Publié le 27 Février 2008

undefinedBergheim (Haut-Rhin) a désormais sa maison des procès consacrée aux bûchers dressés pour anéantir les sorcières. Cette ville fut en effet l’une des dernières à brûler des sorcières en 1683. La maison-musée-exposition est ouverte depuis l’automne 1997 avec une salle consacrée aux procès qui s’échelonnèrent dans cette ville de 1582 à 1683. Cette maison reprend en musique et bruitage, de façon vivante et théâtrale, une transcription des 40 procès de Bergheim traduits du vieil allemand.. Une manière de reconnaître les erreurs des ancêtres et de mieux situer leur comportement. Les thèmes sont la sorcellerie à  l’époque de la renaissance, magie et sorcellerie, l’état et la société , les sorcières et démons, le tribunal, les réalités, mais, pour les organisateurs, sans exposition d’instruments de tortures qui sont déjà visibles en d’autres lieux, châteaux et musées.1


138 sorciers morts entre 1572-1620, en 1616 14 condamnations pour la seule ville, de Thann,  au motif de  Hexenkappelle, Henxenzub, Hexenfeld, Turnstein.  A Itterswiller, non loin d’Eichhoffen, sur la route de Villé 2  “Brigitte Kuhn de Balbronn raconte dans sa déposition qu’une nuit de sabbat, le pâtre d’Itterswiller a été arrêté par Satan et forcé de jouer de la flûte jusqu’au matin. Avant de partir le diable lui demande quelle récompense il désire, et il demande qu’on lui laisse l’instrument dont il s’est servi toute la nuit. Le diable lui en fait effectivement cadeau, mais quel n’est pas son ébahissement en s’apercevant un peu plus tard qu’il tient entre les mains un chat noir et que c’est dans cet “instrument” bizarre qu’il a soufflé toute la nuit”!”3
Le prince de Würzburg a ainsi brûlé 800 sorciers dans le Sundgau et Brisgau, selon Auguste Stober, et près de 5000 personnes dans le diocèse de Strasbourg  mais finit lui aussi par être désigné comme “archi-sorcier” et inculpé.
Depuis Louis XIV la peine de mort est interdite pour les actes de sorcellerie qui ne s’accompagnent pas de crime de droit commun, et depuis le 7 décembre 1965 la liberté religieuse est proclamée. Même si les sectes, les satanistes et autres tentent de s’immiscer dans ce drame afin de tenter l’amalgame entre eux.

Le point de départ des bûchers de sorcières semblent être tout à la fois une mauvaise récolte, des maladies dans le bétail ou chez les hommes, une eau empoisonnée ou prétendue telle, conduisent certaines personnes du village vers les procès en sorcellerie. Simples citoyens ou en marge, adeptes de croyances et de rites païens, initiés à des pratiques médicinales, adeptes réels du culte aux divinités


































anciennes ou à Satan, l’homme du moyen-âge a du mal à s’y retrouver. Il suffit d’être possesseur d’un exemplaire du Geistliches Schild (bouclier spirituel, voir plus loin) ou amateurs de décoctions du petit Albert, pour préparer ses valises, le bûcher est prêt...

Expliquons toute d’abord les motifs, les sorcières accompagnent le démon ou avaient à certains moments de l’année rendez-vous avec les forces maléfiques d’où elles tiraient leurs pouvoirs. Pactisant avec les forces du mal, elles ne pouvaient être que mauvaises. Paradoxalement aujourd’hui avec la perte du sacré on comprend mal l’hostilité de la population a leur égard. Elles déviaient de la croyance commune à une époque où la foi et les superstitions avaient dans la société un rôle essentiel. Ainsi on pensait que la nuit de Wallpurgis, veille du premier mai (mois dédié à Marie, pureté personnifiée, mais aussi un mois où l’on déconseille le mariage) nuit chargée de coutumes ancestrales, d’adoration à des dieux païens et donc des forces opposées à Dieu,  donc des forces maléfiques.
Cette veille du premier mai est une journée de sabbat des sorcières, reconnue comme telle par l’inquisition et par le pape Innocent VIII qui condamne en 1484 les actes de sorcellerie et laissa à l’inquisition le pouvoir de condamner au bûcher les personnes qui étaient liées à la magie et à ses sortilèges.


























Si cette délégation de pouvoir à l’inquisition et les condamnations qui s’en suivirent sont graves, il n’en reste pas moins que la sorcellerie est toujours reconnue comme mauvaise et négative par le catéchisme de l’église catholique. L’article 1852 précise la magie dans la liste des péchés.4 et dans l’article 2116 “toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort “dévoiler” l’avenir. Au point 2117 “toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie , par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain -fût- ce pour lui procurer la santé- sont gravement contraires à la vertu de la religion”. Plus loin, on précise évidemment qu’elles sont pires s’il y a intention de nuire à autrui ou si on recourent à l’intervention des démons. L’église “avertit elle les fidèles de s’en garder”. (même des amulettes).  Cette condamnation est commune à toutes les religions chrétiennes et même aux  trois religions monothéistes.

Revenons à la nuit de Walpurgis, cette fameuse nuit reste dans les esprits des régions germaniques et même au Danemark, le premier mai est la journée de sainte Walpurgis pieuse bénédictine qui a évangélise l’Allemagne et combattu les anciens dieux païens et leurs prêtres. On imagine donc que l’entente entre la sainte et les païens n’était pas parfaite. Elle était abbesse de Heidenheim, mais aussi initiée, le mot est lancé il revient dans tous les cultes païens5 , en 778,  aux arts magiques.
Après sa mort un liquide huileux suintait de son tombeau “l'huile de Ste Walpurgis”. Depuis lors on la fête dans les pays germaniques et en Suède sous la fête de la ValborgPassa6  avec la forme plus particulière des grands feux allumés au centre du village. (à rapprocher des feux de la saint Jean)
Ainsi les sorcières se réunissaient aussi en Alsace,plusieurs ouvrages le confirment, sur le Bastberg (près de Bouxwiller), le Bollenberg (près de Rouffach), le Glöckehrsberg, le Schneeberg (près de Wasselonne), le Wurzelstein (dans la vallée de Munster) qui étaient délaissés par les habitants par crainte d’être utilisé par ces femmes. De nombreux lieux portent encore en surnom “coin des sorcières” et les plus anciens nous affirment qu’en ces lieux, certaines nuits...  Elles y venaient ou en repartaient par la voie des airs, avec un chat (ancienne divinité païenne notamment chez les égyptiens) ou chevauchant un chat un bouc, un chien un porc... C’est généralement le diable qui séduit la future sorcière, il porte le nom de Peterlin, Durchdenwald, Rüebin, Kreutlin, Hämmerlin... et épouse la sorcière dans une Teufelshochzeit7  en lui donnant de l’or qui se transforme en feuilles et fumier au matin, le diable étant trompeur et séducteur.
On bénissait, au siècle dernier, les maisons dans certains villages notamment celui de Nelligen, où l’on faisait   sonner les cloches du village de Niedermorschwihr ou encore on plaçait des bouleaux dans le fumier afin qu’à l'entrée de la ferme, dans les villages de Kreuzdorn et Kriterldorn,  que les sorcières comptent les feuilles des arbres avant d’entrer dans la ferme.  Pourquoi la sorcière comptait les feuilles, on l’ignore. On trouve aussi des tuiles protectrices sur les toits alsaciens8
Écoutons ce que dit Anne-Marie, une sorcière qui a “avoué” à Munster, après torture (!), qu’elle a conclu un pacte avec le Diable, on y retrouve tous les clichés, qu’attendaient d’elle les interrogateurs :
“Un jour , un chasseur est venu lui rendre visite, habillé de vert et portant sur la tête un chapeau décoré d’une longue plume de coq ; sortant un récipient de sa poche il lui donna quelque chose à boire. Puis il prit un petit couteau lui fit une entaille dans le bras et en suça le sang ; il l’initia ensuite à de nombreuses pratiques secrètes et vola avec elle, à plusieurs reprises vers les montagnes, où ils se retrouvèrent en compagnie de messieurs et de dames de la bonne société pour s’amuser et faire bombance”.
Le texte publié dans ‘Toute l’Alsace9  ajoute  encore : “que cette sorcière Anne-Marie était si belle, que les juges furent obligés de se voiler la face pour ne pas succomber à ses charmes ! Au moment de l’initiation de la sorcière, le Diable lui donne un bâton^ et un onguent blanc ; la sorcière en enduit le bout et à partir de ce moment s’en sert pour faire régner la mort et les malheurs dans le voisinage.
A Guebwiller, alors qu’on allait brûler une autre sorcière, celle-ci demande comme dernière faveur l’autorisation de manger un oeuf. L’autorisation fut accordée, qu’on lui apporta un oeuf, mais à peine eut-elle touché l’oeuf, qu’elle disparut sans laisser de traces.” Voilà un beau tour de magie !



























On faisait aussi claquer les fouets, rituel de protection qui représentait le bruissement du saint Esprit “das Brausen des Heiligen Geistes”. 10
Mais ce n’était pas qu’à une date précise cette crainte, on la retrouve sur une longue période qui va de la Toussaint à Noël, le temps de l’avent bénéficie de nombreux interdits qui concernent les esprits et qui correspondent à un moment de l’année de l’attente du Seigneur. Le peuple était un peu orphelin de Jésus.
Curieux de leur avenir ou de leur récolte, les Alsaciens utilisaient des rites divinatoires christianisés, ainsi le test du plomb versé dans de l’eau froide pour connaître la physionomie de son futur époux ou son métier ; autre technique :  le fait de balayer à reculons, la nuit de la saint André marieur du fait de la lecture de l’évangile des douze vierges sages et des douze vierges folles en pleine nuit en tenue légère dans le coin de Barr pour que l’ombre qui se projette sur le mur indique le profil ou le métier de votre futur époux, cette autre croyance qui assimile les oignons à chacun des douze mois de l’année. On christianise des rites divinatoires. Mais ils n’ont rien de ridicule lorsque l’on songe -avec sérieux- aux nombreux accrocs de ce présent siècle des horoscopes dans les magazines féminins.

