Publié le 16 Décembre 2015

Voici une publicité qui ne vous laissera pas indifférent, elle secoue le web après avoir secoué toute l'Allemagne, elle est réalisée pour la chaîne de magasins (supermarchés) EDEKA, même si cela n'est pas important pour la suite,

laissez-vous emporter...

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Publié le 6 Décembre 2015

Mennele : (Mànnele) bonhomme de pâte briochée offert à la Saint Nicolas. Il porte autant de noms que de villages, mannele, mannelà, (petit homme) bonhomme de pâte briochée offert à la Saint Nicolas, ils évoquent la légende des trois enfants ressuscités par le saint homme.

Mais on trouve également de grands hommes décorés avec crosse et ornements qui sont alors la figure du Saint homme. Ils portent aussi des noms différents selon les villes du Sud de l’Allemagne, mais sont des cousins de nos Mennele alsaciens, les Dombedei (à Karlsruhe, petit homme de pâte Teig), Weckemannela (petit pain bonhomme) ou reprennent leur donateur Nicolas (Niklaus) dans leur nom : Klausmännele, Klausmänner. En Suisse : Grätimann. Ces petits pains briochés sont aussi élaborés, Outre-Rhin, à l’occasion de la Saint Martin en forme d’homme ou même d’oie cette fois. Sans provoquer de massacre dans les basse-cour.

Dans ses autres présents, citons la mandarine, le pains d’épices, et les brioches en forme d’escargot, qui sont inspirées de la crosse de l’évêque qui a cette forme caractéristique. Spécialité boulangère éphémère elle sera remplacée par les stolle en biscuit sitôt la fête passée.

Le mennela, une pâte briochée levée, peut se composer de raisins ou juste en être décoré, de pépites de chocolat (noir ou même blanc) de streussel.... ou avoir des bottes grâce à un glaçage chocolaté.

Il est rarement l’évêque lui-même, l’image ci-contre le montre pourtant, avec son chapeau d’évêque et des bottes recouvertes de grains de sucre évoquant la neige des journées froides de décembre. Ces petits pains briochés sont aussi élaborés, Outre-Rhin, à l’occasion de la Saint Martin en forme d’homme ou d’oie cette fois. ☐

Une fournée de petits bonhommes munis d'une pipe !

Une fournée de petits bonhommes munis d'une pipe !

deux mannele alsaciens avec quelques friandises...

deux mannele alsaciens avec quelques friandises...

D'autres friandises en-dehors des bonhommes apportés par le Saint Nicolas le 6 décembre.

D'autres friandises en-dehors des bonhommes apportés par le Saint Nicolas le 6 décembre.

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Publié le 6 Décembre 2015

Dans le charmant village du Ried d'Osthouse, une tradition menée par Project'ILL, survient (presque) tous les deux ans, durant deux congés de fin de semaine, les vendredis, samedis et dimanches soirs tout le village est en effervescence pour vous faire partager quelques unes des traditions alsaciennes, aux lueurs des bougies, des odeurs de cannelle, de bredele et de vin chaud.

Sur un sentier se succèdent les représentations des 4 rois mages, des toiles d'araignée guirlandes, de la reconstitution de la crèche, mais aussi du calendrier de l'avent, des rennes un peu éméchés, des rennes qui s'alarment de la perte du costume du père noël, de l'atelier du père noël, de la tv rennes... ou un père noël dépassé par la technique informatique qui tente d'ouvrir ses "émil" et de cliquer sur une fenêtre, cherchant en vain son icône sur son bureau !!

Le tout rythmé par une parade des anges, d'un Christkindel et d'un père noël qui ne renâcle pas à prendre les enfants dans ses bras et à être photographié.

Bref tout un univers aux couleurs douces et espérant ainsi faire rêver les petits et les grands... Et cela fonctionne !

Un très beau projet de bénévoles de l'association Project'Il.

(l'entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans et payante pour les adultes 6,50 euros)

Crèche vivante d'Osthouse

Crèche vivante d'Osthouse

le père noël qui tente de se mettre à l'informatique ! Les "Emiles" reçus sur son ordinateur !

le père noël qui tente de se mettre à l'informatique ! Les "Emiles" reçus sur son ordinateur !

la légende des "4" rois mages !

la légende des "4" rois mages !

dans la parade, évidemment le Père noël !

dans la parade, évidemment le Père noël !

dans la parade aussi des Christkindel, des anges de noël très lumineux !

dans la parade aussi des Christkindel, des anges de noël très lumineux !

