Les mots doux alsaciens :

Publié le 29 Mai 2015

Mots doux alsaciens : Schmüswortle (mots bisoux)

J'ai déjà évoque, les prénoms alsaciens, voir ce blog.
Qui a dit que la langue alsacienne était rugueuse ?


Certainement pas Germain Muller (1923-1994 voir notre numéro spécial sur le personnage immense du Barabli et auteur en 1949 du «enfin redde m’r nemm devun» enfin, n’en parlons plus)

Voici quelques mots tendres pour ce printemps à replacer dans les conversations amoureuses : ils se voient souvent achevés par la finale «le» qui signifie «petit», un diminutif.

* Celui très pascal de «Hàmele» «petit agneau», mais n’est pas le seul animal convoqué «Harzkaferle» (petit scarabée de mon coeur),

* le petit trésor «Schätzele» car l’alsacien est réaliste, il en existe peut-être un plus grand ;

* le petit coeur «Herzele» alors que le français parlera de mon coeur ;

* le petit poussin (traduit ici ou là par un plus faux «ma poulette» deviendra «Bibele» ;

* petite fille «Maidele» qui ne renvoie pas pourtant à la pédophilie, mais aussi «Hùenig-Schnerlé» petit gueule d’amour, ou Zucker-Milhi petite gueule en sucre. Ou Schnuki, Schnouchs, schnukibutz voulant dire petit chéri.

S’il en choisit une, elle ne portera que le nom de «ma préférée, la plus aimée» à savoir «D’Liebchti» qui deviendra dans le langage courant l’équivalent du mot «fiancé» bien qu'elle ne soit que la "préférée" l'alsacien est parfois compliqué, c'est l'histoire qui veut cela !

(voir le livre Schmuswertle de + (5/09/2014) Raymond Matzen, le Verger éditeur).

Mais nous avons encore bien des mots doux qui ne demandent qu’à fleurir les soirées printanières :
«mickele» ; «missele» (la petite souris, Mickey n’a rien à voir ici) ;

mais on peut aussi aller vers des choses plus drôles comme «Bluttarschel» (petit cul nu)

ou le provocateur «Bettflasch» (ma bouillote) qui rappellera que les soirées sont fraîches et que les femmes n'aiment rien de plus que de se blottir contre les hommes. Au risque de déformation au niveau du torste masculin, d'où la naissance -à la longue- (quelques annnées de mariage) de graves marques sur le buste que l'on nomme "poignée d'amour". Il ne semble à l'heure actuelle qu'aucun traitement doux n'ait été trouvé. Si ce n'est de l'exercice physique, surnommé "simulacre la reproduction".

Si la météo alsacienne ne se prête pas aux sénérades, réservées à un île corse où un charmant chanteur hanta les rues sous le balcon des belles, on peut tout de même s'aventurer à chanter ses amours.

Les chants d’amour ont également eu un terme les «Minnesänger» chantaient ainsi les «Minne». En sachant que les amours alsaciennes ne se finissent pas en poèmes comme celles de Goethe et Friederike Brion, dans la ville de Sessenheim dans le Nord de l’Alsace. Mais cela c'est une autre histoire.

Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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