La fête-Dieu : fête méconnue

Publié le 23 Juin 2011

Cette mystérieuse fête : la fête Dieu, fête de l'instauration de l'Eucharistie, de la présence réelle du corps et du Christ dans les espèces eucharistiques (pain et vin consacrés) 


Actuellement célébrée le jeudi -en principe-  (c'est toujours le cas en Allemagne, où dans les lands catholiques ce jour est férié) puis le deuxième dimanche après la pentecôte afin que le peuple puisse s’y associer, elle ferme la période pascale, la fête CORPUS CHRISTI, dite aussi Fronleichnamsfest (terme utilisé en Suisse et en Allemagne, et non comme un ouvrage le traduit fête du cadavre d’homme !! Cette approximation reflète la complexité de cette fête ) car le terme provient de froho : le Seigneur, leichnam : le corps ou encore Lieweherrgottstag. Son titre officiel est festum Sanctissimi Corporis Christi, ce que l’on traduit en  langue vulgaire par : fête du très saint corps du Christ. 1


 

La fête-Dieu dans les rues du village de Stotzheim, village agricole alsacien (67140 BARR)  6 juin 2010 :

 

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Deux reposoirs dans le village de Stotzheim (Alsace, 

la procession : nouvelles-photos 3171

sous le dais le Saint-Sacremen, sur le chemin du Saint-Sacrement, des pétales de roses lancés par les enfants de choeur.

 

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musique, pompiers, conseil municipal, toutes les forces vives de la paroisse sont mobilisées.

 

 


 

Voici quelques illustrations de la fête-Dieu dans la cité d'Ettenheim (Bade-Wurtenberg) ce jeudi 23 juin 2011 : 

 

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un reposoir dans la cité, décoré pour accueillir l'ostensoir entre deux stations,

avec musique populaire, chorales, tous les corps d'église, conseil de fabrique.

 

  notons la présence dans la procession des enfants de choeurs, mais surtout, on le voit ici des premiers communions de l'année venus en aube, sans cierge.

Les servants de messe sont en surplis rouge et dentelle.

 

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  ci-dessous : les servants de messe (à gauche) :

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mise en place du dais, sous lequel viendra se placer le prêtre portant l'ostensoi, notons les aubes et chasubles des prêtres richement brodées. (à droite)

 

 

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ostensoir préparé par les jeunes, un décor fait de sables colorés

 

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Pour en savoir plus :

 

Elle fut définie par le Synode de Vienne de 1318 et consiste en le portage du Christ Eucharistie au devant du peuple, par les rues et  les places afin de  purifier ces derniers  des “irrévérences et les impuretés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement”. Le tout sous une “adoration profonde et sincère”. L’Eglise  fit naître cette fête après une vision de sainte Augustine Juliana von Lüttich (+ 5/04/1258), un autre auteur parle, sans citer son nom d’une prieure du couvent du Mont-Cornillon près de Liège  (Guy Deleury2 ). Il s’agit en fait de Ste Julienne (1192-1258. Reprise ensuite par Eve de Liège)3  Sa vision, qu’il qualifie de “trop jolie (...) légende pour n’être pas contée”,  était celle du disque de la lune, mais comme écorné. Métaphore de l’année liturgique amputée d’une fête. Elle s’en ouvrit à son confesseur, le futur pape Urbain IV, l’abbé Pantaléon4 . (Lüttich 1246). Le Pape Urbain IV (1261-1264) consacra cette fête selon les termes latins par l’encyclique “transiturus de hox mundo”. Saint Thomas d’Aquin aurait participé à ce texte, on lui devrait la partie “Laudan, Sion, Salvatorem” qui jamais ne manquait au rite de la fête Dieu. Certains diront que c’était une façon de reprendre en main les processions et les rogations  populaires qui avaient lieu afin de  favoriser la maturation des arbres fruitiers. Elles auraient alors lieu en dehors du village et dans les champs, ce qui n’est absolument pas le cas de cette cérémonie cantonnée aux places et aux rues du village. Nous évoquerons les rapprochements que les partisans de cette thèse signalent.

Sa localisation dans le calendrier
La fête aurait logiquement trouvée sa place dans la journée du Jeudi Saint où le Christ instaura l’Eucharistie, sa présence, il demande  d’en faire “mémoire”. Elle signale sa présence dans les deux espèces, “ceci est mon corps, ceci est mon sang”. Mais la fête joyeuse était quelque peu déplacée en pleine semaine sainte au moment de l’agonie et de la souffrance du Christ qui plus est  à la veille de la crucifixion et du chemin de croix.

