MATTHIAS RINGMANN CET ALSACIEN QUI BAPTISA L'AMERIQUE

Publié le 23 Janvier 2008

La  lanterne l’a déjà publié dans son numéro 6, mais ce n’est pas inutile, d’y revenir une fois tous les
dix ans !
C’est un article de Jacques GRANIER, dans les dernières nouvelles d’Alsace de 1984  1  qui le souligne que nous évoquons ici.

Expliquons tout d’abord que plusieurs communes REICHSFELD ET SCHERWILLER pour ne pas les citer,  revendiquent le fait d’être le village natal de cet illustre alsacien. Ainsi même Saint-Dié s’affiche, marraine de l’Amérique. Expliquons donc ce terme,  le “Nouveau Monde” ne porterait pas le nom d’”Amérique” s’il n’avait pas rencontré Mathias RINGMANN.
Ce nom serait “dû d’une part à la découverte de l’imprimerie à laquelle les noms de Gutenberg et de Strasbourg sont attachés et ensuite de l’Ecole des humanistes latins de Sélestat dont le rayonnement a été grand dans tout le Saint Empire germanique”.

Parmi les grandes pointures alsaciennes de Sélestat, Dringenberg, Sapidus, Wimphenling, Martin Ergersheim, Béatus Rhénanus et le célèbre homme en titre de cet article (1482-1511) qu’on surnommait le “Philésius des Vosges” il était né dans le val   d'Orbey et a été formé nous dit l’article par “les religieux de l’abbaye de Paris Il semble que se soit une erreur, car Ringmann serait né en 1482 à Eichhoffen.”
Notre village de la route du vin à 20 km de Sélestat et 10 km d’Obernai. Mais on ne sait pas sur quels documents se base l’auteur pour l’affirmer acte de naissance, documents d’époque...

Sa vie semble avoir été courte et dense, il fit ses études à Heidelberg (centre universitaire bien connu), puis à Paris où il étudia le Grec, les mathématiques, la géographie, la philosophie, la poésie, la cosmographie. En 1500 il est à Strasbourg élève de Jacques Wimpheling, correcteur chez l’imprimeur Jean Pruss.
Il publiera une grammaire latine illustrée avec des figurines à découper pour avancer dans la connaissance de la langue, on imagine que ses conceptions pédagogiques ont du défrayer la chronique !
Ce sont les récits du découvreur de cette nouvelle contrée qu’il reprendra dans un ouvrage “Cosmographie Introduction” publiée en 1507 qu’on découvre pour la première fois le nom “AMERICA”  (en latin) soit Amérique.
Le texte latin est donc considéré comme l’acte de baptême de l’Amérique après avoir été découvert.
Le texte ressortira de l’oeuvre  d' Albert Ronsin, conservateur de la bibliothèque de Saint Dié a publié un ouvrage intitulé Découverte et baptême de l’Amérique en 1979 , Où il dit  : 
“Aujourd’hui ces parties de la terre (Europe, Afrique et Asie) ont été complètement explorées, et un quatrième partie a été découverte par Amerigo Vespucci, ainsi qu’on le verra plus loin. Et comme l’Europe et l’Aise ont reçu des noms de femmes, je ne vois aucune raison de ne s pas appeler cette autre partie Amerigé c’est-à-dire la terre d’Amerigo ou América, d’après l’homme sagace qui l’a découverte. On pourra se renseigner exactement sur la situation de cette terre et sur les coutumes de ses habitants par les quatre navigations d’Amerigo qui suivent”.

Saint Dié bénéficie toujours du titre de marraine, donc de ville de baptême de l’Amérique, d’ailleurs les Américains ont contribué avec générosité après 1945 à la reconstruction de la ville démolie à 80 % lors des combats de la libération, une plaque de marbre jadis apposée sur la “maison de l’Amérique” détruite aux moments des bombardements (alliés !) de 1944 est aujourd’hui exposée à l’intérieur du musée de la ville.

On ne peut retirer à Ringmann cette paternité car ses confrères n’ont plus désigner America sur les cartes après sa mort.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

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