Publié le 13 Juillet 2017

Le numéro d'été, n°186,  est paru de la petite lanterne,  il a été envoyé par la poste la semaine dernière, à son sommaire :

 

* Dr Koeberlé : Originaire de Sélestat (1828)- Strasbourg 1915,  qui êtes-vous ?

* Avignon : 7 papes et 700 ans d'histoire

* Medjugorje : le chaud et le froid souffle sur ce lieu d'apparitions mariales

LE DOSSIER : le mariage du siècle, Louis XV se marie en Alsace. La lanterne évoque tout le côté historique de ce mariage qui doit sceller l'annexion des villes alsaciennes au Royaume de France.

* l'enfant aux miracles d'Ottrott

* les reliques de Saint-Luc

* les cathos sont-ils de retour ?

* la vignette allemande est "en marche"

* humour, c'est arrivé et le puits aux pensées.

 

Si vous n'avez pas votre numéro, demandez le votre

Un problème informatique nous a fait perdre quelques adresses, si vous ne recevez pas ce numéro 186 d'été merci de nous le signaler et de re-précisez votre adresse de courrier papier.

contactez : redaction@petite-lanterne.com ou franck.schwab@laposte.net

 

 

 

couverture du numéro 186

couverture du numéro 186

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 20 Juin 2017

Cette mystérieuse fête : la fête Dieu, fête de l'instauration de l'Eucharistie, de la présence réelle du corps et du Christ dans les espèces eucharistiques (pain et vin consacrés) 


Actuellement célébrée le jeudi -en principe-  ( afin d'être associée à l 'instauration de la Cène, le Jeudi Saint, date de la première eucharistie - c'est toujours le cas en Allemagne, où dans les lands catholiques ce jour est férié) puis le deuxième dimanche après la pentecôte afin que le peuple puisse s’y associer, elle ferme la période pascale, la fête CORPUS CHRISTI, dite aussi Fronleichnamsfest (terme utilisé en Suisse et en Allemagne, et non comme un ouvrage le traduit fête du cadavre d’homme !! Cette approximation reflète la complexité de cette fête ) car le terme provient de froho : le Seigneur, leichnam : le corps ou encore Lieweherrgottstag. Son titre officiel est festum Sanctissimi Corporis Christi, ce que l’on traduit en  langue vulgaire par : fête du très saint corps du Christ. 1


 

La fête-Dieu dans les rues du village de Stotzheim, village agricole alsacien (67140 BARR)  6 juin 2010 :

 

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Deux reposoirs dans le village de Stotzheim (Alsace, 

la procession : nouvelles-photos 3171

sous le dais le Saint-Sacremen, sur le chemin du Saint-Sacrement, des pétales de roses lancés par les enfants de choeur.

 

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musique, pompiers, conseil municipal, toutes les forces vives de la paroisse sont mobilisées.

 

 


 

Voici quelques illustrations de la fête-Dieu dans la cité d'Ettenheim (Bade-Wurtenberg) ce jeudi 23 juin 2011 : 

 

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un reposoir dans la cité, décoré pour accueillir l'ostensoir entre deux stations,

avec musique populaire, chorales, tous les corps d'église, conseil de fabrique.

 

  notons la présence dans la procession des enfants de choeurs, mais surtout, on le voit ici des premiers communions de l'année venus en aube, sans cierge.

Les servants de messe sont en surplis rouge et dentelle.

 

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  ci-dessous : les servants de messe (à gauche) :

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mise en place du dais, sous lequel viendra se placer le prêtre portant l'ostensoi, notons les aubes et chasubles des prêtres richement brodées. (à droite)

 

 

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ostensoir préparé par les jeunes, un décor fait de sables colorés

 

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Pour en savoir plus :

 

Elle fut définie par le Synode de Vienne de 1318 et consiste en le portage du Christ Eucharistie au devant du peuple, par les rues et  les places afin de  purifier ces derniers  des “irrévérences et les impuretés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement”. Le tout sous une “adoration profonde et sincère”. L’Eglise  fit naître cette fête après une vision de sainte Augustine Juliana von Lüttich (+ 5/04/1258), un autre auteur parle, sans citer son nom d’une prieure du couvent du Mont-Cornillon près de Liège  (Guy Deleury2 ). Il s’agit en fait de Ste Julienne (1192-1258. Reprise ensuite par Eve de Liège)3  Sa vision, qu’il qualifie de “trop jolie (...) légende pour n’être pas contée”,  était celle du disque de la lune, mais comme écorné. Métaphore de l’année liturgique amputée d’une fête. Elle s’en ouvrit à son confesseur, le futur pape Urbain IV, l’abbé Pantaléon4 . (Lüttich 1246). Le Pape Urbain IV (1261-1264) consacra cette fête selon les termes latins par l’encyclique “transiturus de hox mundo”. Saint Thomas d’Aquin aurait participé à ce texte, on lui devrait la partie “Laudan, Sion, Salvatorem” qui jamais ne manquait au rite de la fête Dieu. Certains diront que c’était une façon de reprendre en main les processions et les rogations  populaires qui avaient lieu afin de  favoriser la maturation des arbres fruitiers. Elles auraient alors lieu en dehors du village et dans les champs, ce qui n’est absolument pas le cas de cette cérémonie cantonnée aux places et aux rues du village. Nous évoquerons les rapprochements que les partisans de cette thèse signalent.

Sa localisation dans le calendrier
La fête aurait logiquement trouvée sa place dans la journée du Jeudi Saint où le Christ instaura l’Eucharistie, sa présence, il demande  d’en faire “mémoire”. Elle signale sa présence dans les deux espèces, “ceci est mon corps, ceci est mon sang”. Mais la fête joyeuse était quelque peu déplacée en pleine semaine sainte au moment de l’agonie et de la souffrance du Christ qui plus est  à la veille de la crucifixion et du chemin de croix.

Les Dominicains ont beaucoup œuvré pour faire connaître et populariser cette fête de la présence dans l’Eucharistie (on dit beaucoup aujourd’hui “Jésus-Eucharistie”)  instigateur de la généralisation sous le concile de Vienne en 1317 sous Clément V (1305-1314) et sous son successeur le pape Jean XXII (1316-1334) que le rite fut étendu au monde catholique. Première manifestation  à Rome en 1350, Cologne en connurent déjà entre 1274/1279. Pour la propagation de cette fête,  d’autres ouvrages citent le rôle des Jésuites dans la propagation de cette fête et leur soucis de concrétiser, de rendre palpable, la foi  par le peuple.

Apparition de la fête en Alsace, il faudra attendre le début du XIV ème siècle pour que dans la cathédrale de Strasbourg le Chanoine Henri de Dicke célèbre cette fête, alors qu’en Flandres elle était présente dès le XIII ème siècle, la procession en Alsace date de la fin du XIV ème siècle entreprise par Jean Tauler. L’annexion à la France et la volonté catholique du Roi de France mettra fin aux réticences protestantes et celle-ci sera très vite assimilée dès 1682. L’interruption suivante datera de Napoléon, car dans le soucis de faire taire les dissensions entre catholiques et protestants, Napoléon, au moyen de  son Concordat, interdira les manifestations extérieures à l’église. Cette interruption durera jusqu’à la Restauration de 1816.

Son caractère particulier réside dans la procession qui existe depuis 1279 dans les villes d’Allemagne.  Villes avec lesquelles l’Alsace travaille, communique, commerce et constituaient ses principaux référents culturels, à savoir Cologne.
C’est une fête où Dieu se fait visible, palpable avons nous souligné plus haut, le rite d’avant le Concile, (c’est toujours le cas évidemment pour les courants traditionnels fidèles à l’ancien rite) le prêtre officiait tourné vers le tabernacle et non face aux fidèles, la sainte Hostie était donc cachée par le prêtre,5  ou dans le fanum (le temple). Elle va, par ce moyen aller vers le “profanum”. (le profane).
L’hostie entière est portée dans un Ostensoir, généralement en forme de croix. Placée en son centre dans un logement vitré où il sera visible des fidèles. De tels Ostensoirs sont exposés dans les lieux de prière et dans les couvents à des fins d’adoration perpétuelle. 6
Mais cet Ostensoir va “sortir” dans la rue, aller au contact de la foule, avec la dignité de sa représentation, entouré de baldaquin, de fanions, dans une ville parée de fleurs de drapeaux aux couleurs du village, du Vatican (blanc et jaune) ou même tricolores, des arrangements floraux, des autels aux fenêtres, des pétales jetées dans les rues, des fleurs ou des branches de tabac...

Spécificité de Geispolsheim
Si un village célèbre cette fête avec corbeille de pétales et fleurs comme jadis, c’est bien Geispolsheim, cette ville au Sud de Strasbourg, a su garder cette coutume courante dans les villages catholiques jadis et jusque dans les années 50, elles sont aujourd’hui très limitées et sauf à Geispolsheim et dans certaines cités germaniques ou bavaroises, comme Munich, où c’est sans doute une des fêtes religieuses les plus populaires de l’année, ou plus au Sud on trouve des ferveurs particulières à Aix-en-Provence ou encore dans la péninsule Ibérique.

Notons que dans des villages ruraux, on renoue avec une célébration plus respectueuse des traditions et du passé, tel le village (rural) de Stotzheim (67140 BARR) qui effectue procession avec plusieurs reposoirs dans le village actuellement encore. (dimanche 26 juin 2011, cette année)

Opposition des Réformés
Évidemment cette démonstration e la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie heurte les dogmes de protestants, et Luther s’emporte contre cette nouvelle manœuvre de papisme et de superstition, dès 1527 il déclame que c’est “allerschädlichtes Jahresfest” (la fête ayant le plus de gravité) à laquelle  manquerait  les bases bibliques et que les processions seraient autant d’offenses à Dieu. La religion populaire, Luther ne connaît pas. Son opposition à cette fête va créer en Alsace une occasion de disputes entre protestants et catholiques dans les villages où deux cultes se côtoient. C’est l’occasion dans les villages de rendre aux catholiques la monnaie de leur pièce des manquements qu’ils ont eu à subir le Vendredi Saint (pourtant férié en Alsace). Ils les avaient importuné ce vendredi-là  et  c’est ce jour de la fête-Dieu (qu’ils ignorent) que les protestants remueraient leur fumier ou feraient ostensiblement des travaux bruyants en signe de réciprocité.
Le Concordat de 1801, assez bizarrement, a supprimé ces processions, car elles donnaient souvent lieu à des manifestations anti-protestantes. Elles ne réapparaîtront donc qu’à la Restauration.


Mais en quoi consiste une fête-Dieu exactement.

Description d’une fête récente(sous sa forme actuelle), citée dans l’Alsace et ses fêtes :
“Pour cette journée, tout le village est fleuri, les voitures ont disparu comme par miracle, les rues sont jonchées de fleurs et de branches vertes, les habitants ont revêtu leurs anciens costumes, les pompiers ont mis leur uniformes de fête, aux quatre points cardinaux du village, on a dressé de magnifiques autels richement décorés. A la tête de la procession des ecclésiastiques escortés par les pompiers avec leurs sabres et leur haches, à côté les catéchumènes habillés de soutanes rouges avec des surplis blancs brodés jettent devant eux des pétales de roses et des fleurs du jardin”.
3 statues sont portées dont Ste Anne, mais aussi le ou la patronne du village, (à Geispolsheim c’est Sainte Marguerite); Saint Sébastien et bien sûr Marie Mère de Dieu. La procession s’étire dans tout le village et l’on effectue une halte aux quatre autels où l’on lit un texte d’un des 4 évangélistes.
Les 4 autels ont leur importance, ils ponctuent le trajet, permettent un instant de méditation, c’est aussi un pas de Dieu vers les habitants du village. C’est évidemment un honneur de voir passer le Saint Sacrement devant sa maison. Souvenons-nous des paroles du Centurion, dont Jésus admirait la foi, “Je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri”.  Et bien évidemment l’honneur est immense s’il s’arrête devant sa demeure.
Les 4 arrêts remplacent les scènes bibliques vivantes que l’on trouvait aussi durant le temps de l’Avent et qui se jouaient le Jour de la fête Dieu. Ils représentaient Caïn et Abel, la traversée de la mer rouge... Ces jeux persistent dans les pays du Sud.
Ils ont leur importance car à chaque oratoire, soigneusement décoré et préparé par les habitants, les prêtres bénissent la foule récitent des cantiques, ou écoute le Nouveau Testament. C’est le soir de ce jour que chaque famille qui a préparé une kerwelskrüt la met en contact avec l’ostensoir où est déposé le saint sacrement, selon l’ethnologue et pasteur Freddy Sarg, et cette couronne doit protéger les maisons, étables, des maladies. On trouve ici un rite de protection.
Partiularité de certains villes qui ont même conservé en cette fête des processions sur l’eau, tels que les cités de Staffelsee Murnau, Chiemsee, Cologne.



Prétendues origines païennes
Placé un jeudi après la trinité dans un premier temps, certains auteurs s’empressent de faire un rapprochement avec jeudi, jour dédié à Jupiter, mais avant cela destiné à Thor dans les pays anglo-saxons.
Certains font aussi des parallèles avec des superstitions, ainsi un dicton décrête “qu’à la fête Dieu, il faut au Diable, un pendu et un noyé”. Par jalousie, sans doute, pour le culte rendu dans la foi à Dieu, il ne semble pouvoir se consoler autrement qu’en réclamant deux morts. On peut plus exactement faire un rapprochement avec les cérémonies beaucoup plus païennes qui subsistent dans les valets de pentecôte (voir notre dossier dans le numéro 63 “les Pfingspfiteri et les farces du mois de mai, numéro de mai 1996) où les jeunes attrapent un de leur camarade et font mine de le jeter dans l’eau de la fontaine  pour le noyer.

