L'abbaye de Baumgarten : des soeurs au coeur d'un verger...

Publié le 27 Mai 2012

 

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Localisation

Située à l’écart des villages de Reichsfeld et Bernardvillé,  au milieu des vignes et des pommiers. Un peu à l’écart comme le veut la tradition monastique, mais tout près des hommes pour qu’ils puissent les rejoindre et y prier.  Ce monastère est donc sur le ban du village de Bernardvillé, c’est un ancien et un nouveau lieu. En ce sens qu’il fut jadis occupé par les moines, fondé vers 1125 par Cunon de Michelbach, évêque de Strasbourg, chassé de la ville par l’empereur, et rattaché vers 1153 à l’ordre de Cîteaux (les cisterciens) et à l’abbaye de Beaupré.

Nouveau car si elle a été abandonnée en 1525 au moment de la bien connue guerre des paysans  et du Bundshuh(qui sera mâtée par le duc de Lorraine, au prix de nombreux morts), elle a causé des ravages conséquents dans le patrimoine, notamment les bâtiments de cette abbaye.

«Dieu vient à mon aide, Seigneur viens-vite à mon secours» (les premiers mots de la prière des Heures, prière monastique)

Après 484 ans d’absence les moines, ou plus précisément les moniales reviennent dans les lieux jadis bâtis par Cunon de Michelbach. Elle était la deuxième plus vieille abbaye après Lucelle.

Un beau chemin de croix était encore  visible  il y a quelques décennies aux abords de l’abbaye, plusieurs vols commis ont fait entreposer les pièces restantes dans le monastère des bénédictines de Rosheim.

L’abbaye n’a pas été épargnée par l’histoire, ruinée à plusieurs reprises par les guerres du Moyen-âge. Mais les deux dates les plus sévères pour ce lieu seront 1493 : les paysans d’Epfig et de Dambach la ville s’en prennent au lieu. Elle compte alors 12 frères et quelques convers.
1525 : des paysans s’attaquent à nouveau au lieu avec des banderoles «Das Wort Gottes wird ewig dauern». Le monastère fut dévasté, les chroniques évoquent aussi le saccage d’Itterswiller.  Les pierres de l’abbaye vont servir à renforcer la ville de Benfeld, les revenus de l’abbaye rejoignent les caisses de l’épiscopat de Strasbourg jusqu’à la Révolution. 

A la Révolution, c’est une partie de la cave qui fait l’admiration de tous, une maison est construite au-dessus de cette cave.  Un certain Jean Burrus de Nothalten rachète la chapelle vendue comme bien national en 1790.

La chapelle attenante au couvent réduite en ruines lors de cette guerre des paysans était consacrée à 14 saints auxiliaires (Catherine, Blaise, Gilles...) invoqués contre la peste.  Reconstruite au XVIIIème siècle, elle fut ouverte au culte en 1925. Elle reste un lieu de pèlerinage le lundi de pentecôte et à la Saint-Bernard le 20 août.

 

 

 

 

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nouvelles-images-1480.JPG (l'intérieur de l'abbaye d'Ergersheim, que les soeurs ont quitté)

 

Retour des soeurs :
Il date de décembre  2009, la lanterne s’est fait l’écho de leur départ de Egersheim, où les bâtiments devenus trop grands et trop anciens ne convenaient plus à la communauté des soeurs cisterciennes de Notre-Dame d’Altbronn. La quinzaine de soeurs accepte le conseil de reprendre le bâtiment de Bernardvillé sur les conseils de la Providence. Que des moines reviennent en ce lieu semblait inespéré. Le bâtiment hôtelier était inoccupé depuis une quinzaine d’années,  son caveau donnait toute sa majesté à la table des hôtes.

Ora et labora (prière et travail) règle de Saint Benoît,  »Ils seront vraiment moines, s’ils vivent du travail de leurs mains » (Règle de saint Benoît, Chapitre 48)
Les soeurs gagnent leur vie en confectionnant des aubes, chasubles,  vêtements et décoration religieuse.  Mais aussi d’une certaine autarcie, elles cultivent leur jardin potager, cuisinent pour elles et pour les hôtes. Quelle que soit la tâche qui lui est confiée, chaque soeur participe à la tâche commune et fait ainsi sienne la grande loi humaine du travail. Lors de l’inauguration le père abbé cistercien d’Oelenberg (Près de Mulhouse) et l’évêque sont venus fêter leur nouvelle installation, le 3 décembre 2009.
Elles conservent leur vocation moniale, d’accueillir le pèlerin, car elle se retrouve sur le chemin de saint Jacques de Compostelle, et en proposant au pèlerin de venir à l’hôtellerie se reposer ou se ressourcer, conformément à  la règle de Saint-Benoît : accueillir le pèlerin comme le Christ lui-même. 
nouvelles-images-1481.jpg (l'intérieur de l'abbaye d'Ergersheim, qu'elles ont quitté, une partie de la décoration et du mobilier a été transferné à Bernardvillé)nouvelles-images-1483.JPG


les hôtes soient accueillis comme Le Christ lui-même
Au milieu des vignes, des pommes, le lieu n’a pas tant changé, Baumgarten, signifie bien : verger. Les soeurs sont plus au calme qu’au bord de la grande route entre Ergersheim et Molsheim, où le trafic ne permettait plus le recueillement.  On retrouve dans les textes des toponymies différentes Bongart 1133, Baumgartencis, 1182, mais aussi Paumbgarthen, Bungert... mais les pommes restent, un jardin d’Eden, un Jardin des délices tout spirituel que temporel.

