les cas un 6 décembre.

Sa vie, elle même, il aura fallut retrouver un ouvrage réédité du XIXème siècle pour avoir de plus amples renseignements, de Paul Guérin 8   où l’on nous apprend qu’à son retour de pèlerinage le saint apprend le décès de ses parents qui lui laissent leur fortune. Il va en faire profiter les indigents, dont notamment un père de trois filles qui se trouvait forcer à “vendre” ses filles à défaut de pouvoir les marier en l’absence de dot,  un matin il trouva une somme d’argent sur le bord de la fenêtre permettant de marier la fille. Saint Nicolas refit l’action à trois reprises.
Ceci semble déjà très proche de la tradition, mais on indique qu’outre ses fonctions d’”évêque de Myre, Nicolas fut dans la persécution de Dioclétien et de Galérius, arrêté, torturé et jeté en prison, d’où il sortit après que Constantin eut rendu la liberté à l’église”. 
 On retrouve sa trace au Concile de Nicée, où il multiplie les miracles, il lutte contre le paganisme notamment le culte rendu à Artémis et à Apollon. II sera ensuite nommé évêque par son oncle archevêque de Myre, prêtre depuis l’âge de 19 ans, puis supérieur du monastère de Sion, puis évêque à la mort de son oncle.  On lui devra d’avoir dépensé sa fortune pour éviter la famine au peuple de Lycie, d’avoir calmé une émeute à Taïphale (en Grande Phrygie). En outre, selon la même source,  il sauva trois innocents pour lesquels  il plaida en faveur de  la révision de leur  procès ; l’empereur fit, après un songe où il vit Nicolas, témoigner à nouveau  les trois condamnées et constate leur innocence.
Les reliques de Nicolas sont donc déposées à sa mort dans la cité actuelle turque de Dembré (ex-Myre, que les dépliants touristiques et les panneaux indicateurs nomment « babanoel » revêtus de la tenue du père noël coca-colisé rouge et blanc, voir le mot « père noël »).

La délivrance de Cunon de Linange, Sire de Réchicourt, prisonnier des musulmans lors de la 6ème croisade vers 1230 semble être la transposition de cette aventure. Car ce noble fut transporté la nuit même à Varangéville avec ses chaînes . Nicolas délivra également le comte de Torcheville.

Ces aventures où se mêlent déjà la tradition et la légende nous rapprochent de la Lorraine où Nicolas aura son berceau d’adoption.

Nicolas signifie tout d’abord “Victoire du Peuple” . Et c’est effectivement une victoire lorsque le 9 mai 1087 on transporte ses reliques en Italie dans la ville de Bari par crainte des Musulmans. Un chevalier lorrain Aubert de Varangéville rapporta la jointure du doigt du saint et la déposa en lieu nommé “Port” . C’est à ce moment que débute un pèlerinage vers cette  petite cité, et c’est à partir de cet instant que l’on compte les miracles.

Dès 1093 une église est construite en l’honneur du saint encourageant la propagation de son culte en Alsace et la région au XIIème siècle, en Allemagne dès le XIIIème siècle.

Placé sous la protection du bon saint, la Lorraine, par la voix du Duc de Lorraine René II (1473/1508) confia au saint le patronage de la Lorraine. Il  fit même battre monnaie à l’effigie de l’évêque de Myre. Le Pape Innocent X confirma cette décision en 1657.
Placé sous sa protection, le Duc affirma qu’il lui devait de nombreuses victoires.
SON CULTE et la symbolique
Le culte démarre très tôt, dès le XIIIe siècle,  au moment où l’on  constate qu’une huile parfumée, une liqueur miraculeuse (dit les “acta sanctorum”), on la nomme aussi “manne de saint Nicolas”    s’échappe de sa tombe, elle guérissait les maladies des yeux, les fractures et redonnait vie aux moribonds. Ce que confirment plusieurs études sur la question. Son palmarès de saint patron  est étendu des mariniers aux écoliers, des clercs (clergeons) des fleuristes à la patrie russe. Il protège les jeunes filles et les jeunes hommes à marier, ainsi que les fiancés dans l’Artois; Du fait de la légende des jeunes filles que le père, à court d’argent,  voulait vendre et dont Nicolas va renflouer les fonds afin de protéger leur vertu.9 
 
Le culte semble lié au chiffre trois qui illustre le dogme trinitaire de l’église chrétienne, dans les 3 heures, les 3 enfants, les 3 officiers, les 3 soeurs, les 3 bourses d’or, .... qui ne font que souligner l’importance du dogme face aux incroyants.

Concernant les 3 enfants sacrifiés par le boucher que visite saint Nicolas. On sait qu’à cette époque de l’année, on sacrifiait le cochon, et que l’on faisait ripaille de viande fraîche, ce qui était rare avant ce siècle, il semblerait selon certains analystes qu’on a fait un amalgame entre les enfants (familièrement appelés “lardons” ou à l’époque “petit salé”) et la viande. En effet il semble que le saint pardonne au boucher non le massacre des enfants, mais en fait sa consommation de viande porcine (viande traditionnelle de la fête de Noël).
 
Culte rendu à l’époque moderne :  le Pape Pie XII installe à Bari en 1951, les Dominicains. Ils y développent un actif mouvement œcuménique. Dans l’abside de la crypte, ils ont érigé en 1966 une chapelle orthodoxe réservées aux services liturgiques de nos frères orientaux. En 1968 s’ouvre un institut de théologie œcuménique qui y délivre une licence et un doctorat. Le culte de saint Nicolas a été rendu  à sa dimension mondiale et œcuménique. Depuis 1989, les orthodoxes ont repris leur pèlerinage vers ce lieu et en 1996 (La Croix du 25 juillet 1997). La basilique a accueilli 6000 pèlerins russes et le patriarche Alexis II a souhaité le rétablissement d’un service dans la basilique pontificale.

La Lorraine et Saint Nicolas
La Lorraine a des raisons précises à sa fidélité à son culte de Nicolas, c’est la basilique qui abrite des reliques du grand saint apportées par un chevalier lorrain Aubert de Varangéville qui vers la fin du XIIème siècle s’achemina vers la cité de Bari et rapporta (vola ?)  une jointure du doigt du saint et la déposa en un lieu appelé Port, depuis Saint Nicolas-de-Port. En 1093 une église fut consacrée  à la précieuse relique.

En 1856, l’abbé Deblaye, recensa les reliques, il s’agit de deux petits fragments d’os longs qui proviendraient d’os longs des membres ; un fragment d’os paraissant provenir d’une portion de côté ; un fragment un peu spongieux provenant d’un os long et gros ; un fragment presque aussi long qu’un doigt d’un adulte et paraissant provenir d’une portion d’os de l’avant-bras ou du bras.13


Les reliques de Bari  furent transférées aux Etats-Unis sur décision du pape Paul VI. Une façon d’évangéliser les terres Outre Atlantique ? Et de confier au saint de nouvelles terres de mission ?  Elles furent transmises de l’évêque de Brooklyn Mgr Francis Mugavero à l’archevêque orthodoxe Lakovos. Les reliques furent déposées à l’église saint Nicolas de New York. Mais la Lorraine a toujours une relique du saint patron.

