Publié le 24 Décembre 2016

Un petit extrait de notre article du numéro 153 :

 

 

  Oberndorf Stille Nacht2

C’est la chanson  de Noël la plus adaptée dans le monde entier, 300 versions dans presque toutes les langues et dialectes, aussi célèbre que Noël Blanc (White Christmas) c’est évidemment la chanson de Franz Gruber (1787-1863) «Stille Nacht»  Elle naquit en 1818, lorsque le prêtre de la paroisse Josef Mohr (1792-1848) demanda au jeune organiste remplaçant et instituteur (on note bien que nous sommes en Autriche et le curé et l’instituteur ne se battent pas par laïcisime) de composer une mélodie qui convienne pour deux voix solos avec choeur ainsi qu’un accompagnement pour guitare. On oublie souvent qu’une guitare était prévue dans l’oeuvre d’origine ainsi que dans la première représentation de l’oeuvre. Les paroles écrites par le prêtre dans l’année écoulée, sous la forme d’un poème.  Une légende raconte, l’abbé Loeb en avait fait un conte que nous avons publié dans un de nos numéros de noël, que l’orgue de l’église d’Oberndorf était en si mauvais état qu’il fut impossible d’y interpréter un morceau. Ils écrivirent une chanson pour ténor, soprano et basse qui fut donnée pour la première fois dans l’église Saint Nicolas à Oberndorf près de Salzbourg, devant le maître-autel dédié à St Nicolas à la Noël 1818.
  La chanson  dont le nom exact est : «Kirchenlied auf die heilige Christnacht» (chant d’église pour la saint nuit de naissance du Christ) se répandit -anonymement- dans un premier temps dans les répertoires de chansons de noël dans le Tyrol (1819), Leipzig (1832), New-York (1839), les missionnaires la véhiculèrent sous d’autres cieux. Pour en compter aujourd’hui plus de 300 versions. (ci-contre : Oberndorf : c’est là que fut donné la première interprétation).
douce nuit (suite)
Un succès emplit de modestie et anonyme :  Il est assez étonnant que cette oeuvre fut dans un premier temps attribué à des grands compositeurs classiques Haydn, Mozart ou Beethoven qui en furent les heureux bénéficiaires.  Ainsi on pense que le succès de cette oeuvre ne fut que peu connu de leurs auteurs. Il ne s’agissait pas d’une «grande première»radiodiffusée ou télévisée, ce ne fut «qu’»une» messe de minuit.
 La controverse ne cessa que lorsqu’on retrouva un manuscrit de la main de Joseph Mohr oublié de «Stille Nacht»  avec dans le coin  supérieur droit de ce manuscrit la mention «Mélodie de Fr.Xav. Gruber».
Le prêtre qui administra ensuite plusieurs paroisses finit ses jours à Wagrain, il fut curé de cette paroisse, il avait légué ses biens aux déshérités aux soins des personnes âgées et à l’éducation des enfants des alentours. Ainsi une école Joseph Mohr vit le jour dans le village près de sa tombe et du mémorial. L’évêque le décrivit comme comme un «ami fidèle de l’humanité et des pauvres, un père aimant et secourable».
Le miracle de noël ne réside-t-il pas dans le fait que ce soit une oeuvre d’un prêtre secourable et aimant et d’un compositeur méconnu dans son village. Qui fit ainsi le tour du monde sans enrichir ses auteurs, ou que cela ne leur tourne la tête,  pour la plus grande gloire de Dieu.
Puisque nous avons parlé de poste dans ce numéro, le deuxième bureau postal le plus connu d’Autriche est celui de Stille Nacht., exploité par la SA Österreichische Post. Il est logé dans la maison Bruckmann sur la place Stille Nacht, dans le Musée du patrimoine d'Oberndorf.
Toutes les lettres et cartes postales mises au bureau de poste spécial jusqu'au 24 décembre sont pourvues du timbre de Noël de l’année et  marquées du tampon spécial «Stille Nacht», sans supplément de coût.

 

 

StilleNacht1948

 

Deux timbres à l’effigie des deux créateurs de la mélodie «Douce Nuit», timbre de droite : 1987 : Joseph Mohr, parolier (1792-1848) il repose au cimetière de Wagrain, l’école qu’il a fondé porte aujourd’hui son nom.
Franz X. Gruber, compositeur (1787-1863)
timbre de gauche : timbre de 1948, pour les 130 ans de Stille Nacht.

 

2010-0664.JPG

 

 

 

 

voir d'autres articles sur les traditions de noël c'est ici

 

Il est né le divin Enfant...

 

Photo : Waggerl Haus à Wagrain, région de Salzburg  dans cette maison furent écrits les contes : Worüber das Christkind lächeln musste" und "Warum der schwarze König Melchior so froh wurde") par K.H. Waggerl.
Près de cette maison vécut aussi Joseph Mohr compositeur des paroles de la chanson Douce nuit.  Une certaine magie habite donc ce village de Wagrain. 

 

 

stillenacht

Les petits chanteurs interprétent Stille Nacht, douce nuit.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 24 Décembre 2016

Qui donc est ce Christkindel qui donne son nom au marché de noël de Strasbourg, apporte les cadeaux en Autriche ?


Christkindel  : Mais le Christkindel c'est tout d'abord le mot "enfant Jésus", car c’est la transposition de ce mot.

Mais plus qu’un enfant c’est une Fée germanique, Lichterfee (fée de lumière), ou encore l’adaptation alsacienne de Sainte Lucie croisée  avec une fée ou une dame blanche. (voir Enfant Jésus et Ste Lucie)
On trouve dans ce terme, les mots “petit-enfant-Christ” petit enfant Jésus. Mais pris littéralement on traduirait que c’est le divin Jésus qui apporte les cadeaux. Van Gennep, célèbre folkloriste, par ailleurs très rigoureux, s’y laisse prendre en traduisant, que c’est un petit garçon qui parcourt la campagne avec le Hans Trapp. C’est vrai que sur certaines gravures l’on voit un petit Jésus assis devant le Saint Nicolas,  Père Noël ou un homme de Noël pour apporter des cadeaux, sur d’autres on voit l’homme précédé d’un ange sous la forme humaine d’un petit garçon ou d’une petite fille-ange. Les anges n’ayant pas de sexe défini.
Le concept a été mal étudié, car il s’agit assez énigmatiquement en Alsace d’une jeune fille (jeunette) qui est attendue dans les toutes les maisons alsaciennes (protestantes et ensuite catholiques)  jusque dans les années 50 et aujourd’hui encore dans de rares villages alsaciens.


