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Publié le 11 Décembre 2008

La décoration du sapin de Noël domestique


Les lecteurs avertis de la lanterne savent que le sapin n’a pas toujours été posé, il fut un temps accroché aux poutres du plafond et tombant (Sundgau) remplaçant  les branches de jadis, mais pourriez-vous dater l’apparition de ses décorations ? Prenons donc ce sapin et redonnons-lui goût en ses origines.


En 1605 : ce sont des fils d’or, des roses en papier, pommes et oublies ornent le sapin. Un chroniqueur étranger de passage à Strasbourg le signale.  Fleurs étoiles et angelots sont confectionnés en Zischgold (feuille de métal doré et laminé).

1642 : de petites poupées le garnissent, des “sucreries” selon le pasteur protestant de la cathédrale de Strasbourg, Daniel Dannhauer (1654), il signale qu’on le secoue.

1671  des arbres dressés avec des bougies, dans le château de Heidelberg, selon Liselotte de Pfalz. (p.155 Weihnachtsbraüche in Bayern)



1755, à Berlin, des pommes de terre recouvertes de papier doré, des pommes de pins, des bijoux, des noix, sucreries et premières boules de verre.
Les étoiles de paille -souvent fabriquées au domicile reliées par un fil rouge sont la décoration du Sundgau (sous influence de l’Autriche) mais aussi en Bavière.  Elles symbolisent la paille premier logis du Christ dans la Crèche. La paille est importante dans d'autres pays, notamment en Suède au moment de Jul on s'offrait un bouc en paille que l'on passait de maison en maison. Le bouc peu à peu est devenu un renne en paille, il a ainsi pu s'exporter vers le centre de l'Europe. De plus le bouc n'a jamais eu tellement bonne presse dans les légendes du centre de l'Europe, le bouc étant généralement assimilé au diable (pieds fourchus).

1785 : sapin recouvert de Bougies, nous signale la Baronne d’Oberkirch. Elle en note 12, comme les douze apôtres et les douze nuits sacrées de Noël à l’épiphanie.

(le verre ne fut utilisé qu'une année de disette pour remplacer les fruits, par des ouvriers verriers, mais les enfants attendirent en vain que l'on secoue l'arbre afin d'en récolter les friandises. Les fruits étaient emballés dans du papier argenté ou doré, on y trouvait aussi suspendu les fameuses pommes "Christkindel"ou "pommes enfant Jésus" pommes d'un rouge éclatant une fois frottées avec un morceau de tissu, elles étaient très rouges avec une chair très blanche, comme les pommes d'amour actuelles. L'espèce, un temps en voie de disparition, réapparait peu à peu dans les vergers grâce aux sauvegardes effectuées).

1802 : on trouve des fruits suspendus...

1806 : de petits gâteaux de noël semblables à nos “bredele” sont accrochés sur des sapins à Karlsruhe.Ainsi qu’en Alsace, les bredele remplacent les oublies, ou des confiseries en mousse de sucre, en massepain ou en fondant, on y accroche des sujets en pain d’anis (springerlé, voir notre article), arrivent aussi les étoiles, bretzels, coeurs ou cavaliers.

1847  :  Ludwig Müller-Uri lance à Lauscha  (forêt de Lauscha, Thuringe, Allemagne).  
ses premières boules de noël, une année de pénurie, les souffleurs de verre avec des restes de verre soufflent pour leurs enfants des fruits en verre qu’ils ne peuvent s’offrir à l’état naturel. Le succès fut assez rapide, un grand succès constaté dès 1872.
 

les lamettes, fils d'argent ou d'or :




1843 : des cocardes et fruits sucrés ornent le sapin avec des jouets et autres ornements.  Au sol, le pied ou le socle du sapin est entouré d’une barrière, tel un jardinet. “Paradiesgärtlein” (Jardinet du paradis)

Notre photo : le pied de sapin est aussi important que le sapin lui-même, musical, rotatif, il permet de voir le sapin sous tous ses angles, ici le sapin recouvre ses racines avec son pied)






1857 : Une année de pénurie -disent les légendes- les fruits furent remplacés par des boules décoratives en verre soufflées apparaissent à Meisenthal-Goetzenbruck (1857-1964). Dès 1866 elles sont argentées (solution à base de chlorure d’argent).  Plus solides que celles de Lauscha et argentées.  



1880 : Dans la seconde moitié du XIXème siècle apparaissent les images dorées ou en relief. On a habillé les “bredele”, les pains d’épices furent ornés de sucre et d’images imprimées en chromo.
Les lamettes et les guirlandes font leur apparition moderne.  Apparaissent des figurines de cire (seconde moitié du XIXème siècle) des anges habillés de feuilles de métal doré et argenté.
1901 : les premières guirlandes électriques apparaissent aux Etats-Unis, la première de 26 lumières, coute 12 dollars, en 1918 elle ne coûtera plus que 6 $

1920 :  La fabrication de boules de noël passe à 80 000 pièces à Goetzenbruck. Elle atteindra 200 000 pièces en 1950. La production chute puis disparait dans sa version non artisanale en 1964.

1998 : redémarrage des boules de Meisenthal (le CIAV) selon le procédé de Goetzenbruck, seule l’attache est différente, elle est incluse dans le verre.
 
2007 : les premières “bougies” électriques sans aucun fil et commandées à distance par une station et une télécommande sont commercialisées.

(photo : marché de noël de Strasbourg, 2008)






Alors résumons à sa pointe, une étoile, un ange ?  ou ceci comme jadis (exposition temporaire, Mairie de Stuttgart, décembre 2008)




ou encore une pointe réalisée à partir d'une boule de noël :




ou remettons au goût du jour de telles images collées sur des "auras" :



Sans oublier les boules de noël, celles-ci sont soufflées à la bouche et dessinées à la main elles proviennent de Thuringe : (marché de noël de Stuttgart, décembre 2008)




Et maintenant à vos sapins... n'oubliez pas d'y déposer au sol une crèche... Le sapin part du sol de la crèche pour indiquer avec sa flèche le ciel.
Crèche : quand Dieu se cherche une demeure...
Crèches en bois sculpté...
Pour en savoir plus sur le sapin lui-même : L'origine du sapin de Noël 1521 Sélestat

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 11 Décembre 2008

Si l'on sait qu'il est originaire de Sélestat (Bas-Rhin) peu savent que l'Alsace l'a exporté dans le monde entier, sans en toucher les droits d'auteur !!


(sur cette ancienne gravure, derrière le Christkindel, brûle un sapin)


Christboim (arbre du Christ) (Winachtsboim Arbre de Noël, même si le mot WIhnachte évoque plus les douze nuits de l'hiver)
usage répandu depuis le XIII ème siècle puisque des édits autorisent le couper des branches ou des arbres à l’approche des nuits saintes. Le premier texte y faisant clairement référence date de 1521 à Sélestat (le canton est devenu par les grâces d’un publicitaire « le pays du sapin »). Car dès le XIV ème siècle l’on doit surveiller les forêts pendant 9 nuits afin d’éviter la coupe sauvage d’arbres.
L’humaniste Johann Konrad Dannhauer 1642-1646).qui s’élève contre cette pratique écrit dans son « cathechismus-Milch » : « Pour noël, il est d’usage à Strasbourg d’élever des sapins dans les maisons, on y attache des roses en paier, des pommes, du sucre ».
Accroché au plafond dans le Sundgau, puis posé au sol, l’arbre se verra décoré de fruits, d’hosties colorées non consacrées, de rubans... puis de fruits noisettes, noix emballées dans du papier doré, puis plus tard de gâteaux de noël et de pains d’épices. Les bougies étaient connues en 1785 date à laquelle la Baronne d’Oberkirch écrit que dans chaque maison, on prépare le “Tannen” sapin recouvert de bougies, bonbons...


Une des bases religieuses du sapin serait la citation dans le livre de Barus « sur l’ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage, car Dieu conduira Israël, dans la joie à la lumière de sa gloire » (Bar 5, 8-9, 2ème dimanche de l’avent, année C).
Les origines du sapin : Si de 1521 datent les premières traces écrites du sapin, on en trouve d’autres dès 1184, ou encore en l’an 1000 et 1025.



Même si d’autres sources soulignent ces pratiques dès 1184 ou encore 1000 et 1025 un décret de l’évêque de Worms qui attribue à un “pape” Martialis (inexistant) en réalité l’évêque Martialis de Limoges qui édictait un interdit de décoration des demeures avec de la verdure .  Les interdits se retrouvent en 1184 à Munster, en 1525 à Salzbourg.
Ce qui tend à prouver que cet usage existait et semblait répandu.
Si Boniface au VIIIème siècle aurait ainsi coupé un arbre sacré germanique et l’aurait transformé dans la ville de Geismar en arbre de noël.  Comme référence païenne on peut aussi témoigner que le couvent de Lehnin près de Brandebourg avait été construit sur un ancien site germanique, l’on a même conservé au pied de l’autel, la souche de l’arbre.  Peut-on faire un lien avec le culte gaulois attribué à Gargan, le dieu gaulois,  il laissait en signe de permanence de la vie un arbre toujours vert.
Les hautes cathédrales évoquent d’ailleurs les forêts, le chœur de l’église rappelle la clairière.
Sébastien Brant, l’auteur de la nef des fous » évoque déjà le culte de l’arbre, « Celui qui n’offre rien de nouveau, ne chante pas la nouvelle et ne met pas de rameaux de sapin vert  dans sa maison croit qu’il ne survivra pas à la nouvelle année. » On voit ici l’usage confirmé de décorer la maison avec du sapin. 




Sapin de Noël de la place Kléber, décembre 2008




« En Alsace, il n’y a pas de famille, si pauvre qu’elle soit, qui n’ait son arbre de Noël. Quand un Alsacien émigre, il emporte la coutume héréditaire avec ses pénates. On l’a retrouvée dans les placers boueux de Californie, dans les sables du Sahara, dans les tranchées de Sébastopol, si bien qu’on a pu dire : « Là où est une famille alsacienne, là est un arbre de noël ». (Etienne Seinguerlet, dans son Histoire de Strasbourg, 1876) (Sous les images, Noël, Martyne Perrot, Seuil, Paris, 2002)
Début du XIX il entre dans les pays du Nord au moyen de l’aristocratie protestante.
1820 il est en Angleterre, à Manchester en 1820 grâce à la communauté des marchands germaniques
1840 Hélène de Mecklenbourg en fait planter un au jardin des Tuileries.
1870 la coutume se développe au delà de la région Alsace.
Après la guerre, l’association Alsace-Lorraine organise des « abres de Noël » donc des distributions de cadeaux ou de nourriture pour les enfants.
1882 Un arbre de Noël est signalé sur la place du Chatelet.
1890 le sapin entre à la Maison Blanche
1940, il entre à l’école et se propage rapidement en France. Au Sud de l’Europe, pays plus catholiques, la tradition assimilée au protestantisme sera reçue avec plus de réticences et plus tard, ces mêmes pays privilégièrent la crèche et développèrent cette tradition. (Espagne, Portugal, Italie).




Sapin de la place Kléber de Strasbourg, décembre 2008



Toutes les photos sont de l'auteur.  
 

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 10 Décembre 2008


(Conte de noël INEDIT par l'auteur de ce blog, tout ce texte est inspiré de cette célèbre gravure, du sentiment de chacun des personnages présents sur cette image. Plus bas vous y trouverez la partie droite de l'image)



CONTE DE NOEL ALSACIEN

(Gravure extraite d'un journal d'époque, "Le journal illustré"  propriété de l'auteur datant de 1875, la veille de Noël en Alsace, Christkindel et Hans Trapp venant demander si les enfants ont été sages, dessin de M.T. Schuler, détail, plus bas la deuxième partie de cette grande gravure).




Ils semblent glacés d'effroi tous mes cousins, frères et soeurs réfugiés au fond de la pièce, mais me voilà, la  seule vaillante en première ligne. Mais à coeur vaillant rien d'impossible, je me tiens debout, bien que tremblante sur mes jambes, c'est vrai qu'il n'y avait plus de place vraiment protégée à l'arrière. Comme un soldat de plomb manquant d'assise. On m’avait envoyé chercher une cruche de vin dans la cuisine.  Quelle idée !  Quel drôle de moment d’ailleurs, et me voilà bras croisé derrière le dos face à l'inconnu, au magique, face au bien et au mal ! 
 J’en ai oublié mon voeu, un voeu répété à toute la famille,  j'avais tellement envie cette année de voir le Christkindel de près, de très près. J'ai compté les nuits nous séparant de cette rencontre. Elle était tellement belle, cette fée dont je rêve toutes les nuits depuis le début de ce mois de décembre que je veux voir maintenant.