De plus Van Gennep, dans son folklore ne cite que brièvement cette fête et en écarte tout type de folklore ou de rite païen, explicitant que  ce sont des cérémonies religieuses et non des mouvements païens. (page 1358, tome 2) : “Mais c’est un fait que la Fête-Dieu ou du Saint-Sacrement  n’a pas d’autre origine que liturgique ; et que certains de ses paraphernalia ont acquis populairement une valeur magique, ont été employés non liturgiquement”. 7 Peu d’ouvrages de folklore les évoque à ce titre. Et même le livre ‘la paille et le feu’ se doit dans son introduction de justifier la présence d’un rite religieux dans le folklore et les traditions païennes. On peut donc assez facilement l’en écarter. Les seuls ouvrages qui s’y risquent mélangent des rogations, les rites de pentecôte et la fête-Dieu.
Rite de fertilité pour les uns, offrande aux dieux, voir même  sacrifice  humain aux dieux.
En ce qui concerne les rogations, qui sont elles des “demandes humbles et prières” (rogationes, latin)  la lanterne en a fait une étude -dans son n°84- elles s’apparentent plus à une délimitation des frontières paroissiales et de protection contre les calamités (peste, St Mamert au Vème Siècle) dans ce rite les champs sont bénis et les litanies sont recitées avec chapelet, rien n’est commun avec la fête-Dieu qui se déroule dans la cité 8 . A A séparer aussi de la pratique des récoltes et des moissons du Gluckhampfele (gerbe de la moisson  coupée par un enfant et gardée,) voir notre numéro 79. 
On le voit on est bien loin de cela dans la fête Dieu Toute dans la beauté et dans la retenue dans la foi en la présence de Dieu. ‘je suis avec vous’.

La fête avait une importance capitale en Alsace, comme ailleurs, dans son recueil consacré aux traditions de Corse, Claire Tiévant et Lucie Desideri, 9 signalent que les corses soulignent cette fête avec nombre de processions dans les cités grandes ou petites, tous très fleuries pour l’occasion, la tradition veut que ce jour-là, au matin, on aille cueillir le plus grand nombre de fleurs pour en parsemer les rues et les ruelles constituant le parcours de la procession. Celle-ci est organisée par les confréries (présentes aussi pour le vendredi saint et les processions de pénitents). Particularité corse, au lieu de conserver les “Kerwelskrüt”, on conserve dans l’île de Beauté, les pétales de fleurs pour les jeter sur les fidèles au passage de la procession.  Anecdote de 1844, du panorama de la Corse, un prêtre s’en souvient et cite de mémoire :  “dans une procession de la fête-Dieu, le chef d’une confrérie de pénitents, furieux d’être obligé de céder le pas aux élèves du séminaire, s’oublia jusqu’au plus audacieux blasphème contre le Saint Sacrement que l’on portait à deux pas de lui. Le lendemain, condamné par l’évêque à faire tous les soirs, pendant neuf jours, amende honorable devant la porte de l’église, revêtu d’un sac couvert de cendres, et une tête de mort à la main, il se soumit à cette pénitence canonique avec les marques non équivoques du plus vif repentir. “


Symbolisme :
Le chemin parcouru par le cortège de la fête Dieu est plutôt celui de chacun, de celui qui croit, qui chemine vers la Jérusalem céleste (le baldaquin aux couleur du ciel au-dessus du Saint-Sacrement, appelé “d’r himmel” par les alsaciens ne fait aucun doute.) Dieu est présent, proche, visible, "touchable", nous fait signe dans nos vies quotidiennes, il vient rencontrer sa création,  son lieu de vie, son quotidien , à l’instar de Jésus  dans le monde, comme un signe dans nos existences. Le message est beaucoup plus fort qu’il n’y parait.

Raisons de la chute de cette tradition
Tout d’abord l’opposition dans un premier temps des Réformés, dans un second temps de l’Etat qui a fait chuter la pratique, (interdits citésplus haut) puis du Concile, le saint-Sacrement est  lors de la consécration dorénavant visible des fidèles durant les offices, le prêtre est tourné vers le public des fidèles. Autre raison une certaine perte du  sens du sacré dans le clergé même, on trouve des prêtres qui ne croient plus toujours en la présence du Christ dans l’Hostie consacrée, mais ne négligeons pas une explication psychologisante de la foi, ou encore une certaine crainte des manifestations populaires collectives de foi.
A tout cela, comme conséquence ou comme source,  la baisse de fréquentation des offices, à quoi bon faire une procession avec un nombre de fidèles réduit et des badauds indifférents voir hostiles. Enfin la circulation des véhicules dans les villages qui ne peuvent qu’interrompre les files de processions et perturber les chants.
Seul Geispolsheim semble avoir sauvé la tradition avec le soutien du clergé, de la muncipalité, d’associations, et de fidèles croyants et mobilisés. 

L’exemple actuel de Geispolsheim.
Les cloches sonnent à la volée, fin de l’office religieux, la chaussée est dégagée,
 la procession débute par
* un groupe de fillettes en blanc avec des couronnes de fleurs, suivie par
* l’harmonie du village
les 6 fillettes en costume traditionnel avec sur les épaules la sculpture de la patronne du village, la statue est dorée. Les fillettes portent sur le costume d’alsacienne, le tablier blanc brodé, grande tenue, réservé aux offices religieux. Au début du siècle les fillettes auraient été vêtues en tenue de bergère de Marie antoinette avec houlette, châle et faisaient tinter leurs grelots (selon certaines sources)

* pompiers en uniforme

* tréteaux de bois portés et pliés par un jeune garçon, il servira à déposer les statues devant les autels ostensoirs.

* plusieurs jeunes gens qui portent saint Sébastien

* fillettes en costume

* bannière blanche représentant un saint du village

* 6 fillettes en costume avec la vierge Marie écrasant de son pied un serpent dans le dos de la statue de la vierge un magnifique soleil éclatant.

* la  chorale au grand complet

* les enfants de chœur avec des paniers chargés de pétales de fleurs

* le corps ecclésiastique avec le Saint-Sacrement sous un dais étoilé, porté par 4 hommes, les hommes du Conseil de Fabrique, en gants blancs en signe de respect vis-à-vis du sacré. Sous le dais les motifs du ciel “d’r himmel”.

* Le Saint-Sacrement est encensé par les enfants de chœur qui marchent à reculons comme les anges encensant Dieu dans le Ciel.

Au passage du cortège les pèlerins, ou simples touristes, se prosternent , se signent. c’est le passage de DIEU dans la cité. Chaque maison est parée de drapeaux aux couleurs de la paroisse, du Vatican, ou tricolores., mais aussi de fleurs, d’une statue ou d’images religieuses.

Au terme de cette étude, on s’aperçoit d’une volonté du clergé et du peuple de montrer Dieu au village, associé à la volonté de montrer à Dieu son attachement à sa présence et à sa protection. Dieu présent au milieu des hommes dans leur quotidien. S’y associe la volonté en ce mois de juin de tout faire pour que cette fête soit belle, colorée, lumineuse, tous les corps du village se mobilisent dans ce but. Gageons que cette marque de respect, de ferveur, et n’oublions en aucun cas les prières qui se mêlent à cette foule, ne peut rejouir Dieu et un océan de grâces retomber sur les villages où Dieu est célébré avec autant de fastes. 
 
Bibliographie, non citée en notes  :
* Feiern Feste, Jarhres-Zeiten, bei Herder, Manfred Huberti Freibourg in Breisgau, 1998 p 339-342
* fêtes et croyances populaires en France, Yvonne de Sike, Bordas
* la paille et le feu  traditions vivantes d’Alsace, Michèle Bardout, berger Levrault, espace des hommes, 1980 sur Geispolsheim
* L’Alsace et ses fêtes, collectif, Difal, Erce, Jérôme Do Bentzinger, page 50 avec des photos anciennes de Geispolsheim.
* Le folklore français (cité en notes)


Nos Illustrations :

* l’Alsace et ses fêtes ;
* la paille et le feu M. Bardout
* illustrations au crayon,  d’Image édition marguerite herrlisheim

notes :
 1. autres termes utilisés ou cités dans les ouvrages, Blutstag, Gotstag, Hotscleichnamtag, Hergotstag, Immolabit edum, Lichna mestag, Sacramentum sanguinis christi, Triumphus corporis christi, Varlechnam, Lieweherrgottstag.

2. Les fêtes de Dieu  Guy Deleury, les mythes, l’histoire, la foi.  Edition du Félin, 1994. page 209

3. Stella Maris, juin 2001  sur le Saint Sacrement

4.   ce même auteur, très critique et prompt à suivre la critique de la Foi ou les signes du Divin, souligne que la création de la fête du Sacré-Coeur de notre Seigneur Jésus-Christ, à la demande de la pieuse soeur du couvent de Paray-le-Monial, Soeur Maguerite-Marie Alacoque (toujours très présente dans le Renouveau Charismatique, eut le même cheminement, vision de la sainte, confesseur jésuite, et institution de la fête par le pape Pie IX en l’an 1856. L’auteur n’y voit qu’un combat contre les Lumières ou le modernisme. (page 210) `

5.   un peu à la manière actuelle des orthodoxes où le coeur est protégé des yeux des fidèles.

6. citons l’adoration pérpétuelle du Mont-Ste-Odile 365 jours par an et 24 h/ 24 h ou encore l’adoration du couvent St Marc à Gueberschwihr parmi d’autres...

7.  Arnold Van Gennep, le folklore français, cycles de mai, de la saint-Jean, de l’été et de l’automne,  tome 2. Collections Bouquins, Robert Laffont1949,51,53, réédition  1999 Robert Laffont.

8.   n°84, fin mai/juin 99, “tout sur les rogations alsaciennes”, traditions ancestrales dans les champs alsaciens. pages 16 à 19

9.   almanach de la mémoire et des coutumes, Corse, chez  Michel éditeur 1986 page consacrée au  21/06

 

 

 

je vous invite à regarder quelques photos de la fête-Dieu 2017 à Colmar, dans la paroisse de Logelbach.

Une série de photos y montrent la préparation, la cérémonie et la procession. (lien en bas de page)

 

 

 

 

cérémonie 2017 Bade-Wurtenberg, deux dais, tapis à motifs formés avec des pétales de fleurs.
cérémonie 2017 Bade-Wurtenberg, deux dais, tapis à motifs formés avec des pétales de fleurs.
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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

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Publié le 19 Juin 2017

Le choix du prénom en Alsace

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Le casse-tête de toute famille, ,un prénom pour la vie, et même s'il demeure possible au malheureux d'un jour ouvrir une procédure pour modifier son nom, il portera cela comme un calvaire toute son existence. C'est pourquoi il ne faut pas méconnaître la possibilité d'en accoler plusieurs, ce qui permettra de modifier le prénom d'usage. Surtout si l'on veut se lancer dans des innovations, aujourd'hui plaisantes, humoristiques qui se révèleront demain lourdes et mortelles....  Les cours d'écoles sont impitoyables avec les petits ! 

Un prénom pour la vie disent les ouvrages, un saint patron,  la définition de l’être le choix des prénoms ne semble pas si anodin, il a beaucoup changé au cours des siècles, la petite lanterne vous dévoile les prénoms alsaciens typiques …

Le Baptême des enfants  laisse un signe pour l’époque contemporaine, c’est l’adoption d’un prénom usuel, en même temps que le choix d’un parrain et d’une marraine (voir 2 et 2 chez les protestants, selon F. Sarg). Si les prénoms ont toujours été donnés, jusqu'à  la progression de population du moyen âge (plus précisément à partir du 12ème siècle ) qui a obligé de créer les noms de famille afin d’identifier avec précision les personnes portant le même prénom dans la ville ou la cité. L’acte de baptême lui confère une existence aux yeux de la communauté villageoise et paroissiale, « naissance sociale » selon F.Sarg . Les noms de famille sont alors nés, reprenant des caractères morphologiques (grand, chevelu, roux…) , des métiers ou des fonctions, des traits de caractères, des noms semblant nobles sont en fait des noms ironiques, ainsi roi, duc pouvait très bien être une façon d’ironiser sur le comportement ou la tenue d’untel, de son origine villageoise ou géographique. On trouve trace d’un Jean de Dambach, qui évoque un lieu géographique et non un signe de noblesse. Des tailles « klein » des métiers maréchal-ferrant, meunier… (Schmitt, Muller)… Ces noms de famille se sont alors transmis.
Arrivons aux prénoms, à l’époque carolingienne, les prénoms chrétiens restent l’exception, ils se généraliseront ensuite. Les protestants ont jusqu’à une époque récente privilégié, comme les juifs, les chrétiens méthodistes et ménonnites alsaciens,  les prénoms bibliques, les Sarah, David, Jonathan,  ont été nombreux. 

Les Catholiques, eux, après le Concile de Trente (1545 à 1563, Concile de la Contre-Réforme, initiée par le pape Paul III) suivirent sa recommandation à cet égard, ils prirent l’habitude de revêtir le nouveau-né du patronyme du saint du jour de leur naissance.  Ainsi disparurent  au moyen-âge, les vieux prénoms germaniques liées à des divinités. Souvenons nous de la blague des fêt.nat. qui seraient nés dans certains villages d’ignares. Les registres des baptêmes nous renseignent sur ces prénoms alsaciens dont les trois principaux furent Jean (Hans) (C’est le prénom le plus porté au XXème siècle, il s’effondre en 1970 et recommence peu à peu à être donné) ;
Joseph  (Seppi) ;
Et Marie (avec ses variantes nombreuses).