Ces reliques vinrent bénir de nombreuses églises, outre Port, Verdun, on dénombre 64 paroisses en Lorraine, autant en Alsace et 180 monuments dédiés au saint.
Précisons que  le pape Léon IX consacra une chapelle au Mont-Ste-Odile
au saint. Mais on en compte encore de nombreuses notamment à Colmar, Strasbourg (outre le Quai)...
Outre la présence dans de nombreuses églises de statues, de vitraux, St Nicolas est le patron principal ou secondaire de nombreuses paroisses en Alsace. Ne citons que le portail majestueux de l’église St-Martin de Colmar où sont représentées les deux légendes des hauts faits du saint, la résurrection des jeunes et les filleuls qu’il a doté. Nos recherches du saint patron principal nous donne les communes suivantes, mais il semble qu’il soit aussi patron secondaire (et célébré avec faste dans de nombreuses autres paroisses) : Balgau, Hanhoffen (Bischwiller), le Bonhomme, Colroy-la-Roche, Diefmatten, Dietwiller, Kienheim, Ergersheim, Forstheim, Friesenheim, Ginsheim, Haguenau, Hombourg, Hunawihr, Katzenthal, Keskastel, Neuve-Eglise, Oderen, Orschwihr, Rulisheim, Schirrhein, Sengern, Steinsoulz, Stotzheim, Urbeïs, Village-Neuf, Widensollen, Wihr-au-Val, Wingersheim. Cette liste nous signale déjà qu’il est apprécié dans les vallées, car saint patron des mines et des mineurs, n’a-t-il pas extrait les enfants de l’obscurité du saloir.  Dans la cité de Hunawihr, l’église fortifiée de 1480 recèle des fresques retraçant la vie de notre saint homme. Le secours aux trois jeunes filles, succession à l’évêque de Myre, secours à un navire, libération de 3 innocents condamnés à mort, une scène où l’on abat un arbre idolâtre, sa mort et l’extrême-onction, le transfert de son corps, le saint tire de prison un enfant.
Le culte rendu à Saint Nicolas fut si important que dans la ville impériale de Haguenau, qu’en 1189 l’empereur Frédéric Barberousse y fonda un hospice (1983, bulletin diocésain).

On touche déjà du doigt le Saint Nicolas populaire, il est le saint “sympathique” .  Attirance qui  spontanément  va lui attacher de nombreux corps de métiers. Ce culte    (chose rare, sauf pour Sainte Thérèse de Lisieux enfermée dans un Carmel sa vie durant ou encore le défunt Pape Jean-Paul II ou Mère Teresa de Calcutta) débuta  dès les premières années qui suivirent sa mort.
Autre particularité, ce saint est l’un des seuls de l’époque a être  vénéré d’Orient en Occident.
Soulignons que contrairement aux assertions de certains auteurs, ce n’est pas la relique qui crée le culte, mais bien l’inverse, ce propos est confirmé par M-J STRICH.
 
C’est le Duc de Lorraine (1473-1508) René II qui installe le saint au moment où il donne le chardon et une devise à son pays. Ceci après la bataille de Nancy, en 1477.Il semble lui devoir de nombreux succès guerriers. 
Le fils Antoine dira que Nicolas est le patron” pour la singulière et fervente dévotion qu’il a au glorieux corps du saint confesseur de Dieu, Mon seigneur saint Nicolas, notre bon avocat et patron” Le pape Innocent X confirmera cette nomination en 1657.
La grande procession fut instituée par Cunon de Réchicourt à Saint Nicolas de Port qui partit en terre sainte lors de la 6ème croisade, il fut délivré par Saint Nicolas et institua en reconnaissance cette procession.
Elle fut d’abord nocturne, puis en après-midi, puis à nouveau le soir, à la vigile,  à 9 heures.


Un peu de vocabulaire
Sant Niklaas :  est la version hollandaise de Saint Nicolas qui arriva aux États-Unis pour donner le mot suivant.
Santa Claus : correspond St Nicolas américain
Weihnachtsmann : père noël laïcisé, son nom signifie : bonhomme de noël
Knecht Ruprecht : est le Père fouettard allemand
Hans Trapp : Jean de Dratt, ou Hans von Dratt ou Trotha  père fouettard alsacien évoquant le personnage historique du comte de Berwartstein ou Baerwelestein non loin de Wissembourg à la fin du XV ème siècle, mort en 1503, maréchal du Pfalzgraff Philip, excommunié). Stoiber donne cette version dans l’Alsatia en 1850, en 1876, Seinguerlet parle d’un soudard de la guerre de Trente ans.
Krampus : diable à cornes et à langue pendue accompagnant St Nicolas en Autriche, descendant des esprits de l’hiver et du Diable.
Le père fouettard lorrain : est une forme de Charles Quint qui voulut reconquérir la ville de Metz (1552-1553). Long nez et chapeau dont l’allure n’a rien de commun avec Hans Trapp qui porte chaîne, gourdin, peau de bête.

Prière au Saint Nicolas, publié par l’amicale des Alsaciens Lorrains du Bassin d’Arcachon, communiqué par  + Maurice Silberstein en 1998,  (Andernos les Bains 33510) est très belle, d’une lectrice anonyme. « Avant que la tradition ne soit oubliée, je vous raconte comment se passait chez nous (en Lorraine) la Saint Nicolas.  Avant de se coucher, les enfants déposaient devant la cheminée non leurs souliers comme il est dit souvent, mais une assiette dans laquelle ils avaient placé, pour la bourrique qui portait les jouets, une petite botte de foin (à la campagne) ou une carotte et des croûtes de pain. Ils retrouvaient l’assiette garnie d’orange et de friandises. Le père Fouettard, pour marquer son passage, laissait parmi les cadeaux quelques verges. La veille de sa visite un son de clochette annonçait aux enfants son passage futur, ils devaient réciter par cœur cette prière : (que la dame a écrit d’une écriture magistrale qui donne encore plus de charme au texte).
Prière des petits enfants :
Grand Saint l’ami des enfants sages,
La richesse est ton partage
Tu es prodigue tous les ans
Envers tes nombreux enfants
En souvenir de tes bontés
Vers toi nous fait voler
Nous avons un grand espoir
Dans ta visite de ce soir
Dans nos assiettes,  tu déposeras
Un élégant petit baba
Entouré de quelques bonbons
Qu’avec bonheur nous croquerons
Reçois ce soir ma prière
Elle est fervente, elle est sincère
A ton retour près du Bon Dieu
Prie pour nous aller aux Cieux.
6 décembre.

Dans la Corona benignitatis anni Dei de Paul Claudel on lit ceci :
Voici l’hiver tout à fait et
saint Nicolas qui marche entre les sapins, avec deux sacs sur son âne
 pleins de joujoux pour les petits lorrains c’est fini de cet automne pourri.
Voici la neige pour de bon,
c’est fini de l’automne
et de l’été et de toutes les saisons” 1

C’est homme à longue barbe blanche, revêtu de ses ornements sacerdotaux indiquant sa fonction d’évêque,crosse à la main  écoute à la porte la comptine des enfants :
“Lieber Nikolaus, komm in unser Haus,
Leer dein Säcklein aus, lieber Nikolaus”
.

