Publié le 10 Octobre 2013

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(notre article du numéro 167, automne 2013)

 

 

Situé à 1008 m (1009 m selon d’autres) d’altitude, surplombant la vallée de la Bruche, c’est un lieu mythique et sauvage des Basses-Vosges situé sur la commune actuelle de Grandfontaine. (Bas-Rhin). Au Nord-Ouest de Schirmeck.
Carrefour entre l’Alsace et la Lorraine, point de rencontre entre Bas-Rhin, Moselle, Meurthe et Moselle, Vosges).

 Il fut jadis chanté par Erckmann-Chatrian dans leur romain du Fou Yégof.

 Sa situation stratégique semble paradoxale car le coin semble désert, mais semble avoir été une place forte (- 3000 pour l’occupation, -1000 ans pour la forteresse autour du sommet) au Néolithique, un refuge à l’âge de fer, un lieu de culte, de pèlerinage pour les gallo-romain. Même un sanctuaire de trois peuples.
Il tombe dans l’oubli et ne semble jamais avoir été christianisé jusqu’au XVIIIème. 
Vogésus le dieu de la chasse et le dieu-cerf Smertius.

 

 

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Paradoxal endroit et lieu de toutes les confrontations. Il est visible aux alentours, il fascinera les anciens qui dès la préhistoire donne à ce lieu un culte. Il sera encore plus important à l’époque celte et romaine. Il reste aujourd’hui un lieu de promenade grimpant les lacets à moto (la route du col du Donon, la RD 392), et de ballade pédestre. C’est un lieu qui se mérite après plus d’heure de balade en forêt.
Il donne naissance à de nombreux cours d’eau ce qui peut avoir renforcé son rôle sacré, stratégique il offre une vue panoramique sur la chaîne vosgienne, la Forêt noire, la Plaine d’Alsace mais aussi le plateau lorrain.

 

Habité dès la préhistoire, des tessons, des haches de silex en témoignent faisant ainsi vive son histoire à plus de 5000ans.

Druides : les druides y voient une montagne sacrée. Le vestige d’un puissant mur d’enceinte témoigne de l’existence d’un lieu de culte complété de plusieurs édifices consacrés au dieu gaulois, Teutatès, père du peuple gaulois.
La pierre des Druides est un imposant bloc de grès sur le sentier qui mène à son sommet.

Les romains consacrent le lieu à Mercure  (103 après JC) qui remplace Teutatès. (richesse, honneurs, protection).
Car le lieu est stratégique, situé au carrefour des routes, offreune belle visibilité sur les alentours, les légions y sont donc présentes. Le culte de Mercure y prend place aux II et IIIème siècles. On y trouvera des stèles, des pierres votives représentant Mercure, Vogesus (l’esprit de la montagne);  Smertrius, dieu forestier local accompagné d’un cerf et de Taranis, le dieu cavalier des espaces célestes et de la foudre, une sorte de Jupiter local. D’autres évoques Hécate déesse de la nuit, des carrefours de la chasse infernale. (Cernunnos est également le dieu à ramure de cerf sur la tête accompagné d’un cerf.)

 

 

nouvelles-images-6396.jpg1172 : première citation sous le nom Ferratus Mons.
1432 : première citation sous le nom Donon.
Invasions barbares sans doute pillage du lieu.
IVème siècle : Le lieu tombe ensuite dans l’oubli, les moines irlandais venus évangéliser l’Alsace suppriment les anciennes croyances et ce lieu contrairement à la théorie souvent défendue de la christianisation des lieux, est maintenant boudé par les chrétiens.  L’oubli dure quelque mille ans.

VIIème siècle, les érudits se penchent sur les légendes et les traditions se penchent sur le romantisme du lieu. Ils y bâtissent un pastiche gréco-romain de grès rose qui dorénavant symbolise le Donon sans tout à fait représenter les anciennes croyances du lieu. Ce sont les prêtres qui se penchèrent sur le lieu, en effectuant des fouilles, on doit évoquer l’abbé de Moyenmoutier Hyacinthus Alliot et son frère Petrus Alliot lui abbé de Senones.

En 1869, sous Napoléon III, une pétition est lancée depuis Schirmeck par le docteur Bédel pour y faire rebâtir un temple, à douze colonnes -toujours visible actuellement- sur la plate forme sommitale. A l’abri duquel furent jadis déposées les statues avant de les protéger des dégradations en les exposant dans les musées de Strasbourg et d’Epinal.

 

 

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Le lieu n’est pourtant pas au bout de son histoire, le lieu reste stratégique de par sa situation géographique, proche du conflit en 1870 et de la frontière, il est également l’objet de violents combats en 1914, 400 soldats français et allemands y trouvèrent la mort, certains disent offerts aux dieux en réparation d’avoir commis un sacrilège sur ce lieux.

Des Fouilles historiques entre 1922 et 1938 menées par Fanny Lacour, il y fera figurer des copies de stèles, de pierres votives ainsi que d’une colonne d’un Jupiter cavalier dont les originaux sont eux conservés dans les musées à l’abri des intempéries sous le ciel de Strasbourg et d’Epinal.

Point de passage en 1940 du 43ème corps d’armée de forteresse est encerclé dans les mêmes lieux. Il ne se rendra qu’à l’Armistice.
Il verra passer les alsaciens refusant l’incorporation de force mais aussi les évadés des camps nazis voulant fuir les camps nazis.

Fouilles massives qui mettent en évidence, un premier temple (vestige gallo-romain), une citerne pré-romaine «sorte de puits rituel» conique recueillant les eaux de pluie, un temple circulaire (en bois découvert en 1938), des colonnes notamment de Jupiter-Cavalier, un troisième temple , une table sommital, un temple musée  de 1869, qui a abrité les vestiges jusqu’en 1958.

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8 répliques des stèles votives retrouvées sur place sont donc proposées à la vue des visiteurs :
les dieux Mercure (dieu du commerce, protecteur des marchands et des voyageur)
Vogesus, (esprit redoutable de la forêt)
Cernunos (dieu cerf)
et Jupiter.  (Rappelons que les stèles originales sont conservés au Musée archéologique de Strasbourg dans le souci de les préserver de l’usure du temps, de la météo et du vandalisme, le lieu étant en accès libre)

Lieu de conception de Victor Hugo dit une plaque :
«En ce lieu le 5 floréal an IX fut conçu Victor Hugo» dit une plaque, elle se base sur une lettre de Léopold Hugo à son fils Victor.

 

 

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Le saviez-vous ?

Donon provient d’un terme celte
«dun» qui signifie à la fois montagne et forteresse.
Jamais christianisé, il remet en question la théorie de la christianisation des lieux de culte païens anciens par les chrétiens.

 

 

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Ses anciens noms :

Hohe Donn (haut Don), Hohe und grosse Thonn.

 

 

(sources pour la rédaction de ce texte : syndicat du tourisme Donon, Alsace, ouvrages d'histoire)

Photos du document : ///C  blog de la petite lanterne. FS

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Publié dans #alsace histoire

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Publié le 4 Octobre 2013

Le numéro 167 est paru,

 

avec comme thème : le donon lieu mystérieux,

les JMJ 2013 de Rio,

les débats éthiques sur l'embryon et l'euthanasie

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