Les douze coups de minuit (suite)

Publié le 27 Décembre 2007

Quand Minuit sonne… A minuit les cloches sonnent plus d’une heure durant en trois fois soulignent d’anciens témoignages. Afin que les personnes de tout âge soient au courant de la nouvelle année et puisse souhaiter bonheur et grâces. (p.27 J.Lefftz) Les vœux étaient formulés par des enfants quêteurs, quelquefois même chantés. Il est arrivé que plus de 6 groupes se présentent sous les fenêtres des maisons dans la même soirée afin de recevoir quelque argent mais aussi des friandises, les enfants recueillaient ainsi dans leurs tabliers «un très frais et embaumant Stolle de nouvel an ou un Birnwecke » (pain aux fruits dont les poires). Auguste Hertzog à Gueberschwihr évoque en 1869 des sous (Groschen) que l’on lance depuis la fenêtre. Ils étaient enveloppés dans du papier et munis d’une longue queue en papier que l’on enflammait,afin que l’argent lancé depuis les étages soit visible dans la neige. « Mer kämme dohare am Owe so spot, Mer wüsnche eich alle e neu’s güets Johr, E neu’s guëts Johr, e fröhlichi Zeit, Die uns Gottvatter vom Himmel verleiht, Vom Himmel verleiht un’s ewige Lawe, ihr solle das Johr mit Freide erlawe ! »(Ballersdorf et St-Ulrich dans le Sundgau). (Nous venons ici si tard, pour vous souhaiter à tous une bonne nouvelle année et un joyeux temps, que Dieu le Père nous Ciel nous consent. Du Ciel il nous donne la vie éternelle, que vous viviez cette année dans le bonheur )(J. Lefftz, page 32) Nids… contre les sacs de nœuds. Parmi les traditions ayant disparues citons celle-ci qui semble assez symbolique, celle d’offrir une douzaine de nids. Faits de fins rubans emballés dans du papier. Tradition sans doute d’origine païenne qui devait prémunir des cas à régler, des nœuds à défaire dans l’année à venir. Un texte municipal (Ratsprotokoll) l’évoque le 3 janvier 1572, 1586 où l’on offrait ces présentes pour la 31ème fois. Cette pratique a été signalée pour la dernière fois le 1 janvier 1789. De grands repas, par corporations, étaient organisés nommés « Neujahrfest » que Ritter Egenolf von Rappoltstein évoque déjà en 1573 à Guémar. Mais aussi à Sélestat (Schlettstadt), Wintzenheim, Benfeld. A Guémar, la fête comprenant 15 hommes et 17 dames. Parmi les nombreux convives, un comte y a été élu roi (Graf von Schauenburg). Il y évoque la masse des invités. Ces fêtes assez pantagruéliques ont perdu de leur ampleur après la guerre de 30 ans. Ils ne semble pas être liés au fait de l’épiphanie, mais une traditions séparée qui a trouvé l’épiphanie comme support pour perdurer. Le « Gross Neujahr » (12 jours après la fête de noël) lui a succédé le 6 janvier. La galette des rois (en fait une fève « Bohne » placée dans un plat « Bohnenkönnigmachen » (élire un roi au moyen de la fêve de haricot,) est ainsi une pratique connue en 1437 à Sélestat, 1666 condamnée à Strasbourg par Konrad Dannhauer comme une « wüste Fress und Saufferey abläuft » dérive vers une « grande bouffe et une ivrognerie (beuverie) ». Un calendrier de 1435 disait ceci : « Doch kann das Kind dies alles wenden ! Hiermit will ich den Jänner enden » Que peut-on vous souhaiter ? est le refrain que l’on interprète en 1890 à Schaffhausen près Hochfelden : « Was wünschen wir dem Herrn in das Haus ? », chaque couplet est ensuite dirigée vers l’un des membres de la maison, l’homme, la femme, le fils, la fille, le valet et la bonne. Le début est identique « Was wünschen wir dem Herrn in das Haus ? » « Ein freudenreiches neues Jahr ». « Wir wünschen ihn einen goldenen Wagen, Damit er kann in den Himmel fahren », et au final « Ein freudenreiches neues Jahr ! ». Un véhicule doré, afin qu’avec lui il puisse aller au ciel. A la maîtresse de maison, « une table ronde où l’on posera un poisson cuit » (Fisch et Tisch pour la rime) ; au fils « ein schneeweissen Schimmel » un cheval blanc comme neige pour qu’il trotte vers le ciel. A la fille un « goldenes Rädel » une roue dorée pour filer la soie ; au valet un fouet afin qu’il puisse traverser « Wasser und Land » (eau et terres) ; à la bonne «balai » afin qu’elle puisse balayer Stubbe et couloir. (J. Lefflz p IMG-0802.JPG Illustrations de la collection de l'auteur, ce sont d'anciennes cartes de voeux datant d'entre 1897-1915

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

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