Publié le 26 Novembre 2016

Toujours précurseur, le marché de noël passe en vitesse de croisière avec plus de stands (une centaine) et de plus en plus de visiteurs. Le jour des primaires (premier tour) a beaucoup contribué à l'afflux des visiteurs. L'organisation des parkings aux heures de pointe n'a pourtant pas été à la hauteur bloquant tout le centre ville d'Andlau.

Mais la présence de Saint Nicolas, une météo clémente a contribué à un succès inégalé dans la petite ville.

 

 

le marché de noël d'Andlau
le marché de noël d'Andlau
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.

tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié le 26 Novembre 2016

Voici le début du texte du recteur du Monastère du Mont-Ste-Odile, M.l'abbé Patrick Koehler,

elle est célébrée dans le diocèse de Strasbourg le 13 décembre.

 

Vers le 13e centenaire de la mort d’Odile : une femme géniale aux couleurs du Ciel et de la Terre !
Au VIIe siècle, dans sa fureur condamnant à mort Odile, sa fille née aveugle, cependant sauvée par l’amour maternel de Bereswinda, Adalric, duc d’Alsace, était loin de se douter qu’un jour le destin exceptionnel de sa fille traverserait l’histoire et deviendrait un message de foi, d’espérance et de charité pour le XXIe siècle.  

Odile, sentinelle d’avenir et expression du génie féminin.
Née vers 660 au château de Hohenbourg (Altodunum en celte, sur la commune d’Ottrott, Bas-Rhin) dans la montagne vosgienne, rejetée par son père et éloignée au monastère de Palma (sans doute aujourd’hui Baume-les-Dames, dans le Doubs), Odile reçoit le baptême des mains de l’évêque Erhard de Ratisbonne, à l’âge de 12 ans. Elle ouvre alors les yeux et voit pour la première fois depuis sa naissance la splendeur de la vie. Elle reçoit donc le nom d’Odile, « fille de Lumière ». Plus tard réconciliée avec son père, elle devient plus tard abbesse d’un monastère fondé à Hohenbourg, en lieu et place du château, où elle meurt en 720. Aujourd’hui, le Mont Saint-Odile poursuit inexorablement sa vocation de « fille de Lumière » en cette terre foulée chaque jour par des pèlerins et des touristes.

L’eau de la source reconnue miraculeuse, abreuvant l’assoiffé et purifiant le regard de celui qui s’y lave le visage, cette eau venant des profondeurs ou de la nuée, porte en elle le mystère de la terre et du ciel, le mystère de la vie qui, par le baptême, s’ouvre sur l’Éternité.  

(la suite du récit sur le site, ci-dessous)

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié le 19 Novembre 2016

Pour voir le village du père noël situé sur le cercle polaire (et non au pôle nord)

il s'agit d'un village situé à 5 km de la ville de Rovaniemi en Finlande, dont voici la webcam animée : http://www.santaclausvillage.info/live-video.html

Il reçoit aux heures de bureau les enfants et on peut être présent grâce à une webcam c'est ici :

http://www.santaclausvillage.info/video-and-pictures-of-the-santa-claus-village/

C'est le lieu où atterrissent toutes les lettres dont l'intitulé comporte Père noël Finlande ou cercle polaire, la France et le secrétariat de Libourne qui vient d'ouvrir comme chaque année prend en charge les courriers non affranchis avec la mention "père noël ciel"

quelques photos pour se faire une idée :

http://www.santaclausvillage.info/video-and-pictures-of-the-santa-claus-village/

Et bien sûr les quelques photos personnelles de nos voyages en Finlande ci-dessous.

un renne en liberté dans la forêt finlandaise, le bureau de poste du père noël, l'extérieur du bureau de poste et le marquage au sol que l'on dépasse/franchit  le cercle polaire.
un renne en liberté dans la forêt finlandaise, le bureau de poste du père noël, l'extérieur du bureau de poste et le marquage au sol que l'on dépasse/franchit  le cercle polaire.
un renne en liberté dans la forêt finlandaise, le bureau de poste du père noël, l'extérieur du bureau de poste et le marquage au sol que l'on dépasse/franchit  le cercle polaire.
un renne en liberté dans la forêt finlandaise, le bureau de poste du père noël, l'extérieur du bureau de poste et le marquage au sol que l'on dépasse/franchit  le cercle polaire.

un renne en liberté dans la forêt finlandaise, le bureau de poste du père noël, l'extérieur du bureau de poste et le marquage au sol que l'on dépasse/franchit le cercle polaire.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié le 13 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

4ème partie :

Le Père Noël, le saint Nicolas, une autre origine :

Ils n’ont pas les mêmes valeurs  !

Disons un mot de cette théorie qui fait remonter les deux hommes à Odhin-Wotan, le dieu païen  des germains, dieu de la guerre. Il réaliserait à cet instant de l’année une chevauchée sauvage dans le ciel. Justement sur un cheval blanc (un peu comme le Père Noël, ou le cheval de l’évêque de Myre), il aurait aussi une longue barbe, et distribuerait  également des récompenses et des sanctions.

On aurait gommé les aspects trop négatifs (cheval devenu renne -animal tendre et doux- ; les méchants de la horde sauvage représentés par des personnages méchants distincts comme Hans Trapp...) pour ne laisser qu’un personnage bon et lisse. Van Gennep réfute cette théorie en estimant qu’un personnage ne peut pas sauter dans le folklore plusieurs générations pour réapparaître transformé, il manque le fameux ‘chaînon’ qui explique ce lien.

 

D’autres le rattachent encore au dieu Pan, chamane Herne, la thèse est soutenue dans “la fabuleuse histoire du Père Noël”, éditions du Rocher, par Tony Van Renterheim 1995. Nous n’y adhérerons pas.

Saint Nicolas a tout de même malgré ses multiples visages une sacrée aura, d’homme de Dieu, bon, engagé, Chrétien,  Témoin donc prêt à rendre service autrement moins commercial que le Père Noël made in US. Résistera-t-il ? Même s’il est aussi récupéré par les magasins lorrains. (Samaritaine, l’ouvrage de M-J STRICH ou de LEGIN)

Replongeons nous dans un texte latin  fort ancien déposé à la bibliothèque nationale (BN lat 1139 f°46) :

La fête du grand Évêque

Aujourd’hui au nombre des Saints

avec des chants magnifiques

Et de mélodieuses musiques

Célébrez-la vous les clercs,

Et surtout les écoliers !”

 

 

Pour Philippe DULEY, le saint Nicolas reste aujourd’hui sans doute plus qu’hier, une école du mérite du salaire, de la reconnaissance, ce qui permet d’apprendre à vieillir, ce qui n’est pas encore superflu(...) le Père Noël ne sent plus ses ailes, il attaque saint Nicolas. A l’issue du premier conflit mondial, les produits US déferlent sur la vieille Europe, et, entre deux caisses de chewing-gum débarque discrètement le Père Noël. Il devient redoutable, bouscule Nicolas sur ses marchés porteurs, il réussit à déloger le saint Homme sur les deux spécialités : l’enfant et le cadeau !”. (..) Que reste-t-il de ce Père Noël omniprésent ? des guirlandes, des strass, des paillettes (..) Rien à voir avec le sacré, de près ou de loin”.

 

Le Père Noël est perdeau de l’année bénéficiant d’un large plan média, le héros d’une « Chrismas academy » et fait star très rapidement, la course de fond est gagné par Saint Nicolas  qui existe depuis l’an 350 soit depuis 1650 ans ! Nicolas a une réelle longue tradition derrière sa bourrique. Le Père Noël n’a au mieux (si l’on ne retient pas son origine Gargantuesque contestée par van Gennep, ou d’Oddhin-Wotan dieu germanique 17 ) qu’une centaine d’années. Un monde de légendes et de pratiques  les sépare.

 

Ce plus grand analyste du folklore français Van Gennep dont on a réédité la lourde étude (le folklore français, en trois volumes, collection Bouquins, Robert Laffont) 18 écarte totalement la parenté possible entre Saint Nicolas et le Père Noël, il estime que les personnages ne peuvent pas  vivre l’un à côté de l’autre dans certaines régions à différents moments de l’année, et avoir été remplacés ailleurs. Que les personnages sont trop différents, dans leur présentation et leur descriptif, que l’un est un personnage réel ayant laissé des traces et l’autre est totalement mythique.

 

Côté patronage, Saint Nicolas est gâté et possède sous ses larges bras sans doute la liste la plus longue de petits protégés,                   

Patron des écoliers, la légende des trois enfants découpés en morceaux et mis au saloir par un boucher (c’est en Alsace, note Gérard Leser “Wihnachte en Alsace, Noël en Alsace, éditions du Rhin, puis réédité) car à la meme époque on abat le cochon domestique) , puis ressuscités par le saint va l’amener à être tout naturellement patron des clercs, dès le XIIème siècle, l’auteur Jean-Marie CUNY cite cet extrait conservé à la Bibliothèque nationale (BN lat.1139) :

 “la fête du Grand Évêque aujourd’hui au nombre des saints avec des chants magnifiques et de mélodieuses musiques  ; célébrez-là vous les clercs et les écoliers”.

