Saint Nicolas IIème partie : culte, symbole, Saint Nicolas et la Lorraine

Publié le 11 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

2ème partie :

SON CULTE et la symbolique

Le culte démarre très tôt, dès le XIIIe siècle,  au moment où l’on  constate qu’une huile parfumée, une liqueur miraculeuse (dit les “acta sanctorum”), on la nomme aussi “manne de saint Nicolas”    s’échappe de sa tombe, elle guérissait les maladies des yeux, les fractures et redonnait vie aux moribonds. Ce que confirment plusieurs études sur la question. Son palmarès de saint patron  est étendu des mariniers aux écoliers, des clercs (clergeons) des fleuristes à la patrie russe. D’où la multiplication des icons à son effigie. Il protège les jeunes filles et les jeunes hommes à marier, ainsi que les fiancés dans l’Artois; Du fait de la légende des jeunes filles que le père, à court d’argent,  voulait vendre et dont Nicolas va renflouer les fonds afin de protéger leur vertu. (cf la vie des saints, la légende dorée

 

Le culte semble lié au chiffre trois qui illustre le dogme trinitaire de l’église chrétienne, dans les 3 heures, les 3 enfants, les 3 officiers, les 3 soeurs, les 3 bourses d’or, .... qui ne font que souligner l’importance du dogme face aux incroyants.

(saint Nicolas entrant dans une maison Lorraine, détail d’une gravure du début du XXème siècle, collection de l’auteur)

Concernant les 3 enfants sacrifiés par le boucher que visite saint Nicolas. On sait qu’à cette époque de l’année, on sacrifiait le cochon, et que l’on faisait ripaille de viande fraîche, ce qui était rare avant ce siècle, il semblerait selon certains analystes qu’on a fait un amalgame entre les enfants (familièrement appelés “lardons” ou à l’époque “petit salé”) et la viande. En effet il semble que le saint pardonne au boucher non le massacre des enfants, mais en fait sa consommation de viande porcine (viande traditionnelle de la fête de Noël).

 

Culte rendu à l’époque moderne :  le Pape Pie XII installe à Bari en 1951, les Dominicains. Ils y développent un actif mouvement œcuménique. Dans l’abside de la crypte, ils ont érigé en 1966 une chapelle orthodoxe réservées aux services liturgiques de nos frères orientaux. En 1968 s’ouvre un institut de théologie œcuménique qui y délivre une licence et un doctorat. Le culte de saint Nicolas a été rendu  à sa dimension mondiale et œcuménique. Depuis 1989, les orthodoxes ont repris leur pèlerinage vers ce lieu et en 1996 (La Croix du 25 juillet 1997). La basilique a accueilli 6000 pèlerins russes et le patriarche Alexis II a souhaité le rétablissement d’un service dans la basilique pontificale.

 

La Lorraine et Saint Nicolas

La Lorraine a des raisons précises à sa fidélité à son culte de Nicolas, c’est la basilique qui abrite des reliques du grand saint apportées par un chevalier lorrain Aubert de Varangéville qui vers la fin du XIIème siècle s’achemina vers la cité de Bari et rapporta (vola ?)  une jointure du doigt du saint et la déposa en un lieu appelé Port, depuis Saint Nicolas-de-Port. En 1093 une église fut consacrée  à la précieuse relique.

 

En 1856, l’abbé Deblaye, recensa les reliques, il s’agit de deux petits fragments d’os longs qui proviendraient d’os longs des membres ; un fragment d’os paraissant provenir d’une portion de côté ; un fragment un peu spongieux provenant d’un os long et gros ; un fragment presque aussi long qu’un doigt d’un adulte et paraissant provenir d’une portion d’os de l’avant-bras ou du bras.(Mgr Paul Guérin, tome XIV, 1885, cité par Marie José Strich in la ”légende de Saint Nicolas”, éditions Ouest-France. Page 73.