Si elle peut être le porteur de cadeaux de l’Enfant-Jésus, elle ne peut être l’Enfant-Jésus, car elle est coiffée d’une couronne d’or,  faite de feuillage,  de sapin dans laquelle sont plantées les bougies enflammées. Elle est vêtue de blanc, porteuse d’une clochette (comme on annonçait le Saint-Sacrement dans les rues,  et lorsque  l’on portait la communion à un malade dans un hospice) une baguette (ou une verge, dans un rite de fertilité1  ou pour punir les enfants désobéissants), un panier avec des friandises (pommes, noix, sucreries, pains d’épices, orange).A son entrée, elle jette des fruits dans la pièce. Est-ce une fertilisation du sol, un rite magique ? s’interrogent les érudits. Gérard Leser dans « Wihnahchte en Alsace » nous apprend (page 57) que l’on retrouve une sainte lançant des fruits et aidant les malheureux sur une gravure qui date de 1850 et qui représente le mois de décembre.
Elle parcourt pieds nus, tantôt juchée sur un âne, seule ou accompagnée du Hans Trapp, qui a déjà suivi les pas de Saint Nicolas quelques jours plus tôt dans le mois.
Qu’est au juste le Christkindel, cette Dame de Noël si l’on adopte la formule de Nadine Crétin (le livre de Noël, Nadine Crétin, France Loisirs Paris) , une brochure de l’office du tourisme de Sélestat sur l’Alsace résume :”une créature pleine de contradictions ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de Noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Si l’on résume l’étude que nous avons brossé devant vous, il y a donc des pistes, pour
* la déesse Freia, Perchta (la lumineuse) avec comme indice, les bougies enflammées dont elle est coiffée ou Holda (douce et généreuse) l’indice : les fruits lancés dans la pièce au moment de son entrée...
* une transposition abrupte de sainte Lucie, décalée par le calendrier, apportée par les Suédois,alors qu’ils ne la fêtent que depuis  la deuxième partie du XIX ème siècle soit bien après notre chère Christkindel alsacien. Et ceux qui font l’amalgame avec Ste Lucie n’ont pas étudié le coeur du problème se contente de l’apparence.
* une dame abonde, comme dans d’autres régions, l’indice qui nous y porte c’est la baguette magique qui touche les enfants, mais contre-indice les autre n’ont ni bougies enflammées....
* un enfant Jésus  qui distribue les cadeaux sous un aspect plus âgé... alors pourquoi une jeune fille, une couronne, un vêtement blanc ? cela ne semble pas suffisant.
* une création typiquement alsacienne, nourrie des dames blanches, et des fées germaniques antiques ?
 
Le choix reste ouvert, et les preuves manquent. Mais dire que c’est “remarquable que cette incohérence fondamentale n’ait pas été corrigée par le peuple”34  tend à nous prendre pour des imbéciles, au contraire, le personnage est bien plus (non pas au sens théologique) et bien au-delà de l’Enfant Jésus dans l’imaginaire culturel alsacien, la preuve une fois encore que le pays qui a invité (et exporté dans le monde entier) l’arbre de Noël (1521), Hans Trapp, les marchés de noël ou de l’Avent, a une histoire, un imaginaire, une culture profonde, créatrice et pleine de magie.  F.S.


Christkindele, Christkindele,
Kumm dü züe uns erin
Mer han e frisches Heubindele
Un au e Gläsele Win
E Bindele für’s Esele
Für’s Kindele e Gläsele
Un bette kenne mer au »
(La traduction peut donner ceci :
 Christkindel, Enfant Jésus viens entre donc chez nous,
nous avons un gerbe de foin toute fraîche,
et un verre de vin aussi
la gerbe pour l’âne,
le verre pour l’enfant,
et prier, nous savons aussi » )

(sources : brochure : l’histoire de l’arbre de Noël  de l’office du Tourisme de Sélestat, Marguerite Doerflinguer « c’est un rite magique, qui promeut la santé, la vitalité de l’enfant. L’origine serait à trouver dans un cortège de jeunes filles représentantes des formes fécondantes et fertilisantes du cosmos comme au mois de mai », in la quête de l’Alsace profonde, SAEP Colmar.

Christindl  : c’est aussi le nom d’un village autrichien, bien connu des bibliophiles qui du premier dimanche de l’avent au 6 janvier inclus (Autriche 4411 Christkindl) diffuse et oblitère de très beaux timbres de la nativité. Voir poste.

 

C'est aussi une pomme :  Christkindel (la pomme) : peut tout d'abord signifier  une petite pomme d’un rouge  très prononcé de ce nom décorait spécialement l’arbre de noël, ceci encore au milieu  du siècle dernier. Frotté contre un peu de laine, le rouge se faisait très brillant et lumineux. On la nomme aussi Hambscheim, Santa Klaus, pommier typiquement alsacien d’un sol léger et sec, avec une chair blanche croquante. 



C'est aussi le nom d'un marché de noël typiquement strasbourgeois : le Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

Le discours inaugural du Christkindel de Nuremberg est très attendu chaque année, on peut le revoir ici : 

https://youtu.be/0_Mg9hs-Srk

 

"Vous hommes et femmes, qui étiez des enfants, vous les petits au début de votre aventure de la vie, à chacun qui aujourd'hui ce réjouit et demain se plaindra, qu'ils écoutent tous ce que vous dit l'enfant Jésus. 

Chaque année, 4 semaines avant que l'on se réjouisse que l'on prépare le Christbaum (le sapin de noël), se tient sur cette place, ce qu'untel a déjà vu, se tient ici, ce que l'on nomme le Christkindelsmarkt, (le marché de l'enfant Jésus)  se tient ici

Ce fragile village, fait de maisons en bois et en toile, aussi fragile qu'il soit, est ici depuis l'éternité.

Mon marché restera toujours jeune, aussi longtemps que Nuremberg existera. Ainsi que les souvenirs, le vieux et le jeune est équivalent dans le regard de Nuremberg.... " (...)

.. et que celui qui vient ici qu'il soit le bienvenu." Un texte de 1946

 

Celui qui a tout n'a pas besoin de cadeaux, c'est le pauvre qui sait le mieux offrir et recevoir.

 

Pour en savoir plus sur sa présentation : https://youtu.be/e_-NYGwmuH0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christkindel arrivant dans une maison.