Version traduite.

 

Il devint  patron des écoliers également, nul besoin de souligner que la visite (décrite en introduction de ce dossier) était salutaire et pédagogique du bon saint et de son acolyte, moins entreprenant le père Fouettard ou en Alsace le “Hans Trapp”; ce dernier armé d’un fouet ou de verges (Ruët) pouvait corriger si besoin les récalcitrants, ou à l’aide d’un sac menacer d’emporter ceux qui ne croyaient pas en lui ou étaient particulièrement indisciplinés. Le fait de porter des verges peut évoquer le rite de la fertilité usité dans la  Rome antique, et en Alsace au moment du carnaval. Frapper avec des verges devait stimuler le mari, la femme, ou les adolescents à être fertile. Le sens perdu s’est mué en une version pédagogique des choses.

 

Patron des filles à marier, je voudrai citer cette comptine à réciter le jour de la saint Nicolas dicton français,

patron des filles, saint Nicolas, mariez-nous, ne tardez pas”.

C’est Saint Nicolas qui marie les filles et les gars”

dit encore un autre dicton. On utilisait le saint en Picardie pour une étrange superstition où l’on plaçait sur son oreiller un miroir en récitant “bon saint Nicolas, qui fait marier, filles et gars, fais-moi voir qui m’épousera” “

A minuit précises, elle pouvait regarder le miroir qui lui renverrai le visage de l’élu.

Selon la version énoncée plus haut, on dit même qu’elles devaient participer au pèlerinage à la Basilique de Saint Nicolas du Port (basilique incendiée, pillée, par les troupes françaises et les allies pendant la guerre de Trente, par les révolutionnaires plus tard, bombardée également en 1940, son style flamboyant a néanmoins résisté aux années)  et marcher “sur la bonne pierre” une dalle perdue dans le pavage de l’église, si elle la foulait du pied, elle était convaincue d’épouser l’homme de ses rêves et des ses désirs. Dans une autre ville Château-Salins (Moselle) les jeunes filles se prosternaient devant le portail de l’église pendant que les cloches sonnaient et priaient le saint dans le but de trouver un mari.

 

Les garçons restés célibataires rendaient la monnaie de leur pièce à ceux qui avaient le 25 novembre chahuté les catherinettes. Car elles confectionnaient un bonnet à pompon rayé que l’on nommait “bonnet de la saint Nicolas”. Ils étaient contraints de le porter. Certaines filles leur adressaient aussi des cartes postales avec un bonnet de Nicolas.

 

C’est le Patron des navigateurs, car sa relique arriva par mer à Bari en Italie, de plus il avait sauvé un Navire où avait embarqué au XIIIème siècle Saint Louis et la Reine de France.  Le navire fut violemment secoué pendant une tempête de sorte que la Reine fit un voeu au saint si  tous s’en sortaient vifs. Un ex-voto est d‘ailleurs visible à la Basilique Saint Nicolas du Port.

 

Comme la Lorraine et l’Alsace disposent de peu de navigateurs, si ce n’est sur le fleuve, les ”flotteurs” c’est-à-dire ceux qui récupèrent le bois des Vosges sur la Meurthe (le fleuve)  se prirent également Nicolas comme patron et protecteur.  Ainsi Saint Nicolas, est la coutume est toujours encore d’actualité, vient visiter les chalands sur le Rhin le 6 décembre, des reportages télévisés ont été consacrés à ce sujet. Il apporte vin chaud et “mannele” aux navigateurs, des deux côtés du Rhin.  C’est l’école qui forme les batteliers à Strasbourg qui pilote chaque année cette manifestation.

Enfin le dernier corps de métier est celui des voyageurs qui se place sous la protection du saint Homme, pour les mêmes raisons que Saint Louis et la Reine de France embarqués sur le bateau lors d’une tempête.

 

Dictons

La saint Nicolas est aussi un moment où les paysans scrutent la nature pour prédire le temps :

Tuët’s uf Nicolai schneje, word viel Schnee im Winter keje

S’il neige à la Saint Nicolas, hiver neigeux sera

ou encore :

Am Nijkloïs Räje, se verfriere d’r Räwe

Pluie à la Saint Nicolas, le vignoble gèlera.

Ou selon les dictons vosgiens :

A la saint Nicolas si les truites qui fraient suivent le milieu de la rivière, l’hiver sera sec, si elles suivent le bord, l’hiver sera humide.

 

La saint Nicolas et vous ?

La balle est dans votre camp,

à  vous chers lecteurs, si vous avez  à éduquer des enfants, qu’ils soient  grands ou petits , rendez le témoignage du saint vivant, la foi catholique énonce dans ces dogmes la “communion des saints” et leur intervention bienfaisante en faveurs des croyants, en faisant dans la nuit du 5 au 6 décembre hommage à la tradition par des présents alimentaires -vous avez en ce qui concerne le contenu du soulier le choix la gastronomie alsacienne vous propose pour  vos bambins grands ou petits : pains-d’épices, chocolat, bonhomme en brioche qu’on nomme des saint Nicolas. ou des “mannele” (voir ces mots). afin qu’ils attendent -et qu’un jour peut-être ils invoquent en prière-  le Saint vénéré en Alsace depuis des centaines d’années sans  songer à sa pâle copie...

Bibliographie pour cet article :

* Sur le saint Nicolas lorrain :  Van Gennep, le folklore français, Bouquins.

- Saint Nicolas Jean Marie CUNY, imagerie d’Épinal (novembre 1987)

- Saint Nicolas, par Philippe Duley Éditions de l’Est

* La légende de saint Nicolas, éditions Ouest-France, par Marie-Josée STRICH octobre 1998

* sur le saint Nicolas autrichien :

- Tiroler Oberland, Berzirk landeck, par Robert Klien édition Tyrolia 1983 Innsbruck.

* sur le Père Noël suédois :

- Walpurgis, écrevisses et Sainte-Lucie, Fêtes et traditions en Suède par Jan-Öjvind Swahn et l’institut suédois Paris

- Noël en Suède, édité par le Centre culturel Suédois de Paris   Mais aussi :

* G.LESER Wihnachte en Alsace édition du Rhin (pas très developpé)

* Yvonne de Sike “Fêtes et croyances populaires en Europe”  chez Bordas (sur la saint Nicolas hollandaise)

* Alain de BENOIST “les traditions d’Europe” éditions du Labyrinthe 1996. (Très complet, comme toujours)

* Alain de Benoist “Fêter Noël” Atlas 1982 réédité 1997

*, Noël dans le Sundgau Geneviève Grimler éditions du Rhin novembre 1996

* Cette nuit là en Alsace, Noël ; Novembre 1998

* Noël, l’avent et après. par Catherine Baillaud, Geroeges Foessel, Roland Oberlé, Tomi Ungerer, édtions Roland Hirlé,Strasbourg; 3trim.98

 

« Santi Klaus, i bitt di,

Schenck m’r e scheen Babli,

Awer kein’s wo Bawi heisst,

Sunscht will i keins ».

* la petite lanterne, n°45,Nicolas à visage découvert, et le n° 67 Nicolas multiples.

 

 

Saint Nicolas exige le respect de la parole donnée, cette légende rapportée en 1987 (L’Alsace par François Wilhe, 5 décembre 1987) en témoigne. Un charretier se rendrait de Ventron à Kruth avec une mule poussive tirant unbien lourd attelage chargé de bois.

Voyant les difficultés de sa mule à escalader la butte, tout en passant devant la chapelle dédiée au saint : « Pouss Colas, muesch e Kerze ha » (Pousse Nicolas, si tu m’aides, tu auras un cierge ».) Arrivé presque par miracle, au sommet du côteau, et voyant que son attelage avait tenu, il s’écria « Pouss, Colas, brusch ke Kerze meh a » (« Pouss Nicolas, tu n’as plus besoin de cierge »). Aussitôt l’attelage s’emballe, la charrue se renverse, le chargement est perdu et le conducteur méprisant se trouve projeté au fond du ravin ».

chromo de saint nicolas.

chromo de saint nicolas.

un père noël suédois, pas forcément rouge...

un père noël suédois, pas forcément rouge...

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié le 12 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

 

 

3ème partie

Un peu de vocabulaire

Sant Niklaas :  est la version hollandaise de Saint Nicolas qui arriva aux États-Unis pour donner le mot suivant.

Santa Claus : correspond St Nicolas américain

Weihnachtsmann : père noël laïcisé, son nom signifie : bonhomme de noël

Knecht Ruprecht : est le Père fouettard allemand

Hans Trapp : Jean de Dratt, ou Hans von Dratt ou Trotha  père fouettard alsacien évoquant le personnage historique du comte de Berwartstein ou Baerwelestein non loin de Wissembourg à la fin du XV ème siècle, mort en 1503, maréchal du Pfalzgraff Philip, excommunié). Stoiber donne cette version dans l’Alsatia en 1850, en 1876, Seinguerlet parle d’un soudard de la guerre de Trente ans.

Krampus : diable à cornes et à langue pendue accompagnant St Nicolas en Autriche, descendant des esprits de l’hiver et du Diable.

