Publié le 6 Décembre 2007

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(ci-dessus : la spécialité offerte par saint nicolas, les "mannela" petits hommes, en souvenir des 3 enfants ressuscités par le saint)

(la photo ci-contre est prise dans une petite église charmante du Sud-Tyrol (Italie)près du Reschen)

(Saint) Nicolas :
personnage de l’avent incontournable, il est à l’origine un évêque de Smyrne en Asie mineure (actuelle Turquie), né à Patare en Lydie en 270, son culte remonte au XIème siècle, au XV il est déjà le patron de la Lorraine, ses reliques sont transportées à Bari en 1087, on lui attribue d’avoir ressuscité trois enfants, d’avoir sauvé de la prostitution les 3 filles d’un père peu fortuné et intéressé.  Il aurait aussi ressuscité trois jeunes hommes tués par une crapule, cette tradition semble être plus ancienne que celle des enfants sortis du saloir.
Saint Nicolas  apporta longtemps des cadeaux avant la réforme (Luther condamne le personnage dès 1535) il était le personnage central de noël, à l’origine du transfert vers le laïcisé Père Noël.
Il apporte des mennele (voir plus haut) et des schnekle  (voir ce mot) gâteaux en forme d’escargot qui évoque sa crosse d’évêque, ainsi que des pain d’épices qui sont souvent ornés de son image (voir ces mots).
Accompagné du Hans Trapp  qui revient encore une fois le 24 décembre, il visite les maisons alsaciennes et lorraines dans la nuit du 5 au 6 décembre. Personnage aux mille facettes que nous tenterons dans ce passage d’éclaircir un peu sous les regards de l’histoire, des légendes, de la tradition et des pratiques folkloriques.
Tout d’abord le personnage historique
D’ABORD, PERSONNAGE HISTORIQUE
Sa tradition remonte à sa vie, datée selon plusieurs sources
concordantes de 270 où il naît à Patare en Lydie (extrémité méridionale d’Asie Mineure), au XIème siècle débute sa tradition  à Port près de Varangéville (en Meurthe et Moselle) , au XVème siècle il est cité comme patron de la Lorraine, vénéré au Moyen-âge. Il meurt selon Cuny en 329, selon Guérin vers 350, en tous les cas un 6 décembre.

Sa vie, elle même, il aura fallut retrouver un ouvrage réédité du XIXème siècle pour avoir de plus amples renseignements, de Paul Guérin 8   où l’on nous apprend qu’à son retour de pèlerinage le saint apprend le décès de ses parents qui lui laissent leur fortune. Il va en faire profiter les indigents, dont notamment un père de trois filles qui se trouvait forcer à “vendre” ses filles à défaut de pouvoir les marier en l’absence de dot,  un matin il trouva une somme d’argent sur le bord de la fenêtre permettant de marier la fille. Saint Nicolas refit l’action à trois reprises.
Ceci semble déjà très proche de la tradition, mais on indique qu’outre ses fonctions d’”évêque de Myre, Nicolas fut dans la persécution de Dioclétien et de Galérius, arrêté, torturé et jeté en prison, d’où il sortit après que Constantin eut rendu la liberté à l’église”. 
 On retrouve sa trace au Concile de Nicée, où il multiplie les miracles, il lutte contre le paganisme notamment le culte rendu à Artémis et à Apollon. II sera ensuite nommé évêque par son oncle archevêque de Myre, prêtre depuis l’âge de 19 ans, puis supérieur du monastère de Sion, puis évêque à la mort de son oncle.  On lui devra d’avoir dépensé sa fortune pour éviter la famine au peuple de Lycie, d’avoir calmé une émeute à Taïphale (en Grande Phrygie). En outre, selon la même source,  il sauva trois innocents pour lesquels  il plaida en faveur de  la révision de leur  procès ; l’empereur fit, après un songe où il vit Nicolas, témoigner à nouveau  les trois condamnées et constate leur innocence.
Les reliques de Nicolas sont donc déposées à sa mort dans la cité actuelle turque de Dembré (ex-Myre, que les dépliants touristiques et les panneaux indicateurs nomment « babanoel » revêtus de la tenue du père noël coca-colisé rouge et blanc, voir le mot « père noël »).

La délivrance de Cunon de Linange, Sire de Réchicourt, prisonnier des musulmans lors de la 6ème croisade vers 1230 semble être la transposition de cette aventure. Car ce noble fut transporté la nuit même à Varangéville avec ses chaînes . Nicolas délivra également le comte de Torcheville.

Ces aventures où se mêlent déjà la tradition et la légende nous rapprochent de la Lorraine où Nicolas aura son berceau d’adoption.

Nicolas signifie tout d’abord “Victoire du Peuple” . Et c’est effectivement une victoire lorsque le 9 mai 1087 on transporte ses reliques en Italie dans la ville de Bari par crainte des Musulmans. Un chevalier lorrain Aubert de Varangéville rapporta la jointure du doigt du saint et la déposa en lieu nommé “Port” . C’est à ce moment que débute un pèlerinage vers cette  petite cité, et c’est à partir de cet instant que l’on compte les miracles.

Dès 1093 une église est construite en l’honneur du saint encourageant la propagation de son culte en Alsace et la région au XIIème siècle, en Allemagne dès le XIIIème siècle.

Placé sous la protection du bon saint, la Lorraine, par la voix du Duc de Lorraine René II (1473/1508) confia au saint le patronage de la Lorraine. Il  fit même battre monnaie à l’effigie de l’évêque de Myre. Le Pape Innocent X confirma cette décision en 1657.
Placé sous sa protection, le Duc affirma qu’il lui devait de nombreuses victoires.
SON CULTE et la symbolique
Le culte démarre très tôt, dès le XIIIe siècle,  au moment où l’on  constate qu’une huile parfumée, une liqueur miraculeuse (dit les “acta sanctorum”), on la nomme aussi “manne de saint Nicolas”    s’échappe de sa tombe, elle guérissait les maladies des yeux, les fractures et redonnait vie aux moribonds. Ce que confirment plusieurs études sur la question. Son palmarès de saint patron  est étendu des mariniers aux écoliers, des clercs (clergeons) des fleuristes à la patrie russe. Il protège les jeunes filles et les jeunes hommes à marier, ainsi que les fiancés dans l’Artois; Du fait de la légende des jeunes filles que le père, à court d’argent,  voulait vendre et dont Nicolas va renflouer les fonds afin de protéger leur vertu.9 
 
Le culte semble lié au chiffre trois qui illustre le dogme trinitaire de l’église chrétienne, dans les 3 heures, les 3 enfants, les 3 officiers, les 3 soeurs, les 3 bourses d’or, .... qui ne font que souligner l’importance du dogme face aux incroyants.

Concernant les 3 enfants sacrifiés par le boucher que visite saint Nicolas. On sait qu’à cette époque de l’année, on sacrifiait le cochon, et que l’on faisait ripaille de viande fraîche, ce qui était rare avant ce siècle, il semblerait selon certains analystes qu’on a fait un amalgame entre les enfants (familièrement appelés “lardons” ou à l’époque “petit salé”) et la viande. En effet il semble que le saint pardonne au boucher non le massacre des enfants, mais en fait sa consommation de viande porcine (viande traditionnelle de la fête de Noël).
 
Culte rendu à l’époque moderne :  le Pape Pie XII installe à Bari en 1951, les Dominicains. Ils y développent un actif mouvement œcuménique. Dans l’abside de la crypte, ils ont érigé en 1966 une chapelle orthodoxe réservées aux services liturgiques de nos frères orientaux. En 1968 s’ouvre un institut de théologie œcuménique qui y délivre une licence et un doctorat. Le culte de saint Nicolas a été rendu  à sa dimension mondiale et œcuménique. Depuis 1989, les orthodoxes ont repris leur pèlerinage vers ce lieu et en 1996 (La Croix du 25 juillet 1997). La basilique a accueilli 6000 pèlerins russes et le patriarche Alexis II a souhaité le rétablissement d’un service dans la basilique pontificale.

La Lorraine et Saint Nicolas
La Lorraine a des raisons précises à sa fidélité à son culte de Nicolas, c’est la basilique qui abrite des reliques du grand saint apportées par un chevalier lorrain Aubert de Varangéville qui vers la fin du XIIème siècle s’achemina vers la cité de Bari et rapporta (vola ?)  une jointure du doigt du saint et la déposa en un lieu appelé Port, depuis Saint Nicolas-de-Port. En 1093 une église fut consacrée  à la précieuse relique.

En 1856, l’abbé Deblaye, recensa les reliques, il s’agit de deux petits fragments d’os longs qui proviendraient d’os longs des membres ; un fragment d’os paraissant provenir d’une portion de côté ; un fragment un peu spongieux provenant d’un os long et gros ; un fragment presque aussi long qu’un doigt d’un adulte et paraissant provenir d’une portion d’os de l’avant-bras ou du bras.13


Les reliques de Bari  furent transférées aux Etats-Unis sur décision du pape Paul VI. Une façon d’évangéliser les terres Outre Atlantique ? Et de confier au saint de nouvelles terres de mission ?  Elles furent transmises de l’évêque de Brooklyn Mgr Francis Mugavero à l’archevêque orthodoxe Lakovos. Les reliques furent déposées à l’église saint Nicolas de New York. Mais la Lorraine a toujours une relique du saint patron.

Ces reliques vinrent bénir de nombreuses églises, outre Port, Verdun, on dénombre 64 paroisses en Lorraine, autant en Alsace et 180 monuments dédiés au saint.
Précisons que  le pape Léon IX consacra une chapelle au Mont-Ste-Odile
au saint. Mais on en compte encore de nombreuses notamment à Colmar, Strasbourg (outre le Quai)...
Outre la présence dans de nombreuses églises de statues, de vitraux, St Nicolas est le patron principal ou secondaire de nombreuses paroisses en Alsace. Ne citons que le portail majestueux de l’église St-Martin de Colmar où sont représentées les deux légendes des hauts faits du saint, la résurrection des jeunes et les filleuls qu’il a doté. Nos recherches du saint patron principal nous donne les communes suivantes, mais il semble qu’il soit aussi patron secondaire (et célébré avec faste dans de nombreuses autres paroisses) : Balgau, Hanhoffen (Bischwiller), le Bonhomme, Colroy-la-Roche, Diefmatten, Dietwiller, Kienheim, Ergersheim, Forstheim, Friesenheim, Ginsheim, Haguenau, Hombourg, Hunawihr, Katzenthal, Keskastel, Neuve-Eglise, Oderen, Orschwihr, Rulisheim, Schirrhein, Sengern, Steinsoulz, Stotzheim, Urbeïs, Village-Neuf, Widensollen, Wihr-au-Val, Wingersheim. Cette liste nous signale déjà qu’il est apprécié dans les vallées, car saint patron des mines et des mineurs, n’a-t-il pas extrait les enfants de l’obscurité du saloir.  Dans la cité de Hunawihr, l’église fortifiée de 1480 recèle des fresques retraçant la vie de notre saint homme. Le secours aux trois jeunes filles, succession à l’évêque de Myre, secours à un navire, libération de 3 innocents condamnés à mort, une scène où l’on abat un arbre idolâtre, sa mort et l’extrême-onction, le transfert de son corps, le saint tire de prison un enfant.
Le culte rendu à Saint Nicolas fut si important que dans la ville impériale de Haguenau, qu’en 1189 l’empereur Frédéric Barberousse y fonda un hospice (1983, bulletin diocésain).