Les Dominicains ont beaucoup œuvré pour faire connaître et populariser cette fête de la présence dans l’Eucharistie (on dit beaucoup aujourd’hui “Jésus-Eucharistie”)  instigateur de la généralisation sous le concile de Vienne en 1317 sous Clément V (1305-1314) et sous son successeur le pape Jean XXII (1316-1334) que le rite fut étendu au monde catholique. Première manifestation  à Rome en 1350, Cologne en connurent déjà entre 1274/1279. Pour la propagation de cette fête,  d’autres ouvrages citent le rôle des Jésuites dans la propagation de cette fête et leur soucis de concrétiser, de rendre palpable, la foi  par le peuple.

Apparition de la fête en Alsace, il faudra attendre le début du XIV ème siècle pour que dans la cathédrale de Strasbourg le Chanoine Henri de Dicke célèbre cette fête, alors qu’en Flandres elle était présente dès le XIII ème siècle, la procession en Alsace date de la fin du XIV ème siècle entreprise par Jean Tauler. L’annexion à la France et la volonté catholique du Roi de France mettra fin aux réticences protestantes et celle-ci sera très vite assimilée dès 1682. L’interruption suivante datera de Napoléon, car dans le soucis de faire taire les dissensions entre catholiques et protestants, Napoléon, au moyen de  son Concordat, interdira les manifestations extérieures à l’église. Cette interruption durera jusqu’à la Restauration de 1816.

Son caractère particulier réside dans la procession qui existe depuis 1279 dans les villes d’Allemagne.  Villes avec lesquelles l’Alsace travaille, communique, commerce et constituaient ses principaux référents culturels, à savoir Cologne.
C’est une fête où Dieu se fait visible, palpable avons nous souligné plus haut, le rite d’avant le Concile, (c’est toujours le cas évidemment pour les courants traditionnels fidèles à l’ancien rite) le prêtre officiait tourné vers le tabernacle et non face aux fidèles, la sainte Hostie était donc cachée par le prêtre,5  ou dans le fanum (le temple). Elle va, par ce moyen aller vers le “profanum”. (le profane).
L’hostie entière est portée dans un Ostensoir, généralement en forme de croix. Placée en son centre dans un logement vitré où il sera visible des fidèles. De tels Ostensoirs sont exposés dans les lieux de prière et dans les couvents à des fins d’adoration perpétuelle. 6
Mais cet Ostensoir va “sortir” dans la rue, aller au contact de la foule, avec la dignité de sa représentation, entouré de baldaquin, de fanions, dans une ville parée de fleurs de drapeaux aux couleurs du village, du Vatican (blanc et jaune) ou même tricolores, des arrangements floraux, des autels aux fenêtres, des pétales jetées dans les rues, des fleurs ou des branches de tabac...

Spécificité de Geispolsheim
Si un village célèbre cette fête avec corbeille de pétales et fleurs comme jadis, c’est bien Geispolsheim, cette ville au Sud de Strasbourg, a su garder cette coutume courante dans les villages catholiques jadis et jusque dans les années 50, elles sont aujourd’hui très limitées et sauf à Geispolsheim et dans certaines cités germaniques ou bavaroises, comme Munich, où c’est sans doute une des fêtes religieuses les plus populaires de l’année, ou plus au Sud on trouve des ferveurs particulières à Aix-en-Provence ou encore dans la péninsule Ibérique.

Notons que dans des villages ruraux, on renoue avec une célébration plus respectueuse des traditions et du passé, tel le village (rural) de Stotzheim (67140 BARR) qui effectue procession avec plusieurs reposoirs dans le village actuellement encore. (dimanche 26 juin 2011, cette année)

Opposition des Réformés
Évidemment cette démonstration e la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie heurte les dogmes de protestants, et Luther s’emporte contre cette nouvelle manœuvre de papisme et de superstition, dès 1527 il déclame que c’est “allerschädlichtes Jahresfest” (la fête ayant le plus de gravité) à laquelle  manquerait  les bases bibliques et que les processions seraient autant d’offenses à Dieu. La religion populaire, Luther ne connaît pas. Son opposition à cette fête va créer en Alsace une occasion de disputes entre protestants et catholiques dans les villages où deux cultes se côtoient. C’est l’occasion dans les villages de rendre aux catholiques la monnaie de leur pièce des manquements qu’ils ont eu à subir le Vendredi Saint (pourtant férié en Alsace). Ils les avaient importuné ce vendredi-là  et  c’est ce jour de la fête-Dieu (qu’ils ignorent) que les protestants remueraient leur fumier ou feraient ostensiblement des travaux bruyants en signe de réciprocité.
Le Concordat de 1801, assez bizarrement, a supprimé ces processions, car elles donnaient souvent lieu à des manifestations anti-protestantes. Elles ne réapparaîtront donc qu’à la Restauration.