Le site « Notre.famille.com » donne la population des prénoms par département, son origine et le nombre d’attribution. Ainsi si en France, le prénom Louis a battu son record d’attribution en 1921, il est à nouveau en 13 ème position après s’être fait un peu plus rare. Le côté monarchie peut plaire. Il est vrai que les empereurs romains sont également revenus en grâce ! Justinien ! On attend le retour de Déoclétien, Tibère et consort, après Jules !

Nous avons également en Alsace de nombreux saints locaux : Odile (au pied du Mont éponyme) en l’honneur de la patronne de l’Alsace et bien évidemment on pouvait à la fois honorer Odile et la Vierge Marie en créant Marie-Odile. Des variantes croisant Marie et Anne, dans les deux sens, reliant la petite famille alsacienne à la Sainte Famille  et à ses ancêtres.

Léger (dans la Vallée de Guebwiller), Thiébaut (Theobald) (dans celle de Thann), ou encore Morand (dans le Sundgau). Mais dans les vallées comme Sainte-Marie aux mines ou Schirmeck influencées par le versant francophone des Vosges ou par les afflux d’ouvriers de Suisse ou des villes, on trouvera de nouveaux prénoms et de nouvelles idées pour baptiser sa progéniture. Les livres et les statistiques des prénoms des naissances n’étaient pas encore un succès d’édition, ni une préoccupation centrales des familles. Les prénoms révolutionnaires ne connurent pas un grand succès en terre alsacienne et ceux qui en avaient été affublés (sans joie) sans débarrassèrent une fois l’orage, la Terreur,  et la guillotine (d’Euloge Schneider) éloignés. 
Napoléon a connu de très nombreux « enfants » dans le pays alsacien, avec sa fête le 15 août, qui était la Saint Napoléon nous avait signalé un fidèle lecteur. L’occupation allemande a donné des Adolphe mais de l’autre côté du Rhin, assez peu en Alsace. Les prénoms ont d’ailleurs été choisis comme pouvant être traduits aisément par les familles dans l’espoir de la Libération.  Le changement de nationalité à quatre reprises a engendré des modifications substantielles de l’Etat civil qui a été francisé puis germanisé et réciproquement dans nos registres et sur les pièces d’identité.


Dans le nouveau testament, à la question posée à Elisabeth, l’épouse du prêtre Zacharie, « quel nom veux-tu que porte l’enfant (Jean le Baptiste) ? » (Saint Luc) On est fort étonné de ce choix, car personne dans ta famille ne porte ce nom.  Il a été courant dans les familles du XIXème siècle et au début du XXème de garder (tel un patrimoine familial) ou de se passer le prénom de son père en fils et de mère en fille. Cela ne semble pas très original, mais permet de garder des racines. Les archivistes et les généalogistes qui étudient d’anciens documents y perdent leur latin et confondent ainsi les générations. Il demeure des cas isolés dans les générations des années 70. La pratique est plus répandue Outre-Atlantique avec les I,II,III ème du nom, junior, senior…

On a accolé plus récemment un deuxième prénom à celui donné à son enfant, à l’instar des prénoms qui naissent, sont élitistes, très répandus, puis meurent pour renaître une centaine d’années environs.  C’était un des « privilèges » des familles bourgeoises du XIX ème siècle, qui gageons-le, complique l’apprentissage de l’écriture du prénom à l’entrée de l’école primaire. 
Charles-Henri, Charles-Hubert n’ont qu’à bien se tenir !

Prenons les exemples des Amélie de nos arrières grand-mères, très répandues dans les années 90, elles seront sans doute, à nouveau, démodées dès demain. Les Arthur  (du roi et de Merlin, copine avec Mélusine) d’un autre temps très en pointe avec les Thibault vieux prénom de la vallée de Thann. Les prénoms naissent et renaissent.
Nos vieux livres de mathématiques donnaient des exemples avec des Jacques, Louis et des Paul, nous les reverrons bientôt courir dans les rues, avec non des bérêts mais des téléphones portables !! A quand les retour des Gaston ?

Jeux de mots… maux  laids !
Là où cela pose des interrogations, c’est lorsque les parents tentent des jeux de mots que l’enfant devra porter 90 longues années et subir les mêmes remarques… Songez-vous à votre progéniture ? Au calvaire à porter ? Une fillette surnomée « Myrtille  » en soquettes ou en barboteuse c’est bien joli, mais lors d’un entretien d’embauche ? Si en plus, elle se nomme « Tartelet », on se demande si elle habitera Chantilly ? Ou sera pâtissière ! Elle fut appelée au porte-voix un jour de rentrée des classes… et un ange passe !
Nos saints chrétiens, dont la liste a été allongée par Jean-Paul II voulant ainsi démonter la vitalité et l’actualité de l’Eglise, constituent une source inépuisable dans tous les sens du terme.
Car le prénom a plus de sens, de profondeur qu’un simple moyen de s’identifier et de se faire connaître et appeler sans risque de confusion.

Le sens religieux du prénom : dès le sein de ta mère, je t’ai appelé par ton nom, dit la Bible. Il n’existait pas de nom de famille, c’est bien du prénom dont parle la Bible dans Es. Au chapitre 49.  On voit l’importance du prénom. L’entrée dans les ordres, symbolisant la renaissance, provoque elle aussi la prise de l’habit et d’un nouveau prénom. Ce choix révèle l’importance de « se faire appeler ».  Pour les Israélites comme pour leurs voisins, le nom exprime en quelque sorte l’ensemble de la personne. Il en va de même pour l’animal ou l’objet. Un homme sans nom n’est rien « Fils d’insensé, fils d’homme sans nom ». Job 30,8, Chez les Hébreux connaître le nom d’une personne, c’était déjà posséder sur elle un certain pouvoir. Les noms des enfants de Jacob illustrent les circonstances dans lesquelles ils sont venus au monde, citons le seul exemple de Moïse tiré des eaux. La conversion provoque la métamorphose totale entraînant dans son sillage le nom. Abram devient Abraham, Saraï devient Sara. Dans le Nouveau Testament Simon de Bethsaïde (son lieu de naissance, pas d’habitation) est débaptisé en Pierre. N’oublions pas Saül (persécuteur des chrétiens) qui transformé en disciple devient Paul.
On prenait aussi le nom de celui qui était mort sans descendant mâle. Cette faculté existe toujours en droit civil français pour les noms en voie de disparition.
Mais prendre le prénom est aussi un signe de propriété. « Je t’ai appelé de ton nom, tu es à moi » dit Yahvé à son peuple (2.Sm.18) Le nom implique alors la propriété, l’alliance, l’appartenance.
Le prénom peut même avoir une force mystique, car Jésus interroge le démon du possédé avant de l’exorciser, c’est bien que la question a une importance. Ils lui répondent d’ailleurs qu’ils sont légion, car ils sont plusieurs.
La puissance du nom de Jésus a d’ailleurs été, avant le Concile Vatican II, du fête, du début de l’année. (La fête du saint nom de Jésus, le dimanche entre la circoncision de  Jésus et l’Epiphanie). Il arrive dans la Bible que les envoyés de Dieu refusent de dire leur nom (Manoah pose la question à l’ange, en vain). D’ailleurs invoquer le nom de Dieu ou de l’Esprit saint « en vain » est considéré comme une faute à l’égard du décalogue. Ce nom est célébré, loué, craint, seuls les « insensés le méprisent ». L’interdiction de nommer le Seigneur, a donné naissance à des formules comme le Très haut, Sabaoth, Jéhovah (Comme il était interdit de prononcer son nom on a glissé des voyelles, un peu au hasard dans le tétragramme ce qui donne Jéhovah, cf. les témoins de Jéhovah YHWH).
Malgré la puissance du prénom de Jésus, par respect sans doute, est rare en Europe centrale de d’attribuer ce prénom à un enfant, la tradition est plus répandue en Amérique latine.

 Le Catholique et l’Orthodoxe croit à la protection de son saint patron, en plus de son ange, il est donc important d’être en accord lui, d’étudier ses traits de caractère. Une communauté nouvelle (Renouveau Charismatique) a ainsi l’habitude de faire tirer au sort une fois l’an dans un panier, un nom d’un saint patron chargé d’accompagner le croyant une année durant et de recueillir des grâces. A charge pour celui qui est ainsi patronné de mieux apprendre à connaître le saint qui lui fait l’honneur de partager sa route.
 

Anciens prénoms « alsaciens » :
Othon (empereurs), Adélaïde (la femme d’Othon II), Aldaric, Adalbert  (966) (moine bénédictin abbé de Wissembourg), Hune (sainte qui a donné son nom au village viticole de Hunawihr, apparentée à la famille de Sainte Odile),  Gondelinde  (sainte, nièce de Ste Odile), Attale, Quirin (officier romain dont les reliques se trouvent à Saint-Quirin en Moselle et dans deux paroisses en Alsace)

Les prénoms alsaciens et leurs diminutifs :
Revenons en Alsace, Si Hans donnera Jean mais il donnera aussi Johannes
Avec le suffixe…le (Basse)Alsace) ou le suffixe la (Haute-Alsace) accolé à ce prénom  alsacien ou français, on obtient de jolis prénoms d’usage qui signalent un attachement, une familiarité sympathique, une amitié, une gentillesse.  Cette première liste est extraite de  Toute l’Alsace, Coutumes et Costumes, par Ph.Legin, SAEP, Colmar.


Antoine : Toni
Arthur : Türi
Auguste : Güsti, Guschti
Christophe : Stoffel
Frédéric : Fritzel, Fritz, Fritzele
Gervais : Fasisus
Georges : Jerri
Ignace : Natz, Natzi
Jacques : Jockel, Jockele
Jean : Hans, Hansi, Hansela, Schangi, Schangala
Joseph : Sepp, Seppi, Seppele
Matthieu : Thebis
Nicolas : Claus, Clevin
Philippe : Lippel
Rodolphe : Rutschi
Sébastien : Bastian
Thiébault
Ulrich : Voli
Valentin : Velte, Valte

Prénoms féminins :
Anne : Nannel, Nannele
Catherine : Katt, Kattel
Elisabeth : Elsa, Elisa, Lisbeth, Betty
Joséphine : Finnel, Finnela
Madeleine : Lennel
Marie : Marikele, Mikele`
Odile : Delli
D’autres recherches ont également donné des prénoms plus germaniques qui ont été attribués en Alsace aux différentes périodes germaniques.
Pour les garçons :
Alfred, Freddel
Alfons, Fons
Barthelemy, Bartdelmbes
Charles , Charele
Claus,
Elmer,
Franz,
Gerhardt,
Guillaume, Willi – Hèmes
Hubert, Hübes
Kasper,
Lorenz
Matthis,
Max, Matthis
Patrick, Pates
Raymond, Remès
Renald
Peter,
Victor, Vickes
Walter,
Wilhelm
Pour les prénoms de filles :
 Greta, Gretel ;
Hilda,
Hansy (féminin de Hans)
Lidy
Odetta
Othilie
Ruth
Barbara, Barvel
Frida,
Fursy ,  Suzel, Hildegarde, Wilhelmine
 


 
Voilà donc les premiers appelés et désignés, le jour de leur baptême, le parrain et la marraine proche. Les Océane, Marine, brise Marin, Marina  et autres noms de sauces aux fruits de mer ou désodorisants d’ambiance, de complexes balnéaires et de rues piétonnes de bord de mer n’ont qu’à bien se tenir. Il convient de songer à la dimension profonde de nos prénoms qui méritent bien plus que d’être le défouloir ou les lieux d’exercices de rimes ou d’allitérations, on leur suggère de les tester sur les noms des poissons rouges qui eux, paraît-il, n’entendent pas nos bêtises humaines.  

La vague des séries télévisées américaines glisse également vers sa fin, la vague recule des Kevin, Jonathan (l’amour du risque) Jennifer,(Star académy),  Jérémy qui ont hanté les écoles primaires et s’en viennent en Faculté maintenant. Ils sont trop populaires et dédaignés par la classe moyenne. Mais les remplacent les gagnants des dernières éditions de Star Académy. L’effet est garanti, comme jadis avec les chansons Emilie jolie ou le film Amélie Poulain.


Le prénom devient donc plus qu’un attachement à un saint patron protecteur ou une référence à la réussite d’une vie spirituelle, un marqueur social d’appartenance à une classe ou à la représentation psychologique de sa classe d’appartenance ou de référence.  Nous voilà bien éloignés de notre thème.
Point de repère, une fois de plus dans ce monde troublé, Signe de l’attachement à la Vierge pourrait-on penser, Marie (voir encadré) est le prénom le plus attribué au XXème siècle, 81 278 en
1901 et elle reste toujours en 7ème position des prénoms donnés, c’est
l’exception des prénoms qui ne vieillit pas dans tout cet Océan(e) de prénoms digne d’une cour de récréation.




Le saviez-vous :

Chez les romains, on portait
Un  Praenom
Un nomengentilicium (lignée)
Et un cognomen (surnom).

Les Chinois auraient porté un nom de famille depuis 5000 ans.



Ils reviennent, après Kévin Jonathan et Amélie

Retour en cours ou prévu :

Jeanne, était deuxième au début du XXème siècle est en 42ème position en l’an 2000.
Louise est de retour depuis 1990 ;

Juliette qui atteignait son chiffre record en 1902, est à nouveau en 19ème position

Lucie, (Ste Lucie très fêtée en Suède et en Sicile, son pays d’origine) prénom très populaire au début du XXème siècle est en 11ème place en 2000.


Retour des prénoms du classicisme grec ou des traditions celtiques : Antoine, Clément, Adrien, mais aussi des prénoms tels que Baptiste, Jules, Arthur, mais chacun avec d’autres connotations que jadis. C’est le miracle du cycle des prénoms.