Il entre discrètement dans la stubbe en disant :
Ich bin der Heilig Nikolaus un kumm vum Himmel raus”, il est accompagné d’un bruyant personnage, dont la vocation semble d’être se faire remarquer,

Son accompagnateur se nomme Hans Trapp (il traîne des chaînes et portant une peau de bêtes aussi nommé “Rüpelz”) quelquefois il est relégué à la porte pour  garder l’âne chargé de friandises. Devant lui les enfants se cachent, promettent de mieux se tenir, et Nicolas se fait le garant de la protection enfantine, défendant  au Hans Trapp d’entrer cette fois-ci.
Mais le 24 décembre prochain, il ne pourra le retenir et laissera faire le vilain acolyte qui accompagnera le Christkindel (Enfant Jésus, en fait symbolisé dans la seule Alsace par Une fée dérivant de Ste Lucie) . Le vilain vérifiera le 24 avec Christkindel -ou le Père Noël- l’application des bonnes résolutions. Le saint ne pouvant pas châtier !
Afin de convaincre le couple visiteur, les enfants leur montrent le “Bethölzle” (ancien coutume, principalement dans le Sundgau2 ,   qui donnait à chaque enfant un petit bâton où les prières étaient marquées par des encoches “Kerb”, les parents étaient  très fiers des bâtons encochés de leurs enfants). Une de nos lectrices nous avait confirmé que sa  maman, née en 1896, disposait d’un tel petit bâton de prières. Par contre il était usité, la veille de Noël. Ils (un par enfant)  étaient posés (sur le rebord de la fenêtre) avant le passage du Christkindel, et remplacés -le lendemain-  par un (souligne-t-elle) seul paquet de bonbons.  
Saint Nicolas touchait les enfants avec un rameau (dans un but de fertilisation).
Les enfants recevaient des mandarines dont une lectrice me contait que l’odeur évoquerait toujours pour elle la saint Nicolas. Le saint jetait aussi des pommes, noix, rarement des jouets sauf en Lorraine (dans les publicités récentes on le voit), si la famille était plus riche on offrait aussi du chocolat, du pains d’épices, des sources anciennes précisent la présence de viennoiseries élaborées pour l’occasion, notamment des “männele” (petits bonshommes en pâte briochée ou pains aux lait) mais aussi des “schnakelé” (sortes de petits pains en forme d’escargots, qui reprend la forme de la crosse de l’évêque) agrémentés de pépites de chocolats.
Les cadeaux ont eu lieu très tôt, car Luther déjà évoque en 1535 les “cadeaux de la saint Nicolas” bien évidemment pour les condamner. 4 

Un conte restitue cette ambiance de cadeaux:
“Au matin de la saint Nicolas,
dans mes sabots, elle était là,
de noix, d’oranges entourée,
et de guirlandes enrubannée,
c’était ma première poupée
en bois, toute articulée,
qu’au couteau
m’on père avait taillée...”
B.Fulpin, contes et poèmes pour enfants 5

Dans certains villages, notamment dans le canton de Ferrette, à Biedertal,  un jeune homme déguisé en blanc avec barbe et chevauchait un autre déguisé en âne, l'équipage passait devant les enfants qui devaient prier sinon ils étaient châtiés par l’âne.  Le livre Noël, avent, et après...6  précise un village de Unterentersbach (village de la Forêt Noire) où les hommes sont enduits de graisse noire.

Texte bavarois
Autre visite particulière celle en Bavière racontée en 1915, par Karl Stern dans son roman “le buissant ardent, “Noël était la fête du Christ-Enfant ; saint Nicolas, lui, passait dans la soirée du 5 décembre, la veille de sa fête, il semblait se rendre de maison en maison, souvent accompagné de son domestique Rupprecht. Il portait une longue barbe, et promenait des verges de bouleau, de lourdes chaînes de fer, et un gros sac plein de cadeaux. Il me fallait attendre dans la lingerie, jusqu’au moment où j’entendis le cliquetis des chaînes dans la rue, puis le bruit des lourdes bottes montant lentement l’escalier. Enfin, la porte s’ouvrait et il était là. Il se révélait toujours étonnamment renseigné sur la conduite de chacun pendant l’année et c’était ce qui décidait entre les coups de verges et les cadeaux. A la fin, il partait en laissant ses présents, une avalanche de pommes, de noix, de figues, de dattes, de bonbons. Les bruits qui montaient de la rue semblaient indiquer qu’il y eût plusieurs saint Nicolas. Nous possédions une lourde couverture de feutre noir, de celles qu’on emploie dans les voitures à chevaux; c’est dans cette couverture que s’enveloppait saint Nicolas, et il portait les bottes de Grand-Père. J’avais près de huit ans, je crois, lorsque cette coïncidence extraordinaire me frappa pour la première fois.” (Seuil 1953, page 24 et 25)

Le saint auquel la Lorraine, l’Alsace, le Benelux, et la Russie restent fidèles risque à brève échéance de disparaître de nos mémoires et de nos traditions.
L’homme qui garnit les souliers devant les cheminées, à qui l’on déposait à côté des chaussures un verre d’alcool (pour le réchauffer) et de la paille (pour son âne)  risque fort de ne pas connaître intact le XXIème siècle. Place donc à sa légende, mais aussi aux éléments d’histoires auquel le saint se rattache...

Nouvel éclairage du  vieil homme et nous donnent l’occasion de compléter nos documents sur la question.
Saint Nicolas semble être à la fois lié au passé religieux de l’Asie mineure et de l’Alsace Lorraine, on trouve également sa trace dans des légendes de Hollande,  Belgique, Russie et Autriche....
Un ouvrage  publié7 conte sa lourde biographie. Car l’homme issu du temps à tenté de rattraper le Père Noël rival du XIX è et XX ème siècles, il n’a plus guère de bourrique que dans les illustrations d’anciens manuels, il voyage à pied, ou il vole en hélicoptère au-dessus de l’Alsace il délaisse les chars des défilés qui sont organisés au profit des visites du soir qui elles aussi sont réduites... la tradition se perd raconte l’auteur de l’ouvrage LEGIN (voir bibliographie) : “La saint Nicolas de mon enfance s’est bien dégradée, il s’agit de présenter la tradition avant qu’elle ne soit disparue”. C’est bien également la vocation de la lanterne, l’occasion nous est donnée de faire, à nouveau, un peu de lumière.....

Trace de son importance dans l’histoire alsacienne, les auteurs Erckmann et Chatrian le décrivent dans les “Vieux de la vieille” sous la forme suivante :
“la porte de la boutique s’ouvre, et saint Nicolas lui-même, en bonnet d’évêque (?) sa tignasse de cheveux roux (?) tombant sur le dos, un sac de toile d’emballage pour manteau et ses gros sabots remplis de paille, entre”. Quand on lui demande le but de sa visite il répond “les enfants méchants.. Les gueux qui ne veulent pas obéir à leurs parents qui ne vont pas à l’école”.
Voilà bien un Nicolas, qui rassemble deux personnages, telle Frau Holle.

Le cantique à Saint Nicolas alsacien est le suivant :
Qu’il vive notre saint patron Nicolas dans les cieux,
il intercède pour nous auprès du Seigneur
aussi souvent qu’on l’invoque
Refrain
grand et saint patron, reste-nous toujours fidèle
Et prie que le Seigneur nous pardonne
De plus, là où l’on a besoin d’aide,
Au malheureux, à celui qui pleure comme l’enfant,
Saint Nicolas, du haut du Ciel,
Envoie paternellement son aide,
Si des souffrances de ta pensée affligent ton âme,
si des péchés écrasent ton coeur,
Va vite à la chapelle
Où saint Nicolas adoucira ta peine.10


Même si les Allemands protestants nomment le père noël Nikolaus dans certaines régions, ils connaissent la distinction, ainsi le livre d’enfant édité en 1999 en Allemagne qui conte la recontre de Sankt Nikolaus et Weihnachtsmann, on y voit un saint nicolas (en tenue d’évêque, mais entièrement en rouge) qui le 5 décembre tombe en panne de voiture (un tacot) et ne peut faire sa distribution qui s’en plaint à un corbeau qui vole vers les pays nordiques le dire à son confrère qui est beaucoup plus moderne et qui va aider le bon saint à faire sa distribution. Pas encore le remplacer ! C’est donc la preuve que les deux hommes ne se remplacent pas mais se complètent dans le folklore.

