1870-1918 affinités électives : exposition à Strasbourg

Publié le 20 Juillet 2011

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L’exposition «affinités électives ? 1911, l’Alsace-Lorraine et l’Empire allemand.

L’ Exposition au titre mystérieux pas assez «vendeur» des archives départementales s’est tenue dans le somptueux cadre du palais impérial 73 mètres de façade et son dôme impressionnant, pardon du palais du Rhin, à Strasbourg du 16 mai au 30 juin, en face de l’ancien parlement alsacien (qui historiquement aurait été plus adapté). Mais nous étions au siège de l’exécutif impérial de cette époque. Car chaque Etat de l’Empire se devait, selon le décret impérial du 7 avril 1880, d’avoir un place digne de son rang de terre impériale, la place impériale devait être le centre de la «Neustadt» nouvelle ville. La place impériale, donc actuelle place de la République est le centre politique de la ville à cette époque.

 

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Les nombreux visiteurs (?) ont ainsi eu l’occasion de voir en quelques panneaux, défiler toute l’histoire de l’Alsace sa dotation d’une constitution avec une reconnaissance de son particularisme en tant que «terre d’empire d’Alsace-Lorraine» gérée par un Landtag désigné au suffrage universel. Une manière d’illustrer notre numéro 155  qui évoquait cet heureux anniversaire.  Car depuis 1870 l’Alsace-Lorraine sont devenues allemande et le 9 juin elles sont «réunies» à l’Empire allemand par la «loi d’Union» et sont proclamées «Terre d’Empire» (Reichsland) (brochure). L’Empire compte en 1910, 65 millions d’habitants, l’Alsace est le 6ème land le plus peuplé avec 1,8 million d’habitants, l’Alsace n’a pas le statut au moment de son annexion de land mais de «Terre d’empire». Ce qui vaut les moqueries de caricaturiste, notamment H. Zislin de Mulhouse : «ne sommes nous pas assez grandes pour jouer avec eux ?» interroge-t-il.

L’exposition signale les avancées pour le respect des minorités, le traitement des questions religieuses, la décentralisation, la subsidiarité, les questions sociales (assurances sociales : en 1883 maladie, accidents du travail, en 1885, les associations en 1908....) et aussi la trop courte (mais riche) expérience qu’elle a donné à l’Alsace rattrapée par l’histoire et les conflits mondiaux. Oubliée par Wilson qui ne veut plus de l’Alsace qui a perturbé la paix pendant près de 50 ans. (discours du 8 janvier 1918, en 14 points, les Allemands réclament un plébiscite pour l’Alsace, cela ne sera pas accordé, l’accueil enthousiaste réservé à Poincaré a suffit, aussitôt  il déclare le «plébiscite est fait !» Le traité de Versailles entérinera le retour aux frontières du 17 juillet 1870.
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Mais aussi le foisonnement économique (construction de nombreux édifices religieux, politiques, d’enseignement ; développement de l’électricité «la reine de la nuit»  53 entreprises du Haut-Rhin et les usines textiles de la vallée de Bruche y ont recours en 1913, du pétrole trouvé autour de Pechelbronn, de la potasse, de l’industrie sous diverses formes, chocolaterie Schaal est fondée en 1871, la première sucrerie à Erstein en 1898, De Dietrich à Obernai (cuves pour laiteries, appareils de chauffage et socs de charrue) les premières conserveries, la chaussure... tandis que les marchés français sont perdus ), foisonnement culturel (avec l’essor du théâtre, de la littérature dialectale, les oeuvres d’Erckmann-Chatrian ou de Gustave Stoskopf dont on a pu voir la pièce «D’r Herr Maire» transposée au cinéma lors de l’exposition, premier film en alsacien.

 

 

 

 

 

 

L’exposition se replaçant dans le contexte historique nous montre les grands moments de l’histoire locale :
la publication de la constitution pour l’Alsace
la venue du couple impérial en Alsace
l’inauguration de la statue de cavalier équestre de Guillaume 1er (En 1888 c’est l’année des trois empereurs, le 15 juin 1888 moins d’un an après la succession Frédéric III meurt).
l’inauguration du Haut Koenisgbourg par Guillaume II, en mai 1908 pour célébrer sa restauration,  (cédé par la ville de Sélestat en 1899, l’empereur a souhaité sa reconstruction et sa rénovation telle qu’à la fin du XVème siècle)
 la première rentrée solennelle des députés du Landtag d’Alsace-Lorraine, le 6 décembre 1911

 

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Mais aussi les moments de tension : l’affaire de Saverne (à laquelle nous consacrerons un article dans un prochain numéro), puis
la rédaction du cahier de doléances du Conseil national (conversion au français après 1918 du Landtag), alors que l’assemblée locale avait adopté le drapeau, le Reichtag (parlement central) refuse le drapeau alsacien qui n’en restera pas moins un signe pour les autonomistes et en usage en Alsace
Ce qui rend cette exposition d’utilité culturelle alsacienne ce sont ces multiples visages
méconnus d’une histoire récente oubliée.

 

 

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

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