Le Psautier de la Vierge, le rosaire... l'arme de Jean-Paul II

Publié le 10 Janvier 2008

IMG_1210.JPGundefinedundefinedll semblait remisé aux accessoires religieux souvent considéré comme désuet, voilà que Jean-Paul II brisant une nouvelle fois les conformismes, le jour du 25 ème anniversaire de son Pontificat, signe, devant l’icône de la Vierge de Pompéi, l’indiction de  l’année d’octobre 2002 à octobre 2003 (octobre étant traditionnellement un mois consacré au rosaire) au rosaire. Voilà donc une année consacrée au rosaire. Il fait ainsi mémoire des documents publiés par Léon XIII en 1883, 120 ème anniversaire de l’encyclique “Supremi Apostolatus Officio” qui contient une série de publications consacrées à ce saint outil.

Déphasé Jean-Paul II ?
Traditionnellement le rosaire est construit autour des mystères, le lundi et le jeudi sont consacrés aux mystères joyeux, le mardi et le vendredi aux mystères douloureux, le mercredi et le samedi et le dimanche aux “mystères glorieux”. Chacun de ces mystères comprend des avé maria  regroupés en chapelets.

Arme religieuse contre les hérésies, bénie par les papes
Il fut lancé par Saint Dominique, considéré par les papes (notamment Léon XIII) comme le psautier de la Vierge car il se compose d’autant  d’ave que le bréviaire  comporte de psaumes. Destiné dans un premier temps aux frères incapables de lire le bréviaire il était la prière des humbles. 
Le saint homme avait déployé cette arme contre les Cathares, les Albigeois puis plus tard contre l’Islam sous saint Pie V la confiant aux confréries du monde entier après la victoire de Lépante 7 octobre 1571. C’est à l’issue de cette victoire que le pape Grégoire XIII changea le qualificatif  de Notre-Dame des Victoires en Sainte Marie du Rosaire.
La fête fut inscrite au calendrier de l’église universelle par le pape Clément XI le 5 août 1716 après la victoire sur les Turcs.
Léon X a déclaré qu’elle était instituée contre les hérésies, Jules III, lui attribue le qualificatif de gloire de l’Eglise. 
Léon XIII plus combatif trouve en lui une “sorte d’instrument de guerre tout puissant pour combattre les ennemis de la foi”. Il dira aussi : “En bonne place parmi les aliments de la foi figure le rosaire de Marie”.(Encyclique Magnae Dei Maris, 7/09/1892)
Selon la Thomatique, c’est la prière vocale, la méditation, la prière des familles chrétiennes. Elle invite Marie à prier pour nous, nous inspire ainsi un motif de confiance une  école de vertu et de vie chrétienne qui porte à imiter Jésus et Marie.

Les différents chapelets, “prière du pauvre, mais non pauvre prière” Cardinal Etchegaray.
 Il en existe plusieurs et il est dans les attributions pontificales  de définir de nouveaux chapelets. (Chapelet provenant du terme “couronne” de fleurs de prières ‘corona’). Pie XII (le 10 mai 1955) parle d’une guirlande de roses offerte à Marie.(...) Lorsque Marie apparut à sainte Bernadette sur le rocher de Massabielle, où croissait l’aglantier, chacun de ses pieds s’ornait d’une rose épanouie”. Les chapelets sont divers, tel celui de
de sainte Brigitte, de saint Joseph, de la Sainte Trinité, du précieux Sang, des sept douleurs de Notre Dame pour l’ordre des Servites. (source DICI)”sept séries de sept Ave, plus quatre autres pour arriver à 53”.1 
 Pas de superstition :
Le chapelet n’est pas considéré comme une amulette, le texte du saint père le répète, il n’est pas seulement une méthode de contemplation, mais il faut le comprendre et le vivre dans le quotidien, dit-il en substance “sans cela on risque que non seulement le Rosaire ne produise pas les effets spirituels escomptés, mais que même le chapelet, avec lequel on a coutume de le réciter, finisse par être perçu comme une amulette ou un objet magique en faisant un contresens radical  sur sa fonction. “
Il est objet à forte profondeur mystique.