Le père fouettard lorrain : est une forme de Charles Quint qui voulut reconquérir la ville de Metz (1552-1553). Long nez et chapeau dont l’allure n’a rien de commun avec Hans Trapp qui porte chaîne, gourdin, peau de bête.

 

Prière au Saint Nicolas, publié par l’amicale des Alsaciens Lorrains du Bassin d’Arcachon, communiqué par  + Maurice Silberstein en 1998,  (Andernos les Bains 33510) est très belle, d’une lectrice anonyme. « Avant que la tradition ne soit oubliée, je vous raconte comment se passait chez nous (en Lorraine) la Saint Nicolas.  Avant de se coucher, les enfants déposaient devant la cheminée non leurs souliers comme il est dit souvent, mais une assiette dans laquelle ils avaient placé, pour la bourrique qui portait les jouets, une petite botte de foin (à la campagne) ou une carotte et des croûtes de pain. Ils retrouvaient l’assiette garnie d’orange et de friandises. Le père Fouettard, pour marquer son passage, laissait parmi les cadeaux quelques verges. La veille de sa visite un son de clochette annonçait aux enfants son passage futur, ils devaient réciter par cœur cette prière : (que la dame a écrit d’une écriture magistrale qui donne encore plus de charme au texte).

Prière des petits enfants :

 

Grand Saint l’ami des enfants sages,

La richesse est ton partage

Tu es prodigue tous les ans

Envers tes nombreux enfants

En souvenir de tes bontés

Vers toi nous fait voler

Nous avons un grand espoir

Dans ta visite de ce soir

Dans nos assiettes,  tu déposeras

Un élégant petit baba

Entouré de quelques bonbons

Qu’avec bonheur nous croquerons

Reçois ce soir ma prière

Elle est fervente, elle est sincère

A ton retour près du Bon Dieu

Prie pour nous aller aux Cieux.

6 décembre.

 

Dans la Corona benignitatis anni Dei de Paul Claudel on lit ceci :

Voici l’hiver tout à fait et

saint Nicolas qui marche entre les sapins, avec deux sacs sur son âne

 pleins de joujoux pour les petits lorrains c’est fini de cet automne pourri.

Voici la neige pour de bon,

c’est fini de l’automne

et de l’été et de toutes les saisons”  (Paul Claudel)

 

C’est homme à longue barbe blanche, revêtu de ses ornements sacerdotaux indiquant sa fonction d’évêque,crosse à la main  écoute à la porte la comptine des enfants :

Lieber Nikolaus, komm in unser Haus,

Leer dein Säcklein aus, lieber Nikolaus”.

 

Il entre discrètement dans la stubbe en disant :

Ich bin der Heilig Nikolaus un kumm vum Himmel raus”, il est accompagné d’un bruyant personnage, dont la vocation semble d’être se faire remarquer,

 

Son accompagnateur se nomme Hans Trapp (il traîne des chaînes et portant une peau de bêtes aussi nommé “Rüpelz”) quelquefois il est relégué à la porte pour  garder l’âne chargé de friandises. Devant lui les enfants se cachent, promettent de mieux se tenir, et Nicolas se fait le garant de la protection enfantine, défendant  au Hans Trapp d’entrer cette fois-ci.

Mais le 24 décembre prochain, il ne pourra le retenir et laissera faire le vilain acolyte qui accompagnera le Christkindel (Enfant Jésus, en fait symbolisé dans la seule Alsace par Une fée dérivant de Ste Lucie) . Le vilain vérifiera le 24 avec Christkindel -ou le Père Noël- l’application des bonnes résolutions. Le saint ne pouvant pas châtier !

Afin de convaincre le couple visiteur, les enfants leur montrent le “Bethölzle” (ancien coutume, principalement dans le Sundgau2 ,   qui donnait à chaque enfant un petit bâton où les prières étaient marquées par des encoches “Kerb”, les parents étaient  très fiers des bâtons encochés de leurs enfants). Une de nos lectrices nous avait confirmé que sa  maman, née en 1896, disposait d’un tel petit bâton de prières. Par contre il était usité, la veille de Noël. Ils (un par enfant)  étaient posés (sur le rebord de la fenêtre) avant le passage du Christkindel, et remplacés -le lendemain-  par un (souligne-t-elle) seul paquet de bonbons.  

Saint Nicolas touchait les enfants avec un rameau (dans un but de fertilisation).

Les enfants recevaient des mandarines dont une lectrice me contait que l’odeur évoquerait toujours pour elle la saint Nicolas. Le saint jetait aussi des pommes, noix, rarement des jouets sauf en Lorraine (dans les publicités récentes on le voit), si la famille était plus riche on offrait aussi du chocolat, du pains d’épices, des sources anciennes précisent la présence de viennoiseries élaborées pour l’occasion, notamment des “männele” (petits bonshommes en pâte briochée ou pains aux lait) mais aussi des “schnakelé” (sortes de petits pains en forme d’escargots, qui reprend la forme de la crosse de l’évêque) agrémentés de pépites de chocolats.

Les cadeaux ont eu lieu très tôt, car Luther déjà évoque en 1535 les “cadeaux de la saint Nicolas” bien évidemment pour les condamner. (Mettant ainsi fin aux marches de Saint Nicolas, dont la date se décalera et deviendront les marchés de l’enfant Jésus soit Christkindelmarik

 

Un conte restitue cette ambiance de cadeaux:

Au matin de la saint Nicolas,

dans mes sabots, elle était là,

de noix, d’oranges entourée,

et de guirlandes enrubannée,

c’était ma première poupée

en bois, toute articulée,

qu’au couteau

mon père avait taillée...”

B.Fulpin, contes et poèmes pour enfants, Geneviève Grimler Noël dans le Sundgau, éditions du Rhin.

 

Dans certains villages, notamment dans le canton de Ferrette, à Biedertal,  un jeune homme déguisé en blanc avec barbe et chevauchait un autre déguisé en âne, l'équipage passait devant les enfants qui devaient prier sinon ils étaient châtiés par l’âne.  Le livre Noël, avent, et après...(Catherine Baillaud, Georges Foessel, Roland Oberlé, dessins de Tomi Ungerer, paru chez les éditions Roland Oberlé, 3ème trimestre 1998)  précise un village de Unterentersbach (village de la Forêt Noire) où les hommes sont enduits de graisse noire.

 

Texte bavarois

Autre visite particulière celle en Bavière racontée en 1915, par Karl Stern dans son roman “le buissant ardent, “Noël était la fête du Christ-Enfant ; saint Nicolas, lui, passait dans la soirée du 5 décembre, la veille de sa fête, il semblait se rendre de maison en maison, souvent accompagné de son domestique Rupprecht. Il portait une longue barbe, et promenait des verges de bouleau, de lourdes chaînes de fer, et un gros sac plein de cadeaux. Il me fallait attendre dans la lingerie, jusqu’au moment où j’entendis le cliquetis des chaînes dans la rue, puis le bruit des lourdes bottes montant lentement l’escalier. Enfin, la porte s’ouvrait et il était là. Il se révélait toujours étonnamment renseigné sur la conduite de chacun pendant l’année et c’était ce qui décidait entre les coups de verges et les cadeaux. A la fin, il partait en laissant ses présents, une avalanche de pommes, de noix, de figues, de dattes, de bonbons. Les bruits qui montaient de la rue semblaient indiquer qu’il y eût plusieurs saint Nicolas. Nous possédions une lourde couverture de feutre noir, de celles qu’on emploie dans les voitures à chevaux; c’est dans cette couverture que s’enveloppait saint Nicolas, et il portait les bottes de Grand-Père. J’avais près de huit ans, je crois, lorsque cette coïncidence extraordinaire me frappa pour la première fois.” (Seuil 1953, pages 24 et 25)

 

Le saint auquel la Lorraine, l’Alsace, le Benelux, et la Russie restent fidèles risque à brève échéance de disparaître de nos mémoires et de nos traditions.

L’homme qui garnit les souliers devant les cheminées, à qui l’on déposait à côté des chaussures un verre d’alcool (pour le réchauffer) et de la paille (pour son âne) risque fort de ne pas connaître intact le XXIème siècle. Place donc à sa légende, mais aussi aux éléments d’histoires auquel le saint se rattache...

 

Nouvel éclairage du  vieil homme et nous donnent l’occasion de compléter nos documents sur la question.

Saint Nicolas semble être à la fois lié au passé religieux de l’Asie mineure et de l’Alsace Lorraine, on trouve également sa trace dans des légendes de Hollande, Belgique, Russie et Autriche....