On touche déjà du doigt le Saint Nicolas populaire, il est le saint “sympathique” .  Attirance qui  spontanément  va lui attacher de nombreux corps de métiers. Ce culte    (chose rare, sauf pour Sainte Thérèse de Lisieux enfermée dans un Carmel sa vie durant ou encore le défunt Pape Jean-Paul II ou Mère Teresa de Calcutta) débuta  dès les premières années qui suivirent sa mort.
Autre particularité, ce saint est l’un des seuls de l’époque a être  vénéré d’Orient en Occident.
Soulignons que contrairement aux assertions de certains auteurs, ce n’est pas la relique qui crée le culte, mais bien l’inverse, ce propos est confirmé par M-J STRICH.
 
C’est le Duc de Lorraine (1473-1508) René II qui installe le saint au moment où il donne le chardon et une devise à son pays. Ceci après la bataille de Nancy, en 1477.Il semble lui devoir de nombreux succès guerriers. 
Le fils Antoine dira que Nicolas est le patron” pour la singulière et fervente dévotion qu’il a au glorieux corps du saint confesseur de Dieu, Mon seigneur saint Nicolas, notre bon avocat et patron” Le pape Innocent X confirmera cette nomination en 1657.
La grande procession fut instituée par Cunon de Réchicourt à Saint Nicolas de Port qui partit en terre sainte lors de la 6ème croisade, il fut délivré par Saint Nicolas et institua en reconnaissance cette procession.
Elle fut d’abord nocturne, puis en après-midi, puis à nouveau le soir, à la vigile,  à 9 heures.


Un peu de vocabulaire
Sant Niklaas :  est la version hollandaise de Saint Nicolas qui arriva aux États-Unis pour donner le mot suivant.
Santa Claus : correspond St Nicolas américain
Weihnachtsmann : père noël laïcisé, son nom signifie : bonhomme de noël
Knecht Ruprecht : est le Père fouettard allemand
Hans Trapp : Jean de Dratt, ou Hans von Dratt ou Trotha  père fouettard alsacien évoquant le personnage historique du comte de Berwartstein ou Baerwelestein non loin de Wissembourg à la fin du XV ème siècle, mort en 1503, maréchal du Pfalzgraff Philip, excommunié). Stoiber donne cette version dans l’Alsatia en 1850, en 1876, Seinguerlet parle d’un soudard de la guerre de Trente ans.
Krampus : diable à cornes et à langue pendue accompagnant St Nicolas en Autriche, descendant des esprits de l’hiver et du Diable.
Le père fouettard lorrain : est une forme de Charles Quint qui voulut reconquérir la ville de Metz (1552-1553). Long nez et chapeau dont l’allure n’a rien de commun avec Hans Trapp qui porte chaîne, gourdin, peau de bête.

Prière au Saint Nicolas, publié par l’amicale des Alsaciens Lorrains du Bassin d’Arcachon, communiqué par  + Maurice Silberstein en 1998,  (Andernos les Bains 33510) est très belle, d’une lectrice anonyme. « Avant que la tradition ne soit oubliée, je vous raconte comment se passait chez nous (en Lorraine) la Saint Nicolas.  Avant de se coucher, les enfants déposaient devant la cheminée non leurs souliers comme il est dit souvent, mais une assiette dans laquelle ils avaient placé, pour la bourrique qui portait les jouets, une petite botte de foin (à la campagne) ou une carotte et des croûtes de pain. Ils retrouvaient l’assiette garnie d’orange et de friandises. Le père Fouettard, pour marquer son passage, laissait parmi les cadeaux quelques verges. La veille de sa visite un son de clochette annonçait aux enfants son passage futur, ils devaient réciter par cœur cette prière : (que la dame a écrit d’une écriture magistrale qui donne encore plus de charme au texte).
Prière des petits enfants :
Grand Saint l’ami des enfants sages,
La richesse est ton partage
Tu es prodigue tous les ans
Envers tes nombreux enfants
En souvenir de tes bontés
Vers toi nous fait voler
Nous avons un grand espoir
Dans ta visite de ce soir
Dans nos assiettes,  tu déposeras
Un élégant petit baba
Entouré de quelques bonbons
Qu’avec bonheur nous croquerons
Reçois ce soir ma prière
Elle est fervente, elle est sincère
A ton retour près du Bon Dieu
Prie pour nous aller aux Cieux.
6 décembre.

Dans la Corona benignitatis anni Dei de Paul Claudel on lit ceci :
Voici l’hiver tout à fait et
saint Nicolas qui marche entre les sapins, avec deux sacs sur son âne
 pleins de joujoux pour les petits lorrains c’est fini de cet automne pourri.
Voici la neige pour de bon,
c’est fini de l’automne
et de l’été et de toutes les saisons” 1

C’est homme à longue barbe blanche, revêtu de ses ornements sacerdotaux indiquant sa fonction d’évêque,crosse à la main  écoute à la porte la comptine des enfants :
“Lieber Nikolaus, komm in unser Haus,
Leer dein Säcklein aus, lieber Nikolaus”
.

Il entre discrètement dans la stubbe en disant :
Ich bin der Heilig Nikolaus un kumm vum Himmel raus”, il est accompagné d’un bruyant personnage, dont la vocation semble d’être se faire remarquer,

Son accompagnateur se nomme Hans Trapp (il traîne des chaînes et portant une peau de bêtes aussi nommé “Rüpelz”) quelquefois il est relégué à la porte pour  garder l’âne chargé de friandises. Devant lui les enfants se cachent, promettent de mieux se tenir, et Nicolas se fait le garant de la protection enfantine, défendant  au Hans Trapp d’entrer cette fois-ci.
Mais le 24 décembre prochain, il ne pourra le retenir et laissera faire le vilain acolyte qui accompagnera le Christkindel (Enfant Jésus, en fait symbolisé dans la seule Alsace par Une fée dérivant de Ste Lucie) . Le vilain vérifiera le 24 avec Christkindel -ou le Père Noël- l’application des bonnes résolutions. Le saint ne pouvant pas châtier !
Afin de convaincre le couple visiteur, les enfants leur montrent le “Bethölzle” (ancien coutume, principalement dans le Sundgau2 ,   qui donnait à chaque enfant un petit bâton où les prières étaient marquées par des encoches “Kerb”, les parents étaient  très fiers des bâtons encochés de leurs enfants). Une de nos lectrices nous avait confirmé que sa  maman, née en 1896, disposait d’un tel petit bâton de prières. Par contre il était usité, la veille de Noël. Ils (un par enfant)  étaient posés (sur le rebord de la fenêtre) avant le passage du Christkindel, et remplacés -le lendemain-  par un (souligne-t-elle) seul paquet de bonbons.  
Saint Nicolas touchait les enfants avec un rameau (dans un but de fertilisation).
Les enfants recevaient des mandarines dont une lectrice me contait que l’odeur évoquerait toujours pour elle la saint Nicolas. Le saint jetait aussi des pommes, noix, rarement des jouets sauf en Lorraine (dans les publicités récentes on le voit), si la famille était plus riche on offrait aussi du chocolat, du pains d’épices, des sources anciennes précisent la présence de viennoiseries élaborées pour l’occasion, notamment des “männele” (petits bonshommes en pâte briochée ou pains aux lait) mais aussi des “schnakelé” (sortes de petits pains en forme d’escargots, qui reprend la forme de la crosse de l’évêque) agrémentés de pépites de chocolats.
Les cadeaux ont eu lieu très tôt, car Luther déjà évoque en 1535 les “cadeaux de la saint Nicolas” bien évidemment pour les condamner. 4 

Un conte restitue cette ambiance de cadeaux:
“Au matin de la saint Nicolas,
dans mes sabots, elle était là,
de noix, d’oranges entourée,
et de guirlandes enrubannée,
c’était ma première poupée
en bois, toute articulée,
qu’au couteau
m’on père avait taillée...”
B.Fulpin, contes et poèmes pour enfants 5

Dans certains villages, notamment dans le canton de Ferrette, à Biedertal,  un jeune homme déguisé en blanc avec barbe et chevauchait un autre déguisé en âne, l'équipage passait devant les enfants qui devaient prier sinon ils étaient châtiés par l’âne.  Le livre Noël, avent, et après...6  précise un village de Unterentersbach (village de la Forêt Noire) où les hommes sont enduits de graisse noire.

Texte bavarois
Autre visite particulière celle en Bavière racontée en 1915, par Karl Stern dans son roman “le buissant ardent, “Noël était la fête du Christ-Enfant ; saint Nicolas, lui, passait dans la soirée du 5 décembre, la veille de sa fête, il semblait se rendre de maison en maison, souvent accompagné de son domestique Rupprecht. Il portait une longue barbe, et promenait des verges de bouleau, de lourdes chaînes de fer, et un gros sac plein de cadeaux. Il me fallait attendre dans la lingerie, jusqu’au moment où j’entendis le cliquetis des chaînes dans la rue, puis le bruit des lourdes bottes montant lentement l’escalier. Enfin, la porte s’ouvrait et il était là. Il se révélait toujours étonnamment renseigné sur la conduite de chacun pendant l’année et c’était ce qui décidait entre les coups de verges et les cadeaux. A la fin, il partait en laissant ses présents, une avalanche de pommes, de noix, de figues, de dattes, de bonbons. Les bruits qui montaient de la rue semblaient indiquer qu’il y eût plusieurs saint Nicolas. Nous possédions une lourde couverture de feutre noir, de celles qu’on emploie dans les voitures à chevaux; c’est dans cette couverture que s’enveloppait saint Nicolas, et il portait les bottes de Grand-Père. J’avais près de huit ans, je crois, lorsque cette coïncidence extraordinaire me frappa pour la première fois.” (Seuil 1953, page 24 et 25)

Le saint auquel la Lorraine, l’Alsace, le Benelux, et la Russie restent fidèles risque à brève échéance de disparaître de nos mémoires et de nos traditions.
L’homme qui garnit les souliers devant les cheminées, à qui l’on déposait à côté des chaussures un verre d’alcool (pour le réchauffer) et de la paille (pour son âne)  risque fort de ne pas connaître intact le XXIème siècle. Place donc à sa légende, mais aussi aux éléments d’histoires auquel le saint se rattache...