RESIDENCE D’ETE
Ajoutons quelques mots de pays où la tradition est suffisante et  consistante, ainsi, En Hollande, saint Nicolas y arrive sur un bateau, deux semaines avant sa fête  éclatant de lumières et de couleurs va donc accoster la côté d’Amsterdam. Toute la ville (en congé) va assister à la cérémonie annuelle de bienvenue au saint.
En effet les ossements du saint patron ont été acheminés par mer, volés aux turcs,musulmans, et reposent à Bari (Italie méridionale)  depuis mai 1087. 
Selon les Hollandais, il est en résidence durant l’année dans un château espagnol (!) et consigne le plus clair de son temps dans un grand livre rouge les faits et les gestes des enfants qu’il récompense selon leurs mérites.
Autre différence, Nicolas est accompagné d’un Pierre le Noir, (un Maure, du nom de “Zwarte Piet”  venu d’Espagne tout de noir vêtu avec un costume ancien) que l’on pense être une évocation de l’ennemi arabe sarrasin du temps où les Pays Bas faisaient partie du royaume d’Espagne.
 
En terre vosgienne Nicolas apporte la “Flamme de la Vie” ( ?)  depuis la montagne sainte Barbe.
(Pour Ameland, île des Pays Bas, ou la Grèce)

En Autriche il est accompagné de Krampus,  (voir ce mot dans notre dictionnaire des traditions, ou demandez-nous le numéro correspondant)

L’Arrivée de Nicolas est ainsi résumée dans un livre tyrolien : “Bald öffnete sich die Stub ertrit einen Spaltbreit und Nüsse, Obst oder einige Süßigkeiten wurden eingeworfen. La porte de la Stubbe s’ouvre, les enfants sont cachés derrière le Poële en faïence ,  et on jette des noix et des friandises (fertilisation).  Dès 1800 fut édité dans la région de Pfunds un interdit des jeux “Nikolaus-Kinder-Schreckengab” mais l’interdit fut peu suivi car un texte fut réitéré en 1815 et 1860.  Pfunds (Landeck, près des frontières Suisse et Italienne, Tyrol) est ainsi une des seules villes dans le land qui fait un jeu de la Saint Nicolas avec les enfants de l’école. Ce texte a 120 ans, d’auteur inconnu,  est interprété chaque année de maison en maison.12 

Le  saint Nicolas y est accompagné de Krampus,  le diable et un “Sonaklås” qui est un autre personnage que le saint Nicolas qu’il accompagne.
Ce “Sonaklås” annonce l’arrivée du saint en disant “Gebt  Frieden hier in diesen Haus, es kommt der Heilige st Nikolaus, er zieht dah in dieser Nacht und gibt auf alle Mensche Acht. Er wird auch den Herrn Lehrer fragen ob die Kinder wohl fleißig gelernt haben”  (donnez-vous  la paix, il vient le saint Nicolas, qui est attentif à chacun et demandera à l’instituteur si les enfants ont abondamment travaillé)
“Heilige Sankt” (!)  Nikolaus intervient par une formule : “ Gelobt sei Jesus Christus, Gott grüßt euch alle, groß und Klein” “O wie gerne geht ich ich ein, wo frohe Menschen wohnen, um si recht liebreich zu belohnen !”
(Béni, soit Jésus Christ, Dieu vous bénisse tous petits et grands, je suis content d’être au milieu de vous dans votre demeure et vous bénis)


Le Père Noël, le saint Nicolas, une autre origine15 .
Ils n’ont pas les mêmes valeurs  !
Disons un mot de cette théorie qui fait remonter les deux hommes à Odhin-Wotan, le dieu païen  des germains, dieu de la guerre. Il réaliserait à cet instant de l’année une chevauchée sauvage dans le ciel. Justement sur un cheval blanc (un peu comme le Père Noël, ou le cheval de l’évêque de Myre), il aurait aussi une longue barbe, et distribuerait  également des récompenses et des sanctions.
On aurait gommé les aspects trop négatifs (cheval devenu renne -animal tendre et doux- ; les méchants de la horde sauvage représentés par des personnages méchants distincts comme Hans Trapp...) pour ne laisser qu’un personnage bon et lisse. Van Gennep réfute cette théorie en estimant qu’un personnage ne peut pas sauter dans le folklore plusieurs générations pour réapparaître transformé, il manque le fameux ‘chaînon’ qui explique ce lien.

Saint Nicolas a tout de même malgré ses multiples visages une sacrée aura, d’homme de Dieu, bon, engagé, Chrétien,  Témoin donc prêt à rendre service autrement moins commercial que le Père Noël made in US. Résistera-t-il ? Même s’il est aussi récupéré par les magasins lorrains. (Samaritaine, l’ouvrage de M-J STRICH ou de LEGIN)
Replongeons nous dans un texte latin  fort ancien déposé à la bibliothèque nationale16 :
“La fête du grand Évêque
Aujourd’hui au nombre des Saints
avec des chants magnifiques
Et de mélodieuses musiques
Célébrez-la vous les clercs,
Et surtout les écoliers !”


Pour Philippe DULEY, le saint Nicolas reste aujourd’hui sans doute plus qu’hier, une école du mérite du salaire, de la reconnaissance, ce qui permet d’apprendre à vieillir, ce qui n’est pas encore superflu(...) le Père Noël ne sent plus ses ailes, il attaque saint Nicolas. A l’issue du premier conflit mondial, les produits US déferlent sur la vieille Europe, et, entre deux caisses de chewing-gum débarque discrètement le Père Noël. Il devient redoutable, bouscule Nicolas sur ses marchés porteurs, il réussit à déloger le saint Homme sur les deux spécialités : l’enfant et le cadeau !”. (..) Que reste-t-il de ce Père Noël omniprésent ? des guirlandes, des strass, des paillettes (..) Rien à voir avec le sacré, de près ou de loin”.

Le Père Noël est perdeau de l’année bénéficiant d’un large plan média, le héros d’une « Chrismas academy » et fait star très rapidement, la course de fond est gagné par Saint Nicolas  qui existe depuis l’an 350 soit depuis 1650 ans ! Nicolas a une réelle longue tradition derrière sa bourrique. Le Père Noël n’a au mieux (si l’on ne retient pas son origine Gargantuesque contestée par van Gennep, ou d’Oddhin-Wotan dieu germanique 17 ) qu’une centaine d’années. Un monde de légendes et de pratiques  les sépare.

Ce plus grand analyste du folklore français Van Gennep dont on vient de rééditer la lourde étude (en trois volumes) 18 écarte totalement la parenté possible entre Saint Nicolas et le Père Noël, il estime que les personnages ne peuvent pas  vivre l’un à côté de l’autre dans certaines régions à différents moments de l’année, et avoir été remplacés ailleurs. Que les personnages sont trop différents, dans leur présentation et leur descriptif, que l’un est un personnage réel ayant laissé des traces et l’autre est totalement mythique.
 
Côté patronage, Saint Nicolas est gâté et possède sous ses larges bras sans doute la liste la plus longue de petits protégés,        
Patron des écoliers, la légende des trois enfants découpés en morceaux et mis au saloir par un boucher (c’est en Alsace, note Gérard Leser lorsqu'il 19 , l’époque où l’on abat le cochon domestique) , puis ressuscités par le saint va l’amener à être tout naturellement patron des clercs, dès le XIIème siècle, l’auteur Jean-Marie CUNY cite cet extrait conservé à la Bibliothèque nationale (BN lat.1139) :
 “la fête du Grand Évêque aujourd’hui au nombre des saints avec des chants magnifiques et de mélodieuses musiques  ; célébrez-là vous les clercs et les écoliers”.
Version traduite.

