Jouets : pourquoi en offre-t-on à Noël

Publié le 6 Décembre 2007

Jouets : Le jouet manufacturé a été longtemps réservé, jusqu’aux trente glorieuses, aux familles aisées. Des manu-factures de poupées, d’ours en peluche existaient bien,  mais seules les familles bourgeoises pouvaient acquérir leurs créations. L’industrialisation de la produc-tion, la réduction de la taille des familles et l’augmentation du pouvoir d’achat allait développer le marché du jouet à partir des années 50.
(noël avec un cadeau, postée le 18 janvier 1917, coll. F.S.)
Particularité alsacienne, c’est en Alsace dans  L'fHorus deliciarum (l'encyclop_die alsacienne « le jardin des délices » dÅfHerrade de Landsberg ou de Hohenbourg) que l’on nous montre au XIIème siècle la plus ancienne re-présentation d’un jouet, d’une part, mais aussi d’une séance de marionnettes et de chevalerie. Des jeunes y possédaient un jouet déjà complexe. Deux enfants, séparés par une table, tenaient de chaque main l'extrémité de deux cordes soutenant deux marion-nettes représentant des chevaliers armés de pied en cap, voilà pourquoi l’image est assez souvent vue.  (Voir l’ouvrage sur l’Hortus deliciarum, de Jean-Claude Wey, paru chez les petites vagues éditions,  à Labroque (67130) 35 euros, 2004).  Mais en dehors de cette première représenta-tion, les premiers jouets remontent à la période Egyptienne. Un noble appelé Me-rerouka, qui a vécu vers 2 300 ans avant notre ère, a évoqué ces jeux sur les parois de sa tombe. Il semble que les enfants de la Grèce et de la Rome Antique se voyaient également offrir des jouets. Quant aux civilisations d’Amérique du Sud, la découverte de ce qui semble être des jouets remet par la même occasion en cause l’invention de la roue dans cette partie du monde. Il semble car de nombreux petits objets que l’on croyait être des jouets sont souvent des objets rituels. Petites statuettes (protectrices) des dieux retrouvées dans les pyramides par exemple. On peut situer les toupies les plus anciennes dans la première dynastie (env. 3000 av. J.-C.). Ainsi à  Leiden, explique, M. Marc Wellens - Co-directeur du Speelgoedmuseum B-2800 Mechelen  en   Belgique  , le ‘Museum voor Oudheden’ possède une statuette en bois représentant une meunière de grain datant du deuxième millénaire avant note ère. En tirant sur une ficelle, on actionne la statuette: la femme frotte deux pierres l'une contre l'autre. On moulait réellement le grain de cette manière. Il s'agit incontestablement d'un jouet
Le jouet est longtemps demeuré artisanal, voir même familial.  A en croire J.L Beau-carnot   décrivant une famille paysanne, il signale que le petit paysan reste immobile une année entière, suspendu en hauteur et comme jouet « un hochet fait d’une mie de pain séchée dans une coquille de noix ». Sur l’histoire des jouets, on peut visiter le musée du jouet de Colmar pour s’en convaincre. Poupées de chiffon confectionnées par la mère, ou habillées par elle, luges, patinettes, petits jouets en bois, grange, garage, selon les capacités des parents.  Jouets faits de bois dont les artisans de l’Erzgebirge sont devenus les spécialistes, puis jouets mécaniques en fer blanc là aussi le musée du jouet de Colmar conserve de précieux exemplaires.  Les billes de verres auront égayé les maisons des moins pauvres au XIXème siècle. Au XVII ème siècle, il y avait bien évidemment grelots, hochets, crécelles, toupies, balles, tambour et jouets éveillant le garçon à la guerre, la fille aux tâches domestiques filer, ranger.  On jouait bien plus avec les circonstances et les évènements du quotidien, chiens, chats, pluie, vent, feuilles et fruits pourris constituent des éléments du quotidien qui éveillent les sens et les envies de jouer.  La notion d’enfant n’est découverte qu’au XIX ème siècle (Jean-Noël Luc) l’enfant n’était qu’un adulte et une personne en devenir  Pour s’en convaincre à étudier les catalogues et les publicités des magasins des années 50, même les vêtements pour enfants n’étaient que les répliques miniatures des vêtements d’adultes. Alors qu’actuellement ce sont les vêtements jeunes qui sont déclinés en « grandes » tailles. Maman s’habille comme sa fille et non l’inverse. Mai 1968 et la crise de la société des années 60 a ainsi commencé à renverser cet état de choses. La néga-tion de la mort et de son précédent « la vieillesse » firent le reste.  Les culottes courtes  portées toute l’année, avant d’être adulte, ne cessèrent d’avoir court vers la fin des années 50.
Du point de vue du jeu dit de société, les repères sont différents : Le ‘mehen’ ou le jeu de serpent égyptien est connu comme étant le jeu de société le plus ancien au monde. Il semble être une combinaison du jeu de l'oie et du jeu ‘Ne t’en fais pas!’. On le jouait déjà avant les premières dynasties et durant l'Ancien Empire (3200 - 2250 av. J.-C.). Le jeu a la forme d'un serpent enroulé (la forme en spirale typique, que nous retrouvons dans le jeu de l'oie), explique le conservateur du musée déjà cité.
Le chercheur, déjà cité, signale aussi que le « Le jeu royal d'Ur » date d'environ. 2500 av. J.-C. On le retrouva dans les années 20, lors des fouilles de Sir Leonard Woolley dans un site où furent enterrés les Sumériens de la plus haute classe. C'était une variante de notre jeu contemporain: le trictrac.
Du côté romain, les tombes d’enfants permettent de trouver des vestiges de jouets anciens, Le hochet, la poupée, la toupie, la balançoire, jouer aux osselets et à cache-cache n'en sont que quelques exemples.  De nombreux matériaux sont originaires des villes de garnison situées aux frontières du royaume, telles que Cologne et Trèves, déjà la passion du jouet qui se retrouvera à Nuremberg.  Rappelons le fait que la tunique du Christ fut tirée au sort (sans doute jouée aux dés) afin de ne pas la déchirer.

