Saint Nicolas cet inconnu....

Publié le 10 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

 

(Saint) Nicolas : personnage de l’avent incontournable, il est à l’origine un évêque de Smyrne en Asie mineure (actuelle Turquie), né à Patare en Lydie en 270, son culte remonte au XIème siècle, au XV il est déjà le patron de la Lorraine, ses reliques sont transportées à Bari en 1087, on lui attribue d’avoir ressuscité trois enfants, d’avoir sauvé de la prostitution les 3 filles d’un père peu fortuné et intéressé.  Il aurait aussi ressuscité trois jeunes hommes tués par une crapule, cette tradition semble être plus ancienne que celle des enfants sortis du saloir.

Saint Nicolas  apporta longtemps des cadeaux avant la réforme (Luther condamne le personnage dès 1535 et ses cadeaux) il était le personnage central de noël, à l’origine du transfert vers le laïcisé Père Noël.

Il apporte des mennele (voir plus haut) et des schnekle  (voir ce mot) gâteaux en forme d’escargot qui évoque sa crosse d’évêque, ainsi que des pain d’épices qui sont souvent ornés de son image (èvoir ces mots).

Accompagné du Hans Trapp  qui revient encore une fois le 24 décembre, il visite les maisons alsaciennes et lorraines dans la nuit du 5 au 6 décembre. Personnage aux mille facettes que nous tenterons dans ce passage d’éclaircir un peu sous les regards de l’histoire, des légendes, de la tradition et des pratiques folkloriques.

Tout d’abord le personnage historique

D’ABORD, PERSONNAGE HISTORIQUE

(Kleine illustrierte Heiligen Legende, Chur, 11,1886, collection de l’auteur)

Sa tradition remonte très tôt après son existence, elle est datée selon plusieurs sources concordantes de 270 où il naît à Patare en Lydie (extrémité méridionale d’Asie Mineure), au XIème siècle débute sa tradition  à Port près de Varangéville (en Meurthe et Moselle), au XVème siècle il est cité comme patron de la Lorraine, vénéré au Moyen-âge. Il meurt selon Cuny en 329, selon Guérin vers 350, en tous les cas un 6 décembre.

Il ne faut pas trop s’en étonner, n’a-t-on pas demandé “sancto subito” la canonisation immédiate pour Jean-Paul II ou pour Mère Teresa dont l’aura a dépassé les frontières et engendra immédiatement une vénération particulière.

 

Sa vie, elle même, il aura fallut retrouver un ouvrage réédité du XIXème siècle pour avoir de plus amples renseignements, de Paul Guérin (la vie des saints, XIXème siècle, réédité en 1992 par J de Bonnot)   où l’on nous apprend qu’à son retour de pèlerinage le saint apprend le décès de ses parents qui lui laissent leur fortune. Il va en faire profiter les indigents, dont notamment un père de trois filles qui se trouvait forcer à “vendre” ses filles à défaut de pouvoir les marier en l’absence de dot,  un matin il trouva une somme d’argent sur le bord de la fenêtre permettant de marier la fille. Saint Nicolas refit l’action à trois reprises.

Ceci semble déjà très proche de la tradition, mais on indique qu’outre ses fonctions d’”évêque de Myre, Nicolas fut dans la persécution de Dioclétien et de Galérius, arrêté, torturé et jeté en prison, d’où il sortit après que Constantin eut rendu la liberté à l’église”. 

 On retrouve sa trace au Concile de Nicée, où il multiplie les miracles, il lutte contre le paganisme notamment le culte rendu à Artémis et à Apollon. II sera ensuite nommé évêque par son oncle archevêque de Myre, prêtre depuis l’âge de 19 ans, puis supérieur du monastère de Sion, puis évêque à la mort de son oncle.  On lui devra d’avoir dépensé sa fortune pour éviter la famine au peuple de Lycie, d’avoir calmé une émeute à Taïphale (en Grande Phrygie). En outre, selon la même source,  il sauva trois innocents pour lesquels  il plaida en faveur de  la révision de leur  procès ; l’empereur fit, après un songe où il vit Nicolas, témoigner à nouveau  les trois condamnées et constate leur innocence.

Les reliques de Nicolas sont donc déposées à sa mort dans la cité actuelle turque de Dembré (ex-Myre, que les dépliants touristiques et les panneaux indicateurs nomment « babanoel » revêtus de la tenue du père noël coca-colisé rouge et blanc, voir le mot « père noël »).

 

La délivrance de Cunon de Linange, Sire de Réchicourt, prisonnier des musulmans lors de la 6ème croisade vers 1230 semble être la transposition de cette aventure. Car ce noble fut transporté la nuit même à Varangéville avec ses chaînes . Nicolas délivra également le comte de Torcheville.

 

Ces aventures où se mêlent déjà la tradition et la légende nous rapprochent de la Lorraine où Nicolas aura son berceau d’adoption.

 

Nicolas signifie tout d’abord “Victoire du Peuple” . Et c’est effectivement une victoire lorsque le 9 mai 1087 on transporte ses reliques en Italie dans la ville de Bari par crainte des Musulmans. Un chevalier lorrain Aubert de Varangéville rapporta la jointure du doigt du saint et la déposa en lieu nommé “Port” . C’est à ce moment que débute un pèlerinage vers cette  petite cité, et c’est à partir de cet instant que l’on compte les miracles.

 

Dès 1093 une église est construite en l’honneur du saint encourageant la propagation de son culte en Alsace et la région au XIIème siècle, en Allemagne dès le XIIIème siècle.

 

Placé sous la protection du bon saint, la Lorraine, par la voix du Duc de Lorraine René II (1473/1508) confia au saint le patronage de la Lorraine. Il  fit même battre monnaie à l’effigie de l’évêque de Myre. Le Pape Innocent X confirma cette décision en 1657.

Placé sous sa protection, le Duc affirma qu’il lui devait de nombreuses victoires.

image de Krampus.

image de Krampus.

carte de saint nicolas début du XXème siècle, collection personnelle de l'auteur.

carte de saint nicolas début du XXème siècle, collection personnelle de l'auteur.

statue de Saint Nicolas.

statue de Saint Nicolas.

carte postale ancienne de saint Nicolas.

carte postale ancienne de saint Nicolas.

chromo de Saint Nicolas, collection particulière de l'auteur.

chromo de Saint Nicolas, collection particulière de l'auteur.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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