Christkindel arrivant dans une maison.

le "Christkindle" (pas del) symbole du marché de noël de Nuremberg, il est aussi l'apporteur des cadeaux.

le "Christkindle" (pas del) symbole du marché de noël de Nuremberg, il est aussi l'apporteur des cadeaux.

Gravure ancienne de l'arrivée du Christkindel suivi du Hans Trapp (père Fouettard alsacien) dans la stubbe le soir du 24 décembre.

Gravure ancienne de l'arrivée du Christkindel suivi du Hans Trapp (père Fouettard alsacien) dans la stubbe le soir du 24 décembre.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 24 Décembre 2016

Vous voulez en savoir plus sur Hans Trapp, Jean de Dratt, le père fouettard alsacien, appelé aussi Rubelz.

 

 

Mon propos sera un peu plus long, mais il reprend différents articles que j'ai publié sur le sujet.
Ils concernent tout d'abord Hans Trapp (Jean de Dratt) ses variantes folkloriques, mais aussi les personnages autrichien tel que Krampus,



Jean de Dratt, ou Hans von Dratt (Drodt) ou Trotha  père fouettard alsacien évoquant le personnage historique ,  originaire de Thuringe,  du comte de Berwartstein ou Baerwelestein (Bärbelstein) non loin de Wissembourg à la fin du XV ème siècle, mort en 1503 (seul H.J. Troxler parle de 1514), maréchal, du Pfalzgraff Philip, excommunié. (Pour Troxler de la cour du comte palatin Frédéric le Victorieux) Stoiber donne cette version dans l’Alsatia en 1850, en 1876, Seinguerlet parle d’un soudard de la guerre de Trente ans. Il aurait été déposé dans la chapelle Sainte-Anne (dont une photo a été reproduite dans le Nouvel Alsacien du 5.12.1981) où une inscription, aujourd’hui disparue, a rappelé la réputation du seigneur du lieu. Il était un soldat intrépide, à qui l’on confia les châteaux de Grafendahn, du Bertwarstein et de Dahn.
Le dimanche qui suit Noël, à Wissembourg, une tradition fait suite au défilé du vilain homme, fouettant, vétupérant, fouettant, enfermant les enfants dans sa cage. A titre de représailles à ces exactions, les habitants repoussent le malapris dans son château à travers les paysages du Felsenland. C’est l’occasion d’une randonnée de 18 km qui se termine sur un tradition et d’un repas au château du terrible personnage. (DNA 26/12/2003). Le château est aujourd’hui la propriété des Fleckenstein d’Alsace, il a échappé à la destruction lors de la dernière guerre mondiale.
Les accusations portées contre lui seront jugées à Haguenau par la Décapole (l’union des villes alsaciennes), puis par l’empereur Maximilien et enfin par la Diète de Worms. Visiblement, cela n’a pas été facile de s’en sortir,  excommunié, la sanction sera levée par le troisième pape qui eut à connaître de l’affaire Jules II. (Avant lui Innocent VIII, Alexandre VI).

Interdit au  “Hans Trapp”
Est-il toujours valable, ce texte punissait de 3 Gulden le fait de “faire des Christkindel et des Hans trapp, des masqués de Pentecôte et des rencontres entre jeunes gens et jeunes filles”. ( 23 août 1737 paragraphe 18, dans le comté du Hanau-Lichtenberg)



(dans une représentation alsacienne par la troupe dynamique du village de Osthouse, voici un bien débonnaire et symparhique Hans Trapp avec son âne, on remarquera tout de même sa tenue foncée, noire, pas de chaîne aux alentours, mais un sac, c'est le méchant compagnon du Christkindel, voir notre article sur le sujet, l'enfant jésus ou sorte de Fée, Ste Lucie :  Christkindel cet inconnu... )


Le texte dit aussi que les HansTrapp de promenaient avec des “verges et des sonnailles” sont punissables. Les amateurs de traditions populaires devront se méfier, nul n’est censé ignorer la loi !

La baronne d’Oberkirch, dans ses mémoires, raconte  sa visite au marché de noël en 1785 à Strasbourg, « on attend la visite du Christkindel qui doit récompenser les bons petits enfants, mais on craint aussi le « Hanstrapp » (en un mot et tout attaché) qui doit chercher et punir les enfants désobéissants et méchants. Le Christkindel plaît toujours et les cadeaux aussi ; souvent on entend la voix rude et sévère de Hanstrapp », qui paraît même quelquefois armé d’un martinet, et vêtu de rouge et de noir comme Satan ».

Voilà donc le décor planté, une fois de plus,  par la Baronne. On y retrouve la crainte, la tenue noire et rouge reprise par Krampus.

Hans Trapp et autres compagnons négatifs accompagnant les personnages positifs de l’avent et de noël (Nicolas, Christkindel, Père Noël) :
Ces trois personnages (par ordre d’apparition dans nos villes) sont la générosité, et l’honneur personnifiés. Ils distribuent des dots, leur argent, des cadeaux... à deux dates distinctes. Mais afin de mettre en évidence et en valeur leurs atouts et sans avoir la possibilité pour un être aussi gentil de châtier, de juger, de faire peur. Il fallait bien qu’un des personnages hideux, leur négatif en tous points puisse rendre les moins froussards les plus doux.
Ce sont des personnages hideux, les masqués de l’hiver  comme les nomme un auteur1 , qui vont jouer ce rôle. Ou encore les “masqués sauvages” .
 
Ils sont la personnification du mal, à lire ce qu’écrit Jules Hoche en 1897 : “A côté de sa blanche compagne (le Christkindel, l’enfant Jésus, personnification de Ste Lucie qui représente le génie du bien),  il incarne, lui, une sorte de Lucifer, de délégué du diable, de croquemitaine biblique, et il a pour attribut une verge à rameaux tricolores dont il menace les enfants qui ne sont pas disposés à tenir les promesses faites au Christkindel, son nom est Hans Tràpp et il ne parle que le patois d’Alsace.”2

Ils doivent donc  faire peur dans un but pédagogique évident, mais aussi de rappeler que la vieille année s’achève et que le temps de la remise en question des lois sociales et des normes d’organisation de la cité va bientôt revenir. (Le Carnaval, particulièrement  Outre-Rhin, débutant dès la fin du Temps de Noël .)
Ils vont traîner leurs pas lourds durant l’Avent (pour certains) ou seulement aux deux grandes fêtes pour d’autres.
L’origine la plus ancienne semble être, le “Chasseur sauvage” , c’est-à-dire le dieu Wotan, dont un accompagnateur chargé de punir les mauvais enfants se tient à des côtés. Il chevauche les cieux comme  ses   trois descendants3  !
(voir le mot chasse sauvage)
Le personnage le plus connu dans la culture française est le Père Fouettard, sorte d’héritier de Jean de Dratt (Hans Von Trotta)  revêtu d’une peau d’animal ( à rapprocher des masqués de l’hiver, d’où son nom : Rüpelz, celui qui porte une peau de bête) armé de verges, de baguettes. Il faisait grand bruit avec ses bottes (er tratt, d’où selon certains,  le nom : Jean qui trépigne ou encore Jean aux pas lourds  pour J. Lefftz) mais aussi avec des chaînes et des grelots.Dans le Palatinat, on lui donne de nom de “Stampes”. C’est la version de Joseph Lefftz.