Mais en quoi consiste une fête-Dieu exactement.


Description d’une fête récente(sous sa forme actuelle), citée dans l’Alsace et ses fêtes :
“Pour cette journée, tout le village est fleuri, les voitures ont disparu comme par miracle, les rues sont jonchées de fleurs et de branches vertes, les habitants ont revêtu leurs anciens costumes, les pompiers ont mis leur uniformes de fête, aux quatre points cardinaux du village, on a dressé de magnifiques autels richement décorés. A la tête de la procession des ecclésiastiques escortés par les pompiers avec leurs sabres et leur haches, à côté les catéchumènes habillés de soutanes rouges avec des surplis blancs brodés jettent devant eux des pétales de roses et des fleurs du jardin”.
3 statues sont portées dont Ste Anne, mais aussi le ou la patronne du village, (à Geispolsheim c’est Sainte Marguerite); Saint Sébastien et bien sûr Marie Mère de Dieu. La procession s’étire dans tout le village et l’on effectue une halte aux quatre autels où l’on lit un texte d’un des 4 évangélistes.
Les 4 autels ont leur importance, ils ponctuent le trajet, permettent un instant de méditation, c’est aussi un pas de Dieu vers les habitants du village. C’est évidemment un honneur de voir passer le Saint Sacrement devant sa maison. Souvenons-nous des paroles du Centurion, dont Jésus admirait la foi, “Je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri”.  Et bien évidemment l’honneur est immense s’il s’arrête devant sa demeure.
Les 4 arrêts remplacent les scènes bibliques vivantes que l’on trouvait aussi durant le temps de l’Avent et qui se jouaient le Jour de la fête Dieu. Ils représentaient Caïn et Abel, la traversée de la mer rouge... Ces jeux persistent dans les pays du Sud.
Ils ont leur importance car à chaque oratoire, soigneusement décoré et préparé par les habitants, les prêtres bénissent la foule récitent des cantiques, ou écoute le Nouveau Testament. C’est le soir de ce jour que chaque famille qui a préparé une kerwelskrüt la met en contact avec l’ostensoir où est déposé le saint sacrement, selon l’ethnologue et pasteur Freddy Sarg, et cette couronne doit protéger les maisons, étables, des maladies. On trouve ici un rite de protection.
Partiularité de certains villes qui ont même conservé en cette fête des processions sur l’eau, tels que les cités de Staffelsee Murnau, Chiemsee, Cologne.



Prétendues origines païennes

Placé un jeudi après la trinité dans un premier temps, certains auteurs s’empressent de faire un rapprochement avec jeudi, jour dédié à Jupiter, mais avant cela destiné à Thor dans les pays anglo-saxons.
Certains font aussi des parallèles avec des superstitions, ainsi un dicton décrête “qu’à la fête Dieu, il faut au Diable, un pendu et un noyé”. Par jalousie, sans doute, pour le culte rendu dans la foi à Dieu, il ne semble pouvoir se consoler autrement qu’en réclamant deux morts. On peut plus exactement faire un rapprochement avec les cérémonies beaucoup plus païennes qui subsistent dans les valets de pentecôte (voir notre dossier dans le numéro 63 “les Pfingspfiteri et les farces du mois de mai, numéro de mai 1996) où les jeunes attrapent un de leur camarade et font mine de le jeter dans l’eau de la fontaine  pour le noyer.

De plus Van Gennep, dans son folklore ne cite que brièvement cette fête et en écarte tout type de folklore ou de rite païen, explicitant que  ce sont des cérémonies religieuses et non des mouvements païens. (page 1358, tome 2) : “Mais c’est un fait que la Fête-Dieu ou du Saint-Sacrement  n’a pas d’autre origine que liturgique ; et que certains de ses paraphernalia ont acquis populairement une valeur magique, ont été employés non liturgiquement”. 7 Peu d’ouvrages de folklore les évoque à ce titre. Et même le livre ‘la paille et le feu’ se doit dans son introduction de justifier la présence d’un rite religieux dans le folklore et les traditions païennes. On peut donc assez facilement l’en écarter. Les seuls ouvrages qui s’y risquent mélangent des rogations, les rites de pentecôte et la fête-Dieu.
Rite de fertilité pour les uns, offrande aux dieux, voir même  sacrifice  humain aux dieux.
En ce qui concerne les rogations, qui sont elles des “demandes humbles et prières” (rogationes, latin)  la lanterne en a fait une étude -dans son n°84- elles s’apparentent plus à une délimitation des frontières paroissiales et de protection contre les calamités (peste, St Mamert au Vème Siècle) dans ce rite les champs sont bénis et les litanies sont recitées avec chapelet, rien n’est commun avec la fête-Dieu qui se déroule dans la cité 8 . A A séparer aussi de la pratique des récoltes et des moissons du Gluckhampfele (gerbe de la moisson  coupée par un enfant et gardée,) voir notre numéro 79. 
On le voit on est bien loin de cela dans la fête Dieu Toute dans la beauté et dans la retenue dans la foi en la présence de Dieu. ‘je suis avec vous’.