Nouvel éclairage du  vieil homme et nous donnent l’occasion de compléter nos documents sur la question.
Saint Nicolas semble être à la fois lié au passé religieux de l’Asie mineure et de l’Alsace Lorraine, on trouve également sa trace dans des légendes de Hollande,  Belgique, Russie et Autriche....
Un ouvrage  publié7 conte sa lourde biographie. Car l’homme issu du temps à tenté de rattraper le Père Noël rival du XIX è et XX ème siècles, il n’a plus guère de bourrique que dans les illustrations d’anciens manuels, il voyage à pied, ou il vole en hélicoptère au-dessus de l’Alsace il délaisse les chars des défilés qui sont organisés au profit des visites du soir qui elles aussi sont réduites... la tradition se perd raconte l’auteur de l’ouvrage LEGIN (voir bibliographie) : “La saint Nicolas de mon enfance s’est bien dégradée, il s’agit de présenter la tradition avant qu’elle ne soit disparue”. C’est bien également la vocation de la lanterne, l’occasion nous est donnée de faire, à nouveau, un peu de lumière.....

Trace de son importance dans l’histoire alsacienne, les auteurs Erckmann et Chatrian le décrivent dans les “Vieux de la vieille” sous la forme suivante :
“la porte de la boutique s’ouvre, et saint Nicolas lui-même, en bonnet d’évêque (?) sa tignasse de cheveux roux (?) tombant sur le dos, un sac de toile d’emballage pour manteau et ses gros sabots remplis de paille, entre”. Quand on lui demande le but de sa visite il répond “les enfants méchants.. Les gueux qui ne veulent pas obéir à leurs parents qui ne vont pas à l’école”.
Voilà bien un Nicolas, qui rassemble deux personnages, telle Frau Holle.

Le cantique à Saint Nicolas alsacien est le suivant :
Qu’il vive notre saint patron Nicolas dans les cieux,
il intercède pour nous auprès du Seigneur
aussi souvent qu’on l’invoque
Refrain
grand et saint patron, reste-nous toujours fidèle
Et prie que le Seigneur nous pardonne
De plus, là où l’on a besoin d’aide,
Au malheureux, à celui qui pleure comme l’enfant,
Saint Nicolas, du haut du Ciel,
Envoie paternellement son aide,
Si des souffrances de ta pensée affligent ton âme,
si des péchés écrasent ton coeur,
Va vite à la chapelle
Où saint Nicolas adoucira ta peine.10


Même si les Allemands protestants nomment le père noël Nikolaus dans certaines régions, ils connaissent la distinction, ainsi le livre d’enfant édité en 1999 en Allemagne qui conte la recontre de Sankt Nikolaus et Weihnachtsmann, on y voit un saint nicolas (en tenue d’évêque, mais entièrement en rouge) qui le 5 décembre tombe en panne de voiture (un tacot) et ne peut faire sa distribution qui s’en plaint à un corbeau qui vole vers les pays nordiques le dire à son confrère qui est beaucoup plus moderne et qui va aider le bon saint à faire sa distribution. Pas encore le remplacer ! C’est donc la preuve que les deux hommes ne se remplacent pas mais se complètent dans le folklore.

RESIDENCE D’ETE
Ajoutons quelques mots de pays où la tradition est suffisante et  consistante, ainsi, En Hollande, saint Nicolas y arrive sur un bateau, deux semaines avant sa fête  éclatant de lumières et de couleurs va donc accoster la côté d’Amsterdam. Toute la ville (en congé) va assister à la cérémonie annuelle de bienvenue au saint.
En effet les ossements du saint patron ont été acheminés par mer, volés aux turcs,musulmans, et reposent à Bari (Italie méridionale)  depuis mai 1087. 
Selon les Hollandais, il est en résidence durant l’année dans un château espagnol (!) et consigne le plus clair de son temps dans un grand livre rouge les faits et les gestes des enfants qu’il récompense selon leurs mérites.
Autre différence, Nicolas est accompagné d’un Pierre le Noir, (un Maure, du nom de “Zwarte Piet”  venu d’Espagne tout de noir vêtu avec un costume ancien) que l’on pense être une évocation de l’ennemi arabe sarrasin du temps où les Pays Bas faisaient partie du royaume d’Espagne.
 
En terre vosgienne Nicolas apporte la “Flamme de la Vie” ( ?)  depuis la montagne sainte Barbe.
(Pour Ameland, île des Pays Bas, ou la Grèce)

En Autriche il est accompagné de Krampus,  (voir ce mot dans notre dictionnaire des traditions, ou demandez-nous le numéro correspondant)

L’Arrivée de Nicolas est ainsi résumée dans un livre tyrolien : “Bald öffnete sich die Stub ertrit einen Spaltbreit und Nüsse, Obst oder einige Süßigkeiten wurden eingeworfen. La porte de la Stubbe s’ouvre, les enfants sont cachés derrière le Poële en faïence ,  et on jette des noix et des friandises (fertilisation).  Dès 1800 fut édité dans la région de Pfunds un interdit des jeux “Nikolaus-Kinder-Schreckengab” mais l’interdit fut peu suivi car un texte fut réitéré en 1815 et 1860.  Pfunds (Landeck, près des frontières Suisse et Italienne, Tyrol) est ainsi une des seules villes dans le land qui fait un jeu de la Saint Nicolas avec les enfants de l’école. Ce texte a 120 ans, d’auteur inconnu,  est interprété chaque année de maison en maison.12 

Le  saint Nicolas y est accompagné de Krampus,  le diable et un “Sonaklås” qui est un autre personnage que le saint Nicolas qu’il accompagne.
Ce “Sonaklås” annonce l’arrivée du saint en disant “Gebt  Frieden hier in diesen Haus, es kommt der Heilige st Nikolaus, er zieht dah in dieser Nacht und gibt auf alle Mensche Acht. Er wird auch den Herrn Lehrer fragen ob die Kinder wohl fleißig gelernt haben”  (donnez-vous  la paix, il vient le saint Nicolas, qui est attentif à chacun et demandera à l’instituteur si les enfants ont abondamment travaillé)
“Heilige Sankt” (!)  Nikolaus intervient par une formule : “ Gelobt sei Jesus Christus, Gott grüßt euch alle, groß und Klein” “O wie gerne geht ich ich ein, wo frohe Menschen wohnen, um si recht liebreich zu belohnen !”
(Béni, soit Jésus Christ, Dieu vous bénisse tous petits et grands, je suis content d’être au milieu de vous dans votre demeure et vous bénis)


Le Père Noël, le saint Nicolas, une autre origine15 .
Ils n’ont pas les mêmes valeurs  !
Disons un mot de cette théorie qui fait remonter les deux hommes à Odhin-Wotan, le dieu païen  des germains, dieu de la guerre. Il réaliserait à cet instant de l’année une chevauchée sauvage dans le ciel. Justement sur un cheval blanc (un peu comme le Père Noël, ou le cheval de l’évêque de Myre), il aurait aussi une longue barbe, et distribuerait  également des récompenses et des sanctions.
On aurait gommé les aspects trop négatifs (cheval devenu renne -animal tendre et doux- ; les méchants de la horde sauvage représentés par des personnages méchants distincts comme Hans Trapp...) pour ne laisser qu’un personnage bon et lisse. Van Gennep réfute cette théorie en estimant qu’un personnage ne peut pas sauter dans le folklore plusieurs générations pour réapparaître transformé, il manque le fameux ‘chaînon’ qui explique ce lien.

Saint Nicolas a tout de même malgré ses multiples visages une sacrée aura, d’homme de Dieu, bon, engagé, Chrétien,  Témoin donc prêt à rendre service autrement moins commercial que le Père Noël made in US. Résistera-t-il ? Même s’il est aussi récupéré par les magasins lorrains. (Samaritaine, l’ouvrage de M-J STRICH ou de LEGIN)
Replongeons nous dans un texte latin  fort ancien déposé à la bibliothèque nationale16 :
“La fête du grand Évêque
Aujourd’hui au nombre des Saints
avec des chants magnifiques
Et de mélodieuses musiques
Célébrez-la vous les clercs,
Et surtout les écoliers !”


Pour Philippe DULEY, le saint Nicolas reste aujourd’hui sans doute plus qu’hier, une école du mérite du salaire, de la reconnaissance, ce qui permet d’apprendre à vieillir, ce qui n’est pas encore superflu(...) le Père Noël ne sent plus ses ailes, il attaque saint Nicolas. A l’issue du premier conflit mondial, les produits US déferlent sur la vieille Europe, et, entre deux caisses de chewing-gum débarque discrètement le Père Noël. Il devient redoutable, bouscule Nicolas sur ses marchés porteurs, il réussit à déloger le saint Homme sur les deux spécialités : l’enfant et le cadeau !”. (..) Que reste-t-il de ce Père Noël omniprésent ? des guirlandes, des strass, des paillettes (..) Rien à voir avec le sacré, de près ou de loin”.

Le Père Noël est perdeau de l’année bénéficiant d’un large plan média, le héros d’une « Chrismas academy » et fait star très rapidement, la course de fond est gagné par Saint Nicolas  qui existe depuis l’an 350 soit depuis 1650 ans ! Nicolas a une réelle longue tradition derrière sa bourrique. Le Père Noël n’a au mieux (si l’on ne retient pas son origine Gargantuesque contestée par van Gennep, ou d’Oddhin-Wotan dieu germanique 17 ) qu’une centaine d’années. Un monde de légendes et de pratiques  les sépare.

Ce plus grand analyste du folklore français Van Gennep dont on vient de rééditer la lourde étude (en trois volumes) 18 écarte totalement la parenté possible entre Saint Nicolas et le Père Noël, il estime que les personnages ne peuvent pas  vivre l’un à côté de l’autre dans certaines régions à différents moments de l’année, et avoir été remplacés ailleurs. Que les personnages sont trop différents, dans leur présentation et leur descriptif, que l’un est un personnage réel ayant laissé des traces et l’autre est totalement mythique.
 
Côté patronage, Saint Nicolas est gâté et possède sous ses larges bras sans doute la liste la plus longue de petits protégés,        
Patron des écoliers, la légende des trois enfants découpés en morceaux et mis au saloir par un boucher (c’est en Alsace, note Gérard Leser lorsqu'il 19 , l’époque où l’on abat le cochon domestique) , puis ressuscités par le saint va l’amener à être tout naturellement patron des clercs, dès le XIIème siècle, l’auteur Jean-Marie CUNY cite cet extrait conservé à la Bibliothèque nationale (BN lat.1139) :
 “la fête du Grand Évêque aujourd’hui au nombre des saints avec des chants magnifiques et de mélodieuses musiques  ; célébrez-là vous les clercs et les écoliers”.
Version traduite.

