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Publié le 8 Avril 2008


QUI EST LEON IX ?
L’unique pape alsacien qui a béni la chapelle Saint Jean Baptiste d’Eichhoffen
“la miséricorde de Dieu remplit le ciel et la terre”. Devise du pape Léon IX.




Quelques  éléments de la
Biographie du Pape
Léon IX 4

21 juin 1002  : naissance de Brunon d’Eguisheim, du comte Hugues IV (Hugo von Egisheim, fondateur de l’abbaye d’Altorf, apparenté donc à la famille de Ste Odile, à la 7 ou 10 ème génération, comte du Nordgau) d’Eguisheim (au château du Haut-Eguisheim) et de Helwige de Dabo (d’où la confrontation entre les deux cités sur l’origine papale) barons et cousins de l’Empereur Conrad.
Il apprend à Toul, retourne durant les vacances au château familial d’Eguisheim. C’est ici qu’il sera mordu par une bête durant la nuit, et qu’en songe, St Benoît descend d’une échellle et cautérise ses plaies avec une croix. Brunon y voit la marque de sa destinée.

1018 : Il est chanoine de l’église de Toul à 16 ans.

1019  : Devient membre du chapitre.

1024 : Nouvelle dynastie à la mort de Henri II, Conrad II est élu le 8 septembre, c’est lui aussi un parent de Brunon.
Il est envoyé à la cour du roi à Worms, devient chapelain impérial et reçoit le surnon de “Bon Brunon”.
 
1025  : Dirige un contingent militaire envoyé à l’empereur par l’évêque de Toul contre les Milanais révoltés dans la plaine de Lombardie, il dirige et organise mais en tant que diacre ne se bat pas. Choisit l’emplacement du camp, place les guetteurs, règle des dépenses.

1026 : Évêque élu par les clercs et les habitants de la ville à Cologne. Mission qu’il accomplira durant 22 ans.

19-20 mai 1026, jour de l’Ascension :  il est sacré évêque de Toul. (2000 h à l’époque). Il y débute un plan de réforme. Dans son soucis d’honneteté il révoque l’abbé de Moyenmoutier, trop interessé par les profits et non l’intérêt spirituel de ses ouailles, ainsi que celui de Saint Mansuy (près de Toul) et rattache les communautés à la congrégation de Cluny. (9/09/1027 à Worms, ordination)

QUI EST LEON IX ?
 
1030 et 1037  : assiste au synode métropolitain de Trèves

1033 : terrible famine dans toute l’Europe

1037  : envoyé à la cour de France,  il y  négociera la succession de Rodolphe de Franche-Comté qui léguait ses terres à Conrad.
Voyage à Rome.

1039  : Henri III succède à Conrad II (+)

1048  : mort du pape Damase II

1049 : Brunon, supplie en larmes de ne pas le nommer, jeûne trois jours. Mais n’accepte qu’à condition que le peuple de Rome le choisisse aussi. Prend son bâton de pèlerin et se rend en simple tenue de pèlerin à Rome. Pieds nus il entre à Rome.
“Si vous ne voulez pas de moi je m’en retournerai de grand coeur dans mon pays”.

10 mars 1049 : il est consacré à la basilique St-Pierre-de-Rome, sous le nom de Léon IX. Leo.
Débute un vent de réforme, des voyages notamment en Allemagne (et donc en Alsace).
Convoque un synode à Reims (où il élève le corps de Saint Rémi, et fait la dédicace de l’église de l’abbaye de ce nom. 
Condamne le nicolaïsme (mariage des prêtres). Pape voyageur, il est un des premiers papes à aller à la rencontre de son peuple, malgré les incertitudes politiques, sur ce point également il est précurseur des papes témoins voyageurs du XXème siècle, Jean-Paul II y fait allusion dans ses documents).
1050  : il est au Mont Gargan. Préside le conseil de Latran et de Florence et condamne l’hérésie eucharistique de Béranger de Tours.

17/12/1050 : accorde la paix perpétuelle à ses propriétés. Il demande la paix et le respect des gens. La trève de Dieu déjà connue en France est ainsi introduite dans le Saint-Empire-Romain. A besançon le 3/10/1050 en introduisant la fête de la dédicace à la trêve de Dieu, il la reconnait officiellement pour la première fois dans un document pontifical.

Fin 1050 : retour en Bourgogne et en Lorraine.

1052 : condamnation de la Simonie, la vente des charges ecclésiastiques, le mariage des prêtres (nicolaïsme), l’investiture laïque (le choix deu pape et des évêques par l’empereur, même s’il se fait un peu plus discret en Allemagne sur ses questions) ou le commerce des sacrements.
Rupture entre l’Orient et l’Occident. Humbert de Moyenmoutiers en porte la lourde responsabilité d’avoir coupé les liens avec Constantinole. C’est l’élément passif du bilan de Léon IX.
Il est également mélomane puisqu’on lui doit la musique et l’office en l’honneur de St Hidulphe, de Sainte Richarde (d’Andlau) et de Ste Odile.

1053 (18-06) : il est capturé à Citivate, prisonnier à Bénévent.

1054 : le 12-03 le pape reconnaît les conquêtes des Normands qui acceptent de le libérer.
(vitrail, photo Figaro)
QUI EST LEON IX ?
 
15 avril 1054   : il arrive à Rome, épuisé et malade.

19 avril 1054 : il meurt à Rome, il est inhumé dans la basilique Saint-Pierre.(Le site de l’association du millénaire de la naissance, cité plus haut, montre une photo de la tombe et de l’autel). Sur celle-ci est gravé “Rome la souveraine, est dans les pleurs, elle a perdu Léon et, entre beaucoup elle ne treouvera un tel père”.

1087  : canonisation du souverain pontife par un de ses successeurs Victor III.
1091 : première église à Toul par le doyen du chapitre Luculfe.

