CHAPELLE SAINT JEAN BAPTISTE D'EICHHOFFEN

Publié le 8 Avril 2008

UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE

Eichhoffen se trouve sur une vieille route celtique qui va de Barr à Villé, au flanc de la colline qui se nomme le “Muenschberg”.
Ce “Bari” tire son nom de moines bénédictins qui les premiers ont déboisé la colline pour y planter  des vignes.
Eichhoffen est donc la porte extérieur du couvent d’Altorf.  (Altorf étant situé à la porte de Molsheim, à l’Ouest de Strasbourg).
Les Eguisheim-Dabo, rappelons que Léon IX était Brunon d’Eguisheim,
protégaient plusieurs cités Honau, baumgarten, Erstein, Pairis, Andlau, Hohenbourg (Sainte-Odile), Neuwiller, Woffenheim et Altorf.1
La famille est apparentée à celle du Duc d’Etichon, le père de Sainte Odile, dont l’existence historique est attestée dans des courriers adressés au roi Childeric II.2 
L’abbaye d’Altorf, selon la même source,  a été fondée par Eberhard III.3

On sait d’après les chroniques que des moines sont venus d’établir ici, on sait en outre que les moines
- possédaient une ferme s’occupant de viticulture
- une chapelle attenant à la grange où ‘lon entreposait la dîme (ensemble un seul bâtiment)
- un moulin.

Sur ses dons, l’abbé supérieur du couvent fit restauter en l’an 1569 la  chapelle. Et à cette occasion il fit apposer une plaque relatant en lettres gothiques l’événement de la consécration de cette même chapelle en 1053 (15 janvier 1053) au cours du deuxième (ou dernier pour certains historiens) voyage en Alsace.


La chapelle a une particularité, elle fut jusqu’à la fin du XXème siècle une propriété particulière. Rachetée sur les biens nationaux par des particuliers, notamment le Sieur Berthel.

Avant 1789 elle n’était ouverte au culte que pendant le temps où l’abbé résidait dans sa maison de campagne.

En 1845, dit le dictionnaire du Bas-Rhin et du Haut-Rhin de 1865, on a trouvé dans une maison attenante à la chapelle un haut-relief taillé dans un seul bloc de bois de chêne et représentant la mort de la Vierge. Cette sculpture est devenue la propriété de Monsieur Alphonse CHUQUET, à Strasbourg.
Sur l’illustration ci-contre, l’abbatiale  bénédictine d’Altorf, dernier quart du XIIème siècle, elle possède un portail occidental au tympan le Christ entre la Vierge et le pape Léon IX?  (encyclopédie de l’Alsace vol. 5 1983 Publitotal Strasbourg p 2675)


FRESQUES :

Les fresques nous paraissent bien endommagées, c’est pourquoi nous invitons nos lecteurs, visiteurs de la chapelle à tout faire pour soutenir l’association de restauration de la chapelle qui vient de se fonder.  Intempéries, infiltrations, humidité, la chapelle a subit les outrages du temps. Elles méritent toute notre attention et d’être au minimum protégées et au mieux restaurées, comme celles de sa cousine la chapelle Sainte-Marguerite à Epfig.

Ces fresques  sont anciennes, certaines datent au minimum de la restauration de la chapelle 1569. 
Le néophite distinguera, après quelques secondes d’attention,  plusieurs couches de dessins.

 - Un ange de chaque côté du choeur (droit et gauche)
- Un ange (à droite) portant la palme du martyr à .... ?
-  Une Vierge couronnée portant l’enfant  Jésus dans ses bras (au fond à gauche)

Sur une couche antérieure, au fond à gauche, on distingue derrière la Vierge couronnée

Ensuite on verra également autour des vitraux avant droit, un liseret qui coure sur les parties hautes des murs.




Elle date du 12 ème siècle, longtemps conservée au Prebytère, par la commune, elle réintègre pour la fête paroissiale sa première destination la chapelle.


Le vitrail central qui date du début du XX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.



Une statue de Saint Jean Baptiste du 12ème siècle, retrouvera pour la fête paroissiale du 22 juin, sa place ancestrale dans le choeur de la chapelle. Cette statue est classée dans le répertoire des Monuments Historiques.

 

Le vitrail de Marie, Jésus et Jean Baptiste , aux couleurs particulièrement chatoyantes :





UNE CHAPELLE
UNIQUE PAR
SON HISTOIRE



LES BEAUX VITRAUX
    FIGURATIFS.


