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  • : L'Alsace, les traditions, les valeurs chrétiennes, l'histoire, la religion... avec humour sans négliger la qualité du contenu... Voilà le blog du bulletin "La petite lanterne" bulletin associatif. Il développe plus particulièrement des thèmes liés à l'Alsace et aux traditions. Il parait 5 fois l'an -sans but lucratif- adressé aux donateurs de l'Association.
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alsace histoire

Vendredi 17 octobre 2008
Reçu ce jour dans la messagerie, cet extrait de la dernière lettre de Marie-Antoinette, dont le jour anniversaire de son exécution tombe aujourd'hui, 16 octobre. Beaucoup de pudeur, de tendresse, d'amour traverse ainsi les siècles et nous atteint encore en 2008.




Lettre de Marie-Antoinette à sa belle-soeur, Madame Elisabeth


Ce 16 octobre 1793 à 4h1/2 du matin.


C’est à vous, ma sœur que j’écris pour la dernière fois. Je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse – elle ne l’est que pour les criminels – mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne me reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants. Vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J’ai appris par le plaidoyer même du procès de ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait ma lettre. Je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer, que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs, sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelles en feront bonheur. Que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a, elle doit toujours aider son frère, par les conseils que l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils à son tour, rende à sa sœur tous les soins, tous les services que l’amitié peuvent inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que dans quelque position qu’ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union ; qu’ils prennent exemple (sur) nous. Combien dans nos malheurs, notre amitié nous adonné de consolation, et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de plus tendre, de plus uni que dans sa propre famille ? Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine : pardonnez-lui, ma chère sœur, pensez à l’âge qu’il a et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas. Un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès, mais, outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée. N’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans Sa bonté, Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps, pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans Sa miséricorde et Sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais et à vous ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis ; l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant. Qu’ils sachent du moins que jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux.

Adieu, ma bonne et tendre sœur. Puisse cette lettre vous arriver. Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu, je ne vais plus que m’occuper de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot et que je le traiterai comme un être absolument étranger.
Par Rédacteur petite lanterne
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Mardi 22 juillet 2008


Après de tergiversations de toutes sortes, voici que les langues régionales sont entrées dans la Constitution française, renversant tous les clivages habituels, la gauche a voté contre le texte, la droite pour... L'Alsace a donc enfin la reconnaissance de sa langue "patrimoine de la France" une telle évidence qui n'aura pas été reconnue si facilement. La Charte européenne des langues régionales n'a toujours pas été signée par la France, certains disent que cela évitera de la ratifier...

Comme nous l'avons fait récemment nous publions dans notre blog le récent communiqué sur le sujet de l'association culture et bilinguisme qui milite pour le bilinguisme en Alsace.... (de la main de

son président,  contact : Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle
René Schickele-Gesellschaft 5 Boulevard de la Victoire / Niklausring/ 67000 Strasbourg)



Les langues de France dans la Constitution

Position de « Culture et Bilinguisme »

 

En adoptant, lundi 21 juillet, la réforme de la Constitution, les députés et sénateurs, réunis en Congrès, ont, pour la première fois de notre histoire, reconnu constitutionnellement les langues régionales de France. L’article 75-1 de la Constitution déclare qu’elles  « font partie du patrimoine de la  France".

Pour notre région, cela concerne, selon la définition historique et réglementaire publiée en 2003 et réaffirmée en 2007, les deux composantes de la langue régionale d’Alsace (dialectes/Elsässerditsch et allemand standard/Hochdeutsch).

Culture et Bilinguisme qui milite et agit en ce sens inlassablement depuis 40 ans se réjouit vivement et se félicité de cette reconnaissance dans notre Loi fondamentale.

Il devient enfin possible de construire une législation moderne comparable à celles qui protègent les langues régionales dans tous les pays d’Europe occidentale. L’Union européenne, dans la Charte des droits fondamentaux, texte qui s’impose à la France, déclare qu’elle encourage et protège la liberté et la diversité linguistiques. A présent, membre du cercle des nations les plus avancées parmi les démocraties, la France doit sécuriser l’avenir de ces langues qui font partie de l’identité de la Nation. Il s’agit d’encourager leur transmission par l’école et l’université, tout en garantissant leur usage comme l’avait déjà prévu la loi de 1995, dite Loi Toubon, non appliquée sur ce point. Il est temps de passer enfin des déclarations sans effet à la légalité républicaine en ce domaine.

L’association souhaite qu’un nouveau texte de loi soit élaboré et approuvé en 2009, en concertation avec les associations culturelles à dimension linguistique et les collectivités territoriales les plus engagées et actives en faveur de ces langues, afin de donner enfin un statut juridique aux langues de France. Celui-ci devra comporter une véritable place dans l’enseignement permettant leur pratique sociale quotidienne, une présence effective et plus dense dans l’audiovisuel de service public, dans la politique culturelle et économique, la vie sociale et professionnelle.

Culture et Bilinguisme y contribuera largement, afin qu’une politique linguistique globale permette une revitalisation efficace de la langue régionale en Alsace et en Moselle, afin qu’elle retrouve, sous ses deux formes historiques, toute sa place dans la société de ces deux régions.

Que tous les parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique, qui se sont engagés en faveur de cette reconnaissance officielle et constitutionnelle, en soient remerciés.

Vive la République,

Vivent la France et ses langues régionales, composantes historiques de la Nation!

L’association invite maintenant tous les parlementaires à œuvrer durablement en faveur des langues de France.

 


François Schaffner,

Par Rédacteur petite lanterne
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Samedi 24 mai 2008
Est-ce une façon de ne plus s'occuper de la charte européenne des langues régionales (plus contraignante ?) ou d'enterrer le sujet, les langues régionales existaient, existeront, mais enfin il est temps de le dire officiellement dans un texte en France.... (voir le très bon livre "Marianne m'a tuer" consacré aux langues régionales, éditions ENA Nord-Alsace, Haguenau). Mais il faut encore attendre que cette modification soit validée par le Congrès, d'ici-là bien des crispations pourront encore se faire connaître dans notre pays... centralisateur et unificateur à l'extrême.  Difficile pour Paris de reconnaître enfin les Provinces, leurs langues, leurs cultures...


LES LANGUES REGIONALES DANS LA CONSTITUTION :

MARC LE FUR EXPRIME SON EMOTION ET SA SATISFACTION

 

«  Le 22 mai 2008 restera dans l’histoire de la République la date à laquelle les langues régionales auront fait leur entrée dans la constitution » déclare Marc Le Fur, Député des Côtes d’Armor. « C’est pour moi et pour beaucoup d’autres députés, un moment d’émotion et l’aboutissement d’un long travail de conviction au sein de l’Assemblée nationale engagé depuis de nombreuses années » poursuit le Vice-Président de l’Assemblée nationale. « je me réjouis qu’à l’initiative du Gouvernement, nos langues régionales soient désormais reconnues comme un élément de notre patrimoine commun. Je me réjouis qu’elles soient mentionnées dès l’article 1 de la constitution. » affirme Marc Le Fur.