Il devint  patron des écoliers également, nul besoin de souligner que la visite (décrite en introduction de ce dossier) était salutaire et pédagogique du bon saint et de son acolyte, moins entreprenant le père Fouettard ou en Alsace le “Hans Trapp”; ce dernier armé d’un fouet ou de verges (Ruët) pouvait corriger si besoin les récalcitrants, ou à l’aide d’un sac menacer d’emporter ceux qui ne croyaient pas en lui ou étaient particulièrement indisciplinés. Le fait de porter des verges peut évoquer le rite de la fertilité usité dans la  Rome antique, et en Alsace au moment du carnaval. Frapper avec des verges devait stimuler le mari, la femme, ou les adolescents à être fertile. Le sens perdu s’est mué en une version pédagogique des choses.

Patron des filles à marier, je voudrai citer cette comptine à réciter le jour de la saint Nicolas dicton français,
“patron des filles, saint Nicolas, mariez-nous, ne tardez pas”.
“C’est Saint Nicolas qui marie les filles et les gars”
dit encore un autre dicton. On utilisait le saint en Picardie pour une étrange superstition où l’on plaçait sur son oreiller un miroir en récitant “bon saint Nicolas, qui fait marier, filles et gars, fais-moi voir qui m’épousera” “
A minuit précises, elle pouvait regarder le miroir qui lui renverrai le visage de l’élu.
Selon la version énoncée plus haut, on dit même qu’elles devaient participer au pèlerinage à la Basilique de Saint Nicolas du Port 20  et marcher “sur la bonne pierre” une dalle perdue dans le pavage de l’église, si elle la foulait du pied, elle était convaincue d’épouser l’homme de ses rêves et des ses désirs. Dans une autre ville Château-Salins (Moselle) les jeunes filles se prosternaient devant le portail de l’église pendant que les cloches sonnaient et priaient le saint dans le but de trouver un mari.

Les garçons restés célibataires rendaient la monnaie de leur pièce à ceux qui avaient le 25 novembre chahuté les catherinettes. Car elles confectionnaient un bonnet à pompon rayé que l’on nommait “bonnet de la saint Nicolas”. Ils étaient contraints de le porter. Certaines filles leur adressaient aussi des cartes postales avec un bonnet de Nicolas.

C’est le Patron des navigateurs, car sa relique arriva par mer à Bari en Italie, de plus il avait sauvé un Navire où avait embarqué au XIIIème siècle Saint Louis et la Reine de France.  Le navire fut violemment secoué pendant une tempête de sorte que la Reine fit un voeu au saint si  tous s’en sortaient vifs. Un ex-voto est d‘ailleurs visible à la Basilique Saint Nicolas du Port.

Comme la Lorraine et l’Alsace disposent de peu de navigateurs, si ce n’est sur le fleuve, les ”flotteurs” c’est-à-dire ceux qui récupèrent le bois des Vosges sur la Meurthe (le fleuve)  se prirent également Nicolas comme patron et protecteur.  Ainsi Saint Nicolas, est la coutume est toujours encore d’actualité, vient visiter les chalands sur le Rhin le 6 décembre, des reportages télévisés ont été consacrés à ce sujet. Il apporte vin chaud et “mannele” aux navigateurs, des deux côtés du Rhin.  C’est l’école qui forme les batteliers à Strasbourg qui pilote chaque année cette manifestation.
Enfin le dernier corps de métier est celui des voyageurs qui se place sous la protection du saint Homme, pour les mêmes raisons que Saint Louis et la Reine de France embarqués sur le bateau lors d’une tempête.

Dictons
La saint Nicolas est aussi un moment où les paysans scrutent la nature pour prédire le temps :
Tuët’s uf Nicolai schneje, word viel Schnee im Winter keje
S’il neige à la Saint Nicolas, hiver neigeux sera
ou encore :
Am Nijkloïs Räje, se verfriere d’r Räwe
Pluie à la Saint Nicolas, le vignoble gèlera.
Ou selon les dictons vosgiens :
A la saint Nicolas si les truites qui fraient suivent le milieu de la rivière, l’hiver sera sec, si elles suivent le bord, l’hiver sera humide.

La saint Nicolas et vous ?
La balle est dans votre camp,
à  vous chers lecteurs, si vous avez  à éduquer des enfants, qu’ils soient  grands ou petits , rendez le témoignage du saint vivant, la foi catholique énonce dans ces dogmes la “communion des saints” et leur intervention bienfaisante en faveurs des croyants, en faisant dans la nuit du 5 au 6 décembre hommage à la tradition par des présents alimentaires -vous avez en ce qui concerne le contenu du soulier le choix la gastronomie alsacienne vous propose pour  vos bambins grands ou petits : pains-d’épices, chocolat, bonhomme en brioche qu’on nomme des saint Nicolas. ou des “mannele” (voir ces mots). afin qu’ils attendent -et qu’un jour peut-être ils invoquent en prière-  le Saint vénéré en Alsace depuis des centaines d’années sans  songer à sa pâle copie....o
Bibliographie :* Sur le saint Nicolas lorrain :
- Saint Nicolas Jean Marie CUNY, imagerie d’Épinal (novembre 1987)
- Saint Nicolas, par Philippe Duley Éditions de l’Est
* La légende de saint Nicolas, éditions Ouest-France, par Marie-Josée STRICH octobre 1998
* sur le saint Nicolas autrichien :
- Tiroler Oberland, Berzirk landeck, par Robert Klien édition Tyrolia 1983 Innsbruck.
* sur le Père Noël sudéois :
- Walpurgis, écrevisses et Sainte-Lucie, Fêtes et traditions en Suède par Jan-Öjvind Swahn et l’institut suédois Paris
- Noël en Suède, édité par le Centre culturel Suédois de Paris   Mais aussi :
* G.LESER Wihnachte en Alsace édition du Rhin (pas très developpé)
* Yvonne de Sike “Fêtes et croyances populaires en Europe”  chez Bordas (sur la saint Nicolas hollandaise)
* Alain de Benoist “les traditions d’Europe” éditions du Labyrinthe 1996. (Très complet, comme toujours)
* Alain de Benoist “Fêter Noël” Atlas 1982 réédité 97
*, Noël dans le Sundgau Geneviève Grimler éditions du Rhin novembre 1996
* Cette nuit là en Alsace, Noël ; Novembre 98
* Noël, l’avent et après. par Catherine Baillaud, Geroeges Foessel, Roland Oberlé, Tomi Ungerer, édtions Roland Hirlé,Strasbourg; 3trim.98
∑ la petite lanterne, n°45,Nicolas à visage découvert, et le n° 67 Nicolas multiples.


Saint Nicolas exige le respect de la parole donnée, cette légende rapporté en 1987 (L’Alsace par François Wilhe, 5 décembre 1987) en témoigne. Un charretier se rendrait de Ventron à Kruth avec une mule poussive tirant unbien lourd attelage chargé de bois. Voyant les difficultés de sa mule à escalader la butte, tout en passant devant la chapelle dédiée au saint : « Pouss Colas, muesch e Kerze ha » (Pousse Nicolas, si tu m’aides, tu auras un cierge ».) Arrivé presque par miracle, au sommet du côteau, et voyant que son attelage avait tenu, il s’écria « Pouss, Colas, brusch ke Kerze meh a » (« Pouss Nicolas, tu n’as plus besoin de cierge »). Aussitôt l’attelage s’emballe, la charrue se renverse, le chargement est perdu et le conducteur méprisant se trouve projeté au fond du ravin ».

