Publié le 31 Mai 2008

L’annulation d’un mariage, procès civil en principe banal, permet à un des époux de faire annuler l’union, c’est-à-dire considérer qu’elle n’a jamais eu lieu (les situations reprennent au point où étaient les futurs époux avant leur union).

Elle est admise depuis toujours, contrairement à ceux qu’ont scribouillé ici et là les journalistes, dès qu’une condition considérée comme “essentielle” par l’un (quelconque) des époux.

Là où l’histoire se complique c’est dès que cette condition, annoncée dès le départ comme essentielle, fait l’objet d’une tromperie volontaire, et que cet élément est la virginité. (Les procès en annulation de mariage catholique devant un tribunal religieux sont légion, ils ne concernent pas seulement les familles princières, dès que dans un mariage l'un des époux n'a pas visé une union, un mariage,  au sens catholique, le mariage annulé, ils ne sont pas divorcés, mais le mariage est bien annulé c'est-à-dire que l'on considère qu'il n'a jamais existé).

Là le thème heurte la condition de la femme, les considérations religieuses et, l’anonymat d’un procès civil classique devient affaire médiatique.

La virginité était essentielle pour ce futur époux musulman qui dès le lendemain de la nuit de noces annonce que sa femme n’était pas vierge, contrairement à ses allégations, qu’elle avait donc menti, perdu sa confiance et dans les tumultes d’une telle procédure, le lendemain de la nuit de noces, entame une action en justice.


La femme est rejetée par son époux, ses deux familles (la sienne et sa belle famille d’une journée) et subit les réprimandes verbales (au mieux) physique (si affinités).  Que reste-t-il de l’amour ?


Une autre conception du mariage et de l’union qui ne remplace pas l’amour, qui ne pardonne pas, qui n’écoute pas... On peut citer St Paul l’amour pardonne tout,excuse tout, surmonte tout, l’amour ne mourra jamais.  En l’espèce, l’amour ici est bien absent ou la définition de  l’amour est autre... Il pose aussi de nombreuses questions sur l'oppostion de morales différentes dans notre société.

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

Repost 0

Publié le 31 Mai 2008



Messages attribués à la Vierge Marie, à Medjugorje, en Bosnie-Herzegovine, dans le village croate, devenu lieu de pèlerinage marial :

"Chers enfants,
en ce temps de grâce où Dieu m'a permis d'être avec vous, je vous invite à nouveau, petits enfants, à la conversion. Travaillez au salut du monde de manière spéciale tant que je suis avec vous.
Dieu est miséricordieux et donne des grâces particulières et c'est pourquoi recherchez-les à travers la prière. Je suis avec vous et ne vous laisse pas seuls.
Merci d'avoir répondu à mon appel."

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

Repost 0

Publié le 24 Mai 2008

Est-ce une façon de ne plus s'occuper de la charte européenne des langues régionales (plus contraignante ?) ou d'enterrer le sujet, les langues régionales existaient, existeront, mais enfin il est temps de le dire officiellement dans un texte en France.... (voir le très bon livre "Marianne m'a tuer" consacré aux langues régionales, éditions ENA Nord-Alsace, Haguenau). Mais il faut encore attendre que cette modification soit validée par le Congrès, d'ici-là bien des crispations pourront encore se faire connaître dans notre pays... centralisateur et unificateur à l'extrême.  Difficile pour Paris de reconnaître enfin les Provinces, leurs langues, leurs cultures...


LES LANGUES REGIONALES DANS LA CONSTITUTION :

MARC LE FUR EXPRIME SON EMOTION ET SA SATISFACTION

 

«  Le 22 mai 2008 restera dans l’histoire de la République la date à laquelle les langues régionales auront fait leur entrée dans la constitution » déclare Marc Le Fur, Député des Côtes d’Armor. « C’est pour moi et pour beaucoup d’autres députés, un moment d’émotion et l’aboutissement d’un long travail de conviction au sein de l’Assemblée nationale engagé depuis de nombreuses années » poursuit le Vice-Président de l’Assemblée nationale. « je me réjouis qu’à l’initiative du Gouvernement, nos langues régionales soient désormais reconnues comme un élément de notre patrimoine commun. Je me réjouis qu’elles soient mentionnées dès l’article 1 de la constitution. » affirme Marc Le Fur.

 

« Cette nouvelle rédaction de l’article premier du texte constitutionnel confirme ma conviction », ajoute le Député des Côtes d’Armor, « selon laquelle le mot « égalité », qui figure dans la devise de notre République, ne signifie pas « uniformité » et prouve que l’unité de notre pays peut se concilier avec l’altérité. »

 

« Le nouvel article premier du texte constitutionnel lève par ailleurs les risques éventuels de censure par le Conseil constitutionnel de la loi-cadre sur les langues régionales annoncée pour le premier trimestre 2009 par la Ministre de la culture lors du débat parlementaire sur les langues régionales du 7 mai 2008. »  continue Marc Le Fur avant de conclure « je ne peux m’empêcher de penser aujourd’hui aux marins de l’île de Sein qui, en juin 1940, représentaient le quart des militaires de la France Libre et dirent leur amour de la France en breton. »

 

jeudi 22 mai 2008


 


Mais en Alsace ce texte n'est pas passé inaperçu, loin de crier victoire, on note le progrès sur le chemin de la reconnaissance des spécificités régionales et des langues...


 

 

Le Cercle qui se consacre à la défense du bilinguisme publie ce communiqué :


 

 

"Les langues régionales reconnues dans la constitution française

 

 

L’Assemblée Nationale a voté ce jour, 22 mai, un amendement à l’article 1 de la constitution de la République.

 

L’article 1 dira dorénavant : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. Les langues régionales appartiennent à son patrimoine»

 

C’est une première victoire pour tous ceux qui travaillent en faveur de la diversité linguistique en France et dont nous sommes. Depuis des années nous demandons une reconnaissance pour nos langues. Les députés l’ont compris et nous nous en félicitons. Il faut, bien entendu, attendre que l’ensemble de la loi modifiant la constitution soit adoptée par le Congrès.