Et la voilà qu'Elle entre, belle majestueuse, ses bougies enflammées posées en couronne sur la tête, vêtue d'une tulle blanche qui lui couvre le visage, de neigeux gants habillent  ses mains,  on ne voit pas ses pieds, elle semble glisser sur le sol.  Une  fine clochette s'était fait entendre au loin, maintenant elle tinte toute proche, presque qu'irréelle.
Pour rien au monde ceux qui sont réfugiés derrière le poêle n'échangeraient leur place contre la mienne, fier soldat de la  première ligne montée au front. Moi qui affronte d'un côté la douceur, la beauté et ce qui derrière elle trouble toute l'assistance. Sans doute ceux qui ont été le moins sages ne voient que la noirceur et la rudesse du second personnage, la noirceur de leur cœur.

Personnage, personnage, c’est un monstre plutôt, vêtu d'une peau de bête, d'un drôle de bonnet faisant des bruits de chaînes, il est plus agile qu'il n'y parait ce grand bonhomme, à l'allure troublante. Que traîne-t-il donc qui fait tant de bruit, des chaînes ? Pourquoi traîne-t-il les pieds et tappe-t-il aussi bruyamment ?  (Er trappt) Il veut absolument se faire remarquer. D’ailleurs personne ne le domestique… Il s’agite crie et demande « qui n’a pas été sage ? » Maman lui désigne le pauvre Johann, qui bloqué contre le mur ne sait où fuir...

Ce ne sont pas ses pieds qui font tant de bruit, c'est son sac, un sac immense d’où  semble s’échapper quelques cris, le sac remue, il y a bien quelqu’un à l’intérieur… il vante de pouvoir encore y emporter quelques uns de ma parenté, moins sage que moi.

Au fait, suis-je aussi nette qu'il n'y paraît, est-il au courant de mes disputes ? De la friandise que j'ai chapardé tantôt, de mes prières simplement susurrées et de mon Betholtz (bois marqué des prières récitées) que nous avons un peu rapidement gravé avec mes frères histoire d'être un peu plus présentable pour le grand soir...) D'un seul coup je suis submergée par le doute ? Et si c'était moi que le second personnage venait emmener ? Hans Trapp, quelle affreuse bête…Christkindel protège moi, Fée de noël couvre-moi de ta lumière.

D'ailleurs les parents ont également très peurs, ils peuvent nous protéger comme contre la foudre le vent ou la neige ??  Ils nous ont dit que le Chevalier Jean de Dratt (Hans von Dratt ou von Drodt +1503 ; châteaux de Grafendahn, de Bertwarstein et de Dahn dans le Wasgau)  a été excommunié par le pape de son château du Berbelstein, qu’il est sanguinaire et sans scrupule, qu’il interdit à ses pauvres de ramasser du bois dans ses forêts, malgré l’hiver rigoureux que nous connaissons, qu'il chasse et détruit les récoltes avec ses hommes sans se préoccuper des cultures. Si même les parents ont peur de lui, quel horrible seigneur, il est. 

Ce n'est pas le moment de douter, car je veux voir notre Christkindel, m’imprégner de tous ces traits délicats et en ce soir de noël accomplir mon voeu. Déjà de sa douce voix, elle nous adresse quelques mots derrière sa voilette blanche, je n’oublierai jamais sa voix cristalline  :  "D'Wihnachte soll eier Herz mit Sternestaub un Glüeck versilwere". Que Noël illumine votre coeur de poussières d'étoiles et de bonheur. En réponse,  elle nous demande de chanter un Noël, Alle Jahre wieder, kommt der Christus Kind... semble jaillir de nulle part, tellement émus et apeurés que des fausses notes sont compensées par les voix parentales, histoire de ne pas couvrir de honte l'auditoire.Toute la proche famille étant réunie dans la Stubbe en ce soir de fête.

De sa baguette elle touche chacun des enfants et lance une pluie de bonbons et de friandises noisettes, amandes... venues de nulle part qui magiquement tombent au sol, le sol de la stubbe fertilisé de fruits de la forêt.  Mais pétrifiés aucun de nous n'ose ramasser.
Elle tend le bras pour toucher Johann, mais le Hans Trapp la repousse, il veut l'emporter, le gamin le plus mal élevé celui qu’il désire emporter au château avec lui, c’est Johann. Celui-ci crie de plus belle se réfugie derrière ce qu'il peut,quitte à tout renverser sur son passage, il cherche une jambe solide, un pied de chaise, il hurle... non je ne veux pas. Il ne veut ni des coups, ni être emporté dans la nuit froide.
Le Christkindel s'interpose. C'est en grognant, et maudissant, sans renoncer à son bambin, que le  Hans Trapp de sa lourde voix tonitruante  lui signale qu'il reviendra... bien avant la St Nicolas si rien ne s'améliore.
On peut dire que Johann a eu chaud et nous avec. Johann reste derrière et ne sortira pour rien au monde de son modeste et inconfortable refuge.

D'un éclair, après les vœux,  ils disparaissent comme ils étaient apparus, un âne les attend derrière la porte, ils vont plus loin, laissant là, les friandises, les bougies dont doucement les flammes redeviennent calmes et posées. On entend encore la clochette qui tinte.  Au retour de la messe, on va secouer l'arbre de noël et chacun de nous se précipitera pour recueillir les fruits, gâteaux, pains d'épices, oublies, springerle (gâteaux d'anis) accrochés dans les branches.

L'air embaume le sapin, la cire, le crépitement très spécial d'aiguilles d'épicéa qui brûle, l'heure d'aller à la messe de minuit se rapproche, aucun ne la manquerait mais avant il faut accomplir quelques rites, mettre une double bûche dans l'âtre bénie avec de l'eau de vie par l'ancêtre de la maison, donner une double portion aux animaux, qui cette nuit auront le privilège se parler et de prier le créateur venu sur la terre.

Aucun de nous ne s'abstiendrait d'aller à la Mette (Messe de minuit) car elle protège pour l'année entière, la promenade vers l'église, enmitouflés à la lumière des lanternes et des flambeaux est le moment le plus délicieux de l'année.  Les bottes les plus chaudes couvrent d'épaisses chaussettes de laine tricotées par Mama. Et même si comme l'an passé sur les bancs je m'assoupis un peu, en admirant la crèche, le petit Jésus et le Negerla * (qui recueillera pour les missions mon pièce d'offrande) je serai bien réveillée par le chemin du retour par le froid glacial qui heurtera mes joues. Au retour une soupe de cerises fera le reste, elle  nous attendra et quelques petits gâteaux de noël. 


(Deuxième image ancienne trouvée dans un livre de 1931, J Lefftlz et A.Pfleger, Elsässiche Weihnacht, Alsatia, livre rare de 1931, Guebwiller, en allemand)




Mais déjà la cloche  de l'église appelle le peuple de Dieu à célébrer son Rédempteur,  sans se lasser elle nous signale la messe  toute proche pour la seconde fois, couvrons nous, mettons nous en route, l'heure avance, l'église sera remplie de monde mais bien bien froide en ce milieu d'une des plus longues nuits de l'année et nous chanterons tous ensemble avec les anges du Ciel et le Christkindel "Gloria" (Gloire à Dieu aux plus haut des cieux). Car ce soir, je suis l'une des plus heureuse petite fille de la terre, j'ai vu de très près le magnifique Christkindel et jamais je n'oublierai cette délicieuse présence dans notre stubbe au pied du sapin illuminé.


(Franck Schwab décembre 2008)
* petit santon noir recueillant les offrandes pour les missions, par un mécanisme spécial il incline la tête dès qu'on lui donne quelques pièces.


Et puis à Osthouse, sentiers de Noël, (voir notre article marchés de noël)

 une version contemporaine du Christkindel, sans les bougies enflammées de la Ste Lucie suédoise (les Suédois ont envahis l'Alsace et laissés quelques traditions au XVIIème siècle)




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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 7 Décembre 2008

Le PB 55 le premier dessiné par Richard Steiff, PB pour Plusch Bär (Peluche Ours)
photo prise au musée "Die Welt von Steiff", l'ours est ici mécaniquement articulé pour nous compter dans l'atelier l'histoire des ours. On voit sur la photo : Richard Steiff, l'atelier (photo du haut).




(Quelques milliers d'ours plus tard, on continue la fabrication des ours en mohair, à la main, en Allemagne, rempli de paille, lors du Sommer Festival de Steiff 2008, la manufacture se situe à Giengen an der Brenz  près d'Ulm, proche de la Bavière)


L’ours en peluche : basiquement nommé en France « nounours » et quelque peu dévalorisé, l’ours en mohair et en paille est un descendant des poupées déjà connues chez les Egyptiens. Les poupées grecques datent du VIII e siècle, elles ont  des corps en forme de cloche dit « daidala ».
 L’ours, était un rare objet mixte de la caisse à jouets des enfants. Issue d’une chasse (1902 ) du président Théodore Roosevelt (né en 1858) avec un ours lâché quelques instants afin qu’il ne puisse l’abattre. Une caricature faite par Clifford Berryman pour le Washington Post, immortalisa la scène, un fabricant  allemand (Steiff) et pour la version américaine de l’histoire Morris Michtom, se lança dans la création de l’animal en mohair et paille.  Le dictateur communiste pratiquait toujours cette technique de chasse peu avant la chute du régime, il faisait choisir une bête et la faisait lâcher juste avant son arrivée.



(devant le musée Steiff, on célèbre ceux (l'éléphant et l'ours) qui ont donné une certaine prospérité à la ville.)


C’est le début du Teddy Bear (l’ours de Teddy (Théodore) Roosevelt) selon les dessins que fit de Richard Steiff au zoo de Stuttgart.  Nous sommes en 1902 et l’aventure de l’ours commence.  En 1907 c’est déjà un raz-de-marée. Au début très animal, avec sa bosse, ses dents, ses griffes, puis il adoucira ses traits et deviendra le doudou préféré des petits. Les guerres et l’embargo des produits allemands poussera d’autres pays à se lancer dans les ours. Actuellement Steiff (Giengen an der Brenz) perpétue avec quelques autres entreprises ce travail manuel (Hermann Spielwaren Coburg, Hermann à Hirschaid, Clemens dans le Bade-Wurtenberg, Deans le dernier fabricant en Angleterre) tout en respectant ses matières, ses salariés. Devenus objets de collection, pire de placement  ou de spéculation (bien en-dehors des yeux ravis ou cajoleurs)  les ours du début du siècle dernier atteignent des sommes astronomiques, ils demeurent des cadeaux (pour collectionneurs) argentés.



Un ours vous accueille dans le lieu d'attraction à Giengen à proximité de la manufacture Steiff.


