La décoration du sapin de Noël domestique

Publié le 11 Décembre 2008

La décoration du sapin de Noël domestique


Les lecteurs avertis de la lanterne savent que le sapin n’a pas toujours été posé, il fut un temps accroché aux poutres du plafond et tombant (Sundgau) remplaçant  les branches de jadis, mais pourriez-vous dater l’apparition de ses décorations ? Prenons donc ce sapin et redonnons-lui goût en ses origines.


En 1605 : ce sont des fils d’or, des roses en papier, pommes et oublies ornent le sapin. Un chroniqueur étranger de passage à Strasbourg le signale.  Fleurs étoiles et angelots sont confectionnés en Zischgold (feuille de métal doré et laminé).

1642 : de petites poupées le garnissent, des “sucreries” selon le pasteur protestant de la cathédrale de Strasbourg, Daniel Dannhauer (1654), il signale qu’on le secoue.

1671  des arbres dressés avec des bougies, dans le château de Heidelberg, selon Liselotte de Pfalz. (p.155 Weihnachtsbraüche in Bayern)



1755, à Berlin, des pommes de terre recouvertes de papier doré, des pommes de pins, des bijoux, des noix, sucreries et premières boules de verre.
Les étoiles de paille -souvent fabriquées au domicile reliées par un fil rouge sont la décoration du Sundgau (sous influence de l’Autriche) mais aussi en Bavière.  Elles symbolisent la paille premier logis du Christ dans la Crèche. La paille est importante dans d'autres pays, notamment en Suède au moment de Jul on s'offrait un bouc en paille que l'on passait de maison en maison. Le bouc peu à peu est devenu un renne en paille, il a ainsi pu s'exporter vers le centre de l'Europe. De plus le bouc n'a jamais eu tellement bonne presse dans les légendes du centre de l'Europe, le bouc étant généralement assimilé au diable (pieds fourchus).

1785 : sapin recouvert de Bougies, nous signale la Baronne d’Oberkirch. Elle en note 12, comme les douze apôtres et les douze nuits sacrées de Noël à l’épiphanie.

(le verre ne fut utilisé qu'une année de disette pour remplacer les fruits, par des ouvriers verriers, mais les enfants attendirent en vain que l'on secoue l'arbre afin d'en récolter les friandises. Les fruits étaient emballés dans du papier argenté ou doré, on y trouvait aussi suspendu les fameuses pommes "Christkindel"ou "pommes enfant Jésus" pommes d'un rouge éclatant une fois frottées avec un morceau de tissu, elles étaient très rouges avec une chair très blanche, comme les pommes d'amour actuelles. L'espèce, un temps en voie de disparition, réapparait peu à peu dans les vergers grâce aux sauvegardes effectuées).

1802 : on trouve des fruits suspendus...

1806 : de petits gâteaux de noël semblables à nos “bredele” sont accrochés sur des sapins à Karlsruhe.Ainsi qu’en Alsace, les bredele remplacent les oublies, ou des confiseries en mousse de sucre, en massepain ou en fondant, on y accroche des sujets en pain d’anis (springerlé, voir notre article), arrivent aussi les étoiles, bretzels, coeurs ou cavaliers.

1847  :  Ludwig Müller-Uri lance à Lauscha  (forêt de Lauscha, Thuringe, Allemagne).  
ses premières boules de noël, une année de pénurie, les souffleurs de verre avec des restes de verre soufflent pour leurs enfants des fruits en verre qu’ils ne peuvent s’offrir à l’état naturel. Le succès fut assez rapide, un grand succès constaté dès 1872.
 

les lamettes, fils d'argent ou d'or :




1843 : des cocardes et fruits sucrés ornent le sapin avec des jouets et autres ornements.  Au sol, le pied ou le socle du sapin est entouré d’une barrière, tel un jardinet. “Paradiesgärtlein” (Jardinet du paradis)

Notre photo : le pied de sapin est aussi important que le sapin lui-même, musical, rotatif, il permet de voir le sapin sous tous ses angles, ici le sapin recouvre ses racines avec son pied)






1857 : Une année de pénurie -disent les légendes- les fruits furent remplacés par des boules décoratives en verre soufflées apparaissent à Meisenthal-Goetzenbruck (1857-1964). Dès 1866 elles sont argentées (solution à base de chlorure d’argent).  Plus solides que celles de Lauscha et argentées.  



1880 : Dans la seconde moitié du XIXème siècle apparaissent les images dorées ou en relief. On a habillé les “bredele”, les pains d’épices furent ornés de sucre et d’images imprimées en chromo.
Les lamettes et les guirlandes font leur apparition moderne.  Apparaissent des figurines de cire (seconde moitié du XIXème siècle) des anges habillés de feuilles de métal doré et argenté.
1901 : les premières guirlandes électriques apparaissent aux Etats-Unis, la première de 26 lumières, coute 12 dollars, en 1918 elle ne coûtera plus que 6 $

1920 :  La fabrication de boules de noël passe à 80 000 pièces à Goetzenbruck. Elle atteindra 200 000 pièces en 1950. La production chute puis disparait dans sa version non artisanale en 1964.

1998 : redémarrage des boules de Meisenthal (le CIAV) selon le procédé de Goetzenbruck, seule l’attache est différente, elle est incluse dans le verre.
 
2007 : les premières “bougies” électriques sans aucun fil et commandées à distance par une station et une télécommande sont commercialisées.

(photo : marché de noël de Strasbourg, 2008)






Alors résumons à sa pointe, une étoile, un ange ?  ou ceci comme jadis (exposition temporaire, Mairie de Stuttgart, décembre 2008)




ou encore une pointe réalisée à partir d'une boule de noël :




ou remettons au goût du jour de telles images collées sur des "auras" :



Sans oublier les boules de noël, celles-ci sont soufflées à la bouche et dessinées à la main elles proviennent de Thuringe : (marché de noël de Stuttgart, décembre 2008)




Et maintenant à vos sapins... n'oubliez pas d'y déposer au sol une crèche... Le sapin part du sol de la crèche pour indiquer avec sa flèche le ciel.
Crèche : quand Dieu se cherche une demeure...
Crèches en bois sculpté...
Pour en savoir plus sur le sapin lui-même : L'origine du sapin de Noël 1521 Sélestat

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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