Fèves et galettes des rois

Publié le 2 Janvier 2009



Voilà c'est reparti, les vitrines des pâtissiers en sont pleines, elles vont augmenter nos kilos pris pendant les fêtes, il y en aura à la cantine, à la réunion d'entreprise, aux réunions associatives.... les galettes. Amis Fabophiles tenez-vous prêts !

Mais saviez-vous qu'elles étaient jadis OFFERTES par les boulangers-pâtissiers à leurs clients pour les remercier de leur fidélité, quand on voit les prix de ces morceaux de beurre enduits  dans les vitrines on doit se pincer !!
Vous lirez plus bas que c'est bien vrai.
Bon attention aux dentistes, ils font aussi leur beurre en réparant les dégâts des goûteurs trop gourmands, c'est moins graves que le service "mains" qui voit défilier des mutilés des pétards du 31 décembre après les ouvreurs d'huîtres maladroits et les malchanceux qui ont vu brûler leur voiture le 31 !

C'est dangereux les fêtes en résumé !!!


Fève : cachée à l’intérieur de la galette des rois. La fève est devenue un objet de collection. Elle est tirée tout au long du mois qui suit le 6 janvier, date traditionnel (jour férié dans de nombreux pays européens) de  l’épiphanie (révélation) aux mages. (faits « rois » par la tradition, voir ce mot) . Elle est à l’origine feuilletée à Paris et briochée ailleurs, découpée par l’ancêtre mais guidé par le benjamin, qui sous la table ou les yeux bandés, attribue les parts.  La coutume voulait aussi que l’on laisse une part au pauvre, la part de Dieu, le morceau était réservé aux ancêtres de passage ou encore donné aux pauvres. Le rite est païen, certaines sectes protestantes refusent que leurs adeptes s’y adonnent. (les Témoins de Jéhovah notamment, voir le livre de Dany Bouchard : "dans l'enfer des Témoins de Jéhovah" paru aux éditions du Rocher en mars 2001)


Les fèves,
bien étrange légume
Dont nos ancêtres  consommaient  sans modération

Depuis l’Antiquité, la fève est considérée comme “symbole des morts”.
Signe de leur existence,
offrande à leurs descendants,
retour du bon temps.

Mais il est aussi symbole de l’embryon,
 l’enfant à naître y est représenté, et à la fois l’âme d’un ancêtre, dans une conception de renaissance, les Égyptiens imaginaient la vallée de la mort, comme un” champ de fèves” en attendant la réincarnation,
phase de la vie,
symbole du cycle de la vie,
et donc selon les Pythagoriciens manger des fèves c’est manger ses ancêtres et se couper de ses éventuels descendants.
Car en mangeant vous couper le flux de la vie.

La fève a néanmoins connue d’autres destinées gastronomiques,
fruit des offrandes lors des cérémonies de mariage et des labours.

En Occident, le retour de la fève, christianisé, se fera à l’occasion de l’Epiphanie,
ou le roi élu mordra d’abord sur une fève, symbole de son élection d’un jour.
Sorte de petit Jésus, petit enfant, sauveur.


La coutume voulant que celui qui découvre la fève paye à boire, nombreux étaient les "chanceux" qui préféraient avaler la fève plutôt que de payer une tournée ou la fête entière. On a donc amélioré la fève, plus grande, moins digeste et inavalable... gare néanmoins aux dents fragiles.

Tradition ancienne.  En fait l’acte d’élire un roi est connu chez les Grecs et les Romains qui utilisent des fèves noires et blanches. Le roi est soumis à contribution financière, il finance les dépenses de la fête.   Ce drôle de légume avait une importance toute particulière chez les Romains (esprit des morts, les Lémures), il symbolisait l’ancêtre et les descendants. La vie contenue dans le légume, une vie qui peut germer a été compris par les Romains. La forme de ce légume est également très proche d’un bébé emmailloté. (Yvonne de Sike, fête et croyances populaires en Europe, chez Bordas, le signale).  La fève serait également la représentation de l’âme de l’ancêtre, don aux ancêtres.

Dans le Christianisme, le choix par le hasard, la main de Dieu.
Néanmoins on la retrouve dans les monastères pour élire leur nouveau supérieur, laissé au choix du hasard, c'est-à-dire à Dieu. Ils s'inspiraient ainsi d'une tradition venant des apôtres qui ont laissé le hasard décider pour le remplacement de Judas qui avait trahi le Christ et s'était suicidé.

En Alsace : Plus récemment on a remplacé le légume, la fève, par une pièce de porcelaine ou d’ivoire puis par le plastique. Cette coutume est attestée depuis le XIV  siècle, en 1625 à Strasbourg et 1713 des témoignages nous sont rapportés.
Si les galettes des rois sont devenues une pâtisserie assez coûteuse, il paraît assez « croustillant » de signaler que le galette était un cadeau (donc donné à titre gratuit) par les boulangers aux clients jusqu’en 1828. La corporation colmarienne y mit un terme, les boulangers jugeant qu’ils ne percevaient rien en échange et n’étaient même pas toujours payés. Cela engendra un fort courrier de protestation au journal jusqu’en 1829, date à laquelle la décision de ne plus offrir gracieusement ce produit fut reprise par la corporation de Strasbourg. Depuis ils font leur beurre avec !

On m'a raconté qu'en Lorraine, on placait plusieurs fèves dans la même galette, mais une seule d'une couleur déterminée désignait le gagnant.  La fève elle-même, à l'instar des moules de pâtisserie est devenue objet de collection et d'artisanat populaire très prisé.





(allez voir aussi mon article sur les rois mages, l'histoire des rois mages  le Kougelopf Kougelopf, kugelhupf...Kougelhopf (ce sont eux, selon la tradition qui offrirent le moule à un alsacien), l'étoile qui sont des thèmes proches....  L'Etoile de la crèche ? Comète ?  bonne lecture et bonne galette des rois....)

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article