Le musée du jouet de Colmar, rassemble une collection de près de deux mille jouets, trains, poupées, automates, ours, voitures… du XIXème siècle à nos jours qui ont appartenus à Georges TRINCOT. Une exposition temporaire a montré jus-qu’au 11 novembre les poupées dites mannequins et l‘actuelle concerne le cirque dans le jouet.

Ces objets sont coûteux, même neufs, le jouet implique des moyens financiers. Les prospectus de jouets envahissent les boî-tes aux lettres dès le 15 octobre affichant des produits de plus en plus coûteux et techniques dont certains peuvent friser les 150 euros. Cette envolée des prix est confirmée par une étude récente révèle que les jouets dits traditionnels touchent un public de plus en plus restreint en âge. Au-delà de 8 ans, les enfants se « numérisent » et attaquent le marché du MP3, baladeurs, jeux vidéos (pour les garçons) puis téléphones portables (surtout pour les filles).

 Les dépenses pour les jouets atteignent maintenant 190 euros en moyenne par enfant à chaque anniversaire de la nativité de Jésus. Même  si cette année 2007, le cabinet Deloitte prévoit une petite baisse due en partie à la hausse des produits alimentaires et du pétrole.  La hausse des dépenses est souvent une« Tentative maladroite » de parents absents ou divor-cés pour se déculpabiliser, selon « psychologies  décembre 2002, Isabelle Taubes et Stéphanie Torre». Les enfants de famille divorcés, de ce point de vue au moins sont gagnants, ils bénéficient de deux noël, l’un chez papa, l’autre chez maman. Chacun y allant dans la surenchère en cadeaux et en activités. Oubliant que cadeau le plus désiré par l’enfant, qu’ils soient ensemble et heureux d’être ensemble. (voir aussi étrennes et ca-deaux)

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions

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