Calendrier de l'Avent vivant, avec Ste Lucie, Ste Barbe, Saint André et St Amboise (au centre).

Calendrier de l'Avent vivant, avec Ste Lucie, Ste Barbe, Saint André et St Amboise (au centre).

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Publié le 2 Décembre 2015

C'est aujourd'hui 6 décembre, que notre blog fête ses 8 ans !!

en ce jour de la Saint Nicolas.

C'est outre l'occasion de vous souhaiter avec nous un Joyeux Anniversaire et aussi

de dire à tous un grand merci.

Et pour fêter cela, nous vous offrons pour un temps limité de parcourir en couleurs, notre numéro 178.

Pour cela cliquez sur le lien ci-dessous. (La reproduction de tout ou partie de cette lanterne est interdite, tous droits réservés)

Le blog de la petite lanterne.

****** EXCLUSIF, SPECIAL NOEL****************

Pour quelques contacts, accès à durée limitée,

voici en couleurs le numéro 178 qui vient de paraître.

Il est disponible uniquement en mode lecture.

Le calendrier de l'Avent, des sentiers de noël d'Osthouse, avec trois fenêtres ouvertes, Ste Lucie (le 13 en haut) Saint Amboise (au centre), St André (30/11 en bas à gauche) et Ste Barbe (patronne des pompiers à droite en bas)

Le calendrier de l'Avent, des sentiers de noël d'Osthouse, avec trois fenêtres ouvertes, Ste Lucie (le 13 en haut) Saint Amboise (au centre), St André (30/11 en bas à gauche) et Ste Barbe (patronne des pompiers à droite en bas)

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 2 Décembre 2015

Le numéro 178 de la petite lanterne est paru, il ne devrait pas tarder à vous parvenir.

Nous avons offert aux lecteurs de ce blog, la possibilité de lire l'article inédit sur le retable d'Issenheim et le lien avec la première partie de l'analyse parue en décembre de l'an passé.

Au sommaire : St Nicolas au Tyrol avec son arrivée en luge avec à ses côtés l'horrible Krampus, quatre pages "bougies de l'avent", les infos de Medjugorje,

le petit lutin Jultomte suédois "père noël suédois", les calendriers des marchés et manifestations de noël, noël en Provence, les 13 desserts, les pastorales provençales, les santons, un drôle de petit conte, des histoires drôles de noël, des illustrations anciennes inédites.

Il reste quelques exemplaires en trop, demandez en un rapidement en adressant votre coordonnées postales à redaction@petite-lanterne.com

couverture du numéro 178, avec l'arrivée de Saint Nicolas et de Krampus dans un village tyrolien de montagne en luge.

couverture du numéro 178, avec l'arrivée de Saint Nicolas et de Krampus dans un village tyrolien de montagne en luge.

chromo de noël réalisée avec 9 images anciennes années 40-50 d'origine suédoise. Reproduction interdite.

chromo de noël réalisée avec 9 images anciennes années 40-50 d'origine suédoise. Reproduction interdite.

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Publié le 2 Décembre 2015

Voici la deuxième partie du texte, notre dernier numéro 178 qui vient de sortir, sur le retable d'Issenheim, rédigée par M. l'abbé Joseph Loeb.

Comme chaque année, l’abbé Joseph Loeb nous propose sa réflexion de Noël. Ce n’est pas un conte, mais la suite de son analyse du retable d’Issenheim,

dont il nous a proposé la première partie dans le numéro de noël de l’an passé, n°173. décembre 2014.

(NDR : On peut relire le premier texte dans notre numéro de noël 2014 et sur notre blog/site)

Les Anges font partie du paysage de Noël. Dans le ciel de Bethléem ils étaient une multitude à chanter «Gloria» ! A nos crèches il y en a au moins un, celui de l’Annonce aux Bergers ; sur le Retable de Mathias Grünenwald ils sont deux. Mais il les voyait en rétrospective car l’Enfant que tient Marie n’est plus

un nouveau-né. Ils sont foule «Concert des Anges» sur le Retable. Le Conservateur Pierre Schmitt disait que leur présence était un mystère inexplicable et inexpliqué, si on ne recourait pas au texte des Révélations de Sainte Brigitte de Suède (+1373).