“D’ Deifel het meh ass Zwölmf Aposchtle” (Le Diable a plus de 12 apôtres)

Des livres de magie alsaciens ont faits recette, ainsi le plus célèbre a déjà été cité, il s’agit du “Geistliche Schild” le “bouclier spirituel”11 . A lire son titre on n’imagine guère un livre de magie, bien au contraire  la légende  veut que le Christ ait donné aux femmes Marie, Elisabeth et Brigitte, le contenu de ce livre, d’où l’appelation “remède de bonnes femmes”. Gérard Leser qui a travaillé à sa traduction et à sa réédition moderne (à l’aide de deux éditions dont l’une d’un musée et l’autre trouvé sur une décharge publique !)  ne cite pas cette appellation, mais il précise qu’il s’agit d’un ouvrage de sorcellerie et de magie populaire considéré comme efficace “à ne pas mettre entre toutes les mains”12  Il révèle les peurs de nos ancêtres du XVI eme siècle, le livre étant paru pour la première fois en 1535 et dédié au Pape Léo Magnus Léon le Grand (460-461). Mais il a été mis à l’index, donc livre proscrit par l'Eglise. Constamment réédité cela a constitué un succès de colporteur, même s’il s’est vendu sous le manteau, et si tout parait positif dans le livre on préténdait que que ses pouvoirs pouvaient être augmentés ou devenir négatifs si l’on en faisait un mauvais usage. Alors que de par son titre, et à la lecture de son contenu, il semble être un ouvrage de protection et de soins. Cet avertissement se trouve aussi dans l’autre livre de magie, le petit Albert, dont nous parlerons plus loin.
Il devait être détenu en secret afin d’éviter les foudres des sorcières ce qui créa une certaine force occulte, devait être porté sur soi ( son format de 10 cm sur 7 le permettait)  dans la poche de son pantalon ou sa chemise.
Le Sundgau , très sensible à la sorcellerie, un médecin a d’ailleurs écrit un livre qui corrobore aujourd’hui encore la sensibilité de cette région agricole aux magiciens13  (magie blanche et noire) et aux sorciers,  souligne qu’une manière d’augmenter les pouvoirs de ce livre  était de le déposer sous la nappe de l’autel afin que le prêtre bénisse le tout. C’est pourquoi le prêtre s’assure qu’avant de débuter la messe et qu’il embrasse les reliques, par un geste de mise à plat sur les reliques, que rien n’ait été déposé sur l’autel. Ce fait rapporté par Leser et d’autres auteurs, m’a été confirmé dans nos villages alsaciens récemment.
Le livre est donc puissant, selon la croyance populaire, il est tenu secrètement, il comporte cinq parties, le vrai bouclier, la participation active à la messe, la bénédiction sur les eaux et contre les ennemis, le bouclier et guide spirituel (les saints et leurs protections spéciales), et en annexe la  bénédiction comportant des recettes de médecine populaire.

“Une technique pour éteindre le feu sans eau :
écris les lettres suivantes sur les deux côtés d’une assiette et jette-là dans le feu, aussitôt il s’éteindra 

      SATOR
      AREPO
       (TENET)
   OPERA
      ROTAS”

Ce carré magique, dit l’auteur de la réédition dans ses notes, d’origine romaine est connu depuis l’Antiquité. Il a été utilisé par les chrétiens comme signe de reconnaissance. on y retrouve les lettres du pater noster, ainsi que la première et la dernière lettre de l’alphabet grec : l’Alpha et l’Omega. Le mot “tenet” comme une croit et peut être lu dans les deux sens.  (...) Le tout signifie “le laboureur ) sa charrue dirige les travaux”. Dans ce carré magique qui enferme les tourbillons créateurs “rotas” certains spécialistes ont vu les épousailles de l’eau et du feu, créatrices de l’univers. “
On le voit l’interprétation va bien plus loin que la simple apparence des mots. Et la double lecture de chacun des mots intrigue.

“Protection contre les fantômes et toutes sortes de sorcellerie :

 I.
N.R.I.
I.

 

    Sanctus     Spiritus
I.
N.R.I.
  I.

Que tout soit préservé, ici temporellement et là-bas éternellement. Amen.
Le caractère qui y correspond s’appelle : que Dieu me bénisse ici temporellement et là-bas éternellement. Amen. “  page 169
On peut y découvrir des protections toutes chrétiennes basés sur des textes d’évangile, ou secrets, à l’instar de celle-ci qui protégerait contre la peste : “monsieur François Solarius, évêque de Salarius, témoigne qu’au Concile de Trente en l’an 1548, vingt évêques ou supérieurs d’ordres sont morts de la peste. Le patriarche d’Antioche a conseiller à tous de porter sur eux les lettres suivantes provenant de saint Zacharie, évêque de Jérusalem avec leur interprétation et leur incarnation, comme un moyen efficace contre la peste et quand cela est arrivé, plus uns seul n’est mort de la peste. On avait écrit les même lettres au-dessus de la porte, tous ceux qui habitaient dans la maison avaient été protégés contre la peste
+ Z + D.I.A. + B.I.Z.+S.A.B.+Z.H.G.F.+B.F.R.S.

 On y découvre  aussi quelques extraits étranges, ainsi celui qui demande “couper un bâton afin de pouvoir en rouer de coups quelqu’un aussi éloigné qu’il soit”.
On est donc surpris de ce pouvoir qui était réservé ou attribué aux sorciers et faisait partie dans les croyances populaires des pouvoirs maléfiques.


Autre extrait : “prière puissante à porter sur soi constamment, cette prière a été trouvée en l’an 1540, le 14 juillet sur la tombe de la mère de Dieu. Celui qui la récite ou qui la fait réciter pour lui ou la porte uniquement avec vénération sur lui, celui-ci ne sera jamais délaissé par la mère de Dieu dans ces détresses : “Ex libello gallico, intitulato Revel S;Brigittae impresse et approb.Parisiis 1672. “
Suit une prière à la Vierge.


Mais c’est bien à l’Est que régnaient les magiciens puisque un autre livre de magie (nettement plus négatif) a connu lui aussi les succès de réimpression, à savoir le Grand Albert et le petit Albert sous-titrés ‘admirables secrets de la magie’ 14 lui aussi est austère mais le style est directement fantaisiste, on sait que les recettes ne sont guère positives, que l’ouvrage comporte des produis qui sont soit fantaisistes, répugnants ou inconnus actuellement. Les auteurs de la préface récente en appelle à un code ou à une traduction fantaisiste et approximative afin d’en conserver les rimes.
On attribue ce livre de magie à Albert le Grand né à Lowingen en Souabe, vers 1200, il serait selon d’autres originaires de Hollande et son nom Groot signifierait Grand. Il était moine et enseignait la philosophie dans plusieurs grandes villes et notamment Rome et Paris. Il retourna à la fin de sa vie à Cologne et y mourut en 1280.
Les multiples éditions n’ont pas toutes le même contenu, ni le même choix de termes, à titre d’exemple de ce style “coloré” nous avons choisis deux “recettes” :
Dans le chapitre “secrets pour se faire aimer et concernant les femmes, le mariage”
“Vivez chastement au moins cinq ou six jours, et le septième, qui sera un vendredi (si faire ce peut), mangez et buvez des aliments de nature chaude qui excitent à l’amour, et quand vous vous sentirez dans cet état, tâchez d’avoir une conversation familière avec l’objet de votre passion et faites en sorte qu’elle vous puisse regarder fixement, et vous elle, seulement l’espace d’un Avé Maria, car les rayons visuels se rencontrant mutuellement seront si puissants véhicules de l’amour qu’ils pénétreront jusqu’au coeur et la plus grande fierté et la plus grande insensibilité ne pourront leur résister. “
La première était présentable, la seconde l’est moins : ceux qui sont obligés de s’abstenir pour longtemps de leur maison et qui ont des femmes suspectes et sujettes à caution pourront, par mesure de sûreté, pratiquer ce qui suit.
Il faut prendre un peu de cheveux de la femme et les couper menus comme poussière ; puis ayant enduit le membre viril avec un peu de bon miel et jeté la poudre de cheveux dessus, on procédera à l’acte vénérien avec la femme, et elle aura ensuite un dégoût pour le déduit.
 
Et le livre précise comme la faire revenir à soi au retour.... (pages 46,51 et 52)

Mais on ne compte pas les recours à l’urine, au miel  d’asperge, aux poils ou au membre viril de loup, des extraits de  lièvre, de chou, suie,d’araignée,saumure, boue des rues, sang de huppe femelle, un ver de sauge pourrie dans du fumier, jais ou jayet, térébenthine de Venise, fromage blanc de vache aigrie,  (!) tête de grenouille, mouches, jus de pavot, pied droit de tortue, dents de serpents, langue de huppe....
Cela donne une idée de l’ensemble. 

 Les cartomancières d’Europe centrale n’hésitent pas à faire leur ouvrage devant une paroi couverte de reproduction d’icônes religieuses, même si l’église serait très prompte à proscrire les jeux de cartes. L’homme pouvait en effet y perdre son âme en la vendant au Diable pour gagner aux cartes. Celle-ci étaient rapportées d’Orient par les Arabes et les Croisés. On pense qu’elles proviennent soit des brahmanes d’Inde ou de Chine.

Les sorciers sont restés dans notre imagination collective, combien de contes usent de l’image de la bonne fée et de la méchante sorcière... Jamais l’inverse. On la retrouve aussi bien dans Hans et Gretel que Blanche neige (en vilaine belle mère) que dans Cendrillon en vilaine Carabosse. Le peuple alsacien la retrouve les jours de carnaval, n’est-ce pas le déguisement le plus usité ces jours là, la brûle aujourd’hui encore sur les bûchers de la Saint Jean, et on  s’en méfie la nuit de Walpurgis. Il la transforme aussi à sa guise en faisant de Frau Holle (compagnon du dieu borgne germanique Oddhin) une vieille grand-mère respectable et charmante qui secoue les édredons pour en sortir de la neige ou  dans les régions suisses et italienne c’est la fée (qui a l’air d’une sorcière) Befana qui apporte les cadeaux.  Elle porte aussi le nom de Chauche-vieille dans le Doubs, la Haute-Saône, le Jura et la Franche-Comté.

Et à ceux qui s’imaginent que la magie fait partie du passé, les rituels sataniques intéressent de plus en plus les jeunes Autrichiens15 , qui eux ont fait une étude sur le sujet, 22 % des habitants du land autrichien de Styrie âgés de 15 à 20 croient en l’efficacité de la magie. 1900 l’avait pratiqué et 4700 y participeraient volontiers, 800 étaient des satanistes et reconnaissaient appartenir au “noyau dur” malgré la violence de certains rituels. Une aide téléphonique pour les parents et les victimes devait être mis en place récemment.

“Me soll z’Nacht nit in e Spiegel lüehe sunscht seht me drin d’r Deifer”.
La nuit il ne faut pas se regarder dans un miroir car on risque d’y voir le diable.

“Wenn d’r Deifel’s Hiesele gnumme het kann ’r de garte o noch han”
Quand le diable vous prend la maisonnette il peut aussi avoir le jardinet.


