 Le personnage historique a donné bien des soucis à la ville de Berbelstein ou Berwartstein (selon les orthographes, l’orthographe des noms de famille n’a été figé que très récemment) près de Wissembourg, Membre de la Décapole, maréchal du Pfalzgraff Philip à la fin du XVème et début du XVIème siècle. Il est mort en 1503. Excommunié pour ses turpitudes qui feraient passer nos délinquants en cols blancs pour des saints hommes . Il a fait office de croque-mitaine de “kinderpopanz” (épouvantail à enfants).  Notamment nous apprend Agnès Ball dans le magazine l’Outre-Forêt (IV-1990 n°72) en barrant la Lauter empêchant le flottage du bois, interdisant de ramasser du bois dans ses forêts alors que c’était un usage cher à la population paysanne d’avoir le droit de glâner bois et baies sauvages. Il fit creuser des digues (sur la Wieslauter  dans la vallée et lorsqu’un lac fut formé, il fit démolir le barrage) et ainsi il engloutit les cultures. Susanne Mayer, dans l’Alsace du 5.12..1981,  parle de « Wissembourg  sous les eaux ».  « Hans voulait aussi que son frère soit admis au chapitre de la cathédrale » nous signale Susanne Mayer.   L’abbé qui s’opposa à Hans partit pour Rome afin de le faire bannir, l’homme mourut sur le chemin du retour, mais Rome avait excommunié le comte en 1493.
Les valets de  cet homme suivirent l’exemple de leur maître et rançonnèrent les commerçants. L’église n’apprécia guère plus,  qu’ avec « 2000 hommes,  il s’empare du château de Saint-Rémy, une des 4 défenses extérieures de l’abbaye de Wissembourg. « Il dévasta notamment le Mundat inférieur ». (Agnès Ball, Outre-Forêt, page 4, IV-1990, n°72). Il prit aussi, selon Suzanne Mayer, des villages de Steinfeld et Kapsweyer. Les habitants durent payer des rançons pour se débarrasser de lui et de ses hommes.
 On comprend mieux  l’excommunication prononcée par l’église puis retirée par le troisième pape par le biais de la médiation de l’évêque de Spire. ( voir aussi Jean-Jacques Mourreau, dictionnaire sincère de l’Alsace singulière » Séguier, Atlantica, Anglet 2002, article Hans Trapp).  Mais apprécié pour ses qualités militaires il sera proclamé  par l’empereur « chevalier de la Toison d’Or » distinction suprême.
 


 (carte de l’Alsace du 5.12.1981, article de Susanne Mayer)








On lui découvre  encore une autre origine selon E.Seinguerlet y voit le souvenir d’un soudard de la guerre de Trente Ans. (1618 – 1648)

Dans les alentours de Munster, on pensait qu’il vivait dans les bunkers de la première guerre mondiale disséminés dans les forêts proches.

Une représentation du Journal illustré  du 1er janvier 1878 (p 5) le montre même avec une bête féroce (un loup ?) tenu en laisse (personnage négatif) un ange à ses côtés (personnage positif). On s’interroge comment on pouvait jouer cette scène ?





 Après son passage si l’enfant s’était mal conduit, il laissait dans les bottes des épluchures, des noisettes trop dures ou des restes de gâteaux ! Bref vraiment pas très sympathique l’ancien homme que ce soit son côté historique qui ressorte ou son côté homme des bois et tête d’âne.
S’il porte un sac c’est non pour se donner une contenance,ou distribuer des gâteries mais bien pour emporter d’éventuels mauvais garnements 4 , qui pourront le cas échéant s’enfuir après une raclée méritée. Le moins crédule commence à y croire emporté dans son sac. Des parents actuels nous racontent avoir été emporté sur quelques mètres dans un sac et reçu quelques taloches de ce Hans Trapp visitant les familles.

Une Benfeldoise de 78 ans (12-2006)  nous a raconté qu’avant guerre  dans sa famille,  on avait reçu la visite de ce Hans Trapp. Elle en avait eu bien peur, il avait un manteau brun foncé et une barbe, portait un « rüet ». Mais ne nous a rien fait. En fait, dit-elle je l’ai reconnu lorsqu’il parlait c’était le voisin, mort depuis longtemps raconte-t-elle, qui s’était déguisé.  « Warte nur ! der Hans Trapp soll dich Hole » était la formule que les enfants redoutaient car elle évoquait la menace d’être emportée dans le sac du Rubelz.

Voici un poème récité par la mère avant la venue du Hans Trapp5  :
Die Kinder wo grîne
Die holt d’r Hàns Tràpp
Der wurd Eich erschïne
In sinere Pelzkàpp
E zottiger Màntel
Hät’er éwer sich gelejt
Der lehrt Eich e Wàndel
I ha’s ni schon gseit !
Er kommt nie als im WInter
In’s Hïsele nï
Dert holt’r e Stacka
E bissigi Rüet
Er schlàjt eim in d’r Nacke
Uff d’Hoser fer güet !
(Les enfants qui pleurent seront cherchés par Hans Trapp, il va vous apparaître en bonnet de fourrure avec un manteau rapiécé qu’il porte sur lui il vous apprendra à changer je vous l’ai déjà dit il ne vient qu’en hiver dans la maison là il prend un bâton une verge mordante il vous frappe dans la nuque et sur les pantalons pour de bon !)