 

Nous sommes cependant très heureux de l’adoption de cet amendement par les députés parce qu’il est le fruit d’un accord entre les différents groupes et les différentes sensibilités politiques. Cela prouverait, s’il en était besoin, que l’affaire de la promotion des langues de la République n’est pas une affaire partisane.

 

Cet amendement, cette reconnaissance, ouvre la voie à une législation complète qui permettra un véritable développement de nos langues. Il s’agira donc, une fois le texte définitivement adopté, d’une première étape très importante. Beaucoup de travail restera à faire.

 

De nombreux députés sont prêts à travailler dans le sens que nous souhaitons. Le Gouvernement s’est engagé à ce qu’une loi soit votée en 2009. La perspective d'une ratification de la Charte européenne des langues s'appuyant également sur la ratification par la France du Traité de Lisbonne sur l'Union européenne, se trouve aussi ouverte. Nous avons fait des propositions claires en matière de médias, d’enseignement, de vie publique. Nous serons bien entendu disponibles et vigilants pour aider à l’élaboration de la législation qui viendra compléter la reconnaissance constitutionnelle indispensable votée ce jour."

 

déclare François Schaffner, président Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle

René Schickele-Gesellschaft 5 boulevard de la Victoire / Niklausring

67000 Strasbourg

 

Il reste à attendre et à voir ce que dira le Congrès à ce propos. Souvent les députés oublient que bien que représentant de la Nation dans son ensemble (les députés alsaciens et Mosellans durant la deuxième guerre mondiale siégaient toujours au parlement, bien que ces départements étaient annexés et donc coupés de leur base électorale)  ils sont issus de région, du terroir et donc de langues et de pays spécifiques qui par les accidents (annexion, guerre, rattachements volontaires  (ex. Mulhouse) ou non) de l'histoire sont devenus la France.

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #alsace histoire

Repost 0

Publié le 22 Mai 2008

Cette mystérieuse fête : la fête Dieu

Actuellement célébrée le jeudi -en principe-  (c'est toujours le cas en Allemagne, où dans les lands catholiques ce jour est férié) puis le deuxième dimanche après la pentecôte afin que le peuple puisse s’y associer, elle ferme la période pascale, la fête CORPUS CHRISTI, dite aussi Fronleichnamsfest (terme utilisé en Suisse et en Allemagne, et non comme un ouvrage le traduit fête du cadavre d’homme !! Cette approximation reflète la complexité de cette fête ) car le terme provient de froho : le Seigneur, leichnam : le corps ou encore Lieweherrgottstag. Son titre officiel est festum Sanctissimi Corporis Christi, ce que l’on traduit en  langue vulgaire par : fête du très saint corps du Christ. 1

Elle fut définie par le Synode de Vienne de 1318 et consiste en le portage du Christ Eucharistie au devant du peuple, par les rues et  les places afin de  purifier ces derniers  des “irrévérences et les impuretés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement”. Le tout sous une “adoration profonde et sincère”. L’Eglise  fit naître cette fête après une vision de sainte Augustine Juliana von Lüttich (+ 5/04/1258), un autre auteur parle, sans citer son nom d’une prieure du couvent du Mont-Cornillon près de Liège  (Guy Deleury2 ). Il s’agit en fait de Ste Julienne (1192-1258. Reprise ensuite par Eve de Liège)3  Sa vision, qu’il qualifie de “trop jolie (...) légende pour n’être pas contée”,  était celle du disque de la lune, mais comme écorné. Métaphore de l’année liturgique amputée d’une fête. Elle s’en ouvrit à son confesseur, le futur pape Urbain IV, l’abbé Pantaléon4 . (Lüttich 1246). Le Pape Urbain IV (1261-1264) consacra cette fête selon les termes latins par l’encyclique “transiturus de hox mundo”. Saint Thomas d’Aquin aurait participé à ce texte, on lui devrait la partie “Laudan, Sion, Salvatorem” qui jamais ne manquait au rite de la fête Dieu. Certains diront que c’était une façon de reprendre en main les processions et les rogations  populaires qui avaient lieu afin de  favoriser la maturation des arbres fruitiers. Elles auraient alors lieu en dehors du village et dans les champs, ce qui n’est absolument pas le cas de cette cérémonie cantonnée aux places et aux rues du village. Nous évoquerons les rapprochements que les partisans de cette thèse signalent.

Sa localisation dans le calendrier
La fête aurait logiquement trouvée sa place dans la journée du Jeudi Saint où le Christ instaura l’Eucharistie, sa présence, il demande  d’en faire “mémoire”. Elle signale sa présence dans les deux espèces, “ceci est mon corps, ceci est mon sang”. Mais la fête joyeuse était quelque peu déplacée en pleine semaine sainte au moment de l’agonie et de la souffrance du Christ qui plus est  à la veille de la crucifixion et du chemin de croix.

Les Dominicains ont beaucoup œuvré pour faire connaître et populariser cette fête de la présence dans l’Eucharistie (on dit beaucoup aujourd’hui “Jésus-Eucharistie”)  instigateur de la généralisation sous le concile de Vienne en 1317 sous Clément V (1305-1314) et sous son successeur le pape Jean XXII (1316-1334) que le rite fut étendu au monde catholique. Première manifestation  à Rome en 1350, Cologne en connurent déjà entre 1274/1279. Pour la propagation de cette fête,  d’autres ouvrages citent le rôle des Jésuites dans la propagation de cette fête et leur soucis de concrétiser, de rendre palpable, la foi  par le peuple.

Apparition de la fête en Alsace, il faudra attendre le début du XIV ème siècle pour que dans la cathédrale de Strasbourg le Chanoine Henri de Dicke célèbre cette fête, alors qu’en Flandres elle était présente dès le XIII ème siècle, la procession en Alsace date de la fin du XIV ème siècle entreprise par Jean Tauler. L’annexion à la France et la volonté catholique du Roi de France mettra fin aux réticences protestantes et celle-ci sera très vite assimilée dès 1682. L’interruption suivante datera de Napoléon, car dans le soucis de faire taire les dissensions entre catholiques et protestants, Napoléon, au moyen de  son Concordat, interdira les manifestations extérieures à l’église. Cette interruption durera jusqu’à la Restauration de 1816.