Que Maître Mathias et ses commanditaires, les Antonins
d’Issenheim, aient été influencés par ces Révélations est très
probable. A leur époque, elles étaient devenues accessibles par leur
traduction : d’abord du suédois en latin, puis en allemand, et diffusées ensuite grâce à l’invention de l’imprimerie. D’après ces Révélations on peu penser que le Concert des Anges s’adresse beaucoup plus à Marie qu’à son Enfant.

Revenons au Concert peint par Maître Mathias. Au premier plan il y a trois Anges Musiciens. Les autres se pressent nombreux, dans un joyeux désordre dans l’édicule gothique qui figure le Ciel. Variés dans leur présentation ils sont de toutes les tailles, des plus petits jusqu’à un très grand, fortement emplumé et curieusement couronné. Près de lui on voit la tête noire d’un ange déchu ouvrant tristement son oeil unique sur le bonheur qu’il a perdu. Que peuvent chanter ces Anges sinon ce que chantait le Bien-Aimé dans le Cantique des Cantiques, ou ce qu’avaient annoncé les Prophètes de l’amour du Bien-Aimé pour l’Epouse infidèle, magnifiquement réhabilitée.

Les Anges chanteraient donc à la fois la Nativité du Christ et les Noces de l’Agneau. Alors Noël n’est plus seulement fête de l’amour maternel et filial, mais aussi de l’amour nuptial à la fois divin et humain. Est-ce que Grünewald voulait dire tout cela par son concert des Anges ? On peut le penser, pas l’affirmer. Dans une oeuvre d’un tel génie chacun peut trouver des lumières qui lui viennent personnellement, et dans le Mystère de la Nativité, une lumière sur la personne, sur sa vie, sur l’amour dans sa vie et y découvrir comme un mystère sacré d’Alliance nuptiale.

Les gens mariés portent à leur doigt un anneau signe de leur amour : une alliance. Bien des célibataires auraient voulu en porter une, mais y ont renoncé par choix ou par dévouement, d’autres parce qu’ils n’ont pas rencontré l’âme soeur. Des religieuses, des religieux et des personnes consacrées en portent une en signe de leur consécration. On peut aussi vivre sa consécration sans en porter un signe extérieur. Certains retirent leur alliance parce que l’amour qu’elle signifie n’existe plus.

Un impressionnant grand Ange musicien lève son regard vers une petite auréole qui plane au-dessus du groupe. Dans ses Révélations Sainte Brigitte nous dit ce qu’il voit. «Devant la face de Dieu Créateur, se tenait encore incréé, un petit monde de toute beauté..., il devait donner plus de gloire à Dieu, plus de joie aux Anges et plus de bénédictions aux hommes que l’univers immense. O très douce souveraine, Vierge Marie ... C’est avec raison qu’on vous reconnaîtra dans ce petit monde.»

Bien au-delà de la maternité divine de Marie, il glorifie les Noces de la Divinité avec l’Humanité. Elles ont commencé dans la personne du Verbe fait chair, vrai Dieu et vrai Homme, mais doivent se réaliser pleinement dans toute l’Humanité, car c’est chaque être humain qui est appelé à la divinisation par participation.

Sur le retable le Concert n’a pas lieu à Bethléem mais au Ciel, et pas seulement dans la Nuit de Noël, mais toujours dans l’Eternel Aujourd’hui de Dieu. Et cela en prospective : il avait déjà eu lieu bien avant la date historique car, d’après Sainte Brigitte, les Anges étaient dans le secret depuis leur création. Ils avaient élu dès lors Marie pour leur Reine : «Vierge Marie, les saints Anges vous aimaient d’un grand amour depuis le premier moment de leur existence... Ils savaient que vous seriez élevée plus près de Dieu qu’eux-mêmes... Vous étiez la Reine des Anges dès leur création.»

Ce «petit monde» en ovale est vraiment mystérieux ; on y voit des Anges, avec leurs
têtes et leurs ailes, mais on n’y voit pas Marie. On devine une femme, debout à gauche,
petite, pas spécialement gracieuse. Elle semble nue comme Ève, nouvelle Marie, l’EVA
saluée AVE par Gabriel ? Sainte Brigitte parle d’un «petit monde de toute beauté encore incréé...signifiant la Vierge Marie, la très douce Souveraine, pleine de bénédictions et d’amour pour tous.» Ainsi, dans ce Concert, Marie serait célébrée non seulement comme Mère du Christ, mais aussi comme l’Epouse, la femme représentative de toute l’humanité appelée à la divinisation, à devenir par grâce «Épouse du Christ».