Quand Hans Trapp apparaît enfin, les enfants récitent :
I will folje in d’r Mamme
Im Pàpa noch meh
in alle zwei zamme
Oh ! màch m’r nit weh
Will’s Katzele nimm riswe
Am Wadele, àm Bein,
Ném schlàje, némm bisse, Némm werfe mit Stein
Némm d’Höseler verbrenne
Némm fische im Bach
Das alles versprich i
Im güete Hans Tràpp !
(Je promets d’écouter mamIMG-0601.JPGan et papa encore plus d’obéir à tous les deux  ; oh ! ne me fais pas mal je ne veux plus tirer le petit chat par la queue , ni aux pattes, plus le frapper, plus le mordre, plus le blesser avec des pierres, je ne veux plus brûler mes pantalons plus pécher dans le ruisseau tout ceci je le promets au bon Hans Trapp !)

On le voit le texte ne manque pas d’humour et de recherche de pittoresque d’un personnage négatif supprimé, on en vient à sourire et à rendre grâce à ce méchant qui joue un rôle de justicier, la menace plus forte que la sanction en quelque sorte !  Les dérives que signalent ceux qui jouent les pères noëls à domicile. Outre une récompense à apporter, une tétine ou un doudou à confisquer, ils sont chargés de menacer.

Aux Pays-Bas, c’est “Pierre le Noir” (nommé aussi zwarte Pieten, dont certains dictons sont encore porteurs d’un sens proche en Alsace, il sera alors utilisé dans l’esprit de mouton noir, de bouc émissaire), accompagné de “Maures” en souvenir sans doute des invasions musulmanes du Sud du 8ème siècle. Ces deux personnages, deux valets maures  (Maures),  sont alors les  héritiers des saltimbanques du Moyen-âge, faisant tours, acrobaties et se promènent au visage noirci.

Au contraire, le Père Fouettard est vêtu de foncé, hirsute, ou encore de paille,  pileux agite avec force cloches et fouets (telles les divinités anciennes pour porter bonheur on secouait les fouets,  et l’on tapait avec des verges, ces rites interdits par le christianisme ont, selon toute probabilité,  été transformés en rites autorisés ou du moins tolérés). D’ailleurs l’origine serait la théorie de Arnold Von Gennep Hans Trapp serait d’origine  Jésuite datée du 18ème siècle.
Quand Knecht Ruprecht monte à cheval (en opposition avec la simplicité de l’âne de Nicolas) on donne le nom de “SLUPINIS” à rapprocher du  nom de Sleipnir. Son proviendrait d’un ancien qualitatif traditionnel du dieu “Wotan”, “Wuotani ruoberath “ du vieil haut allemand “hruot”, renommée et “beraht” “brillant”.

 

 

 


KRAMPUS  !!!!

http://3.bp.blogspot.com/_eDRC7FznR9Y/SVlR9WNmoNI/AAAAAAAAA24/N7nhotGAS7w/s400/Krampus+still+looking_st.+Nicholas+looks+on.jpgcette image provient du site :
 : therecoveringdissidentcatholic.blogspot.com/2. (même dans les liens nous ne sommes pas sectaires !!)


exemple de Krampus qui attaquent : (le folklore à l'heure actuelle : (Exemple d'une tradition vivante ! On peut couper la musique si nécessaire)

http://www.youtube.com/watch?v=jmu6L2KzKXQ&feature=fvw

link
  Ou moins virulent : ici : http://www.youtube.com/watch?v=kYS0OSDVpVs&feature=related
link

 

 

 




Quand un “diabolique KRAMPUS” accompagne le dieu de Noël....
KRAMPUS, un drôle de diable fouettard autrichien  !
Le personnage qui m’intrigue le plus est bien ce fameux KRAMPUS, inconnu dans notre Alsace, Hans Trapp survivant et occupant bien son rôle, nul besoin d’aller voir ailleurs.
Et pourtant, il est bien effrayant, régnant en Autriche et dans certains Lands allemands et  à la frontière italienne. Il ressemble à d’anciennes représentations des dieux de l’hiver à cornes et sabots, mêlant à plaisir leurs atours les moins recommandables, diable, chèvre, boucs, cornes...
Les quelques illustrations de notre livre en témoignent. Les enfants en raffolent tout de même. Des peluches, images, et des formes en chocolat Krampus étant disponibles  au-delà des frontières. Attirance dans l’air du temps pour le croquemitaine ou les personnages négatifs, jamais les publicitaires n’auront eu de produit « diablement bon, à s’en damner, c’est l’enfer devient une formulation positive » chassé l’angélique « saint-Marc » et sa lessive pour être « diablement efficace ».

Les Hollandais recherchent la signification originelle dans le dieu Odin (comme le Père Noël) (dit aussi OEL) qui épiait les enfants qui par les fenêtres ou les trous de cheminées (expliquant ainsi sa couleur de suie délictuelle).
 
Un autre nom Hans Muff est cité dans les ouvrages germaniques comme personnage équivalent au Hans Trapp. Dans l’Alsace bossue, on désigne le personnage par le quolibet : “Müllewitz” qui proviendrait du moyen-haut-allemand “bilwitz” = “le kobold,” ou lutin domestique.

Un certain Hans Trapp était vu à Orschwihr, qui entrait la tête sous le bras, et les dents de cuir ”Ladrigi Zähn”, et son derrière se trouvant dans le “Schnappsack”.(la poche permettant de glisser le flacon de kirsch ou d’eau de vie )
La Baronne d’Oberkirch, née Waldner de Freundstein, le décrit dans ses mémoires tel qu’elle l’a vu lors de son passage à Strasbourg en 17857  :
“...mais on craint aussi le Hans Tràpp qui doit chercher et punir les enfants désobéissants et méchants.. souvent on entend la voix  rude et sévère de Hans Tràpp, qui paraît même quelquefois armé d’un martinet, et vêtu de rouge et de noir comme Satan.” Ce rapprochement n’est pas vain, on l’a vu avec un certain KRAMPUS

CHARLES-QUINT, Un autre Père fouettard Lorrain… Le père fouettard lorrain est Charles Quint (1500-1558) où l’on se servit de l’homme pour accompagner le vénéré saint Nicolas à des fins politiques.