 

Les soeurs vous accueilleront volontiers, dans l’une de leurs 12 chambres, dont 7 individuelles, 5 à deux lits) on peut visiter la chapelle et les parties publiques. (site internet :http://abbaye-baumgarten.fr)
n° de téléphone : 03 88 57 86 55). Une participation aux offices liturgiques est conseillée. Des produits monastiques sont également proposés et vendus sur place.

 

nouvelles-images-1482.jpg  une journée concentrée sur la prière et le travail. Chaque dimanche, la messe est célébrée à 10 h 30.


Quelques dates :


chapellebaumgarten.jpg 1125 : fondation avec le consentement et l’aide d’Adalbert, archevêque de Mayence.  Le lieu se nomme alors Bongart ou en latin Baumgarten Pomatium «verger».
Cunon de Michelbach est en disgrâce, ancien évêque, revient sur les terres où il a exercé durant 22 ans de 1103 à 1125. Expulsé par l’empereur. Un historien de Stotzheim, le curé de Gloekler, parle d’expiation des scandales, financier ou connivence avec Hugo de Dabo qui s’était révolté contre son Seigneur, on ne sait vraiment plusieurs hypothèses sont évoquées. 
1133 : après 8 ans de travaux, le nouvel évêque Gebhart (1131-1142) apporte la consécration au lieu, en l’honneur de la Vierge Marie et de tous les saints.
Elle obtient des privilèges, une charte est adoptée sous le règne de l’empereur Lothaire.
1148, 10 mai, des cisterciens français de l’abbaye de Beaupré en Lorraine rejoignent l’abbaye.
1153 : le cloître et l’enclos sont consacrés à la Sainte Croix, de la Vierge Marie et de plusieurs saints.
1172 : nombreuses possessions nouvelles faites par Mathieu 1er de Lorraine, dit le Débonnaire, duc de Lorraine qui offre des  forêts à Rombach-le-Franc,
demande d’intercession auprès du pape Luce III et
1195 : bulle de confirmation papale de Célestin.
1222 : nouvelles possessions par Mathieu II de Lorraine.
XIIème siècle : les moines cultivent le Muenchberg (qui porte le nom de montagnes des moines) de la vigne.
1214 : l’abbaye achète le château de Falkenberg, puis le revendra en 1330. L’abbesse  d’Andlau ratifie la vente.
1312 : Henri VIII offre la collature du village de Burner près de Sélestat. Village qui disparait sous les attaques suédoises.  Elle reçoit aussi le Sollenberg de l’abbaye d’Andlau.

 

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A lire la liste des possessions, on comprendra la puissance de ce monastère, très séculière, matérielle. Elle va en croissant lorsqu’elle obtient la cure Saint-Guillaume de Saint-Blaise de Sainte-Marie-aux Mines. Qui donneront quelques démêlés, les habitants formuleront même une réclamation à leur seigneur en le priant d’intervenir dans ces divergences financières concernant les dîmes.
Au XVème siècle : nouvelle arrivée de moines de Lucelle, envoyés par l’abbé de Lucelle.
Mais la protection de la bulle papale, des évêques, du duc, de l’empereur, n’y feront rien, la révolte des paysans, tout d’abord en 1493 puis en 1525 l’a laisseront ruinée et les pierres s’en iront vers Benfeld en vue de fortifier la ville. 

Le rachat à la révolution de la chapelle par un certain Jean Burrus, du bien national (1790) permettra ensuite au bien de revenir à l’évêché et au culte.
Nul doute que la pauvreté et la vie de prière des 13 soeurs actuelles ne conduisent à de tels errements de possessions et de confrontations terrestres. 

Des projets pour demain .... Mais ne compte pas s’endormir dans de trop beaux locaux, l’association des amis de l’Abbaye de Baumgarten  a de nombreux projets (assemblée générale le 30 juin prochain à l’abbaye) notamment : reconstruire la pergola fermant la cour intérieure, projet d’extension du réfectoire, réfection de la balustrade, réalisation d’un logo, travaux d’isolation des fenêtre au 2ème étage des locaux

 

 

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L'Abbaye Notre-Dame d'Oelenberg est une abbaye cistercienne masculine, à 15 km de Mulhouse, sur le ban de la commune de Reningue.  Fondé en 1046 en tant que prieuré de chanoine régulier de Saint Augustin par la comtesse d’Eguisheim, au temps de Léon IX le pape alsacien, par Heilwige de Dabo. Ce Haut lieu de spiritualité en Alsace rayonne sur l’Alsace depuis le XIème siècle. Même s’il a connu le départ des moniales pour Cernay en 1273, devint collège de Jésuites, le retour des trappistes n’interviendra qu’en 1825. (+33 (0) 3.89.81.91.23).  Les terres et le moulin sont connus pour la délicate farine et les produits que l’abbaye propose dans son boutique monastique aux visiteurs.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

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