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Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 6 Décembre 2007

12240008.JPGCadeaux :
D’où vient la tradition d’offrir des cadeaux ?
Le fait d’offrir des présents à cette période remonterait aux Saturnales à l’époque ro-maine. (17/12, festivités durant une se-maine jusqu’au 25/12). Ils l’étaient en l’honneur de la déesse Strenia (d’où dérive le mot Etrennes), il s’agissait de petits objets de cuivre, d’argent ou d’or (pour un autre auteur des figurines votives de terre cuite) pour souhaiter la richesse. Il dériverait du latin « caput » qui signifie « tête », ou du latin « catella » ou « petite chaîne ».  Un autre auteur évoque les poignées de fruits secs, cadeaux de bon augure donnés aux en-fants. (« aguillanées »). Selon d’autres, le cadeau est considéré comme quelque chose de futile, réservé aux dames ( !) Au XVIIIe, on y perçoit le sens de quelque chose qui a entraîné « trop de frais ». Tel pour le paysan un repas donné en dehors de sa demeure.
La notion d’ « oublies » d’ « oblatten » les pain d’épices recouverts d’une couche fine d’hostie conservent dans leur passé la tradition germanique d’offrir des présents aux divinités de l’hiver. (Chasse sau-vage).Rappelons ensuite que la confection de pain d’épice était l’apanage des monastères.

Dans les origines on ne peut oublier les nombreuses quêtes d’enfants ou d’adolescents (appelées aussi par les fol-kloristes les tournées cérémonielles) qui elles avaient lieu au cours de l’année –au moment cruciaux des passages de l’année, solstice, et plus particulièrement durant le temps de l’avent, noël, nouvel an, puis carnaval. (Elles avaient à collecter des œufs, friandises ou matières premiè-res pour réaliser, des beignets aux formes et aux aspects éloquents.  Les quêtes d’œufs de pâques servaient à la réalisation d’ œufs décorés, symbole de résurrection et de vie, ou pâtisseries « les hamele » en biscuit).

Ces quêtes sont réalisées par des enfants, donc des « innocents ». Les derniers  seraient donc les véhicules « purs » d’un don, d’un sacrifice à une divinité. Ce sont des « Contre-dons » car en échange les familles donatrices sous-entendent (ou en attendent) une protection. Aucune famille ne pouvait –ou ne voulait- s’y soustraire.  Elles subsistent un peu dans  la démarche des Sternsinger (les enfants rois mages à l’étoile qui apportent la bonne nouvelle de la naissance de Jésus de maison en maison) et plus récemment dans les quêtes de Halloween (elles se développées depuis 1990 et se résorbent peu à peu). Dans ce dernier cas ce  sont des bonbons ou une malédiction, selon ce que scandent les enfants.   Les populations y étaient sensibles et ne préféraient pas dans un élan de générosité de leur pauvreté et de crainte d’attirer le mauvais œil en s’y soustrayant.  Ainsi l’offrande de lard, de noisettes, de fruits divers, de pommes et plus récemment de bonbons ou de menue monnaie seraient l’origine première de nos cadeaux de noël, une abondance qui contraste avec la rigueur de l’hiver, avec les esprits du froid et de la stérilité que les hommes tentent ainsi de déjouer et de renverser.

Aujourd’hui les cadeaux reçus ne sont plus considérés comme sacrés, comme jadis.  Même si l’oubli d’en faire est une « sacrée offense ». Symbole de la transi-tion des saisons, elle évoque davantage aujourd’hui la paix familiale (ou l’illusion d’une famille recomposée et reconstruite) tout en remémorant l’enfance de chacun. (Par définition idyllique, le temps gommant les imperfections, songeons à la made-leine de Proust).

 A la Réforme, le fait d’offrir des cadeaux non plus seulement aux défavorisés mais aussi aux enfants fut instituée. (la remise des cadeaux glisse du 6 décembre à Noël) L’offrande aux adultes date de la trans-formation de la fête de Noël en fête de la famille. On signale ce rite pour la première fois en 1860 dans une chronique de la reine Caroline de Bavière qui disait ainsi faire entrer le surnaturel dans le quotidien.  La date de remise des cadeaux a elle aussi varié, St Nicolas, Nouvel an (les étrennes), l’épiphanie (c’est toujours le cas en Espagne), puis se fixant définitivement à Noël (25 au matin, puis 24 au soir), selon les croyances, apogée du catholicisme, Réforme, Contre-Réforme et laïcisation de la fête de noël.

Devenue une fête très commerciale,  Noël doit réussir à faire culminer le Chiffre d’affaires. Cette fête décide du bilan an-nuel voire de la reconduite de l’activité l’année suivante.
Nous dépensions en moyenne, nous l’avons dit plus haut, près de 190 euros en moyenne pour chaque enfant, tous les ans, rien, que pour Noël   (Psychologies dé-cembre 2002) et 538 euros pour Noël en globalité .  Il y aura en moyenne 11 cadeaux disposés au pied du sapin pour une valeur de 550 euros et les enfants ne sont plus les seuls à recevoir car la majorité des cadeaux le sera pour les adultes. (De-loitte)   En cela ils sont parmi les moins dépensiers d’Europe, autant en valeur ab-solue qu’en proportion de leurs revenus 2 % de leur budget annuel. (Delloite, Nov.2006).  Après cette hausse verti-gineuse, la nouveauté réside dans la relative déflation des dépenses de noël 538 euros (selon cette source) en 2006, 550 en 2004, 580 en 2003, 820 en 2002. (Chiffres 2004,2003,2002: les identitai-res.com, décembre 2004)
Et si les Français dépensent moins que les années passées, ils consacrent une plus grande part en cadeaux et freinent celles liées aux repas et aux divertissements. 95 % des personnes déclarent avoir autant de plaisir à donner qu’à recevoir. (Etude Visa Genève, 23/11/2006).  L’enquête TNS-Sofres pour le groupe Casino (La Tribune) signale que 23 % des personnes interrogées ont l’intention d’offrir des livres, 20 % des CD ou des DVD. Une tendance que confirme l’étude du cabinet Deloitte qui signale que les cadeaux sont de plus en plus numériques : 50 % des adultes à Noël recevront un CD ou un DVD. Le troisième cadeau le plus désiré des femmes est un chèque cadeau, sans doute ont elles tant l’habitude d’être déçues qu’elles préfèrent faire leurs emplettes elles-mêmes, ou se disent-elles que s’il faut y retourner que soit pour le plaisir et non pour la corvée des échanges le 27 décembre au matin. Une autre enquête récente (TNS-Sofres, Figaro-économie) du 4 décembre 2006 révèle que si en 2005, 15 % des internautes se disent prêts à échanger ou à revendre leurs cadeaux reçus en  double ou qui ne leur plaisaient pas, ils sont maintenant environ 27 % à envisager cette possibilité.