Qualifiés de
“beaux vitraux figuratifs du XIX ème Siècle;” par le Dictionnaire  des monuments historiques, La nuée Bleue page 124.

Le vitrail central  :
Baptême du Christ par Jean
Il date du début du XIX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.

Le vitrail central qui date  du XIX ème siècle aux couleurs très étincelantes
permet de voir Jean Baptiste dans le Jourdain qui baptiste le Christ. Au dessus la Colombe de l’Esprit Saint et
dans le vitrail central, Dieu le Père.

Le vitrail de Marie et Jésus :
Jésus  s’amuse avec Jean Baptiste, aux pieds de la Sainte Vierge, attentive, par la fenêtre  entrouverte on voit un homme, sans doute Saint-Joseph, partant aux champs. (XIXe siècle)

 Portail à linteau en bâtière  :  dont l’écusson, l’emblème ou les armoiries ont été burinées par les révolutionnaires quelque peu irrespectueux pour les symboles fussent-ils chrétiens.
Il se situe sur la façade latérale droite. (Photo : lanterne)
Au centre :
l’Agnus Dei  (agneau de Dieu) entouré des symboles ailés des 4 évangélistes. On reconnaît la symbolique de l’Apocalypse de l’apôtre, que Jésus aimait,  dernier survivant 



à savoir Saint Jean. Il date de 1140 et aurait été éxécuté par l’atelier d’Andlau4 
On le voit ce linteau a été  restauré.
Peut-être comportait-il un agneau de ce type (à gauche).
Les travaux entrepris sous le mandat du Maire M. Armand Wirth, après la
cession de la chapelle par le Conseil de Fabrique à la Commune, ont permis de faire des travaux de restauration extérieure, façades et toit pour un montant de 552.000 F
(84 152 €). Somme importante pour une petite commune.


Témoignage historique

IN HAC AEDE ANNO 1792 ABAGENTIBUS GALLICANAE SUBERSIONIS RAPTÂ ET VENDITÂ, SACRA POST MAGNAS VICISSITUDINES ITERUM FACTA SUNT USQUE AD ANNUM 1864. AB HOC ANNO ABOMINATO DESOLATIONIS IN EÂVISA EST.
USQVE AD ANNUM 1905, INQUO PAROCHUS N.LESLÉ CONTAMINATAM SUIS OPIBUS RECUPERAVIT ET PARTIM SUIS PARTIMQUE RRDD ESPISCOPAROM AC NONNULLORUM SAACERDOTUM DIOECESEOS DONIS RESTAURAVIT.


Autre vitrail ancien qui relate en latin, des événements qu’a subit la chapelle.
(Dans ce temple, volé et vendu en l’an 1792 par des agents de la subversion gallicane,

(sous-entendu : la révolution française) les mystères sacrés, après de grandes vicissitudes, ont à nouveau été célébrés jusqu’en l’an 1864. Après cette année, on y a vu l’abomination de la désolation, jusqu’en l’an 1905 en laquelle le curé N. Neslé a récupéré de son argent (le temple) profané et l’a restauré grâce aux dons faits, en partie par les Révérendissimes Evêques, en partie par quelques prêtres diocésains”.

Selon l’abbé Loeb qui a effectué la traduction pour ce numéro spécial,  confirmé parMarie Anne Hickel, souligne que le latin est grammaticalement juste et son vocabulaire est tout à fait correct. Il nous précise que l’abomination de la désolation est le terme biblique pour exprimer la profanation du temple de Jérusalem.
En 1905, les Révérendissimes Evêques étaient, dans le Diocèse de Strasbourg, Monseigneur Fritzen et son Auxiliaire Monseigneur Zorn von Bulach, ainsi que Monseigneur Marbach, évêque-auxiliaire émérite. (Très aimé parce qu’injustement “déboulonné” de Strasbourg par la volonté de Guillaume II qui voulait placer Zorn von Bulach). On peut penser que le Curé Neslé les a sollicités tous les trois.

On notera le courage de ce prêtre qui a payé de ses deniers l’achat de la chapelle et sa témérité à la tâche pour en faire la restauration.

Le tableau de la Crucifixion du Christ :
Tableau ancien du XVIIème siècle.