Son caractère particulier réside dans la procession qui existe depuis 1279 dans les villes d’Allemagne.  Villes avec lesquelles l’Alsace travaille, communique, commerce et constituaient ses principaux référents culturels, à savoir Cologne.
C’est une fête où Dieu se fait visible, palpable avons nous souligné plus haut, le rite d’avant le Concile, (c’est toujours le cas évidemment pour les courants traditionnels fidèles à l’ancien rite) le prêtre officiait tourné vers le tabernacle et non face aux fidèles, la sainte Hostie était donc cachée par le prêtre,5  ou dans le fanum (le temple). Elle va, par ce moyen aller vers le “profanum”. (le profane).
L’hostie entière est portée dans un Ostensoir, généralement en forme de croix. Placée en son centre dans un logement vitré où il sera visible des fidèles. De tels Ostensoirs sont exposés dans les lieux de prière et dans les couvents à des fins d’adoration perpétuelle. 6
Mais cet Ostensoir va “sortir” dans la rue, aller au contact de la foule, avec la dignité de sa représentation, entouré de baldaquin, de fanions, dans une ville parée de fleurs de drapeaux aux couleurs du village, du Vatican (blanc et jaune) ou même tricolores, des arrangements floraux, des autels aux fenêtres, des pétales jetées dans les rues, des fleurs ou des branches de tabac...

Spécificité de Geispolsheim
Si un village célèbre cette fête avec corbeille de pétales et fleurs comme jadis, c’est bien Geispolsheim, cette ville au Sud de Strasbourg, a su garder cette coutume courante dans les villages catholiques jadis et jusque dans les années 50, elles sont aujourd’hui très limitées et sauf à Geispolsheim et dans certaines cités germaniques ou bavaroises, comme Munich, où c’est sans doute une des fêtes religieuses les plus populaires de l’année, ou plus au Sud on trouve des ferveurs particulières à Aix-en-Provence ou encore dans la péninsule Ibérique.
Notons que dans des villages ruraux, on renoue avec une célébration plus respectueuse des traditions et du passé, tel le village (rural) de Stotzheim (67140 BARR) qui effectue procession avec plusieurs reposoirs dans le village actuellement encore. (dimanche prochain, jour cette année de la fête des mères).

Opposition des Réformés
Évidemment cette démonstration e la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie heurte les dogmes de protestants, et Luther s’emporte contre cette nouvelle manœuvre de papisme et de superstition, dès 1527 il déclame que c’est “allerschädlichtes Jahresfest” (la fête ayant le plus de gravité) à laquelle  manquerait  les bases bibliques et que les processions seraient autant d’offenses à Dieu. La religion populaire, Luther ne connaît pas. Son opposition à cette fête va créer en Alsace une occasion de disputes entre protestants et catholiques dans les villages où deux cultes se côtoient. C’est l’occasion dans les villages de rendre aux catholiques la monnaie de leur pièce des manquements qu’ils ont eu à subir le Vendredi Saint (pourtant férié en Alsace). Ils les avaient importuné ce vendredi-là  et  c’est ce jour de la fête-Dieu (qu’ils ignorent) que les protestants remueraient leur fumier ou feraient ostensiblement des travaux bruyants en signe de réciprocité.
Le Concordat de 1801, assez bizarrement, a supprimé ces processions, car elles donnaient souvent lieu à des manifestations anti-protestantes. Elles ne réapparaîtront donc qu’à la Restauration.


Mais en quoi consiste une fête-Dieu exactement.


Description d’une fête récente(sous sa forme actuelle), citée dans l’Alsace et ses fêtes :
“Pour cette journée, tout le village est fleuri, les voitures ont disparu comme par miracle, les rues sont jonchées de fleurs et de branches vertes, les habitants ont revêtu leurs anciens costumes, les pompiers ont mis leur uniformes de fête, aux quatre points cardinaux du village, on a dressé de magnifiques autels richement décorés. A la tête de la procession des ecclésiastiques escortés par les pompiers avec leurs sabres et leur haches, à côté les catéchumènes habillés de soutanes rouges avec des surplis blancs brodés jettent devant eux des pétales de roses et des fleurs du jardin”.
3 statues sont portées dont Ste Anne, mais aussi le ou la patronne du village, (à Geispolsheim c’est Sainte Marguerite); Saint Sébastien et bien sûr Marie Mère de Dieu. La procession s’étire dans tout le village et l’on effectue une halte aux quatre autels où l’on lit un texte d’un des 4 évangélistes.
Les 4 autels ont leur importance, ils ponctuent le trajet, permettent un instant de méditation, c’est aussi un pas de Dieu vers les habitants du village. C’est évidemment un honneur de voir passer le Saint Sacrement devant sa maison. Souvenons-nous des paroles du Centurion, dont Jésus admirait la foi, “Je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri”.  Et bien évidemment l’honneur est immense s’il s’arrête devant sa demeure.
Les 4 arrêts remplacent les scènes bibliques vivantes que l’on trouvait aussi durant le temps de l’Avent et qui se jouaient le Jour de la fête Dieu. Ils représentaient Caïn et Abel, la traversée de la mer rouge... Ces jeux persistent dans les pays du Sud.
Ils ont leur importance car à chaque oratoire, soigneusement décoré et préparé par les habitants, les prêtres bénissent la foule récitent des cantiques, ou écoute le Nouveau Testament. C’est le soir de ce jour que chaque famille qui a préparé une kerwelskrüt la met en contact avec l’ostensoir où est déposé le saint sacrement, selon l’ethnologue et pasteur Freddy Sarg, et cette couronne doit protéger les maisons, étables, des maladies. On trouve ici un rite de protection.
Partiularité de certains villes qui ont même conservé en cette fête des processions sur l’eau, tels que les cités de Staffelsee Murnau, Chiemsee, Cologne.