Les motivations du pape :
“prier le rosaire signifie s’immerger dans la contemplation du mystère de Celui qui est notre Paix”. Jean Paul II
Outre les raisons du calendrier, le pape a choisit son 25 ème anniversaire en rappelant son attachement filial à la Vierge Marie, n’oublions pas sa devise mariale : Totus Tuus Maria ! Il a confié récemment le monde à la Mère de Dieu (“je confie à nouveau entre les mains de la Mère de Dieu la vie de l’Eglise et celle si tourmentée de l’humanité”), le troisième millénaire,   et même son  avenir personnel.
Cela serait déjà suffisant si l’on rappelait qu’il attribue à la Vierge de Fatima d’avoir détourné la balle et de lui avoir sauvé la vie lors de l’attentat, sur la Place Saint Pierre, dont il a été la victime.
En outre il souligne qu’il est de tradition après une année jubilaire où l’on bénéficie de grandes grâces (consacrée au Christ et à l’oeuvre de Rédemption) de consacrer une autre année à Marie “comme pour implorer d’Elle une aide permettant de faire fructifier les grâces reçues” durant l’année jubilaire.
Jean XXIII a eu l’audace d’offrir un chapelet à la fille de Khrouchtchev, avec ces mots “Pour moi, le chapelet ce sont quinze fenêtres - les quinze mystères- à travers lesquelles je contemple à la lumière du Christ les événements du monde”. (cité par R.Etchegaray)2
A l’instar de ses prédécesseurs qui ont lancé le chapelet pour lutter contre les infidèles ou les hérésies, Jean Paul II désire rendre la prière qui est traditionnellement une prière des familles chrétiennes, comme LA prière de la famille réunie dans la louange de Dieu. Il lui attribue une mission toute spéciale celle de préparer la prière liturgique (qu’elle ne peut remplacer)  par la prière contemplative ayant le soucis que chaque chrétien prie pour la paix envers la Terre de Jésus, mais  il demande aussi  aux chrétiens de “s’engager à prier pour une autre situation critique de notre époque, celle de la famille, cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces destructives, au niveau idéologique et pratique”. La famille est une “institution fondamentale et irremplaçable”. Le rosaire doit donc également “endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle”. Car on ne peut prier le rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service et de paix, dit-il encore.
Le Souverain Pontife ne s’éloigne pas de la tradition qui attribue au rosaire les qualités d’unification et de protection de l’Eglise contre les agressions (religieuses, militaires du siècle)
Un “chapelet  dit de Jean-Paul II “ ?   


IL AIME TELLEMENT LE CHAPELET QU'IL LE RALLONGE !!
Désormais le rosaire, si l’on suit l’organisation proposée par le pape comportera 200 AVE au lieu des 50, aux sept séries s’ajoute les mystères lumineux, car Jésus est la lumière du monde selon l’invocation de la veillée pascale, à savoir :
- le baptême de Jésus au Jourdain
- la révélation de Jésus thaumaturge aux Noces de Cana et le miracle des noces de Cana (l’eau changé en vin dans l’annonce de l’Eucharistie et du sacrifice suprême)
- l’annonce du Règne de Dieu par les paraboles et des signes de salut
- la Transfiguration de Jésus (traditionnellement située au mont Thabor)
- l’Institution de l’Eucharistie, don pascal de Jésus.

Ces mystères obéissent à une logique de la révélation du Christ par le Saint-Esprit le jour de son baptême dans le Jourdain, le signe de son sang versé dans les noces de Cana (l’eau changé en vin à la demande de Marie “avant son heure”), la démonstration aux apôtres du lien entre l’Ancien et le nouveau Testament sur le Mont Thabor pour enfin se donner dans la sanctification de l’Eucharistie. Le tout est bien riche de méditations.3

Les critiques
Les allergiques au culte marial ont déjà poussé des hauts cris et ce malgré  la mise au point anticipée pontificale  soulignant  que Marie ne porte pas ombre à Jésus mais qu’elle s’efface devant son FIls, mais lui porte notre prière et le prie également “priez pour nous pauvres pêcheurs”.

rosaire.jpgLes modernistes enfin qui refusent la répétition (200 x) des paroles de la salutation de l’ange. On pourrait déjà y trouver une réponse, l’ange a prononcé de telles paroles on imagine le bonheur de Marie de les entendre à nouveau répétées, ne lit-on pas le prémonitoire verset  de Luc 1,48 (T.O.B.Traduction oecuménique de la Bible) :  parce qu'il a porté son regard sur son humble servante. Oui, désormais, toutes les générations me proclameront bienheureuse.”

Retournement :
Il y a peu encore un séminariste qui priait le rosaire était vu comme un traditionaliste ou au mieux un attardé, on souhaite que les réactions de rejets des prêtres priant -encore  (!)- le chapelet ne seront plus de mises4 . Certains trouvent la cinquantaine d’avé un peu longuette et d’autres trouvent que d’avoir refusé de créer un nouveau chapelet plutôt que de réformer l’ancien manquerait  de courage et de clarté.
Un autre reproche que nous avons lu dans les sites proches de la tradition réside dans le choix des mystères lumineux, ils devraient s’appuyer sur des faits, ici l’un des éléments s’appuie sur une idée ce qui semble plus difficile à cerner comme point de méditation.
En tous les cas ce sont des mystères.

Deuxième partie de la Salutation angélique.
La première partie de la salutation mariale reprend les paroles adressées par l’ange à Marie dans l’Annonciation, puis les paroles d’Elisabeth lors de la Visitation.
Saviez-vous que la deuxième partie a été ajoutée au XVI ème siècle, après lesd écrets du concile de Trente (1545-1563), le pape Pie V, en accord avec ces décrets, a imposé les dernières paroles de la seconde partie, “sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort... Amen”.
Jean XXIII concluait en parlant du rosaire “quelle douceur que de te voir égrené dans les mains des innocents, des saints prêtres, des âmes pures, des jeunes et des vieillards, de tous ceux qui apprécient la valeur et l’efficacité de la prière, brandi par des foules innombrables et pieuses comme un emblème et un étendard prometteur de paix dans les coeurs et de paix dans toutes les nations”. 5
Par ce nouvel acte, Jean-Paul II souligne son attachement marial et la puissance de l’arme laissée aux croyants, souvent répétée par la Vierge lors de ses apparitions (Lourdes, Fatima, Medjugorje plus près de nous) après l’Eucharistie, cette arme est la prière. Le pape répond ainsi à cet appel et obéit au psaume 66 “que tous les peuples glorifient le Seigneur”.


Notes :

  chaque jour, Radio Vatican diffuse la prière du chapelet en ondes courtes et moyennes.
.   références du livre en fin d’article.
  Ce qui déplace l’organisation des “mystères” dans la semaine du rosaire : lundi  : joyeux, mardi : douloureux, mercredi : glorieux, jeudi  : (ex-joyeux devient) lumineux, vendredi :  douloureux, samedi  : (marial) 2 ème joyeux, dimanche : glorieux.
.   Cité sur le site DICI.org
.   page 25, Jean-Paul II, le chapelet,  Ramsay par Roger Etchegeray.
(informations sur : site Zenit.org, DICI.org
voir la lettre apostolique sur le Rosaire, 17 octobre 2002  consultable sur le net sur Zenit.org.
- l’explication de Mgr Bertone sur la lettre apostolique sur le rosaire).     
- Jean-Paul II le chapelet, par Cardinal Etchegaray, Ramsay, 1996)            


Remarque cet article n'a rien perdu de son actualité il date pourtant de décembre 20002

(F.S. 31/12/2002 - 10/01-2003)

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

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