La fête avait une importance capitale en Alsace, comme ailleurs, dans son recueil consacré aux traditions de Corse, Claire Tiévant et Lucie Desideri, 9 signalent que les corses soulignent cette fête avec nombre de processions dans les cités grandes ou petites, tous très fleuries pour l’occasion, la tradition veut que ce jour-là, au matin, on aille cueillir le plus grand nombre de fleurs pour en parsemer les rues et les ruelles constituant le parcours de la procession. Celle-ci est organisée par les confréries (présentes aussi pour le vendredi saint et les processions de pénitents). Particularité corse, au lieu de conserver les “Kerwelskrüt”, on conserve dans l’île de Beauté, les pétales de fleurs pour les jeter sur les fidèles au passage de la procession.  Anecdote de 1844, du panorama de la Corse, un prêtre s’en souvient et cite de mémoire :  “dans une procession de la fête-Dieu, le chef d’une confrérie de pénitents, furieux d’être obligé de céder le pas aux élèves du séminaire, s’oublia jusqu’au plus audacieux blasphème contre le Saint Sacrement que l’on portait à deux pas de lui. Le lendemain, condamné par l’évêque à faire tous les soirs, pendant neuf jours, amende honorable devant la porte de l’église, revêtu d’un sac couvert de cendres, et une tête de mort à la main, il se soumit à cette pénitence canonique avec les marques non équivoques du plus vif repentir. “


Symbolisme :
Le chemin parcouru par le cortège de la fête Dieu est plutôt celui de chacun, de celui qui croit, qui chemine vers la Jérusalem céleste (le baldaquin aux couleur du ciel au-dessus du Saint-Sacrement, appelé “d’r himmel” par les alsaciens ne fait aucun doute.) Dieu est présent, proche, visible, "touchable", nous fait signe dans nos vies quotidiennes, il vient rencontrer sa création,  son lieu de vie, son quotidien , à l’instar de Jésus  dans le monde, comme un signe dans nos existences. Le message est beaucoup plus fort qu’il n’y parait.

Raisons de la chute de cette tradition

Tout d’abord l’opposition dans un premier temps des Réformés, dans un second temps de l’Etat qui a fait chuter la pratique, (interdits citésplus haut) puis du Concile, le saint-Sacrement est  lors de la consécration dorénavant visible des fidèles durant les offices, le prêtre est tourné vers le public des fidèles. Autre raison une certaine perte du  sens du sacré dans le clergé même, on trouve des prêtres qui ne croient plus toujours en la présence du Christ dans l’Hostie consacrée, mais ne négligeons pas une explication psychologisante de la foi, ou encore une certaine crainte des manifestations populaires collectives de foi.
A tout cela, comme conséquence ou comme source,  la baisse de fréquentation des offices, à quoi bon faire une procession avec un nombre de fidèles réduit et des badauds indifférents voir hostiles. Enfin la circulation des véhicules dans les villages qui ne peuvent qu’interrompre les files de processions et perturber les chants.
Seul Geispolsheim semble avoir sauvé la tradition avec le soutien du clergé, de la muncipalité, d’associations, et de fidèles croyants et mobilisés. 

L’exemple actuel de Geispolsheim.

Les cloches sonnent à la volée, fin de l’office religieux, la chaussée est dégagée,
 la procession débute par
* un groupe de fillettes en blanc avec des couronnes de fleurs, suivie par
* l’harmonie du village
les 6 fillettes en costume traditionnel avec sur les épaules la sculpture de la patronne du village, la statue est dorée. Les fillettes portent sur le costume d’alsacienne, le tablier blanc brodé, grande tenue, réservé aux offices religieux. Au début du siècle les fillettes auraient été vêtues en tenue de bergère de Marie antoinette avec houlette, châle et faisaient tinter leurs grelots (selon certaines sources)

* pompiers en uniforme

* tréteaux de bois portés et pliés par un jeune garçon, il servira à déposer les statues devant les autels ostensoirs.