Pour voir le site  de Steiff : www.steiff.delink

En dehors de Steiff subsistent quelques fabricants -européens- d'ours artisanaux. Il s'agit de la firme Hermann Spielwarenlink  qui rivalisent d'imagination pour créer des ours originaux "l'ours Obamma" et bien sûr l'ours Benoît XVI

et de la même famille d'origine :  Teddy Hermann   link,

Grisly  link

mais aussi la firme Schildkrot.
En Grande-Bretagne "Deans"  link
En Nouvelle-Zélande Robin Rives : link

C'est pour le bonheur des yeux, pas pour celui du porte-monnaie. Le seul risque est de devenir arctophile (collectionneur d'ours, c'est aussi une maladie coûteuse mais pas honteuse !)

pour en savoir plus sur les ours français moins connus, marques souvent disparues sauf Blanchet,  visitez le site : link



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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 7 Décembre 2008

Jeux, Jouets :


Jouets : Le jouet manufacturé a été longtemps réservé, jusqu’aux trente glorieuses, aux familles aisées. Des manufactures de poupées, d’ours en peluche existaient bien,  mais seules les familles bourgeoises pouvaient acquérir leurs créations. L’industrialisation de la production, la réduction de la taille des familles et l’augmentation du pouvoir d’achat allait développer le marché du jouet à partir des années 50.
(noël avec un cadeau, postée le 18 janvier 1917, coll. F.S.)
Particularité alsacienne, c’est en Alsace dans  L’Horus deliciarum (l’encyclopédie alsacienne « le jardin des délices » d’Herrade de Landsberg ou de Hohenbourg) que l’on nous montre au XIIème siècle la plus ancienne représentation d’un jouet, d’une part, mais aussi d’une séance de marionnettes et de chevalerie. Des jeunes y possédaient un jouet déjà complexe. Deux enfants, séparés par une table, tenaient de chaque main l'extrémité de deux cordes soutenant deux marionnettes représentant des chevaliers armés de pied en cap, voilà pourquoi l’image est assez souvent vue.  (Voir l’ouvrage sur l’Hortus deliciarum, de Jean-Claude Wey, paru chez les petites vagues éditions,  à Labroque (67130) 35 euros, 2004).  Mais en dehors de cette première représentation, les premiers jouets remontent à la période Egyptienne. Un noble appelé Mererouka, qui a vécu vers 2 300 ans avant notre ère, a évoqué ces jeux sur les parois de sa tombe. Il semble que les enfants de la Grèce et de la Rome Antique se voyaient également offrir des jouets. Quant aux civilisations d’Amérique du Sud, la découverte de ce qui semble être des jouets remet par la même occasion en cause l’invention de la roue dans cette partie du monde. Il semble car de nombreux petits objets que l’on croyait être des jouets sont souvent des objets rituels. Petites statuettes (protectrices) des dieux retrouvées dans les pyramides par exemple. On peut situer les toupies les plus anciennes dans la première dynastie (env. 3000 av. J.-C.). Ainsi à  Leiden, explique, M. Marc Wellens - Co-directeur du Speelgoedmuseum B-2800 Mechelen  en   Belgique  , le ‘Museum voor Oudheden’ possède une statuette en bois représentant une meunière de grain datant du deuxième millénaire avant note ère. En tirant sur une ficelle, on actionne la statuette: la femme frotte deux pierres l'une contre l'autre. On moulait réellement le grain de cette manière. Il s'agit incontestablement d'un jouet
Le jouet est longtemps demeuré artisanal, voir même familial.  A en croire J.L Beaucarnot   décrivant une famille paysanne, il signale que le petit paysan reste immobile une année entière, suspendu en hauteur et comme jouet « un hochet fait d’une mie de pain séchée dans une coquille de noix ». Sur l’histoire des jouets, on peut visiter le musée du jouet de Colmar pour s’en convaincre. Poupées de chiffon confectionnées par la mère, ou habillées par elle, luges, patinettes, petits jouets en bois, grange, garage, selon les capacités des parents.  Jouets faits de bois dont les artisans de l’Erzgebirge sont devenus les spécialistes, puis jouets mécaniques en fer blanc là aussi le musée du jouet de Colmar conserve de précieux exemplaires.  Les billes de verres auront égayé les maisons des moins pauvres au XIXème siècle. Au XVII ème siècle, il y avait bien évidemment grelots, hochets, crécelles, toupies, balles, tambour et jouets éveillant le garçon à la guerre, la fille aux tâches domestiques filer, ranger.  On jouait bien plus avec les circonstances et les évènements du quotidien, chiens, chats, pluie, vent, feuilles et fruits pourris constituent des éléments du quotidien qui éveillent les sens et les envies de jouer.  La notion d’enfant n’est découverte qu’au XIX ème siècle (Jean-Noël Luc) l’enfant n’était qu’un adulte et une personne en devenir  Pour s’en convaincre à étudier les catalogues et les publicités des magasins des années 50, même les vêtements pour enfants n’étaient que les répliques miniatures des vêtements d’adultes. Alors qu’actuellement ce sont les vêtements jeunes qui sont déclinés en « grandes » tailles. Maman s’habille comme sa fille et non l’inverse. Mai 1968 et la crise de la société des années 60 a ainsi commencé à renverser cet état de choses. La négation de la mort et de son précédent « la vieillesse » firent le reste.  Les culottes courtes  portées toute l’année, avant d’être adulte, ne cessèrent d’avoir court vers la fin des années 50.
Du point de vue du jeu dit de société, les repères sont différents : Le ‘mehen’ ou le jeu de serpent égyptien est connu comme étant le jeu de société le plus ancien au monde. Il semble être une combinaison du jeu de l'oie et du jeu ‘Ne t’en fais pas!’. On le jouait déjà avant les premières dynasties et durant l'Ancien Empire (3200 - 2250 av. J.-C.). Le jeu a la forme d'un serpent enroulé (la forme en spirale typique, que nous retrouvons dans le jeu de l'oie), explique le conservateur du musée déjà cité.
Le chercheur, déjà cité, signale aussi que le « Le jeu royal d'Ur » date d'environ. 2500 av. J.-C. On le retrouva dans les années 20, lors des fouilles de Sir Leonard Woolley dans un site où furent enterrés les Sumériens de la plus haute classe. C'était une variante de notre jeu contemporain: le trictrac.
Du côté romain, les tombes d’enfants permettent de trouver des vestiges de jouets anciens, Le hochet, la poupée, la toupie, la balançoire, jouer aux osselets et à cache-cache n'en sont que quelques exemples.  De nombreux matériaux sont originaires des villes de garnison situées aux frontières du royaume, telles que Cologne et Trèves, déjà la passion du jouet qui se retrouvera à Nuremberg.  Rappelons le fait que la tunique du Christ fut tirée au sort (sans doute jouée aux dés) afin de ne pas la déchirer.

Le musée du jouet de Colmar, rassemble une collection de près de deux mille jouets, trains, poupées, automates, ours, voitures… du XIXème siècle à nos jours qui ont appartenus à Georges TRINCOT. Une exposition temporaire a montré jusqu’au 11 novembre les poupées dites mannequins et ‘actuelle concerne le cirque dans le jouet.

Ces objets sont coûteux, même neufs, le jouet implique des moyens financiers. Les prospectus de jouets envahissent les boîtes aux lettres dès le 15 octobre affichant des produits de plus en plus coûteux et techniques dont certains peuvent friser les 150 euros. Cette envolée des prix est confirmée par une étude récente révèle que les jouets dits traditionnels touchent un public de plus en plus restreint en âge. Au-delà de 8 ans, les enfants se « numérisent » et attaquent le marché du MP3, baladeurs, jeux vidéos (pour les garçons) puis téléphones portables (surtout pour les filles).

 Les dépenses pour les jouets atteignent maintenant 190 euros en moyenne par enfant à chaque anniversaire de la nativité de Jésus. Même  si cette année 2007, le cabinet Deloitte prévoit une petite baisse due en partie à la hausse des produits alimentaires et du pétrole.  La hausse des dépenses est souvent une« Tentative maladroite » de parents absents ou divorcés pour se déculpabiliser, selon « psychologies  décembre 2002, Isabelle Taubes et Stéphanie Torre». Les enfants de famille divorcés, de ce point de vue au moins sont gagnants, ils bénéficient de deux noël, l’un chez papa, l’autre chez maman. Chacun y allant dans la surenchère en cadeaux et en activités. Oubliant que cadeau le plus désiré par l’enfant, qu’ils soient ensemble et heureux d’être ensemble. (voir aussi étrennes et cadeaux)

(voir aussi étrennes et cadeaux)











Cadeaux :
D’où vient la tradition d’offrir des cadeaux ?
Le fait d’offrir des présents à cette période remonterait aux Saturnales à l’époque ro-maine. (17/12, festivités durant une se-maine jusqu’au 25/12). Ils l’étaient en l’honneur de la déesse Strenia (d’où dérive le mot Etrennes), il s’agissait de petits objets de cuivre, d’argent ou d’or (pour un autre auteur des figurines votives de terre cuite) pour souhaiter la richesse. Il dériverait du latin « caput » qui signifie « tête », ou du latin « catella » ou « petite chaîne ».  Un autre auteur évoque les poignées de fruits secs, cadeaux de bon augure donnés aux en-fants. (« aguillanées »). Selon d’autres, le cadeau est considéré comme quelque chose de futile, réservé aux dames ( !) Au XVIIIe, on y perçoit le sens de quelque chose qui a entraîné « trop de frais ». Tel pour le paysan un repas donné en dehors de sa demeure.
La notion d’ « oublies » d’ « oblatten » les pain d’épices recouverts d’une couche fine d’hostie conservent dans leur passé la tradition germanique d’offrir des présents aux divinités de l’hiver. (Chasse sau-vage).Rappelons ensuite que la confection de pain d’épice était l’apanage des monastères.

Dans les origines on ne peut oublier les nombreuses quêtes d’enfants ou d’adolescents (appelées aussi par les fol-kloristes les tournées cérémonielles) qui elles avaient lieu au cours de l’année –au moment cruciaux des passages de l’année, solstice, et plus particulièrement durant le temps de l’avent, noël, nouvel an, puis carnaval. (Elles avaient à collecter des œufs, friandises ou matières premiè-res pour réaliser, des beignets aux formes et aux aspects éloquents.  Les quêtes d’œufs de pâques servaient à la réalisation d’ œufs décorés, symbole de résurrection et de vie, ou pâtisseries « les hamele » en biscuit).

Ces quêtes sont réalisées par des enfants, donc des « innocents ». Les derniers  seraient donc les véhicules « purs » d’un don, d’un sacrifice à une divinité. Ce sont des « Contre-dons » car en échange les familles donatrices sous-entendent (ou en attendent) une protection. Aucune famille ne pouvait –ou ne voulait- s’y soustraire.  Elles subsistent un peu dans  la démarche des Sternsinger (les enfants rois mages à l’étoile qui apportent la bonne nouvelle de la naissance de Jésus de maison en maison) et plus récemment dans les quêtes de Halloween (elles se développées depuis 1990 et se résorbent peu à peu). Dans ce dernier cas ce  sont des bonbons ou une malédiction, selon ce que scandent les enfants.   Les populations y étaient sensibles et ne préféraient pas dans un élan de générosité de leur pauvreté et de crainte d’attirer le mauvais œil en s’y soustrayant.  Ainsi l’offrande de lard, de noisettes, de fruits divers, de pommes et plus récemment de bonbons ou de menue monnaie seraient l’origine première de nos cadeaux de noël, une abondance qui contraste avec la rigueur de l’hiver, avec les esprits du froid et de la stérilité que les hommes tentent ainsi de déjouer et de renverser.

Aujourd’hui les cadeaux reçus ne sont plus considérés comme sacrés, comme jadis.  Même si l’oubli d’en faire est une « sacrée offense ». Symbole de la transi-tion des saisons, elle évoque davantage aujourd’hui la paix familiale (ou l’illusion d’une famille recomposée et reconstruite) tout en remémorant l’enfance de chacun. (Par définition idyllique, le temps gommant les imperfections, songeons à la made-leine de Proust).

 A la Réforme, le fait d’offrir des cadeaux non plus seulement aux défavorisés mais aussi aux enfants fut instituée. (la remise des cadeaux glisse du 6 décembre à Noël) L’offrande aux adultes date de la trans-formation de la fête de Noël en fête de la famille. On signale ce rite pour la première fois en 1860 dans une chronique de la reine Caroline de Bavière qui disait ainsi faire entrer le surnaturel dans le quotidien.  La date de remise des cadeaux a elle aussi varié, St Nicolas, Nouvel an (les étrennes), l’épiphanie (c’est toujours le cas en Espagne), puis se fixant définitivement à Noël (25 au matin, puis 24 au soir), selon les croyances, apogée du catholicisme, Réforme, Contre-Réforme et laïcisation de la fête de noël.

Devenue une fête très commerciale,  Noël doit réussir à faire culminer le Chiffre d’affaires. Cette fête décide du bilan an-nuel voire de la reconduite de l’activité l’année suivante.
Nous dépensions en moyenne, nous l’avons dit plus haut, près de 190 euros en moyenne pour chaque enfant, tous les ans, rien, que pour Noël   (Psychologies dé-cembre 2002) et 538 euros pour Noël en globalité .  Il y aura en moyenne 11 cadeaux disposés au pied du sapin pour une valeur de 550 euros et les enfants ne sont plus les seuls à recevoir car la majorité des cadeaux le sera pour les adultes. (De-loitte)   En cela ils sont parmi les moins dépensiers d’Europe, autant en valeur ab-solue qu’en proportion de leurs revenus 2 % de leur budget annuel. (Delloite, Nov.2006).  Après cette hausse verti-gineuse, la nouveauté réside dans la relative déflation des dépenses de noël 538 euros (selon cette source) en 2006, 550 en 2004, 580 en 2003, 820 en 2002. (Chiffres 2004,2003,2002: les identitai-res.com, décembre 2004)
Et si les Français dépensent moins que les années passées, ils consacrent une plus grande part en cadeaux et freinent celles liées aux repas et aux divertissements. 95 % des personnes déclarent avoir autant de plaisir à donner qu’à recevoir. (Etude Visa Genève, 23/11/2006).  L’enquête TNS-Sofres pour le groupe Casino (La Tribune) signale que 23 % des personnes interrogées ont l’intention d’offrir des livres, 20 % des CD ou des DVD. Une tendance que confirme l’étude du cabinet Deloitte qui signale que les cadeaux sont de plus en plus numériques : 50 % des adultes à Noël recevront un CD ou un DVD. Le troisième cadeau le plus désiré des femmes est un chèque cadeau, sans doute ont elles tant l’habitude d’être déçues qu’elles préfèrent faire leurs emplettes elles-mêmes, ou se disent-elles que s’il faut y retourner que soit pour le plaisir et non pour la corvée des échanges le 27 décembre au matin. Une autre enquête récente (TNS-Sofres, Figaro-économie) du 4 décembre 2006 révèle que si en 2005, 15 % des internautes se disent prêts à échanger ou à revendre leurs cadeaux reçus en  double ou qui ne leur plaisaient pas, ils sont maintenant environ 27 % à envisager cette possibilité.

