le mémorial de Schirmeck

Publié le 15 Janvier 2008

07190001.JPGIMG-1078.JPGPour la mémoire de l’Alsace
le Mémorial de l’Alsace-Moselle
Inauguré le 9 juin dernier à Schirmeck.
L’histoire de l’Alsace-Moselle au cours de la dernière guerre mondiale est plus que complexe, pour le Français de l’intérieur elle ne se rapproche de rien de ce qu’il maîtrise et connaît. Les contresens sont faciles, les raccourcis rapides et l’on en déniche de nombreux  que nous avons relaté dans nos colonnes. Le petit Alsacien,  qui apprend l’histoire de France, ne connaît rien de l’histoire de l’Alsace (d’avant le traité de Westphalie) et s’il n’a pas la chance de tomber sur un professeur d’histoire du cru, il ne connaîtra rien de l’histoire alsacienne de la deuxième guerre mondiale.
Pour soigner ses travers, le conseil général du Bas-Rhin a cherché des remèdes, cinq années plus tard, l’un d’eux surgit ce 19 juin dernier, de la vallée de Schirmeck, l’édification d’un mémorial à ces Alsaciens de cette époque. Mais ce n’est pas un musée, stérile, dont l’évocation ne dira rien aux plus jeunes, mais bien un univers dynamique, vivant qui expliquera par des objets, des situations l’histoire alsacienne et en offrira une « vision sereine ».

« Il est important qu’il y ait un lieu qui présente les drames de notre région ». Philippe Richert, président du conseil général du Bas-Rhin.
5,3 millions d’euros investis pour la mémoire.

(on peut consulter le  supplément de l’ami du peuple, on voit bien les photos familiales, le train, la cataclysme du bombardement) Le résultat s’étend sur 2000 m2 de surface muséographique, faisant face à la montagne où a été bâti jadis le seul camp de concentration français le Struthof. Muni d’un audio-guide le visiteur parcourt sous la lumière artificielle les années noires. Marcel Meyer, le muséographe, a été chargé de concevoir ce parcours vivant et actif construit en 10 étapes, rassemblant ainsi une série de décors chronologiques, thématiques. On y voit les photos des grandes figures alsaciennes de l’avant-guerre, on y entend la voix hurlante du Führer, on y est évacué vers les zones de refuges dans un wagon de 3ème classe de l’époque (qui devrait être un train à bestiaux comme ce fut le cas dès la deuxième vague faute de wagons suffisants, on se retrouve derrière la ligne Maginot, on y entend Pétain, on revit l’annexion, la germanisation, la nazification systématique, on voit les camps de détention (celui de Schirmeck) ou de concentration (celui du Struthof, on assiste à la libération de ce camp), les incorporés de force, les jeunes enrôlés dans le RAD ou les femmes « malgré elles » dans les organisations féminines. A l’aide de courts films documentaires, aucun n’excède 5 minutes. Sans oublier le drame d’Oradour.  On y voit aussi les Alsaciens se battant pour la libération (unités de la France Libre) de leur région, du pays ou des colonies. Ceux de nos compatriotes sous uniforme allemand (incorporés de force dans l’armée puis pour certaines classes d’âges dans les SS) imposé et non choisi, qui finissent dans les stalags russes de Tambow ne sont pas oubliés, ni les oubliés, les disparus laissant la famille dans un doute jusqu’en 1955 date du dernier retour !  Tout un passé est mis en situation rendant l’histoire vivante. 1000 documents sont sélectionnés pour approfondir la situation, une bibliothèque centre de documentation, des salles pédagogiques permettant les visites des classes ou les approfondissements du visiteur intéressé. Il n’exclut pas une visite au Struthof, mais peut la compléter utilement, les deux structures sont invitées à collaborer pour organiser des visites conjointes)



 (67130 Schirmeck, Mémorial de l’Alsace-Moselle, mardi au dimanche 10-19 H, du 1er mai au 30 septembre, fermé en janvier, tarif : 10 €, 7 € tarif réduit. Site du mémorial  : www.memorial-alsace-moselle.org, ) Nous en reparlerons plus amplement dans un prochain article)




Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

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