Christkindel cet inconnu...

Publié le 6 Décembre 2007

12090002.JPG(photo d'une affiche des magasins Karstadt, déc 2006)


Enfant Jésus
: Christkindel  traduction littérale.  En fait une fée blanche,  munie quelquefois d’une paire d’ailes, portant à la main une baguette et jetant des fruits dans la Stube (pièce à vivre) où elle pénètre n’a rien de commun avec un petit enfant.
Sur sa tête une couronne de bougies enflammées, c’est son seul point commun avec la Sainte-Lucie suédoise qui apporte les brioches au lit à son papa le matin du 13 décembre. Menacée de disparition par l’hégémonie du père noël commercial américain, elle tente de survivre par de très beaux dessins d’un artiste alsacien Pat Thiébaut, elle semble avoir été quelque peu inspirée par les Suédois lors de leur invasions en Alsace. En février 1628 les protestants doivent quitter la ville de Colmar, après l’entrée des troupes suédoises dans notre région. Elles vont assiéger la ville, donnant naissance à des dictons qui mettent en garde les enfants méchants d’être emportés par les Suédois (Sei brav mein Kind, sonst holt dich morgen der Schwed »  ou encore « Vor Turk und Schwed behüt mich lieber Gott » Protèges-nous du Turc et du Suédois mon Dieu » (Bernard Vogler, Almanach de l’Alsace)
Sa tradition est attestée depuis 1625; 1660 à Colmar, interdite formellement à Strasbourg en 1666, en 1693 il en va de même  à Mulhouse, elle demeure vive et présente en 1713,1737,1785,1836...
Une brochure de l’office du tourisme alsacien résume : une créature pleine de contradiction ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Elle a le côté lumineux de la déesse Freia, une transposition avec sa couronne de bougies de Sainte-Lucie, la blancheur de la dame blanche et la proximité (et le baguette) de la fée germanique antique.
Alsace, terre de contradiction, l’illustration parfaite serait bien ce personnage.
 (Pour Sainte Lucie, voir Lucie)
A.Stoeber, à propos du pays de Hanau,  qui a collecté les traditions de la première moitié du XX ème siècle raconte « le Christkindel se manifeste par un tintement de sonnette, et entre dans la chambre où se trouvent les enfants, les parents, ainsi que l’arbre de noël. Il est tout habillé de blanc, un voile couvre son visage afin de le rendre méconnaissable, dans une main il tient une corbeille contenant des friandises, dans l’autre une verge, la Rüet avec laquelle il fait mine de toucher les enfants ». Il remet ou jette ensuite des friandises dans la pièce, une sorte de rite de fertilisation des enfants qu’elle touche et de la terre.

 
 

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

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