41 % des  hommes jugeant les courses de noël comme une corvée harassante, elles figurent comme un passage obligé, rite introductif à la fête de noël.
Offrir un cadeau est à 71 % considéré comme un plaisir. Une tradition pour une personne sur deux, et une obligation  ou une contrainte sociale pour 9 % d’entre eux.  Selon la même étude,  une personne offre un cadeau à 8 personnes en moyenne, qui sont à 48 % des proches allant de 6 à 10 personnes et 25 % à 4 à 5 personnes.  Avec 11 cadeaux sous le sapin en moyenne. Un cinquième des recettes annuelles des magasins de jouets, (la statistique est canadienne) d’articles de loisirs et de jeux était engendré au moyen de décembre. Il en va de même pour les magasins de CD et DVD. (Le quotidien, Québec, 7 décembre 2005). A l’occasion des fêtes, selon un sondage BBC, 89 % des enfants étaient excités par cette fête, 63 % des enfants économisaient pour cette occasion et pour offrir des cadeaux à leurs proches, 16 % des enfants offrent un cadeau à leur maman, 7 % à leur papa, 29 % pensent que Noël consiste d’abord à penser aux autres, et 24 % qu’il s’agit à cette occasion plus de donner que de recevoir. (DNA 25/12/2006). Tout en sachant qu’offrir, c’est déjà dire beaucoup sur soi, une projection de la personne, de l’autre, de ses besoins estimés ou réels, on peut ainsi aussi bien se tromper que réussir cette projection. La seule solution est l’amour dans ses choix pour que le cadeau plaise aussi bien à l’offrant qu’à l’heureux (ou non) récipiendaire.

Les cadeaux de jadis…
Avec l’ensemble de ces chiffres, on semble loin du cadeau fruité ou sucré telle la Mandarine
 
« devant la cheminée, ils mirent ce soir-là leurs souliers (…) ». Mais que les enfants soient de plus en plus exigeants à l’égard de leurs cadeaux ne relève pas de ce siècle, déjà en 1862, Th. Klein écrivait dans un « Samstagsblatt » qu’il regrettait les « gemalten Soldaten » fabriqués  durant toute l’année écoulée par des artisans locaux (et non des magasins de l’Intérieur commercialisant leurs articles « aux prix fixes »)  commercialisés sur les stands du marché de l’enfant Jésus de Strasbourg. Le Dr L. Pfleger, en 1931 dans « Elsässische Weihnacht »  évoque les enfants exigeants un « Mecano » pour concevoir avions et machines.

Aujourd’hui, Un quart des internautes interrogés des plus de 50 ans ne font jamais de cadeaux à leurs propres enfants. Sur les largesses, on signale que pour les frères et sœurs l’on dépense le moins possible (19 %) leurs amis (18 %) ou leur belle famille. Le cadeau moyen est situé entre 30 et 49 euros à multiplier par le nombre de récipiendaires.
Les cadeaux furent jadis modestes (fruits, gâteaux) ou très pratiques, tel témoignage le confirme (S.V.) « peut-être notre père fabriquait-il un traîneau ou un cerf-volant pour mon frère, peut-être ma mère habillait une poupée à la dernière mode. Comme tous les ans à pareille époque, mon jupon de laine disparaissait : ma grand-mère y rajoutait en grand secret quelques rangs de laine colorée. Ainsi mon jupon grandissait avec mois d’année en an-née ».
Le rituel des cadeaux, la surconsomma-tion, la solitude des uns et la surfête des autres,  rend la fête « paradoxale » comme le souligne l’ethnologue Martyne Perrot.  

F.S.
3. p 246, Inventaire des fêtes de France, d’hier et d’aujourd’hui, Nadine Crétin, Larousse.






EXTRAITS NOUS RACONTANT  LA FÊTE DE SAINT NICOLAS :  (Ce sont des citations)
Cadeau du ciel :
“Le 5 décembre au soir planait sur le village un mystère un peu guilleret, un peu inquiétant aussi, concrétisé par des sonnettes agitées devant les maisons à l’intérieur desquelles l’attente était fébrile, quelque peu anxieuse : saint Nicolas avait ses entrées dans chaque demeure (...) Le Père Fouettard restait donc délibérément hors de chez nous. Je n’en tremblais pas moins. Quand la sonnette se faisait entendre à notre porte, mon coeur sautait dans ma poitrine, je me réfugiais tout contre maman qui disait sur un ton mi-suave, mi –solennel “Entrez, bon saint Nicolas”. (...) Lentement, il posait sur la table un saint Nicolas en pain d’épice –son portrait-, des noix et une orange. (...) Je donnais des noix à mon frère, qui m’épluchait l’orange. Il n’y en avait qu’une dans l’année : les mandarines marquaient Noël. Nous humions la senteur spécifique à cette soirée. (C’est toujours la Saint-Nicolas pour moi lorsque je mange une orange...) . Généreuesement, je distribuais des quartiers que chacun dégustait avec gravité. Puis je m’attaquais au pain d’épice. Dès le lendemain, on parlait de Noël”. 
Elisa Rossignol, “Une enfance en Alsace”1907-1918, Editions Sand 1990
“La chaleur des Noëls d’antan” Rosalie Firholz  (p 81, Editions de l’Est, une enfance à la ferme) raconte que la famille était trop pauvre pour avoir une crèche. “Sur un tabouret reposait un poupon fait de chiffons. Le Christkindel nous invitait à nous agenouiller pour l’adorer : “Venite, vente adoremus.” Avant de partir, il donnait  une caresse à chacun de nous. Pensez donc ! Une caresse du Christ-kindel valait pour nous les plus beaux jouets. “ !!



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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 22 Novembre 2008


(crèche d'église, ici celle de Barr-Bas-Rhin)


Nous prenons un peu d'avance sur le calendrier, après le calendrier de l'avent, la couronne et d'autres éléments (dossier traditions de Noël, voyez les "articles publiés, liens à gauche), une de nos études sur le thème de la crèche, ses origines, ses différentes versions selon les cultures. Je suis certain que vous ne savez pas tout sur la crèche.

D'ailleurs il n'est jamais mauvais de s'y replonger et découvrir des messages cachés derrière la crèche elle-même.

Les animaux de la crèche et les autres personnages feront l'objet d'autres articles sur le blog.


Pour les plus pressés : il suffit de lire ceci :

Au sens strict : représentation de la naissance de Jésus avec ses parents.



Pour les autres,


La première date de 1223/1224 selon les auteurs et on l’attribue à Saint François d’Assise dans la grotte de Greccio. (voir le mot grotte). Les crèches couvrent la période du déplacement de Marie et Joseph, la Nativité, l’Adoration des mages, l’Epiphanie, mais aussi la fuite en Egypte, des scènes de Jésus Enfant, les Noces de Cana  jusqu’à la Crucifixion. Ces crèches complètes existent encore dans certaines églises baroques ou tyroliennes. 
On le verra de nombreuses représentations de la naissance existent pourtant avant ces premières crèches.

Opposition aux crèches : La crèche combattue :
Non par soucis de laïcité, pas encore ce qui a été fatal au Saint Nicolas dans la France républicaine, mais le caractère papiste de la crèche fut dénoncé au moment de la réforme par Conrad Dannhauser, au XVII ème siècle, qui y voit “un papisme aveugle, il y a beaucoup de superstitions lors de la fête de Noël. Les gens faisant partie des ordres (religieux), se donnent beaucoup de peine et mettent beaucoup de zèle à confectionner de belles crèches avec de l’or et de l’argent, de la soie, des perles et des pierres précieuses, ils les déposent dans les églises, y couchent un enfant Jésus, déposent Marie et Joseph, bœuf et âne à côté, les gens les contemplent et les admirent tels des badauds, ils (ne) se préoccupent (que) de la coquille et n’apprécient pas le noyau.”



(crèche en boi sculpté figurant sur le marché de noël de Freiburg / Bade-Wurtenberg, en taille réelle)




Crèche
Lorsque noël s’offre une maison

Représentée dans les églises et l’artisanat populaire, présent dans -presque toutes les maisons chrétiennes en France- dans toutes les demeures chrétiennes du monde, elles semblent faire partie intégrante et indéboulonnable de la fête de Noël.
Tous les chrétiens n’adoptent pas la crèche, les témoins de Jéhovah et certaines branches (adventistes) refusent les anniversaires et expliquent que  par la date (choisie pour la célébration de Noël, l’anniversaire de la naissance de Jésus) on se rapproche du paganisme. (voir noël et la date.) On refusant une fête généralement admise cela crée de nombreux troubles dans les familles (les non-témoins, le « monde ») et dans leur environnement (école, amis, quartiers). (voir le livre de Dany Bouchard, « dans l’enfer des témoins de Jéhovah » éditions du Rocher, 2001, le premier chapitre est consacré aux fêtes, à cinq ou six ans, c’est son « dernier noël » embrigadé par le mouvement auquel appartient toute sa famille).

Remontant dans la nuit des temps, il nous semble que jamais l’on n’a fêté Noël sans crèche et sans sapin.  Cette impression est pourtant fausse. Les anciennes représentations familiales de noël alsaciens rassemblées ou croisées pour préparer ce livre montrent assez rarement des crèches. Les ouvrages sur ce sujet ne sont pas légion, et on a quelques mal à aller au delà des répétitions, même G.Leser souvent éloquent sur l’Alsace et ses rites n’y consacre guère que 6 pages sur 245 dont plusieurs d’illustrations !   La raison est simple, la crèche en Alsace a longtemps été un élément réservé à l’église. Voici donc pour votre plaisir, une visite guidée et approfondie  en terre de Bethléem à la source de la crèche, et sous le sapin alsacien. 1


REPRÉSENTATIONS POPULAIRES ALSACIENNES
PRÉCÉDANT LA CRÈCHE

L’art populaire Alsacien fait une juste place à la crèche, peut-être un peu faiblarde tantôt par rapport aux vraies richesses crées et exposées en Autriche ou en Bavière.
On la retrouve sur les carreaux des poêles en faïence, sur les plaques de fonte de Zinswiller, sur les moules à gâteaux en bois (spécifiquement rhénans).
La plus ancienne sculpture de la nativité alsacienne qui nous soit parvenue, se trouve sur l’église de Baltzenheim (date du XI ième siècle). Le plus ancien dessin date de l’Hortus Deliciarum (encyclopédie de l’abbesse du Mont-Ste-Odile Herrade de Landsberg).
Mais l’on peut trouver parmi les plus anciens documents le retable des Dominicains de Martin Schongauer et le retable d’Issenheim de Mathias dit Grünewald,  Ces représentations seraient, selon Alfred MATT symboliques du  Christ, exprimant une croyance nouvelle. Né entre le bœuf (symbole des sacrifices païens) et l’âne le monde juif. (voir ces mots bœuf/âne) Tandis que les trois bergers et les trois rois figurent outre le symbole trinitaire, les 3 âges de la vie. Mais depuis il y a le 4ème et le 5ème âge, il va donc falloir rajouter des santons. (Les 3 rois provenaient aussi des trois seuls continents connus à l’époque).
(les icônes représentent à la manière orientale toutes les scènes des évangiles de l'enfance, l'annonce aux bergers, les anges, les rois mages...)