Cela constitue la forme la plus originale de Père Fouettard, celle usitée en  Lorraine. Le croque-mitaine ressemble à l’empereur Charles-QUINT avec un bicorne  au long nez (dans la ville de Metz) il avait en effet fait le siège devant Metz en 1552,alors que le Roi Henri II l’avait conquise, voulant reconquérir la ville.  Les tanneurs avaient retenu un personnage grotesque au long nez, avec fouets, suivants et branchettes  qui accompagnait Saint Nicolas dans la ville. Façon de résister au siège de la ville par le roi, de soutenir le moral et convertir les enfants contre l’assiégeur. or pendant le siège de Metz afin de soulever le courage de ses hommes, “la corporation des tanneurs avait inventé un personnage grotesque, armé d’un fouet, qui faisait la chasse aux jouvencelles et bachelettes, petits valets et damoiseaux au long des rues affamées de Metz. ce personnage personnifiait Charles Quint, le tyran qui voulait conquérir la ville”.  Le siège ne fut levé qu’en janvier 1553. L’année suivante, le retour du Fouettard (local) est effectué sous l’impulsion de la confrérie des Tanneurs. Elle persiste en l’espèce toujours actuellement.

Mais il en existe encore d’autres Pelzbock et Russelbock en Allemagne (bouc velu et bruyant) ,  Schmultzli (du verbe verschmutzen : salir, donc signifiant le sale) en Suisse, ou  Rumpleklas (Allemagne).

Un Homme à tête d’âne, à Munster
L’âne accompagnateur à 4 pattes devient un homme masqué
Citons un cas plus alsacien de la vallée de Munster, que nous rapporte Gérard Leser, dans Wihnachte en Alsace, édition du Rhin,  qui ne manque pas de nous interroger, un homme accompagnant le Christkindel est vêtu d’une tête d’âne ou encore  d’une tête d’âne avec un bec d’oiseau  (A Munster, portant le dom de “d’r Schnàwelesel”  soit “l’âne à bec”.) Il comporte un sac en toile de jute grise, portant une cloche autour de son cou, et des chaînes bruyantes. Parfois ils poussent des cris épouvantables.
En guise de récompense il recevait une piécette. Alors que l’âne à 4 pattes accompagnant le donateur recevait une carotte, une botte de foin.
Il circulait les dimanches soirs de l’Avent, et quelquefois les jeudis soirs après la Saint Nicolas.
Il ne rentrait avec le Saint Nicolas qu’à condition d’y être expressément invité. 

Et on peut se risquer à  tracer  un parallèle avec les premières critiques visant les débuts du christianisme, on a ainsi trouvé des graffitis représentant les Chrétiens comme des adorateurs d’un âne. Sans doute l’entrée de Jésus à Jérusalem a marqué les esprits et une ressemblance entre deux mots. 
Il existe des personnages équivalents en dehors de l’Alsace, le Schnabbucke  du nord de l’Allemagne ou les Habergeissen  du sud de l’Allemagne, et pour la Suisse, les Spräggele d’Ottenbach près de Zurich8 .  
Cette coutume n’est pas spécifiquement européenne, on en retrouve des traces (sans doute exportées) dans la péninsule d’Oga au Japon, où le Namahague portant cornes et crocs et frappant violemment sur une marmite passe la nuit du 31 décembre à demander :”Y-a-t-il des bons à rien ici ?”.
Hans Tràpp crie bien:“Qui n’était pas gentil ici ?” faisant mine de l’emporter avec lui.

Cette Bonne interrogation toute emprunte d’esprit philosophique oblige à l’examen de conscience, d’un retour sur soi et invite  l’humilité des citoyens du pays du soleil levant. Chez les Indiens, le MARIWINE, selon Nadine CRÉTIN 9  a la particularité de se déplacer accroupi et visite plusieurs fois par an les enfants, avec plumes et une  épaisse couche d’argile sur le corps. La bouche cerclée de boules de Kapok.

Si le sapin de Noël né à Sélestat a fait le tour du monde, il faut bien croire que notre Hans Tràpp a des cousins, des voisins, des ancêtres, mais aucune copie réelle. On note bien des ressemblances, mais la dizaine de noms et de comportement l’isole  de sa progéniture.

Ces personnages négatifs à rapprocher donc des masqués de l’hiver, ont croisé l’histoire à Metz, en Alsace (Hans von Trotta) pour donner un personnage mystérieux destiné à la fois  à mettre en valeur le bon saint, l’enfant Jésus (La modernisation de Ste Lucie à l’époque du Concile de Trente et du bannissement provisoire de Saint Nicolas10 ) ou le Père Noël, mais aussi à diriger l’enfant vers le bon chemin, celui du Bien, de la Vérité et Krampus est bien la démonstration du Mal des démons et des conduites à  ne pas suivre. S’adressant ainsi au passé des adultes et à l’avenir des enfants, en les interrogeant chacun à leur niveau sur leur conduite et leurs actes.

D’autres noms pour les compagnons du Saint Nicolas :
De drôles de noms pour de drôles de compagnons :
Certains sont assez comiques, leur nom provient souvent de déformations des bruits qu’ils font ou expliquant leur allure, ou encore de la déformation d’un personnage historique comme Hans Trapp / Jean de Dratt.

 

 

 

Knecht Ruprecht,
 Père Fouettard, Rubelz, Hans Trapp (Jean de Dratt), Pelzenickel (Nicolas à fourure), d’r Beses, Buzemann,  Müllewitz (vient de bilwiz : lutin domestique), Perchten, Peckeresel (Péckeesel) :  en Alsace
Hans Muff, Düvel,Bock, Beelzebub, Böser Klaus, Ascheklas, Bullerklas, Klas Bur,
Zwarter Piet : Pays-Bas (Le Pierre noir, un jeune page noir compagnon du saint)
Pietermann, Pulterklas, Ruklas, Rupsack, Pelzebock, Pelzebub, Pelznickel, Butz, Rumpelklas, Schmutli, Düsseli, Semer, Klaubauf, Krampus (Autriche), Schiachtperchten, Partl, Bartl, Leutfresser, Biggesel, Schwarz Käsperchen, Spitzbarl, Erbsbär, Grampeler, Klaubauf, Ganggeler, Piggerler, Tuiff…Teufel
Buttmandeln (Bavière),  Treichler…
Le Maure, Nickel, Robert.


Le blason de Jean de Dratt
Ce qui prouve son existence historique porte des motifs décoratifs mais encore un corbeau tenant une bague au bec ainsi qu’un renard.

Le corbeau correspondrait à la mésaventure de l’oncle du personnage, un jour évêque.
Il s’aperçoit qu’on lui a substitué sa bague. Il soupçonne un de ses valets, que l’on exécute.
Mais quelques temps plus tard, la bague est retrouvée dans un nid de corbeau se prenant pour une pie.
L’homme aurait ainsi, en signe de repentance avant l’heure, fait figurer le voleur dans son blason, à défaut de valet innocent.