La Statue du Christ en Croix :
Classée, cette statue du Christ en Croix qui a inspiré celle de l’église Saint André d’Eichhoffen veut recréer avec réalisme la situation de Marie, Jean et du centurion romain au pied du Calvaire, le Vendredi saint de l’année 33 où Jésus offrit sa vie pour les péchés du Monde. Ô passant, souviens-toi ! semble s’exclamer son oeuvre.


Autre particularité peu remarquée, au fond de la chapelle, à gauche de la sortie dans le coin, on note la présence d’une pierre tombale d’un prêtre ou d’un religieux dont la dernière demeure est donc notre modeste chapelle. Un prêtre, un religieux qui  desservit ce sanctuaire et obtint la grâce d’y reposer ? Ou lors de l’agrandissement de la chapelle aurait-on inséré dans la chapelle cette pierre tombale extérieure. On ne sait.

Dans le coeur de la chapelle se trouve une statue, tardivement déposée dans la chapelle, actuellement dans le choeur à gauche. C’est celle de Charles Borromée, né le 2 octobre 1538 (+4/11/1584), au Sud du Lac TEMOIN

majeur en Italie. Son oncle est le Pape Pie IV (1559-1565). Il l’assiste au moment de la reprise et dans la conusion du Concile de Trente. Archevêque de Milan en 1564. Crée un des premiers séminaires en 1564, développe l’enseignement religieux, fonde les Oblats de Saint Ambroise. Il est un artisan et un modèle de la Réforme catholique. Il se dévoue pour son peuple lors de l’offensive de la peste entre 1576-1578, il en mourra. Patron des oeuvres catéchistiques par Pie XI en 1934, ce qui peut expliquer sa présence dans notre église paroissiale. 
Patron de la Suisse catholique dont dépendait les capucins d’Alsace. On lui doit les confessionnaux de nos églises. Il est aussi le saint patron de la faculté théologique de Salzbourg. 5

Saint Jean Baptiste est selon
la bulle de Léon IX adressée à l’abbaye
de Florennes “le plus grand des enfants
des hommes”.
Dans de nombreuses chapelles ou églises consacrées par ce pape alsacien
on trouve la présence conjointe de Marie
et Jean Baptiste. On citera le don qu’il fera d’une relique du Baptiste et d’un fragment du voile de la Vierge à la cathédrale de Metz. Il a placé sous le patronage du Baptiste l’église de Moyenmoutier.

Le linteau : (actuellement visible dans la chapelle sur le côté gauche du chœur)

 Cette gravure atteste que la chapelle fut consacrée le jour de la Saint Hilaire (le 13 janvier) en 1052 par le Pape Léon IX en personne,
et consacrée à la Vierge Marie et à Saint Jean Baptiste.

La plaque prouve en outre  que la chapelle fut restaurée en 1569 par l’abbé Bernard Münchberger, selon Grandidier, Il est bien le 37ème abbé d’Altorf (1560-1578)                                 Transcription du texte :
Soli Deo Honor et Gloria
Dise Kurch in Ano MLII Von S Leo D(en) IX Des nam(e)ns d(e)m Hel(i)gen Babst eign(e)r Person in Gottes Marie seiner Lieben Mutter und S.IOHABTAE De(r) Heil(igen) Patron(em) dem XIII Tag Ianvaric (uff Welchen auch Iarliche die Kurchweihung Behalten Wirt) C(on)sec(h)riert Hat der Ehrwurdig Her Bernard der XXXVII ABT Zuo Altorphe gants abgangen in Iar MDLXIX vider erbauwe.


Dans la première partie le texte ne présente pas de difficulté, dans la seconde on utilise des abréviations et  peut-être des retouches lors de la restauration.


A Dieu seul l’honneur et la gloire.
Cette église, en l’an 1052, est consacrée par Saint Léon, le IXème de ce nom, le Saint Pape en propre personne, en Maison de Dieu, ayant Marie, sa Mère aimée, et Jean Baptiste comme Saints Patrons, le treizième jour de janvier (auquel aussi la dédicace est célébrée chaque année).

Le Révérend Seigneur Bernard IX (9ème du nom) 35 e Abbé d’Altorf, alors qu’elle était  entièrement ruinée6 , l’a reconstruite en l’an 1569.   (Traduction proposée par l’abbé Loeb, confirmée par Marie-Anne Hickel).

Sur une des photos, l’un des anges du choeur de l’église Saint André
d’Eichhoffen qui a été restauré en 2003, ils furent “sortis” de l’église dans les années 60.
trois fenêtres géminées à ogive et une porte.






Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #EICHHOFFEN

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