Ailleurs
On trouve à Rome, sur les reliefs de “sarcophages -datant de 343 selon le folkloriste Van Gennep- , des scènes de la Nativité sculptées (IV ième siècle), mais aussi sur des “ustensiles liturgiques”  (selon Krippe, chez Taschen) on y voit des représentations de “l’Enfant reposant sur sa couche avec sa mère Marie et les Rois mages en Adoration” 3 
Selon Origène, on trouve une crèche vers 250. St Jérôme en évoque une autre  première demeure de Jésus faite d’argent en 350 qui remplace une crèche d’argile.
Au 5ème   la future église Sainte-Marie Majeure abrite une crèche inspirée de celle de Bethléem. “, selon Alain de Benoist “Fêter Noël”.
Il semblerait que ce soit la première du genre lui valant le nom de Basilica liberiana, et le pape Sixte lui attribuera le nom explicite de S. Maria ad praesepe (Sainte-Marie-à- la-crèche).
Et au 7 ième siècle, se serait la première représentation de la grotte de la Nativité -en Occident- à Rome, à Santa Maria Maggiore où l’on révérait “un fragment de la grotte de la nativité” et l’auteur précise que l’on plaça une auge de bois, de laquelle proviennent les petites planches que nous vénérons aujourd'hui encore comme faisant partie de la crèche de l’enfant Jésus. (page 7)


Situation biblique de Bethléem
Notre article sur les anges évoque la scène de la nativité et cite les passages évangéliques nous ne ferons donc pas de redondance, mais le trajet entre Nazareth et Bethléem était de 150 km, sur des routes médiocres, on devait compter, selon Daniel Rops, quatre jours pleins, voir cinq jours, de trajet à dos d’âne sue des sentiers cahoteux qui s’effectuaient pour plus de sécurité par caravanes.
 On traversait donc la plaine d’Esdredon, la Samarie, la Judée, pour arriver à Bethléem à 800 mètres d’altitude sur les flancs de colline.  Il est à signaler que dès l’origine le lieu de Bethléem « maison du pain » a été vénéré. Après la seconde révolte juive (132-135) l’empereur Julien se vengeant contre les juifs et les chrétiens, qu’il semble avoir du mal à distinguer, tente de déshonorer le site en y plantant un bosquet sacré à Tammouz-Adonis. (dictionnaire de la bible, André-Marie Gérard, Bouquins, Robert Laffont, page 162) . Qui n’était pas vraiment un dieu très honorable. Si ce lieu avait été symbolique, jamais les chrétiens ne l’auraient relevé de l’abomination de la désolation (la profanation).


(crèche dans une vitrine d'Eguisheim, Bas-Rhin)


Les scènes de noël jouées en Alsace
Une origine souvent oubliée par les ouvrages est celle des représentations aux VI et VII ième siècle  des jeux de l’Avent ou de la Nativité. On conserve des traces écrites de ces représentations en 1462 dans la ville de Colmar, en 1553-1556-1558-1617-1690.
Dans l’année 1690 on a réuni pour l‘occasion 20 garçons et 22 filles dans le cimetière de la ville pour une Weihnachtskrippline écrit et mis en scène par le prêtre Johann Ludwig Schenkel4 .

En Allemagne,  les scènes  se jouaient dans l’église  et évoquaient la naissance de Jésus. Pour marquer davantage les esprits du public, les personnages se répondaient. Ces jeux prenaient le nom de l’instant où une jeune fille, retirait le petit enfant Jésus de la crèche et le berçait dans ses bras au rythme de la musique, c’est-à-dire le Kinderwiegen” (bercer l’Enfant JÉSUS)


D’autres représentations alsaciennes ancêtres de la crèche
Des représentations sont citées dans l’Hortus deliciarum (le jardin des délices) de  Herrade de Landsberg.  Puis, plus tard au XV e siècle, une nonne de Schönensteinbach en parle. Sa santé ne lui permettait plus de sortir de sa chambre . Elle transforme donc sa chambre à coucher en crèche (dans son abbaye de Dominicaines). On en trouve dans l’église d’Erstein en 1651
“I Christkindlein in der Krippe item das Xkindlein so vor die Kanzel gebracht wird”.
“L’enfant Jésus de la crèche, ainsi que l’enfant Jésus  qui est déposé devant la chaire”. 5
Dès 1690, un chapelain venu de Fulda en installe une à Türckheim sans que cela ne soulève d’hostilité.


Puis on trouve une crèche à la cathédrale de Strasbourg au XIX ème siècle,  en grand format dans celle de Saint Étienne de Strasbourg. (en 1823), puis en 1829 et 1853 à Saint Pierre le Jeune.
Un ami du prédicateur de Geiler de Kaysersberg, qui ne pardonnait pourtant aucun papisme ou écart, affirme en posséder une dès le 18 ième siècle. 6

ORIGINES
Si la crèche semble relativement récente c’est que bien longtemps l’Eglise elle-même n’a pas célébré cette fête.
Elle semble n’être apparue en Occident que vers 330 sous le nom d’ADVENTUS DOMINI (la Venue du Seigneur).
Elle se serait substituée aux fêtes du solstice et au culte de Mithra, dieu de la vie, dieu qui lutte contre les ténèbres et le mal auquel on sacrifiait en Perse un jeune taureau (analogie au bœuf de la crèche ? ).

Mais en Alsace,  si l’on a longtemps célébré Mithra, ou bien évidement les dieux germaniques (Oddhin, déesse Freya...). Il semble que Mercure ait eu une place particulière.
Pour les chrétiens, et du fait du canon adoptées par l’Eglise -bien avant la réforme- c’est le texte biblique du nouveau testament qui  constitue la Référence des artistes et des artisans, le texte de Saint Luc nous explique que la place pour la Sainte Famille manquait à l’auberge, en fait une salle commune, où l’on imagine mal la parturiente donnant naissance à l’enfant Jésus devant l’assemblée.
Le divin couple choisit donc un lieu, à l’écart, dans une mangeoire à bestiaux, une sorte d’auge, une crèche.

Selon la tradition, François d’Assise, le “poverello”,  trois ans avant sa mort, en 1223, semble avoir eu l’idée de généraliser avec la permission du Pape Honorius III. Jugeons de l’importance de cette autorisation dans la culture populaire, de reconstituer à Greccio avec le comte Giovanni Volita de Greccio, au petit village des Abruzzes, la Nativité, mais non en porcelaine, mais en chair et en os.
Avec au centre ce qu’il nomma le “Petit Jésus”. On affirme qu’il y place « une bible au centre » dans la mangeoire, voulant signifier que Jésus était le Verbe de Dieu, texte que l’on lit le jour de Noël le 25 décembre. “Il porta dans la forêt de Greccio toute proche d’Assise une mangeoire de bergerie, amena un bœuf et un âne afin que toute la population soit mieux à même de comprendre la liturgie de Noël, car quelques années plus tôt et en réponse aux excès »,  car en 1207 le pape Innocent III avait  interdit toute représentation de la crèche dans les églises.

François d’Assise aurait même célébré au milieu de cette scène vivante la messe.
C’est par cette première crèche vivante, dans une étable, comme quelques siècles plus tôt dans la pauvre contrée de Bethléem, le prophète Michée avait honoré la ville d’une citation :”Et toi Bethléeem, la fertile, petite parmi les milliers de Juda, tu n’es pas la moindre, car c’est de toi que sortira un chef qui conduira mon peuple d’Israël” (Michée, V,1).  Et c’est le roi Hérode qui se serait inquiété de cette citation bien avant la naissance de Jésus.

Selon Van Gennep, rares auraient été les églises en Alsace où l’on trouvait des crèches au Moyen-âge, mais elles auraient été plus nombreuses dans les couvents et les monastères féminins.
Mais on a une preuve de leur existence à travers les chants à la crèche ou les nombreux cantiques rédigés pour cette occasion à la fin du XVII ème siècle.

Bethléeem a en outre l’honneur de se nommer “la maison du pain” ce qui pour celui qui a apporté le “pain de vie” est une coïncidence qui ne peut en être une. (Le hasard commence souvent par un D… comme Dieu dit un proverbe, ou un clin d’Dieu)  et comportait en 1944 quelques 9 000 âmes, selon Daniel Rops.10.
Les artistes ont ensuite généralisé ou immortalisé cette représentation théâtrale.
Mais pour les spécialistes, la caractéristique principale des crèches est la mobilité des pièces, ce que François d’Assise n’aurait pas respecté. Et donc il faudra attendre le 15 ième siècle où les personnages se détachent des retables, en relief et séparables.



LA SORTIE DES CRÈCHES DE L’EGLISE, C’est ainsi que les folkoristes distinguent les étapes de la représentation de la nativité, tout d’abord sous forme de gravures ou de fresques, puis
les jeux de la nativité,
les crèches d’églises et de monastères,
les crèches familiales.

Saint François d’Assise pourrait ne pas être à l’origine de la crèche, mais aurait au moins contribué à la sortir des églises.
Vers 1252, elle franchit donc les Alpes grâce aux moines franciscains. Le concile de Trente de 1545-1563 autorise l’adjonction d’autres personnages que ceux de la Bible, ce qui donna naissance à la profusion de personnages non bibliques. (métiers divers, toutes les strates de la société contemporaine, multiplications de figurines et de matériaux).

L’Eglise craignait tout d’abord des représentations irrévérencieuses qui aurait fait perdre le sens du sacré, telles les représentations de l’Avent sur le parvis des églises, chassées du chœur. On avait ainsi représenté un ange (dans un tonneau) qui descendait le long de la façade de l’église, on le surnommait l’ange acrobate. De là à ce que cela devienne un cirque, le risque était grand de tendre vers une pastorale provençale, une pagnolade avant l’heure !
Il n’en fut rien. Les marionnettistes ont bien été sortis des églises, interdits de parvis, représentés des théâtres mobiles de crèche, car une marionnette n’est pas libre,le fil évoquant trop la destinée, alors que les personnages de la crèche sont dotés de leur libre arbitre, et le « oui » de Marie a racheté la faute du premier couple, en quelque sorte le « non » d’Eve.

Le rôle d’enseignement accompli auprès de la population que visait le povorello n’est pas négligeable, plusieurs grandes pages de l’évangile à travers plusieurs  scènes (crèches de noël de pâques, de carême...)étaient ainsi explicitées auprès d’un public analphabète ou peu instruit . La petite crèche connut quelques temps plus tard au moment de la réforme un coup d’arrêt, puis tard au siècle des lumières ou l’on les considérait comme des enfantillages.

La crèche partout...
“Krippe” en Allemand, en francique : “kripja”, ancien provençal “crepcha”, du latin “praesepe” qui donne l’espagnol “pesebre”.  En anglais  on utilise donc le terme général et imprécis de “nativity scene” ou celui de crib.


Tyrol-Allemagne, un succès précoce, le berceau des crèches...


Les plus belles crèches, dans la profusion de matériau sont sans doute les superbes crèches tyroliennes, car c’est du Tyrol que les crèches vont conquérir l’Allemagne à la fin du XV ième siècle, riches de bois, plus proches de la sensibilité rhénane que les crèches un peu “trop sudistes” de la Provence.
On doit noter le rôle du maître John Brabender, sculpteur de crèche, de personnages habillés et articulés pour l’horloge de la cathédrale de Münster en Westphalie.
Dès 1571, on les mentionne dans les cours de Bavière, Westphalie, Rhénanie, Palatinat, hesse, Silésie, Saxe et Poméranie.
1601 à Altötting, 1607 à Munich, 1608 à Innsbruck, Hall....
Dès 1700 elles vont pénétrer dans les familles autrichiennes.

La plupart des crèches autrichiennes domestiques ne sont pas très grosses, mais généralement auto-produites, elles sont améliorées ou agrandies par les habitants de la demeure au long des noëls successifs de génération en génération d’inspiration en inspiration.
Dans le pays de Landeck (Tyrol) et dans ses alentours, il semble que la tradition elle ait très vite trouvé sa place grâce à sa facilité d’accès ferroviaire.  Ce qui n’est pas le cas pour d’autres villages -moins bien desservis-  comme Pazbaym. Le Dr Haider, écrivit en 1890,  que le premier arbre de noël de la vallée de Paznaun ne fut planté à l’école de Ischgl qu’en 1890, que dans de nombreuses maisons on n’en plantait pas au début du 19ème siècle, mais on y trouvait bien une crèche.
Au XVIII è siècle, les crèches connurent quelques hauts et bas, à tel point qu’en Bavière en 1802 on les interdit dans les églises et l’on perdit ainsi un certain nombre de crèches d’églises, mais sous le roi de Bavière Ludwig I  (Louis 1er) (1825-1848) elles retrouvèrent leur place dans les églises.11


On évoquera tout à l’heure les crèches de carton et de papier qui connurent un grand succès en Alsace et en Allemagne au XIX ième siècle.

