Calendriers de l'Avent : apprendre la patience...

Publié le 8 Novembre 2008





Calendrier de l’Avent :
deux calendriers de l'avent, le premier très artisanal avec ses petits sachets à remplir d'une friandise,
 les fenêtres peuvent également ne contenir qu'une illustration destinée à faire patienter...



Dans cet article quelques impressions et quelques informations, le numéro de noël de la petite lanterne traitera plus abondamment et plus complètement du thème des calendriers de l'avent, leurs sens, leurs buts ainsi que les nouvelles inetrprétations des calendriers.... Ne manquez pas le numéro 143 à paraître....



 Que de chemin parcouru entre les 24 traits tracés  à la craie dans l’armoire à jouets des enfants du XIX ème siècle, selon un auteur, et la boîte aux 24 fenêtres qui s’ouvre sur une friandise quotidienne, plus ou moins luxueuse selon les pâtissiers. On est loin aussi de l’idée originale en voyant des calendriers qui contiennent 24 bières différentes, une par jour, ou plus récemment une boîte avec 24 sortes d’infusion et de tisanes à déguster pour le temps de l’avent. Chaque sachet étant daté du jour du mois de l’avent.
On s’éloigne de l’invention généralement attribuée à un fils de pasteur allemand (de Maultbronn en Souabe) dont la mère avait confectionné un calendrier avec des gâteaux collés sur un carton afin de faire patienter sa progéniture. Devenu adulte, il en modernisa le concept et l’appliqua à l’imprimerie ceci en 1908 dans sa version connue actuellement par le munichois Gerhard Lang (imprimeur R.L.M.) intitulée « Im Land des Christkindes » (dans le pays de l’enfant Jésus).  Mais une version sous forme d’horloge (avec chacun des jours symbolisant une heure de la montre) est attestée dès 1902 et provient de la ville de Hambourg (et non Munich) d’un éditeur évangélique Fr. Trümpler) soit donc 6 ans avant Lang.

Le premier à avoir eut l’idée de découper le temps de l’avent revient en fait à un peintre de Brugges, Petrus Christus (Pierre Christ) qui découpa les 24 jours de l’avent dans sa peinture au 15ème siècle, révèle Manfred Becker Huberti dans son dictionnaire des traditions (p.10).
Vinrent ensuite les idées des sachets de feutrine accrochés à  un tableau.
Le premier calendrier à feuillets et fenêtres remonterait à 1850, selon Paul Wernert (Weihnachtsbraüche in Bayern, Plenk Verlag, page 17). Tandis qu’un auteur y voit une source scandinave, sans source, ni justification.
En 1908, on en voit sans les fenêtres, mais avec des feuilles à décoller.
En 1920, 19 fenêtres du 6 décembre au 24 décembre.
En 1925, ce seront des livrets à lire et à parcourir chaque jour.
En 1933, il sera articulé à l’aide d’attaches parisiennes,  en 1935 la marque de café de Bremmen, Eduscho popularise l’idée en publiant un calendrier de l’avent circulaire.
La Seconde guerre mondiale arrête la créativité du fait des restrictions de papier, mais  le symbole sera récupéré par la propagande Nationale Socialiste en Allemagne et ses idéaux païens, Wotan, des signes runiques et la grande nuit de l’étoile claire pour achèvement.


La victoire venue, les calendriers adoptent également des formules profanes, gustatives sont légions et deviennent un moyen de faire patienter petits et grands avant la grande fête de l’année, apparaissent des calendriers pour diabétiques pour commémorer certains évènements (31 cases pour le passage  à l’an 2000) ou célébrer l’année Mozart (2006). Un grand magasin spécialisé dans la culture a soulevé la polémique en décembre 2006 en commercialisant un calendrier de l’avent, avec 24 préservatifs, pas du meilleur goût, il l’a d’ailleurs retiré.




Le calendrier de l’avent ne se cantonne pas à la dimension de boîte en carton plus ou moins garnie, la ville de Gengenbach (Près d’Offenbourg, Bade-Wurtenberg) illumine chaque soir à 18 h 00, le plus grand des calendriers du Monde,  une des fenêtres de l’hôtel de ville construit par Victor Kretz. S’affiche alors une œuvre de Marc Chagall, de Paris, du cirque ou de la littérature selon le thème annuel. En décembre 2006, c’est l’Alsacien Tomi Ungerer qui est à l’honneur dans ce calendrier. (Du 30 novembre au 7 janvier 2007). Illustrant les fenêtres de cette demeure par 24 extraits de son livre « Liederbuch, Das GroBe Liederbuch » Ce livre est disponible auprès de Diogenes Verlag. Il a été vu par 60 000 visiteurs en 2005, soit bien plus que son tirage.



Le calendrier outre d’apprendre la patience et de montrer au final, le chemin parcouru, doit selon le Psaume 90,12 « enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ».
 

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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