Un ouvrage de synthèse de Jean-Marie Cuny, Saint Nicolas imagerie d’Epinal, conte l’ensemble de sa lourde biographie. Car l’homme issu du temps à tenté de rattraper le Père Noël rival du XIX è et XX ème siècles, il n’a plus guère de bourrique que dans les illustrations d’anciens manuels, il voyage à pied, ou il vole en hélicoptère au-dessus de l’Alsace il délaisse les chars des défilés qui sont organisés au profit des visites du soir qui elles aussi sont réduites... la tradition se perd raconte l’auteur de l’ouvrage LEGIN (voir bibliographie) : “La saint Nicolas de mon enfance s’est bien dégradée, il s’agit de présenter la tradition avant qu’elle ne soit disparue”. C’est bien également la vocation de la lanterne, l’occasion nous est donnée de faire, à nouveau, un peu de lumière…

 

Trace de son importance dans l’histoire alsacienne, les auteurs Erckmann et Chatrian le décrivent dans les “Vieux de la vieille” sous la forme suivante :

la porte de la boutique s’ouvre, et saint Nicolas lui-même, en bonnet d’évêque (?) sa tignasse de cheveux roux (?) tombant sur le dos, un sac de toile d’emballage pour manteau et ses gros sabots remplis de paille, entre”. Quand on lui demande le but de sa visite il répond “les enfants méchants.. Les gueux qui ne veulent pas obéir à leurs parents qui ne vont pas à l’école”.

Voilà bien un Nicolas, qui rassemble deux personnages, telle Frau Holle.

 

Le cantique à Saint Nicolas alsacien est le suivant :

Qu’il vive notre saint patron Nicolas dans les cieux,

il intercède pour nous auprès du Seigneur

aussi souvent qu’on l’invoque

Refrain

grand et saint patron, reste-nous toujours fidèle

Et prie que le Seigneur nous pardonne

De plus, là où l’on a besoin d’aide,

Au malheureux, à celui qui pleure comme l’enfant,

Saint Nicolas, du haut du Ciel,

Envoie paternellement son aide,

Si des souffrances de ta pensée affligent ton âme,

si des péchés écrasent ton coeur,

Va vite à la chapelle

Où saint Nicolas adoucira ta peine. (la légende de Saint Nicolas, Marie-José Strich, éditions Ouest-France)

 

Même si les Allemands protestants nomment le père noël Nikolaus dans certaines régions, ils connaissent la distinction, ainsi le livre d’enfant édité en 1999 en Allemagne qui conte la recontre de Sankt Nikolaus et Weihnachtsmann, on y voit un saint nicolas (en tenue d’évêque, mais entièrement en rouge) qui le 5 décembre tombe en panne de voiture (un tacot) et ne peut faire sa distribution qui s’en plaint à un corbeau qui vole vers les pays nordiques le dire à son confrère qui est beaucoup plus moderne et qui va aider le bon saint à faire sa distribution. Pas encore le remplacer ! C’est donc la preuve que les deux hommes ne se remplacent pas mais se complètent dans le folklore.

 

RÉSIDENCE D’ETE

Ajoutons quelques mots de pays où la tradition est suffisante et  consistante, ainsi, En Hollande, saint Nicolas y arrive sur un bateau, deux semaines avant sa fête  éclatant de lumières et de couleurs va donc accoster la côté d’Amsterdam. Toute la ville (en congé) va assister à la cérémonie annuelle de bienvenue au saint.

En effet les ossements du saint patron ont été acheminés par mer, volés aux turcs, musulmans, et reposent à Bari (Italie méridionale)  depuis mai 1087. 

Selon les Hollandais, il est en résidence durant l’année dans un château espagnol (!) et consigne le plus clair de son temps dans un grand livre rouge les faits et les gestes des enfants qu’il récompense selon leurs mérites.

Autre différence, Nicolas est accompagné d’un Pierre le Noir, (un Maure, du nom de “Zwarte Piet” venu d’Espagne tout de noir vêtu avec un costume ancien) que l’on pense être une évocation de l’ennemi arabe sarrasin du temps où les Pays Bas faisaient partie du royaume d’Espagne.

 

En terre vosgienne Nicolas apporte la “Flamme de la Vie” ( ?)  depuis la montagne sainte Barbe.

(Pour Ameland, île des Pays Bas, ou la Grèce)

En Autriche il est accompagné de Krampus,

L’Arrivée de Nicolas est ainsi résumée dans un livre tyrolien : “Bald öffnete sich die Stub ertrit einen Spaltbreit und Nüsse, Obst oder einige Süßigkeiten wurden eingeworfen. La porte de la Stubbe s’ouvre, les enfants sont cachés derrière le Poële en faïence ,  et on jette des noix et des friandises (fertilisation).  Dès 1800 fut édité dans la région de Pfunds un interdit des jeux “Nikolaus-Kinder-Schreckengab” mais l’interdit fut peu suivi car un texte fut réitéré en 1815 et 1860.  Pfunds (Landeck, près des frontières Suisse et Italienne, Tyrol) est ainsi une des seules villes dans le land qui fait un jeu de la Saint Nicolas avec les enfants de l’école. Ce texte a 120 ans, d’auteur inconnu, est interprété chaque année de maison en maison. (qui affirment dans le Sturm und Braus qu’elles doivent faire du mal aux gens “wir müssen allen leuten Böses tun, Sonaklas leur rétorque que “dans cette nuit, nul ne fait aucun bruit, ne savez-vous pas que Saint Nicolas fait sa ronde”, on y voit les proximité avec la chasse sauvage èet les esprits de l’hiver qui rodent)

 

Il est donc ccompagné de ce Krampus,  le diable et un “Sonaklås” qui est un autre personnage que le saint Nicolas qu’il accompagne.

Ce “Sonaklås” annonce l’arrivée du saint en disant “Gebt  Frieden hier in diesen Haus, es kommt der Heilige st Nikolaus, er zieht dah in dieser Nacht und gibt auf alle Mensche Acht. Er wird auch den Herrn Lehrer fragen ob die Kinder wohl fleißig gelernt haben”  (donnez-vous  la paix, il vient le saint Nicolas, qui est attentif à chacun et demandera à l’instituteur si les enfants ont abondamment travaillé)

Heilige Sankt” (!)  Nikolaus intervient par une formule : “ Gelobt sei Jesus Christus, Gott grüßt euch alle, groß und Klein” “O wie gerne geht ich ich ein, wo frohe Menschen wohnen, um si recht liebreich zu belohnen !(Béni, soit Jésus Christ, Dieu vous bénisse tous petits et grands, je suis content d’être au milieu de vous dans votre demeure et vous bénis)

 

image pieuse de saint nicolas, collection personnelle de l'auteur

image pieuse de saint nicolas, collection personnelle de l'auteur

prière à saint Nicolas, image pieuse.

prière à saint Nicolas, image pieuse.

carte saint nicolas avec les enfants

carte saint nicolas avec les enfants

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié le 11 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

2ème partie :

SON CULTE et la symbolique

Le culte démarre très tôt, dès le XIIIe siècle,  au moment où l’on  constate qu’une huile parfumée, une liqueur miraculeuse (dit les “acta sanctorum”), on la nomme aussi “manne de saint Nicolas”    s’échappe de sa tombe, elle guérissait les maladies des yeux, les fractures et redonnait vie aux moribonds. Ce que confirment plusieurs études sur la question. Son palmarès de saint patron  est étendu des mariniers aux écoliers, des clercs (clergeons) des fleuristes à la patrie russe. D’où la multiplication des icons à son effigie. Il protège les jeunes filles et les jeunes hommes à marier, ainsi que les fiancés dans l’Artois; Du fait de la légende des jeunes filles que le père, à court d’argent,  voulait vendre et dont Nicolas va renflouer les fonds afin de protéger leur vertu. (cf la vie des saints, la légende dorée

 

Le culte semble lié au chiffre trois qui illustre le dogme trinitaire de l’église chrétienne, dans les 3 heures, les 3 enfants, les 3 officiers, les 3 soeurs, les 3 bourses d’or, .... qui ne font que souligner l’importance du dogme face aux incroyants.

(saint Nicolas entrant dans une maison Lorraine, détail d’une gravure du début du XXème siècle, collection de l’auteur)

Concernant les 3 enfants sacrifiés par le boucher que visite saint Nicolas. On sait qu’à cette époque de l’année, on sacrifiait le cochon, et que l’on faisait ripaille de viande fraîche, ce qui était rare avant ce siècle, il semblerait selon certains analystes qu’on a fait un amalgame entre les enfants (familièrement appelés “lardons” ou à l’époque “petit salé”) et la viande. En effet il semble que le saint pardonne au boucher non le massacre des enfants, mais en fait sa consommation de viande porcine (viande traditionnelle de la fête de Noël).

 

Culte rendu à l’époque moderne :  le Pape Pie XII installe à Bari en 1951, les Dominicains. Ils y développent un actif mouvement œcuménique. Dans l’abside de la crypte, ils ont érigé en 1966 une chapelle orthodoxe réservées aux services liturgiques de nos frères orientaux. En 1968 s’ouvre un institut de théologie œcuménique qui y délivre une licence et un doctorat. Le culte de saint Nicolas a été rendu  à sa dimension mondiale et œcuménique. Depuis 1989, les orthodoxes ont repris leur pèlerinage vers ce lieu et en 1996 (La Croix du 25 juillet 1997). La basilique a accueilli 6000 pèlerins russes et le patriarche Alexis II a souhaité le rétablissement d’un service dans la basilique pontificale.