 

« Cette nouvelle rédaction de l’article premier du texte constitutionnel confirme ma conviction », ajoute le Député des Côtes d’Armor, « selon laquelle le mot « égalité », qui figure dans la devise de notre République, ne signifie pas « uniformité » et prouve que l’unité de notre pays peut se concilier avec l’altérité. »

 

« Le nouvel article premier du texte constitutionnel lève par ailleurs les risques éventuels de censure par le Conseil constitutionnel de la loi-cadre sur les langues régionales annoncée pour le premier trimestre 2009 par la Ministre de la culture lors du débat parlementaire sur les langues régionales du 7 mai 2008. »  continue Marc Le Fur avant de conclure « je ne peux m’empêcher de penser aujourd’hui aux marins de l’île de Sein qui, en juin 1940, représentaient le quart des militaires de la France Libre et dirent leur amour de la France en breton. »

 

jeudi 22 mai 2008


 


Mais en Alsace ce texte n'est pas passé inaperçu, loin de crier victoire, on note le progrès sur le chemin de la reconnaissance des spécificités régionales et des langues...


 

 

Le Cercle qui se consacre à la défense du bilinguisme publie ce communiqué :


 

 

"Les langues régionales reconnues dans la constitution française

 

 

L’Assemblée Nationale a voté ce jour, 22 mai, un amendement à l’article 1 de la constitution de la République.

 

L’article 1 dira dorénavant : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. Les langues régionales appartiennent à son patrimoine»

 

C’est une première victoire pour tous ceux qui travaillent en faveur de la diversité linguistique en France et dont nous sommes. Depuis des années nous demandons une reconnaissance pour nos langues. Les députés l’ont compris et nous nous en félicitons. Il faut, bien entendu, attendre que l’ensemble de la loi modifiant la constitution soit adoptée par le Congrès.

 

Nous sommes cependant très heureux de l’adoption de cet amendement par les députés parce qu’il est le fruit d’un accord entre les différents groupes et les différentes sensibilités politiques. Cela prouverait, s’il en était besoin, que l’affaire de la promotion des langues de la République n’est pas une affaire partisane.

 

Cet amendement, cette reconnaissance, ouvre la voie à une législation complète qui permettra un véritable développement de nos langues. Il s’agira donc, une fois le texte définitivement adopté, d’une première étape très importante. Beaucoup de travail restera à faire.

 

De nombreux députés sont prêts à travailler dans le sens que nous souhaitons. Le Gouvernement s’est engagé à ce qu’une loi soit votée en 2009. La perspective d'une ratification de la Charte européenne des langues s'appuyant également sur la ratification par la France du Traité de Lisbonne sur l'Union européenne, se trouve aussi ouverte. Nous avons fait des propositions claires en matière de médias, d’enseignement, de vie publique. Nous serons bien entendu disponibles et vigilants pour aider à l’élaboration de la législation qui viendra compléter la reconnaissance constitutionnelle indispensable votée ce jour."

 

déclare François Schaffner, président Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle

René Schickele-Gesellschaft 5 boulevard de la Victoire / Niklausring

67000 Strasbourg

 

Il reste à attendre et à voir ce que dira le Congrès à ce propos. Souvent les députés oublient que bien que représentant de la Nation dans son ensemble (les députés alsaciens et Mosellans durant la deuxième guerre mondiale siégaient toujours au parlement, bien que ces départements étaient annexés et donc coupés de leur base électorale)  ils sont issus de région, du terroir et donc de langues et de pays spécifiques qui par les accidents (annexion, guerre, rattachements volontaires  (ex. Mulhouse) ou non) de l'histoire sont devenus la France.

Par Rédacteur petite lanterne
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Dimanche 9 mars 2008
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STASI LAND: (police de sécurité intérieure est-allemande)
Pour l’histoire : Un précieux livre sur la dictature et les tentations totalitaires, la journaliste australienne part à l’enquête à Berlin pour mieux connaître le destin de ceux qui ont été brisés, brimés, meurtris par  la STASI. On y découvre le destin de cette famille dont l’enfant ne pouvait être soigné à l’Est et qui n’a pas réussi à se réunir, celle qui a eu le malheur de correspondre avec un italien, fichée et suivie et qui refuse d’espionner pour la Stasi… le destin des femmes puzzle, dont les dossiers ont été dans les derniers jours de la RDA broyés, qu’un travail de titan tente à l’aide de l’intelligence humaine et informatique de reconstituer les dossiers de fichage.  Ces familles attendent de savoir pourquoi ils ont échoué à tel concours d’entrée, refusé à telle place… Car tout le monde était fiché, écouté, suivi, les lettres recopiées, les coups de téléphone enregistrés…   Pour tenter de remettre en perspective le fil de leur vie.  Le livre raconté à la manière d’un journal qui réalise une enquête est prenant, vivant… Car la journaliste ne se contente pas de voir le mur du côté ouest mais aussi du côté est, elle interroge des anciens de la Stasi, un ancien présentateur symbole de la RDA, ceux qui se battent pour leur destinée, ceux qui ont baissé les bras, les Ostalgiques et les Osties heureux. Une galerie de destins où l’Etat a tenté de faire le bonheur contre leur volonté, puis s’est préparé à résister contre la volonté populaire. Les nostalgi-ques regrettent le plein-emploi (si une anpe existait, le chômage, selon le socialisme, n’existait pas en RDA ! a appris à ses dé-pens une citoyenne de la RDA), les prix bas des loyers et des marchandises, les places en crèche et d’autres  une situation… ou leur jeunesse.
Une excellente enquête qui mérite son suc-cès Outre-Rhin.
Vient de paraître traduit en Français.
Stasiland, par Anna Funder (Mireille Vignol)
Editions Hélène d’Ormesson,365 p, 22 eu-ros. 
Par Rédacteur petite lanterne
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Mercredi 27 février 2008
 Napoléon ou Bonaparte  à Strasbourg cela représente pas grand chose qualitativement ou quantitativement dit Fernand L’Huillier dans Saisons d’Alsace  n°5 d’hiver 1963 mais il est plus justifié de parlé du culte de Napoléon qui figure sur les cartes postales d’Hansi.
Culte qui s’exprime par des poèmes, des chants, des hymnes, un vrai culte de la personnalité assez étonnant dans une région autre que la Corse.
Napoléon donna à de nombreux Alsaciens l’occasion de s’illustrer dans la carrière militaire, citons le Général Rapp, Castex, de Coehorn (qui acheta le château d’Ittenwiller, entre Saint Pierre et Eichhoffen), le Baron de Berckheim, ou le maréchal Lefebvre, de Schulmesteir “l’espion de l’empereur qui valait à lui seul une armée”.
Mais ce fut aussi l’occasion pour le commun de s’engager, malgré les réticences évoquées par Erckmann-Chatrian dans leurs oeuvres1 et aucune autre région n’a donné autant d’engagements volontaires proportionnellement à la population.
les fêtes célébrées en Alsace en l’honneur de Napoléon furent toujours l’occasion de liesses, on le voit dans la petite chronologie ci-contre, la fête du 15 août qui outre la fête de l’Assomption devint la fête de la naissance de Napoléon, et également la Saint Napoléon (eh oui !) on trouva un Napoléon patron des guerriers. Dans de nombreux village ce furent de belles et grandes fêtes, fête du chou à Krautergersheim, aussi fête de la laine à Bischwiller.
L’Alsace est consternée lorsqu’elle apprendra sous l’ère des Bourbons le décès de Napoléon à Sainte Hélène. Mais elle reçoit avec fierté le testament de Napoléon où il lègue en premier lieu et pour moitié aux villes et villages d’Alsace.
Ensuite dès 1870, le culte de Napoléon est le lieu sous l’époque prussienne avec la France, on y imprima des mouchoirs apothéoses bonapartistes, des bustes, des lithographies, des images, des tabatières... Mais on connait aussi des chansons populaires, livres, tels le livre de Schmidt “les Soldats de Napoléon” paru en 1911, des chansons : 
Chanson du Consulat “
Bonaparte spricht : Wir sind nocht nicht verloren
Schiesst, dass die ganze Welt erlebt !
Er selber kommandiert
Und alles avanciert
Auf den Feind mit stolzem Mut ;
Denn es soll wieder zu Frankreich kommen
Was zu Frankreich gehören tut.