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Rose fut une nom qui a connu un grand succès, aujoud'hui éteint, mais refleurira bientôt dans les actes de naissance.

Rose fut une nom qui a connu un grand succès, aujoud'hui éteint, mais refleurira bientôt dans les actes de naissance.

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Publié le 14 Février 2017

Le lancer de disques enflammés :


Cette tradition du Schieweschlawe  (Schieweschlaawe, Schuwaschlàj -làgà) se  pratique encore dans la commune d’Offwiller remonte des siècles en arrière car la première trace écrite date du 4 mars 1090 c’est dire ! Et elle bien triste car un couvent a été incendié en Allemagne par un disque de bois de hêtre d’une dizaine de centimètres de diamètre enflammé lancé uniquement par les hommes lors d’une fête de l’équinoxe de printemps depuis une colline (schieweberri) à la nuit tombée.

Mais on sait qu’il se pratiquait déjà sous Charlemagne en 740 car on y interdisait -déjà- de telles pratiques en raison des dangers pour les habitations en bois ou les toitures recouvertes de chaume. Mais on sait aujourd’hui qu’il faut une solide pratique pour s’y lancer et que l’on effectue ce lancé depuis une haute colline (Kochersberg ou Sundgau).

La tradition actuelle veut que ce lancée se fasse au premier dimanche de carême, que l’on nomme le « carnaval des pays » ou vieux carnaval. On va donc lancer des petits disques de bois troués au centré posés sur un bûcher. Lorsqu’ils sont bien rouges, ils seront lancés, avec force moulinets de bras. la nuit avec un bâton d’une manière à s’enrouler et former des arabesques. Le vent et la propulsion fait que le disque s’enflamme et s’éclaire. Il dessine alors dans la nuit des dessins.

Ces formes sont censées faire fuir le froid et les mauvais esprits. Le lanceur devait en outre formuler des voeux au moment du lancée. On annonçait aussi les nouveaux couples, un concours pour lancer le plus loin possible le disque en criant le prénom de la jeune fille de ses rêves avec ces paroles « schiewele, schiewele (petit disque de bois) dàs Schiwele how i gamàcht (ce petit disque que j’ai fait)
Es fährt Ewer dr Rhin, kommt wider ari,(il voyage au-dessus du Rhin, revient de nouveau ici)
Un im Kathel ìn dr Làda ni 
».


(Almanach de l’Alsace B. Vogler Larousse  et le Grand almanach de l’Alsace, 2016, Geste éditions, 79260 La Crèche  et l’ ‘sElsàssbüech, Léon Daul, éditions du Donon, 2010)


Ce lancé de disques enflammés se pratique encore dans certains villages alpins autrichiens et bavarois signe d’une tradition ancienne que seuls certains lieux gardent la mémoire.

Le saviez-vous :

 

Une vieille croyance alsacienne voulait qu’on ne file pas la laine le mardi gras et qu’on ne fasse pas la lessive durant tout le carême sous peine de malheur !
Une autre croyance encore connue à la fin du XIXème estimait que les enfants nés pendant le carême avait le don de voir les esprits méchants !

 

 

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Publié le 14 Février 2017

Souvent poussés à ce métier par insuffisance de ressources ou d’activité dans leur terre d’origine, de famille trop nombreuse, ou afin de donner des débouchés aux productions familiales ou à celle du village. Mais ils peuvent aussi être des saisonniers qui recherchent un revenu complémentaire hors saison. ils sont en général assez mal vus mais aussi attendus, car ils colportent non seulement des produits, mais aussi des rumeurs, des informations, des on-dit, des mouvements politiques, des guerres, des famines, vers des terres éloignées des grandes routes. Ils sont toujours « originaux », car vêtus différemment, viennent d’ailleurs, indépendants de la société, de son organisation, du poids des patriarcats, de la pression des corps de métiers,  même de celles de la cité. Par conséquent, ils intriguent autant qu’ils font peur. Sont-ils connus, ils sont attendus, inconnus, on se méfie, sont-ils des voleurs, peut-on leur faire confiance ?  Leur itinérance serait responsable de la propagation de certaines épidémies mortelles. (pestes, variole…) mais on sait qu’ils sont comme des baladins ici aujourd’hui ailleurs demain.

Les colporteurs :

Ils parcouraient les villages alsaciens avec une charrette à bras, une carriole, tirée par des chiens ou un âne, ou s’ils étaient plus riches par un cheval, mais les plus pauvres ou ceux qui franchissaient les montagnes avaient tout leur attirail voire leur fonds de commerce sur le dos, ils annonçaient leur passage en criant.  Et c’est vrai que leur nom vient du latin « comportatre » ce qui veut dire « transporter » ou coltiner. (porter un bagage lourd sur des épaules et son col).
Sur les terres d’Alsace, certains venaient de loin des montagnes de Forêt noire avec leurs horloges (Kukuckshändler ou encore d’Uhrehändler mais aussi nommé Uhrenträger soit le porteur de montres)  coucou allemands qui ne sont pas d’origine suisses mais germaniques ou leurs pendules) ou encore des poteries pots en grès devenus ensuite de la vaisselle (d’r Gschirrhändler) ou encore du linge. Mais ils ne portaient pas que des objets inanimés,  certains vendent des volailles vivantes d’rKremp… Ils pouvaient avoir sur eux des breloques, mais aussi des jouets…On connait encore des années 50 et 60 les derniers métiers qui portaient sur le dos des vitres.  

Un autre métier ambulant est le rémouleur, littéralement  l’aiguiseur de ciseaux (scharreschliefer), lui aussi itinérant.  Ce métier ne peut permettre de vivre en sédentaire (il a laissé son nom aux chiens bâtards dans le langage courant devenant aussi une insulte envers celui qui n’a pas de lieu fixe). On croise de drôles de qualificatifs pour ces vendeurs de breloques d’r Bändelemàcher (le vendeur de rubans) ou encore sur leur origine d’r Walschcolporteur (vendeur d’origine française ou du moins non alsacienne).

Philippe Picoche a écrit un livre sur « le monde des compagnons et des colporteurs dans les Vosges au XIXème siècle ».y évoquant cet univers particulier.

A l’invention et au développement de l’imprimerie, il existait aussi le colporteur d’images, de cartes géographiques les portant sous le bras (1841) Il emporte avec lui des images petites et grandes imprimées. Ils sillonnent également les routes avec des libelles, des imprimés, on leur doit la propagation des premiers évangiles, des pamphlets contre l’ancien régime, qui pourraient être les lointains ancêtres des journaux comme le canard enchaîné, mais aussi plus tard de critiques contre les régimes hexagonaux ou germaniques.   Plusieurs almanachs ont repris leur titre « der Grosse  Hinkende Botte, fondé en 1807, devenu  « le grand messager boiteux » en 1814 » notamment, avec sa parution annuelle en octobre à Strasbourg.

 

 


Le chien restera longtemps, comme le montrent des cartes postales du début du XXème siècle le porteur répandu de la livreuse de lait, le chien est attelé et fait la tournée avec la laitière, livreuse de lait. (cartes postales de 1909 sur les métiers.) une autre le montre dans les rues d’Innsbruck tirant la charrette où se tient  son maître.

Henri Loux sur une de ses célèbres assiettes du service Obernai a représenté le « d’r G’schirrhändler » montrant une charrette avec deux chiens qui se reposent de leur travail pendant que leur maître commerce avec une alsacienne venue voir les cruches de son maître.
Et l’on voit les poteries accrochées tout autour de sa carriole. Les chiens du village semblent bien intrigués par ces chiens dressés et étrangers au village.  Même pour les chiens ces colporteurs sont intrigants.

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Il a bon dos …. Il ne porte pas seulement son stock sur son dos. Mais aussi sa mauvaise réputation.
Elle fait aussi des heureux, l’honneur de certains couples,  car on peut lui attribuer (jusqu’à son prochain passage, l’année suivante) une paternité non désirée. Il a bon dos, le colporteur. En espérant que l’année suivante, l’histoire soit oubliée.  On trouve cette drôle d’histoire dans les registres de déclaration de grossesse en Bretagne.              Cavaleur ??

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------Chronologie :

En France : en 1611 on compte 46 colporteurs autorisés à transiter dans certaines villes et villages. Faisant concurrence aux commerces mais aussi aux foires qui étaient des exclusivités et reposaient sur des autorisations, ils sont donc souvent mal vus.

Pauvres, journaliers, paysans. Leur proximité sociologique en faisait aussi de bons connaisseurs de leur marché, de leur clientèle, ils savaient ainsi choisir les produits à commercialiser et connaissaient également les arguments à employer pour les écouler. Ils reviennent à des dates fixes et sont donc attendus et espérés de leurs clients.

Le droit de patente est une autorisation apposée par une estampille sur chaque exemplaire distribué par colportage.  

Associé à la mendicité de nombreux immeubles affichent encore « mendicité et colportage interdits ». Alors qu’ils ne sont que de lointains cousins de ces colporteurs de jadis.


En 1723 : un édit royal exige qu’ils sachent lire et écrire. Ce qui ne sera pourtant pas toujours ou rarement le cas.

1848 : 3500 colporteurs autorisés ce serait l’apogée de leur métier selon une étude.

Le chemin de fer leur donne le coup de grâce, les grands magasins se créent, ils vendent par correspondance et le chemin de fer (1880) va permettre de se déplacer et de se faire livrer sans difficulté les marchandises de son choix.

Colporteurs de musique : Avant l’invention de la radio (TSF) et jusqu’à la démocratisation du disque, bien après le 78tours, on trouvait des marchands de musique, qui commercialisaient les « petits formats » en fait des partitions avec les paroles des chansons les plus à la mode. Ces chanteurs des rues les interprétaient et tentaient ainsi de vendre les paroles à « chanter chez soi ».


Marchands de sable ou de soleil :
Les vendeurs de poudre aux yeux deviennent des baladins dans le dernier siècle.

Bonne nuit les petits, le bon nounours (1960)  se qualifie de « marchand de sable » qui va de maison en maison pour aider les enfants à s’endormir. Tandis que Tino Rossi dans une opérette se qualifie de « marchand de soleil ».  (1969)

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les produits vendus par colportage :

en Allemagne : les sculptures en bois, les « turcs qui fument » (brûle-parfums en bois en forme de personnages dont le corps se démontent et peuvent accueillir un petit cône d'encens dont la fumée s'échappe par la bouche du personnage ainsi représenté, il devient un fumeur)  les décorations de noël, objets et jouets de bois.

Mais aussi les brosses, ballais, bulletins, journaux, estampes, coutellerie, rempailleur de chaises, tissu, linge, vaisselle, toile, jouets, rubans, fleurs artificielles  mais aussi potions, crèmes et « médicaments ». Une sorte d’ebay avant-l’heure.

 

 

COLPORTEURS EN ALSACE
couverture du magazine documentaire

couverture du magazine documentaire

Forêt-noire Allemagjne un colporteur de montres.

Forêt-noire Allemagjne un colporteur de montres.

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Publié le 24 Décembre 2016

Un petit extrait de notre article du numéro 153 :

 

 

  Oberndorf Stille Nacht2

C’est la chanson  de Noël la plus adaptée dans le monde entier, 300 versions dans presque toutes les langues et dialectes, aussi célèbre que Noël Blanc (White Christmas) c’est évidemment la chanson de Franz Gruber (1787-1863) «Stille Nacht»  Elle naquit en 1818, lorsque le prêtre de la paroisse Josef Mohr (1792-1848) demanda au jeune organiste remplaçant et instituteur (on note bien que nous sommes en Autriche et le curé et l’instituteur ne se battent pas par laïcisime) de composer une mélodie qui convienne pour deux voix solos avec choeur ainsi qu’un accompagnement pour guitare. On oublie souvent qu’une guitare était prévue dans l’oeuvre d’origine ainsi que dans la première représentation de l’oeuvre. Les paroles écrites par le prêtre dans l’année écoulée, sous la forme d’un poème.  Une légende raconte, l’abbé Loeb en avait fait un conte que nous avons publié dans un de nos numéros de noël, que l’orgue de l’église d’Oberndorf était en si mauvais état qu’il fut impossible d’y interpréter un morceau. Ils écrivirent une chanson pour ténor, soprano et basse qui fut donnée pour la première fois dans l’église Saint Nicolas à Oberndorf près de Salzbourg, devant le maître-autel dédié à St Nicolas à la Noël 1818.
  La chanson  dont le nom exact est : «Kirchenlied auf die heilige Christnacht» (chant d’église pour la saint nuit de naissance du Christ) se répandit -anonymement- dans un premier temps dans les répertoires de chansons de noël dans le Tyrol (1819), Leipzig (1832), New-York (1839), les missionnaires la véhiculèrent sous d’autres cieux. Pour en compter aujourd’hui plus de 300 versions. (ci-contre : Oberndorf : c’est là que fut donné la première interprétation).
douce nuit (suite)
Un succès emplit de modestie et anonyme :  Il est assez étonnant que cette oeuvre fut dans un premier temps attribué à des grands compositeurs classiques Haydn, Mozart ou Beethoven qui en furent les heureux bénéficiaires.  Ainsi on pense que le succès de cette oeuvre ne fut que peu connu de leurs auteurs. Il ne s’agissait pas d’une «grande première»radiodiffusée ou télévisée, ce ne fut «qu’»une» messe de minuit.
 La controverse ne cessa que lorsqu’on retrouva un manuscrit de la main de Joseph Mohr oublié de «Stille Nacht»  avec dans le coin  supérieur droit de ce manuscrit la mention «Mélodie de Fr.Xav. Gruber».
Le prêtre qui administra ensuite plusieurs paroisses finit ses jours à Wagrain, il fut curé de cette paroisse, il avait légué ses biens aux déshérités aux soins des personnes âgées et à l’éducation des enfants des alentours. Ainsi une école Joseph Mohr vit le jour dans le village près de sa tombe et du mémorial. L’évêque le décrivit comme comme un «ami fidèle de l’humanité et des pauvres, un père aimant et secourable».
Le miracle de noël ne réside-t-il pas dans le fait que ce soit une oeuvre d’un prêtre secourable et aimant et d’un compositeur méconnu dans son village. Qui fit ainsi le tour du monde sans enrichir ses auteurs, ou que cela ne leur tourne la tête,  pour la plus grande gloire de Dieu.
Puisque nous avons parlé de poste dans ce numéro, le deuxième bureau postal le plus connu d’Autriche est celui de Stille Nacht., exploité par la SA Österreichische Post. Il est logé dans la maison Bruckmann sur la place Stille Nacht, dans le Musée du patrimoine d'Oberndorf.
Toutes les lettres et cartes postales mises au bureau de poste spécial jusqu'au 24 décembre sont pourvues du timbre de Noël de l’année et  marquées du tampon spécial «Stille Nacht», sans supplément de coût.