 

La Lorraine et Saint Nicolas

La Lorraine a des raisons précises à sa fidélité à son culte de Nicolas, c’est la basilique qui abrite des reliques du grand saint apportées par un chevalier lorrain Aubert de Varangéville qui vers la fin du XIIème siècle s’achemina vers la cité de Bari et rapporta (vola ?)  une jointure du doigt du saint et la déposa en un lieu appelé Port, depuis Saint Nicolas-de-Port. En 1093 une église fut consacrée  à la précieuse relique.

 

En 1856, l’abbé Deblaye, recensa les reliques, il s’agit de deux petits fragments d’os longs qui proviendraient d’os longs des membres ; un fragment d’os paraissant provenir d’une portion de côté ; un fragment un peu spongieux provenant d’un os long et gros ; un fragment presque aussi long qu’un doigt d’un adulte et paraissant provenir d’une portion d’os de l’avant-bras ou du bras.(Mgr Paul Guérin, tome XIV, 1885, cité par Marie José Strich in la ”légende de Saint Nicolas”, éditions Ouest-France. Page 73.

 

 

Les reliques de Bari  furent transférées aux Etats-Unis sur décision du pape Paul VI. Une façon d’évangéliser les terres Outre Atlantique ? Et de confier au saint de nouvelles terres de mission ?  Elles furent transmises de l’évêque de Brooklyn Mgr Francis Mugavero à l’archevêque orthodoxe Lakovos. Les reliques furent déposées à l’église saint Nicolas de New York. Mais la Lorraine a toujours une relique du saint patron.

 

Ces reliques vinrent bénir de nombreuses églises, outre Port, Verdun, on dénombre 64 paroisses en Lorraine, autant en Alsace et 180 monuments dédiés au saint.

Précisons que  le pape Léon IX consacra une chapelle au Mont-Ste-Odile

au saint. Mais on en compte encore de nombreuses notamment à Colmar, Strasbourg (outre le Quai)...

Outre la présence dans de nombreuses églises de statues, de vitraux, St Nicolas est le patron principal ou secondaire de nombreuses paroisses en Alsace. Ne citons que le portail majestueux de l’église St-Martin de Colmar où sont représentées les deux légendes des hauts faits du saint, la résurrection des jeunes et les filleuls qu’il a doté. Nos recherches du saint patron principal nous donne les communes suivantes, mais il semble qu’il soit aussi patron secondaire (et célébré avec faste dans de nombreuses autres paroisses) : Balgau, Hanhoffen (Bischwiller), le Bonhomme, Colroy-la-Roche, Diefmatten, Dietwiller, Kienheim, Ergersheim, Forstheim, Friesenheim, Ginsheim, Haguenau, Hombourg, Hunawihr, Katzenthal, Keskastel, Neuve-Eglise, Oderen, Orschwihr, Rulisheim, Schirrhein, Sengern, Steinsoulz, Stotzheim, Urbeïs, Village-Neuf, Widensollen, Wihr-au-Val, Wingersheim. Cette liste nous signale déjà qu’il est apprécié dans les vallées, car saint patron des mines et des mineurs, n’a-t-il pas extrait les enfants de l’obscurité du saloir.  Dans la cité de Hunawihr, l’église fortifiée de 1480 recèle des fresques retraçant la vie de notre saint homme. Le secours aux trois jeunes filles, succession à l’évêque de Myre, secours à un navire, libération de 3 innocents condamnés à mort, une scène où l’on abat un arbre idolâtre, sa mort et l’extrême-onction, le transfert de son corps, le saint tire de prison un enfant.

Le culte rendu à Saint Nicolas fut si important que dans la ville impériale de Haguenau, qu’en 1189 l’empereur Frédéric Barberousse y fonda un hospice (1983, bulletin diocésain).

 

On touche déjà du doigt le Saint Nicolas populaire, il est le saint “sympathique” .  Attirance qui  spontanément  va lui attacher de nombreux corps de métiers. Ce culte    (chose rare, sauf pour Sainte Thérèse de Lisieux enfermée dans un Carmel sa vie durant ou encore le défunt Pape Jean-Paul II ou Mère Teresa de Calcutta) débuta  dès les premières années qui suivirent sa mort.

Autre particularité, ce saint est l’un des seuls de l’époque a être  vénéré d’Orient en Occident.

Soulignons que contrairement aux assertions de certains auteurs, ce n’est pas la relique qui crée le culte, mais bien l’inverse, ce propos est confirmé par M-J STRICH.

 

C’est le Duc de Lorraine (1473-1508) René II qui installe le saint au moment où il donne le chardon et une devise à son pays. Ceci après la bataille de Nancy, en 1477.Il semble lui devoir de nombreux succès guerriers. 

Le fils Antoine dira que Nicolas est le patron” pour la singulière et fervente dévotion qu’il a au glorieux corps du saint confesseur de Dieu, Mon seigneur saint Nicolas, notre bon avocat et patron” Le pape Innocent X confirmera cette nomination en 1657.

La grande procession fut instituée par Cunon de Réchicourt à Saint Nicolas de Port qui partit en terre sainte lors de la 6ème croisade, il fut délivré par Saint Nicolas et institua en reconnaissance cette procession.

Elle fut d’abord nocturne, puis en après-midi, puis à nouveau le soir, à la vigile,  à 9 heures.

Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.
Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.

Lucie, Barbara et Nicolas sur cette chromo ancienne.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

Publié le 10 Novembre 2016

Ce dossier spécial sur saint Nicolas paraîtra en plusieurs parties,

une par jour à compter du 10 novembre.

 

(Saint) Nicolas : personnage de l’avent incontournable, il est à l’origine un évêque de Smyrne en Asie mineure (actuelle Turquie), né à Patare en Lydie en 270, son culte remonte au XIème siècle, au XV il est déjà le patron de la Lorraine, ses reliques sont transportées à Bari en 1087, on lui attribue d’avoir ressuscité trois enfants, d’avoir sauvé de la prostitution les 3 filles d’un père peu fortuné et intéressé.  Il aurait aussi ressuscité trois jeunes hommes tués par une crapule, cette tradition semble être plus ancienne que celle des enfants sortis du saloir.

Saint Nicolas  apporta longtemps des cadeaux avant la réforme (Luther condamne le personnage dès 1535 et ses cadeaux) il était le personnage central de noël, à l’origine du transfert vers le laïcisé Père Noël.

Il apporte des mennele (voir plus haut) et des schnekle  (voir ce mot) gâteaux en forme d’escargot qui évoque sa crosse d’évêque, ainsi que des pain d’épices qui sont souvent ornés de son image (èvoir ces mots).

Accompagné du Hans Trapp  qui revient encore une fois le 24 décembre, il visite les maisons alsaciennes et lorraines dans la nuit du 5 au 6 décembre. Personnage aux mille facettes que nous tenterons dans ce passage d’éclaircir un peu sous les regards de l’histoire, des légendes, de la tradition et des pratiques folkloriques.

Tout d’abord le personnage historique

D’ABORD, PERSONNAGE HISTORIQUE

(Kleine illustrierte Heiligen Legende, Chur, 11,1886, collection de l’auteur)

Sa tradition remonte très tôt après son existence, elle est datée selon plusieurs sources concordantes de 270 où il naît à Patare en Lydie (extrémité méridionale d’Asie Mineure), au XIème siècle débute sa tradition  à Port près de Varangéville (en Meurthe et Moselle), au XVème siècle il est cité comme patron de la Lorraine, vénéré au Moyen-âge. Il meurt selon Cuny en 329, selon Guérin vers 350, en tous les cas un 6 décembre.

Il ne faut pas trop s’en étonner, n’a-t-on pas demandé “sancto subito” la canonisation immédiate pour Jean-Paul II ou pour Mère Teresa dont l’aura a dépassé les frontières et engendra immédiatement une vénération particulière.

 

Sa vie, elle même, il aura fallut retrouver un ouvrage réédité du XIXème siècle pour avoir de plus amples renseignements, de Paul Guérin (la vie des saints, XIXème siècle, réédité en 1992 par J de Bonnot)   où l’on nous apprend qu’à son retour de pèlerinage le saint apprend le décès de ses parents qui lui laissent leur fortune. Il va en faire profiter les indigents, dont notamment un père de trois filles qui se trouvait forcer à “vendre” ses filles à défaut de pouvoir les marier en l’absence de dot,  un matin il trouva une somme d’argent sur le bord de la fenêtre permettant de marier la fille. Saint Nicolas refit l’action à trois reprises.

Ceci semble déjà très proche de la tradition, mais on indique qu’outre ses fonctions d’”évêque de Myre, Nicolas fut dans la persécution de Dioclétien et de Galérius, arrêté, torturé et jeté en prison, d’où il sortit après que Constantin eut rendu la liberté à l’église”. 