Les conscrits de 1813, que l’on nomme les “Marie-Louise” de 1814 incorporés dans les chasseurs à cheval chantaient lors de leur départ :
Im Doerfchen dort mein Heimat ist,
Hab’s im Vorbeigehn heut gegruesst”
(Le village là-bas est mon pays natal, je l’ai salué aujourd’hui au passage)

Et cela se termine par :
“Courage chasseur,
Toujours vainqueur,
Pour la patrie et l’Empereur”.

Autre chanson macabre mais noble tristesse:  Im Garten zu Schoenbrunnen
Da liegt der Koenig von Rom,
Sieht nicht das Licht der Sonnen,
Sieht nicht des Himmels Thron
Am fernen Inselstrande
Da liegt Napoléon,
Liegt da zu Englands Schande,
Liegt da zu Englands Hohn.
(Dans le parc de Schoenbrunn, repose le Roi de Rome. Il ne voit pas la lumière du soleil, ni le trône divin. Sur le rivage d’une île lointaine repose Napoléon. O honte à l’Angleterre, o malédiction sur l’Angleterre.)

Le testament ludique, cette fois de Napoléon, est aussi emprunt de symbolisme, et d’idéalisation  :
L’empereur lègue :
Son nom - à la postérité.
Sa gloire- aux français.
Sa bravoure - à l’armée.
Son bonheur - à la France.
La Paix - à toute la terre.
Et enfin sa plume - à l’Histoire.”

Assez compréhensif avec l’Alsace, on se rappelle les mots des premiers intendants de Napoléon, “Ne touchez pas aux choses d’Alsace”. L’Alsace semble avoir été marqué par Napoléon qui a réussit une intégration souple en respectant les “particularismes”.

Mme Casin, dans son article dans ce numéro, estime que l’une des raisons de la mémoire napoléonienne en Alsace semble être la réussite de la pacification religieuse, la réconciliation entre les confessions et l’Etat et l’organisation des différentes communautés.
La culture, l’enseignement, (une école secondaire par département dut l’une de s grandes réalisations de l’empire), la langue de base était allemand,  dans un rapport au Ministre de l’Intérieur daté du 22/06/1812 du maire de Strasbourg Brackenhoffer, explique que
“les Institutions politiques maintenues par le Gouvernement jusqu’en 1790 ont perpétué l’usage presque exclusif et même officiel de la langue allemande, plus de 150 ans après que l’Alsace avait cessé d’être allemande”.
 L’Alsacien est donc paralysé par l’usage de langue française inconnue “traite de ses afffaires privées dans un langage qui ne lui est pas familier : ne pouvant entendre ses magistrats, et craignant d’en être mal entendu (il) recourt forcément à des intermédiaires, et ce qui n'est pas sans frais ni sans inconvénients ; et l’Alsacien, à l’avenir, s’il ne sait parler et écrire en français, fût-il soldat le plus brave et le plus dévoué, ne peut devenir caporal.” Il faut donc qu’il “puisse apprendre ce qu’il a tout intérêt à savoir”.
Et ce fut fut fait par la création d’écoles supérieures de formation des maîtres.
Napoléon et les jeunes Alsaciens :

Citons le texte accompagnant une lithographie de A.DUSCH, Strasbourg vers 1880 : “A Strasbourg, il n’y eut longtemps qu’une seule école française ; elle dépendait de la paroisse Saint-Nicolas et, en 1805, elle était dirigée par le magister Reinbold. Lors du passage de Napoléon 1er, qui se rendait en Allemagne, ce précepteur conduisit ses élèves à l’angle de la rue des Bouchers et de la rue Dauphine, appelée depuis rue d’Austerlitz, et les rangea en bataille entre les sapeurs et les tambours d’un régiment de ligne ; tous les élèves étaient muni de castagnettes (Klepperlé). Tout à coup on entend un bruit sourd, qui grossit peu à peu et devient plus distinct. Il est produit par les acclamations de la foule, qui salue l’Empereur. La voiture de Napoléon s’approche. Le fidèle mameluk Roustan en occupe le siège. Les tambours battent aux champs, la troupe présente les armes. M. Reinbold, imitant l’exemple du tambour-major, donne à son tour avec sa canne le signal à ses élèves qui, avec leurs castagnettes, exécutent un roulement des plus étourdissants. L’empereur, surpris, fait arr^ter les cheveux de sa voiture ; on lui explique cette singulière aubade, puis il échange quelques paroles pleines d’aménité avec le précepteur et les enfants auxquels il fait remettre quelques pièces d’or en souvenir. Les écoliers, en signe d’allégresse, jettent leurs casquettes en l’air et crient à tue-tête : Vive l’Empereur ! Jusqu’à Kehl, Napoléon riait de bon coeur de cette salutation originale qui, pour quelques instants, lui fit oublier ses graves préoccupations, et maître Reinbold, content, enchanté de son succès, rentra chez lui, à la tête de sa jeune troupe, plus fier qu’un général venant de remporter a plus brillante des victoires.”




CHRONOLOGIE des VISITES ALSACIENNES DE BONAPARTE  ou NAPOLÉON

1789 :  Bonaparte aurait étudié à Strasbourg à L’université

02/12/1797 : Premier séjour après la campagne d’Italie

15/07/1801 :  Concordat signé, puis publié le 8 avril 1802.

02/12/1805 : Couronnement impérial, l’Alsace est représentée par Jean-Frédéric Hermann maire de Strasbourg, qui offre le château des Rohan et le Parc de l’Orangerie. Le pont du Rhin prendra le nom de Pont Napoléon.

06/1805 : Séjour à Strasbourg avant la troisième Coalition et la bataille d’Austerlitz

22/01/1806  : Après la campagne d’Ulm et d’Austerlitz, après la victoire de Pressbourg, une réception solennelle est organisée à Strasbourg, le préfet s’adresse à “Napoléon le Grand et Joséphine la Bien-Aimée” les Strasbourgeois quand ils aiment bien, souvent ils rivalisent de chaleur avec les hommes du midi”.

23/01/1806 :  (le lendemain) Défilé des corps des corps de métiers

24/01/1806 : Napoléon signe un d écrêt de construction de l’actuel canal du Rhône au Rhin. L’ “ île Napoléon”conserve ce souvenir à Mulhouse.

15/04/1809 : Avant la 5ème coalition, quatrième séjour, Joséphine reste en Alsace elle donnera une fête dès que sera connue la victoire d’Eckmuhl, elle fit également une cure à Plombières.

14/10/1809 : Accueil enthousiaste    des Alsaciens qui font un triomphe à Napoléon.

22, 23, 24 /03/1810 : Réceptions en l’honneur du mariage de la fille de l’empereur d’Autriche et la nouvelle impératrice des Français.
La naissance du roi de Rome va créer les fameux bancs-reposoirs à deux kilomètres de distance avec les arbres et des fontaines, dès 1856. Nous avons déjà évoqué ces monuments dans le dossier sur Napoléon III et l’Alsace.  