En France, d’abord les cours royales et ensuite les églises.
La plus ancienne des crèches françaises subsistant serait conservée à Chaource12  avec des pièces mobiles et date du XVI ième siècle. Dès le XVIII les églises françaises ont connu des crèches avec des mannequins de bois aux mains et tête de cire, ou des personnages et animaux en verre filé de Venise.


Mais cela se cantonne au domaine de l’église, il faudra que sous le règne de Louis XIV se généralise dans les riches demeures tout d’abord, puis les autres, des représentations familiales.
Un écrit italien du 16 ième siècle l’inventaire du château de Piccolomini à Cela en 1567 précise l’existence d’une crèche privée au château appartenant à Constanza Picccolomini, duchesse d’Amalfi avec 116 figurines dans deux coffres.
La première crèche aux personnages habillés serait espagnole et aurait été apportée en Italie par les Jésuites aux XVII ième siècle.
Philippe V, roi d’Espagne aurait ainsi initié son fils au montage de la crèche. Devenue roi de Naples et de Sicile, le jeune roi Charles III en 1734 consacre fortune et temps à l’élaboration de crèches.

Les “santonniers” ont un ancêtre Marseillais, Jean-Louis Lagnel (1754-1822) qui donna naissance au premier objet “santoum” en 1775. Laurent construit la première crèche monumentale de Provence.
Les santons, “latin santorume, provençal santoun, italien santoni “bons saints” littéralement “petits saints” symbolisent les hommes, leurs métiers, leur fragilité aussi, car un santon doit être comme l’humain, fragile et cassable et donc mortel.
Il est fait de terre comme Adam et Ève sont fait de la terre et du souffle de Dieu. Les moules se transmettent de génération en génération, une fois cuits ils sont colorés de couleurs vives et/ou habillés.

Crèches napolitaines
Goethe raconte dans son “Voyage en Italie” ses impressions des Crèches napolitaines : “Naples, le 27 mai 1787, voilà bien un endroit où s’exprime, incontestablement, une des passions du peuple napolitain : il s’agit de l’art des crèches. La tradition veut que la crèche soit placée jusque sur les toits en terrasses des maisons de la joyeuse cite. On construit alors une cabane en bois léger, on plante autour des arbres et des buissons, toujours verts.”....

La profusion de bois de sculpteurs, la maîtrise de la technique du polychrome donnent  ainsi des représentations très explicites et riches de détails. Le matériau plus noble que la terre leur donne aussi une durée de vie supérieure permettant de constituer des collections de crèche dans les musées tyroliens ou bavarois.
La crèche eut quelques difficultés à conquérir le Nord, plus protestant, et largement ouvert au culte de la paille (bouc de paille, objets en paille, voir notre ancien numéro de noël sur la question)  et opposé un temps à ces crèches et à ces excès. On vit la première crèche suédoise installée en Scandinavie seulement en 1870 !!

Dans les particularités locales, nous nous limiterons ici à l’Europe pour des questions de place. Nous voulons citer la Corse où le toit des crèches est fait d’algues séchées, à Marseille se sont des pierres que l’on utilise pour le mur des crèches, en Thuringe se sont des crèches soufflées en verre, ou en cristal (KristallKrippe) la plus grande se trouve au musée du cristal de Viechtach en Bavière, elle se compose de 30 minéraux provenant du monde entier et pèsent ensemble 3 quintaux. Il en existe aussi une en « nouilles » dans le musée italien des pâtes de Rome à proximité de la fontaine de Trevis.

Grotte, étable ou bergerie, où Jésus est-il né ?
La grotte de la Nativité aujourd’hui
Aujourd'hui,  l’église de la Nativité n’a plus rien d’une grotte. Elle est  toute majestueuse, une porte basse et quelques meurtrières. Le sol est empli de marbres et de pierres précieuses, de bougies et de lampes.
Quel contraste semblait dire déjà,  St Jérôme car “ce n’est pas dans l’or et l’argent que vint au monde le Seigneur mais dans la boue”. (cité par Rops, page 123)

La crèche ne se limite pas à la scène de la naissance, elles peuvent comporter dans les églises, les retables, plusieurs tableaux.
La reproduction placée à la cathédrale de Strasbourg l’an passé l’a ainsi fait, ainsi par exemple :  l’Annonciation, la Visite de la cousine Élisabeth mère de Jean Baptiste, la Nativité du Seigneur, la visite des rois mages, la fuite en Égypte et le massacre des Innocents.
On a même vu certaines scènes représenter les noces de Cana en arrière plan. Il existait dans les monastères des crèches dites annuelles où l’on pouvait représenter successivement tous les événements de l’année liturgique y compris passion et pâques, que l’on nommait alors crèche de carême.


Si l’on a en mémoire des chansons de noël sur les santons, on sait que “de grand matin joyeux noël prend fin” et les “santons retournent dans leur boîte de carton”. En fait en Alsace, dans les pays rhénans, si le temps de l’Avent débute dès la Saint Martin (11/11 au plus tôt) il ne s’achève qu’avec la démolition du sapin pour la chandeleur. (en principe, soit le 2 février). Il n’en va pas tout à fait de même pour la crèche qui sera construite et remplie de tous les personnages exceptés les rois, et l’Enfant Jésus, elle ne sera démolie qu’au deuxième jour du mois de février. (Fête des relevailles de la Vierge Marie, fête dite de Marialiechtmess. 14 )





(scène de la nativité, sur un stand du marché de noël de Colmar)


Spécificités alsaciennes
la tentative des crèches en terre de Betschdorf
Réputés pour leurs vases et leur artisanat populaire, les potiers de Soufflenheim et de Betschdorf ont tenté la production de personnages en terre cuite à “l’alsacienne” force est de constater que les fiers alsaciens n’ont pas été couronnés de succès.
Par contre,  il existe de très belles représentations du début du siècle sous verre que l’on accrochait dans la Stubbe qui évoquent la crèche et les personnages. Elles sont aujourd'hui prisées par les collectionneurs. On a vu également se développer des crèches mécanisées “crèches à voûte”.

 Les crèches portatives alsaciennes, nommées "les paradis"
Les crèches portatives sous verre, les crèches dites d’appartement, en relief sont des spécificités de l’artisanat populaire. Elles comportent des figurines en terre cuite peinte, rocaille, bergers et bourgades, présentées sous vitrine d’une hauteur de 80 cm. Elles sont selon G. Klein “les sources vivantes d’une profonde piété”.15
Il explique que les ciriers (Wachzijer) créaient des personnages et que des âmes du village ou des religieuses les habillaient ou créaient un décor. Ces tableaux nommés “paradis” étaient composées de fleurs séchées, de velours, de paillettes de verroteries, de mousses, d’arbres, d’animaux en cire, en bois sculpté, se rapprochant par leur naïveté des santons provençaux avec leurs métiers et leur monde rural et régional.
Une des plus belles crèches d’appartement serait celle la chapelle des pèlerinages de Maria sur Aych, N-D des Chênes, de Plobsheim, elle date du XVIII ème siècle.

Les crèches en papier
Crèches bannies des églises, au XIX ème siècle,  elles seront adoptées par les familles qui achètent aux marchands de papier des planches de crèches des plus naïves aux plus raffinées, venues de chez Wentzel ou Silbermann.
L’enfant créait un décor et par son agilité contribuait à enrichir la maison d’un objet religieux. L’ouvrage de Maître François Lotz, spécialiste en images populaires,  en présente quelques exemplaires.16
Notons celle qui est reproduite page 27 de son livre, une crèche vers 1850, on trouve aussi des images d’Epinal, avec gravure sur bois et coloriage au pochoir.
On trouve aussi en Autriche et en Allemagne à l’époque rococo des crèches de carton à monter dont les anciens exemplaires sont très précieux.  L’une d’elle de Moravie (sans relief) est exposée au Musée des crèches de München. L’art de la crèche de carton semble atteint au 19ème siècle par le peintre Wentzel Fieger, peintre depuis sa 14 ème année.

Sous le sapin, il semble que la coutume se généralisa qu’au cours des années 30.
Avec la confection d’étables maison puis de véritables maisonnettes autour de la crèche.

Les images de pains d’épices crèche
On en note trois catégories, celle qui évoque la crèche orientaliste avec palmier et exotisme, la deuxième formule qui montre la crèche dans un monde européen, la troisième dans  un univers de conte et de magie souvent naïf où les personnages sont entourés d’animaux  (biches, lapins…) tel un dessin animé de Walt Disney.

La crèche demeure un sujet de choix pour les dessinateurs, les peintres tout l’art chrétien en témoigne.  Mais même les artistes de Bande-dessinée sont inspirés par la naissance de Jésus. L’exposition « la grande BD de noël » que les sœurs d’Oberbronn un exposé jusqu’au 28 février dernier (à la maison d’accueil des Sœurs du Très Saint Sauveur) nous montre que les artistes alsaciens contactés par Alsace-Média ont su raconter Noël à tous, avec leur crayon. Les messages de Noël en bulles.

La crèche et les relations avec la réforme au XVI ième siècle  :  “papisme aveugle”.

Si les jeux de Noël du Moyen-âge ont inspirés les réformateurs, il en va de même pour Saint Nicolas (dont le marché fut débaptisé et dont le calendrier fut modifié), du Christkindel (instrument du papisme), du sapin (un peu moins durement) et bien évidemment de la crèche.
La critique fut vive à l’égard des jeux de Noël du moyen âge, par Geiler de Kaysersberg à la page XIII de Evangelibuch 1513 (voir l’ouvrage de G. Leser qui reproduit son texte).
Mais sur la crèche elle même on sait que cet incisif proclamateur possédait lui aussi une crèche, mais elles furent combattues au XVII ième siècle par Dannhauer Concard, qui y vit un “papisme aveugle, il estimait que les gens “dans les ordres mettent beaucoup de zèle à confectionner de très belles crèches... les contemplent et les admirent tels des badauds sans apprécier le noyau ils se contentent de la coquille”.
Il faut ainsi se remémorer les monastères et les couvents où la figurine de la crèche placée le soir de la nativité sur un coussin de velours apporté à l’assemblée des fidèles réunis pour la messe de nuit, était souvent brodé ou parés de bijoux. On voit ainsi dans les collections des monastères des divins enfants de la fin du XV ième siècle recouvert de d'une profusion de dentelles, de soieries. 

Si l’on comprend sa  préoccupation, quel témoignage de foi laissé aux héritiers que nous sommes de ce travail !
Ce sera même l’occasion de recentrer le travail sur la crèche, la Contre-Réforme les incitera à cette belle évolution. 

(représentation moderne d'une scène de la Nativité sur le livre de contes ci-dessus)



Disons un mot de l’iconographie orthodoxe (grecque ou non), où tout est symbolique, porteur de sens, dans le parallélisme  des formes, les couleurs et l’expression. La représentation de la nativité n’échappe aux règles strictes empruntent de spiritualité qui régissent l’établissement des icônes. Ainsi Marie représentée assise signifie qu’elle a eu un enfantement virginal sans douleurs. L’enfant Jésus est souvent représenté couché emmailloté tel un linceul ou posé sur un autel de pierre (signe du sacrifice eucharistique). Notons ici la lumière divine qui fait un lien avec son Fils Jésus. Les Mages à gauche ont trois âges différents. Notons au passage que dans les icônes Marie semble avoir un goitre, en fait c’est le souffle de l’Esprit Saint que symbolise cet air que lui a promis l’ange Gabriel le jour de l’Annonciation.  Dans celle-ci on distingue bien la grotte, collection personnelle de l’auteur.
 (la nativité dans l’art byzantin, Crête, Grèce, en fait la scène de la naissance, adoration des mages, annonce faites aux bergers).

Ce ne sera qu’en 1940 que la “paix des crèches” sera conclue, un texte paru sur le thème de la crèche adressé aux protestants les encourageant vivement à en faire in Evangelischen Gemeindebrief explicite l’aspect indissociable de la crèche et du sapin. 


