Saint Antoine, Saint Blaise, Saint Roch ...

Publié le 20 Juin 2008

Avant d’étudier la Saint Jean (notre autre article mis en ligne ce jour)
 quelques autres grands saints du mois du juin en Alsace et ailleurs :
Le culte de Saint Antoine1  (heiliger der “SCHLICKEFÄNGER” le nomme les anciens habitants de Düsseldorf)  ouvre le cycle de l’été, il est connu vers 1298 à Ittenheim, ou encore dès 1309 à Strasbourg. Saint Antoine est célébré jusque vers 1935 près de Weiler, à Meissengott. On estimait que le saint patron gardait les cochons de tout mal, aussi lui apportait-on le jour de sa fête des jambons vendus aux enchères  le lendemain de sa fête. Le produit de la vente est versé dans la caisse du conseil de Fabrique de l’église. (A. Van Gennep le folklore français, voir notes page 1984). Ce que l’on nomme les cochons de Saint Antoine.
Les pèlerins commençaient par faire toucher à la statue du saint des morceaux de pain qu’ils donnent ensuite à manger aux porcs pour les garantir de certaines maladies et notamment du rouget.

A Issenheim la coutume est encore attestée actuellement où l’on confectionne ces pains spéciaux de St Antoine. On trouve toujours dans de nombreuses églises des troncs de St-Antoine destinés au pain des pauvres ce qui atteste de son rôle de bienfaiteur dans l’image collective. A Lutten on fait bénir le 17 janvier pain et sel tous les deux donnés aux animaux. A Appenweier vers 1870 on lui offrait jambon, pigeons, canard, oies et poules.
Ce qui permet de penser que Saint Antoine a, sans doute, hérité d’un culte à une divinité qui protégeant l’élevage porcin. On sait que le cochon bénéfice d’un élevage important dès le moyen-âge.
Autre vertu du personnage,  celle de guérir de la peste bubonique, des maladies de peau ou de la gale.
Les Antonins avaient dans les pays catholiques le droit de vaine pâture et divagation aux porcs dans leur couvent, c’est pourquoi on représente souvent le saint avec un cochon, on munissait ces animaux de cloches : les cochons de saint Antoine.



---------------------Un peu plus sur saint Antoine---------------------------------------
 1. Antoine qui tient son surnom de la ville de Padoue où l’on garde ses reliques. Fêté le 13 juin, naquit en 1195, à Lisbonne au Portugal. Il entre à quinze ans dans l’institut des chanoines réguliers, il terminait ses études à Coïmbre. Il prend l’habit de Saint-François, reçoit en religion le nom d’Antoine, son nom de baptême le nom de Ferdinand.Une maladie grave le force à revenir sur terre lors d’une tempête, arrive en Sicile, vient à Assise, puis se retire au mont Paul, en Emilie, où il se livre à la contemplation, aux jeûnes et aux veilles.Il prédit, il enseigne dans divers couvents la théologie.
Le pape Grégoire IX l’ayant entendu prêcher à Rome, en fut dans ‘admiration, et l’appela l’Arche du Testament.  Il prêche l’Italie et la France. Il combat les hérétiques Albigeois, ce qui lui valut le second surnom de Marteau des hérétiques. Il a accomplit de nombreux miracles. Meurt à Padoue le 13 juin 1231 et canonisé par Grégoire IX en 1232.(source  La vie des saints  Paul Guérin, Jean de Bonnot)
Une légende lui vaut d’être souvent représenté accompagné d’un animal notamment un âne, car ce dernier s’était agenouillé pendant l’eucharistie ce qui permis à Saint Antoine de convertir -de la présence réelle du Christ dans le pain eucharistique- un interlocuteur sceptique.
( Vie des saints, Théo p 51) Parmi d’autres miracles.
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Autre saint non négligé en Alsace, St Blaise (page 1991) évêque de Sébaste. (Sivas) en Cappadoce. On lui attribue la guérison des maux de gorge la protection des animaux de la ferme ce qui explique son grand succès encore actuel. On connait la célébration qui constitue “une chandelle en croix placée sur la gorge”, tradition généralement constatée en France. Pour l’Alsace citons la basilique mariale de Thierenbach le 3 février le rite. Pourtant c’est  un saint du mois de juin.
On attribuait également à Saint Blaise les dons de marieur, de faire cesser les incendies, les loups, les guerres, les procès usuriers ou la rage.
A Saint Blaise de Niedermagstatt (canton de Landser) avait été fondé avant le XVIIe siècle et jusqu’au milieu du siècle dernier un important pèlerinage et le prêtre du haut de sa muraille bénissait le bétail. Mais on trouve aussi la bénédiction des chevaux à Bettendorf, Hengenheim, Flachslauen, dans ce dernier village  s’ajoutait celle d’un morceau de pain t qu’on donnait à consommer aux chevaux. (p.1992/1993 Van Gennep le folklore français).

Saint Eloi, vigile de la saint Jean2 , a bénéficié de la proximité des dates avec Saint Jean. Même si sa fête dans le calendrier moderne est placée le 1er décembre. Conseiller de Dagobert, fils de Clotaire II, qui va lui faciliter la fondation de monastères.  Pour sa fête on  pratique aussi des bûchers, sa journée est l’occasion  de très grandes fêtes dans certaines régions. Le 25 juin on assiste ainsi  à des ambulations des sanctuaires, des bénédictions et des offrandes. Et comme les grands saints il a un pendant hivernal le premier décembre. Reconnu comme le saint patron des cultivateurs dans le Nord et en Provence, mais aussi des bêtes de trait, de somme et des équidés.
La légende du pied coupé semble constituer un lien entre cheval et Saint Eloi.
En Alsace, saint Eloi semble n’être que le patron des chevaux. Les courses hippiques ayant souvent lieu aux alentours de sa fête. Mais saint Eloi dans la vigile de Saint Jean doit laisser toute sa place à ce dernier.  On ne nomme ici St Alo. On sait que les propriétaires de chevaux venaient faire une offrande au saint pour obtenir la guérison de leurs bêtes.   Une chapelle dédiée au saint était recensée à Colmar (jusqu’en 1558) à Ammerschwihr et  à Bretten.

Un mot sur saint Roch il est invoqué pour la protection des moutons. Saint Roch très célèbre dans le Sud protège contre la peste3  et le choléra, mais bénéficie que de peu d’attention en Alsace, peut-être du fait de la faible présence de troupeaux de moutons dans notre région. Durant sa vie de saint (selon théo) il est atteint par la peste, en guérit, jeté en prison (car accusé d’espionnage) par le gouverneur à Montpellier, son oncle ; il y mourra. Son culte se développe à partir du XVème siècle, suscitant des “confréries de Saint Roch” et des oeuvres théâtrales.Il meurt en 1327.
2.   né en 588 à Chatelac. Connu pour sa générosité et sa charité à l’égard des pauvres.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

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