Documentation :
Merci à M. Maurice SILBERSTEIN pour ses ouvrages et notamment Saisons d’Alsace,
Par Rédacteur petite lanterne
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Mercredi 27 février 2008
En savoir plus sur les rapports entre  Napoléon 1er et l’Alsace tel est l’objectif de cet article dont nous voulions qu’il complète le premier volet consacré à son aîné, Napoléon III.
    Sur proposition d’un de nos fidèles lecteurs nous avons confié le sujet à Mme CASIN Renée, auteur(e)  -bien connue de nos abonnés- d’un ouvrage sur Napoléon III.         

   la lanterne
 

Pour avoir une idée de la popularité du nom de Napoléon en Alsace, on peut se reporter à toutes les manifestations culturelles et historiques organisées par la prestigieuse association du “SOUVENIR NAPOLÉONIEN”1d  dans notre belle province.
    Rappelons, pour mémoire, la cérémonie marquant la restauration de Charles Schulmeister, espion de l’Empereur, héros d’une suite télévisée, en présence de M. Raymann, député, au cimetière St Urbain. Rappelons aussi les séries de conférences -neuf pour 1997-1998- au Cercles européen de Strasbourg, sur les sujets les plus variés, avec le général Keller, le général Schmitt et M. Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : “Napoléon, Champollion et l’égyptologie”. N’oublions pas la messe du 5 mai à la cathédrale, jour anniversaire de la mort de l’Empereur, célébrée chaque année.
    Le président Pierre Pflimlin est venu y prononcer une conférence remarquable : “l’idée de l’Europe dans le passé et de nos jours”, le 19 janvier 1995. Président du Parlement européen de 1984-1987, il traita le sujet avec une hauteur de vue exemplaire : “Oui la tâche est difficile, mais elle est grande et noble. Il s’agit de construire maintenant une grande Europe fondée sur le patrimoine spirituel que constituent nos valeurs communes de liberté, de justice et de respect des droits de l’homme. C’est ce que Napoléon voulait déjà”
Signalons encore la prestation de Bernard Vogler, professeur à l’Université de Strasbourg “la vie politique en Alsace sous le Consulat et l’Empire”, la conférence de l’ambassadeur comte J.A de Sedouy “Chateaubriand et Molé face à Napoléon”, la projection du film “Napoléon” d’Abel Gance,,et pour la première fois en France, un festival du film Napoléonien. Naturellement, il serait fastidieux de tout énoncer en détail, et je terminerai par un écrivain iranien, Iradj Amini , qui, en la présence de Pierre Pflimlin et de personnalités strasbourgeoises, vint donner une importante communication sur “Napoléon & la Perse”, son dernier ouvrage, préfacé par le professeur Jean Tulard. Enfin, n’oublions pas l’ouverture au public de la chambre à coucher de Napoléon au Palais des Rohan, restaurée grâce au concours des fervents napoléoniens d’Alsace.
    Notons aussi qu’une autre association strasbourgeoise2   a pris en charge d’entretien et la restauration des monuments napoléoniens en Alsace : nombreuses tombes militaires et les ‘bancs de l’empereur” situés le long des routes pour le repos des voyageurs, Napoléon III ayant d’ailleurs continué la tradition. Et quelle preuve plus parlante de la popularité de Napoléon 1er en Alsace que l’oeuvre du célèbre dessinateur Hansi( 1873-1951) ! Les innombrables dessins exposés au musée Hansi à Riquewihr, édités en centaines de milliers de cartes postales, montrent, dirait-on, que l’amour de la France passe par l’amour de l’Empereur !


Jugeons plutôt, l’illustration
“Préparatifs pour aller à la messe” Musée Hansi Riquewihr
    Il est temps d’en chercher les causes. Elles sont à la fois civiques et religieuses.
    Si les Alsaciens avaient accueilli favorablement une ère de réformes en 1789, ils n’ont pas tardé à s’apercevoir de l a tyrannie sanglante qui s’installait. Dès 1790, la Constitution Civile du clergé provoqua la rupture. Cette loi organique prétendant faire élire les prêtres catholiques par tous les citoyens, juifs, protestants et a thées compris , fut catastrophique.
La grande majorité du clergé catholique refusa d’y prêter serment. Ces “réfractaires”, soit pourchassés et guillotinés, soit en fuite, soit clandestins, connurent une périodes les pires. Schneider (NDR cf notre numéro .....) l’accusateur public, mène sa guillotine de village en village ; la cathédrale de Strasbourg, transformée en “temple de la Raison”, est coiffée d’un immense bonnet rouge en tôle peinte , 1300 prêtres ont quitté l’Alsace, et, au péril de leur vie, les clandestins donnent les sacrements de l’Eglise de nuit, dans les caves et les greniers... L’Evêque “jureur” installé de force, est protégé par la police3

    Le grand mérite de Bonaparte, dès son accession au Consulat, fut de rouvrir les églises et de faire sortir de prison -il le fit lui-même à Paris, tous les prisonniers promis à la déportation ou au “rasoir national” par le Directoire. Et son rôle fut comparable à celui de Henri IV à la fin des guerres de religion. Son oeuvre de réconciliation nationale fut immense et salvatrice. Sait-on ? L’Explique-t-on dans les manuels scolaires -ou ce qu’il en reste- que Napoléon obligea, dans son Conseil d’Etat, d’anciens révolutionnaires et d’anciens royalistes, à siéger ensemble pour constituer ces fameux codes (Civil, Pénal, de Commerce...) copiés depuis dans toute l’Europe ? Il sont toujours là, modifiés, amendés, soit, et portent toujours sa griffe. La réconciliation nationale y conserve toujours son symbolisme puisqu’il voulut relier l’ancienne Franc e à la nouvelle avec les traces du Droit romain et le meilleur des Ordonnances royales.
    En Alsace, la question religieuse fut réglée à la satisfaction de tous, comme partout en France. Le Concordat du 15 juillet 1801 signé entre le Premier Consul et la Paris Pie VII, y est toujours en vigueur aujourd'hui, en ses grandes lignes. L’Eglise renonce aux biens possédés avant la révolution et les ministres du culte reçoivent en échange un traitement de l’Etat. Les autres confessions, les communautés protestantes et israélites, nombreuses en Alsace, reçoivent enfin leurs statuts au point de vue nationale, oeuvre commencée par Louis XVI, et menée à bien définitivement par Napoléon 1er. Le culte israélite est rétabli en 1806, et le Grand Sanhédrin de l’Empire français et du Royaume d’Italie se réunit à l’invitation de l’Empereur qui avait déjà reçu ses représentants le 9 février 1806. Le Président de la République Jacques Chirac a rendu hommage à l’empereur pour le 190 anniversaire de cet événement4
Ce statut officiel donné à la religion juive explique, en partie la haine d’Hitler pour Napoléon 1er !

    Je terminerai par une note personnelle. Je suis une fidèle du Mont Ste-Odile  où je passe mes vacances chaque année. Inutile de préciser les saccages, chaire, autels, tableaux, ex-voto fracassés à la hache en août 1794. L’accusateur public, Schneider, à la tête d’une horde, ne laisse plus que les murs de l’église de 1692 et... les confessionnaux. La haine du sacré les possède. Ils se ruent sur le tombeau de la sainte patronne de l’Alsace. Stupéfaits, ils trouvent le tombeau vide !
    Des fidèles d’Otrott et Klingenthal étaient montés en secret et avaient caché les ossements chez eux, à travers les chemins forestiers, zigzaguant au milieu des sapins.. Ce n’est que le 6 octobre 1800, au chant du Te Deum, que les restes de Sainte Odile seront enfin inhumés là-haut. La foi avait vaincu.
Et c’est en 1853, sous l’égide de Napoléon III que l’ensemble du couvent deviendra définitivement la propriété de l’évêque de Strasbourg 5
La foi avait vaincu, répétons-le. Mais il faut toujours que les hommes bataillent et souffrent pour que Dieu donne la victoire.
            Mme Renée CASIN.