 

 

StilleNacht1948

 

Deux timbres à l’effigie des deux créateurs de la mélodie «Douce Nuit», timbre de droite : 1987 : Joseph Mohr, parolier (1792-1848) il repose au cimetière de Wagrain, l’école qu’il a fondé porte aujourd’hui son nom.
Franz X. Gruber, compositeur (1787-1863)
timbre de gauche : timbre de 1948, pour les 130 ans de Stille Nacht.

 

2010-0664.JPG

 

 

 

 

voir d'autres articles sur les traditions de noël c'est ici

 

Il est né le divin Enfant...

 

Photo : Waggerl Haus à Wagrain, région de Salzburg  dans cette maison furent écrits les contes : Worüber das Christkind lächeln musste" und "Warum der schwarze König Melchior so froh wurde") par K.H. Waggerl.
Près de cette maison vécut aussi Joseph Mohr compositeur des paroles de la chanson Douce nuit.  Une certaine magie habite donc ce village de Wagrain. 

 

 

stillenacht

Les petits chanteurs interprétent Stille Nacht, douce nuit.

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Publié dans #traditions de noël

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Publié le 24 Décembre 2016

Qui donc est ce Christkindel qui donne son nom au marché de noël de Strasbourg, apporte les cadeaux en Autriche ?


Christkindel  : Mais le Christkindel c'est tout d'abord le mot "enfant Jésus", car c’est la transposition de ce mot.

Mais plus qu’un enfant c’est une Fée germanique, Lichterfee (fée de lumière), ou encore l’adaptation alsacienne de Sainte Lucie croisée  avec une fée ou une dame blanche. (voir Enfant Jésus et Ste Lucie)
On trouve dans ce terme, les mots “petit-enfant-Christ” petit enfant Jésus. Mais pris littéralement on traduirait que c’est le divin Jésus qui apporte les cadeaux. Van Gennep, célèbre folkloriste, par ailleurs très rigoureux, s’y laisse prendre en traduisant, que c’est un petit garçon qui parcourt la campagne avec le Hans Trapp. C’est vrai que sur certaines gravures l’on voit un petit Jésus assis devant le Saint Nicolas,  Père Noël ou un homme de Noël pour apporter des cadeaux, sur d’autres on voit l’homme précédé d’un ange sous la forme humaine d’un petit garçon ou d’une petite fille-ange. Les anges n’ayant pas de sexe défini.
Le concept a été mal étudié, car il s’agit assez énigmatiquement en Alsace d’une jeune fille (jeunette) qui est attendue dans les toutes les maisons alsaciennes (protestantes et ensuite catholiques)  jusque dans les années 50 et aujourd’hui encore dans de rares villages alsaciens.


Si elle peut être le porteur de cadeaux de l’Enfant-Jésus, elle ne peut être l’Enfant-Jésus, car elle est coiffée d’une couronne d’or,  faite de feuillage,  de sapin dans laquelle sont plantées les bougies enflammées. Elle est vêtue de blanc, porteuse d’une clochette (comme on annonçait le Saint-Sacrement dans les rues,  et lorsque  l’on portait la communion à un malade dans un hospice) une baguette (ou une verge, dans un rite de fertilité1  ou pour punir les enfants désobéissants), un panier avec des friandises (pommes, noix, sucreries, pains d’épices, orange).A son entrée, elle jette des fruits dans la pièce. Est-ce une fertilisation du sol, un rite magique ? s’interrogent les érudits. Gérard Leser dans « Wihnahchte en Alsace » nous apprend (page 57) que l’on retrouve une sainte lançant des fruits et aidant les malheureux sur une gravure qui date de 1850 et qui représente le mois de décembre.
Elle parcourt pieds nus, tantôt juchée sur un âne, seule ou accompagnée du Hans Trapp, qui a déjà suivi les pas de Saint Nicolas quelques jours plus tôt dans le mois.
Qu’est au juste le Christkindel, cette Dame de Noël si l’on adopte la formule de Nadine Crétin (le livre de Noël, Nadine Crétin, France Loisirs Paris) , une brochure de l’office du tourisme de Sélestat sur l’Alsace résume :”une créature pleine de contradictions ayant l’apparence d’une fée et la bonté d’un ange et qui représente l’Enfant Jésus, sans tenir compte que le soir de Noël, le Christ n’est encore qu’un nouveau-né”.
Si l’on résume l’étude que nous avons brossé devant vous, il y a donc des pistes, pour
* la déesse Freia, Perchta (la lumineuse) avec comme indice, les bougies enflammées dont elle est coiffée ou Holda (douce et généreuse) l’indice : les fruits lancés dans la pièce au moment de son entrée...
* une transposition abrupte de sainte Lucie, décalée par le calendrier, apportée par les Suédois,alors qu’ils ne la fêtent que depuis  la deuxième partie du XIX ème siècle soit bien après notre chère Christkindel alsacien. Et ceux qui font l’amalgame avec Ste Lucie n’ont pas étudié le coeur du problème se contente de l’apparence.
* une dame abonde, comme dans d’autres régions, l’indice qui nous y porte c’est la baguette magique qui touche les enfants, mais contre-indice les autre n’ont ni bougies enflammées....
* un enfant Jésus  qui distribue les cadeaux sous un aspect plus âgé... alors pourquoi une jeune fille, une couronne, un vêtement blanc ? cela ne semble pas suffisant.
* une création typiquement alsacienne, nourrie des dames blanches, et des fées germaniques antiques ?
 
Le choix reste ouvert, et les preuves manquent. Mais dire que c’est “remarquable que cette incohérence fondamentale n’ait pas été corrigée par le peuple”34  tend à nous prendre pour des imbéciles, au contraire, le personnage est bien plus (non pas au sens théologique) et bien au-delà de l’Enfant Jésus dans l’imaginaire culturel alsacien, la preuve une fois encore que le pays qui a invité (et exporté dans le monde entier) l’arbre de Noël (1521), Hans Trapp, les marchés de noël ou de l’Avent, a une histoire, un imaginaire, une culture profonde, créatrice et pleine de magie.  F.S.


Christkindele, Christkindele,
Kumm dü züe uns erin
Mer han e frisches Heubindele
Un au e Gläsele Win
E Bindele für’s Esele
Für’s Kindele e Gläsele
Un bette kenne mer au »
(La traduction peut donner ceci :
 Christkindel, Enfant Jésus viens entre donc chez nous,
nous avons un gerbe de foin toute fraîche,
et un verre de vin aussi
la gerbe pour l’âne,
le verre pour l’enfant,
et prier, nous savons aussi » )

(sources : brochure : l’histoire de l’arbre de Noël  de l’office du Tourisme de Sélestat, Marguerite Doerflinguer « c’est un rite magique, qui promeut la santé, la vitalité de l’enfant. L’origine serait à trouver dans un cortège de jeunes filles représentantes des formes fécondantes et fertilisantes du cosmos comme au mois de mai », in la quête de l’Alsace profonde, SAEP Colmar.

Christindl  : c’est aussi le nom d’un village autrichien, bien connu des bibliophiles qui du premier dimanche de l’avent au 6 janvier inclus (Autriche 4411 Christkindl) diffuse et oblitère de très beaux timbres de la nativité. Voir poste.

 

C'est aussi une pomme :  Christkindel (la pomme) : peut tout d'abord signifier  une petite pomme d’un rouge  très prononcé de ce nom décorait spécialement l’arbre de noël, ceci encore au milieu  du siècle dernier. Frotté contre un peu de laine, le rouge se faisait très brillant et lumineux. On la nomme aussi Hambscheim, Santa Klaus, pommier typiquement alsacien d’un sol léger et sec, avec une chair blanche croquante. 



C'est aussi le nom d'un marché de noël typiquement strasbourgeois : le Christkindelmarkt : Marché de l’enfant Jésus, marché de noël alsacien, marché de l’avent (Adventmarkt) le plus ancien est celui de Strasbourg et date de 1570. Il fut crée par des chartes, elles réunissaient des spectacles, des crèches et produisaient des produits originaux.  Celui de Nuremberg date de 1628, 1642 à Munich. Tradition rhénane de se rencontrer et de choisir de menus objets, friandises (pain d’épices, d’anciennes illustrations nous montrent la présence de stands de cette spécialité, figurines en chocolat, barbe à papa, marrons chauds, amandes grillées et de menus jouets tout d’abord destinés aux enfants ou à la décoration du sapin (Christbaum voir ce mot), pour la St Nicolas . Afin de se prémunir du froid, on pouvait aussi boire un verre de vin chaud (voir ce mot) et se restaurer un peu tout en choisissant un sapin pour les habitants de la ville et un objet pour parfaire sa parure. ( Etoiles de paille, bougies pour le sapin, boules de verre…).
Aujourd’hui, à en croire Gabriel Brauener, in Saisons d’Alsace, Le marché de Strasbourg  “servirait d’alibi aux autres”,5 on y vendait des jouets, des friandises et de la décoration, de l’ornementation pour les sapins de noël.  Seuls les trois  derniers éléments sont encore vrais.

Parmi les produits originaux vendus à celui de Nuremberg et d’Autriche , le pain d’épices, à ceux d’Autriche les Zwetschgemännlein (bonhommes faits de quetsches séchées), tandis que celui d’Esslingen crée un marché de noël moyenâgeux créant une véritable attraction dans son marché de noël. Un cadre somptueux avec des stands de jeux de l’époque, de la musique des troubadours le tout au pied de la mairie et des tours moyenâgeuses .
Bâle bénéficie, elle , de la décoration somptueuse de Johann Wanner, antiquaire bâlois,  décorateur de la Maison Blanche, des WIndsor, des Grimaldi et du Vatican. 

A Ulm, le marché se situe devant la très belle cathédrale (à tour unique, comme à Strasbourg), un souffleur de verre, des moules à springerlé y sont visibles.

Stuttgart où le marché de NoëL appartient aux traditions depuis 1692, peut s’enorgueillir d’avoir le plus grand nombre de stands, près de 300, qui ont la particularité d’offrir un spectacle tant au niveau des stands que sur leurs toits richement décorés avec talent et audace.  Tout ce que l’on peut imaginer et même au-delà est exposé pour le plaisir des 5 sens. L’ensemble autour de la cour du vieux-château et de deux places. (Patinoire, train à vapeur pour les enfants, spécialités diverses…) Chaque soir s’y tient un concert apprécié. Une journée entière ne suffit pas à parcourir l’immensité et la variété des stands où se pressent de 10 h à 21 h la foule des visiteurs.
 
Revenons à Strasbourg, avant la Réforme, il porte le nom de Nikolausmarkt,  (marché de la saint Nicolas) dont un se tient toujours à Sélestat le jour de la fête du saint.
C’est en 1570 qu’il devient la cible d’une prêche de Johannes Flinner. Il y voit « ein Stück vom Sauerteig der Pharisäer ». Ce qui n’est pas à proprement parlé un compliment pour le  marché de la Saint Nicolas. Sa prêche obtient un succès car dès le 4 décembre de la même année, sont réunis le conseil des 21 et la question de la suppression de ce marché est débattue. Michel Lichtensteiger sur la base de la prédication de Flinner. Il emporte l’adhésion de l’assemblée. Mais afin de ne pas pénaliser les marchands, il propose de déplacer les cadeaux remis à la venue du Saint évêque (6/12) à la naissance de Jésus. C’est ainsi que s’achève une tradition  et naît celle du Christkindelmarkt, marché fugace qui dans un premier temps ne se tient que les trois jours avant noël.  Afin que la coutume (« pharisienne ») cesse dans la population, on édictera le même jour de l’année 1570 un texte punissant de 30 schillings d’amende toute personne  offre des cadeaux dans la ville de Strasbourg. (Dr. L.Pfleger, elsässiche Weihnacht, 1931 p 44).
 