 On retrouve sa trace au Concile de Nicée, où il multiplie les miracles, il lutte contre le paganisme notamment le culte rendu à Artémis et à Apollon. II sera ensuite nommé évêque par son oncle archevêque de Myre, prêtre depuis l’âge de 19 ans, puis supérieur du monastère de Sion, puis évêque à la mort de son oncle.  On lui devra d’avoir dépensé sa fortune pour éviter la famine au peuple de Lycie, d’avoir calmé une émeute à Taïphale (en Grande Phrygie). En outre, selon la même source,  il sauva trois innocents pour lesquels  il plaida en faveur de  la révision de leur  procès ; l’empereur fit, après un songe où il vit Nicolas, témoigner à nouveau  les trois condamnées et constate leur innocence.

Les reliques de Nicolas sont donc déposées à sa mort dans la cité actuelle turque de Dembré (ex-Myre, que les dépliants touristiques et les panneaux indicateurs nomment « babanoel » revêtus de la tenue du père noël coca-colisé rouge et blanc, voir le mot « père noël »).

 

La délivrance de Cunon de Linange, Sire de Réchicourt, prisonnier des musulmans lors de la 6ème croisade vers 1230 semble être la transposition de cette aventure. Car ce noble fut transporté la nuit même à Varangéville avec ses chaînes . Nicolas délivra également le comte de Torcheville.

 

Ces aventures où se mêlent déjà la tradition et la légende nous rapprochent de la Lorraine où Nicolas aura son berceau d’adoption.

 

Nicolas signifie tout d’abord “Victoire du Peuple” . Et c’est effectivement une victoire lorsque le 9 mai 1087 on transporte ses reliques en Italie dans la ville de Bari par crainte des Musulmans. Un chevalier lorrain Aubert de Varangéville rapporta la jointure du doigt du saint et la déposa en lieu nommé “Port” . C’est à ce moment que débute un pèlerinage vers cette  petite cité, et c’est à partir de cet instant que l’on compte les miracles.

 

Dès 1093 une église est construite en l’honneur du saint encourageant la propagation de son culte en Alsace et la région au XIIème siècle, en Allemagne dès le XIIIème siècle.

 

Placé sous la protection du bon saint, la Lorraine, par la voix du Duc de Lorraine René II (1473/1508) confia au saint le patronage de la Lorraine. Il  fit même battre monnaie à l’effigie de l’évêque de Myre. Le Pape Innocent X confirma cette décision en 1657.

Placé sous sa protection, le Duc affirma qu’il lui devait de nombreuses victoires.

image de Krampus.

image de Krampus.

carte de saint nicolas début du XXème siècle, collection personnelle de l'auteur.

carte de saint nicolas début du XXème siècle, collection personnelle de l'auteur.

statue de Saint Nicolas.

statue de Saint Nicolas.

carte postale ancienne de saint Nicolas.

carte postale ancienne de saint Nicolas.

chromo de Saint Nicolas, collection particulière de l'auteur.

chromo de Saint Nicolas, collection particulière de l'auteur.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

Publié le 7 Novembre 2016

Tradition rhénane, et début jadis de la période de l'Avent, la Saint Martin est une fête des lumières (des "laternes" lampions que promenaient les enfants dans les rues de la ville).

Cette fête un peu éclipsée par Halloween est pourtant vivace encore dans certains villages et outre-Rhin.

Pour savoir qui est Saint Martin, c'est ici qu'il faut lire la partie ci-dessous 'Saint Martin fait l'oie"


De nombreuses traditions évoquent l'oie qu'il faut tuer à cette époque de l'année, elle empêchait le soldat devenu évêque de prêcher...

On sait aussi que Martin est le saint patron des paysans dans les régions du Sud de l'Allemagne. Dans de nombreuses cités se tenaient les marchés de la Saint Martin, où l'on renouvellait les contrats des saisonniers.
Début en Autriche de la bénédiction de Saint Martin, elle annonce le début de l'hiver (malgré l'été de la saint Martin toujours clément, une sorte d'été indien). A cette date le berger s'en retournait à sa demeure.  Des traditions autour du saint sont nombreuses citons : les feux de la saint Martin, les gâteaux de la saint Martin (ils ressemblent à nos männele, petits hommes en brioche de la Saint Nicolas) ils ressemblent soit à des oies, soit à des petits hommes.  Chez les évangélistes la tradition a persisté dans certaines paroisses allemandes sous le nom de "Lutherbrötchen" !! (petits pains de Luther), bien évidemment les lanternes que les enfants portent en procession doivent être cités, ce sont des soleils (les jours racourcissent) ou d'autres personnages dans lesquels les jeunes aidés de leur maîtresse installent une bougie et actuellement des piles pour alimenter l'ampoule électrique. (principe de précaution oblige !) 

Et pour contrer ceux qui pensent que Martin était égoïste en donnant sa tunique, son manteau au pauvre (dans lequel il reconnut le Christ) et que les deux avaient ensuite froid. Il n'a donné que la partie du manteau dont il était propriétaire, chaque soldat devant payer la moitié de son équipement, il s'est séparé de ce qu'il possédait et n'a pas volé l'Etat. En cela, il était déjà chrétien car comme le disait Jésus "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu".

L'article complet est ici : SAINT MARTIN : FAIT L'OIE...

 

Saint Martin fait l’oie

 

A la Saint Martin dans plusieurs village salsaciens Ammerschwihr, Haute-Alsace notamment, on chante avec les lanternes à la main « Laterne, laterne, Sonne Mond und Sterne » (Lanterne, lanterne, soleil, lune et étoile). Il va de soi que la petite s’exclut d’y voir un présage.

 

Saint Martin et les traditions autour de sa fête

Saint Martin de Tours, évangélisateur principal de la Gaule, à ne pas confondre avec saint Martin pape, célébré le 12 novembre et qui fut élu pape  le 5 juillet 649, a droit à tous les honneurs de la chrétienté avec le parrainage de plus de 3675 églises, (Théo nous dit 3667 paroisses, 485 communes).  25 églises dans le Bas-Rhin, 21 dans le Haut-Rhin, mais bien plus en tant que patron secondaire.

Sa fête suscita jadis de véritables banquets, à quarante jours du solstice d’hiver. Pour de nombreux ethnologues, il annonce déjà l’hiver, malgré son « été de la saint Martin » sorte d’été indien, accalmie dans le soleil automnal. Qui selon le proverbe dure peu de temps. « D’ Martin Summer dürt frei Tag un e Bissel » L’été dure trois jours et un peu.  Car on le sait déjà « clair à la saint Martin, déjà l’hiver vient » Saint-Martin sec et froid l’hiver n’est pas de force. Mais comme dit le proverbe « Sankt-Martin, Fier in’s Kamin » « Saint Martin fait le feu dans la cheminée ».

C’est aussi le temps des récoltes et d’une fête des récoltes « Martinkilbe » Messti ou fescht, fête de la saint Martin.

Comme on le remarque aisément, le rythme des 40 jours est prépondérant dans les successions des fêtes, évoquant les 40 ans d’errance du peuple biblique dans le désert, les 40 jours du carême, les 40 jours entre pâques et l’ascension…

 

On consommait jadis jurant ces fêtes de Martin, de grandes quantités de bœuf, massivement élevé Outre-Atlantique et d’Oie dans le Nord et l’Est de l’Europe. On récoltait aussi du bois pour mieux « réchauffer le saint » un dicton ne dit-il pas « Fais du feu, attise le feu, voici venir St Martin avec son bras nu. Il voudrait se réchauffer, se chauffer jusqu’à 4 heures ». Il est effet venu le temps des soirées au coin du feu, celui des veillées.

 

Martin est un personnage complexe et intéressant sur lequel on n’a pas manqué de broder des légendes et des contes, faisant même parler les oies ou son âne, on aura loisir d’y revenir un peu plus loin.

 

Au nom de l’Oie…

L’oie est consommée à la Saint Martin, arrivée à  maturité, elle fête son anniversaire en passant à la broche. Car, mauvaise conseillère, elle aurait troublé l’évêque dans ses prédications, ou aurait été délogé de son refuge par ce palmipède de basse-cour de 4 à 12 kg qui peut être un sérieux gardien de ferme rivalisant avec les chiens les plus entraînés. On ne sait d’ailleurs pas si c’était une oie ou son époux, le jars qui le chassa de son refuge.

L’oie est aussi assimilé à une insulte, une fille peu intelligente devient une « Dummi Ganz » (stupide oie). Mais l’Alsace a également son oie, au corps court, large, massif en forme de bateau, si l’on en croit Jean-Jacques Mourreau dans son dictionnaire sincère de l’Alsace singulière, chez Seguier. Elle peut être grise, blanche, blanche, tachetée gris et  blanc. Il va de soi, qu’en Alsace, région d’origine du Foie gras (1779-1783 Jean-Pierre Clause, natif de Dieuze, cuisinier du maréchal de Contades, gouveneur militaire de Strasbourg), son foie peut finir dans vos assiettes.

 

Martinganz (en dialecte, en allemand « Martingans) (oie de saint Martin)

L’oie est bien plus qu’un animal  apprêté pour cette occasion,  l’oie est aussi le symbole du dieu Odhin chez les Germains, on a trouvé sa présence aux côtés de Frau Holle. Les Germains se faisaient enterrer avec des oies, animal sacré déjà chez les Grecs et les Romains, évangélisateur, Martin n’a pas pu faire autrement que de convertir le symbole de cet animal en lui offrant un nouveau sens.