41 % des  hommes jugeant les courses de noël comme une corvée harassante, elles figurent comme un passage obligé, rite introductif à la fête de noël.
Offrir un cadeau est à 71 % considéré comme un plaisir. Une tradition pour une personne sur deux, et une obligation  ou une contrainte sociale pour 9 % d’entre eux.  Selon la même étude,  une personne offre un cadeau à 8 personnes en moyenne, qui sont à 48 % des proches allant de 6 à 10 personnes et 25 % à 4 à 5 personnes.  Avec 11 cadeaux sous le sapin en moyenne. Un cinquième des recettes annuelles des magasins de jouets, (la statistique est canadienne) d’articles de loisirs et de jeux était engendré au moyen de décembre. Il en va de même pour les magasins de CD et DVD. (Le quotidien, Québec, 7 décembre 2005). A l’occasion des fêtes, selon un sondage BBC, 89 % des enfants étaient excités par cette fête, 63 % des enfants économisaient pour cette occasion et pour offrir des cadeaux à leurs proches, 16 % des enfants offrent un cadeau à leur maman, 7 % à leur papa, 29 % pensent que Noël consiste d’abord à penser aux autres, et 24 % qu’il s’agit à cette occasion plus de donner que de recevoir. (DNA 25/12/2006). Tout en sachant qu’offrir, c’est déjà dire beaucoup sur soi, une projection de la personne, de l’autre, de ses besoins estimés ou réels, on peut ainsi aussi bien se tromper que réussir cette projection. La seule solution est l’amour dans ses choix pour que le cadeau plaise aussi bien à l’offrant qu’à l’heureux (ou non) récipiendaire.

Les cadeaux de jadis…
Avec l’ensemble de ces chiffres, on semble loin du cadeau fruité ou sucré telle la Mandarine
 
« devant la cheminée, ils mirent ce soir-là leurs souliers (…) ». Mais que les enfants soient de plus en plus exigeants à l’égard de leurs cadeaux ne relève pas de ce siècle, déjà en 1862, Th. Klein écrivait dans un « Samstagsblatt » qu’il regrettait les « gemalten Soldaten » fabriqués  durant toute l’année écoulée par des artisans locaux (et non des magasins de l’Intérieur commercialisant leurs articles « aux prix fixes »)  commercialisés sur les stands du marché de l’enfant Jésus de Strasbourg. Le Dr L. Pfleger, en 1931 dans « Elsässische Weihnacht »  évoque les enfants exigeants un « Mecano » pour concevoir avions et machines.

Aujourd’hui, Un quart des internautes interrogés des plus de 50 ans ne font jamais de cadeaux à leurs propres enfants. Sur les largesses, on signale que pour les frères et sœurs l’on dépense le moins possible (19 %) leurs amis (18 %) ou leur belle famille. Le cadeau moyen est situé entre 30 et 49 euros à multiplier par le nombre de récipiendaires.
Les cadeaux furent jadis modestes (fruits, gâteaux) ou très pratiques, tel témoignage le confirme (S.V.) « peut-être notre père fabriquait-il un traîneau ou un cerf-volant pour mon frère, peut-être ma mère habillait une poupée à la dernière mode. Comme tous les ans à pareille époque, mon jupon de laine disparaissait : ma grand-mère y rajoutait en grand secret quelques rangs de laine colorée. Ainsi mon jupon grandissait avec mois d’année en an-née ».
Le rituel des cadeaux, la surconsomma-tion, la solitude des uns et la surfête des autres,  rend la fête « paradoxale » comme le souligne l’ethnologue Martyne Perrot.  

F.S.
3. p 246, Inventaire des fêtes de France, d’hier et d’aujourd’hui, Nadine Crétin, Larousse.

EXTRAITS NOUS RACONTANT  LA FÊTE DE SAINT NICOLAS :  (Ce sont des citations)
Cadeau du ciel :
“Le 5 décembre au soir planait sur le village un mystère un peu guilleret, un peu inquiétant aussi, concrétisé par des sonnettes agitées devant les maisons à l’intérieur desquelles l’attente était fébrile, quelque peu anxieuse : saint Nicolas avait ses entrées dans chaque demeure (...) Le Père Fouettard restait donc délibérément hors de chez nous. Je n’en tremblais pas moins. Quand la sonnette se faisait entendre à notre porte, mon coeur sautait dans ma poitrine, je me réfugiais tout contre maman qui disait sur un ton mi-suave, mi –solennel “Entrez, bon saint Nicolas”. (...) Lentement, il posait sur la table un saint Nicolas en pain d’épice –son portrait-, des noix et une orange. (...) Je donnais des noix à mon frère, qui m’épluchait l’orange. Il n’y en avait qu’une dans l’année : les mandarines marquaient Noël. Nous humions la senteur spécifique à cette soirée. (C’est toujours la Saint-Nicolas pour moi lorsque je mange une orange...) . Généreuesement, je distribuais des quartiers que chacun dégustait avec gravité. Puis je m’attaquais au pain d’épice. Dès le lendemain, on parlait de Noël”.  Elisa Rossignol, “Une enfance en Alsace”1907-1918, Editions Sand 1990
“La chaleur des Noëls d’antan” Rosalie Firholz  (p 81, Editions de l’Est, une enfance à la ferme) raconte que la famille était trop pauvre pour avoir une crèche. “Sur un tabouret reposait un poupon fait de chiffons. Le Christkindel nous invitait à nous agenouiller pour l’adorer : “Venite, vente adoremus.” Avant de partir, il donnait  une caresse à chacun de nous. Pensez donc ! Une caresse du Christ-kindel valait pour nous les plus beaux jouets. “ !!

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Publié le 6 Décembre 2007

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Calendrier de l’Avent :




 Que de chemin parcouru entre les 24 traits tracés  à la craie dans l’armoire à jouets des enfants du XIX ème siècle, selon un auteur, et la boîte aux 24 fenêtres qui s’ouvre sur une friandise quotidienne, plus ou moins luxueuse selon les pâtissiers. On est loin aussi de l’idée originale en voyant des calendriers qui contiennent 24 bières différentes, une par jour, ou plus récemment une boîte avec 24 sortes d’infusion et de tisanes à déguster pour le temps de l’avent. Chaque sachet étant daté du jour du mois de l’avent.
On s’éloigne de l’invention généralement attribuée à un fils de pasteur allemand (de Maultbronn en Souabe) dont la mère avait confectionné un calendrier avec des gâteaux collés sur un carton afin de faire patienter sa progéniture. Devenu adulte, il en modernisa le concept et l’appliqua à l’imprimerie ceci en 1908 dans sa version connue actuellement par le munichois Gerhard Lang (imprimeur R.L.M.) intitulée « Im Land des Christkindes » (dans le pays de l’enfant Jésus).  Mais une version sous forme d’horloge (avec chacun des jours symbolisant une heure de la montre) est attestée dès 1902 et provient de la ville de Hambourg (et non Munich) d’un éditeur évangélique Fr. Trümpler) soit donc 6 ans avant Lang.

Le premier à avoir eut l’idée de découper le temps de l’avent revient en fait à un peintre de Brugges, Petrus Christus (Pierre Christ) qui découpa les 24 jours de l’avent dans sa peinture au 15ème siècle, révèle Manfred Becker Huberti dans son dictionnaire des traditions (p.10).
Vinrent ensuite les idées des sachets de feutrine accrochés à  un tableau.
Le premier calendrier à feuillets et fenêtres remonterait à 1850, selon Paul Wernert (Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17). Tandis qu’un auteur y voit une source scandinave, sans source, ni justification.
En 1908, on en voit sans les fenêtres, mais avec des feuilles à décoller.
En 1920, 19 fenêtres du 6 décembre au 24 décembre.
En 1925, ce seront des livrets à lire et à parcourir chaque jour.
En 1933, il sera articulé à l’aide d’attaches parisiennes,  en 1935 la marque de café de Bremmen, Eduscho popularise l’idée en publiant un calendrier de l’avent circulaire.
La Seconde guerre mondiale arrête la créativité du fait des restrictions de papier, mais  le symbole sera récupéré par la propagande Nationale Socialiste en Allemagne et ses idéaux païens, Wotan, des signes runiques et la grande nuit de l’étoile claire pour achèvement.


