les bancs reposoirs du préfet Adrien de Lezay-Marnésia.

Publié le 17 Septembre 2012

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bancs reposoirs empire (ici entre Andlau et Mittelbergheim en grès d'Alsace) photo lanterne

 

 

Il en existe deux sortes : bancs reposoirs du roi de Rome ou Banc reposoirs empire de l'impératrice.

 

Le préfet Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814) est, fils du marquis de Marnésia, un parfait bilingue il fut étudiant à l’université de Goettingen près de Hanovre et a traduit «Don Carlos» de Schiller. Il est resté préfet malgré d’abdication de l’empereur (Napoléon 1er)  à Fontainebleau le 5 avril 1814.  C’est lui qui fit hisser le drapeau blanc sur les édifices publics alsaciens en proclamant «aujourd’hui, vous avez un roi, dans peu de jours vous aurez la paix !».

 

Ce sont des éléments de notre environnement habituel, il se font si discrets, que nous les oublions. Ils s’usent moins que le bois des bancs publics et nécessitent ainsi que peu d’entretien. Les touristes s’interrogent quelquefois sur ces étranges monuments aux allures mégalithiques ... A quelle divinités font-ils mémoire ?    Ils sont si discrets que nous les laissons souvent tomber aux mains des vandales ou des récupérateurs de pierre ! Tagués de «Italie, $... et autres symboles», négligés... Ils sont pourtant recensés par les monuments historiques ! 

 

C'est à eux que nous reprenons la liste des monuments bancs reposoirs rencensés ci-dessous.

 

Ces bancs-reposoirs sont classés en deux catégories : ceux construits sous l’impulsion du préfet Adrien de Lezay-Marnésia pour la naissance du roi de Rome (fils de Napoléon 1er, marqués 1811) et ceux construits en l’honneur du mariage de Napoléon III avec Eugénie, devenant Impératrice, marqués ou non du millésime 1854, comme sur l’image ci-dessous,  à Zellwiller).
Ces Missions : soulager les paysans, encourager leurs trajets afin qu’ils se rendent au marché le plus proche portant leurs produits agricoles. Ils ont été construits tous les 2 km sur les chemins vicinaux, 500 mètres selon d’autres.  Afin de pouvoir reposer leurs paniers, le haut de l’édifice permet de déposer sans risque de chute, paniers, victuailles, fagots, le bas permet aux marcheurs de s’asseoir, généralement à l’ombre, car 4 arbres sont plantés autour afin d’ombrager l’édifice. Les bornes placées de chaque côté, permettent de s’asseoir, mais sont destinées à attacher les chevaux ou les ânes et de remonter sans aide sur sa monture. Aujourd’hui les cyclistes les apprécient aussi pour marquer une pause et déposer leurs monture à deux roues. On a en compté jusqu’à 1448 sur les routes alsaciennes, il n’en resterait plus que 200.
Quelques bancs-reposoirs classés : Adamswiller, Allenwiller, Altenheim, Bischholtz, Erstein (RR : naissance du Roi de Rome 1811), Geiswiller, Goersdorf (RR), Harskirchen, Knoersheim (x2), Kutzenhausen (RR), Lochwiller, Lupstein, Morsbronn-les-bains, Niedermodern, Nordhouse, Ottwiller, La petite-Pierre, Roeschwoog (x2), Salenthal, Sarrewerden, Schillersdorf, Struth, Uttwiller, Westhouse-Marmoutier, Weyer, Wolfskirchen.

 

 

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photo lanterne

 

 

Bancs-reposoirs

Deux blocs de pierre de grès d’Alsace servant à remonter à cheval, sans aide pour les cavaliers, mais aussi à retenir le cheval pendant la pause.

 

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photo lanterne d'un banc-reposoir (67)

 

 

Sur le dessus, on peut poser ses marchandises, paniers à vendre au marché tout proche, photo lanterne

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En-dessous, possibilité de s’asseoir, sur ce banc-reposoir,  à l’ombre des arbres plantés au-tout.  Malheureusement comme ici entre Saint-Pierre et Eichhoffen, ce banc-reposoir,  est victime de graffitis, photo lanterne

2010-9850.JPG+++++++++++++++ deux blocs,de chaque côté afin d'aider le cavalier à remonter sur sa monture. Banc-reposoir alsacien

 

 

 

 

la date est inscrite ici sur le linteau 1854, date du mariage de Napoléon III avec Eugénie, pour ce banc-reposoir en grès d’Alsace, situé entre Zellwiller et Stotzheim, avec ses deux blocs de pierre de chaque côté. Il pouvait aussi servir à déposer et reprendre la hotte. La plupart n'ont pas de mention de dates.