Prétendues origines païennes

Placé un jeudi après la trinité dans un premier temps, certains auteurs s’empressent de faire un rapprochement avec jeudi, jour dédié à Jupiter, mais avant cela destiné à Thor dans les pays anglo-saxons.
Certains font aussi des parallèles avec des superstitions, ainsi un dicton décrête “qu’à la fête Dieu, il faut au Diable, un pendu et un noyé”. Par jalousie, sans doute, pour le culte rendu dans la foi à Dieu, il ne semble pouvoir se consoler autrement qu’en réclamant deux morts. On peut plus exactement faire un rapprochement avec les cérémonies beaucoup plus païennes qui subsistent dans les valets de pentecôte (voir notre dossier dans le numéro 63 “les Pfingspfiteri et les farces du mois de mai, numéro de mai 1996) où les jeunes attrapent un de leur camarade et font mine de le jeter dans l’eau de la fontaine  pour le noyer.

De plus Van Gennep, dans son folklore ne cite que brièvement cette fête et en écarte tout type de folklore ou de rite païen, explicitant que  ce sont des cérémonies religieuses et non des mouvements païens. (page 1358, tome 2) : “Mais c’est un fait que la Fête-Dieu ou du Saint-Sacrement  n’a pas d’autre origine que liturgique ; et que certains de ses paraphernalia ont acquis populairement une valeur magique, ont été employés non liturgiquement”. 7 Peu d’ouvrages de folklore les évoque à ce titre. Et même le livre ‘la paille et le feu’ se doit dans son introduction de justifier la présence d’un rite religieux dans le folklore et les traditions païennes. On peut donc assez facilement l’en écarter. Les seuls ouvrages qui s’y risquent mélangent des rogations, les rites de pentecôte et la fête-Dieu.
Rite de fertilité pour les uns, offrande aux dieux, voir même  sacrifice  humain aux dieux.
En ce qui concerne les rogations, qui sont elles des “demandes humbles et prières” (rogationes, latin)  la lanterne en a fait une étude -dans son n°84- elles s’apparentent plus à une délimitation des frontières paroissiales et de protection contre les calamités (peste, St Mamert au Vème Siècle) dans ce rite les champs sont bénis et les litanies sont recitées avec chapelet, rien n’est commun avec la fête-Dieu qui se déroule dans la cité 8 . A A séparer aussi de la pratique des récoltes et des moissons du Gluckhampfele (gerbe de la moisson  coupée par un enfant et gardée,) voir notre numéro 79. 
On le voit on est bien loin de cela dans la fête Dieu Toute dans la beauté et dans la retenue dans la foi en la présence de Dieu. ‘je suis avec vous’.

La fête avait une importance capitale en Alsace, comme ailleurs, dans son recueil consacré aux traditions de Corse, Claire Tiévant et Lucie Desideri, 9 signalent que les corses soulignent cette fête avec nombre de processions dans les cités grandes ou petites, tous très fleuries pour l’occasion, la tradition veut que ce jour-là, au matin, on aille cueillir le plus grand nombre de fleurs pour en parsemer les rues et les ruelles constituant le parcours de la procession. Celle-ci est organisée par les confréries (présentes aussi pour le vendredi saint et les processions de pénitents). Particularité corse, au lieu de conserver les “Kerwelskrüt”, on conserve dans l’île de Beauté, les pétales de fleurs pour les jeter sur les fidèles au passage de la procession.  Anecdote de 1844, du panorama de la Corse, un prêtre s’en souvient et cite de mémoire :  “dans une procession de la fête-Dieu, le chef d’une confrérie de pénitents, furieux d’être obligé de céder le pas aux élèves du séminaire, s’oublia jusqu’au plus audacieux blasphème contre le Saint Sacrement que l’on portait à deux pas de lui. Le lendemain, condamné par l’évêque à faire tous les soirs, pendant neuf jours, amende honorable devant la porte de l’église, revêtu d’un sac couvert de cendres, et une tête de mort à la main, il se soumit à cette pénitence canonique avec les marques non équivoques du plus vif repentir. “


Symbolisme :
Le chemin parcouru par le cortège de la fête Dieu est plutôt celui de chacun, de celui qui croit, qui chemine vers la Jérusalem céleste (le baldaquin aux couleur du ciel au-dessus du Saint-Sacrement, appelé “d’r himmel” par les alsaciens ne fait aucun doute.) Dieu est présent, proche, visible, "touchable", nous fait signe dans nos vies quotidiennes, il vient rencontrer sa création,  son lieu de vie, son quotidien , à l’instar de Jésus  dans le monde, comme un signe dans nos existences. Le message est beaucoup plus fort qu’il n’y parait.

Raisons de la chute de cette tradition

Tout d’abord l’opposition dans un premier temps des Réformés, dans un second temps de l’Etat qui a fait chuter la pratique, (interdits citésplus haut) puis du Concile, le saint-Sacrement est  lors de la consécration dorénavant visible des fidèles durant les offices, le prêtre est tourné vers le public des fidèles. Autre raison une certaine perte du  sens du sacré dans le clergé même, on trouve des prêtres qui ne croient plus toujours en la présence du Christ dans l’Hostie consacrée, mais ne négligeons pas une explication psychologisante de la foi, ou encore une certaine crainte des manifestations populaires collectives de foi.
A tout cela, comme conséquence ou comme source,  la baisse de fréquentation des offices, à quoi bon faire une procession avec un nombre de fidèles réduit et des badauds indifférents voir hostiles. Enfin la circulation des véhicules dans les villages qui ne peuvent qu’interrompre les files de processions et perturber les chants.
Seul Geispolsheim semble avoir sauvé la tradition avec le soutien du clergé, de la muncipalité, d’associations, et de fidèles croyants et mobilisés. 