A toutes ces personnes Noël rappelle qu’il y a un amour pour chacun. Il vient de Dieu et demeure pour l’éternité pour qui sait l’accueillir. C’est le joyeux message du Concert des Anges qui orchestre l’annonce faite aux bergers : «Je vous annonce une grande joie». Dieu s’est fait Homme pour être le compagnon divin de toute personne humaine. Personne ne peut dire «Je ne suis pas aimé, personne n’attend mon amour». Malgré toutes les éclipses des sentiments, chacun peut dire : «Je suis aimé, et Dieu attend mon amour».

Il y a bien des années je présidais au mariage de jeunes amis : j’ai donc aussi béni leurs alliances. Au bout de quelques années l’époux a perdu la sienne en travaillant au jardin. Malgré toutes ses recherches elle ne fut pas retrouvée. Consternation ! L’épouse pensait qu’il fallait la remplacer, l’époux pensait que non : l’anneau nuptial était perdu, mais pas l’Amour, et un anneau de remplacement ne pouvait valoir l’authentique. L’épouse aurait quand même aimé en voir un au doigt de son mari, mais finit par se résigner à sa disparition. Et le miracle se produisit : après près de vingt-cinq ans, lors de travaux au jardin de printemps, l’anneau reparut indemne, sans dommage, le platine était inattaqué comme l’était l’amour des époux !

Ils auraient pu pousser le cri de joie des chevaliers d’antan : «Noël, Noël, Noël !»

Ce n’était qu’un anneau, signe de l’Amour d’un couple unique ! Le Concert des Anges est ce signe d’Amour Nuptial divin, immensément universel, et aussi intensément personnel. Et c’est vrai pour chacun de nous. Réjouissons-nous : «Joyeux Noël» ! Et Bonne Année nouvelle ! Avec l’Amour !

Oelenberg, 21 décembre 2014, 4ème dimanche de l’Avent, Abbé Joseph Loeb.

Petit rappel sur le retable, pour ceux qui ont tout oublié, il est visible à Colmar au musée Unterlinden. :

Un peu plus sur Grünewald :

de son vrai nom Maître Mathis Gothard Wihard (ou Nithart) (1475 vers 1528) ami du Luther, il meurt avant les insurrections de la Réforme, réalise ce retable sur la commande du couvent des Antonins d’Issenheim entre 1512 et 1516. Ce retable (du latin retro-tabala) est en fait un tableau placé dans le choeur et surélevé de quelques marches derrière l’autel où se réalise le sacrifice eucharistique. Il mesure 3,30m de haut et 5,90 de large comprend une double série de volets qui s’ouvrent sur la caisse. Il existe de tels retables en Bade-Wurtenberg, notamment dans l’abbatiale de pèlerinage de Lautenbach, il y est ouvert à certaines époques pour illustrer le calendrier liturgique.

Il a été sauvé de la destruction de la Révolution et reste ainsi un élément d’art assez rare, il se trouve aujourd’hui à Colmar, au musée d’Unterlinden. Il avait aussi un rôle spirituel, il devait diffuser aux malades un bienfait spirituel, par sa contemplation, mais être aussi un modèle pour le respect et vénération. Les Antonins veillaient sur le «mal des ardents» ou «feu de Saint-Antoine» (maladie provoquée par un parasite, l’ergot de seigle ou ergotisme gangreneux), mais aussi la syphilis ou la tuberculose. C’est donc pour un hôpital que fut commandé et réalisé le retable. Il comprend 2 volets fixes et deux séries de volets pivotants, représentent 3 scènes différentes. Lorsqu’il est fermé : on y admire La Crucifixion de Jésus, qui nous marque par son réalisme, il est encadré de St Antoine, l’ermite, et de St Sébastien.Dans le musée on ne voit qu’une seule disposition, la disposition fermée avec la Crucifixion de Jésus. Jérôme Ferrari a été effrayé par le réalisme de la scène, les muscles tétanisés, à vif. Il est déjà un premier signe de

l’expressionnisme. Il souffre, seul le personnage en bas voit s’accomplir calmement les écritures. Mais sur la Croix Dieu souffre.

