C'est le temps des marchés de Noël "Christkindelmarkt"

Publié le 6 Décembre 2007

12130006.JPGNous  rappelons ici l'histoire des marchés de noël, "Weihnachtsmakt" ou "Christkindelmarkt" (marché de Noël ou de l'enfant Jésus")

Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

Rédigé par F.Schwab

Publié dans #traditions de noël

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