Le marché déménage en 1870 vers la place Broglie à Strasbourg après avoir occupé plusieurs places, devant la cathédrale, devant le château des Rohan, sur la place Kléber (1830-1870), en 1848 dans l’ancienne gare (actuelle place des Halles). 6 Ces stands rentables commercialement étaient loués à Strasbourg pour 14 000 F (2134 euros, les 6 mètres, format préféré des artisans, 10 m pour les métiers de bouche) en 1995 ( L’Alsace du 24/12/95). Attraction à part entière, le marché et noël à Strasbourg draine des milliers de touristes vers l’Alsace, les hôtels affichent complets et l’autoroute menant à Strasbourg est engorgée chaque jour de marché de noël, car « Noël a un pays l’Alsace ».   On est loin de la prédiction pessimiste de Th. Klein de décembre 1862 « mit einem grossen Teile des alten Strassbourg ist auch sein Christkindeleinsmarkt zu Grabe gegangen » annonçant la mort du marché de l’enfant Jésus avec celle du vieux Strasbourg.
(voir aussi Noël, pour tout savoir sur les plus beaux marchés de noël avant de s’y rendre, car rien ne vaudra le détour,  on peut lire un magazine « City Faszinationen, Weihnachtsmarkt » 2006, 5,00 euros, avec 101 Christkindlesmärkte in Deutschland und Europa)

 

Le discours inaugural du Christkindel de Nuremberg est très attendu chaque année, on peut le revoir ici : 

https://youtu.be/0_Mg9hs-Srk

 

"Vous hommes et femmes, qui étiez des enfants, vous les petits au début de votre aventure de la vie, à chacun qui aujourd'hui ce réjouit et demain se plaindra, qu'ils écoutent tous ce que vous dit l'enfant Jésus. 

Chaque année, 4 semaines avant que l'on se réjouisse que l'on prépare le Christbaum (le sapin de noël), se tient sur cette place, ce qu'untel a déjà vu, se tient ici, ce que l'on nomme le Christkindelsmarkt, (le marché de l'enfant Jésus)  se tient ici

Ce fragile village, fait de maisons en bois et en toile, aussi fragile qu'il soit, est ici depuis l'éternité.

Mon marché restera toujours jeune, aussi longtemps que Nuremberg existera. Ainsi que les souvenirs, le vieux et le jeune est équivalent dans le regard de Nuremberg.... " (...)

.. et que celui qui vient ici qu'il soit le bienvenu." Un texte de 1946

 

Celui qui a tout n'a pas besoin de cadeaux, c'est le pauvre qui sait le mieux offrir et recevoir.

 

Pour en savoir plus sur sa présentation : https://youtu.be/e_-NYGwmuH0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christkindel arrivant dans une maison.

Christkindel arrivant dans une maison.

le "Christkindle" (pas del) symbole du marché de noël de Nuremberg, il est aussi l'apporteur des cadeaux.

le "Christkindle" (pas del) symbole du marché de noël de Nuremberg, il est aussi l'apporteur des cadeaux.

Gravure ancienne de l'arrivée du Christkindel suivi du Hans Trapp (père Fouettard alsacien) dans la stubbe le soir du 24 décembre.

Gravure ancienne de l'arrivée du Christkindel suivi du Hans Trapp (père Fouettard alsacien) dans la stubbe le soir du 24 décembre.

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 24 Décembre 2016

Vous voulez en savoir plus sur Hans Trapp, Jean de Dratt, le père fouettard alsacien, appelé aussi Rubelz.

 

 

Mon propos sera un peu plus long, mais il reprend différents articles que j'ai publié sur le sujet.
Ils concernent tout d'abord Hans Trapp (Jean de Dratt) ses variantes folkloriques, mais aussi les personnages autrichien tel que Krampus,



Jean de Dratt, ou Hans von Dratt (Drodt) ou Trotha  père fouettard alsacien évoquant le personnage historique ,  originaire de Thuringe,  du comte de Berwartstein ou Baerwelestein (Bärbelstein) non loin de Wissembourg à la fin du XV ème siècle, mort en 1503 (seul H.J. Troxler parle de 1514), maréchal, du Pfalzgraff Philip, excommunié. (Pour Troxler de la cour du comte palatin Frédéric le Victorieux) Stoiber donne cette version dans l’Alsatia en 1850, en 1876, Seinguerlet parle d’un soudard de la guerre de Trente ans. Il aurait été déposé dans la chapelle Sainte-Anne (dont une photo a été reproduite dans le Nouvel Alsacien du 5.12.1981) où une inscription, aujourd’hui disparue, a rappelé la réputation du seigneur du lieu. Il était un soldat intrépide, à qui l’on confia les châteaux de Grafendahn, du Bertwarstein et de Dahn.
Le dimanche qui suit Noël, à Wissembourg, une tradition fait suite au défilé du vilain homme, fouettant, vétupérant, fouettant, enfermant les enfants dans sa cage. A titre de représailles à ces exactions, les habitants repoussent le malapris dans son château à travers les paysages du Felsenland. C’est l’occasion d’une randonnée de 18 km qui se termine sur un tradition et d’un repas au château du terrible personnage. (DNA 26/12/2003). Le château est aujourd’hui la propriété des Fleckenstein d’Alsace, il a échappé à la destruction lors de la dernière guerre mondiale.
Les accusations portées contre lui seront jugées à Haguenau par la Décapole (l’union des villes alsaciennes), puis par l’empereur Maximilien et enfin par la Diète de Worms. Visiblement, cela n’a pas été facile de s’en sortir,  excommunié, la sanction sera levée par le troisième pape qui eut à connaître de l’affaire Jules II. (Avant lui Innocent VIII, Alexandre VI).

Interdit au  “Hans Trapp”
Est-il toujours valable, ce texte punissait de 3 Gulden le fait de “faire des Christkindel et des Hans trapp, des masqués de Pentecôte et des rencontres entre jeunes gens et jeunes filles”. ( 23 août 1737 paragraphe 18, dans le comté du Hanau-Lichtenberg)



(dans une représentation alsacienne par la troupe dynamique du village de Osthouse, voici un bien débonnaire et symparhique Hans Trapp avec son âne, on remarquera tout de même sa tenue foncée, noire, pas de chaîne aux alentours, mais un sac, c'est le méchant compagnon du Christkindel, voir notre article sur le sujet, l'enfant jésus ou sorte de Fée, Ste Lucie :  Christkindel cet inconnu... )


Le texte dit aussi que les HansTrapp de promenaient avec des “verges et des sonnailles” sont punissables. Les amateurs de traditions populaires devront se méfier, nul n’est censé ignorer la loi !

La baronne d’Oberkirch, dans ses mémoires, raconte  sa visite au marché de noël en 1785 à Strasbourg, « on attend la visite du Christkindel qui doit récompenser les bons petits enfants, mais on craint aussi le « Hanstrapp » (en un mot et tout attaché) qui doit chercher et punir les enfants désobéissants et méchants. Le Christkindel plaît toujours et les cadeaux aussi ; souvent on entend la voix rude et sévère de Hanstrapp », qui paraît même quelquefois armé d’un martinet, et vêtu de rouge et de noir comme Satan ».

Voilà donc le décor planté, une fois de plus,  par la Baronne. On y retrouve la crainte, la tenue noire et rouge reprise par Krampus.

Hans Trapp et autres compagnons négatifs accompagnant les personnages positifs de l’avent et de noël (Nicolas, Christkindel, Père Noël) :
Ces trois personnages (par ordre d’apparition dans nos villes) sont la générosité, et l’honneur personnifiés. Ils distribuent des dots, leur argent, des cadeaux... à deux dates distinctes. Mais afin de mettre en évidence et en valeur leurs atouts et sans avoir la possibilité pour un être aussi gentil de châtier, de juger, de faire peur. Il fallait bien qu’un des personnages hideux, leur négatif en tous points puisse rendre les moins froussards les plus doux.
Ce sont des personnages hideux, les masqués de l’hiver  comme les nomme un auteur1 , qui vont jouer ce rôle. Ou encore les “masqués sauvages” .
 
Ils sont la personnification du mal, à lire ce qu’écrit Jules Hoche en 1897 : “A côté de sa blanche compagne (le Christkindel, l’enfant Jésus, personnification de Ste Lucie qui représente le génie du bien),  il incarne, lui, une sorte de Lucifer, de délégué du diable, de croquemitaine biblique, et il a pour attribut une verge à rameaux tricolores dont il menace les enfants qui ne sont pas disposés à tenir les promesses faites au Christkindel, son nom est Hans Tràpp et il ne parle que le patois d’Alsace.”2

Ils doivent donc  faire peur dans un but pédagogique évident, mais aussi de rappeler que la vieille année s’achève et que le temps de la remise en question des lois sociales et des normes d’organisation de la cité va bientôt revenir. (Le Carnaval, particulièrement  Outre-Rhin, débutant dès la fin du Temps de Noël .)
Ils vont traîner leurs pas lourds durant l’Avent (pour certains) ou seulement aux deux grandes fêtes pour d’autres.
L’origine la plus ancienne semble être, le “Chasseur sauvage” , c’est-à-dire le dieu Wotan, dont un accompagnateur chargé de punir les mauvais enfants se tient à des côtés. Il chevauche les cieux comme  ses   trois descendants3  !
(voir le mot chasse sauvage)
Le personnage le plus connu dans la culture française est le Père Fouettard, sorte d’héritier de Jean de Dratt (Hans Von Trotta)  revêtu d’une peau d’animal ( à rapprocher des masqués de l’hiver, d’où son nom : Rüpelz, celui qui porte une peau de bête) armé de verges, de baguettes. Il faisait grand bruit avec ses bottes (er tratt, d’où selon certains,  le nom : Jean qui trépigne ou encore Jean aux pas lourds  pour J. Lefftz) mais aussi avec des chaînes et des grelots.Dans le Palatinat, on lui donne de nom de “Stampes”. C’est la version de Joseph Lefftz.

 Le personnage historique a donné bien des soucis à la ville de Berbelstein ou Berwartstein (selon les orthographes, l’orthographe des noms de famille n’a été figé que très récemment) près de Wissembourg, Membre de la Décapole, maréchal du Pfalzgraff Philip à la fin du XVème et début du XVIème siècle. Il est mort en 1503. Excommunié pour ses turpitudes qui feraient passer nos délinquants en cols blancs pour des saints hommes . Il a fait office de croque-mitaine de “kinderpopanz” (épouvantail à enfants).  Notamment nous apprend Agnès Ball dans le magazine l’Outre-Forêt (IV-1990 n°72) en barrant la Lauter empêchant le flottage du bois, interdisant de ramasser du bois dans ses forêts alors que c’était un usage cher à la population paysanne d’avoir le droit de glâner bois et baies sauvages. Il fit creuser des digues (sur la Wieslauter  dans la vallée et lorsqu’un lac fut formé, il fit démolir le barrage) et ainsi il engloutit les cultures. Susanne Mayer, dans l’Alsace du 5.12..1981,  parle de « Wissembourg  sous les eaux ».  « Hans voulait aussi que son frère soit admis au chapitre de la cathédrale » nous signale Susanne Mayer.   L’abbé qui s’opposa à Hans partit pour Rome afin de le faire bannir, l’homme mourut sur le chemin du retour, mais Rome avait excommunié le comte en 1493.
Les valets de  cet homme suivirent l’exemple de leur maître et rançonnèrent les commerçants. L’église n’apprécia guère plus,  qu’ avec « 2000 hommes,  il s’empare du château de Saint-Rémy, une des 4 défenses extérieures de l’abbaye de Wissembourg. « Il dévasta notamment le Mundat inférieur ». (Agnès Ball, Outre-Forêt, page 4, IV-1990, n°72). Il prit aussi, selon Suzanne Mayer, des villages de Steinfeld et Kapsweyer. Les habitants durent payer des rançons pour se débarrasser de lui et de ses hommes.
 On comprend mieux  l’excommunication prononcée par l’église puis retirée par le troisième pape par le biais de la médiation de l’évêque de Spire. ( voir aussi Jean-Jacques Mourreau, dictionnaire sincère de l’Alsace singulière » Séguier, Atlantica, Anglet 2002, article Hans Trapp).  Mais apprécié pour ses qualités militaires il sera proclamé  par l’empereur « chevalier de la Toison d’Or » distinction suprême.
 


 (carte de l’Alsace du 5.12.1981, article de Susanne Mayer)








On lui découvre  encore une autre origine selon E.Seinguerlet y voit le souvenir d’un soudard de la guerre de Trente Ans. (1618 – 1648)

Dans les alentours de Munster, on pensait qu’il vivait dans les bunkers de la première guerre mondiale disséminés dans les forêts proches.

Une représentation du Journal illustré  du 1er janvier 1878 (p 5) le montre même avec une bête féroce (un loup ?) tenu en laisse (personnage négatif) un ange à ses côtés (personnage positif). On s’interroge comment on pouvait jouer cette scène ?





 Après son passage si l’enfant s’était mal conduit, il laissait dans les bottes des épluchures, des noisettes trop dures ou des restes de gâteaux ! Bref vraiment pas très sympathique l’ancien homme que ce soit son côté historique qui ressorte ou son côté homme des bois et tête d’âne.
S’il porte un sac c’est non pour se donner une contenance,ou distribuer des gâteries mais bien pour emporter d’éventuels mauvais garnements 4 , qui pourront le cas échéant s’enfuir après une raclée méritée. Le moins crédule commence à y croire emporté dans son sac. Des parents actuels nous racontent avoir été emporté sur quelques mètres dans un sac et reçu quelques taloches de ce Hans Trapp visitant les familles.

Une Benfeldoise de 78 ans (12-2006)  nous a raconté qu’avant guerre  dans sa famille,  on avait reçu la visite de ce Hans Trapp. Elle en avait eu bien peur, il avait un manteau brun foncé et une barbe, portait un « rüet ». Mais ne nous a rien fait. En fait, dit-elle je l’ai reconnu lorsqu’il parlait c’était le voisin, mort depuis longtemps raconte-t-elle, qui s’était déguisé.  « Warte nur ! der Hans Trapp soll dich Hole » était la formule que les enfants redoutaient car elle évoquait la menace d’être emportée dans le sac du Rubelz.