Le renard, loin du conte de La Fontaine, serait un rajout symbolisant la ruse : qualité attribuée à Jean de Dratt.
 

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 24 Décembre 2016

L'histoire de la crèche de Bethléem...

 

 

 


Bethléem, signifie «maison du pain» (Beth-Léem) ce qui est porteur de sens dans l’explication du message de Jésus, il apporte le «pain de vie, ou le pain descendu du Ciel». Mais que s’est-il passé dans ce village de Judée ?
BETHLEEM

 

 


2010 1568

(crèche en taille réelle, exposée au marché de noël de Freibourg en Brisgau, sculpteur de Freiburg)

 

 

La première crèche vivante date de Saint François d’Assise (le poverello) qui la  créa en 1223 dans une grotte avec l’autorisation du Pape Honorius III, dans la forêt de Greccio, petit village des Abruzzes,  près de Rieti, une mangeoire remplie de foin, un boeuf vivant et un âne. Son but était de rendre le message de l’incarnation plus compréhensible aux ouailles du saint.  St Bonaventure, compagnon de St François, raconta plus tard que le saint tenait ensuite le saint enfant vivant dans ses bras.  Quelques années plus tôt, le pape Innocent III avait interdit toute représentation de la crèche dans les églises (1207) pour éviter sans doute les fantaisies.
Pour se rendre à Bethléem ? La sainte famille s’était retrouvée dans cette petite ville de Judée (Luc 2) pour obtempérer à un ordre romain de recensement de César Auguste ordonnant de se faire compter dans la ville d’origine de sa tribu. L’évangéliste Luc (II,1,5) précise car il était de la progéniture de David. Et, Marie, son épouse, l’accompagnait.»  C’est en effet de là qu’est partie Ruth, la Moabite, ancêtre de David, et David était de Bethléem (1 S 16).
 Ces recensements n’étaient pas exceptionnels, en 103 après J.C., Caïus Vibius Maximus, préfet d’Egypte ordonne à tous ceux qui ne demeurent pas au pays de leur famille d’y revenir sans délai s’y faire inscrire. On peut lire à Londres des documents de l’époque qui attestent de ce recensement. (Daniel-Rops, de l’académie française,  p 119, Jésus en son temps, Brouty, J Fayard et Cie, 1945)  
Hérode fut très impressionné par le message des mages, car il connaissait la Bible et la prédiction du prophète Michée (Mi 5.4) qui signale «c’est de toi, Bethléeem que sortira celui qui doit régner sur Israël» (ou le chef, le pasteur de mon peuple Israël (Mt 2) (le débat existe vraiment, car même Jean en parle, chapitre 7 : D’autres disaient : “C’est lui le Messie !” Mais certains demandaient : “Le Messie peut-il venir de Galilée ? °Le Messie est descendant de David : n’est-ce pas dit dans l’Écriture ? Et il doit venir de Bethléem, la ville de David.” °) , reprenant les prophéties d’Isaïe : «Une pousse sortira du tronc de Jessé». Pourtant la ville devait souffrir d’un déficit d’image,  car on disait que «peut-il sortir de bon» de ce village perdu.
Le  lieu de la naissance de Jésus, il est assez étonnant que certains contestent actuellement le fait de cette naissance en ce lieu, car cet endroit a été consacré et vénéré dès les premiers siècles du christianisme. (Dictionnaire de la Bible p 162). Le lieu fut même connu des autorités romaines, car après la deuxième révolte juive de132 à 135 après JC, l’empereur Hadrien confondant juifs et chrétiens  déshonora le lieu de la naissance de Jésus en y plantant un bosquet sacré dédié à Adonis. (Dieu de l’amour, donc il a été le lieu de profanations ou de rites érotiques, on estime donc que si le lieu n’avait pas été considéré comme sacré car véritable lieu de naissance, jamais il n’aurait été repris par les chrétiens pour y bâtir une basilique car largement profané).  Justin le philosophe considère le lieu comme «le logis» natal du Christ.  Saint Jérôme dit justement de ce lieu : «ce n’est pas dans l’or et l’argent que vit au monde le Seigneur mais dans la boue». Même si actuellement le marbre, l’encens et les ostensoirs s’y accumulent. Difficile d’y laisser la boue tout de même pour faire authentique !
Distance ?
De Nazareth  à Bethléem, il s’agissait pour le saint couple de parcourir 150 kilomètres à dos d’âne (sans doute) dans une caravane ou isolément, on ne le sait, sur des routes médiocres. Au pas de l’âne, Daniel-Rops (déja cité) avait calculé qu’il fallait 4 jours pleins. Rome n’avait pas encore refait les routes sur ce trajet. Dur trajet sur une route cahotique pour une femme enceinte juchée sur une piètre monture un âne local. (voir le thème de l’âne dans un de numéros de noël)
Puis l’arrivée dans cette ville culminant à 800 mètres d’altitude sur les flancs de deux collines jumelles, petite ville blanche.  Elle compte aujourd’hui 50 000 habitants, dont 40 % de chrétiens. (selon le site israéliens des affaires étrangères).
L'archéologue Aviram Oshri a cru faire une découverte d’un village homonyme en Galilée à 6 kilomètres de Nazareth, mais ce lieu était connu, il lui suffisait d’étudier les dictionnaires bibliques qui parlent de deux Bethléem (p161 dictionnaire de la Bible). Des traces archéologiques y ont été découvertes ainsi que celles d’habitations d’une population chrétienne.

Cette découverte confirmerait l'existence d'une Bethléhem dans le territoire de Zeboulôn (voir Josué 19:10,15) où est mort le juge Ibtsân (voir Juges 12:10) ; mais Jésus est né à Bethléhem Ephratha en Juda (voir la prophétie de  Michée 5:2 citée plus haut).