A sa Première ouverture : on peut voir l’Annonciation par l’Ange Gabriel à
la Vierge Marie,
La Nativité, la Résurrection. A sa Deuxième ouverture : c’est St Antoine qui surgit représenté sculpté encadré de deux panneaux peints par Nicolas de Haguenau (1490)

Dans l’Annonciation on admire un concert d’anges et l’apparition soudaine de l’ange Gabriel, il en fait voler son manteau, tandis que la Vierge Marie, revêtue de rouge, médite la prophétie d’Isaïe «Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen euis emmanuel» «Et voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils et il sera appelé Emmanuel) ... la prophétie se réalise au moment de la visite de l’Ange.

La Nativité est dépouillée en ce sens qu’elle ne comprend pas d’éléments, de la tradition, telles que l’étable, pas d’âne, ni de boeuf. Le jardin clôt représenterait pour certains, la virginité préservée dans la naissance virginale de Jésus. Marie a donné son sang (comme le signale la robe rouge, alors que le bleu est généralement attribué à la Vierge).
Une vision cosmique du Père céleste, des colonnes décorées de fleurs différentes montre la persistance - plusieurs saisons- de l’Union entre le Ciel et la terre. Dieu est entourée d’une mandorle dorée (une forme

ovale, une amande en italien, symbolisant le sacré, l’aura du saint).
Pour compenser le merveilleux, la divinité, les anges, les astres et Dieu, on trouve tout le mystère de l’Incarnation, la réalité de la vie, avec aux pieds de la Vierge, un lit, un baquet, un pot de nuit. Dieu est donc pleinement divin et pleinement humain. Certains voient dans les langes déchirées, les vêtements partagés de la future victime, le Christ, offerte aux hommes sur la croix. (Aidé par nos archives et wikipédia pour ce résumé)

Noël autrement, le retable d'Issenheim, partie II
timbre avec le détail du retable d'Issenheim, le concert des anges. Timbre surtaxe croix rouge;

timbre avec le détail du retable d'Issenheim, le concert des anges. Timbre surtaxe croix rouge;

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 2 Décembre 2015

Voici le texte, paru dans notre numéro de noël 2014 n°173, de l'abbé Joseph Loeb sur le retable d'Issenheim. Dans le numéro de noël 2015, n°178 nous publions la suite de ce texte.

Noël autrement

avec Mathias Grünewald, au Retable d’Issenheim, à Colmar, par M. l’abbé Joseph Loeb.

Nous aimons nourrir notre joie de Noël à la contemplation
de la Crèche, où «le Saint Couple seul veille, sur l’Enfant qui sommeille». Sur son retable Mathias Grünewald nous détache de cette note intimiste ; il nous éblouit par une présentation grandiose qui se déroule dans l’éternel. «Aujourd’hui de Dieu» qui ne connaît ni les limitations de l’espace, ni celles du temps et ses successions :
«Aujourd’hui le Christ est né, aujourd’hui le Sauveur est apparu, aujourd’hui sur la terre exultent les Anges et les Archanges, aujourd’hui les justes chantent pleins de joie :
«Gloire à Dieu au plus haut des cieux, allelu
ia !». (Antienne du Magnificat de Noël).

Il ne fait plus nuit, mais grand jour, l’Enfant n’est plus dans une mangeoire et il n’est plus un nourrisson. C’est un beau petit garçon de quelques semaines, dans les bras de sa mère, et il peut déjà échanger son regard avec elle. Point de boeuf, point d’âne, point de Saint Joseph visible. Des bergers ? Oui, mais au

loin, en hauteur dans la montagne, et ils ne sont que deux. On y voit seulement quelques cochons ! Clin d’oeil fait par Grünenwald aux religieux commanditaires de ce retable au XVIème siècle. Ils tiendront un hôpital et auront besoin de cochons : de leurs viande pour nourrir les malades, et de leur graisse pour la transformer en pommades

médicinales.

Des Anges ? A foison. Tout en haut au Ciel où trône le Père Céleste. Et sur terre, juste à côté, serrés dans

un bel édicule gothique. Hauts en couleurs, issus des choeurs angéliques, ce sont des anges musiciens et

concertants. L’oreille ne perçoit rien, mais rien qu’à les voir les coeurs frémissent : «Gloria in excelsis Deo !» Enfin un cantique de Noël !

Il y a aussi deux Anges, à mi-hauteur. Envoyés aux bergers, l’un, est rose comme l’aube qui se lève et signifie l’ère nouvelle du Nouveau Testament. L’autre est gris et, -ce qui est vraiment étrange- porte une barbe ; il signifie sans doute le Vieux Testament et sa fin.