Voici un poème récité par la mère avant la venue du Hans Trapp5  :
Die Kinder wo grîne
Die holt d’r Hàns Tràpp
Der wurd Eich erschïne
In sinere Pelzkàpp
E zottiger Màntel
Hät’er éwer sich gelejt
Der lehrt Eich e Wàndel
I ha’s ni schon gseit !
Er kommt nie als im WInter
In’s Hïsele nï
Dert holt’r e Stacka
E bissigi Rüet
Er schlàjt eim in d’r Nacke
Uff d’Hoser fer güet !
(Les enfants qui pleurent seront cherchés par Hans Trapp, il va vous apparaître en bonnet de fourrure avec un manteau rapiécé qu’il porte sur lui il vous apprendra à changer je vous l’ai déjà dit il ne vient qu’en hiver dans la maison là il prend un bâton une verge mordante il vous frappe dans la nuque et sur les pantalons pour de bon !)






Quand Hans Trapp apparaît enfin, les enfants récitent :
I will folje in d’r Mamme
Im Pàpa noch meh
in alle zwei zamme
Oh ! màch m’r nit weh
Will’s Katzele nimm riswe
Am Wadele, àm Bein,
Ném schlàje, némm bisse, Némm werfe mit Stein
Némm d’Höseler verbrenne
Némm fische im Bach
Das alles versprich i
Im güete Hans Tràpp !
(Je promets d’écouter mamIMG-0601.JPGan et papa encore plus d’obéir à tous les deux  ; oh ! ne me fais pas mal je ne veux plus tirer le petit chat par la queue , ni aux pattes, plus le frapper, plus le mordre, plus le blesser avec des pierres, je ne veux plus brûler mes pantalons plus pécher dans le ruisseau tout ceci je le promets au bon Hans Trapp !)

On le voit le texte ne manque pas d’humour et de recherche de pittoresque d’un personnage négatif supprimé, on en vient à sourire et à rendre grâce à ce méchant qui joue un rôle de justicier, la menace plus forte que la sanction en quelque sorte !  Les dérives que signalent ceux qui jouent les pères noëls à domicile. Outre une récompense à apporter, une tétine ou un doudou à confisquer, ils sont chargés de menacer.

Aux Pays-Bas, c’est “Pierre le Noir” (nommé aussi zwarte Pieten, dont certains dictons sont encore porteurs d’un sens proche en Alsace, il sera alors utilisé dans l’esprit de mouton noir, de bouc émissaire), accompagné de “Maures” en souvenir sans doute des invasions musulmanes du Sud du 8ème siècle. Ces deux personnages, deux valets maures  (Maures),  sont alors les  héritiers des saltimbanques du Moyen-âge, faisant tours, acrobaties et se promènent au visage noirci.

Au contraire, le Père Fouettard est vêtu de foncé, hirsute, ou encore de paille,  pileux agite avec force cloches et fouets (telles les divinités anciennes pour porter bonheur on secouait les fouets,  et l’on tapait avec des verges, ces rites interdits par le christianisme ont, selon toute probabilité,  été transformés en rites autorisés ou du moins tolérés). D’ailleurs l’origine serait la théorie de Arnold Von Gennep Hans Trapp serait d’origine  Jésuite datée du 18ème siècle.
Quand Knecht Ruprecht monte à cheval (en opposition avec la simplicité de l’âne de Nicolas) on donne le nom de “SLUPINIS” à rapprocher du  nom de Sleipnir. Son proviendrait d’un ancien qualitatif traditionnel du dieu “Wotan”, “Wuotani ruoberath “ du vieil haut allemand “hruot”, renommée et “beraht” “brillant”.

 

 

 


KRAMPUS  !!!!

http://3.bp.blogspot.com/_eDRC7FznR9Y/SVlR9WNmoNI/AAAAAAAAA24/N7nhotGAS7w/s400/Krampus+still+looking_st.+Nicholas+looks+on.jpgcette image provient du site :
 : therecoveringdissidentcatholic.blogspot.com/2. (même dans les liens nous ne sommes pas sectaires !!)


exemple de Krampus qui attaquent : (le folklore à l'heure actuelle : (Exemple d'une tradition vivante ! On peut couper la musique si nécessaire)

http://www.youtube.com/watch?v=jmu6L2KzKXQ&feature=fvw

link
  Ou moins virulent : ici : http://www.youtube.com/watch?v=kYS0OSDVpVs&feature=related
link

 

 

 




Quand un “diabolique KRAMPUS” accompagne le dieu de Noël....
KRAMPUS, un drôle de diable fouettard autrichien  !
Le personnage qui m’intrigue le plus est bien ce fameux KRAMPUS, inconnu dans notre Alsace, Hans Trapp survivant et occupant bien son rôle, nul besoin d’aller voir ailleurs.
Et pourtant, il est bien effrayant, régnant en Autriche et dans certains Lands allemands et  à la frontière italienne. Il ressemble à d’anciennes représentations des dieux de l’hiver à cornes et sabots, mêlant à plaisir leurs atours les moins recommandables, diable, chèvre, boucs, cornes...
Les quelques illustrations de notre livre en témoignent. Les enfants en raffolent tout de même. Des peluches, images, et des formes en chocolat Krampus étant disponibles  au-delà des frontières. Attirance dans l’air du temps pour le croquemitaine ou les personnages négatifs, jamais les publicitaires n’auront eu de produit « diablement bon, à s’en damner, c’est l’enfer devient une formulation positive » chassé l’angélique « saint-Marc » et sa lessive pour être « diablement efficace ».

Les Hollandais recherchent la signification originelle dans le dieu Odin (comme le Père Noël) (dit aussi OEL) qui épiait les enfants qui par les fenêtres ou les trous de cheminées (expliquant ainsi sa couleur de suie délictuelle).
 
Un autre nom Hans Muff est cité dans les ouvrages germaniques comme personnage équivalent au Hans Trapp. Dans l’Alsace bossue, on désigne le personnage par le quolibet : “Müllewitz” qui proviendrait du moyen-haut-allemand “bilwitz” = “le kobold,” ou lutin domestique.

Un certain Hans Trapp était vu à Orschwihr, qui entrait la tête sous le bras, et les dents de cuir ”Ladrigi Zähn”, et son derrière se trouvant dans le “Schnappsack”.(la poche permettant de glisser le flacon de kirsch ou d’eau de vie )
La Baronne d’Oberkirch, née Waldner de Freundstein, le décrit dans ses mémoires tel qu’elle l’a vu lors de son passage à Strasbourg en 17857  :
“...mais on craint aussi le Hans Tràpp qui doit chercher et punir les enfants désobéissants et méchants.. souvent on entend la voix  rude et sévère de Hans Tràpp, qui paraît même quelquefois armé d’un martinet, et vêtu de rouge et de noir comme Satan.” Ce rapprochement n’est pas vain, on l’a vu avec un certain KRAMPUS

CHARLES-QUINT, Un autre Père fouettard Lorrain… Le père fouettard lorrain est Charles Quint (1500-1558) où l’on se servit de l’homme pour accompagner le vénéré saint Nicolas à des fins politiques.


Cela constitue la forme la plus originale de Père Fouettard, celle usitée en  Lorraine. Le croque-mitaine ressemble à l’empereur Charles-QUINT avec un bicorne  au long nez (dans la ville de Metz) il avait en effet fait le siège devant Metz en 1552,alors que le Roi Henri II l’avait conquise, voulant reconquérir la ville.  Les tanneurs avaient retenu un personnage grotesque au long nez, avec fouets, suivants et branchettes  qui accompagnait Saint Nicolas dans la ville. Façon de résister au siège de la ville par le roi, de soutenir le moral et convertir les enfants contre l’assiégeur. or pendant le siège de Metz afin de soulever le courage de ses hommes, “la corporation des tanneurs avait inventé un personnage grotesque, armé d’un fouet, qui faisait la chasse aux jouvencelles et bachelettes, petits valets et damoiseaux au long des rues affamées de Metz. ce personnage personnifiait Charles Quint, le tyran qui voulait conquérir la ville”.  Le siège ne fut levé qu’en janvier 1553. L’année suivante, le retour du Fouettard (local) est effectué sous l’impulsion de la confrérie des Tanneurs. Elle persiste en l’espèce toujours actuellement.

Mais il en existe encore d’autres Pelzbock et Russelbock en Allemagne (bouc velu et bruyant) ,  Schmultzli (du verbe verschmutzen : salir, donc signifiant le sale) en Suisse, ou  Rumpleklas (Allemagne).

Un Homme à tête d’âne, à Munster
L’âne accompagnateur à 4 pattes devient un homme masqué
Citons un cas plus alsacien de la vallée de Munster, que nous rapporte Gérard Leser, dans Wihnachte en Alsace, édition du Rhin,  qui ne manque pas de nous interroger, un homme accompagnant le Christkindel est vêtu d’une tête d’âne ou encore  d’une tête d’âne avec un bec d’oiseau  (A Munster, portant le dom de “d’r Schnàwelesel”  soit “l’âne à bec”.) Il comporte un sac en toile de jute grise, portant une cloche autour de son cou, et des chaînes bruyantes. Parfois ils poussent des cris épouvantables.
En guise de récompense il recevait une piécette. Alors que l’âne à 4 pattes accompagnant le donateur recevait une carotte, une botte de foin.
Il circulait les dimanches soirs de l’Avent, et quelquefois les jeudis soirs après la Saint Nicolas.
Il ne rentrait avec le Saint Nicolas qu’à condition d’y être expressément invité. 

Et on peut se risquer à  tracer  un parallèle avec les premières critiques visant les débuts du christianisme, on a ainsi trouvé des graffitis représentant les Chrétiens comme des adorateurs d’un âne. Sans doute l’entrée de Jésus à Jérusalem a marqué les esprits et une ressemblance entre deux mots. 
Il existe des personnages équivalents en dehors de l’Alsace, le Schnabbucke  du nord de l’Allemagne ou les Habergeissen  du sud de l’Allemagne, et pour la Suisse, les Spräggele d’Ottenbach près de Zurich8 .  
Cette coutume n’est pas spécifiquement européenne, on en retrouve des traces (sans doute exportées) dans la péninsule d’Oga au Japon, où le Namahague portant cornes et crocs et frappant violemment sur une marmite passe la nuit du 31 décembre à demander :”Y-a-t-il des bons à rien ici ?”.
Hans Tràpp crie bien:“Qui n’était pas gentil ici ?” faisant mine de l’emporter avec lui.

Cette Bonne interrogation toute emprunte d’esprit philosophique oblige à l’examen de conscience, d’un retour sur soi et invite  l’humilité des citoyens du pays du soleil levant. Chez les Indiens, le MARIWINE, selon Nadine CRÉTIN 9  a la particularité de se déplacer accroupi et visite plusieurs fois par an les enfants, avec plumes et une  épaisse couche d’argile sur le corps. La bouche cerclée de boules de Kapok.

Si le sapin de Noël né à Sélestat a fait le tour du monde, il faut bien croire que notre Hans Tràpp a des cousins, des voisins, des ancêtres, mais aucune copie réelle. On note bien des ressemblances, mais la dizaine de noms et de comportement l’isole  de sa progéniture.

Ces personnages négatifs à rapprocher donc des masqués de l’hiver, ont croisé l’histoire à Metz, en Alsace (Hans von Trotta) pour donner un personnage mystérieux destiné à la fois  à mettre en valeur le bon saint, l’enfant Jésus (La modernisation de Ste Lucie à l’époque du Concile de Trente et du bannissement provisoire de Saint Nicolas10 ) ou le Père Noël, mais aussi à diriger l’enfant vers le bon chemin, celui du Bien, de la Vérité et Krampus est bien la démonstration du Mal des démons et des conduites à  ne pas suivre. S’adressant ainsi au passé des adultes et à l’avenir des enfants, en les interrogeant chacun à leur niveau sur leur conduite et leurs actes.

D’autres noms pour les compagnons du Saint Nicolas :
De drôles de noms pour de drôles de compagnons :
Certains sont assez comiques, leur nom provient souvent de déformations des bruits qu’ils font ou expliquant leur allure, ou encore de la déformation d’un personnage historique comme Hans Trapp / Jean de Dratt.

 

 

 

Knecht Ruprecht,
 Père Fouettard, Rubelz, Hans Trapp (Jean de Dratt), Pelzenickel (Nicolas à fourure), d’r Beses, Buzemann,  Müllewitz (vient de bilwiz : lutin domestique), Perchten, Peckeresel (Péckeesel) :  en Alsace
Hans Muff, Düvel,Bock, Beelzebub, Böser Klaus, Ascheklas, Bullerklas, Klas Bur,
Zwarter Piet : Pays-Bas (Le Pierre noir, un jeune page noir compagnon du saint)
Pietermann, Pulterklas, Ruklas, Rupsack, Pelzebock, Pelzebub, Pelznickel, Butz, Rumpelklas, Schmutli, Düsseli, Semer, Klaubauf, Krampus (Autriche), Schiachtperchten, Partl, Bartl, Leutfresser, Biggesel, Schwarz Käsperchen, Spitzbarl, Erbsbär, Grampeler, Klaubauf, Ganggeler, Piggerler, Tuiff…Teufel
Buttmandeln (Bavière),  Treichler…
Le Maure, Nickel, Robert.


Le blason de Jean de Dratt
Ce qui prouve son existence historique porte des motifs décoratifs mais encore un corbeau tenant une bague au bec ainsi qu’un renard.