PARMI LES CLICHES NAPOLÉONIENS ON NE PEUT CITER SON ANALYSE DE “LA LANGUE ALSACIENNE” :
Devant des soldats qui regrettaient qu’ils ne s’expriment qu’en Alsacien,
“pourvu qu’ils sabrent en Français”

Frappé sur les drapeaux des grognards, la phrase de l’empereur :  
“Vous direz, j’y étais”

Ou cette phrase des conscrits malgré eux : “nous les petis, les obscurs, les sans-grades.. Ne l’étions-nous pas fatigués ? “


Par Rédacteur petite lanterne
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Dimanche 24 février 2008
Deux illustrations sur les drapeaux à voir dans l'article  consacré au drapeau alsacien sur ce blog rubrique histoire alsace.
Par Rédacteur petite lanterne
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Dimanche 24 février 2008
A l’heure des épidémies tant annoncées,
dévoilées, craintes et médiatisées
A u moment où les moustiques porteurs du Chikungunya volètent (dangereusement) sous les délicieux auspices de la Réunion , la grippe aviaire autour du lac de Constance et dans les lacs du Bade-Wurtenberg, les moutons victimes de la tremblote ou de la fièvre aphteuse, et les souvenirs de l’E.S.B pas totalement oubliés. On s’interroge ; comment survivre face à une situation inédite. Loin d’être des Angsthase (mot à mot : lièvre peureux c’est-à-dire :  poltron), c’est bien là que l’on se trompe, on se plongeant un peu dans les livres d’histoire, on note la présence et la crainte ancestrale des maladies et des épidémies, qui faisaient glisser le paysan d’antan dans la superstition en protégeant les demeures qui avec les bougies de la chandeleur, qui avec les rameaux du dimanche éponyme, qui avec de l’eau bénite, ou des branches ou les cendres du feu de la saint Jean.



Témoignage : Jean de Venette témoin de la grande épi-démie de peste de 1348 décrivait ainsi ses observations relevées à Paris :
" les gens n'étaient malades que deux ou trois jours et mourraient rapidement, le corps presque sain. Celui qui aujourd'hui était en bonne santé, était mort demain et porté en terre "
Maladie de méfiance :  Qui ne l’a pas peut l’avoir, qui ne l’a pas aujourd’hui, l’aura peut-être demain. Maladie de l'ignorance du véritable agent de transmission contagieux engendre la peur, l'isolement, le repliement sur soit. Certains invoquent le ciel d'autres parlent de générations spontanées ! Mais pour tous la douleur est terrible lorsqu'on voit partir impuissants tous ceux que l'on aime sans pouvoir les aider !




En 1349, la crainte, non annoncée, était fondée et malheureuse. Elle ne fut pas la première,  elle succède à la peste de 1095 qui a permis à Manegold de convertir de nombreux seigneurs à  la cause de la papauté . Elle fait partie des nombreuses calamités qui ont marqué l’Alsace du XIVe siècle. La peste va bouleverser la vie de nombre d’Alsaciens et cette épidémie va durer 370 ans de 1358 à 1721. On dénombrait déjà les ravages du choléra provoqué par la sécheresse de 1113, la variole de 1295 qui coûta la vie à 700 personnes dans la ville de Colmar, selon la chronique de Thann, 500 à Rouffach et de nombreux enfants, toujours plus sensibles aux épidémies ; l’actualité récente ne le contredira pas. En 1316, l’Alsace avait eu à subir la peste bubonique,  tuant 14000 personnes à Bâle, autant à Strasbourg, mais ce chiffre trop rond est récurrent dans les anciennes chroniques, ce que les historiens considère donc comme un chiffre fantaisiste.
Le fléau venait de Crimée, introduit  par les marchands italiens en Europe en 1347 et arrivé par les voies commerciales. En fait par les puces des rats des navires commer-ciaux, c’est ainsi que les villes portuaires furent les premières touchées. Les puces sauteuses utilisèrent ensuite les animaux domestiques (chiens, chats) et humains (lai-nages et hommes). En 1348, il est en Suisse, il arrive au Sundgau en début d’année, chemine avec lenteur, gagne Strasbourg à l’été. Et ses ravages firent en général la perte d’un tiers de la population de chaque village. 1/3 !  Ce chiffre est admis par de nombreux historiens. Il était rare, raconte le chroniqueur Closener, qu’il ne fit qu’une seule victime dans une maison. Ceux qui étaient atteints par les bubons mouraient souvent le jour même, ou le lendemain, le troisième ou le quatrième jour. Rasant de la carte certains villages.
Elle connut deux formes deux vagues fortement contagieuses, la peste bubonique, la peste pneumonique.  Le même chroniqueur affirme qu’au moment de l’apogée de l’épidémie, le nombre de tués était de sept à dix par jour et par paroisse, soit une soixantaine en tout. Sans parler des couvents et de l’hôpital, dit-il ce qui augmente encore le nombre. Ce qui tendrait à signifier qu’« en une quinzaine de jours, le nombre de mots aurait dépassé celui d’une année entière normale, si l’on admet un taux moyen de mortalité de 40 pour mille et une population de 20 000 âmes environ » en conclue l’histoire de l’Alsace.  La conséquence est évidente, des villages disparaissent, certains hameaux furent abandonnés lorsque sa population a été décimé par l’épidémie. Les terres sont cultivées par les descendants ou si une famille ne peut survivre, elle quitte les lieux, le village, ou même se rend en ville. Le village de Klein-Atzenheim est l’exemple d’un village du Kochersberg qui fut ainsi annexé par Reitwiller.
On compte 539 localités rayées de la carte entre le XIIe et le XVIIIe siècle, 233, dont 70 sièges de paroisses, soit 43 % ont disparu au XIVe XVe siècles, contre seulement 33 durant la période antérieure.  S’ajoutent l’exode vers certaines villes et la baisse des prix agricoles.

 
La peste bubonique (ou bacille de Yersin qui le dé-couvrit en 1894 à distinguer de la peste pulmonaire Pasterela Pestis) est la forme de peste la plus cou-rante. Elle apparaît quand la bactérie responsa-ble, Yersinia pestis, infecte les ganglions lymphatiques, souvent à la suite de la morsure d'une puce infectée par un rongeur malade (rat).

Sa durée d'incubation est de 1 à 5 jours. Elle se caractérise par une hypertrophie des ganglions lymphatiques qui deviennent douloureux. Dans 20 à 40 % des cas, le malade guérit dans les 8 jours. Sinon, la maladie évolue vers une septicé-mie mortelle dans les 36 heures. Les symptômes sont : fièvre, chaleur insupportable, sensation d'étouffement, étourdissements, bubons avec douleur insoutenable aux aisselles et à l'aine, pouls rapide, vertiges, vomissements, hémorragie cutanée, etc. Le décès survient en quelques jours, parfois même en une demi-journée. Encyclopédie Wikipédia.

Les médecins recommandèrent le vinaigre, les épices, les aromates,
l’alimentation plus saine, le bannissement des craintes. Sans danger,  mais également sans réussite, la méthode est digne des médecins de Molière. La rumeur publique compterait 16 000 morts dit le chroniqueur de l’époque que nous avons déjà cité. Il semblerait que le nombre soit inférieur à certaines autres grandes villes dont la pro-miscuité a été un agent favorable à sa propagation. Dans les hôpitaux, les médecins n’approchent pas les malades s’aspergent de vinaigre (désinfectant certes,mais pas efficace). Les prêtres donnent la communion ou l’extrême-onction avec des cuillères d’argent fixées à de longues spatules. De cette époque datent dans les anciennes églises nordiques des ouvertures permettant aux fidèles malades de suivre l’office et de recevoir la communion à l’extérieur de l’édifice. Ainsi ils ne devaient pas contaminer les malades. Les cadavres des miséreux sont entassés sur des charrettes précédées de clochettes, ils sont poussés dans la fosse commune recouvert de chaud vive et de terre, le moyen était efficace sur les morts. Mais que faire des malades vivants.  On raconte à cette époque comme dit le diction, qu’il y a plus de vieux ivrognes que de vieux médecins, qu’en étant imbibés d’alcool la protection était plus efficace.