 

 

2010-1541.JPG (crèche bavaroise en bois, une étable montagnarde, les santons sont en bois d'érable ou de hêtre)

 

Une grotte ou une maison ? Les deux, à coup sûr. Il s’agit en fait des excavations, des sortes de maisons semi-troglodytes. Telles celles alsaciennes plus élaborées et plus tardives de Graufhtal Kronthal.  Des refuges similaires sont toujours visibles, plus à l’Orient , en Turquie (Cappadoce), celles iraniennes (Nord-Ouest de Kandovan), on en connaît aussi en Egypte (près de la mer rouge). Il est étonnant que l’on oublie dans notre époque moderne que ces types de refuges aient pu être utilisées par des bergers veillant sur leur troupeau la nuit, contre les bêtes sauvages, protégés des intempéries dans ces grottes au fond des roches.
D’ailleurs Origène, au IIIème siècle, séjourne en Palestine, et confirme cette tradition sur la grotte de la Nativité.
Pour sacraliser le lieu et éviter une nouvelle dégradation, Sainte-Hélène, mère de l’empereur Constantin,  qui recherche des traces de la vie de Jésus, (découvre la Croix, ce que l’on nomme «l’invention de la vraie Croix» (invention au sens de découverte d’un chercheur de trésor) fait surmonter le lieu d’une grande basilique (325-326), modifiée ensuite par Justinien (empereur byzantin 527-565)  en 531.
La chapelle où Jésus est né ne montre plus le roc que l’on découvre dans l’oratoire proche, dit de la «Crèche» qui abrite ce que l’on nomme «l’autel des Mages». C’est dans une de ces grottes qu’aurait vécu saint Jérôme sur la traduction latin de la Bible, il y serait mort en 419-420. (dictionnaire de la Bible, André-Marie Gérard, collection Bouquins, Robert Laffont  donne ces quelques précisions) Le lieu de cette plus ancienne basilique du monde fut menacé à plusieurs reprises de la destruction, notamment en 614 les Perses épargnèrent la basilique car ils furent impressionnés par la représentation en mosaïque des rois mages qu’ils interprétaient comme les prêtres zoroastriens. (ce qu’ils pouvaient en effet être). Le calife fâtimide Hakim voulut lui aussi la détruire.
Crèche de Noël en Alsace des représentations tardives :
Il n’est pas question ici de retracer l’histoire de la crèche qui occuperait une dizaine de pages, la crèche fut d’abord un objet d’églises, puis de parvis d’églises, peu répandue en Alsace. Même si on trouve des carreaux de  poële en faïence, des plaques de fonte de Zinswiller, des moules à gâteaux rhénans avec la représentation de la Nativité. La plus ancienne sculpture la nativité alsacienne qui nous soit parvenue se trouve à l’église de Baltzenheim et date du XIème siècle. Le plus ancien dessin est extrait de l’Hortus deliciarum (dans l’encyclopédie de l’abbesse du Mont-Ste-Odile). Parmi les plus anciens documents le retable  des dominicains de Martin Schongauer et le retable d’Issenheim de Matthias dit Grünewald. Le Noël alsacien est occupé par l’arbre de noël (Christboim) il laissa tardivement un peu de place au pied de la crèche dans les maisons individuelles. Et connut quelques réticences du coté du protestantisme alsacien. les anciennes gravures en sont témoins qui montrent les noëls domestiques, si sapin et branches il y a, peu de crèche et encore moins de santons...  Geiler de Kaysersberg, prédicateur de la cathédrale, qui ne pardonnait aucun papisme, affirme posséder une crèche dès le 18ème siècle. Il semble selon Van Gennep, le folkloriste, que les crèches du Moyen-âge se trouvaient dans les couvents et monastères féminins, d’où les «petits Jésus» de cire que dénoncèrent les prédicateurs.

2010-1472.jpg

(crèche taille réelle, personnages en bois polychrome, ville de Stuttgart, marché de noël)

 

 

Quelques dates :
1207 Innocent III interdit toute représentation des crèches dans les églises
1223 François d’Assise crée la première crèche vivante à Greccio sur autorisation du Pape Honorius III
1252 arrivée des crèche de l’autre côté des Alpes
1545-1563 le concile de Trente autorise l’adjonction d’autres personnages que ceux de la Bible.
1571  mentions des crèches dans les cours de Bavière, Westphalie, Rhénanie, Palatinat, Hesse, Silésie, Saxe, Poméranie.
La plus ancienne crèche française est conservée à Chaource (Aube, église-Saint-Jean-Baptiste de Chaource)  avec des pièces mobiles datant du XVIème siècle. Dans les églises françaises,  on utilisa des crèche avec des mannequins de bois avec mains et tête de cire ou personnages et animaux en verre filé de Venise
XVIIème siècle : Les premières crèches aux personnages habillés venant d’Espagne, apportées en Italie par les Jésuites.
1601 Altötting,
1607 Munich, 1608 Innsbruck, Hall.
1700 Arrivée de la crèche dans les familles Autrichiennes, dans le grand public.  Ainsi le Dr Haider, écrivit en 1890 que le premier arbre de noël ne fut planté à Ischgl qu’en 1890, on y trouvait déjà bien une crèche.
1775 : naissance du premier santoum (petit saint)  qui ne percèrent jamais dans les régions bavaroises ou tyroliennes où la profusion et la  maitrise du bois permirent de sculpter étables et personnages de crèche.
1802 interdiction de la crèche dans les églises. 1825-1848 Ludwig 1er elles sont de retour dans les églises bavaroises.
XIXème siècle : grand succès des crèches de papier et de cartons en Alsace et en Allemagne.
1870 : première crèche en Scandinavie. 


2010-1512.JPG(springerlé, moule à gâteau d'anis avec motif crèche dans lequel a été formé ce "springerlé" ce gâteau)

 

2010-1566.JPG (crèche de papier)

 

 

A quoi sert la crèche ?
Idolâtrie, conspuée un temps par les protestants, interdites par les témoins de Jéhovah, qui ne célèbrent pas les anniversaires, ni la fête de noël placée à une date païenne, et dont le Christ ne demande pas la célébration. C’est pourtant un élément important pour transmettre la foi. C’est même une «branche reconstructrice de l’art sacré,
elle doit aider l’ «homme pieux à avoir le sentiment qu’il pénètre sur la scène de l’histoire sainte et l’encourager à méditer le plus profondément possible sur la voie qui le mène au salut». Rudolf Berliner (1955)

 

2010-1646.JPG (crèche d'église, Saint Sulpicienne, avec personnages de plâtre)


 

«Et toi, Bethléem, la fertile, petite parmi les milliers de Juda, tu n’es pas la moindre, car c’est de toi que sortira le chef qui conduira mon peuple d’Israël, celui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours d’éternité !»

                (Michée, V,1)

crèche alpine placée dans un meuble d'angle, Pfunds, Tirol

crèche alpine placée dans un meuble d'angle, Pfunds, Tirol

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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