Articles avec #traditions de noel tag

Publié le 6 Décembre 2007

12090002.JPG(photo d'une affiche des magasins Karstadt, déc 2006)


Enfant Jésus
: Christkindel  traduction littérale.  En fait une fée blanche,  munie quelquefois d’une paire d’ailes, portant à la main une baguette et jetant des fruits dans la Stube (pièce à vivre) où elle pénètre n’a rien de commun avec un petit enfant.
Sur sa tête une couronne de bougies enflammées, c’est son seul point commun avec la Sainte-Lucie suédoise qui apporte les brioches au lit à son papa le matin du 13 décembre. Menacée de disparition par l’hégémonie du père noël commercial américain, elle tente de survivre par de très beaux dessins d’un artiste alsacien Pat Thiébaut, elle semble avoir été quelque peu inspirée par les Suédois lors de leur invasions en Alsace. En février 1628 les protestants doivent quitter la ville de Colmar, après l’entrée des troupes suédoises dans notre région. Elles vont assiéger la ville, donnant naissance à des dictons qui mettent en garde les enfants méchants d’être emportés par les Suédois (Sei brav mein Kind, sonst holt dich morgen der Schwed »  ou encore « Vor Turk und Schwed behüt mich lieber Gott » Protèges-nous du Turc et du Suédois mon Dieu » (Bernard Vogler, Almanach de l’Alsace)
Sa tradition est attestée depuis 1625; 1660 à Colmar, interdite formellement à Strasbourg en 1666, en 1693 il en va de même  à Mulhouse, elle demeure vive et présente en 1713,1737,1785,1836...
Une brochure de l’office du tourisme alsacien résume : une créature pleine de contradiction ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Elle a le côté lumineux de la déesse Freia, une transposition avec sa couronne de bougies de Sainte-Lucie, la blancheur de la dame blanche et la proximité (et le baguette) de la fée germanique antique.
Alsace, terre de contradiction, l’illustration parfaite serait bien ce personnage.
 (Pour Sainte Lucie, voir Lucie)
A.Stoeber, à propos du pays de Hanau,  qui a collecté les traditions de la première moitié du XX ème siècle raconte « le Christkindel se manifeste par un tintement de sonnette, et entre dans la chambre où se trouvent les enfants, les parents, ainsi que l’arbre de noël. Il est tout habillé de blanc, un voile couvre son visage afin de le rendre méconnaissable, dans une main il tient une corbeille contenant des friandises, dans l’autre une verge, la Rüet avec laquelle il fait mine de toucher les enfants ». Il remet ou jette ensuite des friandises dans la pièce, une sorte de rite de fertilisation des enfants qu’elle touche et de la terre.

 
 

Voir les commentaires

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

Repost 0

Publié le 6 Décembre 2007

undefined Christkindel (la pomme) : peut tout d'abord signifier  une petite pomme d’un rouge  très prononcé de ce nom décorait spécialement l’arbre de noël, ceci encore au milieu  du siècle dernier. Frotté contre un peu de laine, le rouge se faisait très brillant et lumineux. On la nomme aussi Hambscheim, Santa Klaus, pommier typiquement alsacien d’un sol léger et sec, avec une chair blanche croquante. 

Christkindel  : Mais le Christkindel c'est tout d'abord le mot "enfant Jésus", car c’est la transposition de ce mot.

Mais
plus qu’un enfant c’est une Fée germanique, Lichterfee (fée de lumière), ou encore l’adaptation alsacienne de Sainte Lucie croisée  avec une fée ou une dame blanche. (voir Enfant Jésus et Ste Lucie)
On trouve dans ce terme, les mots “petit-enfant-Christ” petit enfant Jésus. Mais pris littéralement on traduirait que c’est le divin Jésus qui apporte les cadeaux. Van Gennep, célèbre folkloriste, par ailleurs très rigoureux, s’y laisse prendre en traduisant, que c’est un petit garçon qui parcourt la campagne avec le Hans Trapp. C’est vrai que sur certaines gravures l’on voit un petit Jésus assis devant le Saint Nicolas,  Père Noël ou un homme de Noël pour apporter des cadeaux, sur d’autres on voit l’homme précédé d’un ange sous la forme humaine d’un petit garçon ou d’une petite fille-ange. Les anges n’ayant pas de sexe défini.
Le concept a été mal étudié, car il s’agit assez énigmatiquement en Alsace d’une jeune fille (jeunette) qui est attendue dans les toutes les maisons alsaciennes (protestantes et ensuite catholiques)  jusque dans les années 50 et aujourd’hui encore dans de rares villages alsaciens.