LA MISSION DE LA CRÈCHE
“branche reconstructrice de l’art sacré”, elle doit aider “l’homme pieux à avoir le sentiment qu’il pénètre sur le scène de l’histoire sainte et l’encourager à méditer le plus profondément possible sur la voie qui mène au Salut”. Rudolf Berliner (1955)


Les crèches vivantes sont une tradition qui reprend vie, au sein des marchés de noël, des associations ou des regroupements de jeunes. Il s’agit de faire interpréter chacun des rôles par une personne. Citons l’exemple de Forstheim ou le noël campagnard a regroupé 500 personnes à la recherche d’un vrai sens pour noël. Ils ont ainsi marché une poignée de kilomètres en forêt pour rejoindre –en suivant les étoiles- la crèche vivante crée en pleine nature. A Drusenheim au sein de l’église…. Pour ne citer que deux exemples. Ces jeux de noël nous rapprochent des premières représentations du moyen-âge face à un public religieux mais peu instruit. Le sens de noël échappe souvent à nos contemporains.  (voir Noël et les sondages). Ces représentations naïves, charmantes redonnent un sens souvent perdu, elles atteignent leur objectif, si elles  ne focalisent pas l’attention des plus petits sur les animaux et non sur celui qu’ils doivent entourer. 
 
Laissons vivre la tradition tout en mesurant la dimension spirituelle de la représentation de la Venue dans notre Humanité de Jésus, elle est une association à la démarche d’amour du Christ.
Au moment où Noël glisse de la naissance à la fête de l’enfance - mercantile- la crèche, elle invité à la beauté et au recueillement. La crèche qu’elle soit en cire, en biscuit, en bois ou en stuc, invite au recueillement.
Rappelons  pour conclure, la citation qui invite à la réflexion de Henri Tisot : 
Le trésor de l’ancien testament ce sont les tables de la loi, le trésor du nouveau testament : c’est l’étable tout court”;

(Vierge à l'enfant, fresque, chapelle St Jean le Baptiste Eichhoffen, Bas-Rhin)




sources consultées et pour en savoir plus lire :


Krippen, nativity scenes, crèches, Bayerisches nationalmuseum München, chez taschen, trilingue, texte de Nina Gockerell  1998
la crèche et son histoire par Yolanda Ruegg, préface de Walter Schwimmer, les éditions Ronald Hirlé 1999
Fêter Noël, par Alain de Benoist, Pardès 1994, première édition Atlas 1982
fêtes et traditions de France, par Alain-françois Lesacher, éditions Ouest-france, mémoires 1996/1999
images de Noël, traditions d’Alsace, le verger éditeur, Colmar
feiern feste jahres-Zeiten, lebendige Brâuche im ganzen jahr, Manfred Becker-Huberti chez Herder, Freibourg in Breisgau 1998
Notes pour la crèche :
la paille et le feu, traditions vivantes d’Alsace, espace des hommes, Berger-Levrault, par Michèle Bardout.



Particularité alsacienne le Remplissage de la crèche : coutume alsacienne de faire remplir avec un brin de paille équivalant à une bonne action la crèche du Seigneur.
 Sorte de B.A. de noël, il fut une tradition qui semble perdue dite du “Fleiβkärtschen” ou “Strohhalmlegen” ou “Krippe füllen”, il s’agit de monter la crèche vide au premier dimanche de l’avent et la faire remplir par les enfants de la maison à coup de brindilles de foin à chaque bonne action effectuée. Le but étant que l’Enfant Jésus ait une crèche pleine de foin et de bonheur libéré par ces bonnes actions.
Cette accumulation dure durant  tout le temps de l’avent, elle est en quelque sorte  remplie de bonnes actions



voir aussi notre article sur les calendriers de l'avent.... Calendriers de l'Avent : apprendre la patience...

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Publié le 22 Novembre 2008


très belles crèches de Noël, sculptées en bois, 



ils ne sont pas en terre cuite, tels les "santoum" petits saints, fragiles comme les humains...


http://www.gardena-art.com/presepe_fr.html


link


Sa visite mérite le détour.


Puis visiter notre article sur ce blog : c'est ici

Crèche : quand Dieu se cherche une demeure...




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Publié le 13 Novembre 2008








 Couronnes de l’Avent : 


(sur cette image, on voit le mélange d'arbustes et de sapin pour ces deux modèles de couronnes de l'avent, traditionnellement on privilégie le rouge)

Résumé : D’abord munies de 24 bougies, elles faisaient office de calendrier de l’avent, invention d’un prêtre de Hambourg Hinrich Wichern (ou J.H. Wiechern) (1808-1881) dans une maison pour enfants démunis d’Hambourg, en 1833 ou 1838  car Jésus est la vraie lumière qui brille dans la nuit.
Dès 1927 on édite des cartes avec les couronnes à multiples bougies.
Dès 1930 on passe à 4 bougies dans les maisons du Nord de l’Allemagne protestant, puis du Sud -catholique- dans l’ église catholique St Sylvestre de Munich dès 1937, puis en Autriche.


LUMIERES SUR LA ROUTE DE NOËL 
Couronne de sapin composée de 4 bougies allumées successivement chaque dimanche. Cette définition de base peut être contredite car il a existé des couronnes de 24 bougies qui se rapprochent ainsi du calendrier de l’avent.
Elle brille seule dans la nuit dans la stubbe, elle se reflète dans les yeux des enfants, trônant sur une couronne de sapin évoquant déjà dans la maison d’odeur de cet arbre qui bientôt trônera dans cette pièce et sera l’objet de l’attention de tous les regards. Elle a été allumée le dimanche dans une ambiance recueillie ou désinvolte, selon les foyers afin de perpétuer une tradition pas si ancienne qui a atteint les familles alsaciennes assez récemment. Un peu comme les arbres de Pâques ont fleuris progressivement chaque année depuis quelques années, partant d’Autriche, atteignant l’Allemagne, puis l’Alsace, et demain, sans doute, la France de l’intérieur (comme aiment à dire les Alsaciens, ou la “vieille France” comme disent encore les plus érudits).

 Ah ! ces couronnes, on les voit chez les fleuristes, on reconnaît le cercle de paille que l'on voit dans les magasins de bricolage,  destinés à servir de support à leur cadre. Et sa lointaine cousine américaine, la couronne d’accueil de bienvenue (dit un auteur) ou couronne de porte, qui n’est pas ornée de bougies trône déjà à l’entrée de la maison.
On ne confondra pas, tel l’auteur d’un article récent (le Figaro, décembre 2006)  ces dernières avec les couronnes de l’Avent.  Elles ne sont pas forcément rondes, elles peuvent être en forme de cœur (se rapprochant des décorations de paille). Composées de plumes (dites rococo), de roseaux ou décorés de produits traditionnels : noix, noisettes, marrons, pommes, pommes de pins, fleurs ou  fruits de saison.

Le premier dimanche de l’Avent, on allume la première des 4 bougies. Mais sait-on vraiment pourquoi et comment cette tradition est arrivée chez nous.

Les quatre bougies ont connu diverses interprétations, la plus biblique nous dit que les 4 bougies représentent les 4 milles années d’attente (souvenons-nous des paroles du cantique de Noël, Il est né le divin enfant “depuis plus de 4000 ans, nous le promettaient les prophètes”) :
la première représenté Adam, et plus précisément selon Théo, l’encyclopédie catholique, le pardon à Adam et Eve, ils mourront sur la terre, mais vivrons en Dieu.
La seconde les Patriarches, plus précisément, la foi des patriarches, leur croyance en la terre promise ;
la troisième les Prophètes ou encore la joie de David (ancêtre de Jésus, selon l’Evangile) elle célèbre l’Alliance et sa pérennité ;
la quatrième : la venue de Saint Jean Baptiste ; ou encore selon d’autres l’enseignement des prophètes et annonce un règne de paix et de justice. 
Déjà en 1934, ce qui comparé aux autres traditions alsaciennes ( Hans Trapp, Sapin de Noël, Christkindel, petits gâteaux, ou pains d’épices....) est bien récent, le pasteur EDOUARD HELMLINGER de SARREGUEMINES, qui s’émerveille dans une réunion de famille devant les bougies allumées. Il dit, rapporte Gérard Leser (Noël en Alsace, Wihnachte en Alsace, éditions du Rhin), Nous avons oublié qu’à côté du sapin de Noël, la couronne de l’Avent devrait conquérir droit de cité dans l’église”

En ce qui concerne son origine les ouvrages se contredisent allégrement, Gustave Koch pense qu’en Alsace ils ont été introduits par des mouvements de jeunesse, tandis que d’autres voient leur origine dans les Frères Moraves de Bohème qui y voyaient une préfiguration de la couronne d’épines du Christ. On peut aussi faire un rapprochement avec la couronne de Sainte Lucie suédoise ! (ou du Christkindel, qui porte une couronne de bougies enflammées sur la tête).

Selon l’auteur Alain de Benoist (Fêter Noël,bibliothèque des légendes et traditions, éditions Pardès) les 4 bougies, et dans une interprétation païenne, plus nordique,  la couronne symboliserait la victoire, sorte d’emblème solaire et représentation de la “roue” de l’année, le renouvellement des saisons” elles symboliseraient les quatre saisons.

Sophie Lounguine, (l’album des fêtes de noël et du nouvel an autour du monde, Horay, Paris 1995 page 35) confirme la thèse en en proposant une autre, les 4 bougies symboliseraient les quatre points cardinaux (l’universalité de noël ?) et ajoute que les quatre bougies allumées “symbolisent la lumière et la renaissance du soleil”. 
Les couronnes peuvent être suspendues au plafond, juste au dessus de la table,   ou posées sur la table de la Stubbe, avec un ruban rouge, et les grosses bougies rouges (la tradition exige cette couleur, malgré les fantaisies actuelles, le rouge et le vert étant les couleurs de Noël) Et comme tout objet sacré à la fin de la période on la brûle et on ne le jette pas. (Avec l’envolée des prix des combustibles, cela risque d’arriver de moins en moins !)
 
Fut-elle remise au goût du jour, par un luthérien en Prusse-Orientale, c’est ce que pensent de nombreux auteurs, et ce pasteur serait Johann Heinrich Wichtern (Wichern selon d’autres) fondateur de la mission intérieure d’Allemagne dans le Rauhe Haus (maison pour enfants démunis d’Hambourg,(1808-1881) qui la confectionne pour la première fois en 1838, à l’occasion d’une fête de l’Avent où les enfants étaient disposés autour de l’orgue, les bougies étant disposées en cercle et allumées l’une après l’autre lors de la lecture biblique prévue pour le début de la nouvelle année liturgique (premier dimanche de l’Avent) Et chaque soir se déroulait une méditation de l’Avent, dans la salle se trouvait un grand candélabre circulaire sur lequel étaient disposées 28 bougies  sous la forme des 4 bougies, mais les Allemands devaient en confectionner certaines depuis longtemps (les luthériens d’Allemagne Orientale) disposant de 24 bougies, sortes de calendriers d’Avent lumineux. Dans certains villages d’Autriche, selon Alain de Benoist, on trouverait encore des couronnes de l’Avent constituées de ce nombre imposant de bougies. Dès 1850, elles sont plus grandes et symbolisent les semaines. L’église catholique St Sylvestre de Munich l’utilise pour la première fois en 1937/1938 puis on en voit en Autriche. Sur des cartes postales datant de 1927 elles sont représentées. (selon Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17, 1999, par Paul et Richilde Werner).

La tradition a pris corps chez les protestants qui avaient à coeur d’en faire jaillir le texte biblique. Et il semble que la tradition se soit multipliée au cours de la première guerre mondiale en Alsace, d’abord dans les régions et les paroisses protestantes urbaines et dans les milieux supérieurs, puis après la deuxième guerre mondiale dans toute la population si l’on en croit l’étude de Hermann Bausinger en 1970. 

On ne peut pas occulter que la tradition d’entrer des branchages dans la maisonnée est ancienne, voir Christbaum
/ le sapin de Noël, il apparaît évident que nos ancêtres germains au moment de l’hiver et du solstices décoraient la maison de branchages (voir l’article consacré au Christboim).
Les gravures des saint Nicolas et des images plus récentes de pères noëls nous montrent souvent des branchages. On songe aux fessées, mais aussi aux rites de fertilisation, et au retour du printemps.

De nombreuses traditions font intervenir les bougies au moment de Noël, les Polonais allument des lumières aux fenêtres durant le temps de l’Avent. On se souvient qu’au moment de l’état de siège en Pologne, le Pape (Jean Paul II qui venait de monter sur le trône de Pierre)  avait invité le monde entier à allumer des bougies derrière les fenêtres en signe de solidarité. Il avait témoigné ainsi de son soutien, et il fut relayé dans son appel par le président des Etats-Unis.  On peut aussi évoquer la "fête des lumières" Hanouka pour ce jaillisement de lumières et de bougies.