1852 : édification d’une statue sur la fontaine, 1853 (bénie en 1882)  et donjon
1885 acquisition avec l’aide de paroissiens du château par Mgr Stumpf. Construction de la chapelle.

Années 1970 : rénovation de la chapelle Léon IX à Eguisheim

2002 : Célébration du millénaire de la naissance du Pape à Eguisheim avec messe pontificale, message du pape Jean-Paul II.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #EICHHOFFEN

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Publié le 8 Avril 2008

UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE

Eichhoffen se trouve sur une vieille route celtique qui va de Barr à Villé, au flanc de la colline qui se nomme le “Muenschberg”.
Ce “Bari” tire son nom de moines bénédictins qui les premiers ont déboisé la colline pour y planter  des vignes.
Eichhoffen est donc la porte extérieur du couvent d’Altorf.  (Altorf étant situé à la porte de Molsheim, à l’Ouest de Strasbourg).
Les Eguisheim-Dabo, rappelons que Léon IX était Brunon d’Eguisheim,
protégaient plusieurs cités Honau, baumgarten, Erstein, Pairis, Andlau, Hohenbourg (Sainte-Odile), Neuwiller, Woffenheim et Altorf.1
La famille est apparentée à celle du Duc d’Etichon, le père de Sainte Odile, dont l’existence historique est attestée dans des courriers adressés au roi Childeric II.2 
L’abbaye d’Altorf, selon la même source,  a été fondée par Eberhard III.3

On sait d’après les chroniques que des moines sont venus d’établir ici, on sait en outre que les moines
- possédaient une ferme s’occupant de viticulture
- une chapelle attenant à la grange où ‘lon entreposait la dîme (ensemble un seul bâtiment)
- un moulin.

Sur ses dons, l’abbé supérieur du couvent fit restauter en l’an 1569 la  chapelle. Et à cette occasion il fit apposer une plaque relatant en lettres gothiques l’événement de la consécration de cette même chapelle en 1053 (15 janvier 1053) au cours du deuxième (ou dernier pour certains historiens) voyage en Alsace.


La chapelle a une particularité, elle fut jusqu’à la fin du XXème siècle une propriété particulière. Rachetée sur les biens nationaux par des particuliers, notamment le Sieur Berthel.

Avant 1789 elle n’était ouverte au culte que pendant le temps où l’abbé résidait dans sa maison de campagne.

En 1845, dit le dictionnaire du Bas-Rhin et du Haut-Rhin de 1865, on a trouvé dans une maison attenante à la chapelle un haut-relief taillé dans un seul bloc de bois de chêne et représentant la mort de la Vierge. Cette sculpture est devenue la propriété de Monsieur Alphonse CHUQUET, à Strasbourg.
Sur l’illustration ci-contre, l’abbatiale  bénédictine d’Altorf, dernier quart du XIIème siècle, elle possède un portail occidental au tympan le Christ entre la Vierge et le pape Léon IX?  (encyclopédie de l’Alsace vol. 5 1983 Publitotal Strasbourg p 2675)


FRESQUES :

Les fresques nous paraissent bien endommagées, c’est pourquoi nous invitons nos lecteurs, visiteurs de la chapelle à tout faire pour soutenir l’association de restauration de la chapelle qui vient de se fonder.  Intempéries, infiltrations, humidité, la chapelle a subit les outrages du temps. Elles méritent toute notre attention et d’être au minimum protégées et au mieux restaurées, comme celles de sa cousine la chapelle Sainte-Marguerite à Epfig.

Ces fresques  sont anciennes, certaines datent au minimum de la restauration de la chapelle 1569. 
Le néophite distinguera, après quelques secondes d’attention,  plusieurs couches de dessins.

 - Un ange de chaque côté du choeur (droit et gauche)
- Un ange (à droite) portant la palme du martyr à .... ?
-  Une Vierge couronnée portant l’enfant  Jésus dans ses bras (au fond à gauche)

Sur une couche antérieure, au fond à gauche, on distingue derrière la Vierge couronnée

Ensuite on verra également autour des vitraux avant droit, un liseret qui coure sur les parties hautes des murs.




Elle date du 12 ème siècle, longtemps conservée au Prebytère, par la commune, elle réintègre pour la fête paroissiale sa première destination la chapelle.


Le vitrail central qui date du début du XX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.



Une statue de Saint Jean Baptiste du 12ème siècle, retrouvera pour la fête paroissiale du 22 juin, sa place ancestrale dans le choeur de la chapelle. Cette statue est classée dans le répertoire des Monuments Historiques.

 

Le vitrail de Marie, Jésus et Jean Baptiste , aux couleurs particulièrement chatoyantes :





UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE



LES BEAUX VITRAUX
    FIGURATIFS.


Qualifiés de
“beaux vitraux figuratifs du XIX ème Siècle;” par le Dictionnaire  des monuments historiques, La nuée Bleue page 124.

Le vitrail central  :
Baptême du Christ par Jean
Il date du début du XIX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.

Le vitrail central qui date  du XIX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.

Le vitrail de Marie et Jésus :
Jésus  s’amuse avec Jean Baptiste, aux pieds de la Sainte Vierge, attentive, par la fenêtre  entrouverte on voit un homme, sans doute Saint-Joseph, partant aux champs. (XIXe siècle)

 Portail à linteau en bâtière  :  dont l’écusson, l’emblème ou les armoiries ont été burinées par les révolutionnaires quelque peu irrespectueux pour les symboles fussent-ils chrétiens.
Il se situe sur la façade latérale droite. (Photo : lanterne)
Au centre :
l’Agnus Dei  (agneau de Dieu) entouré des symboles ailés des 4 évangélistes. On reconnaît la symbolique de l’Apocalypse de l’apôtre, que Jésus aimait,  dernier survivant 



à savoir Saint Jean. Il date de 1140 et aurait été éxécuté par l’atelier d’Andlau4 
On le voit ce linteau a été  restauré.
Peut-être comportait-il un agneau de ce type (à gauche).
Les travaux entrepris sous le mandat du Maire M. Armand Wirth, après la
cession de la chapelle par le Conseil de Fabrique à la Commune, ont permis de faire des travaux de restauration extérieure, façades et toit pour un montant de 552.000 F
(84 152 €). Somme importante pour une petite commune.


Témoignage historique

IN HAC AEDE ANNO 1792 ABAGENTIBUS GALLICANAE SUBERSIONIS RAPTÂ ET VENDITÂ, SACRA POST MAGNAS VICISSITUDINES ITERUM FACTA SUNT USQUE AD ANNUM 1864. AB HOC ANNO ABOMINATO DESOLATIONIS IN EÂVISA EST.
USQVE AD ANNUM 1905, INQUO PAROCHUS N.LESLÉ CONTAMINATAM SUIS OPIBUS RECUPERAVIT ET PARTIM SUIS PARTIMQUE RRDD ESPISCOPAROM AC NONNULLORUM SAACERDOTUM DIOECESEOS DONIS RESTAURAVIT.


Autre vitrail ancien qui relate en latin, des événements qu’a subit la chapelle.
(Dans ce temple, volé et vendu en l’an 1792 par des agents de la subversion gallicane,

(sous-entendu : la révolution française) les mystères sacrés, après de grandes vicissitudes, ont à nouveau été célébrés jusqu’en l’an 1864. Après cette année, on y a vu l’abomination de la désolation, jusqu’en l’an 1905 en laquelle le curé N. Neslé a récupéré de son argent (le temple) profané et l’a restauré grâce aux dons faits, en partie par les Révérendissimes Evêques, en partie par quelques prêtres diocésains”.

Selon l’abbé Loeb qui a effectué la traduction pour ce numéro spécial,  confirmé parMarie Anne Hickel, souligne que le latin est grammaticalement juste et son vocabulaire est tout à fait correct. Il nous précise que l’abomination de la désolation est le terme biblique pour exprimer la profanation du temple de Jérusalem.
En 1905, les Révérendissimes Evêques étaient, dans le Diocèse de Strasbourg, Monseigneur Fritzen et son Auxiliaire Monseigneur Zorn von Bulach, ainsi que Monseigneur Marbach, évêque-auxiliaire émérite. (Très aimé parce qu’injustement “déboulonné” de Strasbourg par la volonté de Guillaume II qui voulait placer Zorn von Bulach). On peut penser que le Curé Neslé les a sollicités tous les trois.

On notera le courage de ce prêtre qui a payé de ses deniers l’achat de la chapelle et sa témérité à la tâche pour en faire la restauration.

Le tableau de la Crucifixion du Christ :
Tableau ancien du XVIIème siècle.


La Statue du Christ en Croix :
Classée, cette statue du Christ en Croix qui a inspiré celle de l’église Saint André d’Eichhoffen veut recréer avec réalisme la situation de Marie, Jean et du centurion romain au pied du Calvaire, le Vendredi saint de l’année 33 où Jésus offrit sa vie pour les péchés du Monde. Ô passant, souviens-toi ! semble s’exclamer son oeuvre.


Autre particularité peu remarquée, au fond de la chapelle, à gauche de la sortie dans le coin, on note la présence d’une pierre tombale d’un prêtre ou d’un religieux dont la dernière demeure est donc notre modeste chapelle. Un prêtre, un religieux qui  desservit ce sanctuaire et obtint la grâce d’y reposer ? Ou lors de l’agrandissement de la chapelle aurait-on inséré dans la chapelle cette pierre tombale extérieure. On ne sait.

Dans le coeur de la chapelle se trouve une statue, tardivement déposée dans la chapelle, actuellement dans le choeur à gauche. C’est celle de Charles Borromée, né le 2 octobre 1538 (+4/11/1584), au Sud du Lac TEMOIN

majeur en Italie. Son oncle est le Pape Pie IV (1559-1565). Il l’assiste au moment de la reprise et dans la conusion du Concile de Trente. Archevêque de Milan en 1564. Crée un des premiers séminaires en 1564, développe l’enseignement religieux, fonde les Oblats de Saint Ambroise. Il est un artisan et un modèle de la Réforme catholique. Il se dévoue pour son peuple lors de l’offensive de la peste entre 1576-1578, il en mourra. Patron des oeuvres catéchistiques par Pie XI en 1934, ce qui peut expliquer sa présence dans notre église paroissiale. 
Patron de la Suisse catholique dont dépendait les capucins d’Alsace. On lui doit les confessionnaux de nos églises. Il est aussi le saint patron de la faculté théologique de Salzbourg. 5

Saint Jean Baptiste est selon
la bulle de Léon IX adressée à l’abbaye
de Florennes “le plus grand des enfants
des hommes”.
Dans de nombreuses chapelles ou églises consacrées par ce pape alsacien
on trouve la présence conjointe de Marie
et Jean Baptiste. On citera le don qu’il fera d’une relique du Baptiste et d’un fragment du voile de la Vierge à la cathédrale de Metz. Il a placé sous le patronage du Baptiste l’église de Moyenmoutier.

Le linteau : (actuellement visible dans la chapelle sur le côté gauche du chœur)

 Cette gravure atteste que la chapelle fut consacrée le jour de la Saint Hilaire (le 13 janvier) en 1052 par le Pape Léon IX en personne,
et consacrée à la Vierge Marie et à Saint Jean Baptiste.

La plaque prouve en outre  que la chapelle fut restaurée en 1569 par l’abbé Bernard Münchberger, selon Grandidier, Il est bien le 37ème abbé d’Altorf (1560-1578)                                 Transcription du texte :
Soli Deo Honor et Gloria
Dise Kurch in Ano MLII Von S Leo D(en) IX Des nam(e)ns d(e)m Hel(i)gen Babst eign(e)r Person in Gottes Marie seiner Lieben Mutter und S.IOHABTAE De(r) Heil(igen) Patron(em) dem XIII Tag Ianvaric (uff Welchen auch Iarliche die Kurchweihung Behalten Wirt) C(on)sec(h)riert Hat der Ehrwurdig Her Bernard der XXXVII ABT Zuo Altorphe gants abgangen in Iar MDLXIX vider erbauwe.


Dans la première partie le texte ne présente pas de difficulté, dans la seconde on utilise des abréviations et  peut-être des retouches lors de la restauration.


A Dieu seul l’honneur et la gloire.
Cette église, en l’an 1052, est consacrée par Saint Léon, le IXème de ce nom, le Saint Pape en propre personne, en Maison de Dieu, ayant Marie, sa Mère aimée, et Jean Baptiste comme Saints Patrons, le treizième jour de janvier (auquel aussi la dédicace est célébrée chaque année).

Le Révérend Seigneur Bernard IX (9ème du nom) 35 e Abbé d’Altorf, alors qu’elle était  entièrement ruinée6 , l’a reconstruite en l’an 1569.   (Traduction proposée par l’abbé Loeb, confirmée par Marie-Anne Hickel).

Sur une des photos, l’un des anges du choeur de l’église Saint André
d’Eichhoffen qui a été restauré en 2003, ils furent “sortis” de l’église dans les années 60.
trois fenêtres géminées à ogive et une porte.






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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 8 Avril 2008

HISTOIRE D'EICHHOFFEN


Localisation et présentation géographique sommaire
                                    (T.L.)

Eichhoffen est une petite commune au pied des Vosges, à 4 kilomètres au Sud de Barr, et à deux kilomètres à l’Est d’Andlau, elle se situe donc dans la partie Nord du Canton de Barr. Le village lui-même s’étend dans la partie sud de la vallée d’Andlau et en partie dans les collines sous-vosgiennes. (190 mètres le point le plus bas, 270 mètres le point le plus élevé).

Le sol : le sol est constitué de dépôts altérés originaires de la première glaciation.

La commune : le village lui-même s’étend des pieds des collines du Muenchberg en direction de la gare. Le village suit les extensions principales
- en direction de la agre
- l’axe rue du vignoble

Contrairement aux autres villages à dominante viticole de la région, la population augmente d’environ 6 % depuis 1946
*
La viticulture occupait en 1982 5 à 6 % de la population active et 25 ha, 70 % de la surface agricole utlisable.






NAISSANCE DU VILLAGE
                                       






Eichhoffen  est  cité pour la première fois en 1097 sous le nom de “EICHHOFE”. C’est le nom de la maison de campagne de l’abbé d’Altorf qui a des biens importants dont la chapelle Saint Jean Baptiste sur les lieux.

Eichhoffen est sans conteste un village viticole et agricole, il se trouve sur la vieille route celtique de Barr à Villé ce qui explique une occupation fort ancienne des lieux. Il est situé au flanc de la collline du “Muenschberg” (Muenschbari en alsacien) qui tire son nom des moines bénédictins qui les premiers ont déboisé la colline et y ont planté des vignes. EIchhoffen est donc le poste extérieur du couvent d’Altorf, mais on ne sait pas avec précision à quelle date ils sont venus s’installer sur les lieux, mais grâce aux chroniques du couvent on connaît quelques dates et détails de la vie de ce couvent au Moyen-âge.
Ainsi les moines y possédaient une ferme et s’occupait surtout de viticulture, une chapelle attenant à la grange où l’on entreposait la dîme (formant un seul bâtiment), on sait aussi qu’il existait un moulin.
 
La tradition formelle précise que le Pape Alsacien LÉON IX l’ait consacré le 13 janvier 1051. La chapelle a été reconstruite en 1560 mais a conservé un tympan du XIIème siècle représentant un agnus dei et les symboles des évangélistes, un linteau en bâtière. L’abbaye d’Allerheinligen en forêt noire possédait elle aussi des vignes à Eichhoffen.
Dans les vicissitudes de l’histoire on sait sait que souvent les biens du couvent furent hypothéqués, l’abbé supérieur du couvent, Berhard Münschberger von Wittenberg fit restaurer en l’an 1569 la chapelle Saint Jean Baptiste et fit apposer une plaque relatant en lettres gothiques l’événment historique de la consécration de la chapelle par le seul pape alsacien qu’ait connut l’histoire pontificale.  Certains placent cette consécration lors du second voyage du Souverain Pontife. La précision du jour et du mois de l’abbé Bernard qui disposait des chroniques du couvent devrait préavloir d’un emanière décisive.

Le Village dépend de l’abbaye d’Andlau, puis passe en 1227 à l’évêque de Strasbourg qui devient seigneur du village et l’abbesse d’Andlau décimatrice.
Le village n’a pas d’église mais utilise celle consacrée à Saint André d’Andlau ainsi que son cimetière. Il faut noter qu’en 1793 où éclate le conflit entre Andlau et Eichhoffen, ces derniers villageois sont obligés d’enterrer leurs morts à Stotzheim. Ce qui faisait un sacré trajet.
Le conflit est abordé dans ce livret page...  La fin aboutit à la construction, avec de nouvelles pierres, de l’église d’Eichhoffen en 1864 après de nombreux épisodes juridiques.

J.GRIMM dans son livre, Wiestumer I, Göttingen 1840, a donné une description du “Dinghofrecht” il y avait de nombreux “Hüber” c’est-à-dire des paysans ayant affermé une superficie suffisante de terre pour nourrir une famille (terme français “Mense”). Tous les “Huber” exploitant en fermage des terres appartenant au couvent doivent serment de fidélité au régisseur.
La ferme du couvent possède le droit d’asile : ni pape, ni empereur, ni roi, n’ont droit de poursuivre un délinquant à l’intérieur de l’enceinte. Tout fugitif y est entièrement libre : aucune restriction ne peut lui être opposée. L’assemblée générale du Ding est fixé au lundi après la Saint Martin, c’est le moment du règlement général des comptes de l’année écoulée. A l’issue de la réunion le régisseur prévoit une collation : 1 h de vin, 12 pains, 2 fromages, 1 boisseau de noix.





Sur l’illustration, les armoiries telles qu’elles sont représentées sur les murs
du Secrétariat de la Mairie d’Eichhoffen.
HISTOIRE DE NOS ARMOIRIES

Illustration : “Registre n°36, par ordonnace rendue le 2ç du mois de Juillet de l’an 1700, par messieurs les commissaires généraux du conseil député fut le fait des armoiries. Celle de la commune de Eichhoffe
Telles qu’elles sont ici peintes et figurées, après avoir été reçues , ont été enregistrées à l’Armorial Général, dans le registre cotté, Strasbourg, en conséquence du payement des droits réglés par les tarifs et arrêt du conseil, du 20 ème de Novembre de l’an 1696. En foi de quoi, le présent brevet a été délivré, A Paris, par Nous Charles d’Hozier, Conseiller du Roi et Garde de l’Armorial Général de France”. 






D’EICHHOFFEN,
IL DONNA UN NOM A L’AMERIQUE...

C’est à Mathias Ringmann, un Alsacien d’Eichhoffen (?),
que l’Amérique doit son nom....

Expliquons tout d’abord que plusieurs communes REICHSFELD ET SCHERWILLER pour ne pas les citer,  revendiquent le fait d’être le village natal de cet illustre alsacien. Ainsi même Saint-Dié s’affiche, marraine de l’Amérique. Expliquons donc ce terme,  le “Nouveau Monde” ne porterait pas le nom d’”Amérique” s’il n’avait pas rencontré Mathias RINGMANN.
Ce nom serait “dû d’une part à la découverte de l’imprimerie à laquelle les noms de Gutenberg et de Strasbourg sont attachés et ensuite de l’Ecole des humanistes latins de Sélestat dont le rayonnement a été grand dans tout le Saint Empire germanique”.

Parmi les grandes pointures alsaciennes de Sélestat, Dringenberg, Sapidus, Wimphenling, Martin Ergersheim, Béatus Rhénanus et le célèbre homme en titre de cet article (1482-1511) qu’on surnommait le “Philésius des Vosges” il était né dans le val   d'Orbey et a été formé nous dit l’article par “les religieux de l’abbaye de Paris Il semble que se soit une erreur, car Ringmann serait né en 1482 à Eichhoffen.”
Notre village de la route du vin à 20 km de Sélestat et 10 km d’Obernai. Mais on ne sait pas sur quels documents se base l’auteur pour l’affirmer acte de naissance, documents d’époque...

Sa vie semble avoir été courte et dense, il fit ses études à Heidelberg (centre universitaire bien connu), puis à Paris où il étudia le Grec, les mathématiques, la géographie, la philosophie, la poésie, la cosmographie. En 1500 il est à Strasbourg élève de Jacques Wimpheling, correcteur chez l’imprimeur Jean Pruss.
Il publiera une grammaire latine illustrée avec des figurines à découper pour avancer dans la connaissance de la langue, on imagine que ses conceptions pédagogiques ont du défrayer la chronique !
Ce sont les récits du découvreur de cette nouvelle contrée qu’il reprendra dans un ouvrage “Cosmographie Introduction” publiée en 1507 qu’on découvre pour la première fois le nom “AMERICA”  (en latin) soit Amérique.
Le texte latin est donc considéré comme l’acte de baptême de l’Amérique après avoir été découvert.
Le texte ressortira de l’oeuvre  d' Albert Ronsin, conservateur de la bibliothèque de Saint Dié a publié un ouvrage intitulé Découverte et baptême de l’Amérique en 1979 , Où il dit  : 
“Aujourd’hui ces parties de la terre (Europe, Afrique et Asie) ont été complètement explorées, et un quatrième partie a été découverte par Amerigo Vespucci, ainsi qu’on le verra plus loin. Et comme l’Europe et l’Aise ont reçu des noms de femmes, je ne vois aucune raison de ne s pas appeler cette autre partie Amerigé c’est-à-dire la terre d’Amerigo ou América, d’après l’homme sagace qui l’a découverte. On pourra se renseigner exactement sur la situation de cette terre et sur les coutumes de ses habitants par les quatre navigations d’Amerigo qui suivent”.

Saint Dié bénéficie toujours du titre de marraine, donc de ville de baptême de l’Amérique, d’ailleurs les Américains ont contribué avec générosité après 1945 à la reconstruction de la ville démolie à 80 % lors des combats de la libération, une plaque de marbre jadis apposée sur la “maison de l’Amérique” détruite aux moments des bombardements (alliés !) de 1944 est aujourd’hui exposée à l’intérieur du mu sée de la ville.
D’EICHHOFFEN,
IL DONNA UN NOM A L’AMERIQUE...






On ne peut retirer à Ringmann cette paternité car ses confrères n’ont plus désigner America sur les cartes après sa mort.  Il ne reste plus à la municipalité de baptiser enfin une des rues de notre village qui ont plus de racines historiques que les noms de fleurs...

Source de la documentation : C’est un article de Jacques GRANIER,
dans les dernières nouvelles d’Alsace de 19841  que nous évoquons ici.



UNE DISPUTE ENTRE VILLAGES DONNE
NAISSANCE
A UNE EGLISE...

                                   
Repères                             (T.L.)
* En1793 Eichhoffen doit faire enterrer ses morts à Stotzheim
* En1800 le Sous préfet Cunier  attribue par décret l’église St André d’Andlau à Eichhoffen
* Le 3/07/1806 Ratification du décret par le Préfet de Sélestat
* Le28/03/1820 Ordonnance royale créant la paroisse St André d’Eichhoffen
* En 1827 Eichhoffen fait arracher la flèche de l’Eglise St André
* En avril 1827 Andlau fait enregistrer St Fabien sur son propre cadastre
* Jusqu’en 1866 dispute entre les deux paroisses au sujet de l’Eglise Saint André
* Septembre 1866 Eichhoffen cède et fait construire son église, sur son terrain et la nommera St André

(Sur l’illustration ci-contre, l’église Saint André d’Andlau, au coeur de la bataille entre les deux villages,  celle qui devait  terminer en matériau de construction). -photo lanterne-
Le cloche merle alsacien
Rends moi église, non elle est à moi !
“Andlau possédait trois églises toutes administrées par l’abbaye d’Andlau. La plus grande des trois, consacrée à St Pierre et Paul, la seconde en vile consacrée à Saint Fabien et Sébastien, la troisième en dehors d’Andlau formait la paroisse Est de la cité et son faubourg servant ainsi au hameau de Eichhoffen, situé à 3 km de là qui n’avait pas d’église.
L’église possède une nef rectangulaire (14,30 mètres sur 23) construite au 18 ème siècle et dirigée vers l’Occident. Vers l’orient on aperçoit une tour octogonale. (...) Selon le rapport Ringensein de 09 août 1859 cette église ne porte ‘aucun intérêt” architectural. Pour Andlau cette église servait de chapelle pour le cimetière qui se situe derrière elle.

Les justifications d’Andlau : 
Pour cette commune, il est évident que l’église était sa seule possession, reconstruire pour sa nef et son choeur avant la Révolution et murée pendant elle afin d’éviter les dévastations, rouverte après la période de terreur, elle permit aux Eichhoffenois de venir prier et assister au culte sans avoir à venir en ville
En 1806,  le Préfet de Schlestadt  remit à Eichhoffen tous les titres de propriétés et revenus de la fabrique d’Andlau. Le conflit éclate; ont-ils la jouissance d’une église désaffectée ou bien la propriété du fait  du décret du Préfet ?
Que fit alors Andlau ? transporter la cloche de l’église, ôter les bancs de l’église pour les mettre dans l’abbatiale, et fait arpenter le cimetière dont les morts d’Eichhoffen ne peuvent jouir le terrain ayant été acheté par Andlau.


UNE DISPUTE ENTRE
ANDLAU & EICHHOFFEN






Que va faire Eichhoffen ?
Eichhoffen entre “rien” et une “église”
Elle va se défendre en prétextant son droit à l’usage répété du culte hebdomadaire. Andlau ayant 3 églises, dont une abbatiale, Eichhoffen ne bénéficiant que d’une petite chapelle d’une 11 ème siècle bénie par le Pape Léon IX en 1053, qui est une propriété (à l’époque) privée. D’ailleurs l’après Révolution a fait fondre la paroisse St Fabien d’Andlau et celle d’Eichhoffen en une paroisse Ste Richarde. Ces privilèges furent selon le curé Naagel confirmés par une ordonnance royale du 28/03/1820 et Bien-sûr les titres de propriétés remis par le Préfet de Schelstadt. bref l’église St André va passer des mains de ‘l'abbaye à ceux de la nation pour enfin se retrouver dans celles de la commune d’Eichhoffen. A ce demander si Andlau a déjà été propriétaire de cette église ? Il se passa pourtant 50 ans avant que l’affaire ne reprenne de plus belle. les habitants d’Eichhoffen demandèrent que le Préfet de Strasbourg prenne une décision définitive. pour eux la partie était gagnée car le Préfet était apparemment de leur côté mais trop hésitant.

(Illustration, l’église Saint André d’Eichhoffen)
Le Préfet désigne un architecte pour une expertise de l’église Saint André (d’Andlau), aucun intérêt conclura-t-il, sauf peut-être la tour. A se demander pourquoi on l’a fait déplacer. Il suggère d’abandonner à Eichhoffen pour démolition (!!) sauf la tour. Bref tous les matériaux peuvent être réutilisés. L’évêché lui demandera une seconde expertise, même avis une construction neuve s’élèverait à 40 000 francs de l’époque, si on utilisait les matériaux de cette église (20 000 f) . Au final il se pose une grave interrogation au sujet de cette démolition possible  :”cette mesure me parait susceptible de soulever une grave question que l’autorité ecclésiastique est sans doute seule en mesure de résoudre à savoir si le fondations pieuses qui se trouvent entre les mains d’une fabrique ont été affectées à la commune ou à la paroisse, ou plutôt si elles ne sont pas inséparables des églises”.
Le dossier se corse, une fois complet, il est envoyé à l’évêché, d’entrée de jeu, l’évêque précise qu’il a toujours été d’avis que l’église était la propriété d’Andlau. Et après un assez long exposé historique puis une critique très sévère du rapport Ringeisen, l’évêché laisse entendre que même si le préfet donnait suite à la demande d’Eichhoffen il y aurait à s’occuper de la question des fondations e des rentes attachés à l’église St- André. Bref c’est l’évêque et lui seul qui est le maître à bord.
On s’interroge d’ailleurs sur les raisons de l’absence de pourvoi devant le Conseil d’Etat.
Bref la balle est maintenant dans le camp de l’Administration qui ne peut que suivre les UNE DISPUTE ENTRE
VILLAGES



consignes de l’autorité eclésiale :
“la commune d’Andlau est propriétaire de l’église St André que la fabrique d’Eichhoffen en a usage pour les besoins du culte, mais qu’elle ne peut sans le consentement de la commune d’Andlau démolir ou la transférer ailleurs”.

On se demande pourquoi l’affaire n’était pas plus avancée juridiquement, car la commune disposait de documents antérieurs tout  à fait valables, c’est en quelque sorte un conflit d’autorité dans la continuité de l’Etat et de la religion, un conflit pas aussi simple que veut le dire le décret préfectoral.
Eichhoffen se construira donc une église, dès 1863 (au printemps) ils demandèrent une subvention, elle avait perdu  l’usufruit de l’église et de ses domaines. A l’exception de l’orgue dont nous parle Bernard Heck plus loin. Et comble du retournement de procédure, elle se verra même remettre une contravention des Ponts et chaussés pour “encombrement de la route par des pierres de construction” destinées à l’église.
Le Préfet soutenait toujours Eichhoffen, c’est donc le sous préfet qui fit traîner les opérations pour délivrer les fonds, après multes rappels, arrivent 5000 f d’aide. Mais ses services, forts pointilleux, souligneront que dans la liste des matériels figure du mortier exclu de toute
subvention !!
Eichhoffen céda le mobilier, récupéra l’orgue dont elle était le légitime propriétaire par ses soins, et en 1866 l’affaire pris donc fin, sans que le bon droit soit prononcé. Ce n’est pas une défaite en fin de compte puisqu’elle y gagne une nouvelle église intra muros.

Dr T.L.

(Sur l’illustration, la tombe au cimetière d’Eichhoffen du prêtre Karl Zopfmann qui contribua à l’édification de l’église paroissiale, 1861-1887)
L’HISTOIRE DE L’ORGUE
MARTIN RINCKENBACH
D’EICHHOFFEN






par Bernard Heck
Président de la Chorale Sainte Cécile d’Eichhoffen
Membre du Conseil d’administration de l’association Eichho’nim-la lanterne

Après de multiples tractations entre les communes d’Eichhoffen et d’Andlau au sujet du mobilier de l’Eglise St André d’Andlau la délibération du Conseil Municipal de cette ville lors de sa séance du 25 mai 1886 dit : “considérant que la communes d’Eichhoffen a fait arranger les orgues St André (en 1834) et que dès lors il est juste de leur abandonner... accepte la renonciation et dans le but de faciliter de bons rapports entre les deux communes accorde à Eichhoffen le droit de retirer le jeu d’orgue avec son buffet, le surplus de meubles, tels que les bancs confessionnaux, outils et autres objets non encore retirés devant rester;”
En sa séance du 01/07/1866 le Conseil municipal d’Eichhoffen accepte vu la délibération du Conseil Municipal d’Andlau. Considérant qu’il y a avantage pour la commune d’Eichhoffen à trouver un arrangement à l’amiable... Espérant que les conseils de fabrique s’arrangeront également à l’amiable.. Renonce même aux bancs confessionnaux, outils et autres objets... Et prétend n’en retirer que le jeu d’orgues avec buffet et accessoires... Le dossier passa chez le Sous-préfet le 07/09/1866 et le 25/09/1866 le Préfet le transmit à l’évêché qui le 03/10/1866 donna son consentement.
Le transfert se fit très rapidement, à la fin de l’année 1866 l’orgue construit par le facteur d’orgue J.BESANCON était en place dans l’Eglise St André d’Eichhoffen.
Cet orgue ne resta pas longtemps à Eichhoffen car en 1894 Charles HAMM, directeur de la revue “Caecilia” et par conséquent spécialiste et expert en orgues devint Curé à Eichhoffen, il est évident que l’orgue du siècle précédent ne pouvait lui suffire ; il organisa immédiatement par le truchement de sa revue (1894-1895) une quête à travers toute l’Alsace pour se procurer un orgue neuf.
A cette quête s’ajoutèrent une subvention de 4000 Mark et une subvention communale de 1000 marks. Le nouvel orgue Martin Rinckenbach, revenant à 6500 Mark fut béni par Mgr Hilz et inauguré par J.ERB le dimanche 13/09/1896 sous le règne de son successeur le Curé Lesslé.
Pour le curé LESSLE, moins enthousiaste, il s’agissait maintenant de vendre l’ancien orgue. Ce fut chose faite en juillet 1896, l’orgue J.BESANCON d’Eichhoffen fut transféré à Horskirchen (où il se trouve encore actuellement) et ce pour la somme de 400 marks.

La révision de l’orgue, construit en 1896, a été effectuée en 1993 pour un total de 71 200 F HT. (10854,37  euros de l’époque) L’orgue est assuré pour un montant d’un million de francs (152 449 euros de l’époque).
 



Dans la Chronique paroissiale de l’année 1917,page 16 et 17, le Curé Beyer Alfred Curé d’Eichhoffen du 1/03/1916 au 30/10/1919 écrit :
“Un arrêté ministériel du gouvernement Allemand du 1/03/1917 stipule que toutes les cloches des Eglises peuvent être réquisitionnées pour être refondues pour les besoins de la guerre. A savoir pour Eichhoffen.
La grande cloche d’un poids de 427 kg, la cloche moyenne d’un poids de 265 kg, la petite cloche d’un poids de 160 kg soit au total 852 Kg. L’indemnité récupérable étant fixé à 2 marks le kg jusqu’à un poids de 665 kg et de 3,5 marks au-del) de 665 kg.
Il rapelle que ces cloches ont été commandées à la Société EDEL de Strasbourg en date du 27 mai 1866, coulées le 15 décembre 1866, livrées le 6 mai 1867, bénies et installées le 26 mai 1867.

La grande cloche est dédiée à la Sainte-Vierge Marie Mère de Dieu
Parrain M.STUETTEL Joseph            x inférieur     x supérieur     x hauteur
Marraine Mme STUETTEL Margarita     90 cm        48 cm         70 cm

La cloche moyenne est dédiée à Saint Joseph
Parrain M. ECK Louis            x inférieur    x supérieur     x hauteur
Marraine Mme SOHLER Franscisca     66 cm        35 cm        39 cm

La petite cloche est dédiée à Saint Jean Baptiste
Parrain M. MAURER Jean            x inférieur     x supérieur     x hauteur
Marraine Mme FREUND Crescent        43 cm        23 cm        39 cm

    En fin de compte, ce sont la grande cloche et la petite cloche pour un poids de 587 kg qui seront réquisitionnées et enlevées le 8 mai 1917 ainsi que la cloche de l’école des filles d’un poids de 68 kg soit au total 665 kg. L’indemnité versée se monte à 3078,5 marks. (La cloche de l’école des filles a été coulées en 1878 par la société FA CAUSARD de TELLIER en Belgique, à Colmar).

    Il ne reste donc à Eichhoffen des cloches d’origine, que la cloche moyenne de tonalité “DO #” , jusqu’à la fin de l’année 1922.

    C’est en avril 1922, que le curé Paul SUTTER arrive à acquérir du gouvernement Français (Ministère de l’intérieur section cultes) pour refonte, 2 cloches. Une petite de 18 kg et une grande de 216 kg abandonnées et se trouvant aux ateliers de constructions mécanique de Graffenstaden. (La grande avait été prêté à la Paroisse de Bischwiller),


DES CLOCHES 



de même, il arrive à récupérer à prix modique 220 kg de bronze mécanique en déchet provenant du Service de l’Artillerie des ateliers de construction de Tarbes.

    La cloche de 216 kg est acheminée et réceptionnée le 5 mai 1922 par le Fondeur Georges Farnier à ROBECOURT (Vosges 88). Le bronze militaire et la petite cloche arrivent à la fonderie le 30 juin 1922.

NOUVELLES CLOCHES     1922

    Dans un premier temps le Curé SUTTER et le conseil de fabrique passent commande le 30 juin 1922 d’une grande cloche, de 444 kg (hors battant), de tonalité “LA” pourun délai de livraison du 15 novembre de la même année.

    Dans un deuxième temps le Curé SUTTER note “comme les vendanges sont bonnes cette année, j’ai passé commande le 1er octobre 1922 d’une petite cloche de 199 kg, de tonalité “MI” avec le délai de livraison du 15 novembre.
Les deux cloches sont expédiées le 15 novembre 1922 de la gare de ROZIERES et arrivent en gare d’Eichhoffen le 20 novembre. (La facture du fondeur s’élèvent à 3381,35 francs de l’époque). C’est à l’occasion de la fête Patronale du dimanche 3 décembre 1922 qu’aura lieu le baptême des cloches dans une ambiance festive, suivi de leur mise en place dans le clocher.


A noter :
 La grande cloche est dédiée à Notre Dame de Thierenbach, elle porte l’inscription suivante :
Paul SUTTER Curé - Paul BEYURST Maire Aloïs DILENSEGER Adjoint
A NOTRE DAME DE THIERENBACH LA PAROISSE RECONNAISSANTE
Georges FARNIER Fondeur ROBECOURT Vosges

La petite cloche est dédiée à Saint Jean Baptsite, elle porte l’inscription suivante :
Paul SUTTER Curé Paul BEYURST Maire
A SAINT JEAN BAPTISTE
VOX CLAMANTIS IN DESERTIS (la Voix qui crie dans le désert)
Georges FARNIER Fondeur ROBECOURT Vosges

La cloche moyenne rescapée de 1867 est dédiée à Saint Joseph, elle porte l’inscription suivante :
RD Carola ZOPFMANN PAROCHOS ET JOHANE MEYER
RERUM PUBLICARUM MAGISTR
AD SANCTUM JOSEPHUM
PATRINI LUDOVICUS ECK ET FRANSCISCA SOHLER
EICHHOFFEN 1867 faite par Louis EDEL à Strasbourg.


UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE


Pourquoi Jean ?
Dédiée à Saint Jean Baptiste et à Marie, toute la chapelle évoque les premières années de la vie du Christ.  La  chapelle ne possède actuellement plus qu’une seule représentation dans son vitrail central de son illustre patron. Saint Jean (Luc 1, 5-25) bénéficie d’une véritable foison de croyances à l’occasion de la fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste (ou le Baptiste) le 21 juin. Qu’on se remémore les feux de la Saint Jean. Théo, l’encyclopédie catholique, résume en une phrase “chaque année l’univers catholique se réjouit à la nativité de Saint Jean-Baptiste. Dans beaucoup d’endroits on allume des feux de joie”. Tradition populaire pas totalement disparue de la mémoirie collective et populaire et qui connait en regain ces quinze dernières années. Jean le Baptiste mérite une fête particulière, dernier prophète, il annonce le Christ dans le désert, fêté six mois avant Noël, on a souvent qualifié sa fête de “Noël de l’été”.
Les feux allumés annonçant le feu de la bûche de la nativité, tradition répandue dans de nombreuses régions.
La fête située à ce moment de l’année évoque aussi les paroles du saint lui-même “Il faut que je diminue pour qu’Il grandisse” (Jean 3,30) parlant de Jésus qu’il annonçait, l’analogie avec les jours qui rétrécissent est évidente. Jean Baptiste est une “lampe ardente et brillante”. Rappelons que Jean fut décapité par ordre du roi Hérode sur la demande de la fille d’Hérodiate, Salomé. Elle avait dansé à l’occasion de l’anniversaire du roi et subjugé le trétarque. Il lui promit la récompense de son choix. Elle préféra la tête de Jean, enfermé dans les geôles, plutôt qu’un récompense en or. La tête du dernier Prophète fut ainsi tranchée et présentée sur un plat à Salomé.

L’union de Jean le Baptiste et de Marie ne doit pas surprendre, Jean le Baptiste est de la parenté de Jésus et de Marie. Marie a rendu visite à sa mère, Elisabeth qui est sa cousine (ou du moins une parente).
Ce saint a connu une réelle vénération en Alsace, une chapelle au Mont-Ste-Odile lui est dédiée et la sainte elle-même lui a réclamé des grâces pour son Père le Duc Etichon.
(Illustration :  gravure ancienne la tête de Saint Jean le Baptiste remise à Salomé)


UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE


Le vitrail central qui date du début du XX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.





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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #EICHHOFFEN

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