Il devint  patron des écoliers également, nul besoin de souligner que la visite (décrite en introduction de ce dossier) était salutaire et pédagogique du bon saint et de son acolyte, moins entreprenant le père Fouettard ou en Alsace le “Hans Trapp”; ce dernier armé d’un fouet ou de verges (Ruët) pouvait corriger si besoin les récalcitrants, ou à l’aide d’un sac menacer d’emporter ceux qui ne croyaient pas en lui ou étaient particulièrement indisciplinés. Le fait de porter des verges peut évoquer le rite de la fertilité usité dans la  Rome antique, et en Alsace au moment du carnaval. Frapper avec des verges devait stimuler le mari, la femme, ou les adolescents à être fertile. Le sens perdu s’est mué en une version pédagogique des choses.

Patron des filles à marier, je voudrai citer cette comptine à réciter le jour de la saint Nicolas dicton français,
“patron des filles, saint Nicolas, mariez-nous, ne tardez pas”.
“C’est Saint Nicolas qui marie les filles et les gars”
dit encore un autre dicton. On utilisait le saint en Picardie pour une étrange superstition où l’on plaçait sur son oreiller un miroir en récitant “bon saint Nicolas, qui fait marier, filles et gars, fais-moi voir qui m’épousera” “
A minuit précises, elle pouvait regarder le miroir qui lui renverrai le visage de l’élu.
Selon la version énoncée plus haut, on dit même qu’elles devaient participer au pèlerinage à la Basilique de Saint Nicolas du Port 20  et marcher “sur la bonne pierre” une dalle perdue dans le pavage de l’église, si elle la foulait du pied, elle était convaincue d’épouser l’homme de ses rêves et des ses désirs. Dans une autre ville Château-Salins (Moselle) les jeunes filles se prosternaient devant le portail de l’église pendant que les cloches sonnaient et priaient le saint dans le but de trouver un mari.

Les garçons restés célibataires rendaient la monnaie de leur pièce à ceux qui avaient le 25 novembre chahuté les catherinettes. Car elles confectionnaient un bonnet à pompon rayé que l’on nommait “bonnet de la saint Nicolas”. Ils étaient contraints de le porter. Certaines filles leur adressaient aussi des cartes postales avec un bonnet de Nicolas.

C’est le Patron des navigateurs, car sa relique arriva par mer à Bari en Italie, de plus il avait sauvé un Navire où avait embarqué au XIIIème siècle Saint Louis et la Reine de France.  Le navire fut violemment secoué pendant une tempête de sorte que la Reine fit un voeu au saint si  tous s’en sortaient vifs. Un ex-voto est d‘ailleurs visible à la Basilique Saint Nicolas du Port.

Comme la Lorraine et l’Alsace disposent de peu de navigateurs, si ce n’est sur le fleuve, les ”flotteurs” c’est-à-dire ceux qui récupèrent le bois des Vosges sur la Meurthe (le fleuve)  se prirent également Nicolas comme patron et protecteur.  Ainsi Saint Nicolas, est la coutume est toujours encore d’actualité, vient visiter les chalands sur le Rhin le 6 décembre, des reportages télévisés ont été consacrés à ce sujet. Il apporte vin chaud et “mannele” aux navigateurs, des deux côtés du Rhin.  C’est l’école qui forme les batteliers à Strasbourg qui pilote chaque année cette manifestation.
Enfin le dernier corps de métier est celui des voyageurs qui se place sous la protection du saint Homme, pour les mêmes raisons que Saint Louis et la Reine de France embarqués sur le bateau lors d’une tempête.

Dictons
La saint Nicolas est aussi un moment où les paysans scrutent la nature pour prédire le temps :
Tuët’s uf Nicolai schneje, word viel Schnee im Winter keje
S’il neige à la Saint Nicolas, hiver neigeux sera
ou encore :
Am Nijkloïs Räje, se verfriere d’r Räwe
Pluie à la Saint Nicolas, le vignoble gèlera.
Ou selon les dictons vosgiens :
A la saint Nicolas si les truites qui fraient suivent le milieu de la rivière, l’hiver sera sec, si elles suivent le bord, l’hiver sera humide.

La saint Nicolas et vous ?
La balle est dans votre camp,
à  vous chers lecteurs, si vous avez  à éduquer des enfants, qu’ils soient  grands ou petits , rendez le témoignage du saint vivant, la foi catholique énonce dans ces dogmes la “communion des saints” et leur intervention bienfaisante en faveurs des croyants, en faisant dans la nuit du 5 au 6 décembre hommage à la tradition par des présents alimentaires -vous avez en ce qui concerne le contenu du soulier le choix la gastronomie alsacienne vous propose pour  vos bambins grands ou petits : pains-d’épices, chocolat, bonhomme en brioche qu’on nomme des saint Nicolas. ou des “mannele” (voir ces mots). afin qu’ils attendent -et qu’un jour peut-être ils invoquent en prière-  le Saint vénéré en Alsace depuis des centaines d’années sans  songer à sa pâle copie....o
Bibliographie :* Sur le saint Nicolas lorrain :
- Saint Nicolas Jean Marie CUNY, imagerie d’Épinal (novembre 1987)
- Saint Nicolas, par Philippe Duley Éditions de l’Est
* La légende de saint Nicolas, éditions Ouest-France, par Marie-Josée STRICH octobre 1998
* sur le saint Nicolas autrichien :
- Tiroler Oberland, Berzirk landeck, par Robert Klien édition Tyrolia 1983 Innsbruck.
* sur le Père Noël sudéois :
- Walpurgis, écrevisses et Sainte-Lucie, Fêtes et traditions en Suède par Jan-Öjvind Swahn et l’institut suédois Paris
- Noël en Suède, édité par le Centre culturel Suédois de Paris   Mais aussi :
* G.LESER Wihnachte en Alsace édition du Rhin (pas très developpé)
* Yvonne de Sike “Fêtes et croyances populaires en Europe”  chez Bordas (sur la saint Nicolas hollandaise)
* Alain de Benoist “les traditions d’Europe” éditions du Labyrinthe 1996. (Très complet, comme toujours)
* Alain de Benoist “Fêter Noël” Atlas 1982 réédité 97
*, Noël dans le Sundgau Geneviève Grimler éditions du Rhin novembre 1996
* Cette nuit là en Alsace, Noël ; Novembre 98
* Noël, l’avent et après. par Catherine Baillaud, Geroeges Foessel, Roland Oberlé, Tomi Ungerer, édtions Roland Hirlé,Strasbourg; 3trim.98
∑ la petite lanterne, n°45,Nicolas à visage découvert, et le n° 67 Nicolas multiples.


Saint Nicolas exige le respect de la parole donnée, cette légende rapporté en 1987 (L’Alsace par François Wilhe, 5 décembre 1987) en témoigne. Un charretier se rendrait de Ventron à Kruth avec une mule poussive tirant unbien lourd attelage chargé de bois. Voyant les difficultés de sa mule à escalader la butte, tout en passant devant la chapelle dédiée au saint : « Pouss Colas, muesch e Kerze ha » (Pousse Nicolas, si tu m’aides, tu auras un cierge ».) Arrivé presque par miracle, au sommet du côteau, et voyant que son attelage avait tenu, il s’écria « Pouss, Colas, brusch ke Kerze meh a » (« Pouss Nicolas, tu n’as plus besoin de cierge »). Aussitôt l’attelage s’emballe, la charrue se renverse, le chargement est perdu et le conducteur méprisant se trouve projeté au fond du ravin ».

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Publié le 6 Décembre 2007

06250003.JPG(Dans la cité de la firme STEIFF GIENGEN, lors du Steiff Festival de 2005, quelques stands et un éléphant en format original).


06250001.JPG     (le musée STEIFF à GIENGEN)


L’ours en peluche :


basiquement nommé en France « nounours » et quelque peu dévalorisé, l’ours en mohair et en paille est un descendant des poupées déjà connues chez les Egyptiens. Les poupées grecques datent du VIII e siècle, elles ont  des corps en forme de cloche dit « daidala ».
 L’ours, était un rare objet mixte de la caisse à jouets des enfants. Issue d’une chasse (1902 ) du président Théodore Roosevelt (né en 1858) avec un ours lâché quelques instants afin qu’il ne puisse l’abattre. Une caricature faite par Clifford Berryman pour le Washington Post, immortalisa la scène, un fabricant  allemand (Steiff) et pour la version américaine de l’histoire Morris Mich-tom, se lança dans la création de l’animal en mohair et paille.  Le dictateur communiste pratiquait toujours cette technique de chasse peu avant la chute du régime, il faisait choisir une bête et la faisait lâcher juste avant son arrivée.
C’est le début du Teddy Bear (l’ours de Teddy (Théodore) Roo-sevelt) selon les dessins que fit de Richard Steiff au zoo de Stutt-gart.  Nous sommes en 1902 et l’aventure de l’ours commence.  En 1907 c’est déjà un raz-de-marée. Au début très animal, avec sa bosse, ses dents, ses griffes, puis il adoucira ses traits et deviendra le doudou préféré des petits. Les guerres et l’embargo des produits allemands poussera d’autres pays à se lancer dans les ours. Actuellement Steiff (Giengen an der Brenz) perpétue avec quelques autres entreprises ce travail manuel (Hermann Spielwaren Coburg, Hermann à Hirschaid, Clemens dans le Bade-Wurtenberg, Deans le dernier fabricant en Angleterre) tout en respectant ses matières, ses salariés. Devenus objets de collection, pire de placement  ou de spéculation (bien en-dehors des yeux ravis ou cajoleurs)  les ours du début du siècle dernier atteignent des sommes astronomiques, ils demeurent des cadeaux (pour collectionneurs) argentés.
SVI-0130.JPG (à Giengen, berceau des ours Steiff,
voir aussi steiff.de)



Toutes les photos la petite lanterne.

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Publié le 6 Décembre 2007

12240008.JPGCadeaux :
D’où vient la tradition d’offrir des cadeaux ?
Le fait d’offrir des présents à cette période remonterait aux Saturnales à l’époque ro-maine. (17/12, festivités durant une se-maine jusqu’au 25/12). Ils l’étaient en l’honneur de la déesse Strenia (d’où dérive le mot Etrennes), il s’agissait de petits objets de cuivre, d’argent ou d’or (pour un autre auteur des figurines votives de terre cuite) pour souhaiter la richesse. Il dériverait du latin « caput » qui signifie « tête », ou du latin « catella » ou « petite chaîne ».  Un autre auteur évoque les poignées de fruits secs, cadeaux de bon augure donnés aux en-fants. (« aguillanées »). Selon d’autres, le cadeau est considéré comme quelque chose de futile, réservé aux dames ( !) Au XVIIIe, on y perçoit le sens de quelque chose qui a entraîné « trop de frais ». Tel pour le paysan un repas donné en dehors de sa demeure.
La notion d’ « oublies » d’ « oblatten » les pain d’épices recouverts d’une couche fine d’hostie conservent dans leur passé la tradition germanique d’offrir des présents aux divinités de l’hiver. (Chasse sau-vage).Rappelons ensuite que la confection de pain d’épice était l’apanage des monastères.