Déjà César dans ses écrits rapporte que l’oie est sacrée chez les Bretons.

La tradition de festoyer vigoureusement à cette date semble avoir perduré après les débuts du christianisme, puisque le Synode d’Auxerre va interdire en 578 les festins de la vieille de la fête de Saint Martin, car elles engendraient trop d’orgies et de beuveries.  Que l’on nommait en ancien français « martiner » boire beaucoup.  Avoir la maladie de Martin signifie également  être gris. Les régions du Rhin inférieur connaissent eux  l’oie de la saint Michel. C’était un jour faste où entraient les rentes et le paiement des intérêts,  des baux, fermages et rentes pour les débiteurs une journée très triste et coûteuse, faisait dire au proverbe « Martin ist ein harter Mann » un homme dur. Avant la révolution les fabriques d’église se voyaient offrir des oies et des chapons, les clercs et les moines distribuaient eux du vin (Martinswein) aux pauvres. (Almanach  de l’Alsace, Bernard Vogler, page 327). 

 

Il persiste dans la tradition germanique les défilés de lampions de la Saint Martin, les enfants fabriquent à l’école des lumignons ou des soleils de papier dans lequel on place une bougie ou une ampoule (sécurité oblige) et se forme alors un joyeux défilé dit de la Saint Martin.  Dans d’autres villes on fabriquent des masques découpés dans des betteraves (Flandres) que le nomme « masques de la Saint Martin ».

 

En Flandre française, on entend cette chanson entonnée par les enfants :

Saint Martin

Boit du vin

Dans la rue des Capucins

Il a bu la goutte

Il a pas payé

On l'a mis à la porte avec un

Coup d'balai »

 

 

Le foklore de Touraine révèle que tous les ânes se nomment Martin. Ceci depuis que l'âne de St Martin révéla la taille de la vigne en broutant celle-ci. En souvenir de cet âne, St Martin est devenu le protecteur traditionnel des ânes et des animaux.

 

Une autre légende flamande la complète : saint Martin portant la bonne parole sur les côtes flamandes, aurait perdu son âne. Ce dernier serait parti brouter ailleurs, alors qu'il tentait d'évangéliser les pêcheurs d'un petit village, futur Dunkerque. À la nuit tombée, les enfants du pays se mettant à sa recherche, avec force lanternes, l'ont retrouvé dans les dunes, entrain de manger des chardons et des oyats. On retrouve donc la pratique des lumignons et de la procession enfantine.

Et pour remercier les enfants d’avoir retrouvé son animal, saint Martin a transformé toutes les petites crottes de l'âne en brioches à la forme particulière, que l'on appelle folard (Voolaeren, en flamand), ou craquandoules. On ne sait si c’est la fin ou le manque d’appétence de son discours qui a fait fuir l’animal.  Moins agressif que l’oie toutefois.

 

En Angleterre et en Italie, on dressait jadis pour sa fête des mâts de cocagne et l’on suspendait des bœufs, porcs, moutons et volaille. La coutume un peu barbare fut abolie au profit des foires d’automne qui se tiennent souvent autour de la saint Martin et des oies rôties. C’est également à la Saint Martin que se faisait les grands marchés au personnel. Toutes les personnes qui cherchaient en tant qu’employé de maison, soubrette, servante se réunissaient pour postuler à un emploi d’une durée d’une année, jusqu’à la prochaine Saint Martin. Ainsi étaient rythmés les embauches dans le domaine des services à domicile et des saisonniers .

 

Pour décrire la vie du Saint, on peut se replonger dans la biographie d’Anne Bernet « saint Martin, apôtre des Gaules » éditions Clovis., il est né en 316 dans la province romaine de Pannonie, en Hongrie, il est fils d’un militaire pays, originaire d’Italie  du Nord, de Pavie. Son père est militaire de l’empire romain. Martin signifierait d’ailleurs « voué à Mars » dieu de la guerre dans le monde romain. Mais à 10 ans le jeune est attiré par le christianisme, sans doute s’est-il frotté aux chrétiens.

 

Il entre dans l’armée à 15 ans, du fait de la décision paternelle, en tant que simple soldat. Lors d’un tour de gade qu’il effectue à Amiens, il va donner la moitié de son manteau, uniforme, la seule qui lui appartienne à un mendiant. On sait en effet qu’une partie lui était propre, l’autre appartenait à l’armée. Car précise le texte, il n’a rien d’autre à lui offrir. Sa conversion intervint dans la nuit lors d’une apparition du Christ justement revêtu de ce manteau offert au pauvre, il a 18 ans. De nombreux tableaux, sculptures représentent Martin tranchant en deux son manteau pour le donner au pauvre.

La période n’était guère à la compréhension en cette période romaine, sa conversion n’est pas appréciée par les autorités. Il refuse de verser le sang et de combattre. Il obtiendra sa mise à la retraite quatre ans après son baptême donné par Hilaire (Baptême en 356, St Martin se considérera comme son disciple, écrit Daniel-Rops. On rencontre les grands évangélisateurs de la Gaule, de la Germanie, à savoir Hilaire de Poitiers, Fridolin( voir un de nos derniers articles) et Saint Martin, qui deviendront tous les trois évêques). Avec Hilaire ils fonderont le monastère de Ligugé (361), évangéliseront la Gaule. A posé les fondements d’écoles en Irlande, en Ecosse, au Pays de Galles. (Son nom apparaît dans le calendrier religieux celtique irlandais). Sulpice Sévère forgera sa réputation en tant que témoin oculaire et répandra ses actes et faits. Notamment la résurrection de morts. La liturgie le nomme d’ailleurs « le merveilleux ressusciteur de trois morts » nous signale la vie des saints (p 700).

 

Il est père de l’église (latine) avec Saint Athanase d’Alexandrie, saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nazianze, de Nysse, saint Jean Chrysostome.  Un Reliquaire de la fin du 14 ème siècle; réputé abriter la tête de St Martin, argent et cuivre, originellement exposé dans l'église de Soudeilles, aujourd'hui conservé au Louvre

 

Les milieux païens lui reprochent son combat contre les anciennes traditions (dites païennes, paysannes en fait) du culte des dieux de la terre, culte des arbres. Des fresques nous le montrent coupant dans les forêts les « arbres sacrés », luttant contre le gui, le houx, arbres vénérés dans les croyances druidiques. Il combat l’arianisme, le culte de Mithra.

Il meurt  en 397.

 

Il devient le patron des forgerons, de la confrérie de maréchal ferrant (sans doute  car il représenté avec un cheval et son armure, même si l’on sait qu’il est entré dans l’armée, malgré son père) avec une simple solde. Mais aussi des drapiers.  En Bavière les bergers le prennent comme saint tutélaire. Il est désormais de notoriété publique que le 11 novembre les pays européens célèbrent l’armistice de la première guerre mondiale et c’est à un militaire qui a changé de corps en glissant du militaire au religieux civil qu’ils confient leur protection.

 

Le 11 novembre, le 11e jour du 11ème mois à la 11ème heure, l’esprit du jeûne est réveillé. Saint Martin devient aussi un pourvoyeur d’abondance, si l’on cite la formule de Yvonne de Sike dans « fêtes et croyances populaires en Europe » page 26.

 

Proverbes :

O Martein, Martein

Der Korb muss verbrennt sein.

Das Geld aus den Taschen,

Den Wein in die Flaschen

Die Gans vom Spiess

Da sauf und friss

 

O Martin, il faut brûler le panier,

L’argent doit sortir des poches,

Le vin des bouteilles

Retirez l’oie de la broche

Buvez et mangez !

Le 10 novembre en Scanie, en Suède, la région la plus méridionale du pays, depuis 1567 on consomme vin, oie à la St-Martin. L’oie rôtie fut une tradition vivace dans les classes supérieures jusqu’à la fin du XVIIIeme siècle, nous signale « Walpurgis, écrevisses et Sainte Lucie, fêtes et traditions en Suède » de Jan-Öjvind Swahn.  C’est dans cette seule région que les oies survécurent, seule région riche en pâturages. D’où la croyance que la tradition était scanienne. Le menu s’ouvre par une soupe aigre-douce très épicée « la soupe noire » à bas e de sang d’oie ou de porc. Le plat de résistance est une oie entière rôtie, et le dessert un gâteau aux pommes « spettkaka » gâteau haut d’un mètre fait uniquement de jaune d’oeuf et de sucre, cuit à la broche sur un feu ouvert. On en trouve encore dans la vallée de l’Adour dans les Pyrénées, elle a disparue en Scannie. Ce sont tous des souvenirs de la cuisine de la Renaissance.

Dans la ville suisse de Sursee a lieu par tirage au sort des concurrents vêtus d’un manteau rouge, tel Martin, le visage couvert d’un masque portant un soleil rayonnant (tel les défilés de la saint Martin des enfants avec leurs lumignons) dont l’exploit est le « décapitage » d’un seul  coup de sabre d’une oie –pourtant morte- suspendue à un fil de fer.