Si elle peut être le porteur de cadeaux de l’Enfant-Jésus, elle ne peut être l’Enfant-Jésus, car elle est coiffée d’une couronne d’or,  faite de feuillage,  de sapin dans laquelle sont plantées les bougies enflammées. Elle est vêtue de blanc, porteuse d’une clochette (comme on annonçait le Saint-Sacrement dans les rues,  et lorsque  l’on portait la communion à un malade dans un hospice) une baguette (ou une verge, dans un rite de fertilité1  ou pour punir les enfants désobéissants), un panier avec des friandises (pommes, noix, sucreries, pains d’épices, orange).A son entrée, elle jette des fruits dans la pièce. Est-ce une fertilisation du sol, un rite magique ? s’interrogent les érudits. Gérard Leser dans « Wihnahchte en Alsace » nous apprend (page 57) que l’on retrouve une sainte lançant des fruits et aidant les malheureux sur une gravure qui date de 1850 et qui représente le mois de décembre.
Elle parcourt pieds nus, tantôt juchée sur un âne, seule ou accompagnée du Hans Trapp, qui a déjà suivi les pas de Saint Nicolas quelques jours plus tôt dans le mois.
Qu’est au juste le Christkindel, cette Dame de Noël si l’on adopte la formule de Nadine Crétin (le livre de Noël, Nadine Crétin, France Loisirs Paris) , une brochure de l’office du tourisme de Sélestat sur l’Alsace résume :”une créature pleine de contradictions ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de Noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Si l’on résume l’étude que nous avons brossé devant vous, il y a donc des pistes, pour
* la déesse Freia, Perchta (la lumineuse) avec comme indice, les bougies enflammées dont elle est coiffée ou Holda (douce et généreuse) l’indice : les fruits lancés dans la pièce au moment de son entrée...
* une transposition abrupte de sainte Lucie, décalée par le calendrier, apportée par les Suédois,alors qu’ils ne la fêtent que depuis  la deuxième partie du XIX ème siècle soit bien après notre chère Christkindel alsacien. Et ceux qui font l’amalgame avec Ste Lucie n’ont pas étudié le coeur du problème se contente de l’apparence.
* une dame abonde, comme dans d’autres régions, l’indice qui nous y porte c’est la baguette magique qui touche les enfants, mais contre-indice les autre n’ont ni bougies enflammées....
* un enfant Jésus  qui distribue les cadeaux sous un aspect plus âgé... alors pourquoi une jeune fille, une couronne, un vêtement blanc ? cela ne semble pas suffisant.
* une création typiquement alsacienne, nourrie des dames blanches, et des fées germaniques antiques ?
 
Le choix reste ouvert, et les preuves manquent. Mais dire que c’est “remarquable que cette incohérence fondamentale n’ait pas été corrigée par le peuple”34  tend à nous prendre pour des imbéciles, au contraire, le personnage est bien plus (non pas au sens théologique) et bien au-delà de l’Enfant Jésus dans l’imaginaire culturel alsacien, la preuve une fois encore que le pays qui a invité (et exporté dans le monde entier) l’arbre de Noël (1521), Hans Trapp, les marchés de noël ou de l’Avent, a une histoire, un imaginaire, une culture profonde, créatrice et pleine de magie.  F.S.


Christkindele, Christkindele,
Kumm dü züe uns erin
Mer han e frisches Heubindele
Un au e Gläsele Win
E Bindele für’s Esele
Für’s Kindele e Gläsele
Un bette kenne mer au »
(La traduction peut donner ceci :
 Christkindel, Enfant Jésus viens entre donc chez nous,
nous avons un gerbe de foin toute fraîche,
et un verre de vin aussi
la gerbe pour l’âne,
le verre pour l’enfant,
et prier, nous savons aussi » )

(sources : brochure : l’histoire de l’arbre de Noël  de l’office du Tourisme de Sélestat, Marguerite Doerflinguer « c’est un rite magique, qui promeut la santé, la vitalité de l’enfant. L’origine serait à trouver dans un cortège de jeunes filles représentantes des formes fécondantes et fertilisantes du cosmos comme au mois de mai », in la quête de l’Alsace profonde, SAEP Colmar.

Christindl  : c’est aussi le nom d’un village autrichien, bien connu des bibliophiles qui du premier dimanche de l’avent au 6 janvier inclus (Autriche 4411 Christkindl) diffuse et oblitère de très beaux timbres de la nativité. Voir poste.

Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

Voir les commentaires

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

Repost 0

Publié le 6 Décembre 2007

12090022.JPG12090004.JPGSi l'on sait qu'il est originaire de Sélestat (Bas-Rhin) peu savent que l'Alsace l'a exporté dans le monde entier, sans en toucher les droits d'auteur !!

Christboim (Winachtsboim) usage répandu depuis le XIII ème siècle puisque des édits autorisent le couper des branches ou des arbres à l’approche des nuits saintes. Le premier texte y faisant clairement référence date de 1521 à Sélestat (le canton est devenu par les grâces d’un publicitaire « le pays du sapin »). Car dès le XIV ème siècle l’on doit surveiller les forêts pendant 9 nuits afin d’éviter la coupe sauvage d’arbres.
L’humaniste Johann Konrad Dannhauer 1642-1646).qui s’élève contre cette pratique écrit dans son « cathechismus-Milch » : « Pour noël, il est d’usage à Strasbourg d’élever des sapins dans les maisons, on y attache des roses en paier, des pommes, du sucre ».
Accroché au plafond dans le Sundgau, puis posé au sol, l’arbre se verra décoré de fruits, d’hosties colorées non consacrées, de rubans... puis de fruits noisettes, noix emballées dans du papier doré, puis plus tard de gâteaux de noël et de pains d’épices. Les bougies étaient connues en 1785 date à laquelle la Baronne d’Oberkirch écrit que dans chaque maison, on prépare le “Tannen” sapin recouvert de bougies, bonbons...


Une des bases religieuses du sapin serait la citation dans le livre de Barus « sur l’ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage, car Dieu conduira Israël, dans la joie à la lumière de sa gloire » (Bar 5, 8-9, 2ème dimanche de l’avent, année C).
Les origines du sapin : Si de 1521 datent les premières traces écrites du sapin, on en trouve d’autres dès 1184, ou encore en l’an 1000 et 1025 dans

Même si d’autres sources soulignent ces pratiques dès 1184 ou encore 1000 et 1025 un décret de l’évêque de Worms qui attribue à un “pape” Martialis (inexistant) en réalité l’évêque Martialis de Limoges qui édictait un interdit de décoration des demeures avec de la verdure .  Les interdits se retrouvent en 1184 à Munster, en 1525 à Salzbourg.
Ce qui tend à prouver que cet usage existait et semblait répandu.
Si Boniface au VIIIème siècle aurait ainsi coupé un arbre sacré germanique et l’aurait transformé dans la ville de Geismar en arbre de noël.  Comme référence païenne on peut aussi témoigner que le couvent de Lehnin près de Brandebourg avait été construit sur un ancien site germanique, l’on a même conservé au pied de l’autel, la souche de l’arbre.  Peut-on faire un lien avec le culte gaulois attribué à Gargan, le dieu gaulois,  il laissait en signe de permanence de la vie un arbre toujours vert.
Les hautes cathédrales évoquent d’ailleurs les forêts, le chœur de l’église rappelle la clairière.
Sébastien Brant, l’auteur de la nef des fous » évoque déjà le culte de l’arbre, « Celui qui n’offre rien de nouveau, ne chante pas la nouvelle et ne met pas de rameaux de sapin vert  dans sa maison croit qu’il ne survivra pas à la nouvelle année. » On voit ici l’usage confirmé de décorer la maison avec du sapin. 
(Décoration du sapin voir ce mot) (Sapins sur les places publiques voir Sapin)
(Image 1910)
« En Alsace, il n’y a pas de famille, si pauvre qu’elle soit, qui n’ait son arbre de Noël. Quand un Alsacien émigre, il emporte la coutume héréditaire avec ses pénates. On l’a retrouvée dans les placers boueux de Californie, dans les sables du Sahara, dans les tranchées de Sébastopol, si bien qu’on a pu dire : « Là où est une famille alsacienne, là est un arbre de noël ». (Etienne Seinguerlet, dans son Histoire de Strasbourg, 1876) (Sous les images, Noël, Martyne Perrot, Seuil, Paris, 2002)
Début du XIX il entre dans les pays du Nord au moyen de l’aristocratie protestante.
1820 il est en Angleterre, à Manchester en 1820 grâce à la communauté des marchands germaniques
1840 Hélène de Mecklenbourg en fait planter un au jardin des Tuileries.
1870 la coutume se développe au delà de la région Alsace.
Après la guerre, l’association Alsace-Lorraine organise des « abres de Noël » donc des distributions de cadeaux ou de nourriture pour les enfants.
1882 Un arbre de Noël est signalé sur la place du Chatelet.
1890 le sapin entre à la Maison Blanche
1940, il entre à l’école et se propage rapidement en France. Au Sud de l’Europe, pays plus catholiques, la tradition assimilée au protestantisme sera reçue avec plus de réticences et plus tard, ces mêmes pays privilégièrent la crèche et développèrent cette tradition. (Espagne, Portugal, Italie).

Toutes les photos sont de l'auteur.  
 

Voir les commentaires

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

Repost 0

Publié le 6 Décembre 2007

12130006.JPGNous  rappelons ici l'histoire des marchés de noël, "Weihnachtsmakt" ou "Christkindelmarkt" (marché de Noël ou de l'enfant Jésus")

Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

Voir les commentaires

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

Repost 0