En Allemagne, dans la région des Erzgebirge, on place de grosses bougies afin d’êtres vues de l’extérieur, qui brûlent durant les longues soirées de l’Avent. On sait ainsi combien d’enfants il y a dans les maisonnées, car chacun allume la sienne.

Certains chandeliers allemands étaient sculptés dans le bois, dans la région de Seiffen, et les figurines sont célèbres dans la région depuis le XVI e siècle.

Les chandeliers Suédois de Jul, (nommées aussi pyramides de noel, sont en fait typiquement suédoises) reprennent cette forme pyramidale de 7 lumières électriques blanches que l’on place derrière les carreaux. Electrifiés ils se sont répandus très rapidement en Europe depuis le début des années 1990.
(Afin de s’approprier le sapin de noël, des auteurs refusent ou oublient de mentionner les textes nombreux, certains musées dénient même l’antériorité du sapin à la ville de Sélestat, alors que les archives détiennent la preuve datant d’au moins 1521. On a même une trace de 1431 dans la ville d’Andolsheim qui témoigne déjà des décorations de sapin en Alsace.)

Soulignons aussi que Sébastien Brant dans la « nef des fous » évoque les feuillages verts ou l’arbre en disant que
 « celui qui n’offre rien de nouveau, ne chante pas la nouvelle année et ne met pas de rameau de sapin vert dans sa maison croit qu’il ne survivra pas à la nouvelle année ». ) L'histoire du sapin de noël alsacien "Christboim" "Weihnachtsbaum"
O
Toi
Ma
Préférée
Des fêtes,
Temps béni de Noël
Nous apporteras-tu à nouveau
Merveilleux et étincelants sapins verts
Chants et lueurs ? Car sans toi
Cher Enfant-Jésus,
Nous serions, petits et grands, à jamais
Perdus !
Tout
Monte
Vers toi :
« Nais donc aussi en moi,
Enfant Jésus ! «






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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 13 Novembre 2008

On connait sa fête, la souffrance jadis de devenir pour une jeune fille "catherinette".
Celle  qui n'avait pas "trouvé couvercle pour son pot" ou chaussure à son pied (ce qui est un peu plus élégant) était ainsi mise au ban de la société de manière symbolique ou forcée d'avoir moins d'exigences.

On y retrouve de nombreux rites destinés à mettre en exergue ceux qui sortent des repères "normaux" ou "classiques" de la société.
Comme il était interdit de prendre une fille d'un village voisin (charivaris en perspective),
 d'épouser une fille d'une autre confession (par-là j'entends les mariages mixtes catholiques/protestants, qui mettaient en effervescence toute la communauté, pasteur et prêtre en tête), sous peine de manifestations hostiles, de guerres villageoises ou de guerres de religion... Selon les cas. Cela n'a cessé qu'assez récemment dans le siècle dernier.  Une famille sans enfant avait droit aussi à un arbre desséché planté devant la maison, ce qui devait toujours faire plaisir et ne pas régler les problèmes de fécondité, mais expliquait la nécessité pour le groupe social d'assurer sa survie, son renouvellement ainsi que les vieux jours des plus anciens (ils ne manifestaient donc pas trop d'hostilité aux rites des plus jeunes de la commaunauté).

Catherine, elle signale la fin d'une époque, celle de l'âge adulte, déjà bien avancé, de l'horloge biologique qui sonne !! (On entend cette banalité actuellement, tout en voyant des seniors demander ce que la nature leur a retiré). Mais dans notre époque révolue,  elle sonnait bruyement pour tout le village.  Au risque de forcer des unions qui n'étaient pas forcément heureuses (au fait, était-ce le but ? Sans doute pas, le renouvellement des générations était plus important).

Quelques repères sur cette bonne sainte, la fête est aujourd'hui anachronique à l'époque de la généralisation des naissances hors-mariage et de la régularisation post-mariage. De plus l'âge moyen du mariage (du moins le premier, dis-je ironiquement)  est bien plus avancé mais  l'espérance de vie a également été augmentée.
Tout est donc relatif à l'époque.

Catherine : (fête de la sainte), célébrée le 25 novembre, elle donne lieu à la célébration des catherinettes, c’est-à-dire des filles restées célibataires à 25 ans.  Elle semble avoir été lancée par la confection et les couturières et reste en vigueur dans certaines grandes entreprises (le printemps notamment) où les jeunes catherinettes sont coiffées d’un chapeau improbable (souvent vert couleur de l’espérance et jaune symbole de la famille ) et défilent dans l’entreprise.

Une petite fête est organisée à cette occasion. Le pendant masculin a existé, mais semble tombé en totale désuétude pour le jour de la fête de Nicolas. L’âge du mariage reculant, les femmes poursuivant leurs études plus longtemps que jadis, la naissance du premier enfant fait de même.  Le milieu des petites mains, de la confection et autres modistes s'est exporté en Chine tous ces facteurs ne contribuent pas à la pérennisation de cette tradition. Très liée aux 25 ans (et à la date 25/11) semble s’éteindre à moins de se déplacer à un autre âge, ce qui semble improbable. 

En Alsace, elle fait partie des 14 saints auxiliaires, son prénom est très fréquent en Alsace avant 1945. « wie Kättel im Herbst » dit un proverbe, être assez mal vêtue, « comme Catherine en vendanges » ; ou elle qualifie même la diarrhée, « schnelle Cathrin » ou la fille négligée « Dreckkattel ».   C'est sans doute que Catherine était un prénom très répandu, un peu moins que Marie ! (voir notre article sur les prénoms alsaciens). choisir un prénom en Alsace...  ou notre article sur les surnoms des villages Sobriquets des villages alsaciens ....

On organisait jadis la foire aux bestiaux dans le Sundgau, dans la semaine de la sainte Catherine, aujourd’hui c’est la foire aux engins agricoles. On embauchait aussi les servantes ce jour-là qui étaient souvent surnommées par commodité « Kattel ».  

L’origine de sa fête repose sur une sainte, la très belle Sainte Catherine d’Alexandrie, 18 ans, fille instruite dont « la beauté de Catherine remplissait d’admiration tous les assistants ; par la grâce de Dieu, son visage resplendissait ». Le plus ancien document qui l’évoque est la « Passion » qui lui est consacrée. Ce texte fut recopié, popularisé et traduit en vers et en prose, certains l’ont enjolivé et adapté. L’empereur Maxence qui ordonne de sacrifier aux idoles sous peine de mort. Elle est convoquée devant le roi. Mais unie mystiquement au Christ, elle refuse de sacrifier aux idoles ainsi que les propositions de mariage de l’empereur Maxence (–pour l’histoire des saints et de la chrétienté -Maximin –selon la légende dorée)  et sera martyrisée par une grande machine composée de quatre roues garnies de pointes qui se brisa, puis l’empereur lui fit arracher les seins et elle fut décapitée par les païens,  pour ce célibat mystique. (Le refus du mariage est également la cause du martyr de Sainte Lucie, voir ce mot). Du lait a coulé, selon la légende, de ses blessures, elle meurt selon la légende dorée le 25 novembre  305. (307 selon B.Vogler dans son Almanach).
La présence de cette roue (symbole païen du renouvellement des saisons, utilisée également pour la couronne de l’avent) et le fait qu’elle se brise, pourrait signifier une rupture avec d’anciennes croyances païennes. 
Catherine d’Alexandrie ne deviendra la patronne et protectrice des jeunes filles vierges qu’au XIIème siècle, patronne des philosophes qu’elle tenta de protéger de l’empereur, des théologiens. Mais aussi des écoles de filles et des élèves de philosophie. D’autres citent aussi les charrons, les imprimeurs et les meuniers.  Elle fut invoquée au cours des siècles contre la mort subite. 

En ce qui concerne son chapeau, il existe aussi pour la version masculine à l'occasion de St Nicolas, la parité en cette matière était donc jadis respectée, bien avant le texte législatif !

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 8 Novembre 2008





Calendrier de l’Avent :
deux calendriers de l'avent, le premier très artisanal avec ses petits sachets à remplir d'une friandise,
 les fenêtres peuvent également ne contenir qu'une illustration destinée à faire patienter...



Dans cet article quelques impressions et quelques informations, le numéro de noël de la petite lanterne traitera plus abondamment et plus complètement du thème des calendriers de l'avent, leurs sens, leurs buts ainsi que les nouvelles inetrprétations des calendriers.... Ne manquez pas le numéro 143 à paraître....



 Que de chemin parcouru entre les 24 traits tracés  à la craie dans l’armoire à jouets des enfants du XIX ème siècle, selon un auteur, et la boîte aux 24 fenêtres qui s’ouvre sur une friandise quotidienne, plus ou moins luxueuse selon les pâtissiers. On est loin aussi de l’idée originale en voyant des calendriers qui contiennent 24 bières différentes, une par jour, ou plus récemment une boîte avec 24 sortes d’infusion et de tisanes à déguster pour le temps de l’avent. Chaque sachet étant daté du jour du mois de l’avent.
On s’éloigne de l’invention généralement attribuée à un fils de pasteur allemand (de Maultbronn en Souabe) dont la mère avait confectionné un calendrier avec des gâteaux collés sur un carton afin de faire patienter sa progéniture. Devenu adulte, il en modernisa le concept et l’appliqua à l’imprimerie ceci en 1908 dans sa version connue actuellement par le munichois Gerhard Lang (imprimeur R.L.M.) intitulée « Im Land des Christkindes » (dans le pays de l’enfant Jésus).  Mais une version sous forme d’horloge (avec chacun des jours symbolisant une heure de la montre) est attestée dès 1902 et provient de la ville de Hambourg (et non Munich) d’un éditeur évangélique Fr. Trümpler) soit donc 6 ans avant Lang.

Le premier à avoir eut l’idée de découper le temps de l’avent revient en fait à un peintre de Brugges, Petrus Christus (Pierre Christ) qui découpa les 24 jours de l’avent dans sa peinture au 15ème siècle, révèle Manfred Becker Huberti dans son dictionnaire des traditions (p.10).
Vinrent ensuite les idées des sachets de feutrine accrochés à  un tableau.
Le premier calendrier à feuillets et fenêtres remonterait à 1850, selon Paul Wernert (Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17). Tandis qu’un auteur y voit une source scandinave, sans source, ni justification.
En 1908, on en voit sans les fenêtres, mais avec des feuilles à décoller.
En 1920, 19 fenêtres du 6 décembre au 24 décembre.
En 1925, ce seront des livrets à lire et à parcourir chaque jour.
En 1933, il sera articulé à l’aide d’attaches parisiennes,  en 1935 la marque de café de Bremmen, Eduscho popularise l’idée en publiant un calendrier de l’avent circulaire.
La Seconde guerre mondiale arrête la créativité du fait des restrictions de papier, mais  le symbole sera récupéré par la propagande Nationale Socialiste en Allemagne et ses idéaux païens, Wotan, des signes runiques et la grande nuit de l’étoile claire pour achèvement.


La victoire venue, les calendriers adoptent également des formules profanes, gustatives sont légions et deviennent un moyen de faire patienter petits et grands avant la grande fête de l’année, apparaissent des calendriers pour diabétiques pour commémorer certains évènements (31 cases pour le passage  à l’an 2000) ou célébrer l’année Mozart (2006). Un grand magasin spécialisé dans la culture a soulevé la polémique en décembre 2006 en commercialisant un calendrier de l’avent, avec 24 préservatifs, pas du meilleur goût, il l’a d’ailleurs retiré.




Le calendrier de l’avent ne se cantonne pas à la dimension de boîte en carton plus ou moins garnie, la ville de Gengenbach (Près d’Offenbourg, Bade-Wurtenberg) illumine chaque soir à 18 h 00, le plus grand des calendriers du Monde,  une des fenêtres de l’hôtel de ville construit par Victor Kretz. S’affiche alors une œuvre de Marc Chagall, de Paris, du cirque ou de la littérature selon le thème annuel. En décembre 2006, c’est l’Alsacien Tomi Ungerer qui est à l’honneur dans ce calendrier. (Du 30 novembre au 7 janvier 2007). Illustrant les fenêtres de cette demeure par 24 extraits de son livre « Liederbuch, Das GroBe Liederbuch » Ce livre est disponible auprès de Diogenes Verlag. Il a été vu par 60 000 visiteurs en 2005, soit bien plus que son tirage.



Le calendrier outre d’apprendre la patience et de montrer au final, le chemin parcouru, doit selon le Psaume 90,12 « enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ».
 

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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