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Protections alsaciennes : la croix dans la cheminée, d’où proviendrait sans doute l’expression “E kritz ins Kamin” quand survient quelque chose d’extraordinaire ou a peu de chances de survenir. La cheminée est un lieu de passage des sorcières et des démons. Dans certains cas de dépossession par un magicien il demande à ce que toutes les ouvertures de la maison soient bouchées y compris la cheminée.
On sait encore que les “bons” saint nicolas et père noël utilisent le même passage et volent aussi dans les airs tels les sorcières...
Dans toute l’Europe on trouve des fers à cheval accrochés aux linteaux des portes, c’est un signe de protection, on connait aussi le sel que certaines personnes âgées placent aujourd’hui encore derrière les photos des ancêtres ; on connait aussi le rite de jeter du sel dans le lai afin d’éviter que la sorcière ne viennent gâter le précieux liquide. (Fislis)
Le treillage au-dessus du lit contre les “Schratzmännele” et les sorcières sont formés dans le but d’éviter que les esprits ne se couchent sur les personnes et les étouffent.

On chasse les sorcières avec un balai retourné sur lequel on a placé du sel dans le village d’Offwiller, on bat aussi un sac, qui symbolise la sorcière, à grands coups de bâton, tout en respectant le haut du sac, au-dessus du noeud, qui symbolise la tête.
Les hommes sorciers déguisés an animaux viennent aussi tourmenter les humains, à écouter, Freddy Sarg  (page 214) 16 qui nous contee”l’histoire de la Büswiller Grosel, une pauvre femme qui allait de ferme en femme louer ses services de couturière “un jour elle travaillait à Pttintzheim. Le propriétaire avait une vache malade. Un rebouteux vint d’Obermodern. Après le travail il demanda à la couturière de lui ôter une écharde sans le piquer. Elle se moqua de lui et mit e n doute ses pouvoirs.
Mal lui en pris, problème de sommeil, un coq  la regarde bizarrement, elle a une impression d’étouffement. Une nuit le propriétaire fut réveillé par un bruit bizarre, courant à la fenêtre, il constatât qu’un chat noir se sauvait. Il lui lança une bûche à la tête pour se venger de l’avoir réveillé. Le lendemain, on apprit que le rebouteux s’était brisé la jambe. On en conclut qu’il s’était changé en coq puis en chat pour ennuyer la couturière incrédule.


Les “grands chasseurs de sorcières”
dans le classement on trouve tout d’abord un livre “Malleus Maleficarum” le “Marteau des sorcières” un ouvrage écrit par deux dominicains assez fanatiques en 1486, qui conseille torture et moyens pour faire avouer les sorcières. “Ne pas croire en la sorcellerie est la plus grande des hérésies”.

La sorcière c’est “quelqu’un qui connaissant les lois de Dieu, essaie de produire des effets par la puissance d’un pacte conclu avec le démon” dit le philosophe français, Jean Bodin. Il allait même jusqu’à torturer de ses propres mains, jeunes enfants et infirmes. Il trouvait d’ailleurs que les personnes mises au bûcher mourraient trop rapidement ! Il est aussi l’auteur de “Démonomanie” en 1580.

En Lorraine on trouva Nicholas Rémy qui fit exécuter en 15 ans, 900 personnes. “les sorcières ont une manière des plus perfides d’appliquer leur poison, car s’en étant enduit les mains, elles se saisissent des vêtements d’un homme comme pour l’implorer et s’attirer ses faveurs”.

Le champion allemand, est l'évêque suffragant de Trèves, à la fin du XVI è siècle du nom de Binsfeld Peter, qui a ainsi tué 6500 hommes, femmes et enfants. Si l’on en croit les textes, son ouvrage essentiel est “traité des confessions des malfaiteurs et sorciers”.
En France Henri Boguet (1550-1619) magistrat français aurait un palmarès de 600 sorcières. Pierre de Lancre dans le Pays Basque au temps d’Henri IV voyait dans sa région 30000 sorciers. Les habitants prirent la fuite mais il en brûla tout de même 600. Avant d’être nommé conseiller du roi.

Enfin Matthew Hopkins n’en a tué “que” quelques centaines au cours des années 1640. Il utilisait une technique assez “originale” il les jetait garrottées dans un lac ou une rivière s’il elles flottaient elles était coupables. Sinon elles mouraient ! Il était doublé d’un financier puisqu’il demandait aux municipalités de verser de l’argent pour qu’il les débarrasse des sorcières. La dernière technique qu’il utilisa est celle de forcer les victimes à marcher , sans nourriture ni sommeil jusqu’à ce qu’elles avouent leurs crimes.
(les phénomènes inexpliquées, des bourreaux sans pitié, les chasseurs de sorcières, p 85, 1983, sélection du  Reader’s digest).
Le mauvais oeil...
la sorcellerie, autre culture on tente de le laisser croire, autre religieux ancienne, c’est la thèse défendue par certains, dont l’anglais Margaret Murray, qui estime depuis 1921 “la sorcellerie n’est pas le fruit de l’imagination médiévale, la sorcellerie était une puissante religion païenne dont la racines remontaient aux habitants des grottes paléolithiques.” Dans un autre ouvrage elle décrit les principales fêtes sabbats, dont Halloween, la toussaint et la chandeleur.
Le sorcier a été caractérisé par le malheur qu’il provoque, par le mauvais oeil, le toucher. Ainsi un sorcier de 1619 “l’ayant regardé avec un oeil épouvantable et d’une vue extrêmement pénétrante, elle fut saisie d’un grand froid et tomba sans connaissance” nous raconte-t-on. 17 `
les sévices sont toujours visibles, des témoignages récents ou ceux plus anciens de 1951-1952 parlent d’animaux morts de souffrance des ensorcelés, des produits de la ferme immangeables, de lassitude invisible, et cela ne se passe pas seulement à la campagne, les sorciers et magiciens, à lire les journaux d’annonces gratuites, sont comme les médecins installés en ... ville.
Exemple pour ceux q ui ne croient pas en l’exemple cité18   “Une fois un jeune gars fanfaron s’était vanté devant un jeteur de sorts de ne pas croire à toutes ces bêtises, le sorcier se vengea “revenant une nuit du hameau au bourg, le jeune homme fut encadré soudain de deux loups (Lycanthropie). Ils ne lui permettaient pas de s’écarter d’un centimètre et l’escortèrent jusque chez lui”.
L’étude réalisée par une ethnologue moderne, montre que les sorciers peuvent être aussi bien féminins que masculins, (on ne brûla pas que des femmes, on l’a dit) jeunes ou vieux. (Un cas d’une femme de 90 ans).
On constate donc en reprenant la formule de Marcelle Bouteiller, l’ethnologue précitée, que les sorciers “sont parmi nous” et ils sont “comme vous et moi” ! Alors méfiance...

F.S.

Quelques sources citées dans cet article :
1.les cahiers de Bergheim n°2/98
  2. sorcellerie au XVI et XVII e siècle éditions du Rhin
  3. cité dans la petite lanterne n°15 page 05 “voilà les sorcières”.
  4. catéchisme de l'église catholique, dit C.E.C. publié en 1992 par  Mame-librairie Vaticane. Une grande partie de ce travail a été réalisé sous l'autorité du futur Benoît XVI, à savoir Joseph Ratzinger.
  5. les sectes, les mouvements ésotériques du new-âge, loges, et certaines églises sectaires. Théorie à laquelle le Christianisme est totalement opposé, la Bonne nouvelle et la Rédemption du Christ étant gratuits et universels, il ne peut y avoir d’initiés. 
  6. Yvonne de Sike , fêtes et croyances populaires en Europe, chez Bordas
  7. le terme est sans doute élégant qui peut recouvrir des orgies ou des accouplements, certains auteurs y voient le statut méconnu de la femme, incapable juridiquement mais une certaine frustration à l’égard de son sexe.
 8. Freddy Sarg, En Alsace, du berceau à la tombe  page 216 : reproduction de tuiles représentant les symboles de la croix ou JHS ainsi que l’année. (des modèles sont exposés au musée alsacien) 
9. déjà cité en notes
 10. Toute l’Alsace à la quête de l’Alsace profonde, rites-traditions-contes et légendes, SAEP Colmar.
 11. Selon le verset du livre des Proverbes , chapitre 30, verset 5 “toute Parole de Dieu est éprouvée. Il est bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge”.
12. Editions du Rhin, Gérard Leser, préface.
 13. Cyrille Kazszuk, les sorciers du Sundgau et autres souvenirs, éditions l’orfraie, 1981,  68440 Steinbrunn-le-Haut, 4 rue des Acacias, médecin de campagne  rationaliste il croise une population très ouverte et sensible au paranormal et aux médecines traditionnelles, il y raconte quelques récits assez “colorés”.
  14. dans une réédition de 1954 par Albin Michel.  On prétend que le grand Albert ne peut se détruire et si on le brûle il ne se consume pas !
15.  Famille chrétienne  n°1127 du 19 août 1999
  16. En Alsace du berceau à la tombe, Freddy SARG,éditions Oberlin, Strasbourg, 1993
17.   l’Europe, mythes et traditions, page 392, Brepols, collectif sous la direction de André Akoun, professeur à  Paris V, Paris 1990.
18.   l’Europe, mythes et traditions, page 392, Brepols, collectif sous la direction de André Akoun, professeur à  Paris V, Paris 1990.

Remerciements à M.Francis LORENTZ, président de l’Association “Culture et patrimoine” maison des procès, 35 Grand’rue 68750 BERGHEIM

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 27 Février 2008

 Napoléon ou Bonaparte  à Strasbourg cela représente pas grand chose qualitativement ou quantitativement dit Fernand L’Huillier dans Saisons d’Alsace  n°5 d’hiver 1963 mais il est plus justifié de parlé du culte de Napoléon qui figure sur les cartes postales d’Hansi.
Culte qui s’exprime par des poèmes, des chants, des hymnes, un vrai culte de la personnalité assez étonnant dans une région autre que la Corse.
Napoléon donna à de nombreux Alsaciens l’occasion de s’illustrer dans la carrière militaire, citons le Général Rapp, Castex, de Coehorn (qui acheta le château d’Ittenwiller, entre Saint Pierre et Eichhoffen), le Baron de Berckheim, ou le maréchal Lefebvre, de Schulmesteir “l’espion de l’empereur qui valait à lui seul une armée”.
Mais ce fut aussi l’occasion pour le commun de s’engager, malgré les réticences évoquées par Erckmann-Chatrian dans leurs oeuvres1 et aucune autre région n’a donné autant d’engagements volontaires proportionnellement à la population.
les fêtes célébrées en Alsace en l’honneur de Napoléon furent toujours l’occasion de liesses, on le voit dans la petite chronologie ci-contre, la fête du 15 août qui outre la fête de l’Assomption devint la fête de la naissance de Napoléon, et également la Saint Napoléon (eh oui !) on trouva un Napoléon patron des guerriers. Dans de nombreux village ce furent de belles et grandes fêtes, fête du chou à Krautergersheim, aussi fête de la laine à Bischwiller.
L’Alsace est consternée lorsqu’elle apprendra sous l’ère des Bourbons le décès de Napoléon à Sainte Hélène. Mais elle reçoit avec fierté le testament de Napoléon où il lègue en premier lieu et pour moitié aux villes et villages d’Alsace.
Ensuite dès 1870, le culte de Napoléon est le lieu sous l’époque prussienne avec la France, on y imprima des mouchoirs apothéoses bonapartistes, des bustes, des lithographies, des images, des tabatières... Mais on connait aussi des chansons populaires, livres, tels le livre de Schmidt “les Soldats de Napoléon” paru en 1911, des chansons : 
Chanson du Consulat “
Bonaparte spricht : Wir sind nocht nicht verloren
Schiesst, dass die ganze Welt erlebt !
Er selber kommandiert
Und alles avanciert
Auf den Feind mit stolzem Mut ;
Denn es soll wieder zu Frankreich kommen
Was zu Frankreich gehören tut.

Les conscrits de 1813, que l’on nomme les “Marie-Louise” de 1814 incorporés dans les chasseurs à cheval chantaient lors de leur départ :
Im Doerfchen dort mein Heimat ist,
Hab’s im Vorbeigehn heut gegruesst”
(Le village là-bas est mon pays natal, je l’ai salué aujourd’hui au passage)

Et cela se termine par :
“Courage chasseur,
Toujours vainqueur,
Pour la patrie et l’Empereur”.

Autre chanson macabre mais noble tristesse:  Im Garten zu Schoenbrunnen
Da liegt der Koenig von Rom,
Sieht nicht das Licht der Sonnen,
Sieht nicht des Himmels Thron
Am fernen Inselstrande
Da liegt Napoléon,
Liegt da zu Englands Schande,
Liegt da zu Englands Hohn.
(Dans le parc de Schoenbrunn, repose le Roi de Rome. Il ne voit pas la lumière du soleil, ni le trône divin. Sur le rivage d’une île lointaine repose Napoléon. O honte à l’Angleterre, o malédiction sur l’Angleterre.)

Le testament ludique, cette fois de Napoléon, est aussi emprunt de symbolisme, et d’idéalisation  :
L’empereur lègue :
Son nom - à la postérité.
Sa gloire- aux français.
Sa bravoure - à l’armée.
Son bonheur - à la France.
La Paix - à toute la terre.
Et enfin sa plume - à l’Histoire.”

Assez compréhensif avec l’Alsace, on se rappelle les mots des premiers intendants de Napoléon, “Ne touchez pas aux choses d’Alsace”. L’Alsace semble avoir été marqué par Napoléon qui a réussit une intégration souple en respectant les “particularismes”.

Mme Casin, dans son article dans ce numéro, estime que l’une des raisons de la mémoire napoléonienne en Alsace semble être la réussite de la pacification religieuse, la réconciliation entre les confessions et l’Etat et l’organisation des différentes communautés.
La culture, l’enseignement, (une école secondaire par département dut l’une de s grandes réalisations de l’empire), la langue de base était allemand,  dans un rapport au Ministre de l’Intérieur daté du 22/06/1812 du maire de Strasbourg Brackenhoffer, explique que
“les Institutions politiques maintenues par le Gouvernement jusqu’en 1790 ont perpétué l’usage presque exclusif et même officiel de la langue allemande, plus de 150 ans après que l’Alsace avait cessé d’être allemande”.
 L’Alsacien est donc paralysé par l’usage de langue française inconnue “traite de ses afffaires privées dans un langage qui ne lui est pas familier : ne pouvant entendre ses magistrats, et craignant d’en être mal entendu (il) recourt forcément à des intermédiaires, et ce qui n'est pas sans frais ni sans inconvénients ; et l’Alsacien, à l’avenir, s’il ne sait parler et écrire en français, fût-il soldat le plus brave et le plus dévoué, ne peut devenir caporal.” Il faut donc qu’il “puisse apprendre ce qu’il a tout intérêt à savoir”.
Et ce fut fut fait par la création d’écoles supérieures de formation des maîtres.
Napoléon et les jeunes Alsaciens :

Citons le texte accompagnant une lithographie de A.DUSCH, Strasbourg vers 1880 : “A Strasbourg, il n’y eut longtemps qu’une seule école française ; elle dépendait de la paroisse Saint-Nicolas et, en 1805, elle était dirigée par le magister Reinbold. Lors du passage de Napoléon 1er, qui se rendait en Allemagne, ce précepteur conduisit ses élèves à l’angle de la rue des Bouchers et de la rue Dauphine, appelée depuis rue d’Austerlitz, et les rangea en bataille entre les sapeurs et les tambours d’un régiment de ligne ; tous les élèves étaient muni de castagnettes (Klepperlé). Tout à coup on entend un bruit sourd, qui grossit peu à peu et devient plus distinct. Il est produit par les acclamations de la foule, qui salue l’Empereur. La voiture de Napoléon s’approche. Le fidèle mameluk Roustan en occupe le siège. Les tambours battent aux champs, la troupe présente les armes. M. Reinbold, imitant l’exemple du tambour-major, donne à son tour avec sa canne le signal à ses élèves qui, avec leurs castagnettes, exécutent un roulement des plus étourdissants. L’empereur, surpris, fait arr^ter les cheveux de sa voiture ; on lui explique cette singulière aubade, puis il échange quelques paroles pleines d’aménité avec le précepteur et les enfants auxquels il fait remettre quelques pièces d’or en souvenir. Les écoliers, en signe d’allégresse, jettent leurs casquettes en l’air et crient à tue-tête : Vive l’Empereur ! Jusqu’à Kehl, Napoléon riait de bon coeur de cette salutation originale qui, pour quelques instants, lui fit oublier ses graves préoccupations, et maître Reinbold, content, enchanté de son succès, rentra chez lui, à la tête de sa jeune troupe, plus fier qu’un général venant de remporter a plus brillante des victoires.”




CHRONOLOGIE des VISITES ALSACIENNES DE BONAPARTE  ou NAPOLÉON

1789 :  Bonaparte aurait étudié à Strasbourg à L’université

02/12/1797 : Premier séjour après la campagne d’Italie

15/07/1801 :  Concordat signé, puis publié le 8 avril 1802.

02/12/1805 : Couronnement impérial, l’Alsace est représentée par Jean-Frédéric Hermann maire de Strasbourg, qui offre le château des Rohan et le Parc de l’Orangerie. Le pont du Rhin prendra le nom de Pont Napoléon.

06/1805 : Séjour à Strasbourg avant la troisième Coalition et la bataille d’Austerlitz

22/01/1806  : Après la campagne d’Ulm et d’Austerlitz, après la victoire de Pressbourg, une réception solennelle est organisée à Strasbourg, le préfet s’adresse à “Napoléon le Grand et Joséphine la Bien-Aimée” les Strasbourgeois quand ils aiment bien, souvent ils rivalisent de chaleur avec les hommes du midi”.

23/01/1806 :  (le lendemain) Défilé des corps des corps de métiers

24/01/1806 : Napoléon signe un d écrêt de construction de l’actuel canal du Rhône au Rhin. L’ “ île Napoléon”conserve ce souvenir à Mulhouse.

15/04/1809 : Avant la 5ème coalition, quatrième séjour, Joséphine reste en Alsace elle donnera une fête dès que sera connue la victoire d’Eckmuhl, elle fit également une cure à Plombières.

14/10/1809 : Accueil enthousiaste    des Alsaciens qui font un triomphe à Napoléon.

22, 23, 24 /03/1810 : Réceptions en l’honneur du mariage de la fille de l’empereur d’Autriche et la nouvelle impératrice des Français.
La naissance du roi de Rome va créer les fameux bancs-reposoirs à deux kilomètres de distance avec les arbres et des fontaines, dès 1856. Nous avons déjà évoqué ces monuments dans le dossier sur Napoléon III et l’Alsace.  


Documentation :
Merci à M. Maurice SILBERSTEIN pour ses ouvrages et notamment Saisons d’Alsace,

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Publié le 27 Février 2008

En savoir plus sur les rapports entre  Napoléon 1er et l’Alsace tel est l’objectif de cet article dont nous voulions qu’il complète le premier volet consacré à son aîné, Napoléon III.
    Sur proposition d’un de nos fidèles lecteurs nous avons confié le sujet à Mme CASIN Renée, auteur(e)  -bien connue de nos abonnés- d’un ouvrage sur Napoléon III.         

   la lanterne
 

Pour avoir une idée de la popularité du nom de Napoléon en Alsace, on peut se reporter à toutes les manifestations culturelles et historiques organisées par la prestigieuse association du “SOUVENIR NAPOLÉONIEN”1d  dans notre belle province.
    Rappelons, pour mémoire, la cérémonie marquant la restauration de Charles Schulmeister, espion de l’Empereur, héros d’une suite télévisée, en présence de M. Raymann, député, au cimetière St Urbain. Rappelons aussi les séries de conférences -neuf pour 1997-1998- au Cercles européen de Strasbourg, sur les sujets les plus variés, avec le général Keller, le général Schmitt et M. Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : “Napoléon, Champollion et l’égyptologie”. N’oublions pas la messe du 5 mai à la cathédrale, jour anniversaire de la mort de l’Empereur, célébrée chaque année.
    Le président Pierre Pflimlin est venu y prononcer une conférence remarquable : “l’idée de l’Europe dans le passé et de nos jours”, le 19 janvier 1995. Président du Parlement européen de 1984-1987, il traita le sujet avec une hauteur de vue exemplaire : “Oui la tâche est difficile, mais elle est grande et noble. Il s’agit de construire maintenant une grande Europe fondée sur le patrimoine spirituel que constituent nos valeurs communes de liberté, de justice et de respect des droits de l’homme. C’est ce que Napoléon voulait déjà”
Signalons encore la prestation de Bernard Vogler, professeur à l’Université de Strasbourg “la vie politique en Alsace sous le Consulat et l’Empire”, la conférence de l’ambassadeur comte J.A de Sedouy “Chateaubriand et Molé face à Napoléon”, la projection du film “Napoléon” d’Abel Gance,,et pour la première fois en France, un festival du film Napoléonien. Naturellement, il serait fastidieux de tout énoncer en détail, et je terminerai par un écrivain iranien, Iradj Amini , qui, en la présence de Pierre Pflimlin et de personnalités strasbourgeoises, vint donner une importante communication sur “Napoléon & la Perse”, son dernier ouvrage, préfacé par le professeur Jean Tulard. Enfin, n’oublions pas l’ouverture au public de la chambre à coucher de Napoléon au Palais des Rohan, restaurée grâce au concours des fervents napoléoniens d’Alsace.
    Notons aussi qu’une autre association strasbourgeoise2   a pris en charge d’entretien et la restauration des monuments napoléoniens en Alsace : nombreuses tombes militaires et les ‘bancs de l’empereur” situés le long des routes pour le repos des voyageurs, Napoléon III ayant d’ailleurs continué la tradition. Et quelle preuve plus parlante de la popularité de Napoléon 1er en Alsace que l’oeuvre du célèbre dessinateur Hansi( 1873-1951) ! Les innombrables dessins exposés au musée Hansi à Riquewihr, édités en centaines de milliers de cartes postales, montrent, dirait-on, que l’amour de la France passe par l’amour de l’Empereur !


Jugeons plutôt, l’illustration
“Préparatifs pour aller à la messe” Musée Hansi Riquewihr
    Il est temps d’en chercher les causes. Elles sont à la fois civiques et religieuses.
    Si les Alsaciens avaient accueilli favorablement une ère de réformes en 1789, ils n’ont pas tardé à s’apercevoir de l a tyrannie sanglante qui s’installait. Dès 1790, la Constitution Civile du clergé provoqua la rupture. Cette loi organique prétendant faire élire les prêtres catholiques par tous les citoyens, juifs, protestants et a thées compris , fut catastrophique.
La grande majorité du clergé catholique refusa d’y prêter serment. Ces “réfractaires”, soit pourchassés et guillotinés, soit en fuite, soit clandestins, connurent une périodes les pires. Schneider (NDR cf notre numéro .....) l’accusateur public, mène sa guillotine de village en village ; la cathédrale de Strasbourg, transformée en “temple de la Raison”, est coiffée d’un immense bonnet rouge en tôle peinte , 1300 prêtres ont quitté l’Alsace, et, au péril de leur vie, les clandestins donnent les sacrements de l’Eglise de nuit, dans les caves et les greniers... L’Evêque “jureur” installé de force, est protégé par la police3

    Le grand mérite de Bonaparte, dès son accession au Consulat, fut de rouvrir les églises et de faire sortir de prison -il le fit lui-même à Paris, tous les prisonniers promis à la déportation ou au “rasoir national” par le Directoire. Et son rôle fut comparable à celui de Henri IV à la fin des guerres de religion. Son oeuvre de réconciliation nationale fut immense et salvatrice. Sait-on ? L’Explique-t-on dans les manuels scolaires -ou ce qu’il en reste- que Napoléon obligea, dans son Conseil d’Etat, d’anciens révolutionnaires et d’anciens royalistes, à siéger ensemble pour constituer ces fameux codes (Civil, Pénal, de Commerce...) copiés depuis dans toute l’Europe ? Il sont toujours là, modifiés, amendés, soit, et portent toujours sa griffe. La réconciliation nationale y conserve toujours son symbolisme puisqu’il voulut relier l’ancienne Franc e à la nouvelle avec les traces du Droit romain et le meilleur des Ordonnances royales.
    En Alsace, la question religieuse fut réglée à la satisfaction de tous, comme partout en France. Le Concordat du 15 juillet 1801 signé entre le Premier Consul et la Paris Pie VII, y est toujours en vigueur aujourd'hui, en ses grandes lignes. L’Eglise renonce aux biens possédés avant la révolution et les ministres du culte reçoivent en échange un traitement de l’Etat. Les autres confessions, les communautés protestantes et israélites, nombreuses en Alsace, reçoivent enfin leurs statuts au point de vue nationale, oeuvre commencée par Louis XVI, et menée à bien définitivement par Napoléon 1er. Le culte israélite est rétabli en 1806, et le Grand Sanhédrin de l’Empire français et du Royaume d’Italie se réunit à l’invitation de l’Empereur qui avait déjà reçu ses représentants le 9 février 1806. Le Président de la République Jacques Chirac a rendu hommage à l’empereur pour le 190 anniversaire de cet événement4
Ce statut officiel donné à la religion juive explique, en partie la haine d’Hitler pour Napoléon 1er !

    Je terminerai par une note personnelle. Je suis une fidèle du Mont Ste-Odile  où je passe mes vacances chaque année. Inutile de préciser les saccages, chaire, autels, tableaux, ex-voto fracassés à la hache en août 1794. L’accusateur public, Schneider, à la tête d’une horde, ne laisse plus que les murs de l’église de 1692 et... les confessionnaux. La haine du sacré les possède. Ils se ruent sur le tombeau de la sainte patronne de l’Alsace. Stupéfaits, ils trouvent le tombeau vide !
    Des fidèles d’Otrott et Klingenthal étaient montés en secret et avaient caché les ossements chez eux, à travers les chemins forestiers, zigzaguant au milieu des sapins.. Ce n’est que le 6 octobre 1800, au chant du Te Deum, que les restes de Sainte Odile seront enfin inhumés là-haut. La foi avait vaincu.
Et c’est en 1853, sous l’égide de Napoléon III que l’ensemble du couvent deviendra définitivement la propriété de l’évêque de Strasbourg 5
La foi avait vaincu, répétons-le. Mais il faut toujours que les hommes bataillent et souffrent pour que Dieu donne la victoire.
            Mme Renée CASIN.


PARMI LES CLICHES NAPOLÉONIENS ON NE PEUT CITER SON ANALYSE DE “LA LANGUE ALSACIENNE” :
Devant des soldats qui regrettaient qu’ils ne s’expriment qu’en Alsacien,
“pourvu qu’ils sabrent en Français”

Frappé sur les drapeaux des grognards, la phrase de l’empereur :  
“Vous direz, j’y étais”

Ou cette phrase des conscrits malgré eux : “nous les petis, les obscurs, les sans-grades.. Ne l’étions-nous pas fatigués ? “


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Publié le 24 Février 2008

Deux illustrations sur les drapeaux à voir dans l'article  consacré au drapeau alsacien sur ce blog rubrique histoire alsace.

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Publié le 24 Février 2008

A l’heure des épidémies tant annoncées,
dévoilées, craintes et médiatisées
A u moment où les moustiques porteurs du Chikungunya volètent (dangereusement) sous les délicieux auspices de la Réunion , la grippe aviaire autour du lac de Constance et dans les lacs du Bade-Wurtenberg, les moutons victimes de la tremblote ou de la fièvre aphteuse, et les souvenirs de l’E.S.B pas totalement oubliés. On s’interroge ; comment survivre face à une situation inédite. Loin d’être des Angsthase (mot à mot : lièvre peureux c’est-à-dire :  poltron), c’est bien là que l’on se trompe, on se plongeant un peu dans les livres d’histoire, on note la présence et la crainte ancestrale des maladies et des épidémies, qui faisaient glisser le paysan d’antan dans la superstition en protégeant les demeures qui avec les bougies de la chandeleur, qui avec les rameaux du dimanche éponyme, qui avec de l’eau bénite, ou des branches ou les cendres du feu de la saint Jean.



Témoignage : Jean de Venette témoin de la grande épi-démie de peste de 1348 décrivait ainsi ses observations relevées à Paris :
" les gens n'étaient malades que deux ou trois jours et mourraient rapidement, le corps presque sain. Celui qui aujourd'hui était en bonne santé, était mort demain et porté en terre "
Maladie de méfiance :  Qui ne l’a pas peut l’avoir, qui ne l’a pas aujourd’hui, l’aura peut-être demain. Maladie de l'ignorance du véritable agent de transmission contagieux engendre la peur, l'isolement, le repliement sur soit. Certains invoquent le ciel d'autres parlent de générations spontanées ! Mais pour tous la douleur est terrible lorsqu'on voit partir impuissants tous ceux que l'on aime sans pouvoir les aider !




En 1349, la crainte, non annoncée, était fondée et malheureuse. Elle ne fut pas la première,  elle succède à la peste de 1095 qui a permis à Manegold de convertir de nombreux seigneurs à  la cause de la papauté . Elle fait partie des nombreuses calamités qui ont marqué l’Alsace du XIVe siècle. La peste va bouleverser la vie de nombre d’Alsaciens et cette épidémie va durer 370 ans de 1358 à 1721. On dénombrait déjà les ravages du choléra provoqué par la sécheresse de 1113, la variole de 1295 qui coûta la vie à 700 personnes dans la ville de Colmar, selon la chronique de Thann, 500 à Rouffach et de nombreux enfants, toujours plus sensibles aux épidémies ; l’actualité récente ne le contredira pas. En 1316, l’Alsace avait eu à subir la peste bubonique,  tuant 14000 personnes à Bâle, autant à Strasbourg, mais ce chiffre trop rond est récurrent dans les anciennes chroniques, ce que les historiens considère donc comme un chiffre fantaisiste.
Le fléau venait de Crimée, introduit  par les marchands italiens en Europe en 1347 et arrivé par les voies commerciales. En fait par les puces des rats des navires commer-ciaux, c’est ainsi que les villes portuaires furent les premières touchées. Les puces sauteuses utilisèrent ensuite les animaux domestiques (chiens, chats) et humains (lai-nages et hommes). En 1348, il est en Suisse, il arrive au Sundgau en début d’année, chemine avec lenteur, gagne Strasbourg à l’été. Et ses ravages firent en général la perte d’un tiers de la population de chaque village. 1/3 !  Ce chiffre est admis par de nombreux historiens. Il était rare, raconte le chroniqueur Closener, qu’il ne fit qu’une seule victime dans une maison. Ceux qui étaient atteints par les bubons mouraient souvent le jour même, ou le lendemain, le troisième ou le quatrième jour. Rasant de la carte certains villages.
Elle connut deux formes deux vagues fortement contagieuses, la peste bubonique, la peste pneumonique.  Le même chroniqueur affirme qu’au moment de l’apogée de l’épidémie, le nombre de tués était de sept à dix par jour et par paroisse, soit une soixantaine en tout. Sans parler des couvents et de l’hôpital, dit-il ce qui augmente encore le nombre. Ce qui tendrait à signifier qu’« en une quinzaine de jours, le nombre de mots aurait dépassé celui d’une année entière normale, si l’on admet un taux moyen de mortalité de 40 pour mille et une population de 20 000 âmes environ » en conclue l’histoire de l’Alsace.  La conséquence est évidente, des villages disparaissent, certains hameaux furent abandonnés lorsque sa population a été décimé par l’épidémie. Les terres sont cultivées par les descendants ou si une famille ne peut survivre, elle quitte les lieux, le village, ou même se rend en ville. Le village de Klein-Atzenheim est l’exemple d’un village du Kochersberg qui fut ainsi annexé par Reitwiller.
On compte 539 localités rayées de la carte entre le XIIe et le XVIIIe siècle, 233, dont 70 sièges de paroisses, soit 43 % ont disparu au XIVe XVe siècles, contre seulement 33 durant la période antérieure.  S’ajoutent l’exode vers certaines villes et la baisse des prix agricoles.

 
La peste bubonique (ou bacille de Yersin qui le dé-couvrit en 1894 à distinguer de la peste pulmonaire Pasterela Pestis) est la forme de peste la plus cou-rante. Elle apparaît quand la bactérie responsa-ble, Yersinia pestis, infecte les ganglions lymphatiques, souvent à la suite de la morsure d'une puce infectée par un rongeur malade (rat).

Sa durée d'incubation est de 1 à 5 jours. Elle se caractérise par une hypertrophie des ganglions lymphatiques qui deviennent douloureux. Dans 20 à 40 % des cas, le malade guérit dans les 8 jours. Sinon, la maladie évolue vers une septicé-mie mortelle dans les 36 heures. Les symptômes sont : fièvre, chaleur insupportable, sensation d'étouffement, étourdissements, bubons avec douleur insoutenable aux aisselles et à l'aine, pouls rapide, vertiges, vomissements, hémorragie cutanée, etc. Le décès survient en quelques jours, parfois même en une demi-journée. Encyclopédie Wikipédia.

Les médecins recommandèrent le vinaigre, les épices, les aromates,
l’alimentation plus saine, le bannissement des craintes. Sans danger,  mais également sans réussite, la méthode est digne des médecins de Molière. La rumeur publique compterait 16 000 morts dit le chroniqueur de l’époque que nous avons déjà cité. Il semblerait que le nombre soit inférieur à certaines autres grandes villes dont la pro-miscuité a été un agent favorable à sa propagation. Dans les hôpitaux, les médecins n’approchent pas les malades s’aspergent de vinaigre (désinfectant certes,mais pas efficace). Les prêtres donnent la communion ou l’extrême-onction avec des cuillères d’argent fixées à de longues spatules. De cette époque datent dans les anciennes églises nordiques des ouvertures permettant aux fidèles malades de suivre l’office et de recevoir la communion à l’extérieur de l’édifice. Ainsi ils ne devaient pas contaminer les malades. Les cadavres des miséreux sont entassés sur des charrettes précédées de clochettes, ils sont poussés dans la fosse commune recouvert de chaud vive et de terre, le moyen était efficace sur les morts. Mais que faire des malades vivants.  On raconte à cette époque comme dit le diction, qu’il y a plus de vieux ivrognes que de vieux médecins, qu’en étant imbibés d’alcool la protection était plus efficace.


Signes de défaillance, affolement, plaintes, pleurs, cris, gémissement,s panique mentale et désespoirs tels sont les symp-tômes psychologiques.
Cloques purulentes, chaleur insuportable, vertiges, vomissement, hémorragies cutanées…

Une répétition mortelle…
Une autre arrivera en 1358, une autre 8 ans plus tard, puis encore en 1381 plus meur-trière encore selon un autre chroniqueur Koenigshofen.  La ville de Thann a recensé deux épidémies de pestes en 1426 et 1438. Soultz (68) n'est pas épargnée lors des ter-ribles périodes de famine et d'épidémies du XIVe siècle en Haute-Alsace. La peste ravage sa population en 1322, puis en 1337. En 1607 également dans d’autres régions.  En 1359 elle (re)frappe en Alsace et en Belgique. En 1360 elle arrive en Angleterre, revient en France et resurgit en 1369 en Angleterre. En 1527 et 1564 elle décime Riquewihr. Quand on doute que ce soit la peste, c’est lorsqu’un village est décimé et qu’il a pu être, s’approvisionnant chez le même meunier, victime de l’ergotisme. (pourriture de l’ergot de seigle).


La peste a frappé sans trop regarder le niveau social, a bouleversé des familles, jeté des enfants seuls dans la rue. Réglé des comptes, entraîné vols, rapines, règlements de comptes, suicide, peurs, misère, larmes et désespoir, comme on ne saurait l’imaginer même dans un mauvais film.

 
(la gravure représente l’enfer).
Les miracles des flagellants de 1349
On recherche les causes dans la colère divine, ce qui donna naissance aux processions de flagellants, le 8  juillet 1349, 200 pèlerins disant arriver de Sicile, affirment qu’ils avaient traversé  l’Italie, la Hongrie, l’Allemagne au son du tocsin.  Une forme de secte,  armés de fouets à lanière de cuir à noeuds, deux par deux, croix rouge sur leur chapeau, chantant des cantiques. La flagellation est administrée deux fois par jour, par le maître de la secte, hors de la ville. Ils invitent aux confessions et aux conversions. Leur passage est rapporté avec un grand scepticisme par le chroniqueur Closener. Le tout était organisé pour désarmer la colère divine. Bien accueillis par les Strasbourgeois, on pense qu’un millier de Strasbourgeois y entreront pour une durée de 33 jours et demi (symbolisant les années de la vie du Christ). L’évêque interdira les processions dans le diocèse de Strasbourg. L’apogée de l’épidémie sera cet été là à Strasbourg dans une chaleur torride.  Les « signes » sur leur passage se seraient multipliés raconte le chroniqueur, « un brave homme leur donne à boire un vase rempli de vin, qui demeure plein malgré une consommation abondante. Ensuite l’image du Crucifié sue à Offenbourg, ainsi que l’image de Notre-Dame de Strasbourg.  A Erstein, un homme appelé Rinder est si malade qu’il gît inconscient, il retrouve parole et vie à leur passage. Le bouche-à-oreille transforme cela en « les bestiaux (Rinder) parlent dans les étables ». Et ces signes contribuent à la promotion de leur campagne dans la région, en une période où le réconfort manque.  Mais  le chroniquer raconte qu’à la grande déception collective, ils échouent à ranimer un noyé. Ils sont bien accueillis  car totalement désintéressés, la mendicité leur étant interdite. Les nouveaux adhérents devant même payer une par-ticipation de 4 deniers par jour. En octobre de la même année, ils quittent l’Alsace et l’épidémie a « redoublé à leur arrivée et diminué avec leur départ ».


La deuxième réaction sera trouvée dans la recherche d’un groupe de population bouc émissaire, ce sera alors la responsabilité des juifs qui sera invoquée. Ils sont désignés par la vindicte populaire comme responsables de la peste noire en empoissonnant les puits et en propageant ainsi le fléau. Soldant par là des contentieux assez anciens, le statut des juifs s’était détérioré parallèlement à celui de l’affaiblissement du pouvoir impérial.
Les délégués, des villes et seigneuries alsaciennes, réunis à Benfeld prennent alors la décision de supprimer les communautés juives. Seule Strasbourg ne suit pas. L’agitation va même provoquer une révolution le 9 février 1349 et la mise en place d’une Constitution plus démocratique, qui décidera elle aussi, ce fut un de ses premiers actes, de brûler des juifs . Selon le chroniqueur Closener, ils seront 2000 a être brûlés. Mais il semble que le chiffre soit sans doute excessif. Quoi qu’il en soit de nombreux villages ou villes suivent ce cruel penchant et organisent des bûchers. Même si le Landvogt de Haguenau s’y est opposé, la population elle ne se laisse pas convaincre.

Histoire d’une prolifération à succès
Il ne faut pas oublier qu'en ce temps là les greniers avaient non seu-lement un rôle de garde-manger : puisqu'on les construisait en pointe avec souvent deux ou trois niveaux pour y entasser les sacs de grains, les aliments déshydratés, le lard salé ou fumé, mais on y mettait aussi le linge à sécher et les provisions devant servir en cas de siège ou d'invasions surprises. Ces greniers étaient ventilés par des petites lucarnes, appelées aussi chiens assis, qu'on incorporait dans la toiture.

Il faut également incriminer les mauvaises conditions d'hygiène de l'époque, la vétusté des logements, les nombreux champs de batailles où les morts et cadavres de chevaux entremêlés, n'étaient trop souvent même pas enterrés, mais livrés aux rongeurs et charognards de toutes sortes ! Ces endroits maudits que les paysans contournaient avec de grands signes de croix offraient de véritables festins aux colonies de rats vagabonds qui y proliféraient !



Mais notre épidémie de grippe n’est pas nouvelle, on en a connu de 1387 à 1417. Sans compter celle qui figure dans les mémoires de nos grands-parents, celle de grippe espagnole, plus récente à la fin de la première guerre mondiale sur une population affai-blie.

La foi qui soulève les montagnes…Saint Roch est appelé au secours, il protège de la peste, (Pèlerin, martyr +1327), Saint Sébastien (martyr, percé de flèches +288) est invoqué contre toutes les épidémies et maladies contagieuses, en particulier la peste. Il n’est donc pas étonnant que la chapelle de Dambach-la-ville lui soit consacrée, on y invoquait le Saint pendant la peste de 1667-1668. Les gens de Ribeauvillé font
même le vœu de venir en pèlerinage à Dambach-la-ville à la chapelle s’ils sont sauvés. Et ils tiendront pa-role.
En 1768, c’est la paroisse de Colroy-la-Roche qui vient en procession à cause d’une épidémie dans son bétail. Une source proche alimente les bains au XVIIème siècle et obtient quelques guérisons miraculeuses. De tels vœux de processions rituelles persistent actuellement dans des villages d’Autriche en mémoire de la protection ou de la fin de l’épidémie dans une cité.

En 1797, une peste bovine à Wattwiller provoqua un pèlerinage, malgré les interdictions à Thierenbach (Junhgholtz, Notre-Dame de Thierenbach). Les autorités protestèrent, en vain. Et la, peste cessa. Un grand ex-voto commémore l’évnèment. Depuis à la fête-Dieu les habitants renouvellent ce pèlerinage.

Un vœu des habitants de Lauterbourg serait à l’origine de la chapelle Notre-Dame du Bon secours de Lauetrbourg. Construite à côté du cimetière des pestiférés, par les 200 survivants avec l’aide du Prince-évêque de Spire, elle fut achevée, un an plus tard en  1667, et consacrée à saint Sébastien et saint Roch. En mémoire du vœu de 1666, les habitants convergaient vers la chapelle pieds nus, le 20 janvier, pour la Saint Sébastien. (sur l’histoire des chapelles, un très beau livre, très complet : Pèlerinages et piété populaire en Alsace, Marie-Thérèse Fischer, Editions du Signe 2003).






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Publié le 24 Février 2008

Le pape Benoît XVI a décidé d’accélérer l’ouverture de la cause de béatification et de canonisation de sœur Lucia dos Santos (1907-2005), l’une des trois témoins des apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal) en 1917.

 Dans un communiqué publié le 13 février 2008 en fin d’après-midi, la Congrégation pour les causes des saints a ainsi annoncé que le pape avait choisi de suspendre le délai obligatoire de cinq ans habituellement requis après la mort d’un serviteur de Dieu pour l’ouverture de sa cause.
La voyante portugaise est décédée le 13 février 2005, à l’âge de 97 ans.  "la dispense des deux années manquantes" venant du Saint Père afin d'ouvrir dès à présent la cause de la soeur Lucia dos Santos. Une grande joie a accompagné cette annonce du cardinal José Saraiva Martins dans la cité de Coimbra au Portugal.


Les cas de levée de cette période de latence sont rares, Mère Teresa (1910-1997) qui a bénéficié de l'ouverture de sa cause 14 mois après sa disparition, ou plus récemment encore Jean-Paul II un mois après sa mort survenue on le rappelle en mai 2005.

Dès à présent on salue sa personnalité, sa simplicité, son témoignage constant de foi et d'amour. Ses funérailles en février 2005 avait été l'occasion pour la population portugaise, et les pèlerins, de venir témoigner de leur respect pour la vie de cette soeur.

Le procès en béatification pourra donc s'ouvrir désormais.


voir notre article sur Fatima

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Publié le 21 Février 2008

Voir la mise à jour, avec le texte en latin, ainsi que l'action de grâces ...

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Publié le 21 Février 2008

On  parle beaucoup cette année de Lourdes, voir notre blog article d'il y a quelques  jours,

c'est peut-être l'occasion de souligner que l'on considère les apparitions du matin de Lourdes,

de midi à Fatima,

et du soir à Medjugorje, comme un signe de l'avancée du temps.... et de la Parousie (retour du Christ) proche. Mais tel n'est pas notre propos, nous voulons redonner quelques éléments pour comprendre Fatima.

L'an passé 2007 (1907) était l'année du jubilé des apparitions de Fatima. Fatima a été bouleversante en ce sens qu'un message confié  à de modestes bergers portugais visait la Russie et sa nécessaire consécration afin d'éviter qu'elle ne tombe avec l'Europe dans de graves dangers... La consécration ne fut qu'imparfaite, les secrets délivrés ont annoncés des éléments assez douloureux, dont l'attentat contre l'homme en blanc -le pape Jean-Paul II- et le communisme qui atteint la Russie...

(l'article ci-dessous est paru dans notre petite lanterne, en l'an 2000, il a été modifié en 2008 après la publication du 3ème secret avant le décès de la dernière voyante)

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A l’heure où Medjugorje (en ex-Yougoslavie) perce un peu le boycott des médias, des spécialistes et ce malgré une campagne assez vive contre ce lieu pourtant riche en fleurs et fruits...(comme l’impose le Nouveau Testament). Fatima connait une double consécration dans un lieu prédestiné car autrefois baptisée “terra de Santa Maria” dans la montagne entourant Fatima on trouve une chapelle ancienne à 13 km de Cova da Iria qui date de 1385. Le pays a donc toujours été fortement marial. Il est normal en ce mois de mai où nous rédigeons ce dossier, mois traditionnellement consacré à Marie, dont le rôle est (re)découvert et valorisé par les protestants, nous évoquions un lieu d’apparition important.1

La première par le biais de la nouvelle visite du souverain Pontife2 , qui ne s’est pas contenté de venir prier sur ce lieu d’apparition, mais le 13 mai 2000 il a, pour la première fois, béatifié deux jeunes enfants non martyrs. Il s’agissait des deux cousins de Soeur Lucie (Lucia dos Santos, religieuse de clôture, retirée au Carmel  de Coïmbre) bergers de Fatima, Jacinta et Francisco.
S’ils sont béatifiés aujourd’hui c’est qu’ils ont quelque chose de très important à transmettre à notre société actuelle, a-t-on pu entendre à Radio Vatican. Quoi ? L’obéissance aux injonctions de la prière dès l’apparition des anges, la progression dans la foi, et le contact avec les mystères surnaturels dans ce monde et en tous les cas dans le monde d’après cette vie.

Francisco a ainsi été touché par la tristesse du Christ dans le parc de Géthsémanie et fait des sacrifices pour le consoler. Jacintha offrait ses prières.
Souvent les ouvrages ont présenté ce garçon, qui a cru sans entendre, comme inférieur aux autres voyants, ou pire telle une sanction à l’égard de son comportement ou de son sexe. Il n’avait pas  bénéficié de  l’apparition complète, pourtant il semble bien que sa foi ait été encore plus vive du fait de cette vision imparfaite ou incomplète. La Vierge disant qu’il devait prier encore beaucoup avant d’aller au Ciel.
Lucie interrogeait la Vierge sur le sort de chacun d’eux, après avoir parlé d’elle, de Jacinthe, et enfin François, Elle répond à la jeune Lucie: “Oui, lui aussi. Mais il aura à dire beaucoup de chapelets”. Ce beaucoup étant plus une idée de temps que de prières à faire pour devenir digne d’entrer au Ciel.
D’autres ont présenté ce jeune garçon comme un peu mièvre sa vocation résidant dans le désir de “consoler le Christ”. On y a vu de l’enfantillage : “Je pensais que Dieu est si triste à cause des nombreux péchés. Si, au moins je pouvais le consoler”. La théologie spirituelle explique cela par une sensibilité surnaturelle d’un garçon endurci par la vie rude, trempée d’une intuition de la Grâce à l’image de la petite Thérèse de Lisieux. 
Message clair rappelé lors de la messe de béatification par le Pape : “ il Ta plu d’ouvrir ton Royaume aux tout-petits”. D’expliquer aux enfants ce que les sages ignorent :  le péché offense Dieu, le bien le console, telle serait la grande leçon du bienheureux François Marto.

Il endura de grandes souffrances, après une transformation de vie radicale, causées par la maladie et mourut le 4 avril 1919, sourire aux lèvres.
Dans la logique du monde contemporain ce serait la cousine, Soeur Lucie3  qui a gagné la meilleure part, car elle vit toujours, et survécut bien des années à son frère et sa soeur. Mais dans le monde de Dieu ce sont eux qui ont la meilleure part, ils ont touché la Vie, tandis que Lucie doit poursuivre d’annoncer le message inlassablement depuis le 13 mai 1917. Et dans de nombreux articles et livres.

Dans l’esprit de Fatima, n’oublions pas le miracle, qui fut signe pour les incrédules, que même les journaux athées, les plus anticléricaux  ont relatés, les autorités politiques y compris, le soleil s’est mis à danser, photos à l’appui, devant 70 000 témoins  médusés. Une foule de témoins venus du Portugal mais aussi du monde entier l’a relaté dans la presse. Les incroyants avaient vu. On a parlé ensuite -comiquement- d’hallucination collective.
Révolution  au coeur du Portugal où sévissait un régime ouvertement anti-catholique qui  a cessé sa persécution religieuse du fait des nombreux témoins ayant assisté à ce que l’on a nommé “la danse du soleil” qui n’a rien à voir avec des effets d’optique de croix barrée dans le soleil que l’on observe après un regard  fixé sur soleil durant quelques instants.

J’ai affirmé une double consécration car le Pape a annoncé à la fin de la célébration de la béatification qu’il acceptait de révéler le contenu du troisième secret de Fatima, qui a fait couler tant d’encre.
Rappelons que le premier secret concernait l’arrivée de la seconde guerre mondiale (alors qu’on était en pleine première guerre et que tous n’attendaient que la Paix et l’on jurait, à qui voulait l’entendre, que la Grande Guerre serait la dernière) ; que le second secret concernait la persécution communiste. Et sa solution la consécration de la Russie au coeur immaculé.
Après en avoir pris connaissance, deux des prédécesseurs sur le trône de Saint Pierre, ont d’ailleurs refusé que l’on leur reparle à nouveau de ce troisième secret, il annonçait en effet l’odieux attentat contre le Pape du 13 mai 1981.
“l’Evêque vêtu de blanc” qui prie pour tous les fidèles est le Pape. Lui aussi marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre, comme mort, sous les coups d’une arme à feu.4 “ On sait aujourd'hui que le crime avait été commandité par les services secrets russes via les services secrets bulgares. Ali Aga l'a reconnu depuis, Jean-Paul II lui a pardonné sa faute et demandé sa libération (quel message de foi !!)

LE TROISIEME SECRET DE FATIMA  : (c'est la voyante qui écrit) "J'écris en obéissance à Vous, mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de Son Excellence Révérendissime Monseigneur l'Evêque de Leiria et de Votre Très Sainte Mère, qui est aussi la mienne.

Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde ; mais elle s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui ; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte : 'Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !'. Et nous vîmes, dans une lumière immense qui est Dieu : quelque chose semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quant elles passent devant, un évêque vêtu de blanc, nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père.

[Nous vîmes] divers autres évêques monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, a moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes.

Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils receuillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu."


Le texte a été publié intégralement avec une notice  de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.5

Nous nous contenterons donc des paroles  du Cardinal Sodano, (notons que la presse a pris cette déclaration comme étant la publication du troisième secret)  premier ministre du Saint Père, précise “la vision de Fatima concerne surtout la lutte des Systèmes athées contre l’Eglise et contre les Chrétiens. Elle décrit l’immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire. C’est une interminable via crucis, guidée par les papes du vingtième siècle. 6
 Notons l’usage du mot “systèmes” et non “régimes politiques” il est donc plus large et englobera aussi les sectes et officines diverses, l’homme veille à l’utilisation de son vocabulaire.  Il interdit  de croire pour autant que les persécutions ont cessé, ce numéro de la petite lanterne en témoigne nous relatons les persécutions actuelles, sa pensée se prolonge : “cependant dans d’autres parties du monde, les attaques contre l’Eglise et contre les chrétiens, accompagnées du poids de la souffrance, n’ont malheureusement pas encore cessées”.

La date de la tentative d’assassinat était aussi la date anniversaire des apparitions de la Vierge à Fatima. Le Pape a souligné qu’en cette matière il n’y a pas de hasard ou de coïncidence. Il a toujours attribué sa protection à la Vierge, la balle ayant été miraculeusement déviée, l’arme étant dans la bonne direction.  Elles annonçaient donc que le Pape avait à souffrir. 7 .  C’est “ici à Fatima, déclara-t-il au Colisée le 7 mai, où furent annoncés ces temps de tribulation et où la Vierge demande de prier et de faire pénitence pour les abréger, je voudrais rendre grâce au Ciel pour la force de témoignage qui s’est ainsi manifestées dans toutes ces vie”. Remerciant Dieu  par la même occasion de la protection qui lui fut accordée le 13 mai 1981 :”je voudrais encore une foi dire toute la bonté que le Seigneur a eu pour moi, lorsqu’il me sauva de la mort alors que j’avais été gravement blessé en ce 13 mai 1981. J’exprime aussi ma reconnaissance à la bienheureuse Jacinta pour les sacrifices et les prières qu’elle présenta pour le Saint Père qu’elle avait vu vu tant souffrir”. 


Info catho  révèle que le Pape Jean-Paul II, selon la directeur de la salle de presse, a préféré taire ce secret durant les 20 ans de son Pontificat afin de ne pas marquer l’ensemble de cette période sous le signe d’une prédiction historique qui se serait réalisée.  Mais on n’ôtera à l’esprit de personne que cette confession papale à l’allure d’un testament, d’une post-scriptum à une biographie pontificale hors du commun qui éclaircit la haine de certains à l’égard de ce pape plus spécialement “protégé du ciel” , droit, exigeant,  hors du commun, et tout sauf politiquement correct.

Le Pape (Jean-Paul II) qui a une admiration et une forte foi en la Vierge Marie a d’ailleurs fait remettre à l’évêque de Leira-Fatima le projectile, resté dans la jeep après l’attentat, afin de l’enchâsser dans la couronne de la statue de ND de Fatima. Il a ajouté un autre présent, l’anneau remis par le cardinal (aujourd'hui défunt) Stefan Wyszynski, au début de son pontificat, dans la chapelle des Apparitions. Il lui avait prophétisé qu’il ferait entrer l’Eglise dans le troisième millénaire.

Ce n’est qu’après l’attentat qu’il a ressenti tout le poids de ces prédictions affirme infocatho, il semble qu’il n’y ait pas attaché d’importance lors de son élection.
Le secret révèle aussi que l’erreur du communisme se répand et  le pape n’a pas manqué de citer le cortège des horreurs de ce siècle, qui a charrié tant de “conflits (... aux) “ camps d’extermination et de concentration, de goulags et de nettoyage ethniques, de terrorisme, d’enlèvements, de drogue, d’attentats contre la vie des enfants à naître et contre la famille”.


Ce n’est donc pas un hasard si le Cardinal Sodano  après avoir observé que la “Dame du message semble lire avec une perspicacité spéciale les signes des temps, les signes de notre temps” qu’il confie à “sa maternelle intercession l’Eglise du troisième millénaire”. F.S.   o



Sur Fatima :
Rappel des ouvrages consultables :
* disponible chez France-Livres Clovis, Fatima, par Iccillio Felici, 98 F (bp 88 91552 Etampes cedex)
* ancien livre, Bibliothèque catholique, avec imprimatur, 1954 Amiot Dumont, ND de Fatima. qui a l’avantage de recueillir à la source avec une interview de Lucie. Ouvrage découvert récemment chez un bouquiniste.
ou encore :
* Yves Chiron, enquête sur les apparitions mariales. beaucoup plus critique.
* René Laurentin, multiplication des  apparitions de la Vierge (disponible chez Parvis- Hauteville Suisse) Fayard, rééditions 88,91,95
Vision extérieur d’un cinéaste :
* Daniel Cotelle : “Fatima un miracle et trois secrets”. France-Loisirs 1992, Bourrin 1991

Sur les apparitions de Medjugorje, on peut lire notre dossier du numéro 47, les livres sur le sujet :
* Medjugorge le message de Wayne Weible, Parvis.
* du spécialiste des apparitions : “Dernières nouvelles sur Medjugorje” de René Laurentin chez FX Guibert. ou Medjugorje, chez FX de Guibert.












1.  un dossier très intéressant (toujours actuel) sur la question mariale est paru -en décembre 1998- chez l’éditeur de Famille chrétienne EDIFA, les cahiers d’Edifa, sous la forme d’un dossier thématique : “Marie la Bien aimée, qu’en dit l’écriture, Myriam et l’islam, les protestants et la Vierge, les orthodoxes et Marie” “Notre Dame et la tradition catholiques”. 52 rue Taitbout, 75440 PARIS Cedex 09,
 le numéro 60 F
2. ce n’est pas la première d’un pape, ni une première pour Jean Paul II, Quatrième visite papale, Paul VI, et trois visites de Jean Paul II. A chaque fois Soeur Lucie était présente sur les lieux de l’apparition. On présume de sa joie de voir des membres de sa famille béatifiés et l’Eglise reconnaître par là-même encore davantage leur rencontre avec la Vierge Marie.
3.  Soeur Marie des Douleurs, née le 22 mars 1907,décédée il y a peu.

Le pape Benoît XVI a décidé d’accélérer l’ouverture de la cause de béatification et de canonisation de sœur Lucia dos Santos (1907-2005), l’une des trois témoins des apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal) en 1917. Dans un communiqué publié le 13 février 2008 en fin d’après-midi, la Congrégation pour les causes des saints a ainsi annoncé que le pape avait choisi de suspendre le délai obligatoire de cinq ans habituellement requis après la mort d’un serviteur de Dieu pour l’ouverture de sa cause. La voyante portugaise est décédée le 13 février 2005, à l’âge de 97 ans.


4.  Osservatore romano  en français du mercredi 16 mai 2000
5.  Le cardinal Ratzinger, à Rome, le 19 mai , signale qu'il n'y a rien de sensationnel mais que c'est "une aide à la prière (...) des révélations privées”. Mais le “lien entre l’attentat et le troisième secret est évident, il est dans les faits”.
source ZENIT 20/05/2000 (info@zenit.org. ou http://www.zenit.org/french/subscribe.html)
6   osservatore romano édition française sur le net.
7.   le pape a confié à la Congrégation pour la Doctrine de la foi le soin de rendre publique la troisième partie du secret après en avoir préparé un commentaire approprié, dit le texte.




le contact marial.... entre Dieu et l’homme....
Marie, chemin vers Jésus

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Publié le 19 Février 2008

Prières de Bénédiction de la table
Traditions perdues, l’Eglise y invite depuis des siècles, les protestants et les catholiques ont honoré cette tradition depuis des sicèles.
les prières de bénédiction des repas ont vraiment disparues de la quasi-totalité des tables chrétiennes. A l’heure où la bénédiction est cathodique et le grand prêtre officiant est le présentateur du jeu ou du journal télévisé.
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Benedicite : bénissez ....

  Le mot latin d’origine est benedicite, signifiant “bénissez”. C’est le premier mot de la prière qui se dit au début du repas pour remrcier Dieu de permettre à ses  enfants d’avoir “leur pain quotidien”. La prière semble provenir des monastères qui accomplir le voeu de Saint Paul de tout faire, qu’ils boivent ou mangent au nom du Seigneur.

Soulignons que selon le rituel n°782 “au début et à la fn du repas, le chrétien,q u’il soit seul ou avec d’autres frères, rend grâce à Dieu pour la nourriture qu’il reçoit de sa bonté chaque jour. Il se souvent aussi que le Seigneur Jésus a lié le sacrement de l’eucharistie au rite du repas et qu’après sa résurrection il s’t manifesté à ses disciples dans la fraction du pain”.

Dans la communauté religieuse, citée par Théo1 , on donne la prière suivante : la supérieur qui soit bénir la table dit “Bénissez,” la communauté répond :”bénissez”  les yeux de tous
R. Espèrent en vous, Seigneur et vous leur donnez leur nourriture en temps opportun ,; vous ouvrez votre main et vous comblez de bénédiction tout être animé.
Gloire au Père.
V. Seigneur, ayez pitié de nous
R. Christ, ayez pitiié de nous
V. Seigneur ayez pitié de nous; Notre Père.
V. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R. Mais délivrez nous du mal.
Prions
Bénissez-nous, Seigneur, et ces dons de votrelibéralité que nous allons prendre. Par N.S. J.C. Ainsi soit-il.

Le midi on conseille les mots suivants :2
“Tous ont les yeux sur toi, Seigneur, ils espèrent : et tu leur donnes la nourriture en sontemps. Toi, tu ouvres la main : tu rassasies tout vivant à plaisir. Prions le père, qui toujours prend soin de ses enfants : Notre Père...
Bénis-nous, Seigneur, et bénis ces dons que nous receveons de ta bonté pour nourriture. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Après le repas
Que tes oeuvres Seigneur te rendent grâce.
Et que tes fidèles te bénissent.
Nous te rendons grâce, Dieu tout-puissant,
pour tous les bienfaits.
Toi qui règnes pour les siècles des siècles.
A tous ceux qui nous ont fait du bien
grâce à ton nom
daigne acorder, Seigneur la vie éternelle.
Le soir
Avant le repas
Les pauvres mangeront, ils seront rassasiés..
Ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.
Prions le Seigneur
qui donne le pain chaque jour :
Notre Père....
Protège-nous, Seigneur, notre Dieu,
et donne à notre faiblesse ce qu’il faut pour subsister,
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Après le repas
Le Seigneur est tendresse et pitié,
il a laissé un mémorial de ses merveilles.
Il a donné des vivres à ses fidèles.
Tu nous as rassasiés de tes dons, Seigneur,
comble-nous de ta miséricorde.
Toi qui règnes pour les siècles des siècles.



Etant donné que le texte est d'origine latine en voici sa version latine :

Benedic, Domine, nos et haec tua dona
quae de tua largitate sumus sumpturi.
Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Bénissez-nous, Seigneur, ainsi que la nourriture que nous allons prendre,
par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.

Et pour remercier des grâces reçues :

Agimus tibi gratias, omnipotens Deus, pro universis beneficiis tuis : qui vivis et regnas in sæcula sæculorum. Amen.

Nous Vous rendons grâces, Dieu tout-puissant, pour tous les bienfaits que Vous nous avez donnés, Vous qui vivez pour les siècles des siècles. - Amen.





1.   Théo  p 741
2.   Magnificat  juillet 2000 N°92 page13 & 14undefined

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Publié le 17 Février 2008

Quelques photos en prime sur le  blog  de carnaval et d'agneaux en biscuit (le hammela traditionnel alsacien).... dans l'article relevailles "chandeleur"....

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