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Un préfet qui a dessiné le paysage rural alsacien :

 

Lezay-Marnesia.jpgcapture d'image sur internet

 

 

En promouvant le houblon (au nord), le tabac (il y eut un concours des planteurs de tabac en 1812 dont les prix comprenaient des étalons normands, des juments poulinières, du bétail, des animaux d’élevage, des diplômes, médailles et honneurs... le premier prix fut attribué à un habitant d’Erstein, le cultivateur Klein qui porta sur la tête une couronne de vainqueur, le 1er décembre 1811) , la betterave (plus au sud), les chemins ombragées, fontaines, colonnes routières, un réseau dense de chemins vicinaux, mais aussi imposé tous les 500 mètres les fameux bancs-reposoirs... il refusa la chasse aux insoumis  (conscrits réfractaires recherchés par des hordes de rustres... Le préfet Lezay-Marnésia en seulement quatre années et demi (du 5 mars 1810 au 5 octobre 1814, date de son accident de voiture, où sa propre épée d’apparat lui transperça le ventre) a dessiné le paysage alsacien contemporain.

Mais il s’est aussi laissé inspirer par le pasteur Oberlin, des idées sociales, supprimer la mendicité par l’ouverture des soupes populaires et le soin des populations rurales en créant les médecins cantonaux.  Il s’évertua à chasser la corruption qui s’était quelque peu répandue.  Pour mieux former sa population, il ouvrit des classes d’écoles normales directement dans les lycées et collèges. En 1804, 200 à 300 élèves y sont accueillis. Notamment au lycée impérial de Strasbourg, actuel Fustel de Coulanges pour les villes ;  dans les campagnes il encouragea le développement de l’enseignement par les soeurs de la Divine Providence... A l’abdication de l’empereur il rejoint, ou se place sous l’autorité du roi Louis XVIII.  Il se verra arraché à sa fonction par une mort brutale, alors qu’il était en tournée d’inspection entre Haguenau et Brumath. (+ 9 octobre 1814).  On le voit cet homme pourtant classé par certains historiens comme un «transfuge de l’ancienne aristocratie» a véritablement  marqué l’Alsace.  Sa bravoure au moment de sa mort a contribué à forger son image. Car il se fit transporter, malgré sa blessure mortelle à Strasbourg, afin de régler quelques affaires urgentes. il demanda à ses serviteurs de s'agenouiller autour de sa femme qui priait à son chevet, tout en entendant le confesseur réciter l'office des morts avec l'assistance.
Son corps est enterré entre 1814-1853 à Krautergersheim près d’Henri de Turckheim puis transféré dans le caveau de la cathédrale de Strasbourg, une statue a été érigée en 1853 par le sculpteur Philippe GRASS devant l’hôtel Klinglin à Strasbourg, un quai, une école et un collège de Strasbourg portent son nom. C’est l’un des seuls préfet à avoir une statue en pied dans sa ville de fonction.  Et comme derrière tout homme célèbre il faut chercher la femme, sa relation avec une femme orthodoxe (ce qui était peu répandue à l’époque dans notre région)  Juliane de Vietinghoff, baronne de Krüdener, originaire de Riga, une proche de la cour du Tsar Alexandre fit beaucoup gloser.  Il est également apparenté à la famille de Joséphine de Beauharnais.

 

 

1812: c’est aussi la date de la licence n°183 accordée en Alsace pour la fabrication du sucre de Betterave ! Toute une révolution agricole est en marche, en effet la route de la canne à sucre est coupée par les guerres napoléoniennes. C’est le préfet Lezay (voir ci-contre) qui encourage sa culture. A la chute de Napoléon, les exploitations périclitent car les routes de la Guadeloupe, Martinique, St Dimingue se ré-ouvrent.  Et ce ne sera que plus tard, au moment du second empire que naîtra la sucrerie d’Erstein (27 décembre 1893)  qui existe toujours aujourd’hui.

Houblon à protéger : le début de son expansion.

C’est aussi depuis cette année-là que les perches servant au développement du houblon sont protégées par arrêté préfectoral du réputé Lezay-Marnésia (voir encadré ci-contre)  afin que le bois ne soit plus jamais démonté pour servir de bois de chauffage et que la récolte du houblon puisse se développer en Alsace du Nord. Le tout sous peine de contraventions de messieurs les garde-champêtres.

L’histoire du houblon en Alsace, cher à des villes comme Schiltigheim, Mutzig, Obernai... est rattachée à un brasseur de Haguenau Derendinger qui est allé chercher des plants de houblon dans la région de Saaz en Bohême.

Avec le succès que l’on sait dans l’Alsace du Nord principalement autour de Haguenau pour la culture de la précieuse céréale servant de matière première à la confection de la Bière alsacienne. 

 

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

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