La victoire venue, les calendriers adoptent également des formules profanes, gustatives sont nombreuses sont un moyen de faire patienter petits et grands avant la grande fête de l’année, apparaissent des calendriers pour diabétiques pour commémorer certains évènements (31 cases pour le passage  à l’an 2000) ou célébrer l’année Mozart (2006). Un grand magasin spécialisé dans la culture a soulevé la polémique en décembre 2006 en commercialisant un calendrier de l’avent, avec 24 préservatifs, pas du meilleur goût, il l’a d’ailleurs retiré.

Le calendrier de l’avent ne se cantonne pas à la dimension de boîte en carton plus ou moins garnie, la ville de Gengenbach (Près d’Offenbourg, Bade-Wurtenberg) illumine chaque soir à 18 h 00, le plus grand des calendriers du Monde,  une des fenêtres de l’hôtel de ville construit par Victor Kretz. S’affiche alors une œuvre de Marc Chagall, de Paris, du cirque ou de la littérature selon le thème annuel. En décembre 2006, c’est l’Alsacien Tomi Ungerer qui est à l’honneur dans ce calendrier. (Du 30 novembre au 7 janvier 2007). Illustrant les fenêtres de cette demeure par 24 extraits de son livre « Liederbuch, Das GroBe Liederbuch » Ce livre est disponible auprès de Diogenes Verlag. Il a été vu par 60 000 visiteurs en 2005, soit bien plus que son tirage.



Le calendrier outre d’apprendre la patience et de montrer au final, le chemin parcouru, doit selon le Psaume 90,12 « enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ».
 

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Publié le 6 Décembre 2007

IMG-0617.JPGEtoile  (des rois mages, dite « étoile du berger ») : Décoration typique du sommet du sapin de noël (voir décoration de l'arbre de noël ou Christbaum).

 La traduction de « Etoile » peut donner « Astre », « étoile » ou « phénomène astronomique ».
Ce n’est pourtant pas l’étoile du berger qui a guidé les rois contrairement au tube yéyé. S’ils ont suivi une étoile, comme le précise l’évangéliste (Mathieu 2) qui se serait arrêté au-dessus de la maison. On peut donc penser qu’hébergé dans une étable ou une grotte (voir ce mot) ils trouvèrent ensuite refuge dans une maison de Bethléem. Ou encore comme une tradition le signale au IIème siècle, (Protévangile de Jacques, livre apocryphe de l’époque),  les Mages ne survinrent que deux années après la naissance de Jésus. (Ce  qui expliquerait le massacre très large d’Hérode des petits- enfants (jusqu’à 2 ans)  lorsque les Mages ne revinrent pas l’informer du lieu où était né l’enfant). Ce qui ne change rien à la visite des Mages.
« Où est le roi des juifs (…) car nous avons vu son étoile au Levant et nous sommes venus nous prosterner ». (2 Matthieu)  
Les mages étaient sans doute astrologues-astronomes, venus d’Orient (l’expression est anatolai ou anatolé), selon le Dictionnaire de la Bible André-Marie Girard, éditions Bouquins,   érudits, païens,qui « conservaif(aient)  un grand prestige dans le sillage spirituel de Zarathoustra ». (p.830)
Les théories quant aux planètes, dans la période où l’on estime la naissance de Jésus (Bède le vénérable ayant –avec ses moyens- était chargé de dater l’an 0 de notre ère, c’est-à-dire l’année de naissance de Jésus) entre –12 et  + 4 après Jésus-Christ,  sont au nombre de 7 :
- La comète de Halley, visible de la terre tous les 76 ans et provoque un spectacle lorsqu’elle s’approche de la terre, elle passa en –12 avant Jésus-Christ, les chroniqueurs chinois et romains la signalent ; Ils en virent une comète à longue queue en –5 ceci 70 jours durant. Mais les ouvrages ne s’accordent pas en –12 , -4 et –3 avant Jésus-Christ nous signale Daniel-Rops dans « Jésus en son temps » (Arthème-Fayard, mise à jour 1947). Une autre comète car on estime leur trajet à plusieurs mois, aurait elle aussi été visible et leur donner une impression de trace. On se refère à la comète visible et arrêtée au-dessus de la ville de Paris en 1850,  dite Comète de Donati. (p 553  in « la nouvelle bible déchiffrée » Pat et David Alexander Lion Publishing, Ligue pour la lecture de la Bible, 2003).  On a également signalé une « nova » dans l’ »aigle » en 1918, à l’instar de celle de 1572 après la Saint-Barthélemy ou le 10 janvier 1910 celle de Halley à Jérusalem.
- Conjonction de Jupiter et Saturne en l’an –7 au-dessus de l’Orient, provoquant une lumière extraordinaire ; (cette théorie est refusée par le professeur Colin Humphreys, responsable du département des sciences de la matière à l’université de Cambridge, il signale d’ailleurs que le nouveau testament évoque un « objet unique « suspendu » au-dessus  de Bethléem)
- La triple conjonction Jupiter, Saturne et Mars en l’an –6 près de Jérusalem ;
-  Jupiter et Vénus en l’an –3 ;
- L’apparition d’une nova, (explosion d’étoiles) en l’an –5 ;
- Le clignotement d’Uranus, planète encore inconnue ;
- L’absence du ciel de l’étoile de Bethléem. Qui est bizarrement absente des tables astronomiques gravées sur les pièces de monnaie de l’époque, qui serait réapparue. Du 20 mars de l’an –6 au 17 avril de la même année, apparaissant cette fois en plan jour dans la constellation du Bélier. Les pièces de monnaie d’Antioche de l’an + 7 après JC on retrouve gravé d’un côté le Bélier tournant la tête vers une étoile, de l’autre le buste de Jupiter.
(Sur ces éléments : « le mystérieux éclat de l’étoile de Bethléem », Anne Alter et Philippe Testard-Vaillant in le Figaro du 24 décembre 1996 , Quotidien de Paris du 2.11.1991 pour la contestation du professeur Colin Humphreys)

Enfin, il est surprenant que l’on refuse au Créateur du monde visible et invisible, de déroger à la carte du Ciel.  Saint Fulgence le disait déjà « cette étoile n’avait jamais paru ; c’est l’Enfant-Dieu qui l’a créée et députée aux Mages ». Dieu  s’est ménagé un signe, la création d’une étoile. Dieu étant incarné, connaissant les hommes et le pouvoir qu’ils attachaient (attachent encore pour certains) aux astres, et ne puisse leur accorder un signe dans le Ciel. Jésus nous signale d’ailleurs l’obligation de lire dans la nature les signes des temps. Les mages babyloniens étaient très attentifs aux signes astronomiques car un nouveau signe aurait été interprété par eux comme l’annonce d’un nouveau déluge ou la fin du monde.
Le mot de la fin au sujet de cette étoile revient à Saint Léon qui écrit, « cette lumière stellaire, fut l’instrument d’une autre lumière plus vive, pour le cœur des Mages ».
Tandis que la recherche de l’étoile est forte de sens, selon Saint Augustin, « les Mages annoncent et interrogent ; ils croient et ils cherchent ; ils sont le symbole de ceux qui marchent à la lumière de la foi et désirent la vision ».  Et le texte biblique dit qu’ils se « réjouirent  vivement d’une grande joie » la formule semble lourde, lorsqu’ils la revirent. Sur quoi St Bernard peut dire « Celui-là se réjouit de joie, qui se réjouit à cause de Dieu qui est la vraie joie ».
 


 

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