Dans les origines on ne peut oublier les nombreuses quêtes d’enfants ou d’adolescents (appelées aussi par les fol-kloristes les tournées cérémonielles) qui elles avaient lieu au cours de l’année –au moment cruciaux des passages de l’année, solstice, et plus particulièrement durant le temps de l’avent, noël, nouvel an, puis carnaval. (Elles avaient à collecter des œufs, friandises ou matières premiè-res pour réaliser, des beignets aux formes et aux aspects éloquents.  Les quêtes d’œufs de pâques servaient à la réalisation d’ œufs décorés, symbole de résurrection et de vie, ou pâtisseries « les hamele » en biscuit).

Ces quêtes sont réalisées par des enfants, donc des « innocents ». Les derniers  seraient donc les véhicules « purs » d’un don, d’un sacrifice à une divinité. Ce sont des « Contre-dons » car en échange les familles donatrices sous-entendent (ou en attendent) une protection. Aucune famille ne pouvait –ou ne voulait- s’y soustraire.  Elles subsistent un peu dans  la démarche des Sternsinger (les enfants rois mages à l’étoile qui apportent la bonne nouvelle de la naissance de Jésus de maison en maison) et plus récemment dans les quêtes de Halloween (elles se développées depuis 1990 et se résorbent peu à peu). Dans ce dernier cas ce  sont des bonbons ou une malédiction, selon ce que scandent les enfants.   Les populations y étaient sensibles et ne préféraient pas dans un élan de générosité de leur pauvreté et de crainte d’attirer le mauvais œil en s’y soustrayant.  Ainsi l’offrande de lard, de noisettes, de fruits divers, de pommes et plus récemment de bonbons ou de menue monnaie seraient l’origine première de nos cadeaux de noël, une abondance qui contraste avec la rigueur de l’hiver, avec les esprits du froid et de la stérilité que les hommes tentent ainsi de déjouer et de renverser.

Aujourd’hui les cadeaux reçus ne sont plus considérés comme sacrés, comme jadis.  Même si l’oubli d’en faire est une « sacrée offense ». Symbole de la transi-tion des saisons, elle évoque davantage aujourd’hui la paix familiale (ou l’illusion d’une famille recomposée et reconstruite) tout en remémorant l’enfance de chacun. (Par définition idyllique, le temps gommant les imperfections, songeons à la made-leine de Proust).

 A la Réforme, le fait d’offrir des cadeaux non plus seulement aux défavorisés mais aussi aux enfants fut instituée. (la remise des cadeaux glisse du 6 décembre à Noël) L’offrande aux adultes date de la trans-formation de la fête de Noël en fête de la famille. On signale ce rite pour la première fois en 1860 dans une chronique de la reine Caroline de Bavière qui disait ainsi faire entrer le surnaturel dans le quotidien.  La date de remise des cadeaux a elle aussi varié, St Nicolas, Nouvel an (les étrennes), l’épiphanie (c’est toujours le cas en Espagne), puis se fixant définitivement à Noël (25 au matin, puis 24 au soir), selon les croyances, apogée du catholicisme, Réforme, Contre-Réforme et laïcisation de la fête de noël.

Devenue une fête très commerciale,  Noël doit réussir à faire culminer le Chiffre d’affaires. Cette fête décide du bilan an-nuel voire de la reconduite de l’activité l’année suivante.
Nous dépensions en moyenne, nous l’avons dit plus haut, près de 190 euros en moyenne pour chaque enfant, tous les ans, rien, que pour Noël   (Psychologies dé-cembre 2002) et 538 euros pour Noël en globalité .  Il y aura en moyenne 11 cadeaux disposés au pied du sapin pour une valeur de 550 euros et les enfants ne sont plus les seuls à recevoir car la majorité des cadeaux le sera pour les adultes. (De-loitte)   En cela ils sont parmi les moins dépensiers d’Europe, autant en valeur ab-solue qu’en proportion de leurs revenus 2 % de leur budget annuel. (Delloite, Nov.2006).  Après cette hausse verti-gineuse, la nouveauté réside dans la relative déflation des dépenses de noël 538 euros (selon cette source) en 2006, 550 en 2004, 580 en 2003, 820 en 2002. (Chiffres 2004,2003,2002: les identitai-res.com, décembre 2004)
Et si les Français dépensent moins que les années passées, ils consacrent une plus grande part en cadeaux et freinent celles liées aux repas et aux divertissements. 95 % des personnes déclarent avoir autant de plaisir à donner qu’à recevoir. (Etude Visa Genève, 23/11/2006).  L’enquête TNS-Sofres pour le groupe Casino (La Tribune) signale que 23 % des personnes interrogées ont l’intention d’offrir des livres, 20 % des CD ou des DVD. Une tendance que confirme l’étude du cabinet Deloitte qui signale que les cadeaux sont de plus en plus numériques : 50 % des adultes à Noël recevront un CD ou un DVD. Le troisième cadeau le plus désiré des femmes est un chèque cadeau, sans doute ont elles tant l’habitude d’être déçues qu’elles préfèrent faire leurs emplettes elles-mêmes, ou se disent-elles que s’il faut y retourner que soit pour le plaisir et non pour la corvée des échanges le 27 décembre au matin. Une autre enquête récente (TNS-Sofres, Figaro-économie) du 4 décembre 2006 révèle que si en 2005, 15 % des internautes se disent prêts à échanger ou à revendre leurs cadeaux reçus en  double ou qui ne leur plaisaient pas, ils sont maintenant environ 27 % à envisager cette possibilité.

41 % des  hommes jugeant les courses de noël comme une corvée harassante, elles figurent comme un passage obligé, rite introductif à la fête de noël.
Offrir un cadeau est à 71 % considéré comme un plaisir. Une tradition pour une personne sur deux, et une obligation  ou une contrainte sociale pour 9 % d’entre eux.  Selon la même étude,  une personne offre un cadeau à 8 personnes en moyenne, qui sont à 48 % des proches allant de 6 à 10 personnes et 25 % à 4 à 5 personnes.  Avec 11 cadeaux sous le sapin en moyenne. Un cinquième des recettes annuelles des magasins de jouets, (la statistique est canadienne) d’articles de loisirs et de jeux était engendré au moyen de décembre. Il en va de même pour les magasins de CD et DVD. (Le quotidien, Québec, 7 décembre 2005). A l’occasion des fêtes, selon un sondage BBC, 89 % des enfants étaient excités par cette fête, 63 % des enfants économisaient pour cette occasion et pour offrir des cadeaux à leurs proches, 16 % des enfants offrent un cadeau à leur maman, 7 % à leur papa, 29 % pensent que Noël consiste d’abord à penser aux autres, et 24 % qu’il s’agit à cette occasion plus de donner que de recevoir. (DNA 25/12/2006). Tout en sachant qu’offrir, c’est déjà dire beaucoup sur soi, une projection de la personne, de l’autre, de ses besoins estimés ou réels, on peut ainsi aussi bien se tromper que réussir cette projection. La seule solution est l’amour dans ses choix pour que le cadeau plaise aussi bien à l’offrant qu’à l’heureux (ou non) récipiendaire.

Les cadeaux de jadis…
Avec l’ensemble de ces chiffres, on semble loin du cadeau fruité ou sucré telle la Mandarine
 
« devant la cheminée, ils mirent ce soir-là leurs souliers (…) ». Mais que les enfants soient de plus en plus exigeants à l’égard de leurs cadeaux ne relève pas de ce siècle, déjà en 1862, Th. Klein écrivait dans un « Samstagsblatt » qu’il regrettait les « gemalten Soldaten » fabriqués  durant toute l’année écoulée par des artisans locaux (et non des magasins de l’Intérieur commercialisant leurs articles « aux prix fixes »)  commercialisés sur les stands du marché de l’enfant Jésus de Strasbourg. Le Dr L. Pfleger, en 1931 dans « Elsässische Weihnacht »  évoque les enfants exigeants un « Mecano » pour concevoir avions et machines.

Aujourd’hui, Un quart des internautes interrogés des plus de 50 ans ne font jamais de cadeaux à leurs propres enfants. Sur les largesses, on signale que pour les frères et sœurs l’on dépense le moins possible (19 %) leurs amis (18 %) ou leur belle famille. Le cadeau moyen est situé entre 30 et 49 euros à multiplier par le nombre de récipiendaires.
Les cadeaux furent jadis modestes (fruits, gâteaux) ou très pratiques, tel témoignage le confirme (S.V.) « peut-être notre père fabriquait-il un traîneau ou un cerf-volant pour mon frère, peut-être ma mère habillait une poupée à la dernière mode. Comme tous les ans à pareille époque, mon jupon de laine disparaissait : ma grand-mère y rajoutait en grand secret quelques rangs de laine colorée. Ainsi mon jupon grandissait avec mois d’année en an-née ».
Le rituel des cadeaux, la surconsomma-tion, la solitude des uns et la surfête des autres,  rend la fête « paradoxale » comme le souligne l’ethnologue Martyne Perrot.  

F.S.
3. p 246, Inventaire des fêtes de France, d’hier et d’aujourd’hui, Nadine Crétin, Larousse.

EXTRAITS NOUS RACONTANT  LA FÊTE DE SAINT NICOLAS :  (Ce sont des citations)
Cadeau du ciel :
“Le 5 décembre au soir planait sur le village un mystère un peu guilleret, un peu inquiétant aussi, concrétisé par des sonnettes agitées devant les maisons à l’intérieur desquelles l’attente était fébrile, quelque peu anxieuse : saint Nicolas avait ses entrées dans chaque demeure (...) Le Père Fouettard restait donc délibérément hors de chez nous. Je n’en tremblais pas moins. Quand la sonnette se faisait entendre à notre porte, mon coeur sautait dans ma poitrine, je me réfugiais tout contre maman qui disait sur un ton mi-suave, mi –solennel “Entrez, bon saint Nicolas”. (...) Lentement, il posait sur la table un saint Nicolas en pain d’épice –son portrait-, des noix et une orange. (...) Je donnais des noix à mon frère, qui m’épluchait l’orange. Il n’y en avait qu’une dans l’année : les mandarines marquaient Noël. Nous humions la senteur spécifique à cette soirée. (C’est toujours la Saint-Nicolas pour moi lorsque je mange une orange...) . Généreuesement, je distribuais des quartiers que chacun dégustait avec gravité. Puis je m’attaquais au pain d’épice. Dès le lendemain, on parlait de Noël”.  Elisa Rossignol, “Une enfance en Alsace”1907-1918, Editions Sand 1990
“La chaleur des Noëls d’antan” Rosalie Firholz  (p 81, Editions de l’Est, une enfance à la ferme) raconte que la famille était trop pauvre pour avoir une crèche. “Sur un tabouret reposait un poupon fait de chiffons. Le Christkindel nous invitait à nous agenouiller pour l’adorer : “Venite, vente adoremus.” Avant de partir, il donnait  une caresse à chacun de nous. Pensez donc ! Une caresse du Christ-kindel valait pour nous les plus beaux jouets. “ !!

