Couronnes de l'Avent : lumières vers Noël

Publié le 13 Novembre 2008








 Couronnes de l’Avent : 


(sur cette image, on voit le mélange d'arbustes et de sapin pour ces deux modèles de couronnes de l'avent, traditionnellement on privilégie le rouge)

Résumé : D’abord munies de 24 bougies, elles faisaient office de calendrier de l’avent, invention d’un prêtre de Hambourg Hinrich Wichern (ou J.H. Wiechern) (1808-1881) dans une maison pour enfants démunis d’Hambourg, en 1833 ou 1838  car Jésus est la vraie lumière qui brille dans la nuit.
Dès 1927 on édite des cartes avec les couronnes à multiples bougies.
Dès 1930 on passe à 4 bougies dans les maisons du Nord de l’Allemagne protestant, puis du Sud -catholique- dans l’ église catholique St Sylvestre de Munich dès 1937, puis en Autriche.


LUMIERES SUR LA ROUTE DE NOËL 
Couronne de sapin composée de 4 bougies allumées successivement chaque dimanche. Cette définition de base peut être contredite car il a existé des couronnes de 24 bougies qui se rapprochent ainsi du calendrier de l’avent.
Elle brille seule dans la nuit dans la stubbe, elle se reflète dans les yeux des enfants, trônant sur une couronne de sapin évoquant déjà dans la maison d’odeur de cet arbre qui bientôt trônera dans cette pièce et sera l’objet de l’attention de tous les regards. Elle a été allumée le dimanche dans une ambiance recueillie ou désinvolte, selon les foyers afin de perpétuer une tradition pas si ancienne qui a atteint les familles alsaciennes assez récemment. Un peu comme les arbres de Pâques ont fleuris progressivement chaque année depuis quelques années, partant d’Autriche, atteignant l’Allemagne, puis l’Alsace, et demain, sans doute, la France de l’intérieur (comme aiment à dire les Alsaciens, ou la “vieille France” comme disent encore les plus érudits).

 Ah ! ces couronnes, on les voit chez les fleuristes, on reconnaît le cercle de paille que l'on voit dans les magasins de bricolage,  destinés à servir de support à leur cadre. Et sa lointaine cousine américaine, la couronne d’accueil de bienvenue (dit un auteur) ou couronne de porte, qui n’est pas ornée de bougies trône déjà à l’entrée de la maison.
On ne confondra pas, tel l’auteur d’un article récent (le Figaro, décembre 2006)  ces dernières avec les couronnes de l’Avent.  Elles ne sont pas forcément rondes, elles peuvent être en forme de cœur (se rapprochant des décorations de paille). Composées de plumes (dites rococo), de roseaux ou décorés de produits traditionnels : noix, noisettes, marrons, pommes, pommes de pins, fleurs ou  fruits de saison.

Le premier dimanche de l’Avent, on allume la première des 4 bougies. Mais sait-on vraiment pourquoi et comment cette tradition est arrivée chez nous.

Les quatre bougies ont connu diverses interprétations, la plus biblique nous dit que les 4 bougies représentent les 4 milles années d’attente (souvenons-nous des paroles du cantique de Noël, Il est né le divin enfant “depuis plus de 4000 ans, nous le promettaient les prophètes”) :
la première représenté Adam, et plus précisément selon Théo, l’encyclopédie catholique, le pardon à Adam et Eve, ils mourront sur la terre, mais vivrons en Dieu.
La seconde les Patriarches, plus précisément, la foi des patriarches, leur croyance en la terre promise ;
la troisième les Prophètes ou encore la joie de David (ancêtre de Jésus, selon l’Evangile) elle célèbre l’Alliance et sa pérennité ;
la quatrième : la venue de Saint Jean Baptiste ; ou encore selon d’autres l’enseignement des prophètes et annonce un règne de paix et de justice. 
Déjà en 1934, ce qui comparé aux autres traditions alsaciennes ( Hans Trapp, Sapin de Noël, Christkindel, petits gâteaux, ou pains d’épices....) est bien récent, le pasteur EDOUARD HELMLINGER de SARREGUEMINES, qui s’émerveille dans une réunion de famille devant les bougies allumées. Il dit, rapporte Gérard Leser (Noël en Alsace, Wihnachte en Alsace, éditions du Rhin), Nous avons oublié qu’à côté du sapin de Noël, la couronne de l’Avent devrait conquérir droit de cité dans l’église”

En ce qui concerne son origine les ouvrages se contredisent allégrement, Gustave Koch pense qu’en Alsace ils ont été introduits par des mouvements de jeunesse, tandis que d’autres voient leur origine dans les Frères Moraves de Bohème qui y voyaient une préfiguration de la couronne d’épines du Christ. On peut aussi faire un rapprochement avec la couronne de Sainte Lucie suédoise ! (ou du Christkindel, qui porte une couronne de bougies enflammées sur la tête).

Selon l’auteur Alain de Benoist (Fêter Noël,bibliothèque des légendes et traditions, éditions Pardès) les 4 bougies, et dans une interprétation païenne, plus nordique,  la couronne symboliserait la victoire, sorte d’emblème solaire et représentation de la “roue” de l’année, le renouvellement des saisons” elles symboliseraient les quatre saisons.