Nous sommes toujours à Bethléem dans les mois qui suivent la naissance de l’Enfant et précèdent la venue des Mages. Marie et l’Enfant sont en plein air. Mais où donc est Joseph ? Sans doute à son travail, sur quelque chantier peut-être ; il est chargé de famille et il faut gagner. Ce qu’il fait de tout son amour.

Le petit lit qui est là pour Jésus est sans doute de sa facture.
Marie l’a garni de draps blancs et a retenu le coussin par
un ruban rouge, signe de vie et de bonheur. Mais les langes
de l’Enfant sont en loques en signe de sa Passion future :
nous sommes déjà au Vendredi Saint : «Bald wirst du groß,
dann fließt dein Blut, von Golgotha he
rab - Bientôt grand sera/, ton Sang coulera/ du haut du Golgotha ! (Chant de noël populaire)

C’est dans sa chair qu’il va souffrir : le petit vase de nuit sur le sol et le baquet préparé pour le bain attestent de la véracité totale de l’humanité de Jésus. Mais cette chair ressuscitera après avoir souffert, sera glorifiée et présente dans l’Eucharistie. Sur le Retable c’est déjà la Fête-Dieu ! Car, à peine visible sur le tableau, une procession monte vers Dieu le Père. Elle est eucharistique, car on n’y distingue non seulement la croix et les bannières, mais aussi un dais !

Preuve que le Corps du Christ est porté : «Ave verum corpum natum de Maria Virgine (Harmonisé par Mozart) - Sois salué, Corps véritable, né de la Vierge Marie !) Le vin, qui deviendra le Sang du Christ à la Messe, est aussi déjà prêt dans burette posée sur la marche de l’édicule aux Anges. Elle est en cristal, symbole de la virginité : comme la lumière traverse le cristal sans l’altérer, le Christ a traversé le corps très pur de sa Mère, toujours Vierge.

Grünewald a habillé Marie comme une reine. En fait elle ne l’a jamais été. Joseph se serait décarcassé pour le faire, car elle était la reine de son coeur. Mais il savait que cela n’allait pas, qu’elle n’aurait jamais voulu, et que ce n’était pas nécessaire car elle était : «toute resplendissante dans l’intérieur !». (Psaume 44,14)

Le peintre l’évoque sur le Retable, derrière Marie, par le Jardin Fermé, la Fontaine Scellée, - en fait un petit plan d’eau-, la Rose mystique, le Temple du Très Haut, -en fait une église romane- : autant de symboles bibliques de la Vierge immaculée, chef d’oeuvre de la Trinité : «Jardin fermé, sainte Mère de Dieu, jardin fermé, fontaine scellée, lève-toi, ma bien-aimée, viens mon amie, viens !» (Cantiques des Cantiques). La Trinité figure sur le tableau : Dieu le Père trône dans les Cieux, le Fils est dans les bras de sa Mère. Et où est le Saint Esprit ?

Il serait représenté en fait par cette personne au visage tout de lumière, couronnée de flammes et agenouillée sous la porte de l’édicule aux Anges. De sa main

Le Saint Esprit n’a pas de saxe, mais en hébreu son nom se décline au féminin «rouach». Alors ? Ce n’est qu’une interprétation, -elle n’est pas de moi- ; elle reste hypothétique, mais elle séduit. Les Trois Personnes divines sont inséparables : à où est l’une sont aussi les deux autres. «O Profondeur de la richesse, la sagesse et la science de Dieu !» (Rom. 11,33). En méditant devant notre crèche traditionnelle rien ne vous empêcher à penser aussi à tout ce que suggère Grünewald, même si son symbolisme, et celui de ses commanditaires, reste en partie son secret. Pourvu qu’il nous aide à entrer un peu plus dans le Mystère de l’Incarnation : «O admirable échange ! En prenant un corps et une âme, le Créateur du genre humain a daigné naître de la Vierge, et, devenu homme sans le concours de l’homme, il nous a fait part de sa divinité !» (Antienne d’ouverture quotidienne à l’Office des Vigiles).

Que la richesse du Mystère de la Nativité vous nourrisse et vous réjouisse toute l’année.


Joseph Loeb- Oelenberg, décembre 2013.

petite-lanterne.com ou petite-lanterne.eu n° 173 - c droits de reproductions réservés.

cachet postable représentant une partie du retable d'Issenheim, 1991.

cachet postable représentant une partie du retable d'Issenheim, 1991.

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