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Publié le 6 Décembre 2007

Jouets : Le jouet manufacturé a été longtemps réservé, jusqu’aux trente glorieuses, aux familles aisées. Des manu-factures de poupées, d’ours en peluche existaient bien,  mais seules les familles bourgeoises pouvaient acquérir leurs créations. L’industrialisation de la produc-tion, la réduction de la taille des familles et l’augmentation du pouvoir d’achat allait développer le marché du jouet à partir des années 50.
(noël avec un cadeau, postée le 18 janvier 1917, coll. F.S.)
Particularité alsacienne, c’est en Alsace dans  L'fHorus deliciarum (l'encyclop_die alsacienne « le jardin des délices » dÅfHerrade de Landsberg ou de Hohenbourg) que l’on nous montre au XIIème siècle la plus ancienne re-présentation d’un jouet, d’une part, mais aussi d’une séance de marionnettes et de chevalerie. Des jeunes y possédaient un jouet déjà complexe. Deux enfants, séparés par une table, tenaient de chaque main l'extrémité de deux cordes soutenant deux marion-nettes représentant des chevaliers armés de pied en cap, voilà pourquoi l’image est assez souvent vue.  (Voir l’ouvrage sur l’Hortus deliciarum, de Jean-Claude Wey, paru chez les petites vagues éditions,  à Labroque (67130) 35 euros, 2004).  Mais en dehors de cette première représenta-tion, les premiers jouets remontent à la période Egyptienne. Un noble appelé Me-rerouka, qui a vécu vers 2 300 ans avant notre ère, a évoqué ces jeux sur les parois de sa tombe. Il semble que les enfants de la Grèce et de la Rome Antique se voyaient également offrir des jouets. Quant aux civilisations d’Amérique du Sud, la découverte de ce qui semble être des jouets remet par la même occasion en cause l’invention de la roue dans cette partie du monde. Il semble car de nombreux petits objets que l’on croyait être des jouets sont souvent des objets rituels. Petites statuettes (protectrices) des dieux retrouvées dans les pyramides par exemple. On peut situer les toupies les plus anciennes dans la première dynastie (env. 3000 av. J.-C.). Ainsi à  Leiden, explique, M. Marc Wellens - Co-directeur du Speelgoedmuseum B-2800 Mechelen  en   Belgique  , le ‘Museum voor Oudheden’ possède une statuette en bois représentant une meunière de grain datant du deuxième millénaire avant note ère. En tirant sur une ficelle, on actionne la statuette: la femme frotte deux pierres l'une contre l'autre. On moulait réellement le grain de cette manière. Il s'agit incontestablement d'un jouet
Le jouet est longtemps demeuré artisanal, voir même familial.  A en croire J.L Beau-carnot   décrivant une famille paysanne, il signale que le petit paysan reste immobile une année entière, suspendu en hauteur et comme jouet « un hochet fait d’une mie de pain séchée dans une coquille de noix ». Sur l’histoire des jouets, on peut visiter le musée du jouet de Colmar pour s’en convaincre. Poupées de chiffon confectionnées par la mère, ou habillées par elle, luges, patinettes, petits jouets en bois, grange, garage, selon les capacités des parents.  Jouets faits de bois dont les artisans de l’Erzgebirge sont devenus les spécialistes, puis jouets mécaniques en fer blanc là aussi le musée du jouet de Colmar conserve de précieux exemplaires.  Les billes de verres auront égayé les maisons des moins pauvres au XIXème siècle. Au XVII ème siècle, il y avait bien évidemment grelots, hochets, crécelles, toupies, balles, tambour et jouets éveillant le garçon à la guerre, la fille aux tâches domestiques filer, ranger.  On jouait bien plus avec les circonstances et les évènements du quotidien, chiens, chats, pluie, vent, feuilles et fruits pourris constituent des éléments du quotidien qui éveillent les sens et les envies de jouer.  La notion d’enfant n’est découverte qu’au XIX ème siècle (Jean-Noël Luc) l’enfant n’était qu’un adulte et une personne en devenir  Pour s’en convaincre à étudier les catalogues et les publicités des magasins des années 50, même les vêtements pour enfants n’étaient que les répliques miniatures des vêtements d’adultes. Alors qu’actuellement ce sont les vêtements jeunes qui sont déclinés en « grandes » tailles. Maman s’habille comme sa fille et non l’inverse. Mai 1968 et la crise de la société des années 60 a ainsi commencé à renverser cet état de choses. La néga-tion de la mort et de son précédent « la vieillesse » firent le reste.  Les culottes courtes  portées toute l’année, avant d’être adulte, ne cessèrent d’avoir court vers la fin des années 50.
Du point de vue du jeu dit de société, les repères sont différents : Le ‘mehen’ ou le jeu de serpent égyptien est connu comme étant le jeu de société le plus ancien au monde. Il semble être une combinaison du jeu de l'oie et du jeu ‘Ne t’en fais pas!’. On le jouait déjà avant les premières dynasties et durant l'Ancien Empire (3200 - 2250 av. J.-C.). Le jeu a la forme d'un serpent enroulé (la forme en spirale typique, que nous retrouvons dans le jeu de l'oie), explique le conservateur du musée déjà cité.
Le chercheur, déjà cité, signale aussi que le « Le jeu royal d'Ur » date d'environ. 2500 av. J.-C. On le retrouva dans les années 20, lors des fouilles de Sir Leonard Woolley dans un site où furent enterrés les Sumériens de la plus haute classe. C'était une variante de notre jeu contemporain: le trictrac.
Du côté romain, les tombes d’enfants permettent de trouver des vestiges de jouets anciens, Le hochet, la poupée, la toupie, la balançoire, jouer aux osselets et à cache-cache n'en sont que quelques exemples.  De nombreux matériaux sont originaires des villes de garnison situées aux frontières du royaume, telles que Cologne et Trèves, déjà la passion du jouet qui se retrouvera à Nuremberg.  Rappelons le fait que la tunique du Christ fut tirée au sort (sans doute jouée aux dés) afin de ne pas la déchirer.

Le musée du jouet de Colmar, rassemble une collection de près de deux mille jouets, trains, poupées, automates, ours, voitures… du XIXème siècle à nos jours qui ont appartenus à Georges TRINCOT. Une exposition temporaire a montré jus-qu’au 11 novembre les poupées dites mannequins et l‘actuelle concerne le cirque dans le jouet.

Ces objets sont coûteux, même neufs, le jouet implique des moyens financiers. Les prospectus de jouets envahissent les boî-tes aux lettres dès le 15 octobre affichant des produits de plus en plus coûteux et techniques dont certains peuvent friser les 150 euros. Cette envolée des prix est confirmée par une étude récente révèle que les jouets dits traditionnels touchent un public de plus en plus restreint en âge. Au-delà de 8 ans, les enfants se « numérisent » et attaquent le marché du MP3, baladeurs, jeux vidéos (pour les garçons) puis téléphones portables (surtout pour les filles).

 Les dépenses pour les jouets atteignent maintenant 190 euros en moyenne par enfant à chaque anniversaire de la nativité de Jésus. Même  si cette année 2007, le cabinet Deloitte prévoit une petite baisse due en partie à la hausse des produits alimentaires et du pétrole.  La hausse des dépenses est souvent une« Tentative maladroite » de parents absents ou divor-cés pour se déculpabiliser, selon « psychologies  décembre 2002, Isabelle Taubes et Stéphanie Torre». Les enfants de famille divorcés, de ce point de vue au moins sont gagnants, ils bénéficient de deux noël, l’un chez papa, l’autre chez maman. Chacun y allant dans la surenchère en cadeaux et en activités. Oubliant que cadeau le plus désiré par l’enfant, qu’ils soient ensemble et heureux d’être ensemble. (voir aussi étrennes et ca-deaux)

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Publié le 6 Décembre 2007

IMG-0559.JPG
Calendrier de l’Avent :




 Que de chemin parcouru entre les 24 traits tracés  à la craie dans l’armoire à jouets des enfants du XIX ème siècle, selon un auteur, et la boîte aux 24 fenêtres qui s’ouvre sur une friandise quotidienne, plus ou moins luxueuse selon les pâtissiers. On est loin aussi de l’idée originale en voyant des calendriers qui contiennent 24 bières différentes, une par jour, ou plus récemment une boîte avec 24 sortes d’infusion et de tisanes à déguster pour le temps de l’avent. Chaque sachet étant daté du jour du mois de l’avent.
On s’éloigne de l’invention généralement attribuée à un fils de pasteur allemand (de Maultbronn en Souabe) dont la mère avait confectionné un calendrier avec des gâteaux collés sur un carton afin de faire patienter sa progéniture. Devenu adulte, il en modernisa le concept et l’appliqua à l’imprimerie ceci en 1908 dans sa version connue actuellement par le munichois Gerhard Lang (imprimeur R.L.M.) intitulée « Im Land des Christkindes » (dans le pays de l’enfant Jésus).  Mais une version sous forme d’horloge (avec chacun des jours symbolisant une heure de la montre) est attestée dès 1902 et provient de la ville de Hambourg (et non Munich) d’un éditeur évangélique Fr. Trümpler) soit donc 6 ans avant Lang.

Le premier à avoir eut l’idée de découper le temps de l’avent revient en fait à un peintre de Brugges, Petrus Christus (Pierre Christ) qui découpa les 24 jours de l’avent dans sa peinture au 15ème siècle, révèle Manfred Becker Huberti dans son dictionnaire des traditions (p.10).
Vinrent ensuite les idées des sachets de feutrine accrochés à  un tableau.
Le premier calendrier à feuillets et fenêtres remonterait à 1850, selon Paul Wernert (Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17). Tandis qu’un auteur y voit une source scandinave, sans source, ni justification.
En 1908, on en voit sans les fenêtres, mais avec des feuilles à décoller.
En 1920, 19 fenêtres du 6 décembre au 24 décembre.
En 1925, ce seront des livrets à lire et à parcourir chaque jour.
En 1933, il sera articulé à l’aide d’attaches parisiennes,  en 1935 la marque de café de Bremmen, Eduscho popularise l’idée en publiant un calendrier de l’avent circulaire.
La Seconde guerre mondiale arrête la créativité du fait des restrictions de papier, mais  le symbole sera récupéré par la propagande Nationale Socialiste en Allemagne et ses idéaux païens, Wotan, des signes runiques et la grande nuit de l’étoile claire pour achèvement.


La victoire venue, les calendriers adoptent également des formules profanes, gustatives sont nombreuses sont un moyen de faire patienter petits et grands avant la grande fête de l’année, apparaissent des calendriers pour diabétiques pour commémorer certains évènements (31 cases pour le passage  à l’an 2000) ou célébrer l’année Mozart (2006). Un grand magasin spécialisé dans la culture a soulevé la polémique en décembre 2006 en commercialisant un calendrier de l’avent, avec 24 préservatifs, pas du meilleur goût, il l’a d’ailleurs retiré.

Le calendrier de l’avent ne se cantonne pas à la dimension de boîte en carton plus ou moins garnie, la ville de Gengenbach (Près d’Offenbourg, Bade-Wurtenberg) illumine chaque soir à 18 h 00, le plus grand des calendriers du Monde,  une des fenêtres de l’hôtel de ville construit par Victor Kretz. S’affiche alors une œuvre de Marc Chagall, de Paris, du cirque ou de la littérature selon le thème annuel. En décembre 2006, c’est l’Alsacien Tomi Ungerer qui est à l’honneur dans ce calendrier. (Du 30 novembre au 7 janvier 2007). Illustrant les fenêtres de cette demeure par 24 extraits de son livre « Liederbuch, Das GroBe Liederbuch » Ce livre est disponible auprès de Diogenes Verlag. Il a été vu par 60 000 visiteurs en 2005, soit bien plus que son tirage.



Le calendrier outre d’apprendre la patience et de montrer au final, le chemin parcouru, doit selon le Psaume 90,12 « enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ».
 

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Publié le 6 Décembre 2007

IMG-0617.JPGEtoile  (des rois mages, dite « étoile du berger ») : Décoration typique du sommet du sapin de noël (voir décoration de l'arbre de noël ou Christbaum).

 La traduction de « Etoile » peut donner « Astre », « étoile » ou « phénomène astronomique ».
Ce n’est pourtant pas l’étoile du berger qui a guidé les rois contrairement au tube yéyé. S’ils ont suivi une étoile, comme le précise l’évangéliste (Mathieu 2) qui se serait arrêté au-dessus de la maison. On peut donc penser qu’hébergé dans une étable ou une grotte (voir ce mot) ils trouvèrent ensuite refuge dans une maison de Bethléem. Ou encore comme une tradition le signale au IIème siècle, (Protévangile de Jacques, livre apocryphe de l’époque),  les Mages ne survinrent que deux années après la naissance de Jésus. (Ce  qui expliquerait le massacre très large d’Hérode des petits- enfants (jusqu’à 2 ans)  lorsque les Mages ne revinrent pas l’informer du lieu où était né l’enfant). Ce qui ne change rien à la visite des Mages.
« Où est le roi des juifs (…) car nous avons vu son étoile au Levant et nous sommes venus nous prosterner ». (2 Matthieu)  
Les mages étaient sans doute astrologues-astronomes, venus d’Orient (l’expression est anatolai ou anatolé), selon le Dictionnaire de la Bible André-Marie Girard, éditions Bouquins,   érudits, païens,qui « conservaif(aient)  un grand prestige dans le sillage spirituel de Zarathoustra ». (p.830)
Les théories quant aux planètes, dans la période où l’on estime la naissance de Jésus (Bède le vénérable ayant –avec ses moyens- était chargé de dater l’an 0 de notre ère, c’est-à-dire l’année de naissance de Jésus) entre –12 et  + 4 après Jésus-Christ,  sont au nombre de 7 :
- La comète de Halley, visible de la terre tous les 76 ans et provoque un spectacle lorsqu’elle s’approche de la terre, elle passa en –12 avant Jésus-Christ, les chroniqueurs chinois et romains la signalent ; Ils en virent une comète à longue queue en –5 ceci 70 jours durant. Mais les ouvrages ne s’accordent pas en –12 , -4 et –3 avant Jésus-Christ nous signale Daniel-Rops dans « Jésus en son temps » (Arthème-Fayard, mise à jour 1947). Une autre comète car on estime leur trajet à plusieurs mois, aurait elle aussi été visible et leur donner une impression de trace. On se refère à la comète visible et arrêtée au-dessus de la ville de Paris en 1850,  dite Comète de Donati. (p 553  in « la nouvelle bible déchiffrée » Pat et David Alexander Lion Publishing, Ligue pour la lecture de la Bible, 2003).  On a également signalé une « nova » dans l’ »aigle » en 1918, à l’instar de celle de 1572 après la Saint-Barthélemy ou le 10 janvier 1910 celle de Halley à Jérusalem.
- Conjonction de Jupiter et Saturne en l’an –7 au-dessus de l’Orient, provoquant une lumière extraordinaire ; (cette théorie est refusée par le professeur Colin Humphreys, responsable du département des sciences de la matière à l’université de Cambridge, il signale d’ailleurs que le nouveau testament évoque un « objet unique « suspendu » au-dessus  de Bethléem)
- La triple conjonction Jupiter, Saturne et Mars en l’an –6 près de Jérusalem ;
-  Jupiter et Vénus en l’an –3 ;
- L’apparition d’une nova, (explosion d’étoiles) en l’an –5 ;
- Le clignotement d’Uranus, planète encore inconnue ;
- L’absence du ciel de l’étoile de Bethléem. Qui est bizarrement absente des tables astronomiques gravées sur les pièces de monnaie de l’époque, qui serait réapparue. Du 20 mars de l’an –6 au 17 avril de la même année, apparaissant cette fois en plan jour dans la constellation du Bélier. Les pièces de monnaie d’Antioche de l’an + 7 après JC on retrouve gravé d’un côté le Bélier tournant la tête vers une étoile, de l’autre le buste de Jupiter.
(Sur ces éléments : « le mystérieux éclat de l’étoile de Bethléem », Anne Alter et Philippe Testard-Vaillant in le Figaro du 24 décembre 1996 , Quotidien de Paris du 2.11.1991 pour la contestation du professeur Colin Humphreys)

Enfin, il est surprenant que l’on refuse au Créateur du monde visible et invisible, de déroger à la carte du Ciel.  Saint Fulgence le disait déjà « cette étoile n’avait jamais paru ; c’est l’Enfant-Dieu qui l’a créée et députée aux Mages ». Dieu  s’est ménagé un signe, la création d’une étoile. Dieu étant incarné, connaissant les hommes et le pouvoir qu’ils attachaient (attachent encore pour certains) aux astres, et ne puisse leur accorder un signe dans le Ciel. Jésus nous signale d’ailleurs l’obligation de lire dans la nature les signes des temps. Les mages babyloniens étaient très attentifs aux signes astronomiques car un nouveau signe aurait été interprété par eux comme l’annonce d’un nouveau déluge ou la fin du monde.
Le mot de la fin au sujet de cette étoile revient à Saint Léon qui écrit, « cette lumière stellaire, fut l’instrument d’une autre lumière plus vive, pour le cœur des Mages ».
Tandis que la recherche de l’étoile est forte de sens, selon Saint Augustin, « les Mages annoncent et interrogent ; ils croient et ils cherchent ; ils sont le symbole de ceux qui marchent à la lumière de la foi et désirent la vision ».  Et le texte biblique dit qu’ils se « réjouirent  vivement d’une grande joie » la formule semble lourde, lorsqu’ils la revirent. Sur quoi St Bernard peut dire « Celui-là se réjouit de joie, qui se réjouit à cause de Dieu qui est la vraie joie ».
 


 

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Publié le 6 Décembre 2007

12090002.JPG(photo d'une affiche des magasins Karstadt, déc 2006)


Enfant Jésus
: Christkindel  traduction littérale.  En fait une fée blanche,  munie quelquefois d’une paire d’ailes, portant à la main une baguette et jetant des fruits dans la Stube (pièce à vivre) où elle pénètre n’a rien de commun avec un petit enfant.
Sur sa tête une couronne de bougies enflammées, c’est son seul point commun avec la Sainte-Lucie suédoise qui apporte les brioches au lit à son papa le matin du 13 décembre. Menacée de disparition par l’hégémonie du père noël commercial américain, elle tente de survivre par de très beaux dessins d’un artiste alsacien Pat Thiébaut, elle semble avoir été quelque peu inspirée par les Suédois lors de leur invasions en Alsace. En février 1628 les protestants doivent quitter la ville de Colmar, après l’entrée des troupes suédoises dans notre région. Elles vont assiéger la ville, donnant naissance à des dictons qui mettent en garde les enfants méchants d’être emportés par les Suédois (Sei brav mein Kind, sonst holt dich morgen der Schwed »  ou encore « Vor Turk und Schwed behüt mich lieber Gott » Protèges-nous du Turc et du Suédois mon Dieu » (Bernard Vogler, Almanach de l’Alsace)
Sa tradition est attestée depuis 1625; 1660 à Colmar, interdite formellement à Strasbourg en 1666, en 1693 il en va de même  à Mulhouse, elle demeure vive et présente en 1713,1737,1785,1836...
Une brochure de l’office du tourisme alsacien résume : une créature pleine de contradiction ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Elle a le côté lumineux de la déesse Freia, une transposition avec sa couronne de bougies de Sainte-Lucie, la blancheur de la dame blanche et la proximité (et le baguette) de la fée germanique antique.
Alsace, terre de contradiction, l’illustration parfaite serait bien ce personnage.
 (Pour Sainte Lucie, voir Lucie)
A.Stoeber, à propos du pays de Hanau,  qui a collecté les traditions de la première moitié du XX ème siècle raconte « le Christkindel se manifeste par un tintement de sonnette, et entre dans la chambre où se trouvent les enfants, les parents, ainsi que l’arbre de noël. Il est tout habillé de blanc, un voile couvre son visage afin de le rendre méconnaissable, dans une main il tient une corbeille contenant des friandises, dans l’autre une verge, la Rüet avec laquelle il fait mine de toucher les enfants ». Il remet ou jette ensuite des friandises dans la pièce, une sorte de rite de fertilisation des enfants qu’elle touche et de la terre.

 
 

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Publié le 6 Décembre 2007

undefined Christkindel (la pomme) : peut tout d'abord signifier  une petite pomme d’un rouge  très prononcé de ce nom décorait spécialement l’arbre de noël, ceci encore au milieu  du siècle dernier. Frotté contre un peu de laine, le rouge se faisait très brillant et lumineux. On la nomme aussi Hambscheim, Santa Klaus, pommier typiquement alsacien d’un sol léger et sec, avec une chair blanche croquante. 

Christkindel  : Mais le Christkindel c'est tout d'abord le mot "enfant Jésus", car c’est la transposition de ce mot.

Mais
plus qu’un enfant c’est une Fée germanique, Lichterfee (fée de lumière), ou encore l’adaptation alsacienne de Sainte Lucie croisée  avec une fée ou une dame blanche. (voir Enfant Jésus et Ste Lucie)
On trouve dans ce terme, les mots “petit-enfant-Christ” petit enfant Jésus. Mais pris littéralement on traduirait que c’est le divin Jésus qui apporte les cadeaux. Van Gennep, célèbre folkloriste, par ailleurs très rigoureux, s’y laisse prendre en traduisant, que c’est un petit garçon qui parcourt la campagne avec le Hans Trapp. C’est vrai que sur certaines gravures l’on voit un petit Jésus assis devant le Saint Nicolas,  Père Noël ou un homme de Noël pour apporter des cadeaux, sur d’autres on voit l’homme précédé d’un ange sous la forme humaine d’un petit garçon ou d’une petite fille-ange. Les anges n’ayant pas de sexe défini.
Le concept a été mal étudié, car il s’agit assez énigmatiquement en Alsace d’une jeune fille (jeunette) qui est attendue dans les toutes les maisons alsaciennes (protestantes et ensuite catholiques)  jusque dans les années 50 et aujourd’hui encore dans de rares villages alsaciens.


Si elle peut être le porteur de cadeaux de l’Enfant-Jésus, elle ne peut être l’Enfant-Jésus, car elle est coiffée d’une couronne d’or,  faite de feuillage,  de sapin dans laquelle sont plantées les bougies enflammées. Elle est vêtue de blanc, porteuse d’une clochette (comme on annonçait le Saint-Sacrement dans les rues,  et lorsque  l’on portait la communion à un malade dans un hospice) une baguette (ou une verge, dans un rite de fertilité1  ou pour punir les enfants désobéissants), un panier avec des friandises (pommes, noix, sucreries, pains d’épices, orange).A son entrée, elle jette des fruits dans la pièce. Est-ce une fertilisation du sol, un rite magique ? s’interrogent les érudits. Gérard Leser dans « Wihnahchte en Alsace » nous apprend (page 57) que l’on retrouve une sainte lançant des fruits et aidant les malheureux sur une gravure qui date de 1850 et qui représente le mois de décembre.
Elle parcourt pieds nus, tantôt juchée sur un âne, seule ou accompagnée du Hans Trapp, qui a déjà suivi les pas de Saint Nicolas quelques jours plus tôt dans le mois.
Qu’est au juste le Christkindel, cette Dame de Noël si l’on adopte la formule de Nadine Crétin (le livre de Noël, Nadine Crétin, France Loisirs Paris) , une brochure de l’office du tourisme de Sélestat sur l’Alsace résume :”une créature pleine de contradictions ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de Noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Si l’on résume l’étude que nous avons brossé devant vous, il y a donc des pistes, pour
* la déesse Freia, Perchta (la lumineuse) avec comme indice, les bougies enflammées dont elle est coiffée ou Holda (douce et généreuse) l’indice : les fruits lancés dans la pièce au moment de son entrée...
* une transposition abrupte de sainte Lucie, décalée par le calendrier, apportée par les Suédois,alors qu’ils ne la fêtent que depuis  la deuxième partie du XIX ème siècle soit bien après notre chère Christkindel alsacien. Et ceux qui font l’amalgame avec Ste Lucie n’ont pas étudié le coeur du problème se contente de l’apparence.
* une dame abonde, comme dans d’autres régions, l’indice qui nous y porte c’est la baguette magique qui touche les enfants, mais contre-indice les autre n’ont ni bougies enflammées....
* un enfant Jésus  qui distribue les cadeaux sous un aspect plus âgé... alors pourquoi une jeune fille, une couronne, un vêtement blanc ? cela ne semble pas suffisant.
* une création typiquement alsacienne, nourrie des dames blanches, et des fées germaniques antiques ?
 
Le choix reste ouvert, et les preuves manquent. Mais dire que c’est “remarquable que cette incohérence fondamentale n’ait pas été corrigée par le peuple”34  tend à nous prendre pour des imbéciles, au contraire, le personnage est bien plus (non pas au sens théologique) et bien au-delà de l’Enfant Jésus dans l’imaginaire culturel alsacien, la preuve une fois encore que le pays qui a invité (et exporté dans le monde entier) l’arbre de Noël (1521), Hans Trapp, les marchés de noël ou de l’Avent, a une histoire, un imaginaire, une culture profonde, créatrice et pleine de magie.  F.S.


Christkindele, Christkindele,
Kumm dü züe uns erin
Mer han e frisches Heubindele
Un au e Gläsele Win
E Bindele für’s Esele
Für’s Kindele e Gläsele
Un bette kenne mer au »
(La traduction peut donner ceci :
 Christkindel, Enfant Jésus viens entre donc chez nous,
nous avons un gerbe de foin toute fraîche,
et un verre de vin aussi
la gerbe pour l’âne,
le verre pour l’enfant,
et prier, nous savons aussi » )

(sources : brochure : l’histoire de l’arbre de Noël  de l’office du Tourisme de Sélestat, Marguerite Doerflinguer « c’est un rite magique, qui promeut la santé, la vitalité de l’enfant. L’origine serait à trouver dans un cortège de jeunes filles représentantes des formes fécondantes et fertilisantes du cosmos comme au mois de mai », in la quête de l’Alsace profonde, SAEP Colmar.

Christindl  : c’est aussi le nom d’un village autrichien, bien connu des bibliophiles qui du premier dimanche de l’avent au 6 janvier inclus (Autriche 4411 Christkindl) diffuse et oblitère de très beaux timbres de la nativité. Voir poste.

Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

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Rédigé par F.Schwab

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Publié le 6 Décembre 2007

12090022.JPG12090004.JPGSi l'on sait qu'il est originaire de Sélestat (Bas-Rhin) peu savent que l'Alsace l'a exporté dans le monde entier, sans en toucher les droits d'auteur !!

Christboim (Winachtsboim) usage répandu depuis le XIII ème siècle puisque des édits autorisent le couper des branches ou des arbres à l’approche des nuits saintes. Le premier texte y faisant clairement référence date de 1521 à Sélestat (le canton est devenu par les grâces d’un publicitaire « le pays du sapin »). Car dès le XIV ème siècle l’on doit surveiller les forêts pendant 9 nuits afin d’éviter la coupe sauvage d’arbres.
L’humaniste Johann Konrad Dannhauer 1642-1646).qui s’élève contre cette pratique écrit dans son « cathechismus-Milch » : « Pour noël, il est d’usage à Strasbourg d’élever des sapins dans les maisons, on y attache des roses en paier, des pommes, du sucre ».
Accroché au plafond dans le Sundgau, puis posé au sol, l’arbre se verra décoré de fruits, d’hosties colorées non consacrées, de rubans... puis de fruits noisettes, noix emballées dans du papier doré, puis plus tard de gâteaux de noël et de pains d’épices. Les bougies étaient connues en 1785 date à laquelle la Baronne d’Oberkirch écrit que dans chaque maison, on prépare le “Tannen” sapin recouvert de bougies, bonbons...


Une des bases religieuses du sapin serait la citation dans le livre de Barus « sur l’ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage, car Dieu conduira Israël, dans la joie à la lumière de sa gloire » (Bar 5, 8-9, 2ème dimanche de l’avent, année C).
Les origines du sapin : Si de 1521 datent les premières traces écrites du sapin, on en trouve d’autres dès 1184, ou encore en l’an 1000 et 1025 dans

Même si d’autres sources soulignent ces pratiques dès 1184 ou encore 1000 et 1025 un décret de l’évêque de Worms qui attribue à un “pape” Martialis (inexistant) en réalité l’évêque Martialis de Limoges qui édictait un interdit de décoration des demeures avec de la verdure .  Les interdits se retrouvent en 1184 à Munster, en 1525 à Salzbourg.
Ce qui tend à prouver que cet usage existait et semblait répandu.
Si Boniface au VIIIème siècle aurait ainsi coupé un arbre sacré germanique et l’aurait transformé dans la ville de Geismar en arbre de noël.  Comme référence païenne on peut aussi témoigner que le couvent de Lehnin près de Brandebourg avait été construit sur un ancien site germanique, l’on a même conservé au pied de l’autel, la souche de l’arbre.  Peut-on faire un lien avec le culte gaulois attribué à Gargan, le dieu gaulois,  il laissait en signe de permanence de la vie un arbre toujours vert.
Les hautes cathédrales évoquent d’ailleurs les forêts, le chœur de l’église rappelle la clairière.
Sébastien Brant, l’auteur de la nef des fous » évoque déjà le culte de l’arbre, « Celui qui n’offre rien de nouveau, ne chante pas la nouvelle et ne met pas de rameaux de sapin vert  dans sa maison croit qu’il ne survivra pas à la nouvelle année. » On voit ici l’usage confirmé de décorer la maison avec du sapin. 
(Décoration du sapin voir ce mot) (Sapins sur les places publiques voir Sapin)
(Image 1910)
« En Alsace, il n’y a pas de famille, si pauvre qu’elle soit, qui n’ait son arbre de Noël. Quand un Alsacien émigre, il emporte la coutume héréditaire avec ses pénates. On l’a retrouvée dans les placers boueux de Californie, dans les sables du Sahara, dans les tranchées de Sébastopol, si bien qu’on a pu dire : « Là où est une famille alsacienne, là est un arbre de noël ». (Etienne Seinguerlet, dans son Histoire de Strasbourg, 1876) (Sous les images, Noël, Martyne Perrot, Seuil, Paris, 2002)
Début du XIX il entre dans les pays du Nord au moyen de l’aristocratie protestante.
1820 il est en Angleterre, à Manchester en 1820 grâce à la communauté des marchands germaniques
1840 Hélène de Mecklenbourg en fait planter un au jardin des Tuileries.
1870 la coutume se développe au delà de la région Alsace.
Après la guerre, l’association Alsace-Lorraine organise des « abres de Noël » donc des distributions de cadeaux ou de nourriture pour les enfants.
1882 Un arbre de Noël est signalé sur la place du Chatelet.
1890 le sapin entre à la Maison Blanche
1940, il entre à l’école et se propage rapidement en France. Au Sud de l’Europe, pays plus catholiques, la tradition assimilée au protestantisme sera reçue avec plus de réticences et plus tard, ces mêmes pays privilégièrent la crèche et développèrent cette tradition. (Espagne, Portugal, Italie).

Toutes les photos sont de l'auteur.  
 

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Publié le 6 Décembre 2007

12130006.JPGNous  rappelons ici l'histoire des marchés de noël, "Weihnachtsmakt" ou "Christkindelmarkt" (marché de Noël ou de l'enfant Jésus")

Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

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Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

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