Sophie Lounguine, (l’album des fêtes de noël et du nouvel an autour du monde, Horay, Paris 1995 page 35) confirme la thèse en en proposant une autre, les 4 bougies symboliseraient les quatre points cardinaux (l’universalité de noël ?) et ajoute que les quatre bougies allumées “symbolisent la lumière et la renaissance du soleil”. 
Les couronnes peuvent être suspendues au plafond, juste au dessus de la table,   ou posées sur la table de la Stubbe, avec un ruban rouge, et les grosses bougies rouges (la tradition exige cette couleur, malgré les fantaisies actuelles, le rouge et le vert étant les couleurs de Noël) Et comme tout objet sacré à la fin de la période on la brûle et on ne le jette pas. (Avec l’envolée des prix des combustibles, cela risque d’arriver de moins en moins !)
 
Fut-elle remise au goût du jour, par un luthérien en Prusse-Orientale, c’est ce que pensent de nombreux auteurs, et ce pasteur serait Johann Heinrich Wichtern (Wichern selon d’autres) fondateur de la mission intérieure d’Allemagne dans le Rauhe Haus (maison pour enfants démunis d’Hambourg,(1808-1881) qui la confectionne pour la première fois en 1838, à l’occasion d’une fête de l’Avent où les enfants étaient disposés autour de l’orgue, les bougies étant disposées en cercle et allumées l’une après l’autre lors de la lecture biblique prévue pour le début de la nouvelle année liturgique (premier dimanche de l’Avent) Et chaque soir se déroulait une méditation de l’Avent, dans la salle se trouvait un grand candélabre circulaire sur lequel étaient disposées 28 bougies  sous la forme des 4 bougies, mais les Allemands devaient en confectionner certaines depuis longtemps (les luthériens d’Allemagne Orientale) disposant de 24 bougies, sortes de calendriers d’Avent lumineux. Dans certains villages d’Autriche, selon Alain de Benoist, on trouverait encore des couronnes de l’Avent constituées de ce nombre imposant de bougies. Dès 1850, elles sont plus grandes et symbolisent les semaines. L’église catholique St Sylvestre de Munich l’utilise pour la première fois en 1937/1938 puis on en voit en Autriche. Sur des cartes postales datant de 1927 elles sont représentées. (selon Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17, 1999, par Paul et Richilde Werner).

La tradition a pris corps chez les protestants qui avaient à coeur d’en faire jaillir le texte biblique. Et il semble que la tradition se soit multipliée au cours de la première guerre mondiale en Alsace, d’abord dans les régions et les paroisses protestantes urbaines et dans les milieux supérieurs, puis après la deuxième guerre mondiale dans toute la population si l’on en croit l’étude de Hermann Bausinger en 1970. 

On ne peut pas occulter que la tradition d’entrer des branchages dans la maisonnée est ancienne, voir Christbaum
/ le sapin de Noël, il apparaît évident que nos ancêtres germains au moment de l’hiver et du solstices décoraient la maison de branchages (voir l’article consacré au Christboim).
Les gravures des saint Nicolas et des images plus récentes de pères noëls nous montrent souvent des branchages. On songe aux fessées, mais aussi aux rites de fertilisation, et au retour du printemps.

De nombreuses traditions font intervenir les bougies au moment de Noël, les Polonais allument des lumières aux fenêtres durant le temps de l’Avent. On se souvient qu’au moment de l’état de siège en Pologne, le Pape (Jean Paul II qui venait de monter sur le trône de Pierre)  avait invité le monde entier à allumer des bougies derrière les fenêtres en signe de solidarité. Il avait témoigné ainsi de son soutien, et il fut relayé dans son appel par le président des Etats-Unis.  On peut aussi évoquer la "fête des lumières" Hanouka pour ce jaillisement de lumières et de bougies.

En Allemagne, dans la région des Erzgebirge, on place de grosses bougies afin d’êtres vues de l’extérieur, qui brûlent durant les longues soirées de l’Avent. On sait ainsi combien d’enfants il y a dans les maisonnées, car chacun allume la sienne.

Certains chandeliers allemands étaient sculptés dans le bois, dans la région de Seiffen, et les figurines sont célèbres dans la région depuis le XVI e siècle.

Les chandeliers Suédois de Jul, (nommées aussi pyramides de noel, sont en fait typiquement suédoises) reprennent cette forme pyramidale de 7 lumières électriques blanches que l’on place derrière les carreaux. Electrifiés ils se sont répandus très rapidement en Europe depuis le début des années 1990.
(Afin de s’approprier le sapin de noël, des auteurs refusent ou oublient de mentionner les textes nombreux, certains musées dénient même l’antériorité du sapin à la ville de Sélestat, alors que les archives détiennent la preuve datant d’au moins 1521. On a même une trace de 1431 dans la ville d’Andolsheim qui témoigne déjà des décorations de sapin en Alsace.)

Soulignons aussi que Sébastien Brant dans la « nef des fous » évoque les feuillages verts ou l’arbre en disant que
 « celui qui n’offre rien de nouveau, ne chante pas la nouvelle année et ne met pas de rameau de sapin vert dans sa maison croit qu’il ne survivra pas à la nouvelle année ». ) L'histoire du sapin de noël alsacien "Christboim" "Weihnachtsbaum"
O
Toi
Ma
Préférée
Des fêtes,
Temps béni de Noël
Nous apporteras-tu à nouveau
Merveilleux et étincelants sapins verts
Chants et lueurs ? Car sans toi
Cher Enfant-Jésus,
Nous serions, petits et grands, à jamais
Perdus !
Tout
Monte
Vers toi :
« Nais donc aussi en moi,
Enfant Jésus ! «






Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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