Signes de défaillance, affolement, plaintes, pleurs, cris, gémissement,s panique mentale et désespoirs tels sont les symp-tômes psychologiques.
Cloques purulentes, chaleur insuportable, vertiges, vomissement, hémorragies cutanées…

Une répétition mortelle…
Une autre arrivera en 1358, une autre 8 ans plus tard, puis encore en 1381 plus meur-trière encore selon un autre chroniqueur Koenigshofen.  La ville de Thann a recensé deux épidémies de pestes en 1426 et 1438. Soultz (68) n'est pas épargnée lors des ter-ribles périodes de famine et d'épidémies du XIVe siècle en Haute-Alsace. La peste ravage sa population en 1322, puis en 1337. En 1607 également dans d’autres régions.  En 1359 elle (re)frappe en Alsace et en Belgique. En 1360 elle arrive en Angleterre, revient en France et resurgit en 1369 en Angleterre. En 1527 et 1564 elle décime Riquewihr. Quand on doute que ce soit la peste, c’est lorsqu’un village est décimé et qu’il a pu être, s’approvisionnant chez le même meunier, victime de l’ergotisme. (pourriture de l’ergot de seigle).


La peste a frappé sans trop regarder le niveau social, a bouleversé des familles, jeté des enfants seuls dans la rue. Réglé des comptes, entraîné vols, rapines, règlements de comptes, suicide, peurs, misère, larmes et désespoir, comme on ne saurait l’imaginer même dans un mauvais film.

 
(la gravure représente l’enfer).
Les miracles des flagellants de 1349
On recherche les causes dans la colère divine, ce qui donna naissance aux processions de flagellants, le 8  juillet 1349, 200 pèlerins disant arriver de Sicile, affirment qu’ils avaient traversé  l’Italie, la Hongrie, l’Allemagne au son du tocsin.  Une forme de secte,  armés de fouets à lanière de cuir à noeuds, deux par deux, croix rouge sur leur chapeau, chantant des cantiques. La flagellation est administrée deux fois par jour, par le maître de la secte, hors de la ville. Ils invitent aux confessions et aux conversions. Leur passage est rapporté avec un grand scepticisme par le chroniqueur Closener. Le tout était organisé pour désarmer la colère divine. Bien accueillis par les Strasbourgeois, on pense qu’un millier de Strasbourgeois y entreront pour une durée de 33 jours et demi (symbolisant les années de la vie du Christ). L’évêque interdira les processions dans le diocèse de Strasbourg. L’apogée de l’épidémie sera cet été là à Strasbourg dans une chaleur torride.  Les « signes » sur leur passage se seraient multipliés raconte le chroniqueur, « un brave homme leur donne à boire un vase rempli de vin, qui demeure plein malgré une consommation abondante. Ensuite l’image du Crucifié sue à Offenbourg, ainsi que l’image de Notre-Dame de Strasbourg.  A Erstein, un homme appelé Rinder est si malade qu’il gît inconscient, il retrouve parole et vie à leur passage. Le bouche-à-oreille transforme cela en « les bestiaux (Rinder) parlent dans les étables ». Et ces signes contribuent à la promotion de leur campagne dans la région, en une période où le réconfort manque.  Mais  le chroniquer raconte qu’à la grande déception collective, ils échouent à ranimer un noyé. Ils sont bien accueillis  car totalement désintéressés, la mendicité leur étant interdite. Les nouveaux adhérents devant même payer une par-ticipation de 4 deniers par jour. En octobre de la même année, ils quittent l’Alsace et l’épidémie a « redoublé à leur arrivée et diminué avec leur départ ».


La deuxième réaction sera trouvée dans la recherche d’un groupe de population bouc émissaire, ce sera alors la responsabilité des juifs qui sera invoquée. Ils sont désignés par la vindicte populaire comme responsables de la peste noire en empoissonnant les puits et en propageant ainsi le fléau. Soldant par là des contentieux assez anciens, le statut des juifs s’était détérioré parallèlement à celui de l’affaiblissement du pouvoir impérial.
Les délégués, des villes et seigneuries alsaciennes, réunis à Benfeld prennent alors la décision de supprimer les communautés juives. Seule Strasbourg ne suit pas. L’agitation va même provoquer une révolution le 9 février 1349 et la mise en place d’une Constitution plus démocratique, qui décidera elle aussi, ce fut un de ses premiers actes, de brûler des juifs . Selon le chroniqueur Closener, ils seront 2000 a être brûlés. Mais il semble que le chiffre soit sans doute excessif. Quoi qu’il en soit de nombreux villages ou villes suivent ce cruel penchant et organisent des bûchers. Même si le Landvogt de Haguenau s’y est opposé, la population elle ne se laisse pas convaincre.

Histoire d’une prolifération à succès
Il ne faut pas oublier qu'en ce temps là les greniers avaient non seu-lement un rôle de garde-manger : puisqu'on les construisait en pointe avec souvent deux ou trois niveaux pour y entasser les sacs de grains, les aliments déshydratés, le lard salé ou fumé, mais on y mettait aussi le linge à sécher et les provisions devant servir en cas de siège ou d'invasions surprises. Ces greniers étaient ventilés par des petites lucarnes, appelées aussi chiens assis, qu'on incorporait dans la toiture.

Il faut également incriminer les mauvaises conditions d'hygiène de l'époque, la vétusté des logements, les nombreux champs de batailles où les morts et cadavres de chevaux entremêlés, n'étaient trop souvent même pas enterrés, mais livrés aux rongeurs et charognards de toutes sortes ! Ces endroits maudits que les paysans contournaient avec de grands signes de croix offraient de véritables festins aux colonies de rats vagabonds qui y proliféraient !



Mais notre épidémie de grippe n’est pas nouvelle, on en a connu de 1387 à 1417. Sans compter celle qui figure dans les mémoires de nos grands-parents, celle de grippe espagnole, plus récente à la fin de la première guerre mondiale sur une population affai-blie.

La foi qui soulève les montagnes…Saint Roch est appelé au secours, il protège de la peste, (Pèlerin, martyr +1327), Saint Sébastien (martyr, percé de flèches +288) est invoqué contre toutes les épidémies et maladies contagieuses, en particulier la peste. Il n’est donc pas étonnant que la chapelle de Dambach-la-ville lui soit consacrée, on y invoquait le Saint pendant la peste de 1667-1668. Les gens de Ribeauvillé font
même le vœu de venir en pèlerinage à Dambach-la-ville à la chapelle s’ils sont sauvés. Et ils tiendront pa-role.
En 1768, c’est la paroisse de Colroy-la-Roche qui vient en procession à cause d’une épidémie dans son bétail. Une source proche alimente les bains au XVIIème siècle et obtient quelques guérisons miraculeuses. De tels vœux de processions rituelles persistent actuellement dans des villages d’Autriche en mémoire de la protection ou de la fin de l’épidémie dans une cité.

En 1797, une peste bovine à Wattwiller provoqua un pèlerinage, malgré les interdictions à Thierenbach (Junhgholtz, Notre-Dame de Thierenbach). Les autorités protestèrent, en vain. Et la, peste cessa. Un grand ex-voto commémore l’évnèment. Depuis à la fête-Dieu les habitants renouvellent ce pèlerinage.

Un vœu des habitants de Lauterbourg serait à l’origine de la chapelle Notre-Dame du Bon secours de Lauetrbourg. Construite à côté du cimetière des pestiférés, par les 200 survivants avec l’aide du Prince-évêque de Spire, elle fut achevée, un an plus tard en  1667, et consacrée à saint Sébastien et saint Roch. En mémoire du vœu de 1666, les habitants convergaient vers la chapelle pieds nus, le 20 janvier, pour la Saint Sébastien. (sur l’histoire des chapelles, un très beau livre, très complet : Pèlerinages et piété populaire en Alsace, Marie-Thérèse Fischer, Editions du Signe 2003).






Par Rédacteur petite lanterne
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Mercredi 13 février 2008
IMG_1462.JPG drapeau officiel régional actuel modernisé




drapeaux-3.jpg Les couleurs alsaciennes à la fête drapeau.jpg


ci-contre les drapeaux modernes.... alsaciens, juste au-dessus en rouge et blanc les couleurs du drapeau alsacien "rot un wiss"



 
Le  livre dont nous aimerions évoquer la parution est une étude sur le drapeau alsacien, vous connaissez tous le drapeau de la région Alsace, celui très  récent et doré ; il figurera sur les plaques d’immatriculation alsaciennes dès l’an pro-chain.  Mais en fait, depuis des siècles, le drapeau alsacien a d’autres couleurs, celles qui ornaient les rues, les sapins de noël aussi, les bâtiments publics, bien avant que Hansi en décrive des façades uniformément bleu blanc rouge.  les couleurs sont le blanc et le rouge, couleurs d’un drapeau né du peuple, J.G Trouillet l’explique. Symbole de résistance face au drapeau imposé par les Prussiens (qui comportait en plus l’aigle), puis face à la France et ses envies d’uniformisation, centralisme et négation des spécificités régionales Concordat, droit local, puis face aux nazis.  Les autonomistes avaient d’ailleurs baptisé jadis leur revue rot un wiss. C’étaient aussi les couleurs officielles lors de la constitution alsacienne de 1910, devant le parlement alsacien. Le livre raconte cette unanimité du parlement de toutes tendances politiques pour adopter ce dra-peau aujourd’hui quelque peu oublié, après avoir été nié ou lié aux autonomistes  Au-jourd’hui le seul parlement alsacien est de-venu un théâtre ! On remarque l’ironie de la République française lorsqu’elle mit fin à l’ « expérience » d’un land autonome. Banni par le régime nazi, par les autorités françai-ses, il fut un symbole de résistance et de ralliement, même si la couleur rouge choisie ne fut pas toujours facile à réaliser. 

Pour en savoir plus il faut lire le livre de J-G.Trouillet paru aux éditions Nord-Alsace (ce qui donne ENA !). La même maison d’édition nous a déjà offert une étude sur l’antigermanisme en Alsace, le tome un est paru, le second en voie de l’être. 
(Explications : c’est un peu dur en noir et blanc, mais nous n’avons pas les moyens du tirage couleur, donc rouge en haut, blanc en bas, les anciens en haut, plus pro-che de l’ancien drapeau reprennent le rouge et blanc, le nouveau (croisé) y ajoute une dose de doré assez peu conforme au passé, en dessous les armoiries alsacien-nes anciennes, l’aigle figure  dans toutes les régions germaniques symbole de puissance de souveraineté).
drapeau-copie-1.jpg

(le drapeau alsacien des origines  à nos jours, Jean-Georges Trouillet, éditions Nord-Alsace 24,80 euros, 83 pages, très belles illustrations).
(Notre article sur la décapole, janvier 2006 vous a montré les armoiries des cités mem-bres de la décapole alsacienne, vous pou-vez compléter votre information par cette lecture, car la première partie tente d’expliquer l’art des blasons et l’histoire des principaux blasons de villes ou de grande famille alsacienne démontrant la propagation du blanc et du rouge.  Un beau livre à mettre entre toutes les mains et à placer dans toute bibliothèque alsacienne.
Par Rédacteur petite lanterne
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Mercredi 23 janvier 2008
La  lanterne l’a déjà publié dans son numéro 6, mais ce n’est pas inutile, d’y revenir une fois tous les
dix ans !
C’est un article de Jacques GRANIER, dans les dernières nouvelles d’Alsace de 1984  1  qui le souligne que nous évoquons ici.

Expliquons tout d’abord que plusieurs communes REICHSFELD ET SCHERWILLER pour ne pas les citer,  revendiquent le fait d’être le village natal de cet illustre alsacien. Ainsi même Saint-Dié s’affiche, marraine de l’Amérique. Expliquons donc ce terme,  le “Nouveau Monde” ne porterait pas le nom d’”Amérique” s’il n’avait pas rencontré Mathias RINGMANN.
Ce nom serait “dû d’une part à la découverte de l’imprimerie à laquelle les noms de Gutenberg et de Strasbourg sont attachés et ensuite de l’Ecole des humanistes latins de Sélestat dont le rayonnement a été grand dans tout le Saint Empire germanique”.

Parmi les grandes pointures alsaciennes de Sélestat, Dringenberg, Sapidus, Wimphenling, Martin Ergersheim, Béatus Rhénanus et le célèbre homme en titre de cet article (1482-1511) qu’on surnommait le “Philésius des Vosges” il était né dans le val   d'Orbey et a été formé nous dit l’article par “les religieux de l’abbaye de Paris Il semble que se soit une erreur, car Ringmann serait né en 1482 à Eichhoffen.”
Notre village de la route du vin à 20 km de Sélestat et 10 km d’Obernai. Mais on ne sait pas sur quels documents se base l’auteur pour l’affirmer acte de naissance, documents d’époque...

Sa vie semble avoir été courte et dense, il fit ses études à Heidelberg (centre universitaire bien connu), puis à Paris où il étudia le Grec, les mathématiques, la géographie, la philosophie, la poésie, la cosmographie. En 1500 il est à Strasbourg élève de Jacques Wimpheling, correcteur chez l’imprimeur Jean Pruss.
Il publiera une grammaire latine illustrée avec des figurines à découper pour avancer dans la connaissance de la langue, on imagine que ses conceptions pédagogiques ont du défrayer la chronique !
Ce sont les récits du découvreur de cette nouvelle contrée qu’il reprendra dans un ouvrage “Cosmographie Introduction” publiée en 1507 qu’on découvre pour la première fois le nom “AMERICA”  (en latin) soit Amérique.
Le texte latin est donc considéré comme l’acte de baptême de l’Amérique après avoir été découvert.
Le texte ressortira de l’oeuvre  d' Albert Ronsin, conservateur de la bibliothèque de Saint Dié a publié un ouvrage intitulé Découverte et baptême de l’Amérique en 1979 , Où il dit  : 
“Aujourd’hui ces parties de la terre (Europe, Afrique et Asie) ont été complètement explorées, et un quatrième partie a été découverte par Amerigo Vespucci, ainsi qu’on le verra plus loin. Et comme l’Europe et l’Aise ont reçu des noms de femmes, je ne vois aucune raison de ne s pas appeler cette autre partie Amerigé c’est-à-dire la terre d’Amerigo ou América, d’après l’homme sagace qui l’a découverte. On pourra se renseigner exactement sur la situation de cette terre et sur les coutumes de ses habitants par les quatre navigations d’Amerigo qui suivent”.

Saint Dié bénéficie toujours du titre de marraine, donc de ville de baptême de l’Amérique, d’ailleurs les Américains ont contribué avec générosité après 1945 à la reconstruction de la ville démolie à 80 % lors des combats de la libération, une plaque de marbre jadis apposée sur la “maison de l’Amérique” détruite aux moments des bombardements (alliés !) de 1944 est aujourd’hui exposée à l’intérieur du musée de la ville.

On ne peut retirer à Ringmann cette paternité car ses confrères n’ont plus désigner America sur les cartes après sa mort.
Par Rédacteur petite lanterne
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Mardi 15 janvier 2008
07190001.JPG IMG-1078.JPG Pour la mémoire de l’Alsace
le Mémorial de l’Alsace-Moselle
Inauguré le 9 juin dernier à Schirmeck.
L’histoire de l’Alsace-Moselle au cours de la dernière guerre mondiale est plus que complexe, pour le Français de l’intérieur elle ne se rapproche de rien de ce qu’il maîtrise et connaît. Les contresens sont faciles, les raccourcis rapides et l’on en déniche de nombreux  que nous avons relaté dans nos colonnes. Le petit Alsacien,  qui apprend l’histoire de France, ne connaît rien de l’histoire de l’Alsace (d’avant le traité de Westphalie) et s’il n’a pas la chance de tomber sur un professeur d’histoire du cru, il ne connaîtra rien de l’histoire alsacienne de la deuxième guerre mondiale.
Pour soigner ses travers, le conseil général du Bas-Rhin a cherché des remèdes, cinq années plus tard, l’un d’eux surgit ce 19 juin dernier, de la vallée de Schirmeck, l’édification d’un mémorial à ces Alsaciens de cette époque. Mais ce n’est pas un musée, stérile, dont l’évocation ne dira rien aux plus jeunes, mais bien un univers dynamique, vivant qui expliquera par des objets, des situations l’histoire alsacienne et en offrira une « vision sereine ».

« Il est important qu’il y ait un lieu qui présente les drames de notre région ». Philippe Richert, président du conseil général du Bas-Rhin.
5,3 millions d’euros investis pour la mémoire.

(on peut consulter le  supplément de l’ami du peuple, on voit bien les photos familiales, le train, la cataclysme du bombardement) Le résultat s’étend sur 2000 m2 de surface muséographique, faisant face à la montagne où a été bâti jadis le seul camp de concentration français le Struthof. Muni d’un audio-guide le visiteur parcourt sous la lumière artificielle les années noires. Marcel Meyer, le muséographe, a été chargé de concevoir ce parcours vivant et actif construit en 10 étapes, rassemblant ainsi une série de décors chronologiques, thématiques. On y voit les photos des grandes figures alsaciennes de l’avant-guerre, on y entend la voix hurlante du Führer, on y est évacué vers les zones de refuges dans un wagon de 3ème classe de l’époque (qui devrait être un train à bestiaux comme ce fut le cas dès la deuxième vague faute de wagons suffisants, on se retrouve derrière la ligne Maginot, on y entend Pétain, on revit l’annexion, la germanisation, la nazification systématique, on voit les camps de détention (celui de Schirmeck) ou de concentration (celui du Struthof, on assiste à la libération de ce camp), les incorporés de force, les jeunes enrôlés dans le RAD ou les femmes « malgré elles » dans les organisations féminines. A l’aide de courts films documentaires, aucun n’excède 5 minutes. Sans oublier le drame d’Oradour.  On y voit aussi les Alsaciens se battant pour la libération (unités de la France Libre) de leur région, du pays ou des colonies. Ceux de nos compatriotes sous uniforme allemand (incorporés de force dans l’armée puis pour certaines classes d’âges dans les SS) imposé et non choisi, qui finissent dans les stalags russes de Tambow ne sont pas oubliés, ni les oubliés, les disparus laissant la famille dans un doute jusqu’en 1955 date du dernier retour !  Tout un passé est mis en situation rendant l’histoire vivante. 1000 documents sont sélectionnés pour approfondir la situation, une bibliothèque centre de documentation, des salles pédagogiques permettant les visites des classes ou les approfondissements du visiteur intéressé. Il n’exclut pas une visite au Struthof, mais peut la compléter utilement, les deux structures sont invitées à collaborer pour organiser des visites conjointes)



 (67130 Schirmeck, Mémorial de l’Alsace-Moselle, mardi au dimanche 10-19 H, du 1er mai au 30 septembre, fermé en janvier, tarif : 10 €, 7 € tarif réduit. Site du mémorial  : www.memorial-alsace-moselle.org, ) Nous en reparlerons plus amplement dans un prochain article)




Par Rédacteur petite lanterne
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Mardi 15 janvier 2008
Les enfants « Poilus » 
d’Alsace racontent :
 
 Le journal les DNA et l’Est Républicain, La Nuée Bleue ont réalisé , il y a deux ans, un très bel hors-série qui mérite toujours toute l’attention de nos lecteurs, au travers de témoignage, non des poilus, dont il ne reste aujourd’hui plus de survivants, mais de leurs enfants, qui enfants ou jeunes d’alors ont vécu la guerre dans leur ferme, leur ville, ou sur les routes de l’exil, en Alsace, en Lorraine, en Belgique. Les témoignages de ces « ancêtres » de près de cent ans pour certains brillent par leur précision, la date de la déclaration de guerre, la démolition des maisons du villages, le clocher effondré sont autant de marques dans les mémoires. Qu’ils ait été enrôlés sous uniforme français ou allemand, ils racontent ce que leurs parents ont vécu.

Les cartes postales «Reich Post » du front, les colis, les nouvelles épisodiques, le repos dans les fermes à l’écart du front.  Le fascicule a également le mérite de reproduire la propagande distribuée (presse enfantine qui des 5 lettres du mot « boche » dessine un soldat, les jouets de guerre fabriqués et nécessairement « anti-boches »…). Raconte aussi les victimes de l’héroïsme et du fanatisme conte ces témoignages, de ce père, ce frère,  « cassé » psychologiquement ou physiquement (de retour, il ne pouvait plus travailler la terre)… ces apports sont poignants et vrais, loin des circonvolutions des états-majors militaires, c’est l’histoire de ceux qui

ont vécu le « vieil Armand » « le col du Linge », « Raon », « Charmes », « le Léomont », « Nancy »,  Bois-le-prêtre », « Morhange », « les Eparges » « Saint-Mihiel » et « Verdun »… jusqu’à Dixmude ou Ypres, une ligne qui a vu des milliers de morts et a abouti à un « Traité de Versailles » germe de toutes les rancoeurs et au deuxième conflit.  « Le seul vainqueur à Verdun fut la mort » résume l’historien Stéphane Audouin-Rouzeau.
 

Dominique Richert, né prussien en 1893, passe 5 ans sous uniforme de l’armée de Guillaume II sur les fronts de l’Ouest et de l’Est, mémoires publiées « les cahiers d’un survivant », Nuée Bleue, + en 1977.


La première guerre,  si elle connaît un succès de librairie et d’intérêt du public depuis la publication judicieuse par un éditeur des lettres des poilus à leur famille, n’avait jamais encore suscité un réel intérêt du public, voilée par l’horreur (toujours créative) de la seconde guerre, sans doute.

Des photos d’époque et des cartes complètent un document précieux et accessible tant d’un point de vue contenu que financier. 
(7 euros  à commander aux DNA 2006, 145 pages en couleurs.)


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Par Rédacteur petite lanterne
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