Chandeleur : pas que des crêpes ...

Publié le 30 Janvier 2008

Chandeleur : (2 février, Maria Lichtmess, 40 jours après noël)

c’est la présentation de Jésus au Temple, devant le vieillard Syméon et la vieille femme veuve, 84 ans,  Anne, prophétesse, fille de Phanouek de la tribu d’Aser qui consacre sa vie à la prière et à l’ascèse. Le premier voit en ce petit enfant l’accomplissement de la promesse qui leur avait été faite «de ne pas mourir avant d’avoir vu le Sauveur »,
c’est le Nunc dimittis, (désormais tu peux congédier) désormais il peut mourir car il a vu celui qui serait « la lumière des nations » et la « gloire d’Israël ».


Chaque soir, les moines et les religieux s’endorment en récitant ces paroles du vieillard Syméon (pour la prière complète, voir cet article), invitant à prendre le repos ou à remettre sa vie entre les mains du Créateur. Les deux prophètes prédisent aussi à Marie qu’elle souffrira et qu’une épée lui transpercera le cœur. Cette prédiction est à l’origine de l’iconographie saint-sulpicienne du cœur traversé  par une épée de la Vierge-Marie.
C’est le jour de fête de la vie consacrée ou religieuse, ce jour-là ont lieu les prises d’habit  dans les communautés religieuses.


Si Joseph et Marie accomplissent ensemble ce rite, note l’évangéliste Saint Luc, en se présentant au Temple, en offrant un couple de tourterelles,  c’est par obéissance aux préceptes de la loi, « tout enfant premier né doit être consacré au Seigneur » et en tant que jeune maman, elle doit être purifiée. 
C’est, donc  aussi la fête des relevailles de Marie, qui bien que pure, se prête à ce rite.


On peut noter que les mages n’ont sont sans doute pas encore visité la sainte famille.  Elle n’a pas encore pris la fuite vers l’Egypte, après leur visite. De plus ils offrent deux tourterelles signifiant qu’ils sont pauvres. Ils n’ont donc pas encore reçu les offrandes des mages. (Coffrets d’or, d’encens et de myrrhe qui sont des biens précieux qui leur serviront à fuir, à s’installer en Egypte pour s’éloigner des vues sanguinaires d’Hérode sur le Messie).

La fête, symbole solaire, est traditionnellement accompagnée de la confection de crêpes dont la forme et la couleur ne peuvent que rappeler le soleil dont on attend le retour. 

En ce jour, la liturgie bénit les bougies des fidèles, (« la lumière des nations » qu’a perçu Syméon) et qu’a lieu une procession aux flambeaux à l’intérieur de l’église. Elles seront utilisées en cas de maladie, de péril imminent ou d’événement climatique (foudre, orage).

La référence semble assez ancienne à Rome on offrait à cette époque de l’année, mais pas ce jour-là,  des sacrifices aux dieux infernaux tout en portant des flambeaux allumés. On allumait aussi des cierges près du mont Etnan en l’honneur de Cérès. Février est riche en rites, car on célébrait aussi les Lupercales pour le dieu Pan. Ainsi il est facile de créer un lien ou une christianisation d’un rite, mais ce serait sans doute inexact ou rapide.  Le seul fait véritablement parallèle demeure le rite des crêpes, symbole de la roue solaire. D’autres font un rapprochement entre nos crêpes avec le fait de manger des galettes de céréales en l’honneur de Proserpine enlevée jadis par Pluton à la lueur des torches. 


Autre origine, le pape Gélase 1er qui pour accueillir des pèlerins affamés fit cuire au Vème siècle des galettes faites de farine et d’œufs.  En Bretagne, on fait sauter les crêpes avec une pièce d’or dans la main gauche ce qui rappelle deux fois le symbole solaire de la lumière et allie l’idée de chance.  Une tradition normande obligeait les paysans à régler leur dîme de cinq sous d’argent et… d’une crêpe.

Est-ce un moyen mnémotechnique pour ne pas laisser passer l’échéance ?
L’un d’eux désigné par le sort devait faire sauter le crêpe, s’il réussissait à  le faire, il voyait son impôt réduit d’un sou.

Par cette dernière fête, de la chandeleur, reliée à Noël, bien que située dans le temps liturgique dit ordinaire, on clôture 40 jours après la Nativité définitivement le temps de Noël. Le chiffre 40 est repris pour le temps du Carême, des 40 jours de Jésus au désert.  Ainsi,  ce jour-là, les crèches et sapins des églises doivent être démontés.undefined

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Repost 0
Commenter cet article