* plusieurs jeunes gens qui portent saint Sébastien

* fillettes en costume

* bannière blanche représentant un saint du village

* 6 fillettes en costume avec la vierge Marie écrasant de son pied un serpent dans le dos de la statue de la vierge un magnifique soleil éclatant.

* la  chorale au grand complet

* les enfants de chœur avec des paniers chargés de pétales de fleurs

* le corps ecclésiastique avec le Saint-Sacrement sous un dais étoilé, porté par 4 hommes, les hommes du Conseil de Fabrique, en gants blancs en signe de respect vis-à-vis du sacré. Sous le dais les motifs du ciel “d’r himmel”.

* Le Saint-Sacrement est encensé par les enfants de chœur qui marchent à reculons comme les anges encensant Dieu dans le Ciel.

Au passage du cortège les pèlerins, ou simples touristes, se prosternent , se signent. c’est le passage de DIEU dans la cité. Chaque maison est parée de drapeaux aux couleurs de la paroisse, du Vatican, ou tricolores., mais aussi de fleurs, d’une statue ou d’images religieuses.

Au terme de cette étude, on s’aperçoit d’une volonté du clergé et du peuple de montrer Dieu au village, associé à la volonté de montrer à Dieu son attachement à sa présence et à sa protection. Dieu présent au milieu des hommes dans leur quotidien. S’y associe la volonté en ce mois de juin de tout faire pour que cette fête soit belle, colorée, lumineuse, tous les corps du village se mobilisent dans ce but. Gageons que cette marque de respect, de ferveur, et n’oublions en aucun cas les prières qui se mêlent à cette foule, ne peut rejouir Dieu et un océan de grâces retomber sur les villages où Dieu est célébré avec autant de fastes. 
 
Bibliographie, non citée en notes  :

* Feiern Feste, Jarhres-Zeiten, bei Herder, Manfred Huberti Freibourg in Breisgau, 1998 p 339-342
* fêtes et croyances populaires en France, Yvonne de Sike, Bordas
* la paille et le feu  traditions vivantes d’Alsace, Michèle Bardout, berger Levrault, espace des hommes, 1980 sur Geispolsheim
* L’Alsace et ses fêtes, collectif, Difal, Erce, Jérôme Do Bentzinger, page 50 avec des photos anciennes de Geispolsheim.
* Le folklore français (cité en notes)


Nos Illustrations :

* l’Alsace et ses fêtes ;
* la paille et le feu M. Bardout
* illustrations au crayon,  d’Image édition marguerite herrlisheim

notes :
 1. autres termes utilisés ou cités dans les ouvrages, Blutstag, Gotstag, Hotscleichnamtag, Hergotstag, Immolabit edum, Lichna mestag, Sacramentum sanguinis christi, Triumphus corporis christi, Varlechnam, Lieweherrgottstag.

2. Les fêtes de Dieu  Guy Deleury, les mythes, l’histoire, la foi.  Edition du Félin, 1994. page 209

3. Stella Maris, juin 2001  sur le Saint Sacrement

4.   ce même auteur, très critique et prompt à suivre la critique de la Foi ou les signes du Divin, souligne que la création de la fête du Sacré-Coeur de notre Seigneur Jésus-Christ, à la demande de la pieuse soeur du couvent de Paray-le-Monial, Soeur Maguerite-Marie Alacoque (toujours très présente dans le Renouveau Charismatique, eut le même cheminement, vision de la sainte, confesseur jésuite, et institution de la fête par le pape Pie IX en l’an 1856. L’auteur n’y voit qu’un combat contre les Lumières ou le modernisme. (page 210) `

5.   un peu à la manière actuelle des orthodoxes où le coeur est protégé des yeux des fidèles.

6. citons l’adoration pérpétuelle du Mont-Ste-Odile 365 jours par an et 24 h/ 24 h ou encore l’adoration du couvent St Marc à Gueberschwihr parmi d’autres...

7.  Arnold Van Gennep, le folklore français, cycles de mai, de la saint-Jean, de l’été et de l’automne,  tome 2. Collections Bouquins, Robert Laffont1949,51,53, réédition  1999 Robert Laffont.

8.   n°84, fin mai/juin 99, “tout sur les rogations alsaciennes”, traditions ancestrales dans les champs alsaciens. pages 16 à 19

9.   almanach de la mémoire et des coutumes, Corse, chez  Michel éditeur 1986 page consacrée au  21/06

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

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