 

 

Les reliques de Bari  furent transférées aux Etats-Unis sur décision du pape Paul VI. Une façon d’évangéliser les terres Outre Atlantique ? Et de confier au saint de nouvelles terres de mission ?  Elles furent transmises de l’évêque de Brooklyn Mgr Francis Mugavero à l’archevêque orthodoxe Lakovos. Les reliques furent déposées à l’église saint Nicolas de New York. Mais la Lorraine a toujours une relique du saint patron.

 

Ces reliques vinrent bénir de nombreuses églises, outre Port, Verdun, on dénombre 64 paroisses en Lorraine, autant en Alsace et 180 monuments dédiés au saint.

Précisons que  le pape Léon IX consacra une chapelle au Mont-Ste-Odile

au saint. Mais on en compte encore de nombreuses notamment à Colmar, Strasbourg (outre le Quai)...

Outre la présence dans de nombreuses églises de statues, de vitraux, St Nicolas est le patron principal ou secondaire de nombreuses paroisses en Alsace. Ne citons que le portail majestueux de l’église St-Martin de Colmar où sont représentées les deux légendes des hauts faits du saint, la résurrection des jeunes et les filleuls qu’il a doté. Nos recherches du saint patron principal nous donne les communes suivantes, mais il semble qu’il soit aussi patron secondaire (et célébré avec faste dans de nombreuses autres paroisses) : Balgau, Hanhoffen (Bischwiller), le Bonhomme, Colroy-la-Roche, Diefmatten, Dietwiller, Kienheim, Ergersheim, Forstheim, Friesenheim, Ginsheim, Haguenau, Hombourg, Hunawihr, Katzenthal, Keskastel, Neuve-Eglise, Oderen, Orschwihr, Rulisheim, Schirrhein, Sengern, Steinsoulz, Stotzheim, Urbeïs, Village-Neuf, Widensollen, Wihr-au-Val, Wingersheim. Cette liste nous signale déjà qu’il est apprécié dans les vallées, car saint patron des mines et des mineurs, n’a-t-il pas extrait les enfants de l’obscurité du saloir.  Dans la cité de Hunawihr, l’église fortifiée de 1480 recèle des fresques retraçant la vie de notre saint homme. Le secours aux trois jeunes filles, succession à l’évêque de Myre, secours à un navire, libération de 3 innocents condamnés à mort, une scène où l’on abat un arbre idolâtre, sa mort et l’extrême-onction, le transfert de son corps, le saint tire de prison un enfant.

Le culte rendu à Saint Nicolas fut si important que dans la ville impériale de Haguenau, qu’en 1189 l’empereur Frédéric Barberousse y fonda un hospice (1983, bulletin diocésain).

 

On touche déjà du doigt le Saint Nicolas populaire, il est le saint “sympathique” .  Attirance qui  spontanément  va lui attacher de nombreux corps de métiers. Ce culte    (chose rare, sauf pour Sainte Thérèse de Lisieux enfermée dans un Carmel sa vie durant ou encore le défunt Pape Jean-Paul II ou Mère Teresa de Calcutta) débuta  dès les premières années qui suivirent sa mort.

Autre particularité, ce saint est l’un des seuls de l’époque a être  vénéré d’Orient en Occident.

Soulignons que contrairement aux assertions de certains auteurs, ce n’est pas la relique qui crée le culte, mais bien l’inverse, ce propos est confirmé par M-J STRICH.

 

C’est le Duc de Lorraine (1473-1508) René II qui installe le saint au moment où il donne le chardon et une devise à son pays. Ceci après la bataille de Nancy, en 1477.Il semble lui devoir de nombreux succès guerriers. 

Le fils Antoine dira que Nicolas est le patron” pour la singulière et fervente dévotion qu’il a au glorieux corps du saint confesseur de Dieu, Mon seigneur saint Nicolas, notre bon avocat et patron” Le pape Innocent X confirmera cette nomination en 1657.

La grande procession fut instituée par Cunon de Réchicourt à Saint Nicolas de Port qui partit en terre sainte lors de la 6ème croisade, il fut délivré par Saint Nicolas et institua en reconnaissance cette procession.

Elle fut d’abord nocturne, puis en après-midi, puis à nouveau le soir, à la vigile,  à 9 heures.

Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.
Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.

Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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