Le corbeau correspondrait à la mésaventure de l’oncle du personnage, un jour évêque.
Il s’aperçoit qu’on lui a substitué sa bague. Il soupçonne un de ses valets, que l’on exécute.
Mais quelques temps plus tard, la bague est retrouvée dans un nid de corbeau se prenant pour une pie.
L’homme aurait ainsi, en signe de repentance avant l’heure, fait figurer le voleur dans son blason, à défaut de valet innocent.

Le renard, loin du conte de La Fontaine, serait un rajout symbolisant la ruse : qualité attribuée à Jean de Dratt.
 

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 24 Décembre 2016

L'histoire de la crèche de Bethléem...

 

 

 


Bethléem, signifie «maison du pain» (Beth-Léem) ce qui est porteur de sens dans l’explication du message de Jésus, il apporte le «pain de vie, ou le pain descendu du Ciel». Mais que s’est-il passé dans ce village de Judée ?
BETHLEEM

 

 


2010 1568

(crèche en taille réelle, exposée au marché de noël de Freibourg en Brisgau, sculpteur de Freiburg)

 

 

La première crèche vivante date de Saint François d’Assise (le poverello) qui la  créa en 1223 dans une grotte avec l’autorisation du Pape Honorius III, dans la forêt de Greccio, petit village des Abruzzes,  près de Rieti, une mangeoire remplie de foin, un boeuf vivant et un âne. Son but était de rendre le message de l’incarnation plus compréhensible aux ouailles du saint.  St Bonaventure, compagnon de St François, raconta plus tard que le saint tenait ensuite le saint enfant vivant dans ses bras.  Quelques années plus tôt, le pape Innocent III avait interdit toute représentation de la crèche dans les églises (1207) pour éviter sans doute les fantaisies.
Pour se rendre à Bethléem ? La sainte famille s’était retrouvée dans cette petite ville de Judée (Luc 2) pour obtempérer à un ordre romain de recensement de César Auguste ordonnant de se faire compter dans la ville d’origine de sa tribu. L’évangéliste Luc (II,1,5) précise car il était de la progéniture de David. Et, Marie, son épouse, l’accompagnait.»  C’est en effet de là qu’est partie Ruth, la Moabite, ancêtre de David, et David était de Bethléem (1 S 16).
 Ces recensements n’étaient pas exceptionnels, en 103 après J.C., Caïus Vibius Maximus, préfet d’Egypte ordonne à tous ceux qui ne demeurent pas au pays de leur famille d’y revenir sans délai s’y faire inscrire. On peut lire à Londres des documents de l’époque qui attestent de ce recensement. (Daniel-Rops, de l’académie française,  p 119, Jésus en son temps, Brouty, J Fayard et Cie, 1945)  
Hérode fut très impressionné par le message des mages, car il connaissait la Bible et la prédiction du prophète Michée (Mi 5.4) qui signale «c’est de toi, Bethléeem que sortira celui qui doit régner sur Israël» (ou le chef, le pasteur de mon peuple Israël (Mt 2) (le débat existe vraiment, car même Jean en parle, chapitre 7 : D’autres disaient : “C’est lui le Messie !” Mais certains demandaient : “Le Messie peut-il venir de Galilée ? °Le Messie est descendant de David : n’est-ce pas dit dans l’Écriture ? Et il doit venir de Bethléem, la ville de David.” °) , reprenant les prophéties d’Isaïe : «Une pousse sortira du tronc de Jessé». Pourtant la ville devait souffrir d’un déficit d’image,  car on disait que «peut-il sortir de bon» de ce village perdu.
Le  lieu de la naissance de Jésus, il est assez étonnant que certains contestent actuellement le fait de cette naissance en ce lieu, car cet endroit a été consacré et vénéré dès les premiers siècles du christianisme. (Dictionnaire de la Bible p 162). Le lieu fut même connu des autorités romaines, car après la deuxième révolte juive de132 à 135 après JC, l’empereur Hadrien confondant juifs et chrétiens  déshonora le lieu de la naissance de Jésus en y plantant un bosquet sacré dédié à Adonis. (Dieu de l’amour, donc il a été le lieu de profanations ou de rites érotiques, on estime donc que si le lieu n’avait pas été considéré comme sacré car véritable lieu de naissance, jamais il n’aurait été repris par les chrétiens pour y bâtir une basilique car largement profané).  Justin le philosophe considère le lieu comme «le logis» natal du Christ.  Saint Jérôme dit justement de ce lieu : «ce n’est pas dans l’or et l’argent que vit au monde le Seigneur mais dans la boue». Même si actuellement le marbre, l’encens et les ostensoirs s’y accumulent. Difficile d’y laisser la boue tout de même pour faire authentique !
Distance ?
De Nazareth  à Bethléem, il s’agissait pour le saint couple de parcourir 150 kilomètres à dos d’âne (sans doute) dans une caravane ou isolément, on ne le sait, sur des routes médiocres. Au pas de l’âne, Daniel-Rops (déja cité) avait calculé qu’il fallait 4 jours pleins. Rome n’avait pas encore refait les routes sur ce trajet. Dur trajet sur une route cahotique pour une femme enceinte juchée sur une piètre monture un âne local. (voir le thème de l’âne dans un de numéros de noël)
Puis l’arrivée dans cette ville culminant à 800 mètres d’altitude sur les flancs de deux collines jumelles, petite ville blanche.  Elle compte aujourd’hui 50 000 habitants, dont 40 % de chrétiens. (selon le site israéliens des affaires étrangères).
L'archéologue Aviram Oshri a cru faire une découverte d’un village homonyme en Galilée à 6 kilomètres de Nazareth, mais ce lieu était connu, il lui suffisait d’étudier les dictionnaires bibliques qui parlent de deux Bethléem (p161 dictionnaire de la Bible). Des traces archéologiques y ont été découvertes ainsi que celles d’habitations d’une population chrétienne.

Cette découverte confirmerait l'existence d'une Bethléhem dans le territoire de Zeboulôn (voir Josué 19:10,15) où est mort le juge Ibtsân (voir Juges 12:10) ; mais Jésus est né à Bethléhem Ephratha en Juda (voir la prophétie de  Michée 5:2 citée plus haut).

 

 

2010-1541.JPG (crèche bavaroise en bois, une étable montagnarde, les santons sont en bois d'érable ou de hêtre)

 

Une grotte ou une maison ? Les deux, à coup sûr. Il s’agit en fait des excavations, des sortes de maisons semi-troglodytes. Telles celles alsaciennes plus élaborées et plus tardives de Graufhtal Kronthal.  Des refuges similaires sont toujours visibles, plus à l’Orient , en Turquie (Cappadoce), celles iraniennes (Nord-Ouest de Kandovan), on en connaît aussi en Egypte (près de la mer rouge). Il est étonnant que l’on oublie dans notre époque moderne que ces types de refuges aient pu être utilisées par des bergers veillant sur leur troupeau la nuit, contre les bêtes sauvages, protégés des intempéries dans ces grottes au fond des roches.
D’ailleurs Origène, au IIIème siècle, séjourne en Palestine, et confirme cette tradition sur la grotte de la Nativité.
Pour sacraliser le lieu et éviter une nouvelle dégradation, Sainte-Hélène, mère de l’empereur Constantin,  qui recherche des traces de la vie de Jésus, (découvre la Croix, ce que l’on nomme «l’invention de la vraie Croix» (invention au sens de découverte d’un chercheur de trésor) fait surmonter le lieu d’une grande basilique (325-326), modifiée ensuite par Justinien (empereur byzantin 527-565)  en 531.
La chapelle où Jésus est né ne montre plus le roc que l’on découvre dans l’oratoire proche, dit de la «Crèche» qui abrite ce que l’on nomme «l’autel des Mages». C’est dans une de ces grottes qu’aurait vécu saint Jérôme sur la traduction latin de la Bible, il y serait mort en 419-420. (dictionnaire de la Bible, André-Marie Gérard, collection Bouquins, Robert Laffont  donne ces quelques précisions) Le lieu de cette plus ancienne basilique du monde fut menacé à plusieurs reprises de la destruction, notamment en 614 les Perses épargnèrent la basilique car ils furent impressionnés par la représentation en mosaïque des rois mages qu’ils interprétaient comme les prêtres zoroastriens. (ce qu’ils pouvaient en effet être). Le calife fâtimide Hakim voulut lui aussi la détruire.
Crèche de Noël en Alsace des représentations tardives :
Il n’est pas question ici de retracer l’histoire de la crèche qui occuperait une dizaine de pages, la crèche fut d’abord un objet d’églises, puis de parvis d’églises, peu répandue en Alsace. Même si on trouve des carreaux de  poële en faïence, des plaques de fonte de Zinswiller, des moules à gâteaux rhénans avec la représentation de la Nativité. La plus ancienne sculpture la nativité alsacienne qui nous soit parvenue se trouve à l’église de Baltzenheim et date du XIème siècle. Le plus ancien dessin est extrait de l’Hortus deliciarum (dans l’encyclopédie de l’abbesse du Mont-Ste-Odile). Parmi les plus anciens documents le retable  des dominicains de Martin Schongauer et le retable d’Issenheim de Matthias dit Grünewald. Le Noël alsacien est occupé par l’arbre de noël (Christboim) il laissa tardivement un peu de place au pied de la crèche dans les maisons individuelles. Et connut quelques réticences du coté du protestantisme alsacien. les anciennes gravures en sont témoins qui montrent les noëls domestiques, si sapin et branches il y a, peu de crèche et encore moins de santons...  Geiler de Kaysersberg, prédicateur de la cathédrale, qui ne pardonnait aucun papisme, affirme posséder une crèche dès le 18ème siècle. Il semble selon Van Gennep, le folkloriste, que les crèches du Moyen-âge se trouvaient dans les couvents et monastères féminins, d’où les «petits Jésus» de cire que dénoncèrent les prédicateurs.

2010-1472.jpg

(crèche taille réelle, personnages en bois polychrome, ville de Stuttgart, marché de noël)

 

 

Quelques dates :
1207 Innocent III interdit toute représentation des crèches dans les églises
1223 François d’Assise crée la première crèche vivante à Greccio sur autorisation du Pape Honorius III
1252 arrivée des crèche de l’autre côté des Alpes
1545-1563 le concile de Trente autorise l’adjonction d’autres personnages que ceux de la Bible.
1571  mentions des crèches dans les cours de Bavière, Westphalie, Rhénanie, Palatinat, Hesse, Silésie, Saxe, Poméranie.
La plus ancienne crèche française est conservée à Chaource (Aube, église-Saint-Jean-Baptiste de Chaource)  avec des pièces mobiles datant du XVIème siècle. Dans les églises françaises,  on utilisa des crèche avec des mannequins de bois avec mains et tête de cire ou personnages et animaux en verre filé de Venise
XVIIème siècle : Les premières crèches aux personnages habillés venant d’Espagne, apportées en Italie par les Jésuites.
1601 Altötting,
1607 Munich, 1608 Innsbruck, Hall.
1700 Arrivée de la crèche dans les familles Autrichiennes, dans le grand public.  Ainsi le Dr Haider, écrivit en 1890 que le premier arbre de noël ne fut planté à Ischgl qu’en 1890, on y trouvait déjà bien une crèche.
1775 : naissance du premier santoum (petit saint)  qui ne percèrent jamais dans les régions bavaroises ou tyroliennes où la profusion et la  maitrise du bois permirent de sculpter étables et personnages de crèche.
1802 interdiction de la crèche dans les églises. 1825-1848 Ludwig 1er elles sont de retour dans les églises bavaroises.
XIXème siècle : grand succès des crèches de papier et de cartons en Alsace et en Allemagne.
1870 : première crèche en Scandinavie. 


2010-1512.JPG(springerlé, moule à gâteau d'anis avec motif crèche dans lequel a été formé ce "springerlé" ce gâteau)

 

2010-1566.JPG (crèche de papier)

 

 

A quoi sert la crèche ?
Idolâtrie, conspuée un temps par les protestants, interdites par les témoins de Jéhovah, qui ne célèbrent pas les anniversaires, ni la fête de noël placée à une date païenne, et dont le Christ ne demande pas la célébration. C’est pourtant un élément important pour transmettre la foi. C’est même une «branche reconstructrice de l’art sacré,
elle doit aider l’ «homme pieux à avoir le sentiment qu’il pénètre sur la scène de l’histoire sainte et l’encourager à méditer le plus profondément possible sur la voie qui le mène au salut». Rudolf Berliner (1955)

 

2010-1646.JPG (crèche d'église, Saint Sulpicienne, avec personnages de plâtre)


 

«Et toi, Bethléem, la fertile, petite parmi les milliers de Juda, tu n’es pas la moindre, car c’est de toi que sortira le chef qui conduira mon peuple d’Israël, celui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours d’éternité !»

                (Michée, V,1)

crèche alpine placée dans un meuble d'angle, Pfunds, Tirol

crèche alpine placée dans un meuble d'angle, Pfunds, Tirol

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Rédigé par Rédacteur petite lanterne

Publié dans #traditions de noël

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Publié le 26 Novembre 2016

Toujours précurseur, le marché de noël passe en vitesse de croisière avec plus de stands (une centaine) et de plus en plus de visiteurs. Le jour des primaires (premier tour) a beaucoup contribué à l'afflux des visiteurs. L'organisation des parkings aux heures de pointe n'a pourtant pas été à la hauteur bloquant tout le centre ville d'Andlau.

Mais la présence de Saint Nicolas, une météo clémente a contribué à un succès inégalé dans la petite ville.

 

 

le marché de noël d'Andlau
le marché de noël d'Andlau
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.
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tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.

tout est en fête, le marché, les mannele (brioches en forme de bonhommes ressuscités par Saint Nicolas selon la légende), décorations de noël et couronnes de l'avent.

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