Le grand assaut de l’intelligence, tome II de l’Histoire de l’Eglise en XXII volumes, Daniel-Rops par 397.


2. Le grand assaut de l’intelligence, tome II de l’Histoire de l’Eglise en XXII volumes, Daniel-Rops par 397.


voir aussi notre article sur les  Catherine et les Catherinettes

c'est bientôt la Saint Martin ?

c'est bientôt la Saint Martin ?

Saint Martin (évêque) donnant son manteau à un pauvre, l'autre moitié appartenant à l'armée il ne pouvait l'offrir.

Saint Martin (évêque) donnant son manteau à un pauvre, l'autre moitié appartenant à l'armée il ne pouvait l'offrir.

Saint Martin à cheval lors d'un défilé à Molsheim en 2013.
Saint Martin à cheval lors d'un défilé à Molsheim en 2013.

Saint Martin à cheval lors d'un défilé à Molsheim en 2013.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions

Publié le 7 Novembre 2016

Plusieurs traditions de noël puisent leur origines dans l’univers nordique, les chandeliers de Jul, le bouc en paille, la couronne de l’Avent, Ste Lucie une des ancêtres de notre Christkindel. Mais un des personnages n’a pas directement été adopté par les pays plus au sud, le Jultomte, le petit lutin de noël suédois, petit esprit malicieux qui ancêtre d’une forme de père noël a depuis rejoint son équipe. Le lutin malicieux, petit nain, mais aussi petit esprit des bois, n’était pas forcément un héros positif, il pouvait jouer des tours pendables. Sa petite taille n’allait pas de paire avec son pouvoir. Chaque ferme avait le sien habitant dans la maison, sur la paille dans l’étable, il ne devenait actif qu’à la nuit tombée et durant la nuit polaire cela pouvait durer fort longtemps. Mais malin il passe inaperçu, il pouvait aussi bien apporter le bonheur que la malchance dans sa maison. Aussi les habitants veillaient à être en bon voisinage avec lui, une tradition veut que le soir de noël on lui apporte une assiette de flocons d’avoine, son met préféré avec une cuillère en bois et non en métal car sinon elle disparaîtrait.

Esprit vivant dans les granges, il abhorre que l’on maltraite les animaux, que l’on paresse, refuse la méchanceté, il peut punir ces comportements. La célèbre histoire de Selma Lagerlöff l’évoque avec sa traversée avec les oies sauvages.

 

 

Le Jultomte ne devint le moderne cousin du Père Noël que dans la deuxième moitié du 19ème siècle, sous les traits de la dessinatrice suédoise Jenny Nyström (1854-1946) qui lui fit subir un lifting créatif associant saint Nicolas et le lutin suédois. Il obtient un tel succès qu’il orne aujourd’hui les cartes, calendriers da période de fin d’année. Le Jultomte n’est donc plus aussi malicieux et devient un digne apporteur de cadeaux.
En 1881, la publication du conte «Tomten» par l’écrivain à succès suédois Viktor Rydberg vint encore lui apporter un peu plus de notoriété, les dessins d’Astrid Lindgren ‘Tomte Tummetott» a conquit les enfants suédois et lui a donné toute sa notoriété.

«Tomte schleicht sich endlich leis
zu des Hause lieben Herren, weiB schon lang, daB seinen FleiB alle hier im Hause ehren. Dem Kinderzimmer naht auf Zeh’n er sich, die SüBen anzusehn, das darf ihm keiner stehlen, sein gröBtes Glück nicht fehlen».
(Viktor Rydberg 1881, traduction Claudia Sperlich) Le texte raconte comment Tomte le lutin, se faufile dans la maison, tout le monde dort en paix, il s’approche de la chambre des enfants, personne ne peut lui prendre ce grand bonheur de les voir ainsi dormir.)

 

 

exposition de timbres danois de la période de Noël avec de nombreux Jultomte !

exposition de timbres danois de la période de Noël avec de nombreux Jultomte !

un timbre danois de 1913 avec un très beau Jultomte.

un timbre danois de 1913 avec un très beau Jultomte.

lutin en découpi en activité pour l'ange de noël, ancienne image, coll.personnelle.

lutin en découpi en activité pour l'ange de noël, ancienne image, coll.personnelle.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

Publié le 6 Novembre 2016

L’entrée de saint Nicolas, décrite par Franz Schroller 1885

la petite lanterne propose ce texte traduit par nos soins d'une arrivée du Saint Nicolas, comme on peut le voir sur la gravure ancienne (collection la petite lanterne) que nous reproduisons ici.

A ses côtés l'affreux croquemitaine "Krampus" père fouettard qui hérite des divinités anciennes ou des forces maléfiques de l'hiver. Ce curieux attelage a un réel succès, même s'il demeure craint par les enfants. Lisez plutôt....   (extrait de notre revue papier la petite lanterne n° 178, décembre 2015).

 

Nicolas et Krampus parcourent en traineau le Tyrol.

Également au Tyrol arrive Saint Nicolas qui précède le Père Noël, mais non seulement il arrive dans une autre tenue mais il se prénomme ici « nicolo ».
Car ce « Nicolo » apporte ici aux enfants des cadeaux de noël, mais dans les grandes villes comme à Innsbrück,  il débute les fêtes de Noël allemandes. Son entrée dans les villes est pourtant ici fort différente. Chez nous saint Nicolas arrive avec ses cerfs comme un marcheur (un randonneur) qui a son sac à dos, empli de présents ainsi qu’une verge (Ruët) dans sa main. Une figure ne pouvant mentir sa parenté avec la plus lointaine mythologie païenne.

Dans les villages tyroliens il circule dans les ruelles en traîneau tiré par un cheval, sa mitre épiscopale sur sa tête, avec son compagnon le Krampus, qui est la plus populaire personnification du Diable. Cette traversée publique de Nicolas et Krampus sur leur traineau attelé, car il n’est pas rare qu’en ces temps il n’y ait une épaisse couche de neige dans les villages montagneux, a bien lieu le soir précédant la Saint Nicolas. Elle est fort impatiemment attendue par petits et grands. Elle est même redoutée par les plus petits. Car au moment où  la nuit pénètre les rues, aussitôt chacun quitte sa demeure pour se mettre au seuil de sa maison afin de voir le passage annuel qui s’annonce.
Et, effectivement, le traineau s’avance. Saint Nicolas le dirige lui-même, une lanterne de grange est fixée à l’avant du traineau, il est ainsi bien illuminé et visible.  A sa main gauche, il porte son bâton, signe de sa mission épiscopale, et sur son giron, dans les plis de son aube,  on distingue pommes et autres  présents qu’il distribue aux enfants. Chacun se voit offrir un petit quelque chose, car dans le village, on le sait, il n’est pas nécessaire que ce soit tout un sachet plein de noix ou de pains-d’épices.
St Nicolas apparaît si sérieux, mais néanmoins se dégage de lui un air amusant, qui permet aux enfants d’immédiatement lui faire toute confiance.

A l’opposé Krampus apparaît effrayant qui se tient debout derrière le saint homme. Il est couvert de longs et épais cheveux noirs en broussaille, sa tenue est faite de peau d’agneau noir, sur la tête s’avancent deux énormes cornes, véritables cornes de bœuf, et de son immense gueule pend une longue langue. Dans une main, il tient une verge, dans l’autre une fourche à trois têtes.
Mais ce qui est le plus remarquable est, que sur son dos, il porte une hotte où il attrape et enferme quelques enfants impertinents pour les emporter. Les bambins qui croient à la réalité de cette représentation (donnent foi à cette représentation)  tremblent à cette éventualité d’être eux aussi emportés par lui. Mais ils se tranquillisent vite, lorsque le saint homme leur montre ses plus belles pommes et leur en fait le don.  Ainsi ils n’appartiennent pas aux bannis mais aux élus.

Ich bin der Nickel aus dem Himmel,
Reite einen weiBen Schimmel,
Ich komme aus dem Himmelreich
und strafe alle Faulen gleich.
Wenn die Jungen nicht fleiBig beten und singen,
Wird ihren die Rute am A...rumspringen.
Wenn die Mädchen nicht spinnen und kochen,
wird ihnen der Nickels den Rücken auspochen».

Je suis Nicolas du Ciel, je chevauche un blanc cheval, je viens du royaume du Ciel,  et punit équitablement tous les fainéants,
Si les gars qui ne prient et ne chantent pas ardemment.
Alors ma Verge leur couvrira le c.... dos.
Si les filles ne filent et ne cuisinent pas, Nicolas leur de même les châtiera.

 

 

 

Nikolaus entre dans un village tyrolien avec le furieux Krampus (père fouettard) image début du XXème siècle.
Nikolaus entre dans un village tyrolien avec le furieux Krampus (père fouettard) image début du XXème siècle.

Nikolaus entre dans un village tyrolien avec le furieux Krampus (père fouettard) image début du XXème siècle.

une image de pain d'épice du diable "Krampus" père fouettard  image datée de 1930.

une image de pain d'épice du diable "Krampus" père fouettard image datée de 1930.

L’entrée de saint Nicolas, décrite par Franz Schroller 1885

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël