Publié le 30 Janvier 2008

L’ancêtre de tous les carnavals remonterait à 5000 ans. Dans les cités de l’ancienne Babylone. Un texte de 3 siècles avant Jésus-Christ, l’évoque, sous la prêtresse-princesse Gudea se tenait une fête de 6 jours au moment de la nouvelle année symbolisant le mariage d’un dieu.

Les esclaves sont les maîtres, les maîtres sont les esclaves. C’est la première illustration d’un renversement des valeurs sociales.

On retrouve une forme dans presque tous les pays du bord de la Méditerranée : Egypte, Grèce, Rome (Saturnales, un peu plus tôt dans l’année, là aussi avait lieu un échange de rôle entre esclaves et maîtres).

Masque magique
Un masque doit conjurer les forces du mal, véhiculer ou protéger d’un pouvoir.
Dans les cultes de Dionysos ou Bacchus, l’on se cachait derrière afin de se dissimuler du contact avec l’au-delà. Porter un masque fut longtemps considéré comme un péché par l’église.

Mardi gras  est  « civitas diaboli »

Mascarade e l’italien mascarata, de maschera
« masque » désigne un défilé ou divertissement masqué.

La mascarade était souvent un bcarnaval.jpgallet travesti.
Aujourd’hui ce mot signifie plutôt quelque chose de ridicule ou
une comédie.



carnaval : adieu la viande :


Carnaval adieu la viande… Carnaval synonyme de Beignets en Alsace
Le plat typique jadis en Alsace pour le mardi-gras semble avoir été dans la région de Hirzfelden et en Lorraine dans le Saulnois : la palette de porc.
(Van Gennep page 945)
Les desserts  :  Déjà citées par l’Hortus deliciarum d’Herrade de Landsberg, ce sont les  beignets en forme solaire . Outre les crêpes, symbole solaire de la chandeleur, on trouve Kiachli (Küchle) (en allemand Küchlein : petits gâteaux cuits) ronds, avec un vide central en forme de couronne que les quêteurs enfilent dans un bâton en allant faire la quête. Cette coutume était répandue dans plus de 200 communes alsaciennes avant la première guerre mondiale le mardi gras, le jeudi gras, le premier dimanche de carême, le deuxième, le troisième selon les villages donnant ainsi le nom à la journée « Küchlesonntag. Van Gennep, page 753, cite de nombreuses communes alsaciennes.
D’autres avaient des formes de petits genoux (Schankala surtout dans le Haut-Rhin) ou faits sur les genoux (Knieplatz), avec de la cannelle (Schnitte, dans le Sundgau) Dans le village de Nordhausen, près d’Erstein, les quêteurs allaient masqués et déguisés. Les beignets sont échangés entre convives ayant barbouillé leur visage de suie , de masques
ou de bonnets de fous.

Batailles de fleurs ou de farine :
Batailles de fleurs de Nice
sont les héritières des batailles d’eau, de farine, de son, de graines et d’œufs pourris. Bien moins gratifiants.
Nice bataillait jadis au moyen d’œufs frais ou pourris.
(Van Gennep p 787). A Paget, c’étaient des haricots secs qui servaient de projectiles à Sète ou à Montpellier au XIX è siècle. Tandis que les gens aisés jetaient de leurs fenêtres de Moulins, des pièces de monnaie ou des dragées.
L’objectif était le même la fécondation magique. 

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Publié le 30 Janvier 2008

Carnaval : « un temps hors du temps ». marqué par la satire, l’inversion, les transgressions et les mascarades.  Deux noms, deux fêtes en Alsace le Bürefastnacht, dimanche précédant mardi gras, carnaval des paysans, par opposition au carnaval des seigneurs, Herrenfastnacht, le dimanche suivant mardi gras.

Cette année la fête de Pâques  étant célébrée le 23 mars, le carême (la précédent de quarante jours avant) débute le mercredi des cendres, le 6 février. Mardi Gras, la veille, tombe cette année le5 février.  Souvent le français a l’impression que tout commence le mardi gras, en fait dans de nombreux pays d’Europe toutes les festivités de carnaval s’achèvent, c’est le bouquet final, l'apothéose...
 

Longuement encadré le carnaval débutait dans la tradition germanique dès le lendemain de la fête des rois, soit le 7 janvier et s’étendait jusqu’au mercredi des cendres.  Occasion de bien des excès de table et de mœurs, elle a suscité de nombreuses controverses. (ci-contre : l’ours de Wenns, Tyrol, fête le 30/01)

Le Carnaval survit principalement en terre catholique , ou chez les orthodoxes sous d’autres formes,  par ricochet ou compensation de la rigueur avec laquelle on respectait le temps du carême.  on discerne de nombreuses réminiscences de pratiques dont nous avons souligné le caractère ancien et païen durant le temps de l’avent. Assez étrangement on retrouve des feuillus, des ours, s’y ajoutent au Tyrol des Klause  (très représentatifs du temps de l’avent) et personnages revêtus de masques assez impressionnants qui sont les symbolisations de l’hiver de la rigueur, des divinités de l’hiver. L’ours  qui subsiste dans certaines communes françaises et allemandes figurent dans les défilés. Ce serait une transposition des montreurs d’ours qui survécurent jusqu’au début du siècle dernier, pour les uns, ou pour les autres le symbole de la force printanière couvant sous les rigueurs de l’hiver.  Geiler de Kaysersberg, célèbre prédicateur alsacien, dit que lors du carnaval des femmes, les alsaciennes rendaient hommage à Meiger, Meiger Bertsch, un « homme déguisé en ours ou en homme sauvage ». Elles devaient le toucher de leur doigt et prononcer un serment sur son sexe. Il y trouve un lieu avec un culte en l’honneur de Bacchus. En 1681, ce sont  les excès à l’égard d’un bouc (animal qui existe toujours dans la tradition suédoise au moment de  noël) dans la ville de Wihr-au-Val dans la vallée de Munster  qui sont dénoncés par le curé auprès de ses supérieurs le jour du carnaval des femmes. (Il a disparut en Alsace entre les deux guerres mondiales)
Ce jour  (mardi) succède au lundi du cerf, décrit dès le XVème siècle par le même Geiler de Kaysersberg « Hirzmontag ». On pense que les cavalcades bruyantes sont destinées à réveiller la nature endormie, mais qu’elles réveillent aussi les forces infernales et qu’il convient de faire fuir. Mannequins de paille  , feuillus, sont alors brûlés, noyés ou décapités. (ci-contre Tarrenz 6 février)
Défilés.
Tout débute à l’angélus de midi par la bénédiction à l’eau bénite des masques et des costumes et les défilés s’achèvent selon la tradition à la sonnerie de l’angélus du soir. En effet à 6 heures, au moyen-âge, commençait le nouveau jour, donc le mercredi des cendres.  Ce rite montre bien la christianisation d’une coutume ancestrale propre au Tyrol. On retrouve des montreurs d’ours, des sorcières grimaçantes dont les chalands doivent se méfier. Elles symbolisent les maladies de l’hiver. On croise aussi des  cavaliers,  d’autres ressemblant aux Nicolas de la région suisse (ainsi qu’à ceux qui souhaitent la bonne année dans d’autres cantons suisses) portant sur le ventre d’immenses cloches (3-4 qui peuvent atteindre le poids de 30 kg) et sur la tête une mitre proéminente serties de pierres  et de broderies , (« Schellenrührer » en Bavière ) des costumes inspirés de tenues anciennes ou d’anciens métiers font également partie des défilés.
De l’autre côté du Rhin, on trouve aussi des masques et des costumes spécifiques à chaque village. Ce qui permet de défiler anonymement mais en groupe. Ainsi telle ville a un costume particulier d’une femme portant un mannequin homme sur son dos. (Qu’elle entretient et porte sur son dos -au sens propre et au figuré- en Bavière,  elle porte le nom de « Gretl in der Buttn » ou « Krätznweibla » ), un autre drôle de costume,  sera celui d’un diablotin, une sorcière ou un esprit, ou encore des couples fantaisistes.  D’autres défilent constituant  « de drôle de chapeaux sur pied » portant un masque immense sur le ventre. Pour compléter cet étrange inventaire, on pourra voir des personnages « cerfs », moins impressionnants, des costumes de métiers (marchands ambulants portant l’étalage de leurs marchandises à vendre sur leur dos), fermière (portant  ses foins sur le dos), soldats d’une autre époque, Harlequin (de Via Reggio) ou personnage de fantaisie, masqués dorés de Venise. (ci-contre un masqué de Tarrenz, Tirol)

 Les batailles de farine, de suie, de fleurs, de confettis ne sont que les héritiers des produits porte-bonheur destinés à réveiller la nature.
Personnification de la fête
Chez nous, dans certains villages d’Alsace , un pauvre bougre est souvent rétribué pour jouer le rôle de l’homme feuillu qui est sacrifié (rituellement) en le jetant à la fin des agapes, le mercredi des cendres, dans le ruisseau, une mare ou une fontaine, quand il n’est pas couvert de coups de bâtons.  L’homme sauvage est également réinterprété dans ces créatures sauvages et ces masques grimaçants.  La plupart des membres défilant portent des bâtons,, fouets qui claquent, plumeaux qui servent à chasser, ou souffler le mauvais esprit. Revêtu du masque, le comportement n’est plus inhibé, il se dépasse, l’homme peut rompre avec son sexe, sa situation sociale, sa position, son statut ou son rôle. Ce n’est pas pour rien que lors des défilés, les masqués portent tout de même un numéro permettant de les identifier en cas d’écarts de comportements notables.
Une théorie explique le foisonnement dans toute l’Europe de ces « hommes sauvages » par les récits des voyages des explorateurs des XV et XVI e siècle avec leurs gravures et leurs représentations à la Cour de France de « ballets de sauvages ».
des grelots ou autres ustensiles pour faire fuir les esprits de l’hiver.








Les masques contemporains  ne sont pas forcément très travaillés, si aujourd’hui la firme César fait fabriquer ses moulages plastiques rigides ou mous en Chine ainsi que des costumes tout-prêts à louer ont succédé aux masques de papier mâché et de carton du siècle passé, ils ne concernent que les enfants de notre temps, ces costumes et masques étaient et sont toujours portés par des adultes. 
Jadis. Ces masques sont généralement uniques et fruit du travail personnel de l’hiver d’un artisan, ce sont des sculptures recherchées en bois, en terre, cuite, en porcelaine, en papier mâché existent toujours dans les régions vénitiennes, italiennes, autrichiennes, bavaroises ou du Bade-Wurtenberg.

Le seul et apparemment simple costume d’Arlequin recèle déjà toute une symbolique : couleurs dépareillées symbolisant le non-respect de l’ordre établi, de la rigueur sociale.
Les costumes « inspirés de la nature » sont eux issus d’une volonté rurale de dominer les forces hostiles de la nature. Ce thème est repris dans les prières de rogations ou les bénédictions de la demeure (telle celle de l’épiphanie et C+M+B inscrits sur les demeures).

Les masques servent à des cavalcades, à des défilés dans les rues des villages. Ils sont issus des cortèges urbains du moyen-âge et se sont répétés jusqu’à la Révolution (Van Gennep 781).  Tous grimés, nos ancêtres, faisaient les fous, bravant tous les interdits sociaux. La fête débutait par l’inauguration d’un roi carnaval et s’achevait souvent par une cérémonie rituelle du feu, signalant la fin des agapes et également la disparition des fautes commises. Surtout celle du fameux « Rosenmontag » ou carnaval des femmes, (mot à mot : lundi rose, traditionnellement chômé avec le mardi gras dans les villes allemandes).
A la fin de la fête dans la ville de Nice, afin de ressouder les couples, se tenait le « festin des reproches » où l’on confessait à son époux les excès, ses infidélités. Puis on se rendait ensemble au couvent afin d’y entendre la messe. (Du moins jusqu’à la loi de séparation de l’église et de l’état, précise Van Gennep).

La fête de carnaval est incontournable, « Fastnacht verhungert niemand » « Personne ne meurt de faim le jour de mardi gras » « Ob’s warm, ob’s kalt, in jedem Fall : viel Narren gibt’s im Karnaval  », quel que soit le temps, il y aura des fous au carnaval.  Car  le temps de carême est rigoureux et unanimement respecté, bravant les corps gras, la viande. Certaines ménagères, précise le folkloriste Van Gennep dans son folklore français, astiquaient soigneusement les poêles et marmites afin d’en supprimer toute trace de matière grasse.   « Fastnacht braucht jeder, seine Pfanne selber ».
Car au final « wer lange gefastet hat, dem sind rohe Bohnen süB » « car celui qui a longtemps jeûné, trouvera les haricots crus sucrés ».
« Qui est fol est sage » dit un proverbe ancien. Un autre proverbe dit aussi qu’à celui qui a très faim, le moindre morceau pain semblera aussi doux que du pain d’épices.
Van Gennep révèle qu’un dicton du folklore français (La Chesnaye) interdit de « garder son masque sur la figure le Mardi-Gras en passant devant un prêtre, sinon il y resterait collé toute la vie ».  Histoire de respecter la religion dans les excès prévisibles après avoir toléré les excès mais ne débordant pas sur le mercredi des cendres, toujours « jour de jeûne et d’abstinence obligatoire » avec le vendredi saint après le Concile de Vatican II. Si tu n’es pas là ?

carnalasque.jpgmasque2.jpg
  Réponse à une question souvent entendue, la fête de pâques est située en 325 par le Concile de Nicée le premier dimanche après la première lune de printemps. Dans un premier temps, le carême durait 6 semaines. Les dimanches en sont exclus après le Concile de 1091, la suppression de ces jours a fait reculer le début du temps de carême au mercredi des cendres.
  Ou débutait jadis même le 11 novembre à 11.11
  il a disparut en terre protestante ou évangélique à la seule exception du carnaval de la ville protestante qu’est Bâle. (Basel). Il en fut de même en Angleterre, dès la réforme entreprise par Henri VIII. Disparaissent alors les carnavals avec le carême.
L’église encadre la fête, tolère les excès mais exclut tout débordement des fêtes le mercredi des cendres resté jour de jeûne et d’abstinence obligatoire.
  On peut citer la  « Milchwoche » des russes.  Semaine du lait, produit consommé abondamment à travers notamment les « blinis » crêpes au lait un peu épaisses.










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Publié le 30 Janvier 2008

Chandeleur : (2 février, Maria Lichtmess, 40 jours après noël)

c’est la présentation de Jésus au Temple, devant le vieillard Syméon et la vieille femme veuve, 84 ans,  Anne, prophétesse, fille de Phanouek de la tribu d’Aser qui consacre sa vie à la prière et à l’ascèse. Le premier voit en ce petit enfant l’accomplissement de la promesse qui leur avait été faite «de ne pas mourir avant d’avoir vu le Sauveur »,
c’est le Nunc dimittis, (désormais tu peux congédier) désormais il peut mourir car il a vu celui qui serait « la lumière des nations » et la « gloire d’Israël ».


Chaque soir, les moines et les religieux s’endorment en récitant ces paroles du vieillard Syméon (pour la prière complète, voir cet article), invitant à prendre le repos ou à remettre sa vie entre les mains du Créateur. Les deux prophètes prédisent aussi à Marie qu’elle souffrira et qu’une épée lui transpercera le cœur. Cette prédiction est à l’origine de l’iconographie saint-sulpicienne du cœur traversé  par une épée de la Vierge-Marie.
C’est le jour de fête de la vie consacrée ou religieuse, ce jour-là ont lieu les prises d’habit  dans les communautés religieuses.


Si Joseph et Marie accomplissent ensemble ce rite, note l’évangéliste Saint Luc, en se présentant au Temple, en offrant un couple de tourterelles,  c’est par obéissance aux préceptes de la loi, « tout enfant premier né doit être consacré au Seigneur » et en tant que jeune maman, elle doit être purifiée. 
C’est, donc  aussi la fête des relevailles de Marie, qui bien que pure, se prête à ce rite.


On peut noter que les mages n’ont sont sans doute pas encore visité la sainte famille.  Elle n’a pas encore pris la fuite vers l’Egypte, après leur visite. De plus ils offrent deux tourterelles signifiant qu’ils sont pauvres. Ils n’ont donc pas encore reçu les offrandes des mages. (Coffrets d’or, d’encens et de myrrhe qui sont des biens précieux qui leur serviront à fuir, à s’installer en Egypte pour s’éloigner des vues sanguinaires d’Hérode sur le Messie).

La fête, symbole solaire, est traditionnellement accompagnée de la confection de crêpes dont la forme et la couleur ne peuvent que rappeler le soleil dont on attend le retour. 

En ce jour, la liturgie bénit les bougies des fidèles, (« la lumière des nations » qu’a perçu Syméon) et qu’a lieu une procession aux flambeaux à l’intérieur de l’église. Elles seront utilisées en cas de maladie, de péril imminent ou d’événement climatique (foudre, orage).

La référence semble assez ancienne à Rome on offrait à cette époque de l’année, mais pas ce jour-là,  des sacrifices aux dieux infernaux tout en portant des flambeaux allumés. On allumait aussi des cierges près du mont Etnan en l’honneur de Cérès. Février est riche en rites, car on célébrait aussi les Lupercales pour le dieu Pan. Ainsi il est facile de créer un lien ou une christianisation d’un rite, mais ce serait sans doute inexact ou rapide.  Le seul fait véritablement parallèle demeure le rite des crêpes, symbole de la roue solaire. D’autres font un rapprochement entre nos crêpes avec le fait de manger des galettes de céréales en l’honneur de Proserpine enlevée jadis par Pluton à la lueur des torches. 


Autre origine, le pape Gélase 1er qui pour accueillir des pèlerins affamés fit cuire au Vème siècle des galettes faites de farine et d’œufs.  En Bretagne, on fait sauter les crêpes avec une pièce d’or dans la main gauche ce qui rappelle deux fois le symbole solaire de la lumière et allie l’idée de chance.  Une tradition normande obligeait les paysans à régler leur dîme de cinq sous d’argent et… d’une crêpe.

Est-ce un moyen mnémotechnique pour ne pas laisser passer l’échéance ?
L’un d’eux désigné par le sort devait faire sauter le crêpe, s’il réussissait à  le faire, il voyait son impôt réduit d’un sou.

Par cette dernière fête, de la chandeleur, reliée à Noël, bien que située dans le temps liturgique dit ordinaire, on clôture 40 jours après la Nativité définitivement le temps de Noël. Le chiffre 40 est repris pour le temps du Carême, des 40 jours de Jésus au désert.  Ainsi,  ce jour-là, les crèches et sapins des églises doivent être démontés.undefined

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Publié le 25 Janvier 2008

Il est cours de...cuisson, ou de reproduction, le n°138, nous l'adresserons à nos abonnés postalement  dans le cours de la semaine....  des difficultés de santé retardent les dernières phases de la distribution

Au sommaire :
150 ème anniversaire des apparitions de lourdes,
le point sur le blog
noveritis (déjà sur le blog)
la dernière encyclique papale
des archives
une ancienne prière (déjà sur le blog)
des berceuses alsaciennes ...
La maquette de la couverture est ici....

Voilà donc la dernière ligne droite avant expédition. coverphoto2.jpg

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Publié le 23 Janvier 2008


15, ce sont quinze plats que s’apprête à engloutir cet invité alsacien  à une noce au début de ce siècle... Repas qui pouvait s’étendre sur trois jours.

Ces repas ils marquèrent les mémoires, à tel point qu’ils furent le
Point central de l’exposition de l’église protestante de Mittelbergheim cet été, les repas sacrés et les sacrés repas, il est pour nous le point de départ d’une réflexion sur le rôle de la nourriture. Le tout garanti sans calorie.
(Sur cette page, deux photos de l’exposition repas sacrés, sacrés repas  FS pour la lanterne) “

Le thème de la nourriture est très répandu dans la Bible, les recherches effectuées par l’équipe qui a monté l’exposition en témoignent. Nos seules investigations ont trouvé 53 mentions de repas dans la Bible alors que le terme de “manger” apparaît 221 fois. 1 Et si l’histoire de nourriture commence mal avec cet arbre de la connaissance du bien et du mal, qui n’était peut-être pas un arbre fruitier mais un symbole, en aucun cas un pommier, aucune mention de “pomme” mais d’un fruit savoureux dans lequel Eve et Adam croquèrent. Cela  fâcha l’homme avec son éternité et avec son Dieu, mais pas avec la nourriture, qu’il devra “gagner à la sueur de son front”.
Jean-Claude Guillbaud, que cite Freddy Sarg dans l’ouvrage édité à Mittelbergheim (lire plus bas) tranche en affirmant “le péché de l’homme n’est pas d’avoir goûté au fruit de l’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, mais d’avoir vendu cet Arbre à Wall Street”. 2

Le seul fait que Jésus soit né à Bethléem, la maison du pain, constitue déjà excellent présage pour l’institution de la sainte messe et de la Cène. Gethsémani sans doute une oliveraie, se trouvait un “pressoir à huile” ou à onguents.

L’on rencontre le Christ aux noces de Cana, où là encore, signe précurseur de l’eucharistie il multiplie le vin et soulage du soucis du manque éventuel la famille invitante.(cf 1335 du catéchisme)
(illustration : collection particulière de l’auteur, du livre “Gelobt sei Jesus Christus, Basel, Sankt Gallus Verlag, 1910, gravure : Das Abendmahl, Dirt. Bouts, Berlin)
Avec les disciples il partage le pain et les poissons, multiplie le pain (nouveau signe eucharistique. Faut-il souligner que la Grâce du Seigneur est plus grande que la foule puisqu’il y eut des restes que l’on ramassa et que l’on distribua sans doute ! Ce seul élément serait à méditer.) Devint le signe distinctif après sa résurrection  à la fraction du pain. Il partage le repas  afin de leur montrer qu’il n’est pas un esprit. (645 du catéchisme de l’église) Signe d’une pratique habituelle entre les disciples. Et bien évidemment on trouve une trace essentielle du repas de la Pâque et de l’institution de la Sainte Cène eucharistique. Tout cela pour  nous faire des “pêcheurs d’hommes”, des “vignerons”, des “sarments”... Le Christ a ainsi fait une “moisson” de termes culinaires qui permet à son message d’être compris 2000 ans plus tard. Et le premier symbole des chrétiens avant la Croix n’était-il pas un “poisson” en effectuant un jeu de mot avec Christus. N’est-il pas homme ? Et admiratif de la Création de son Père ?

Les aliments sont des éléments courants de la prédication du Christ, le pain, le vin, les grains de blé (symbole des greniers bibliques, de l’homme riche “grenier plein de blé”.... , (un livre a d’ailleurs été publié récemment sur les plantes de la Bible), celle du moutardier, le non-respect par les disciples de la prescription de se laver les mains avant les repas.


L’importance de la convivialité pour le Christ semble être signifiée par l’acceptation de l’invitation d’un publicain. Lors de ce même repas,  sainte Marie Madeleine lui lavera les pieds avec un parfum précieux.


Qu’en est-il donc des repas dans les croyances anciennes ?
Source de vie, de survie, le fait est compréhensible que les nourritures aient un statut particulier dans les traditions humaines.
Si la nourriture est indispensable à la vie, la Soma était considérée comme une boisson d’immortalité. C’est l’autre grande entité sacrificielle divinisée. La soma était une plante dont le jus obtenu après écrasement entre deux pierres pour être offert aux dieux et bus par les participants au sacrifice.

Dans la mythologie ancienne, on trouve une même table où mangent en “commensalité” les dieux et les hommes. Sans avoir les même pouvoirs. Pausanias l’explique et dit que l’un des hommes a tenté un dieu en ajoutant au repas adressé au dieu les viscères d’un enfant du pays, Zeus repousse le plat et renverse la table, symbole de la rupture entre les dieux et les hommes. (p 53)

On trouve également Apollon qui aimait que la cité lui consacre les prémices des fruits de la terre sous la forme d’un pain appelé thargelos et d’un chaudron empli de semences de toutes espèces.
La distinction entre carnivores et végétariens semble moderne, elle ne l’est pas tant, date du refus de sacrifier une victime animale sur l’autel d’Apollon Génétôr, s’y ajoutait le refus de consommer la chair des animaux, d’offrir des sacrifices sanglants, verser le sang d’êtres vivants... Dans le milieu pythagoricien, l’obligation d’offrir aux dieux des offrandes non sanglantes, comme des figurines de pâte, des rayons de miel ou d’encens (p.76).
D’autres adeptes pythagoriciens carnivores se nourrissaient de viande de jeunes chevreaux, de petits cochons de lait, à l’exception des chairs de mouton et du bœuf laboureur...

On le voit les interdits alimentaires sont bien différents selon les époques. Milon de Crotone est le super héros de la gloutonnerie puisqu’il lui arrivait d’engloutir 10 kilos de viande, la même de pain et dix litres de vin. Ce “régime alimentaire” ne l’empêchait pas de vaincre aux jeux de la Grèce les plus farouches adversaires.

Tuer le bœuf, affirmait Pythagore, c’est “égorger le laboureur”. Les pythagoriciens ne sacrifiaient ni ne consommaient de la viande. Ils ne consommaient que les parties moins “vitales” Ils s’abstiennent du cœur, du cerveau... sièges de la vie.

Parmi les interdits alimentaires forts anciens, on connaît la fève3 , qui aurait été selon  Aristote semblable à une tête d’enfant déjà formée, le premier élément qui se forme après la putréfaction. La fève recèlerait ainsi la mort et la vie. On associait également une crainte des vents qu’elle pouvait provoquer les possessions. (comme la peur qu’un esprit prenne possession de votre corps lorsque l’on baille. On prescrivait la main devant la bouche).

Crus ou cuits le sens n’est pas le même. Ainsi si les êtres primitifs consommaient les chairs animales crues, la première découverte sera les chairs rôties aux quelles succéderont les chairs bouillies ou mijotées qui nécessitent une plus grande connaissance de la cuisson, des chairs différentes, des recettes, une stabilité à un lieu de résidence et un certain équipement.
A cette définition on peut comprendre les contradictions et certains sentiments de supériorité de certaines cuisines par rapport à d’autres.
Dionysos fait sauter le tabou du “manger cru”. Ce dernier mourra d’ailleurs au milieu des titans, sorte d’offrande politique.

Dans les religions monothéistes, on trouve de nombreux interdits  alimentaires. Interdit absolu concernant le sang ,(Lv.17,14) siège de la vie, qui n’appartient donc qu’à Dieu. Si l’on consomme de la viande, elle doit être préparée de façon adéquat. Selon le Lévitique, au chapitre 17 :
Lév 17,11    Car la vie de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il serve d'expiation pour vos âmes, car c'est par la vie que le sang fait l'expiation.
Lév 17,12    C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël: Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas du sang.
Lév. 17,13    Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière.
Le sang est donc considéré comme sacré en tant que “siège de la vie” et sera utilisé dans les holocaustes, les sacrifices ou pour la consécration des prêtres. (Lévitique)

Concernant la consommation des viandes et de crustacés, elles obéissent aux lois édictées dans le Lévitique, chapitre 11 cette fois :
Lév .11,3    Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine.

Lév. 11,4    Mais vous ne mangerez pas de ceux qui ruminent seulement, ou qui ont la corne fendue seulement. Ainsi, vous ne mangerez pas le chameau, qui rumine, mais qui n'a pas la corne fendue: vous le regarderez comme impur.
Mais aussi les lièvres, devenus (oh vacherie !)  des ruminants ( !)  :

Lév. 11,6    Vous ne mangerez pas le lièvre, qui rumine, mais qui n'a pas la corne fendue: vous le regarderez comme impur.

 
On interdit également les produits de la mer, ou des eaux, ceux qui n’ont pas d’écailles ou de nageoires :
Lév. 11,10    Mais vous aurez en abomination tous ceux qui n'ont pas des nageoires et des écailles, parmi tout ce qui se meut dans les eaux et tout ce qui est vivant dans les eaux, soit dans les mers, soit dans les rivières.

 Les principes sont repris, sont résumés ou développés selon les points dans le Deutéronome au chapitre 14.

L'abattage dans les règles, les produits casher, (kaüsheer, koischer, koscher...4 ) à l’inverse un produit non casher est dit “Treife” c’est-à-dire interdit à la consommation.
et bien évidemment celle de porc (sabots fourchus), dont une partie est reprise par les musulmans.

On notera également le recours nécessaire aux deux batteries de cuisine et de service afin de séparer la cuisson du lait et de la viande afin de respecter le verset Dt. 14,2 “Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère”.  Cette interdiction est toujours respectée actuellement par les juifs pratiquants.

A l’époque du Christ5, les invitations aux banquets des familles riches, on attendait de connaître le nom des autres invités et que les envoyés l’appellent le jour du banquet. (p.137). Une toile étant suspendue en  dehors de la maison qui indiquait aux invités qu’il était encore temps -jusqu’à la troisième entrée- d’être accueilli6.
Au repas on relevait les manches de son vêtement afin de ne pas être gêné en mangeant. Les Hiérosolymites invitaient au repas pascal les pauvres de la rue. Pour certains événements politiques “toute la population” de la ville de Jérusalem pouvait être invité. 
La ville de Jérusalem, ville sacrée, était interdite au bétail à l’exclusion de celui servant au sacrifice. Il n’y avait pas de bétail élevé dans l’enceinte de Jérusalem. Même les poules étaient proscrites car elles risquaient en grattant le sol de dégager des choses impures. Par contre un coq servait au temple de repère “au chant du coq ils sonnaient la trompette”.7 
A l’époque du Christ manger avec des païens était considéré comme une souillure qui pose bien des interrogations aux premiers chrétiens et posa le problème au premier “Concile” de Jérusalem.8
 
On comprendra alors les premiers chrétiens face à un terrain mouvant faut-il respecter les usages anciens ou faut il y renoncer.  Pierre sera conseillé par le Ciel, par une vision de Joppé 9 où le point central est une nappe tombée du ciel, Act. 10,12    et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et la voix divine de signifier à Pierre :
Act. 10,13    Et une voix lui dit: Lève-toi, Pierre, tue et mange.
Et face au refus de l’apôtre de manger quoi que ce soit d’impur, le Ciel se fait plus précis encore :
Act. 10,15 Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé.

Dès lors, il lui apparaît clairement qu’aucun aliment  terrestre n’est interdit à l’homme pour des raisons religieuses. Ni plus tard de manger avec eux. (Gal.II.11-13) Pierre avait eu quelques scrupules de consciences à manger avec les incirconcis, imité par Barnabé.10

Un mot sur la religion musulmane, où l’on retrouve le précepte de l’abattage rituel de la prière en échange de la privation de vie de l’animal, l’interdit de la consommation de viande de porc, l’interdit d’alcool qui n’est indiqué dans le texte du Coran mais dans la pratique11 . Tous ces éléments étant diversement suivis selon les pays, les personnes et les époques.  


Nous voulons évoquer ici les privations volontaires de nourriture, les jeûnes. Joachim Bouflet y consacre dans encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique12 , dans le tome 2 qui vient de paraître, un long chapitre exemples à l’appui. (page 11 à 123) avant de se lancer dans les communions télékinésiques.
Le jeûne est donc la privation volontaire de nourriture.-, ascèse connue dès les origines de l’Eglise13 , et n’a pas été inventé par le christianisme, existait en Orient ou dans les rites de passage, précise cet auteur. (page 11). Dès les premières lignes de l’évangéliste Luc, on croise la  prophétesse, “Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser” qui vit au temple et
Lc 2,37 Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. (9 références au jeûne dans le Catéchisme de l’Eglise catholique de 1992)
 
Qui est  efficace contre certains démons, à en croire une citation du nouveau testament :
Mt 17,21    Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne.
Même si le Christ avait appelé ses disciples à ne pas jeûner pendant que l’époux est présent.

Mc 2,19    Jésus leur répondit: Les amis de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Aussi longtemps qu'ils ont avec eux l'époux, ils ne peuvent jeûner. (ou encore en  Luc 5,34 Pouvez-vous faire jeûner les amis de l'époux pendant que l'époux est avec eux?)

Le Christ donne même les conditions de son utilisation. (Parfume toi la tête et lave ton visage afin que le monde ne sache rien. Ton Père sait ce que tu fais dans le secret il te le revaudra).

Rituellement fixé au mercredi (jour où le Christ a été trahi) et au vendredi (où il a été crucifié). Pâques était dès les premiers siècles précédé de deux jours de jeûne. Puis étendu à un plus grand nombre de jours au IVème siècle. (Théo) (jeûne quadragésimal en commémoration de l’inedia de Jésus au désert et participation à sa Passion.)(J. Bouflet14 )
Pour les catholiques se furent les jeûnes d’entrée en Carême le mercredi des cendres (jour de jeûne et d’abstinence obligatoire précise le catéchisme), le vendredi saint (jour du sacrifice du Fils de Dieu sur la Croix) et jadis un jeûne du temps de l’Avent.

Ce dernier jeûne reste en usage chez les nos frères orthodoxes.
De plus chaque chrétien devrait s’abstenir de nourriture au moins une heure avant de communier, ce que l’on nomme le “jeûne eucharistique”.
Depuis le II ème siècle on imposait un jeûne au catéchumène (préparant le baptême, selon Didachè 8,4). Cette liste  rétablit le rôle de la nourriture et de son lien spirituel.  Marthe Robin (1902-1981, voir les livres de Jean Guitton) qui n’a vécu- à l’image de quelques rares autres femmes15 -  qu’avec la sainte communion, pourrait ainsi témoigner que l’homme ne vit pas que de pain (terrestre).

Concernant le pain, une drôle de procession a lieu dans des villes et villages  du vieux Tyrol italien (germanophone),  le premier septembre, fête de St Ägidius, notamment dans le village de Raas. On y fête le partage du pain qui se nomme alors “ägidi-Brot” sur les coups de midi. Chaque participant reçoit des miches de pain, tandis que fidèles du village prient le rosaire.
Le pain était jadis cuit annuellement par l’une des seize fermes. Aujourd’hui il est cuit par les associations de la cité. Les racines de cette distribution de pain ce jour ce perdent dans la nuit des temps. 16  Évoque-t-on la multiplication biblique des pains, la nécessité du partage au moment des récoltes et avant les mauvais jours ?

Dans les religions monothéistes les privations de nourriture prennent plusieurs aspects, chez les juifs il s’agit d’un jeûne annuel absolu de 25 heures pour la fête du Yom Kippour17 , jour des expiations. Précédé de dix jours de pénitence, “les dix jours terribles” précédant le grand pardon. Parmi les 613 mitzvoth (commandements) touchant aux aspects les plus divers de la vie du juif pratiquant, parmi lesquels l’alimentation.
 
Pour les musulmans, le jeûne prend une autre forme, elle se porte uniquement sur la période qui va du lever au coucher du soleil. Ce qui peut sous certaines latitudes et certaines périodes de l’année être particulièrement pesant. Il dure un mois, le 9ème de l’année lunaire (un des cinq piliers de l’islam), mais la rupture du jeûne tant de nourriture que de boisson ou de tabac ou de relations sexuelles s’achève la fin de la journée est suivie d’un repas pantagruélique.18 


Bénédicité
L’exposition de Mittelbergheim a également évoqué les bénédictions de table, les bénédictions des repas, dont nous avons longuement traité dans deux numéros voir notre numéro 94 (prières de bénédiction de la table, novembre 2000)  et notre numéro 95 (décembre 2000).
Cette formule de bénédicité provient du premier mot de la prière. Citons celle du jeudi et vendredi saint “christus factus est pro noblis obediens usque ad motem- mortem autem crucis”. 19
Après le repas une prière moderne
“Le Seigneur est tendresse et pitié,
il a laissé un mémorial de ses merveilles.
Il a donné des vivres à ses fidèles.
Tu nous as rassasiés de tes dons, Seigneur,
comble-nous de ta miséricorde.
Toi qui règnes pour les siècles des siècles.20

Ou celle qui est plus connue encore : (prière du soir, avant le repas).
“les pauvres mangeront, ils seront rassasiés.
Ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.
Prions le Seigneur qui donne le pain chaque jour. (Notre Père)
Protège-nous, Seigneur, notre Dieu, et donne  à notre faiblesse ce qu’il faut pour subsister.
Par Jésus Christ, notre Seigneur.

Il s’agit de remercier le Ciel du pain terrestre sans pour autant -une fois de plus- négliger la demande de nous donner le pain du ciel eucharistique, et donc de donner au peuple des vignerons pour la vigne du Seigneur, à savoir des prêtres. Le Notre Père prend ainsi d’autres dimensions que celle alimentaire. Sans tomber dans les excès, n’oubliant pas Marthe et sa soeur qu’elle gronde de son peu de solidarité dans les tâches ménagères à ses côtés. Jésus lui rétorque que celle qui l’écoute a pris la meilleure part et se fait moins de soucis dans la préparation de ce que vous mangerez demain...

Le livre paru à Mittelbergheim, a ainsi une originalité celle de faire paraître des prières de table, 8 bénédicités utilisés dans une famille protestante de Mittelbergheim et réunis par Christiane Lehner. Citons une des plus simples :
Zwei Dinge sind uns Not, Die Schenk uns Deine Huld, Gib un unser täglich Brot
und Vergib uns unsere Schuld.
(Deux choses nous sont nécessaires, Que ta bienveillance nous les offre :  Donne-nous notre pain quotidien et  Pardonne-nous nos péchés.)
Ou encore : “Speise soll den Leib erhablten,Unsre Liebe nicjt erkalten.Speise sei auch : Gottes Willen. Allzeit treulich zzu zefüllen.
la nourriture doit conserver le corps, Et ne pas refroidir notre amour, la nourriture signifie aussi : faire la volonté de Dieu
Fidèlement et en tout temps.
Mais revenons un instant à l’exposition de Mittelbergheim, dans un soucis moins de recherches que de pratique, les organisateurs21  aidé de Freddy Sarg le pasteur bien connu de tous les lecteurs de la lanterne auteur d’ouvrages appréciés sur les traditions alsaciennes, ont recueillis des recettes “à Mittelbergheim et environs” de plats aussi bien sucrés que salés afin de faire une sacrée bonne action celle d’éditer le tout au profit  des bonnes œuvres.
C’est ainsi que le livre ”richesses culinaires” est né.

A L’heure où les produits transgéniques, les produits bios ou simili-naturels, les fruits hors-terre, les scandales alimentaires (ESB, tremblante du mouton....)... Il est presque bon de se remémorer cet état de fait, la nourriture au moyen de laquelle on survit, peut aussi nous évoquer l’invisible. Freddy et Béatrice Sarg dans l’introduction de cet ouvrage ne disent pas autre chose “le repas (est) le signe tangible de réalités invisibles”.

Mais l’ascèse ne semble pas véritablement aller de paire avec le caractère bon vivant  de l’Alsacien, il semble qu’il  ait bien trop de bonnes choses, tout au long des saisons, pour s’en priver. Ainsi les “grands repas” furent et sont toujours légions. A toutes les saisons de l’année, nous avons déjà dans les pages de la lanterne évoqué les grands repas de la St Martin, les spécialités de la St Nicolas, de l’Avent et de Noël, de la nouvelle année, des confitures, aux tartes, des gâteaux de noël aux apfelstrudel, des pains d’épices aux kougelopfs, des anis bredele, stolle, bretzel, schwartwälder, aux leckerli... et ceci pour n’évoquer que quelques gastronomiques sucrés.

Hochzeitsordnungen : réglementations des noces22
Connaissant parfaitement son citoyen alsacien, profitant des occasions pour festoyer de longues journées, il a fallu réglementer la longueur des menus, le nombre des convives (interdisant même l’envoi de la nourriture aux membres non issus de la famille)  et des journées de noces... aussi bien en ville, qu’à la campagne. Des inspecteurs pouvaient même venir vérifier le nombre de plats ou de convives.
Imagine-t-on cela ? Protégeant dans le même acte les finances de la famille, l’économie villageoise, mais aussi les panses de ses habitants.
Ces faits sont racontés dans l’ouvrage de Freddy Sarg, réédité cette année, “en Alsace du berceau à la tombe, fêtes, coutumes et traditions23 .

Accrochez vos estomacs... A l’énoncé de ce repas de mariage, commençant le samedi midi à la maison, suivi d’une tournée des restaurant du village de 13 à 19 h avant de poursuivre par un repas du soir vers 22 h, le menu est cité par un “ancien” interrogé par le pasteur Sarg.
Consommé à la moelle
Les bouchées à la reine
Bœuf bouilli gros sel, salades, raifort cuit et cru Zwiweldunges
Choucroute saucisse grillée
Rôti de porc avec pommes rissolées à cru
Poulet rôti avec salade verte
Himmelkuche (pâte feuilletée avec de la c compote de pruneaux séché et des pomme)
Crème à la vanille avec blanc d’oeufs  la neige
Biscuit non fourré

Le soir : soupe au riz avec carottes cuites
Lapin sauté et nouilles
Jambon fumée & jambon cuit
Salade de fruits
et
Restes de midi.
Avec en plus 40 à 50 biscuits pour les amis non invités à la noce !  (page 325).
Le jour des noces de la famille Waltz en 1903, alias Hansi, on compte 15 plats sans les légumes, qui vont des huîtres, au potage, des truites, au ris de veau, du chevreuil au poulet, des faisans et du homard, une bombe glacée, un gâteau une pièce montée et des fruits !!! 24

Il était ainsi courant de consommer, telle lors de ces noces de Mietesheim : 1200 livres de boeuf, 700 livres de veau, 1000 de saucisse, 165 de beurre, 27 sacs de farine, 140 litres de vin le tout pour une tablée de 142 convives sur 17  tables. 25
Les photos du début du XX ème siècle montrent en effet des groupes de 70 personnes, 110 ou 130 personnes.
D’ailleurs les non invités recevaient des gâteaux, mais au début du siècle dernier s’était un Hochzitsbrot que l’on distribuait dans le village, un pain blanc, dans d’autres villages tel Croetwiller, c’était une soupe portée par les demoiselles d’honneur (Brautsuppe), quelques fois on y ajoutait un morceau de viande de saucisse ou de pain.  Et là aussi les textes réglementaires d’encadrement des mariage finirent par interdire de telles distributions.
Offrande de nourriture, don religieux par l’intermédiaire du prêtre.
Le jour des noces, le prêtre juste avant la cérémonie était gratifiée d’une soupière, (l’offrande nuptiale, qu’a représenté P. Kaufmann en 1910), “às er guët brédigt”
 
De quoi combler un petit creux, consoler les estomacs des ouailles, du curé, dont certains étaient bien peu gâtés en temps ordinaire et marquer les esprits sur la qualité du mariage et des familles ainsi liées, bref un sacré repas suivant une sacrée cérémonie.

Mais qu’en était-il des 52 repas dominicaux , il semble qu’il faille tout de suite faire une différence entre les festins de l’ami Fritz, famille très riche, évoquée par Erckmann et Chatrian et les milieux modestes. Chez ces derniers  au début du siècle, la viande était réservée au dimanche selon l’adage du roi  Henri IV (l’Alsace n’était pourtant pas -et de loin- française)  et sa poule au pot. Le bouillon de poule débutait invariablement les repas dominicaux précise Elisa Rossignol dans ses souvenirs26. Tout en soulignant le rôle particulier de la petite armoire à épices, où la mère puisait avec des mains expertes le savant mélange de saveurs. Le pot-au-feu se mangeait obligatoirement avec du raifort. Les grandes occasions réservaient d’autres découvertes, volaille, civet, schiffele (palette de porc fumée) ou précise l’auteur “grand luxe” d’un rôti de veau.27 La viande “un luxe” (page 56). Les laitages étaient répandus, les légumes à dominante de “choux” (en hiver) ou de pommes de terre variaient plus à la belle saison et à la récolte du potager familial.
Et puis, nous les aurions presque oubliées, la place particulière lors des grandes occasions des “nouilles maison” que chaque ménagère aimait à confectionner qui accompagnaient élégamment le fameux civet de lièvre présent aux grandes occasions. Le tout était pour le commun arrosé de cidre (et oui !) le vin blanc réservé aux gens aisés. Le vin rouge plus cher , en Alsace, ne s’invitait aux tables  qu’à la fin d’année pour confectionner les vins chauds.

Autre repas bien particulier, que je désire mettre en évidence dans cette étude, le repas qui suit l’enterrement. Il était très courant dans les familles aisées alsaciennes, de faire suivre l’office funèbre par un repas funéraire.
On trouve ici l’idée de faire honneur au mort, auquel on laissait même une chaise vide au Hohwald, il y a quelques décennies,  précise Sarg dans “du berceau à la tombe”, page 297.
Ce repas qui se limite à du vin et du gâteau, était un vrai repas dans les familles aisées (Menu indiqué par F.Sarg : bouillon sans quenelle de viande, viande de bœuf, salades, rôti de porc ou de veau avec légumes, crème avec petits fours et schnaps, ou quelque fois choucroute.). La vie reprenant quelque peu le dessus.
Dans l’adaptation télévisuelle de l’ouvrage de Jean Eugen, les tilleuls du Leutenbach, on voit bien la dérive qui pouvait suivre un moment bien triste dans la famille. Utile pour ressouder les liens familiaux et éviter les querelles d’héritage. Il reste courant sous sa forme simplifiée (gâteau, café) dans les campagnes alsaciennes.
Sarg interprète ce repas comme une offrande au mort, lui-même transformée en offrande au profit de la mort. (page 297) . Ou encore que d’un décès pouvait naître plusieurs baptêmes. On laissera courir votre imagination !
Harpagon, dans la célèbre pièce de Molière l’Avare, voulait que l’on gravât la formule “il ne faut pas vivre pour manger, mais manger pour vivre” sur la cheminée de sa salle à manger motivé non par une question de principe de précaution alimentaire mais un principe de précaution monétaire.
Nous arrivons donc au terme des possibilités d’agapes, en dehors des repas quotidiens, des repas d’anniversaires, de fiançailles, de noces d’or.... que nous pourrions encore souligner. Pour les grands moments de l’année, la lanterne évoquera avec plus de précisions les repas de noël.

On sait déjà que les pains d’épices, les bretzel ou d’autres gâteaux avaient des origines et des interprétations symboliques ou religieuses dont on a perdu une partie du sens. Et l’on ne les identifie plus que comme des particularités régionales, au point de devenir des titres de livres, tel le célèbre pamphlet de Martin Graf : “Mange ta choucroute et tais-toi”28

Si les médecins nous assurent que l’on creuse sa tombe avec sa fourchette, on survit aussi grâce à  la nourriture. Et la nourriture terrestre a bien des choses à nous signifier sur celle de l’au-delà, justment nommé :  Le pays où coulera le lait et le miel. Nous voilà déjà repartis vers d’autres succulents aliments. Le mot de la fin sera ce dicton :
“Trink un ess, Gott nit vergess !”29
Repas servi au XV ème siècle
premier service
1 un plat de choux
2 boeuf bouilli
3 ragoût d’amandes blanches garni de poules
4 poisson dans une gelée noire
5 pâté de flans
second service
1 civet de sanglier
2 pâté de cerf
3 bouilli de gruau au caramel
4 une pâtisserie enluminée
5 blanc-manger
troisième service
1 riz saupoudré e sucre
2.chapons poules et cochons de lait rôtis
3 gelée de volaille et de veau avec une sauce sur le tout
4 pâtisserie ayant l’aspect de poires
5 compote de pruneau.
(menu en allemand) 30
En 1877,  le 15 juillet, on trouve à l’occasion d’une réunion des prêtres du canton, cet Autre Menu :
potage tapioca
boeuf, radis, raiforts cuits, concombres,
brochet en sauce blanche et nouilles
choux garnis d’andouillettes et de lard
filet de porc rôti et purée e pommes de terre
civet de porc aux petits oignons doux
fricassée de poulet
pigeons rôtis
salade garnie d’oeufs et de jambons
tourtes aux fraises et cerises
madeleines, petits fours, meringues, beignets secs saupoudrées de sucre et de cannelle, confitures, corbeille de fruits
café avec “Gloria” et tous les sacrements d’usage sans oublier le verre à bordeaux de double “Kummel” digestif.
A. Lichtenberger, en Alsace, Paris 1912.

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Publié le 23 Janvier 2008

La  lanterne l’a déjà publié dans son numéro 6, mais ce n’est pas inutile, d’y revenir une fois tous les
dix ans !
C’est un article de Jacques GRANIER, dans les dernières nouvelles d’Alsace de 1984  1  qui le souligne que nous évoquons ici.

Expliquons tout d’abord que plusieurs communes REICHSFELD ET SCHERWILLER pour ne pas les citer,  revendiquent le fait d’être le village natal de cet illustre alsacien. Ainsi même Saint-Dié s’affiche, marraine de l’Amérique. Expliquons donc ce terme,  le “Nouveau Monde” ne porterait pas le nom d’”Amérique” s’il n’avait pas rencontré Mathias RINGMANN.
Ce nom serait “dû d’une part à la découverte de l’imprimerie à laquelle les noms de Gutenberg et de Strasbourg sont attachés et ensuite de l’Ecole des humanistes latins de Sélestat dont le rayonnement a été grand dans tout le Saint Empire germanique”.

Parmi les grandes pointures alsaciennes de Sélestat, Dringenberg, Sapidus, Wimphenling, Martin Ergersheim, Béatus Rhénanus et le célèbre homme en titre de cet article (1482-1511) qu’on surnommait le “Philésius des Vosges” il était né dans le val   d'Orbey et a été formé nous dit l’article par “les religieux de l’abbaye de Paris Il semble que se soit une erreur, car Ringmann serait né en 1482 à Eichhoffen.”
Notre village de la route du vin à 20 km de Sélestat et 10 km d’Obernai. Mais on ne sait pas sur quels documents se base l’auteur pour l’affirmer acte de naissance, documents d’époque...

Sa vie semble avoir été courte et dense, il fit ses études à Heidelberg (centre universitaire bien connu), puis à Paris où il étudia le Grec, les mathématiques, la géographie, la philosophie, la poésie, la cosmographie. En 1500 il est à Strasbourg élève de Jacques Wimpheling, correcteur chez l’imprimeur Jean Pruss.
Il publiera une grammaire latine illustrée avec des figurines à découper pour avancer dans la connaissance de la langue, on imagine que ses conceptions pédagogiques ont du défrayer la chronique !
Ce sont les récits du découvreur de cette nouvelle contrée qu’il reprendra dans un ouvrage “Cosmographie Introduction” publiée en 1507 qu’on découvre pour la première fois le nom “AMERICA”  (en latin) soit Amérique.
Le texte latin est donc considéré comme l’acte de baptême de l’Amérique après avoir été découvert.
Le texte ressortira de l’oeuvre  d' Albert Ronsin, conservateur de la bibliothèque de Saint Dié a publié un ouvrage intitulé Découverte et baptême de l’Amérique en 1979 , Où il dit  : 
“Aujourd’hui ces parties de la terre (Europe, Afrique et Asie) ont été complètement explorées, et un quatrième partie a été découverte par Amerigo Vespucci, ainsi qu’on le verra plus loin. Et comme l’Europe et l’Aise ont reçu des noms de femmes, je ne vois aucune raison de ne s pas appeler cette autre partie Amerigé c’est-à-dire la terre d’Amerigo ou América, d’après l’homme sagace qui l’a découverte. On pourra se renseigner exactement sur la situation de cette terre et sur les coutumes de ses habitants par les quatre navigations d’Amerigo qui suivent”.

Saint Dié bénéficie toujours du titre de marraine, donc de ville de baptême de l’Amérique, d’ailleurs les Américains ont contribué avec générosité après 1945 à la reconstruction de la ville démolie à 80 % lors des combats de la libération, une plaque de marbre jadis apposée sur la “maison de l’Amérique” détruite aux moments des bombardements (alliés !) de 1944 est aujourd’hui exposée à l’intérieur du musée de la ville.

On ne peut retirer à Ringmann cette paternité car ses confrères n’ont plus désigner America sur les cartes après sa mort.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 20 Janvier 2008

Sternsinger (chanteurs à l’étoile) : tradition rhénane fort ancienne, trois enfants (déguisés en rois mages) accompagnés d’une étoile vont de maison en maison annoncer, en chantant un chant de noël, la bonne nouvelle de la naissance du Christ. Ils inscrivent sur les demeures “C+M+B”  (christus mansionem benedicat” ou “christus segne dieses Haus” qui se trouvent être aussi les initiales des rois mages Caspar, Melchior et Balthazar. Les enfants en costume récoltent le plus souvent des dons pour des œuvres caritatives. On les voit encore sur les chemins d’Autriche, Bavière et Alsace. Ils appliquent la citation biblique « qu’il est beau de voir courir les messagers de la bonne nouvelle ».
Le Sternsinger d’Ottrott « das Ottrotter Sternsingerlied » tel qu’il a été interprété en 1850, rapporté par Joseph Lefftz, elsässiches Volksleben am Jahresanfang, L’alsatique de poche, 1973  :
« es kommen drei Könige aus Morgenland,
Sie reichen einander die rechte Hand,
Sie gingen miteinander vor’s Herodes Haus,
Herodes schaut oben zum Fenster heraus.
Herodes sprach mit falschem Mund :
« Ihr lieben drei Weisen kommt wieder zu uns.
WWir wollen euch geben  Heu und Streu
Und wollen euch halten sicher und frei. »

« Der Stern, der Stern soll herumer gehn,
wir müssen heut ja noch weiter gehn ! »
(…)
Et finissant ainsi :
« Drej Kenig, drej Kenig mit ehrem Starn,
Sie asse un trinke un zahle nit garn
Sie battle alli Hieser üs,
Drum keje m’r se züe d’r Teer enüs ! ».

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

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Publié le 20 Janvier 2008

Raucher (Turc qui fume) personnage de 10 à 50 cm toujours en bois, de la région de l’Erzgebirge en Forêt Noire, il est évidé en son centre afin d’y placer un cône d’encens de quelques centimètres, une fois enflammé, un judicieux système d’aération va diffuser l’encens dans le personnage, la fumée s’échappera par sa bouche. Le personnage fume. Toute la créativité des artisans développe l’idée sous diverses présentations saint nicolas, métiers  divers, berger...  Odeur de sapin...
L’encens en petits cônes, et non en tiges du type oriental, diffusé dans les petits bonhommes  (évoquant actuellement  tous les corps de métiers sculptés dans du bois du Erzgebirge) sont nommés  “turcs fumeurs” ou “rauchers” trouvent leur origine dans les rois mages qui offrirent ce présent avec l’or et la myrrhe, toutes trois matières précieuses, dont on ne sait ce que firent la Sainte Famille, sans doute cela servit-il à se rendre et à se cacher en Égypte comme le précise la sainte Écriture.
Selon la légende ce seraient des paysans quelque peu inoccupés durant la morte saison se firent artisan d’occasion et créèrent des personnages à offrir à leurs enfants, et bientôt les “rauchers” les occupèrent à temps plein et deviennent des objets de collection, du moins ceux fabriqués dans le Erzgebirge. (et ne provenant pas d’Asie). Voir aussi Pyramides. Mais une autre tradition semble plutôt que ce soient des extracteurs de minerai d’argent ou d’étain qui se sont retrouvés au chômage, les filons n’étant plus rentables ils se seraient appropriés la matière première restante à savoir le bois qui environnait les mines.
Une autre origine existe, elle daterait de 1848 où un texte autorise de fumer en public (On est bien à l’envers des textes actuels), il était alors permis de représenter un personnage fumant (à l’inverse des publicités pour les disques de Brassens privé de sa pipe ou le héros de B.D. Lucky Luke troquant sa cigarette par un fétu de paille pour échapper aux foudres de la loi Evin). Ce serait donc Ferdinand Frohs qui en 1856 dans un petit village du Erzgebirge, près de Seiffen, crée un premier personnage fumant mais pas de bois. Devant le succès rencontré par cette innovation, on en sculpta ensuite dans le bois.

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Publié le 16 Janvier 2008

Et comme notre petite lanterne a un peu d'humour, voici la conscience professionnelle poussée à son maximum....dde-corse.jpg

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Publié le 15 Janvier 2008

IMG-1209.JPGHeureux l’homme qui médite sur la sagesse,
Et qui parle avec son bon sens ;
Qui réfléchit dans son cœur sur ses voies,
Et qui étudie ses secrets ;
Qui la poursuit, comme un chasseur,
Et guette ses entrées.
Il se baisse pour regarder par ses fenêtres,
Et il écoute sa porte.
Il s’établit tout près de sa demeure,
Et fixe ses pieux dans ses parois.
Il dresse sa tente auprès d’elle,
Et il habite dans la maison où se trouve le bonheur.
Il met ses enfants sous sa protection, et s’abrite sous ses rameaux.
A son ombre, il sera garanti contre la chaleur,et il se reposera dans sa gloire.
Voilà ce que fait celui qui craint le Seigneur,
Et celui qui s’attache à la loi obtiendra la sagesse.

(…) La Louange de Dieu n’est pas agréable dans la bouche du pécheur, parce qu’elle n’est pas envoyée par le Seigneur. Car c’est par la sagesse qu’est dictée la louange, et le Seigneur l’aura pour agréable.

 (Ecclésiastique, chapitre XIV, 20 xv, bible de Crampon)
 


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