L’exemple actuel de Geispolsheim.

Les cloches sonnent à la volée, fin de l’office religieux, la chaussée est dégagée,
 la procession débute par
* un groupe de fillettes en blanc avec des couronnes de fleurs, suivie par
* l’harmonie du village
les 6 fillettes en costume traditionnel avec sur les épaules la sculpture de la patronne du village, la statue est dorée. Les fillettes portent sur le costume d’alsacienne, le tablier blanc brodé, grande tenue, réservé aux offices religieux. Au début du siècle les fillettes auraient été vêtues en tenue de bergère de Marie antoinette avec houlette, châle et faisaient tinter leurs grelots (selon certaines sources)

* pompiers en uniforme

* tréteaux de bois portés et pliés par un jeune garçon, il servira à déposer les statues devant les autels ostensoirs.

* plusieurs jeunes gens qui portent saint Sébastien

* fillettes en costume

* bannière blanche représentant un saint du village

* 6 fillettes en costume avec la vierge Marie écrasant de son pied un serpent dans le dos de la statue de la vierge un magnifique soleil éclatant.

* la  chorale au grand complet

* les enfants de chœur avec des paniers chargés de pétales de fleurs

* le corps ecclésiastique avec le Saint-Sacrement sous un dais étoilé, porté par 4 hommes, les hommes du Conseil de Fabrique, en gants blancs en signe de respect vis-à-vis du sacré. Sous le dais les motifs du ciel “d’r himmel”.

* Le Saint-Sacrement est encensé par les enfants de chœur qui marchent à reculons comme les anges encensant Dieu dans le Ciel.

Au passage du cortège les pèlerins, ou simples touristes, se prosternent , se signent. c’est le passage de DIEU dans la cité. Chaque maison est parée de drapeaux aux couleurs de la paroisse, du Vatican, ou tricolores., mais aussi de fleurs, d’une statue ou d’images religieuses.

Au terme de cette étude, on s’aperçoit d’une volonté du clergé et du peuple de montrer Dieu au village, associé à la volonté de montrer à Dieu son attachement à sa présence et à sa protection. Dieu présent au milieu des hommes dans leur quotidien. S’y associe la volonté en ce mois de juin de tout faire pour que cette fête soit belle, colorée, lumineuse, tous les corps du village se mobilisent dans ce but. Gageons que cette marque de respect, de ferveur, et n’oublions en aucun cas les prières qui se mêlent à cette foule, ne peut rejouir Dieu et un océan de grâces retomber sur les villages où Dieu est célébré avec autant de fastes. 
 
Bibliographie, non citée en notes  :

* Feiern Feste, Jarhres-Zeiten, bei Herder, Manfred Huberti Freibourg in Breisgau, 1998 p 339-342
* fêtes et croyances populaires en France, Yvonne de Sike, Bordas
* la paille et le feu  traditions vivantes d’Alsace, Michèle Bardout, berger Levrault, espace des hommes, 1980 sur Geispolsheim
* L’Alsace et ses fêtes, collectif, Difal, Erce, Jérôme Do Bentzinger, page 50 avec des photos anciennes de Geispolsheim.
* Le folklore français (cité en notes)


Nos Illustrations :

* l’Alsace et ses fêtes ;
* la paille et le feu M. Bardout
* illustrations au crayon,  d’Image édition marguerite herrlisheim

notes :
 1. autres termes utilisés ou cités dans les ouvrages, Blutstag, Gotstag, Hotscleichnamtag, Hergotstag, Immolabit edum, Lichna mestag, Sacramentum sanguinis christi, Triumphus corporis christi, Varlechnam, Lieweherrgottstag.

2. Les fêtes de Dieu  Guy Deleury, les mythes, l’histoire, la foi.  Edition du Félin, 1994. page 209

3. Stella Maris, juin 2001  sur le Saint Sacrement

4.   ce même auteur, très critique et prompt à suivre la critique de la Foi ou les signes du Divin, souligne que la création de la fête du Sacré-Coeur de notre Seigneur Jésus-Christ, à la demande de la pieuse soeur du couvent de Paray-le-Monial, Soeur Maguerite-Marie Alacoque (toujours très présente dans le Renouveau Charismatique, eut le même cheminement, vision de la sainte, confesseur jésuite, et institution de la fête par le pape Pie IX en l’an 1856. L’auteur n’y voit qu’un combat contre les Lumières ou le modernisme. (page 210) `

5.   un peu à la manière actuelle des orthodoxes où le coeur est protégé des yeux des fidèles.

6. citons l’adoration pérpétuelle du Mont-Ste-Odile 365 jours par an et 24 h/ 24 h ou encore l’adoration du couvent St Marc à Gueberschwihr parmi d’autres...

7.  Arnold Van Gennep, le folklore français, cycles de mai, de la saint-Jean, de l’été et de l’automne,  tome 2. Collections Bouquins, Robert Laffont1949,51,53, réédition  1999 Robert Laffont.

8.   n°84, fin mai/juin 99, “tout sur les rogations alsaciennes”, traditions ancestrales dans les champs alsaciens. pages 16 à 19

9.   almanach de la mémoire et des coutumes, Corse, chez  Michel éditeur 1986 page consacrée au  21/06

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

Repost 0

Publié le 20 Mai 2008

Annoncé et rajeuni, voici le numéro 140 de notre revue la petite lanterne. Avec en couverture le thème des Sorcières en Alsace (DOSSIER)

il vient d'être posté et devrait vous arriver dans la semaine, du moins pour les lecteurs de France.Si la poste le veut bien, même si une grève est prévue jeudi prochain.

Dès qu'elle vous arrivera,
Vous aurez la surprise d'y trouver un grand dossier pour un numéro qui comporte 30 pages. Mais aussi d'autres rubriques et ce qui j'espère vous plaira une nouvelle maquette, une nouvelle présentation sur l'ensemble du numéro.

Nous attendons de vos nouvelles sur ce point.

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Repost 0

Publié le 14 Mai 2008

Jadis Staline demandait le Vatican combien de divisions ?
Maintenant dans un autre sens ce sont les catholiques qui découpent l'église en tranches à en croire cette info.
Tribus…
Selon Henri Tincq dans son dernier livre de 460 pages sur le catholicisme, à la manière du CCA Centre de Communication Avancée, le journaliste du Monde  découpe les Catholiques en tranches de socio-styles,  les voici donc au chapitre VII, ces  7 « tribus » qui composent l’Eglise :
Les traditionalistes, les fantassins (opus Dei, légionnaires du Christ), les inspirés (charismatiques), les silencieux (les religieux), les engagés, (séculiers), les observants-zappeurs (pratiquants moins réguliers), les rebelles (tendance « Golias »).
Où vous situez-vous ? Qu’ils soient un comme nous sommes UN ! disait le Christ.

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

Repost 0

Publié le 13 Mai 2008

Cloches de noël : SuBer die Glocken nie Klinger, plus belles, plus douces sont les cloches qui ne sonnnent qu'à Noël...


Messagère des offices, auxiliaire des prêtres, les cloches sont indispensables aux offices ...


Ce texte de Wilhelm Kritzinger (1816-1890)  sur une mélodie populaire (de Thuringe)  dit clairement qu’
il n’y a  de plus beau son que celui des cloches qui ne sonnent qu’au moment de Noël,
la chanson évoque la paix


Elle sonne, à minuit, durant la Nuit Sainte. Mais aussi pour la nouvelle année « Neujahrgelaüt » tradition attestée dès 1860, où elles sonnaient une heure durant en trois fois afin que tous les hommes, valides, ou invalides, jeunes et vieux, notent le début de l’année nouvelle et qu’ils souhaitent bonheur et bénédiction, souligne Hertzgog en 1860 dans ses souvenirs de Gueberschwihr.   Mais le chant  des cloches fait aussi référence au fait que le 17 décembre dans de nombreuses régions germaniques, à 15 heures, sonnent les cloches, on le nomme “Christkindel einläuten” sorte d’introduction pour l’enfant Jésus, car une semaine plus tard c’est la fête de Noël”.  Afin que tous s’y préparer dignement. L’église fêtait ce jour St Lazare de Béthanie que Jésus rappela à la vie. Les sonneries des cloches doivent faire penser à la population chrétienne qu’elle doit visiter les malades et les personnes âgées durant le temps de Noël, comme Jésus se mettant en route pour visiter Lazare.  ;  Précisons tout de même que le 17 décembre, les romains fêtaient les Saturnales.
La sonnerie de cloches en Alsace, donne le signal des fêtes de Noël, primitivement cette sonnerie aurait été celle de la bénédiction de l’eau qui se faisait à la vigile de Noël”. (Van Gennep, le folklore français  page 2626).

 Il faut dire qu’il se passe des  choses étranges, si l’on parcourt les légendes et les contes se rapportant au temps de Noël ou à la Nuit de la Nativité de Notre Seigneur. L’une des étranges traditions évoque le son de cloche d’un village englouti au fond de puits.
La première trace de cette légende se trouve dans un village Haut-rhinois de Ballersdorf où les villages commémore ainsi la disparition d’un village proche celui de “Mettersdorf”, la chapelle de Saint-Martin de  Ballersdorf étant l’unique vestige de la cité disparue. A l’approche des Barbares, les villageois ont soustrait la cloche et l’on descendu au fond de leur puits, afin de la préserver des mains impies voulant la fondre en quelque canon.

La cloche jamais retrouvée se ferait ainsi entendre durant la nuit de la Nativité mais seules les oreilles des plus pures, c’est-à-dire les enfants innocents, auraient la possibilité ou le droit de l’ouïr.
Les légendes  affirmant qu’elles l’ont vu voler au-dessus du village disparu et de l’église dont elle était jadis le centre, comme si elle planait sur l’âme du village défunt. On raconte même qu’aux abords de ce puits, deux saints importants en Alsace, Saint Martin et Saint Nicolas allument ensemble un feu que l’on pouvait voir certains soirs de très loin où l’on forgeait de l’argent pour les pauvres et les miséreux. D’autres légendes affirment que le ciel rouge des matins d’hiver est le feu que fait le Christkindel (enfant Jésus représenté en Jeune fille sorte de fée de Noël Ste Lucie)  pour faire cuire les petits gâteaux de noël dont on fera la distribution à Noël.

Citons un exemple distinct pour la Corse, terre de légende et d’anciennes traditions conservées, près d’Ajaccio on raconte la légende du carillon de minuit  le soir de Noël, où l’on peut entendre des cloches venant de la mer, au large de la tour de Paretta, ce sont les cloches du village de Zicavu (Zicavo) que des pirates emportèrent après avoir massacré les habitants. Le curé qui a échappé à cette tuerie pria le Seigneur de conserver ces cloches et l’on put voir les galères des assaillants sombrer avec leur précieux butin au large de la pointe de Parata. On peut également entendre sonner les cloches du hameau de Scanafaghjaccia ( à 1,5 km de Rezza) qui fut l’objet de terribles représailles de la part des Génois. Pour sauver leurs cloches, deux hommes allèrent les cacher dans la pinède. Ils moururent sans pouvoir révéler le secret du lieu. Et depuis ce jour, les cloches sonnent à minuit2  la nuit de Noël


Les textes déclinant le même thème sont relativement nombreux, on y trouve des “Glockerbrunne”  en Alsace. Car l’histoire de notre plaine, riche en passages,  riche donc aussi en envahisseurs, en prédateurs,  et en carnages, lui donne un terreau fertile.

Cloche des templiers
Une cloche fut également descendue dans le  puits du Templhof  à un kilomètre de Bergheim par les Templiers avant l’attaque des troupes, qui sonne cette même nuit de Noël.

Silwerglocke aperçue...
A Bernwiller, dans le Sundgau, sonne la cloche d’un village disparu d’”Usswiller” village incendié par des soldats mercenaires, près de Flaxlander Walbertswiller (Flaschlslanden et Bruebach) et près de Mulhouse dont le village fut pillé et brûlé sauf la cloche qui fut descendue dans le puits communal. La légende précise qu’elle fut en argent “Silwerglocke” et les poètes précisent que se sont les Suédois qui attaquaient. La cloche d’argent ne se contente pas de sonner, elle remonte à la surface durant la messe de minuit et peut alors être aperçue par les enfants innocents.

Le poète l’évoque ainsi :
“Si Kirchle isch eins vu de scheenschte g’si ,
Kei stei isch me hitte vorhande...”

Cette petite église était l’une de des plus belles, mais il n’en reste rien.

“Doch d’silwrige Glocke müen g’rette si”
mais sa cloche d’argent doit être sauvée
“D’r Schwed isch in Illfert sch gstande”

Alors que le Suédois entraient déjà à Illfurt
“Drum holt’re se awe un grabt si tief i,
Zwische Brüebi un Flaschslande”

C’est pourquoi on la descendit très profondément entre Bruabach et Flachlanden
Do Lütte sie Glocke s lislig un still
Zwiche Brüebi und Flachslande”
C’est là qu’elle sonne si faiblement
entre Bruabach et Flachlanden.

Cité par H-J Troxkler, dans un mignon petit ouvrage Noël en Alsace  aux éditions Bastberg.

Il en est aussi ainsi à Gutzwiller où toute la chapelle sort de terre,
à Leibersheim (village médiéval) dont il ne resta que sa chapelle Saint-Marx (aujourd’hui disparue) à côté de laquelle se trouve un puits.
Pour ce village, la légende de Théobald Walter,  plus précise, indique3  qu’il s’agit de la clochette de St Alban trônant dans le clocher dans une tour couverte de bardeaux dans une église en bois  dont le village fut pillé, la cloche avait été offerte par les riches seigneurs de la ville de Bâle. le village pillé, incendié dans une seule nuit d’automne. Quelques hommes qui s’étaient enfuis  revinrent pour dégager la clochette de Saint-Alban des eaux de la source afin de reconstruire ailleurs un autre village. Se mirent à l’oeuvre, voyant les clous d’argent du sommet de la clochette, le plus jeune d’entre eux poussa un juron et la clochette s’enfonça davantage dans les profondeurs. Les hommes se séparèrent, mais on entend le bruit de la cloche qui provient du Ciel certains jours. Le vieillard, raconte la légende, l’a entendu un soir de Noël.
Théobald Walter précise que seuls les jeunes enfants innocents et purs, et nés un dimanche peuvent de temps en temps entendre sa voix.

La cause de ses disparitions peut être la fameuse peste qui n’épargna que la moitié de la population alsacienne, ce furent aussi les attaques Suédoises, dont des villages gardent des traces historiques (Benfeld, notamment) ou encore les troupes françaises qui incendièrent châteaux et villages.

La cloche trouve aussi quelques résonances -si l’on peut dire- dans le Bas-Rhin, le village de Rothbach et de sa chapelle nous mène à la Chartreuse de Molsheim, dont les moines, Chartreux, firent de même durant la guerre de trente ans, celle de Mietisheim, durant la même guerre est plus originale.
Elle intéressa les partisans de St François et ceux de la S.P.A. On y trouve une “petite église des animaux” Tierkirchlein. Ce furent en effet les animaux qui voyaient les humains n’en faire qu’à leur tête, se détourner de leur Créateur et  de sa voie d’Amour, craignent la colère de ce dernier. Ils bâtirent, on ne sait comment, une chapelle, la nuit venue ils s’y retrouvaient pour célébrer  Dieu. Là aussi les soldats écumant la campagne voulaient s’emparer de la cloche pour en faire de vulgaires armes de destruction, l’enfuirent dans le Klingenthal dans.... à votre avis ? .....Un puits profond. Dans ce Klingenthal, la vallée qui sonne, dont la cloche jamais retrouvée, continue de sonner au prononcé de son nom.

Pourquoi donc tant de légendes, sonnantes, en cette nuit. Plusieurs raisons, la première la cloche est le messager, celle qui sonne, qui annonce la bonne nouvelle, qui incite les pèlerins à venir aux offices, sonne le baptême et donc l’arrivée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne...  mais aussi le glas, se tait durant l’absence du Christ (du jeudi saint au saint jour de Pâques), sonne au moment de la consécration durant l’eucharistie (pratique encore répandue dans de nombreuses églises), Elle est présente à chaque phase de la vie du chrétien et du calendrier de l’église.

La nuit de Noël, le Ciel est ouvert, comme le précise le chant “Minuits Chrétiens” d’Adam, le ciel est plus proche puisque le Fils de Dieu est incarné dans le monde.
L’anniversaire de la naissance doit s’accompagner donc d’une Joie du Ciel qui délègue certains signes au monde, presque des pouvoirs magiques. Il se passe donc des choses étranges dans le monde des humains et des animaux, (voir notre noël des animaux) dans les granges où les animaux bénéficient de rations supplémentaires, mais peuvent aussi prédire qui mourra, selon les nombreuses légendes, les plantes et les arbres refleurissent l’espace d’une messe de minuit. L’homme se devant d’y assister, que l’on songe à la légende de St Hubert, absent de l’office qui eut une apparition lui demandant les raisons pour lesquelles il persécutait ainsi le Christ, il ne peut s’y soustraire, la foi mélangée de paganisme y voyait des signes qui demeuraient impossible à vérifier.
Précisions en outre que les Ossuaires retrouvés ici et là que l’on attribue quelquefois à des villages disparus, ce qui est certaines fois le cas, sont aussi souvent des fosses communes ou des réaménagements de cimetières.
Mais l’on trouve aussi dans les villages alsaciens une tradition bien ancrée qui associe le puits à la naissance. Les anciens peuples liaient la vie à l’eau, l’eau étant source de vie. Ainsi jusqu’en 1870, on mentionne dans les écrits datant d’au minimum du XIV è siècle; dans les villages alsaciens les “Kindelsbrunnen” soit des “puits ou des sources aux petits enfants”  par exemple à Schwindratzheim5 . La cigogne n’héritera de la tâche  d’”apporteuse d’enfants, qu’après 1870 et le tout sera repris par Hansi. Le puits était jalousement gardé jadis par Frau Berchta/Holle symbolique croyance populaire qui puise ses origines profondes dans les croyances rhénanes. 
La croyance sera christianisée, on trouve alors au bord du puits non pas Frau Berchta, mais la Vierge Marie. 
Un rappel, cette Frau Berchta serait la Frau Holle, dont la mythologie germanique parle abondamment, Grimm lui-même l’a reprise dans ses contes. Cette Frau Holle, jeune fille désespérée saute dans une fontaine et se trouve dans l’autre monde. Dans ce monde, on trouve des pommes d’or. Dans d’autres régions allemandes où l’on trouve un étang de “Frau Holle”, on raconte qu’il y vient les nouveaux-nés. La Frau reste dans les eaux. Le lac rendant la fertilité aux femmes stériles, ses fonctions sont donc la fertilité, l’apport de cadeaux à Noël, la punition des femmes qui négligent les tâches ménagères.
Ce qui paraît étrange, qu’outre sa capacité dans les contes de “faire neiger”, elle est accompagnée de chats,  telle la déesse Freya.
Quand à l’hiver viennent les bourrasques de vent, on dit que dans le cortège du dieu (borgne, maître du panthéon germanique) Wotan-Odin,  Frau Holle trouve elle aussi sa place emmenant les enfants morts ou à naître.  (Dans la phase positive du personnage, elle apporte la vie, dans la phase négative de son personnage, plus récente, elle charrie les âmes des enfants des limbes morts sans baptême. Son nom Holle n’est pas éloigné du terme allemand désignant l’enfer Helle.  Sa place au moment de Noël est incontestable.
Luther, lui-même, en a parlé en voyant en elle “Frau Holle au nez en pied de marmite”.6  Autre agité du démon, Hitler n’installa-t-il pas son nid d’aigle en un lieu baptisé Berchtesgaden, qui évoque Berchta/Perchta, “jardin de Berchta”, jardin de cette divinité maléfique devenue personnage respectable dans les contes
(2 Almanach de la mémoire et des coutumes corse, par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel ,éditeur, 1996, article des 24/25/26 décembre
5. Guy Trendel, découverte de l’Alsace fantastique, page 35 éditions Coprur, septembre 1989, Strasbourg, 6. G/T 12 page 15, in les « traditions d’Europe » le labyrinthe par Alain de Benoist, 1996.   

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

Repost 0

Publié le 9 Mai 2008

L e 13 mai peut paraître un jour à ne pas sortir, à ne pas passer sous une échelle, à éviter les "chats" noirs...
Ou pour d'autres à jouer au Loto.
Si le chiffre 13 a stressé les tables de réunion ou les repas, c'est bien évidemment que le jeudi saint, à la Sainte Cène, l'institution de l'eucharistie par Jésus, ils étaient 13 à table (du moins jusqu'à ce que Judas aille trahir Jésus en le livrant aux grands prêtres, contre une somme d'argent (qu'il refusa).
Les agapes à 13 porteraient donc malheur... Encore plus si cela tombe un vendredi...

Si l'on en croit Apollo 13 (expédition du 13 à 13 h 13) qui connu les pires péripéties, il ne faut pas trop s'amuser avec le symbole ou tenter le Diable.
Pourquoi donc, si le symbole était totalement absent, Marie serait-elle apparue les 13 du mois à Fatima ?

Cela encouragera les plus pessimistes, elle est venue pour terrasser le serpent infernal.

Mardi prochain, Mardi de pentecôte, après un lundi de pentecôte redevenu férié et chômé, donc, le 13 mai nous fêterons l'anniversaire des apparitions mariales dans la cité portugaise.

Voici quelques indications pour ceux qui voudraient suivre les émissions consacrées à l'évènement sur Radio espérance, que l'on peut capter dans certains régions françaises, par radio internet ou sur le sat. Worldspace..


Radio Espérance
Présence Catholique sur les Ondes
gif     gif
transparence
Radio Espérance -  Année jubilaire -  Programmes -  Emissions -  Dons -  Boutique -  Liens

Pèlerinage à Fatima



 

Le dimanche 13 mai 1917, Marie Immaculée, qui a tout pouvoir sur le serpent infernal, est venue à Fatima offrir à ses enfants le secours efficace du Ciel.

 

 

 

 
Radio Espérance vous propose en direct depuis le sanctuaire de Notre Dame de Fatima au Portugal :

lundi 12 mai 2008 :

22h30 : Veillée et Messe,

mardi 13 mai 2008 : 

10h30 : Magazine,

11h00 : Messe en l'honneur de Notre Dame de Fatima,

13h30 : Procession de l'Adieu.

 


Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #religion

Repost 0

Publié le 2 Mai 2008

Voici le texte en avant première en anglais, de l'apparition de ce jour, elle a duré 5 minutes à 9 H 07,
soulignons les quelques mots incitant à prier pour les prêtres, qui vous ont été offerts, tel un cadeau, par mon Fils.


Mirjana's apparition today began at 9:07 AM and went on for about 5 minutes. Mirjana could not say whether Our Lady was happy or sad. After the apparition, Mirjana transmitted the following message from Our Lady:

“Dear children! By God’s will I am here with you in this place. I desire for you to open your hearts to me and to accept me as a mother. With my love I will teach you simplicity of life and richness of mercy and I will lead you to my Son. The way to Him can be difficult and painful but do not be afraid, I will be with you. My hands will hold you to the very end, to the eternal joy; therefore do not be afraid to open yourselves to me. Thank you.”

Our Lady also said: “Pray for priests. My Son gave them to you as a gift.”

Voir les commentaires

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #Medjugorje

Repost 0